Hey tout le monde ! Merci à tous pour vos reviews (atteint les 50 c'est génial !) et les ajouts, je suis contente que ce chapitre vous ait plu. Je ne veux pas faire mon auteure très pointilleuse à ce sujet, mais j'ai remarqué que certaines personnes qui commentaient avant ont arrêté et bien sûr je peux comprendre que parfois vous n'ayez pas le temps mais voilà, c'est les reviews qui motivent à écrire et rien qu'une petite trace de votre passage pour dire que vous avez aimé (ou détesté je suis totalement ouverte aux critiques constructives) est vraiment une récompense ! Enfin voilà, je ne vais pas m'attarder sur ça, je remercie déjà ceux qui prennent le temps et ce depuis le début, c'est vraiment ma motive. Trève de bavardages, voilà le nouveau chapitre, commentez s'il vous plait et enjoy ;)

Dédié à mon Cactus, t'es la meilleure et tu reconnaitras sûrement certains passages :D


La peur

Dans la vie, on peut ressentir un grand nombre d'émotions, c'est ce qui fait que l'on est humain. Certaines sont joyeuses et je les ai appréciées, mais d'autres... D'autres vous prennent au ventre, vous tiraillent et vous font croire que pendant une seconde, vous êtes mort. La peur est quelque chose que j'ai appris à contrôler au fur et à mesure de mes interactions avec Damon. J'ai appris à vivre avec, la peur de mourir, la peur de le voir mourir, la peur de voir mes amis et ma famille mourir. Mais je n'oublierai jamais l'émotion tenace qui m'a envahi le jour où j'ai appris qui il était vraiment.

Un jour, Jeremy et moi étions tombés sur un documentaire parlant de la chasse des plus féroces prédateurs du monde. J'avais huit ans, Jeremy en avait six et cela m'avait marqué. Les impulsions meurtrières de ces animaux qui s'attaquaient à plus faible qu'eux. C'est le cycle de la vie, avait expliqué mon père lorsque je lui avais parlé de ces atrocités. Les forts tuent les faibles, la proie est chassée par le prédateurs, tuer ou être tué il faut choisir. Mon père n'avait échappé à aucun stéréotype. Je n'aurais jamais imaginé être un jour dans cette position, devoir courir pour ma vie. Les humains étaient censés être au sommet de la chaîne alimentaire. Nous étions invincibles face à la nature sans se soucier des conséquences. J'avais tort.

- Elena, hurla Caroline derrière moi.

Je n'avais plus conscience de mes deux amies. Tout ce que je voyais étaient les yeux noirs de Damon, brillant d'une folie destructrice dirigée à mon encontre, tout ce que j'entendais étaient les battements frénétiques de mon cœur, tout ce que je sentais était la peur s'infiltrant dans mes veines et paralysant mon corps.

Comme toute proie, j'avais l'instinct. Une petite voix dans ma tête qui me criait de m'enfuir, de riposter, de ne pas partir sans un combat. Mais le combat était perdu d'avance. Je ne pouvais rien faire contre lui.

Pourtant mes jambes avancèrent d'elle-même et dans un dernier élan, je me tournai de nouveau vers la porte et tentai de m'enfuir en hurlant de frustration lorsque le mur me bloqua. Je ne reconnaissais pas ma propre voix, elle était tellement rauque et étranglée.

- Qu'est-ce qui se passe, m'entendis-je dire.

- Je ne sais pas, paniqua Bonnie répétant cette phrase frénétiquement.

Mes deux amies semblaient être sur le point de faire une crise cardiaque. Elles avaient le teint livide et l'air d'avoir envie de s'approcher de moi malgré la peur de se retrouver enfermée aussi.

- Il doit y avoir un problème avec le sort, finit par conclure Bonnie.

- Règle-le ! criai-je les larmes coulant à flot sur mes joues.

Elles semblèrent encore plus blanches d'un coup et je sentis mon cœur s'arrêter. Quelque chose me disait que le problème venait de s'aggraver...

- Il a disparu, marmonna Caroline le visage blafard.

Je me retournai et effectivement Damon n'était plus là. La petite maison fut vide et silencieuse d'un coup. Mon sang se glaça, mon corps se figea et pendant un instant, personne ne bougea : je ne respirai même plus. Puis, je sentis un courant d'air derrière moi, la porte claqua et j'entendis mes amies hurler mon de l'autre côté alors que les ténèbres envahissaient la pièce.

J'étais bien trop stressée pour faire un son, mes réflexes en alerte et mes yeux tentant de s'habituer au noir. Une force invisible me happa soudain et je me retrouvai projetée contre le mur du fond. Je fus sonnée pendant une seconde, ma tête vibrant de douleur mais une poussée d'adrénaline me força à me coller contre le mur pour une semblant de protection. Me déplaçant sur le côté, je touchai soudain la table et me cachai derrière.

Un rire sinistre résonna autour de moi. Je reconnus la voix de Damon même si elle n'avait plus le même timbre sexy que je lui trouvais avant. Cette voix était menaçante et cruelle, c'était la voix d'un démon. Je tâchai de retenir ma respiration tout en réfléchissant à mes chances de survie qui n'étaient pas très élevées à ce moment.

J'étais coincée dans une pièce noire avec un vampire qui pouvait probablement voir, entendre et sentir tout ce qui se passait. Alors que j'étais aveugle, paralysée de peur et sans armes.

- Bouh, souffla soudain une voix à côté de moi.

Le cri s'échappa de ma bouche sans que je ne le contrôle et je me relevai avec hâte pour m'enfuir. Il attrapa mon bras et me leva avec facilité avant de m'écraser contre la table. Il me tenait par le haut de ma chemise et appuyait fort sur ma poitrine pour m'empêcher de me lever. Je ne pouvais plus respirer, ni bouger et à cet instant j'étais sûre que j'allais mourir.

Il se pencha au-dessus de moi, deux yeux rouges brillant dans le noir et il ne fit plus un seul mouvement. Je ne sais pas combien de temps il resta immobile à me fixer, cela ne devait être que quelques minutes mais le temps s'allongea et ces minutes parurent des heures.

Petit à petit, malgré une violente protestation de mon esprit, mon corps se détendit et je ne me débattis plus. Je restais figée à attendre patiemment qu'il me laisse partir ou m'achève. Mon cœur recommença à battre normalement, ma respiration se calma et mes pensées cessèrent de tournoyer. Si Damon avait voulu me tuer, il l'aurait fait depuis longtemps c'était un fait. Il avait eu un nombre incalculable d'occasions, j'avais été seule avec lui toute la soirée ! Même si toute ma partie rationnelle me criait que j'étais folle pour penser ça ne serait-ce qu'une seconde, cette petite voix qui me contrôlait chaque fois que Damon était là me chuchotait que... je ne craignais rien. Qu'il ne voulait pas me tuer. Qu'il était juste énervé d'avoir été découvert.

- Tu n'as pas peur, finit par constater Damon brisant ainsi le silence.

J'aurais voulu lui répondre mais sa poigne de fer n'avait pas cédé et je n'arrivais pas à trouver ma voix. Il dut comprendre puisqu'il commença à desserrer son emprise sur moi. J'étais presque libre de mes mouvements lorsque la porte s'ouvrit violemment.

Instantanément, Damon s'écarta de moi en grognant et les têtes de Bonnie et Caroline apparurent dans l'embrasure avec dans leurs mains... un bout de bois pointu ?

- Elena, attrape ! ordonna la brune en lançant le bout de bois dans ma direction.

Je réagis instinctivement et me précipitai sur cette aide bien qu'elle me parut inutile. Damon se lança aussi vers le bout de bois mais j'étais plus rapide et lorsqu'il arriva à ma hauteur, je l'avais déjà en main. Je le tins devant moi et Damon s'arrêta à une distance respectable en le regardant avec précaution. Je fronçai les sourcils, pourquoi prenait-il ses distances avec un simple morceau de bois ?

- Baisse ça, commanda-t-il en grondant.

- Les filles ? appelai-je, peu sûre de ce que je devais faire.

- C'est une arme Elena, si tu transperces le cœur d'un vampire avec un pieu, il meurt ! informa Caroline. Ne la lâche surtout pas !

Damon grogna de nouveau, le son me rappelant celui d'un ours enragé. Je me déplaçai lentement vers la porte en tenant le pieu à bout de bras mais fermement. Il suivit mon mouvement en faisant un cercle autour de moi. Je ne pouvais distinguer son visage dans la pénombre, mais un bref aperçu me fit froid dans le dos.

- Elena, je dois aller chercher ma grand-mère pour qu'elle m'aide à enlever le sort, expliqua Bonnie. On t'a apporté une lampe et de la verveine en plus du pieu.

- Vous en savez beaucoup sur les vampires, siffla Damon.

Il me semblait de nouveau menaçant et j'étais tendue une nouvelle fois. Où était donc passé le moment de relaxation de tout à l'heure ?

Je me baissai pour ramasser les objets que firent glisser mes amies par terre. Damon accompagna le mouvement du regard. Il avait repris sa posture de prédateur, semblant chercher la moindre faille. Je pris délicatement la plante au creux de ma paume et la lampe de l'autre main.

- Est-ce que vous devez partir toutes les deux ? demandai-je avec l'espoir que Caroline resterait.

- Elles n'ont pas vraiment le choix, dit Damon à leur place.

Dans un brouillard, il disparut avant de réapparaître à côté de la porte. Il rugit de colère et les filles firent un pas en arrière surprises et effrayées avant que la porte ne se referme à nouveau devant elles. Il était à côté de moi en une seconde et sa main stabilisa mon poignet pour me faire lâcher le pieu. J'entendis le bruit sourd que fit le bois contre le mur alors qu'il l'envoyait valdinguer.

Je lâchai la lampe, enlevai la verveine de ma main emprisonnée grâce à ma main libre et la plaquai contre son visage dan un élan de survie. Je sentis sa peau crépiter et il me laissa partir en criant de douleur. Je partis à la recherche du pieu, à genoux sur le sol.

Damon arrêta de faire un bruit, la verveine ne faisant plus son effet et je n'avais toujours pas trouvé le pieu. Je fermai les yeux m'attendant au pire mais rien ne se passa. Il y eut juste un bruit étouffé venant d'un coin puis un bruit sourd comme si on avait lâché un objet sur le sol. Enfin, de la lumière éclaira la pièce et je pus voir de nouveau. Le pieu n'était qu'à quelques centimètres de moi. Je le pris entre mes deux mains et allai me réfugier contre le mur.

En me retournant, je vis que Damon avait collé la table contre la porte, bloquant ainsi un quelconque essai pour l'ouvrir, et avait posé la lampe dessus créant une faible luminosité. Toujours pas assez pour que je puisse tout distinguer mais au moins je me sentais plus en contrôler. Il était maintenant assis sur la chaise, en train de me regarder, l'air totalement calme. Je m'agrippai désespérément à mon dernier espoir de survie, un bout de bois et Damon m'observait l'air amusé.

- Il y a quelque chose de drôle, ne pus-je m'empêcher de dire avec du venin dans la voix.

Je ne savais pas d'où venait cette hargne, ni même pourquoi j'avais la folie de parler comme ça à un monstre qui pourrait me tuer en moins d'une seconde. Mais mon corps réagissait sur instinct et j'essayais de me montrer un petit peu dangereuse dans ce genre de cas.

- J'ai toujours aimé cette dernière étincelle que vous avez avant le final, répondit-il sereinement. Ce dernier fol espoir de vous en sortir, que ce soit une tentative de fuite ou de barrage en s'accrochant à un objet que je peux facilement faire voler à travers la pièce.

Je me mordis la lèvre mais gardai néanmoins mon emprise. Peut-être que Damon pouvait m'arracher le pieu des mains sans aucune résistance de ma part et peut-être qu'il pouvait même me menacer de me tuer implicitement mais je n'abandonnerai pas ma dernière étincelle. C'était tout ce qu'il me restait.

- Je suis peut-être plus forte que tu ne le crois, tentai-je de l'intimider. Après tout, j'ai réussi à révéler ta vraie nature ! Et je suis une Gilbert, c'est dans mon sang.

- Je dois avouer, je suis impressionné par votre petit plan de ce soir, confessa-t-il en haussant un sourcil. Bien entendu, quelque chose me dit que la partie où tu te retrouves coincée avec moi n'en faisait pas partie ?

Je ne répondis pas, baissant juste les yeux et enfonçant mes ongles dans le bois. Il avait l'avantage, c'était évident. Mais je ne devais pas faire tomber ma garde pour autant.

- Par contre, je me demande depuis combien de temps avais-tu des soupçons à mon égard ? C'est vrai, tu dois être la meilleure actrice que je connaisse, ta prestation de ce soir t'aurait valu un Oscar, ajouta-t-il sarcastiquement.

Je restai silencieuse. Je ne pouvais absolument pas lui dire que jusqu'à une heure, je pensais qu'il n'y avait aucune chance pour qu'il soit un vampire. Et que cette soirée avait été vraie du début à la fin, autant mes réactions que mes paroles.

- Tu n'avais aucune idée de ce que j'étais, continua-t-il en me regardant attentivement. Tu as passé la soirée avec moi sans le savoir, conclut-il.

- Et qu'est-ce qui te fait penser ça, réagis-je furieuse.

Ton long silence et le fait que tu ne saches pas mentir. Et puis si tu avais vraiment des doutes, tu aurais eu un pieu sur toi. En outre, je crois bien que tes amies ont dû t'expliquer ce que c'était et à quoi il servait. Alors depuis quand ?

- Elles m'ont appelé pendant le dîner, avouai-je après un court silence.

- Lorsque je suis allé payer, déduit-il. Et comment cette idée vous est-elle venue ?

- Et pourquoi je te raconterai tout, contrai-je en serrant les dents.

- Parce que je veux savoir et que si je n'ai pas mes réponses, je me mettrai en colère. Et tu ne veux pas me voir en colère, menaça-t-il.

- Je n'ai pas peur !

Je réalisai que c'était vrai : je n'avais pas peur. Damon pourrait me tuer. Personne ne pourrait me sauver tant que je serai coincée avec lui. Pourtant, j'étais remplie d'un sentiment de puissance et d'excitation, j'étais sur le qui-vive et sûre qu'il ne me ferait rien. Pourquoi le ferait-il maintenant ?

Pour prouver ma déclaration, je me levai et pointai le pieu dans sa direction. J'avais une arme mortelle pour lui. La verveine était encore par terre et donc j'avais aussi une possible défense. Je n'étais pas totalement faible contre lui. En tout cas c'est ce que je croyais.

Dès qu'il me vit me lever, Damon était à mes côtés. Le pieu n'était plus dans ma main et j'étais plaquée contre le mur tout ça en l'espace de deux secondes. Et dire que je pensais avoir un avantage. Il ne me plaqua pas pendant longtemps, juste assez pour me montrer qui était le maître ici. Et lorsqu'il repartit vers la chaise, je restai debout pour garder un semblant de dignité mais j'avais compris ma leçon : Damon ne plaisantait pas. Il ne fallait pas que je l'oublie. Pourtant, une part de moi ne pouvait oublier l'homme avec qui j'avais passé la soirée et c'est cette partie qui parla.

- Pourquoi es-tu comme ça ? Je pensais que... tu m'aimais bien, murmurai-je.

Il se figea. Puis lentement il se tourna vers moi. Ses traits étaient glacés, ses poings crispés et il me lança un regard étonné.

- Je suis un vampire, articula-t-il lentement.

- Je sais, répliquai-je en croisant les bras.

- Je n'ai pas des sentiments pour mes proies. Je suis un tueur, c'est ma nature, continua-t-il à expliquer en commençant à s'approcher de moi.

Je restai campée sur mes positions mais sa marche lente me stressa légèrement. Pourtant je ne laissais rien paraître, aussi impassible que je pouvais l'être.

- Je sais.

- Et c'est tout ce que tu es, une proie.

Pendant un moment, j'avais l'impression qu'il essayait de se persuader lui de cette affirmation et non pas moi. Mais ce moment passa aussi vite que ses pas accélérèrent. Il n'était plus qu'à quelques mètres de moi.

- Vraiment ? demandai-je en fronçant les sourcils. Tu emmènes souvent tes proies au restaurant ?

Il n'avança plus. Puis il n'était plus qu'à deux ou trois pas de moi, sa posture m'écrasant et me surplombant. Il avait tout d'un aigle dans sa pleine envergure prêt à fondre sur moi. Mais étrangement, je ne sentais plus une once de peur en moi. J'avais réussi à atteindre un stade de calme olympien qui me surprenait plus que cela le surprenait.

– Je pourrais te tuer avant même que tu n'aies le temps de crier, murmura sombrement Damon en faisant un pas pour se rapprocher de moi.

– Je sais, répétai-je sans fléchir.

Il avança encore d'un pas. C'était toujours ça, il avançait, je reculais, un pas en avant, deux pas en arrière. C'était impossible de résister, il dominait la situation. Et malgré ma plénitude apparente, je n'avais pas oublié toute raison et tout sens.

Mon instinct me criait de reculer, de m'enfuir. C'était un tueur. Un assassin. Un prédateur. J'étais seule, sans défenses et isolée. Rien ne viendrait, ni ne pourrait me sauver. Et pourtant je ne bougeais pas un cil, je respirais à peine. J'étais paralysée, paralysée par une quelconque émotion – pas si quelconque que ça – au fond de moi.

– Mais tu n'as pas peur.

Il répéta cette phrase sur le même ton curieux et étonné. Dans son visage menaçant, je percevais quand même de la surprise et de l'émerveillement. Il semblait, tel un enfant le soir de Noël, se réjouir d'un étrange cadeau, un cadeau que je lui aurais offert.

– Non, déclarai-je fermement.

Ma voix ne cillait pas, je paraissais forte, confiante et sans peur. Et j'étais fière de réussir à conserver cette apparence aussi longtemps. Mais au fond, je commençais à redevenir une petite fille confuse ne sachant pas ce qui allait se passer et effrayée par ce qui pourrait se passer.

– Pourquoi ? J'ai tué beaucoup de filles avant sans hésitation.

En une phrase, ma carapace fut brisée. Et involontairement, je grimaçai et je sentis cette intense sensation de faiblesse et d'impuissance s'emparer de mes membres de nouveau. C'était comme être piégée dans un siphon : le monde était un tourbillon flou et les mouvements inutiles. J'avais peur. Ce sentiment, que je croyais avoir laissé lorsque la porte s'était refermée, était revenu de plein fouet. Et le sourire satisfait de Damon laissait entendre que cela se voyait.

– Je sais, répétai-je en reprenant mon calme étonnant.

– Alors pourquoi, rugit-il.

Cela arriva si vite. Une seconde, Damon était à une distance raisonnable – aussi raisonnable qu'une distance puisse être quand on est enfermée dans une pièce avec un vampire – une protection injustifiée m'entourant, puis la seconde d'après, j'étais plaquée encore contre le mur, Damon m'agrippant par les épaules brutalement.

C'était la première fois que je voyais son vrai visage distinctement. Les yeux azurs, dont j'avais longtemps rêvé, étaient bien, comme je l'avais aperçu, cerclés de rouge sang et animés par une haine vicieuse, un éclat animal ; la bouche que j'avais tant voulu parcourir de mes lèvres révélait à présent deux canines aiguisées faites pour trancher, faites pour tuer ; la peau blanche m'ayant un jour paru comme le scintillement d'une première neige au soleil était désormais déformée par des veines noires, comme une nuit sans fin, sur ses pommettes ; l'homme que j'étais en train d'apprendre à aimer, non l'homme dont j'étais en train de tomber amoureuse n'avait dorénavant plus rien d'un homme. Je le voyais pour ce qu'il était réellement et la situation dans laquelle j'étais plongée devint soudain bien plus concrète.

C'était une créature de la nuit, un ange ténébreux remplissant les contes, les légendes urbaines et les croyances bibliques depuis des millénaires. Il était mort il y a des années et maintenant il vivait pour la mort, par la mort, pour la donner.

Et si tout mon être devrait s'en répugner, je le trouvais magnifique. Je ne voyais que son regard glacier innocent et captivant, terni par un rouge écarlate, couleur du plaisir et de la passion ; je ne voyais que la puissance d'un être singulier, à part et dont les crocs paraissaient prêts à défendre férocement une personne chère ; je ne voyais que les cheveux emmêlés, le corps fin et souple du garçon agile ; je ne voyais que le fait que j'étais en vie, que celui qui devrait être en train de s'abreuver de mon sang, ne faisait que me tenir.

Et je compris que j'étais vraiment malade, que l'amour rendait vraiment aveugle et que peut-être Bella n'était pas si niaise de tomber follement amoureuse d'un vampire – bien que Damon n'ait rien à voir avec le vampire scintillant végétarien – parce qu'à ce moment, malgré la peur pétrifiant mon corps, malgré le dégoût envahissant mon cœur et malgré l'instinct de survie me criant de combattre, je ne pouvais me détacher de mes sentiments, de lui. Je le détestais. Je l'aimais. Je me détestais car je l'aimais. Et j'étais fière car j'arrivais à le détester.

– Parce que si tu avais voulu me tuer, tu l'aurais fait, murmurai-je. Et que même maintenant, tu me laisses en vie.

Il grogna, un son menaçant et terrifiant. La rage envahit la pièce, je pouvais presque la palper et Damon resserra son emprise sur moi. Je l'avais provoqué. A beaucoup trop de reprises ce soir. Et maintenant il allait me le faire payer.

Voulant rester brave, je gardai les yeux ouverts attendant ma sentence avec le peu de courage me restant.

Et quand je le vis fondre sur moi, j'étais sûre que tout était fini pour moi. Jusqu'à ce que je sente ses lèvres sur les miennes.