Aucun personnage ne m'appartient.
Une raison de vivre
Teyla s'éveilla doucement au rythme des bips sonores d'un moniteur cardiaque; la cadence de ses battements de cœur. Elle était à l'infirmerie.
L'esprit encore embrumé, elle se demanda vaguement ce qu'elle faisait là, ce qui s'était passé, quand une douleur lancinante au niveau de l'abdomen lui rappela violemment les derniers évènements.
Atlantis avait reçu un appel à l'aide d'une planète alliée; une bande de brigands semaient la pagaille apparemment. Son équipe avait été envoyée afin de régler le conflit pacifiquement si possible.
C'était naturellement Teyla qui avait été désignée pour les négociations. Ses compagnons, légitimement sur la défensive, avaient attirés la méfiance des bandits. Ceux-ci s'étaient montrés d'une étroitesse d'esprit frôlant la stupidité.
Les choses avaient échappés au contrôle de l'athosienne lorsqu'une des brutes avaient mésinterprété un geste de Rodney qui plongeait la main dans ses poches, non pas pour en sortir une arme, mais une barre énergétique.
La réaction du leader ne s'était pas fait attendre, il l'avait poignardé sans sommation. Et alors qu'elle s'était écroulée à genoux, le souffle coupé, elle avait à peine eu conscience des tirs échangés. Jusqu'à ce que les visages inquiets de ses coéquipiers se penchent sur elle, prononçant quelques paroles dont elle n'avait pas capté le sens.
Puis elle s'était sentie soulevée avant d'être secouée au rythme des pas de Ronon. Après une éternité, on l'avait reposé au sol, puis de nouveaux coups de feu avaient résonnés, tout près et si loin à la fois.
Elle s'était sentie partir, mais le contact chaud d'une main contre sa joue glacée l'avait ramenée à la réalité. Elle avait alors rencontré le regard désorienté, alarmé, de John. Il lui avait dit de continuer à lutter, qu'elle ne devait pas d'endormir, car elle ne se réveillerait pas dans ce cas, qu'elle ne pouvait pas les laisser, et surtout pas Torren. Teyla avait tiqué au nom de son fils et avait opiné faiblement, mais avec détermination. Elle survivrait.
Après, c'était le chaos total dans ses souvenirs. Tout juste si elle se rappelait de la venue des secours, de Jennifer travaillant à sauver son existence. Toute l'attention de l'extraterrestre s'était portée sur elle-même, sur sa survie, sur une idée fixe et indestructible : elle n'abandonnerait pas son enfant. Et elle avait réussi, puisqu'elle était ici, en sécurité sur Atlantis.
En sécurité, c'était le mot. Elle pouvait percevoir une présence rassurante à son chevet. Cette réalisation lui procura l'énergie nécessaire pour émerger définitivement de son état comateux.
Ses yeux papillonnèrent un instant, puis se posèrent sur une silhouette familière assise à la droite de son lit de camp; deux silhouettes, pour être plus précis. John, enfoncé dans un fauteuil qu'elle identifia être celui de Jennifer, enveloppait de ses bras protecteurs le petit corps de Torren. Tous deux arboraient une mine angoissée et aurait très certainement mal au dos le lendemain. Teyla, pour sa part, ne put s'empêcher de sourire à cette vision. Ces deux-là n'avaient jamais été aussi calmes, pensa-t-elle dans un rire-murmure qui lui arracha un spasme de souffrance.
Elle serra les dents pour étouffer la douleur, peu désireuse d'avertir le médecin de garde de son réveil. Sans doute n'était-ce pas très sage, mais elle avait besoin d'un moment pour tout simplement savourer la joie d'être en vie, de pouvoir revoir son fils, son peuple, John et tous ceux qui lui étaient chers.
Teyla décida qu'il n'y avait pas de meilleure façon de goûter ce bonheur que d'admirer son petit ange pressé contre le torse du Colonel. Elle tendit le bras dans un effort qui lui coûta, caressant la chevelure fauve, sombre, de Torren. Le garçon réagit à ce contact, un sourire apaisé naissant lentement sur ses lèvres, tranquillisant ses songes.
Rassurée, elle laissa maladroitement retombée son bras, si lourd à porter tout à coup. Dans sa « chute », ses doigts effleurèrent ceux du militaire qui répondit aussitôt au mouvement, s'éveillant en sursaut.
Contre lui, Torren grommela quelque chose d'incompréhensible et de pourtant très clair : il n'aimait pas la manière dont il avait été réveillé.
John, en alerte, resserra instinctivement son étreinte sur l'enfant. Puis il se figea lorsque son regard rencontra celui fatigué, mais heureux, de Teyla. Un rictus, reflet des mêmes émotions, éclaira le visage du Colonel.
La tension, palpable, extirpa irrévocablement le jeune athosien du pays des rêves. Il jeta un coup d'œil plus haut, découvrant son MonColonel anormalement joyeux étant donné les circonstances. Il suivit le regard de ce dernier, posé sur sa mère qui…
― Maman! s'écria-t-il, nullement concerné par le sommeil des éventuels autres dormeurs. Il voulut se jeter sur elle pour la serrer dans ses bras, mais Sheppard le retint au dernier moment.
― Hey! s'indigna-t-il.
― Doucement bonhomme, ta mère est blessée.
― Oh, réalisa le garçonnet, passant des genoux du militaire au lit de sa génitrice avec une prudence excessive cette fois.
Puis, avec tout autant de précaution, il se glissa contre sa mère, nichant sa tête dans son cou, agrippant sa chemise d'hôpital avec force de ses petites mains. Des larmes perlèrent au coin de ses yeux, qu'il ravala rapidement, tandis qu'il chuchotait contre la peau caramel de Teyla :
― J'ai eu peur maman.
L'athosienne attira son fils un peu plus contre elle, se voulant rassurante.
― Tout va bien maintenant.
John, comprenant qu'il s'agissait d'un moment mère-fils, se leva et dit :
― Je vais prévenir les autres.
Et il échangea un regard avec Teyla, lui indiquant silencieusement qu'il lui donnerait tout le temps qu'il lui faudrait avec Torren. Les lèvres de la jeune femme dessinèrent un merci et, d'un hochement de tête, le Colonel tourna les talons et se dirigea vers le médecin de garde pour l'empêcher d'importuner les retrouvailles.
― J'avais peur que tu ne te réveilles jamais, confessa le garçon, regagnant toute l'attention de sa mère.
Teyla s'interrogea pour la première fois sur la durée de son coma, mais relégua la question dans un coin de sa tête. Plus tard. Pour l'instant, elle n'avait qu'un seul désir : profiter du moment présent, de la présence de son fils, sa raison de vivre.
FIN
