Hello people ! Merci pour vos reviews fantastiques ! Pepe je te remercie encore pour tout ce que tu fais, tu es géniale x3

Arlavor: En fait Jack fait bien partie du passé mais Sherlock considère tout mystère non élucidé comme une affaire urgente. Et puis, ce mystère est un challenge assez séduisant quand on sait que Jack est l'un des tueurs série les plus connus et qu'il ne s'est toujours pas fait et ne le sera surement jamais, attrapé. Merci de toujours me laisser un petit mot :)


Cause when your back's against the wall, that's when you show no fear at all


Mes poils se hérissent les uns après les autres. La chair de poule. Je frissonne comme il ne m'a jamais été donné de le faire. Ma tête est lourde, vide, molle et sans intérêt. J'essaie d'oublier la gravité, le monde et l'air qui glisse dans mes narines à chaque inspiration. Les yeux fermés, j'attends. Pour voir. Selon le phénomène fondamental de sensibilité aux conditions initiales, on n'est jamais sûr de rien. Alors j'attends qu'un papillon batte des ailes. Mais mon souffle anarchique reste le même. Les secondes continuent de s'affoler et le temps s'envole pour ne plus jamais revenir. Tic, tac, nous mourons un peu plus et personne ne semble s'en soucier.

_Sherlock, appelle le roux derrière la porte.

Cela doit bien être la huitième fois qu'il prononce mon nom aujourd'hui. Sortir. C'est ce que les gens de son âge font n'est-ce pas ? Mycroft devrais penser à sortir, histoire de me foutre un peu la paix.

_Il faut que tu manges, soupire-t-il encore.

_Laisse-moi.

_Tu n'as rien avalé depuis deux jours, Sherlock ! Ne comptes pas sur moi pour te laisser continuer ! S'écrie Mycroft.

Sa voix raisonne dans les limbes de mon esprit. Elle vient de si loin. Tout est tellement grand dans ma tête, il faut remplir l'infinité. Etouffer les abysses.

_C'est bon, dis-je afin d'éviter qu'il n'enfonce ma belle porte en acajou. Je vais l'avaler ton truc. Laisse le plat derrière la porte.

_Sherlock…avertit-il.

_Je vais le manger. Va-t'en.

Le bruit aigu de la porcelaine raisonne à travers la paroi en bois. Bien. Doucement, je lève les yeux et fixe le plafond. Blanc. Extrêmement blanc.

C'est drôle. Il me serait si facile d'ouvrir mon ordinateur et de m'emparer de ce sachet de poudre. Six mois maintenant qu'il repose entre les circuits de mon MacBook. Pourtant, je n'y arrive pas. Peut-être ai-je peur. Oui. De ne plus pouvoir m'en passer. D'en avoir constamment besoin, d'y devenir accro. Me mettre à genoux devant un stupide psychotrope ? Non, merci.

La marijuana, elle en revanche a tout pour plaire. Avec elle on s'oublie. Il ne reste plus rien si ce n'est un bourdonnement lointain. Les battements répétitifs de votre cœur. Sauf qu'elle ne me suffit plus. Mon organisme semble s'y être habitué et son effet diminue graduellement.

_Mince alors…, je souffle, souriant au plafond. C'est que les jours se font durs.

Je me redresse vivement. Mon cerveau va se fracasser contre mon crâne, électrisant mes neurones d'une douleur vive. Devant mes pupilles dansent des lumières blanches.

_Hey Singe, qu'est-ce que t'en penses ? Je demande à la tête sur l'étagère.

Debout au milieu de ma chambre en désordre, je me sens seul. Ce n'est pas grave. Personne n'est supportable dehors. Personne…

_J'ai perdu contre Jim. Je suis devenu lent, Singe. Mon cerveau pourrit.

Doucement, je m'allonge au sol, les pans de mon peignoir s'étalant autour de moi.

_Tu ne réponds pas ? Vilaine, vilaine tête de singe.

Mon portable vibre au loin et je ne sais pas comment réagir. Peu de personnes connaissent mon numéro. Mycroft éliminé d'office, il ne peut s'agir là que de Moriarty ou John. Cela semble invraisemblable que l'un d'eux puisse vouloir rentrer en contact avec moi. Toutefois, quand on a éliminé l'impossible, la réponse, aussi improbable qu'elle soit, est ce qui reste. Je rampe tranquillement jusqu'au Smartphone, la tête dodelinant, les gestes lents. « Sebastian chéri rentre à l'armée ! Ramène-toi, il faut qu'on se déglingue le foie xoxo-JM»

Je grimace à la lecture du message. Sebastian Moran. Ce gars est au moins, si ce n'est plus, fêlé que Jim…que moi. Je dépose le téléphone et me rallonge au sol. Mon corps est si lourd qu'il pourrait s'enfoncer dans le parquet. Jeudi est le jour parfait pour boire. Pas de chanvre le jeudi. La Vodka est la meilleure des drogues.

Le temps s'écoule et mes yeux restent ouverts vers le plafond. Je regrette parfois. Parce que je sais. Je ne suis pas comme tous les jeunes de mon âge. Les candides diront de moi que je suis spécial. Ceux à même de reconnaître et d'accepter la réalité (tout en restant étrangement idiots) diront que je suis perdu à jamais. Irrécupérable. Ma main cherche désespérément à attraper la bouteille de Vodka traînant sur ma droite lorsque mon téléphone vibre à nouveau. Indifférent, je le laisse convulser. La bouche sur le goulot de mon eau bénite, je me rends compte que son vrombissement est continu. Un appel.

_Non, dis-je dans le combiné.

_Arrête tes conneries, je t'attends au coin de la rue, rétorque froidement la voix de Moriarty.

_J'espère que tu as pris une couverture parce que tu vas dormir au coin de la rue, fais-je sèchement.

Le rire fou du brun raisonne comme il lance :

_On a joué et tu as perdu Sherlock. Rien n'a changé. Je n'ai rien fait d'inattendu. Tu ne peux pas me blâmer parce que tu es devenu idiot.

Une grimace de pur mépris s'empare de mes traits.

_Va te faire vo…

_C'est lui hein ? John. Demande-t-il, crachant le prénom du blond de la pire des façons.

_Laisse-le tranquille, avertis-je.

_Tu penses qu'il va te pardonner, Sherlock ? Que vous allez vivre heureux et avoir beaucoup d'enfants ? Raille-t-il.

_On n'est pas un couple.

_Si, vous l'êtes.

Je passe une main sur mon visage, renversant ma bouteille sur le tapis. Il ne l'aura pas. Peu importe ce qu'il m'en coûte. Je ne le laisserai pas toucher à un seul cheveu de John Watson.

_Je vais raccrocher et lorsque tu m'appelleras, je ne décrocherai plus, dis-je calmement, regardant droit devant moi.

_Si tu le prends de cette manière, ça va être la guerre, Sherlock…Souffle le brun.

_Au revoir, Jim.

_Ne fais pas ça. Ne me fais pas ça t'entends !

Je mets fin à la conversation. Doucement, je me lève et vais prendre une douche. Le restant de l'après-midi, je range ma chambre dans un silence religieux. Toutes mes recherches sont classées, les expériences ratées sont misent de côtés en vue d'un nouvel essai. Le peu d'échantillons humains et morceaux d'animaux utilisables sont mis au frais. Lorsque le soleil se couche, tout est propre, tout est à sa place et je suis nonchalamment attablé, mangeant avec des gestes lents le plat que Mycroft a déposé devant ma porte.


XXX


Recommencer. Je n'en ai jamais ressenti le besoin auparavant. Mes yeux se ferment comme je prends une grande inspiration. Nous ne sommes pas un couple, ai-je dis. Cependant, quand j'y repense, rien ne nous empêcherait de l'être (ma personnalité exécrable, mon manque d'intérêt ainsi que ma répugnance pour les gestes dits « affectifs » ne rentrant pas en ligne de compte).

Ce serait une mauvaise idée. Je le sais. Si je n'arrive pas à m'en sortir avec une pseudo amitié bancale (car elle penche plus du côté des baisers imprévus que de la platonique amitié entres garçons), comment vais-je garder la tête hors de l'eau si nous sortons le joyau de la couronne des vieilles filles à chats et des grand-mères niaises et écœurantes ? L'amour. Seigneur ! Le mot me donne, à lui seul, des frissons de dégoût. Un ensemble de lettres ne m'a jamais paru aussi laid que celui-là.

_J'aimerais voir John s'il te plaît.

_T'es le type ? Demande l'enfant, une petite blonde.

_Pardon ? Je m'étonne.

La gamine se passe une main lasse dans les cheveux et me regarde durement du haut de ses un mètre et quelques (un mètre et vingt centimètres pour être plus précis).

_Ton copain est déjà passé hier et je peux te dire qu'il n'a pas fait sensation. Au moins, John aura finalement cassé une dent à quelqu'un !

Elle grimace légèrement comme elle se rapproche de moi, se mettant sur la pointe des pieds afin d'examiner mon visage avec un attention qui mettrait une personne normale mal à l'aise.

_Ce serait dommage d'abîmer une face comme la tienne. T'as des pommettes de dingue ! Continue-t-elle, sans gêne.

Cette enfant doit avoir des troubles psychologiques.

_Harry ? Apelle la voix du blond depuis une pièce quelconque. À qui tu parles ?

_Je ne sais pas. Un mec, répond la gamine avec nonchalance tout en sortant un papier coloré de sa poche.

Comme elle le défait, je peux aisément voir l'énorme masse de gomme rose, apparemment déjà mâchée, qu'elle enfourne sans difficulté dans sa petite bouche. Un vrai petit goret suffisant et mal élevé.

_Maman va être furieuse de savoir que t'as encore fait ça ! S'exclame le blond.

_Ouais… parce que… t'es qu'une sale... balance ! Formule difficilement sa petite sœur, la prononciation rendue difficile par la masse de chewing-gum qui gît entre ses dents.

Le blond fait irruption dans l'entrée, uniquement vêtu d'un survêtement large de couleur grise et d'un t-shirt noir rayé, tout aussi grand. Il s'apprêtait à hurler sur la gamine effrontée lorsque ses yeux viennent se poser sur moi, le stoppant en plein mouvement.

_Qu'est-ce que tu viens faire ici ? Demande-t-il abruptement.

Sous l'impulsion d'une réaction aussi stupide qu'incompréhensible, je me tourne vers la petite Watson. Elle me regarde longuement, ôte l'énormité qu'elle a en bouche et lâche :

_Chacun pour soi, advienne que pourra et avanti tutti !

_Va dans ta chambre au lieu de dire n'importe quoi, gronde le blond, âpre.

L'enfant lève les yeux au ciel, remet la gomme rose dans sa bouche puis s'en va en grommelant des insultes dont elle ne devrait, à son âge, même pas connaître l'existence.

_Alors ? Relance le basketteur.

Les mots que j'avais préalablement choisis afin d'éviter tout malentendu, quiproquo ainsi qu'une effusion de violence justifiée mais douloureuse quand on prend en compte nos deux masses musculaires contrastées, m'échappent. C'est dingue.

_John.

_Sherlock… siffle le co-capitaine, pas avenant pour un sou.

Je déglutis. Théoriquement, si je m'en tiens à la plupart des maigres films (deux et je n'ai pas daigné en voir la fin) que j'ai vus dans ma vie, si je parle « sincèrement », sans omettre aucun détail, surtout celui qui dit que je m'en veux, il devrait me pardonner sans perte ni fracas. Cependant, ce concept vaseux doit assurément être plus efficace sur les spécimens Hollywoodiens que sur votre pauvre congénère en colère.

_Jim et moi nous connaissons depuis longtemps. C'est vrai, je commence.

Au vu de la grimace qui se dessine sur les traits du blond, j'hésite à faire mon paquetage et à m'en retourner chez moi, pur de toute ecchymose bleuâtre.

_Toutefois, on ne peut certainement pas dire que nous sommes amis ou pire « meilleurs » amis. Car notre entente ne repose que sur notre compréhension l'un de l'autre.

Devant l'air égaré du co-capitaine, j'explique (éviter tout malentendu, n'est-ce pas ?) :

_Jim et moi sommes des incompris, des génies. Les gens ne veulent pas (comme s'ils pouvaient) s'approcher de nous et vice versa. Ce serait mettre des requins dans l'aquarium des poissons rouges (étant donné qu'ils en ont aussi le cerveau).

_T'es en train de me traiter d'idiot ? S'étonne Watson.

_Non, je m'exclame. Enfin, pour sûr tu en es un. Mais ne te fâche pas, tout le monde l'est et intellectuellement parlant, tu es un poil au-dessus d'eux.

Le visage du basketteur prend une teinte rosâtre. Celle-ci signifiant que le crochet du droit approche à vive allure.

_Ecoute, le plus important est de savoir que nous avons ce lien qui nous unit, il nous rend indissociables. Tout a commencé à cause de ce même lien. Nous… nous avons une espèce de jeu malsain. Il consiste à se piéger sans relâche, si l'un, Jim en l'occurrence, parvient à percer l'autre à jour, il devient le dominant.

_C'est stupide, déclare sèchement mon interlocuteur, me faisant grimacer.

_Je n'emploierais pas ce mot. Incongru serait pe…

_C'est totalement et admirablement con, interrompt le blond.

Je ne suis plus sûr d'avoir envie de me réconcilier avec un entêté pareille. D'accord, ce n'est pas la coupe du monde de basket mais ça vaut énormément au niveau de la fourberie, de la réflexion et bien sûr, de l'intelligence. Mais apparemment, je ne suis pas en face de son porte-parole.

Le silence reprend ses droits comme je reste bouche close, mes intentions premières perverties par les paroles du sportif à l'esprit obtus. John finit par ajuster le col de son survêtement puis lâche, placide :

_Ce sera tout ?

J'hésite à rétorquer : « Oui. Merci pour ton hospitalité et ta bonne humeur ! ». Sauf que ce n'est pas aussi simple. Il y a ce sentiment au fond, quelque part. Il est juste insupportable. Ignorant son origine ainsi que sa définition, je ne peux que dire de lui qu'il est harassant et, aussi étonnant que cela puisse paraître, je reste convaincu que cette gêne, ce nuisible, disparaîtra uniquement lorsque le blond aura repris sa place à mes côtés.

_John, j'appelle sur un ton de reproche.

_Non, Sherlock. Ne gaspille pas ta salive, Moriarty m'a déjà tout raconté. La seule chose que je peux te souhaiter est une agréable lecture. Tire-toi.

_Je refuse.

Le blond me regarde, déconcerté :

_Tu ne peux pas faire ça. C'est chez moi ici !

_Rien à faire.


Here it is ! J'espère que ça vous a plu !

Bisous

H.