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Chapitre XI LA CROIX D'AGADES
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Jimmy attendait ses amis à côté de la cabane hurlante. Ils partaient pour Godric's Hollow ce soir. Il faisait froid et ils tardaient.
Il vit d'abord approcher Draco, il le reconnut de suite même de loin, à sa démarche fière et élégante caractéristique. Il ne pouvait s'empêcher de l'admirer, c'était lui qu'il appréciait le plus dans la bande hormis son serpentard bien entendu.
- Les autres ne vont pas tarder, nous ne sortons jamais ensemble pour ne pas éveiller la curiosité, surtout de Weasley.
- Tu as laissé Hermione seule?
- Elle est avec Sylas, elle ne risque rien, les voilà d'ailleurs.
En effet, ils arrivaient discutant avec animation. Ensuite ce furent Ginny et Harry. Erwin arriva en dernier. Il l'enlaça et l'embrassa à pleine bouche. Il n'avait jamais voulu s'attacher à personne, mais il devait bien reconnaître que sa liaison avec le jeune garçon devenait plus sérieuse qu'il ne le voulait au départ et même si cela lui faisait un peu peur, il n'avait pas l'intention d'y renoncer.
Comme la dernière fois ils avaient pris leur balai et comptaient transplaner au bois des fées. Ils discutèrent de la nécessité de monter un campement ou pas et convinrent qu'il fallait recommencer la mission depuis le début sans tenir compte de ce qu'ils savaient. Les renseignements recueillis pouvaient ne plus correspondre à la réalité, un mois s'étant écoulé.
Les deux filles furent chargées de s'occuper du camp à leur grand mécontentement. Les garçons partirent survoler le village et la maison de Bathilda Tourdesac. Ils étaient tous équipés d'armes moldues en plus de leur baguette. Ils revinrent alors qu'Hermione était en train de lancer les protections sur leur tente.
- La maison est toujours occupée.
- Ça semble bizarre qu'ils n'aient pas trouvé le médaillon et soient toujours là, à moins qu'ils n'attendent que quelqu'un le trouve pour eux, fit Hermione d'un ton soucieux.
- Tu crois que c'est devenu un piège?
- Oui.
- En attendant, on doit quand même faire le repérage nécessaire.
- Je voudrais vous parler d'autre chose avant que vous y alliez.
- Oh que je n'aime pas cette expression sur ton visage, Mia. C'est toujours quand tu vas nous annoncer une mauvaise nouvelle.
- En fait, j'ai eu une explication avec Kingsley il y a quelques jours. Nous sommes tous amenés à assister à la conférence avec les moldus et à nous y faire remarquer par nos pouvoirs, nous ne pouvons donc plus intervenir à visage découvert dans nos missions. Alors désolée pour ceux à qui cela va rappeler des mauvais souvenirs mais dorénavant nous allons porter un masque.
- L'Ordre ressemble de plus en plus à une société secrète, assena Draco.
- L'Ordre n'a rien à voir là-dedans, c'est un arrangement avec Kingsley seul. Je savais que ça ne te ferait pas plaisir, mais notre sécurité à tous vaut bien quelques sacrifices, non?
- Bien sûr Mia! Ce qui me fait peur c'est que les procédés ressemblent de plus en plus à d'autres que vous combattiez il n'y a pas longtemps.
- Nous en sommes conscients et avons déjà eu ce genre de discussion, Draco, c'est, en partie, pour ça que Ron n'est plus avec nous. Intervint Harry. Nous avons émis aussi ce genre de jugement, Hermione encore plus tôt que moi. Mais nous avons aussi conclu que c'était la moins mauvaise des solutions pour le moment.
- Ils ressemblent à quoi tes masques? Soupira Draco.
- Ils sont tout simples en cuir souple, comme je les ai demandés, une cape les accompagne dit-elle en fouillant son sac et en leur tendant à chacun une cape avec un capuchon et un masque noirs.
Ginny tu les mets aussi même si nous restons ici pour le moment.
Harry, Draco et Jimmy, une fois dissimulés sous le masque, s'apprêtèrent à aller surveiller la maison. Draco prit Hermione par la main et l'entraîna dehors. Il l'attira contre lui amoureusement, ota le rempart de cuir et l'embrassa passionnément.
- Je t'aime Mia!
- Moi aussi mon amour. Je t'en prie fais attention à toi.
- Pour l'instant, nous allons seulement les observer. Nous irons désamorcer la bombe ensemble après. Quoi que tu fasses je t'accompagnerai et serai à côté de toi.
Hermione caressa doucement la visage de son aimé puis pris sa main et doucement posa un baiser dans sa paume. Draco fut bouleversé par son geste et tout ce qu'il montrait d'amour et d'acceptation. Il la serra contre lui à la briser puis posa un baiser presque sauvage sur ses lèvres avant de partir vers les deux autres qui l'attendaient.
La jeune fille regarda la nuit les engloutir et resta là à contempler la cime des arbres sous la lune. Elle s'assit devant la tente, ses bras entourant ses genoux et les larmes coulant sur son visage.
Elle entendit un froissement derrière elle.
- Sylas veut que tu rentres, dit Ginny.
- J'arrive dans une minute.
Draco sentait le chagrin et la peur de sa belle et regrettait de ne pas l'avoir emmenée avec lui. Ils se posèrent à une centaine de mètres de la maison.
- Draco? Interrogea Harry parce que celui-ci restait en arrière.
- Hermione ne va pas bien.
- Tu ne peux rien y faire. Elle va se calmer. Elle ne risque rien avec eux. Concentre-toi, tu vas nous mettre en danger.
- Désolé, dit-il en se ressaisissant.
- On va s'installer et tu pourras la rassurer.
Jimmy écoutait les deux amis avec stupéfaction. Il n'avait jamais voulu travailler en équipe. Il découvrait le don de commandement d'Harry tout en douceur pour le moment mais qu'il devinait tranchant au besoin et le talon d'Achille de Draco, même en mission, son amour pour sa femme.
Ils s'installèrent une nouvelle fois dans le creux du fossé pour une observation qu'ils supposaient longue.
Dès qu'ils furent installés, le serpentard se concentra pour entrer en symbiose avec sa douce.
- Mia, nous sommes au même endroit que la dernière fois. Je t'aime.
- Je t'aime aussi! Ne faites rien sans nous.
- Je te l'ai promis tantôt...
- Ça va mieux? interrogea Harry.
- Elle a peur que, comme la dernière fois, on ne veuille entrer dans la maison sans eux.
- Tu peux parler avec elle via le lien? Interrogea Jimmy impressionné.
- Oui c'est un de nos pouvoirs mais nous n'avons pas vraiment eu le temps de le travailler. On devrait arriver à beaucoup mieux que ça!
- Chut! Intima Harry.
La porte de la maison s'ouvrait, deux personnes en sortaient mais ce n'était ni Dan ni un de ses compagnons de la dernière fois.
- Pourquoi ne pas utiliser mes pouvoirs pour transporter ce bois, je ne suis pas un moldu!
- Chris ne veut pas que d'éventuels visiteurs sachent que des sorciers sont dans nos rangs.
- Des visiteurs! Ça fait plus de deux mois que soi-disant vous les attendez, vos visiteurs! Tu ne crois pas qu'ils seraient déjà venus? Ils ont déjà la croix tout simplement.
- Si ils avaient la croix, ils auraient déjà exigé un rendez-vous pour des négociations.
- Avec l'Europe qui leur est tombée dessus, ils ont d'autres chats à fouetter!
- J'avoue que c'était habile comme manoeuvre mais elle risque de se retourner contre nous si ils arrivent à un accord!
- Ils n'y arriveront pas! Comment veux-tu qu'ils ouvrent notre monde et favorisent une ingérence dans notre politique?
- Les ministres des affaires étrangères de certains pays n'étaient pas d'accord! Nous avons eu difficile d'avoir la majorité lors de la soumission de notre idée à Bruxelles. Il faudrait peu de choses pour que la tendance s'inverse!
- Au besoin nous favoriserons la chance!
- Bon c'est suffisant pour aujourd'hui! Dan et Georges n'auront qu'à venir demain matin, ils sont payés depuis des mois pour ne rien faire...
La porte s'était refermée sur les deux complices.
- Ils sont donc au moins cinq maintenant ces deux là, un Georges et un Dan que nous savons être des hommes de main et le prêtre qui est je suppose Chris. Si on ajoute le troisième homme de main que vous avez vu la dernière fois ça fait six, énonça calmement Jimmy.
- Dont au moins un sorcier.
- Vous avez remarqué que la maison à côté semble occupée alors que ce n'était pas le cas la dernière fois? Dit Draco soucieux.
- Tu veux qu'on aille voir je suppose?
- Je crois en effet que c'est la moindre des précautions. Si c'est leur arrière garde, il faut commencer par les neutraliser eux! Donc on va y faire un tour...
Jimmy allait d'étonnement en étonnement, là c'est Draco qui semblait prendre l'initiative des opérations sans qu'Harry y trouve à redire.
- Je vais y aller, dis Jimmy en sortant une cape d'invisibilité.
- Personne n'y va jamais seul, répondit Harry en se cachant avec Draco sous sa propre cape.
- Hermione viens!
- J'arrive Sylas.
- Tout de suite! Et mets ton masque!
Hermione le regarda étonnée et peinée. Elle ne l'avait jamais entendu élever la voix.
- C'est juste une impression ou tu me cries dessus?
- Je veux que tu te secoues un peu et que tu fasses ce qu'i faire. Commence par mettre ton masque et viens, dit-il fermement en lui tendant le cuir noir. J'en ai marre de te voir larmoyante, tu n'aides personne en faisant cela et surtout pas Draco. Il a besoin de toute sa concentration pour mener à bien ce qu'il a à faire.
- ...
- Hermione?
- ...
- Le pacte devrait vous rendre plus forts et il vous affaiblit. Je ne vous ai jamais vu avoir aussi peur l'un pour l'autre. Vous finirez par mettre tout le monde en danger.
- J'ai peur pour toi aussi, fit Hermione en relevant la tête.
Elle le regarde de ce regard indicible qu'elle n'a que pour lui...
- Non pas de ça, Hermione.
- ...
Sylas s'assied à côté de la jeune femme.
- On avait dit qu'on ne parlerait jamais plus de ce qui aurait pu être et qui n'est pas! Tu aimes Draco, je le sais alors...
- Je ne peux pas Sylas.
- Tu ne peux pas quoi?
- Vivre sans toi, ou sans Harry... Je ne peux pas!
- Par Merlin, ma mie, ma vie, que veux-tu que je fasse quand je t'entends dire des choses pareilles.
- Je ne sais pas, lui répondit-elle en voulant lui prendre la main.
- Ne me touche pas Hermione.
- Mais...
- Le serment!
- Tu veux dire que tu as fait le serment inviolable de ne jamais même me toucher?
- Notamment...
- Oh!
Dans quelle histoire nous sommes-nous fourrés?
- Dans celle que nous avons choisie, ma mie. Draco et toi, vous êtes engagés à vous aimer jusqu'à la mort et moi à te protéger jusqu'à la mienne. Je serai donc toujours là! Maintenant que tu sais cela, j'espère que tu vas te montrer moins possessive avec moi.
- Possessive?
- Harry sort avec Ginny et tu ne trouves rien à redire à ça. A la boîte, tu as failli pleurer quand tu m'as vu avec cette fille alors que c'était juste pour baiser un soir, pour satisfaire un besoin. Tu crois que Draco va accepter ça?
- Il l'a accepté. Il sait que j'ai besoin de toi.
- Tu es folle!
- Tu es un bon legilimens?
- Oui, je me débrouille.
- Alors je vais te montrer.
Sylas entra dans la mémoire d'Hermione qui lui montra une partie de sa conversation avec Draco à la discothèque...
Flashback...
- Sylas a plus de chance, il est parti sans attendre personne.
Il vit Hermione se raidir dans les bras de Draco et lui lancer un regard noir. Draco resserra son bras autour de sa taille pour la coller à lui.
- Ce n'est pas parce qu'il va baiser une fille qu'il t'en aime moins et tu lui as donné ton accord non?
- ...
- Je ne suis pas idiot, mon amour. Que tu aimes que Sylas soit amoureux de toi, je l'ai compris depuis un moment déjà. Ça ne me gêne pas tant que tout ce que tu éprouves pour lui c'est une tendre envie de le materner. Entre Harry qui t'adore positivement et qui j'en suis sûr n'hésiterait pas à choisir ta vie plutôt que celle de sa Ginny et Sylas qui est prêt à mourir pour toi, avoue que j'ai du mérite à ne pas péter les plombs.
Et de retour à la table...
Harry les regardait tendrement. Il prit la main d'Hermione au passage et la porta doucement à ses lèvres. Elle lui posa un baiser sur le front et Draco une main amicale sur l'épaule.
- Ça va vous deux?
- A part qu'elle s'inquiète pour notre don-juan de Sylas, ça va!
Les autres regardaient le blond d'un air ébahi.
- En partant, il m'a demandé de te dire de ne pas t'inquiéter, il rentrera par ses propres moyens, dit Harry à la jeune fille.
- Tu vois...
- Tu as raison comme d'habitude...
- On est rentré et on a attendu que tu transplanes avant d'aller dormir...
- Cela ne l'a pas empêché de les péter les plombs quand on a désamorcé la bombe...
- C'est Draco.
- Et le pire c'est que je le comprends, Erwin pouvait le faire, tout le monde le savait.
Et maintenant quand je ne rentre pas de la nuit? Tu m'attends?
- ...
- Hermione, ne baisse pas la tête, regarde moi... C'est vrai que je t'aime et que je t'aimerai toujours, mais un jour il te faudra me laisser faire ma vie.
- ...
- Ce n'est pas pour maintenant de toute façon, on en reparlera... soupira le serpentard. Viens, ma vie, tu dois être glacée.
Ils approchaient doucement de la maison. Il y avait de la lumière au rez-de-chaussée. Jimmy les apostropha.
- Attendez! Si ce sont des professionnels ils doivent avoir protégé les abords de la maison.
Il sortit des lunettes à infra-rouge, cherchant des faisceaux ou des capteurs. Sans succès. Puis il se mit à étudier le sol à la recherche de fils tendus, mais il faisait trop sombre. Il leur fit signe de reculer.
- Qu'est-ce-que tu fais?
- Je cherche un éventuel système d'alarme mais il fait noir, il faut revenir à l'aube. On va se contenter de les surveiller de loin pour le moment.
- Un système d'alarme extérieur? Interrogea Draco.
- Oui! Vous n'avez pas vérifié pour l'autre maison?
- Non!
- Vous avez encore beaucoup à apprendre, soupira Jimmy. Les sorciers protègent leurs maisons de toute approche extérieure, les moldus aussi. J'espère qu'ils n'ont pas été avertis de votre précédente visite car alors ils nous attendent.
- Ils n'en avaient pas l'air tantôt.
- Les sous-fifres ne savent pas toujours tout.
On retourne au fossé.
Tant bien que mal à moitié blottis sous leur cape, Harry et Draco sommeillaient. Jimmy veillait sur eux. Il ne pouvait s'empêcher de regarder Draco qui, dans son sommeil, avait posé la tête sur celle de Harry. Même si il aimait Erwin, il ne pouvait nier son attirance physique pour le blond serpentard. Il sourit. Celui-ci, complètement obnubilé par son amour pour Hermione, était bien loin de ses préoccupations. Il était pourtant persuadé qu'il avait déjà eu des expériences avec d'autres garçons, comme beaucoup d'ailleurs.
- Arrête de le regarder comme ça, ni Erwin ni Mione n'apprécieraient, lui fit une voix amusée.
Je te remplace, dors un peu aussi.
- Je ne crois pas pouvoir dormir pour le moment.
- Tu n'as qu'à te mettre à deux mètres.
- Tu crois que ça sert à grand chose? Railla Jimmy.
- Oui, j'en suis sûr. Crois-moi d'expérience.
Jimmy lui lança un coup d'œil surpris. Harry, il en était certain, était entièrement hétéro. Il préféra ne pas approfondir. Harry recouvrit Draco de la cape et se posta à côté de Jimmy.
- Dors autrement tantôt tu seras incapable de faire quoi que ce soit.
- Réveille moi à l'aube, il faut qu'on aille voir après ce fameux système de sécurité.
Ce ne fut pas Harry mais Draco qui le réveilla doucement.
- Tu es prêt?
- On y va seuls?
- Non! Je vais réveiller Harry si la clarté te semble suffisante.
- Oui, tu peux y aller. Au campement, tout se passe bien?
Il secouait doucement le griffondor.
- Oui c'est justement Hermione qui veille. Erwin a pris le premier tour de veille, Sylas le second... Ginny est sensée se réveiller pour le petit-déjeuner.
Harry, tu y es?
- Oui on peut y aller. N'oubliez pas vos masques!
Camouflés sous les capes, ils repartirent en direction de la seconde maison.
Jimmy progressait en regardant par terre. Il avait enjoint aux deux autres de rester derrière lui. A un moment, il leur commanda, à voix basse, de ne plus bouger et de rester là. Il leur désigna un fin fil d'acier qui courait dans l'herbe, puis disparu sous sa cape d'invisibilité. Il revint quelques minutes plus tard, surprenant ses deux amis qui ne l'avaient même pas entendu revenir.
- On peut y aller, leur dit-il à voix basse.
Ils se dirigèrent vers les fenêtres de la maison. Le mobilier était sommaire.
En contournant la maison, ils découvrirent dans la pièce située vers le chemin un homme de garde avec un fusil.
- Sa poche arrière, souffla Draco.
Une baguette dépassait de la poche de son jean. Ils virent entrer une femme qui déposa une tasse de café bouillante devant l'homme de garde, quand elle se tourna vers eux, Harry sentit Draco sursauter à côté de lui.
- Jimmy? On retourne en observation!
Ils se replièrent vers la première maison, reprenant exactement le même chemin qu'à l'aller. Jimmy ne les rejoignit qu'une dizaine de minutes plus tard.
- Mais par Merlin, où étais-tu?
- Ça fait plaisir de voir ton inquiétude à mon sujet, répondit-il au blond en souriant.
Il vit celui-ci le regarder d'un air goguenard.
- Pourquoi crois-tu qu'on ne part jamais seul? Interrogea Harry.
- Pour vous faire prendre tous ensemble en même temps? Je cherchais juste un système d'alarme autour de la maison de Bathilda.
- Attention, souffla Harry.
Le nommé Dan et un autre homme de main s'avançaient vers la réserve de bois. Ils s'appuyèrent au mur le temps pour le second de finir sa cigarette.
- Presque trois mois ici sans même voir ma femme, ni même une femme tout court d'ailleurs, tout ça pour une connerie de médaillon qui soi disant a des pouvoirs.
- J'ai l'impression que tu n'aimes pas les sorciers, je me trompe?
- Si ils sont tous comme ceux de notre entourage, en effet.
- Je crois avoir compris qu'ils espèrent bientôt avoir la visite de l'autre camp... Tu pourras juger si il y a une différence! Railla Dan.
- Ça fait deux mois qu'ils nous le répètent.
- Ils semblent avoir des données plus précises cette fois. L'Ordre du Phénix ne satisfait pas tout le monde et encore moins les amoureux jaloux!
- Décidément, je n'aime pas les sorciers. Si l'amour les pousse à trahir les leurs...
- Faudrait peut-être qu'on s'active avant que Chris ne nous tombe dessus.
- Oui, allons-y...
Ils remplirent leur paniers à bois et rentrèrent...
Dans le fossé, la stupéfaction régnait.
- Je crois qu'on n'a plus rien à faire ici. On peut rentrer au camp.
Ils s'éloignèrent de la maison, reprirent leur balai et s'élancèrent. Draco se concentra pour prévenir Hermione.
- Ginny, tu peux faire à déjeuner pour tout le monde, ils seront ici dans dix minutes.
Sylas interrogea Hermione des yeux, elle semblait bouleversée. Elle lui répondit par un véritable appel au secours. Il se rapprocha d'elle jusqu'à presque la toucher.
- Qu'y-a-t-il? Pourquoi est-ce que tu pleures?
- Ron nous a trahit, ils savent que nous arrivons.
Il la regardait impuissant. Il avait envie de la consoler en la berçant mais il ne pouvait même pas lui prendre la main.
- Ma mie, regarde moi, dit-il en s'accroupissant devant elle, ce n'est pas ta faute. C'est son choix, pas le tien!
Hermione plongea ses yeux dans le regard d'ébène de Sylas, ce qu'elle y lut lui fit encore plus mal.
- Toi aussi, je te fais du mal.
- Non! Ce qui me blesse c'est de ne pas pouvoir te prendre dans mes bras pour te consoler et de nouveau ce n'est pas ta faute. Je ne pensais pas que ce serait si difficile.
- Sylas, tu es pour moi un ...
- Chut! ne dis pas de bêtise!
- ...
- Les voilà!
Il se leva lentement, s'éloignant sans quitter son regard. Harry qui était entré en premier vit le mouvement et l'expression de leurs yeux, pleins de tendresse pour Hermione, pleins d'amour douloureux pour Sylas. Ce dernier se reprit et sortit de la tente croisant Draco qu'il fusilla d'un regard noir qui fit sursauter le blond. Harry sortit derrière lui. Il trouva Sylas pleurant contre le tronc d'un arbre, il en fut bouleversé.
- Sylas? Qu'est-ce que tu as? Lui dit-il en posant sa main sur l'épaule du garçon.
- Il lui annonce que Ron nous a trahi tous par jalousie alors qu'il n'est même pas là et je suis en train de la regarder pleurer et s'en vouloir, sans même pouvoir la consoler à cause de ce putain de serment inviolable!
- Tu l'as dit à Hermione pour le serment?
- Je lui ai dit ce que je pouvais dire.
- Voilà quelque chose qu'elle va avoir dur de lui pardonner!
- Je ne crois pas qu'elle lui en parlera! Elle sait que ce serait la fin de notre amitié à tous! Elle ne voudra pas perdre ça.
- Alors ce sera pire, soupira Harry.
- Que s'est-il passé là-bas?
- Viens, je vais le raconter à tout le monde en même temps!
- Ecoute, je préfère ne pas...
- Si tu crois la trouver dans ses bras après ce qui vient de se passer Sylas, tu te trompes, elle t'aime trop pour te faire ça!
Ils rentrèrent dans la tente et les trouvèrent tous devant leur petit-déjeuner.
Si Hermione et Draco étaient côte à côte, ils ne se touchaient pas. Hermione avait collé sur son visage une expression fermée, indifférente. Harry soupira en pensant à la situation de Sylas. Draco avait fait très fort là.
Il restait deux places à table. Harry s'assit en face de Draco, laissant Sylas s'assoir en face d'Hermione. Ils mangèrent en silence. Draco lançait de fréquents regards à sa fiancée dont il sentait la peine et la colère. Il avait peur du regard que lui avait lancé Sylas en quittant la tente. Il regarda vers Harry et reçut un regard plein de reproches. Il comprit que le problème ne devait pas se situer au niveau de la trahison de Ron.
Il regarda Hermione.
- Je voudrais te parler, lui souffla-t-il, s'attendant à un refus.
- Elle se leva sans même lui répondre.
Ils se dirigèrent vers une des chambres. Ils eurent le temps d'entendre crier Hermione avant que Draco lance un sort d'assurdiato à la pièce.
- Comment as-tu pu lui faire ça? Quel monstre es-tu donc Draco?
- Euh! Et la mission? Murmura Jimmy.
- Il faudra attendre que ça se soit calmé et là je crois que ça va prendre du temps, si ça s'arrange un jour, souffla Harry désolé.
Une bonne heure après les deux fiancés n'étaient toujours pas sortis et ils commençaient à s'inquiéter. Harry se décidait à intervenir quand Sylas le retint.
- Laisse-les, il ne lui ferait jamais de mal.
Une heure plus tard, la porte s'ouvrit sur Draco.
- Erwin, Sylas, vous pouvez venir?
Quand ils entrèrent, Draco prit Hermione contre lui, elle ne fit rien pour le repousser.
- Un serment inviolable ne peut être annulé. La clause de fond doit toujours être conservée mais les autres peuvent être annulées avec l'accord de toutes les parties. Dans le serment inviolable que nous avons fait le fond est la protection envers Hermione jusqu'à ta mort, cette clause doit rester même si Hermione m'a demandé de la lever aussi, je ne peux rien faire. Je lui ai fait le serment de supprimer tout le reste. Il regarda la jeune fille qui sortit après un regard tendre à Sylas.
Lorsqu'elle entra dans la pièce principale, tous les regards se tournèrent vers elle. Harry sursauta, elle avait l'air d'un fantôme. Elle se jetta dans ses bras en sanglotant. Harry la prit par la main et sortit de la tente. Il lui tendit son balai et ils décollèrent vers Londres.
Dans la chambre, Draco tenait sa promesse et déliait Sylas de ses serments. Il sentit le chagrin d'Hermione puis la sentit s'éloigner.
- Voilà, Sylas. Tu es libre de partir avec elle.
- Tu n'as toujours rien compris. Elle t'aime Draco.
- Pour obtenir ce résultat, elle m'a dit des choses qui m'ont brisé. Jamais je ne pourrai oublier ça.
- Rappelle-toi sa chambre! Rappelle-toi qu'elle a accepté le pacte! Arrête de douter d'elle. Si tu croyais en elle tu ne serais pas dans cette situation. Elle, elle t'a toujours fait confiance.
- Pourquoi me dis-tu tout ça? Tu l'aimes aussi!
- Oui mais elle, elle t'aime toi et je veux qu'elle soit heureuse. Alors bats-toi, va la chercher. Avec le pacte tu peux la trouver. La mission attendra.
Draco sortit de la tente, prit son balai et s'envola.
- Pourquoi lui as-tu conseillé d'aller la chercher?
- Si un jour elle vient à moi, ce sera parce qu'elle m'aime pas parce qu'elle ne l'a plus lui.
Harry revint une heure plus tard. Il serra Sylas dans ses bras puis s'assit Il ne leur restait plus qu'à attendre.
Ils furent là seulement deux heures plus tard. En rentrant, Hermione se courut se jeter dans les bras de Sylas qui trop étonné les referma aussitôt autour d'elle de toutes ses forces. Quand il l'éloigna de lui, il essuya les larmes qui coulaient sur son tendre visage et lui dit Merci. Personne d'autre qu'elle n'entendit le Je t'aime, ma vie qui suivit. Elle lui sourit puis retourna aux côtés de Draco qui la prit contre lui de son habituel geste possessif.
Ils s'assirent autour de la table et Harry rapporta les renseignements qu'ils avaient glanés pendant leur surveillance des deux maisons.
- En conclusion, dans la seconde maison ils sont quatre sorciers.
- La femme est Alicia Leiman, je l'ai souvent vue au quartier général de Voldemort, elle a une réputation de sadisme bien établie, intervint Draco. Elle adore la torture.
- Tu l'as vue au quartier de Voldemort? Tu étais mangemort? Coupa Jimmy.
- Oui en effet, répondit Draco dont ce n'était pas le jour.
- Je ne comprends pas ce que tu fais ici alors.
- Draco est devenu mangemort à seize ans, pas par choix mais pour sauver la vie de ses parents, rectifia Hermione. Nous lui faisons tous confiance comme à nous mêmes. Quant à moi, j'ai déjà remis ma vie entre ses mains.
Si tu pouvais arrêter de juger sans savoir!
Draco lança un regard éperdu à sa fiancée qui venait de le défendre avec ardeur malgré leur désaccord.
Harry la regarda avec tendresse, elle ne pouvait s'empêcher d'être juste et loyale.
- Dans la maison de Bathilda, il doit y avoir six personnes dont quatre moldus au moins.
- Il faut d'abord neutraliser les sorciers de la seconde maison pour qu'ils ne nous tombent pas dessus, dit Draco.
- Comment faire pour que les habitants de la maison voisine n'entendent rien?
- Déjà il ne faut plus compter sur l'effet de surprise, soupira Sylas.
- Les armes moldues sont trop bruyantes, dit Erwin
- Si on ajoute à ça que nous sommes pris par le temps, précisa Hermione.
- A qui la faute? Railla Jimmy.
- Ecoute Jimmy, tu as peut-être quatre ans de plus que nous, de l'expérience en plus, ça ne te permet pas de nous juger, énonça froidement Harry. Nous avons dix-huit ans et nous avons été pris dans cette guerre avec Voldemort depuis sept ans. Nous croyions pouvoir profiter de notre dernière année à Poudlard tranquillement et finir nos études puis envisager un avenir enfin serein.
Nous n'avons pas encore fait notre deuil, oublié les tensions de ces années d'affrontement que nous nous retrouvons tous de nouveau en première ligne dans un rôle que nous n'aimons guère. Nous le faisons pourtant.
Draco et Hermione ont déjà risqué leurs vies trois fois ces deux derniers mois pour ramener des renseignements à l'Ordre. Leurs fiançailles ont été exigées, au départ, pour couvrir une de leur mission.
Il vit Jimmy sursauter et regarder les deux fiancés avec étonnement. Pendant ce temps, au rappel des dangers courus ensemble, Draco et Hermione avaient joint leurs mains, oubliant leur différent et c'est unis qu'il les vit devant lui.
- Ils sont les seuls jusqu'à présent, parmi nous, à déjà avoir apporté leur contribution à ce nouvel affrontement. Depuis le pacte d'amour, l'Ordre compte sur eux pour qu'ils montrent leurs pouvoirs dans cette fameuse conférence avec l'Europe, les poussant sans cesse à les améliorer. Ils l'ont fait pour se protéger l'un l'autre, à la place de ça ils se retrouvent de plus en plus en danger, de plus en plus en avant.
Depuis des mois, Hermione a des prémonitions lui montrant la mort de Draco toujours dans les mêmes circonstances, tué par des moldus accompagnés de Ron. L'échéance approche puisque ça devrait arriver lors de cette conférence dont on peut penser qu'elle aura lieu dans un château des Princes de Ligne en Belgique. Je ne suis pas sûr, qu'à leur place, je serais toujours là.
Sur leurs épaules reposent donc en partie l'avenir de notre monde et sache que je sais ce que ça peut mettre comme pression.
C'est Sylas qui cette fois sursauta et regarda Draco avec surprise, comprenant qu'il lui avait confié sa fiancée en craignant de n'être bientôt plus là pour la protéger lui-même. Pour tous, c'était des révélations incroyables.
Alors on prendra le temps qu'il faut, on le fera à notre manière. Lorsque j'ai dit l'autre jour en boîte à ce petit prétentieux de moldu qu'il n'y aurait que la mort qui nous séparerait et qu'il était incapable de comprendre les relations qui nous unissaient à jamais, j'étais sincère. Chacun de nous mourrait pour les autres si il le fallait mais moi je veux que tout le monde reste vivant, c'est mon objectif premier. Et tu sais pourquoi? Parce que je les aime, parce qu'ils sont ma famille, pas celle qu'on a à la naissance, celle que j'ai choisie. J'ai déjà...nous avons déjà perdu trop dans ce conflit, il est hors de question que nous y laissions encore une seule vie!
Draco utilise la magie noire pour nous soigner? La belle affaire! Du moment que ça marche!
Nous devons utiliser des armes moldues et des bombes pour nous défendre? Nous le ferons.
Nous devrons tuer? Nous le ferons comme nous l'avons déjà fait.
Nous devons porter des masques pour nous protéger? Ce n'est pas grave, il y a bien plus important que ça!
Chacun apporte ses compétences au groupe et celles de Draco sont nombreuses, mais avant tout il apporte sa personnalité et si celle-ci est complexe, elle fait aussi notre richesse.
Sachant cela à toi de rester ou de partir!
Harry avait en ce moment un charisme impressionnant, mais plus que tout on le sentait sincère. Ce qui faisait depuis sept ans que l'élu était l'Elu.
Jimmy regarda chaque membre du groupe tour à tour finissant par Erwin qui était à sa droite, sans rien dire. Chacun avait affronté son coup d'œil avec sérénité y compris son amant. Tous apparemment adhéraient à ce qu'avait dit Harry.
Ils étaient émus des sentiments qu'Harry avait dévoilés. Draco se leva, fit le tour de la table arrivant à ses côtés. Yeux verts dans yeux gris. Harry se leva à son tour et ils s'accolèrent.
En tournant la tête, Draco croisa le visage de la lionne. Il lui sembla voir passer dans ses yeux ce qu'il désespérait de jamais y retrouver, de l'amour mais aussi une chose qu'il n'y avait jamais vu de la fierté!
Leur explication avait été houleuse. Elle lui avait démontré, sans complaisance, combien il jouait avec les sentiments des autres pour son propre profit sans se soucier du mal qu'il causait. Elle lui avait dit bien des choses désagréables mais ce qui l'avait anéanti c'est qu'elle l'avait comparé à son père, lui qui, sans aucun sentiment, sans aucun remord, l'avait sacrifié, lui son fils, à son ambition. Il se rappelait qu'elle lui avait déclaré que si il lui ressemblait un tant soit peu, elle ne serait pas là.
Il croyait l'avoir perdue seule cette lueur vue dans ses yeux lui donnait espoir. Son anneau semblait sans pouvoir depuis ce matin. Il décida d'essayer.
Hermione, je t'en prie pardonne moi et reviens moi...
J'ai toujours été là, c'est toi qui t'es perdu loin de Nous.
Il sentit sa main prendre la sienne doucement et la serrer. Un bonheur immense le saisit, qu'elle ressentit aussitôt.
- Je crois qu'on devrait faire ça demain à l'aube, avant qu'ils soient regroupés au même endroit, suggéra-t-il.
- Tu veux qu'on les neutralise un par un, c'est ça ton idée?
- Oui. Ensuite on s'occupe des porteurs de bois »
- Il en restera quatre dans la maison de Bathilda.
- Et la bombe?
- Elle ne devrait pas être un problème dans l'immédiat. Ils ont l'intention d'attendre qu'on ait trouvé le médaillon.
- Le système d'alarme?
- Je m'en charge, dit Jimmy, pendant que vous neutralisez Dan et son acolyte, mais il me faut quelqu'un en couverture.
- Le principal c'est comment approcher sans se faire repérer avant d'entrer? Le plus simple serait le transplanage mais il y a le bruit caractéristique qui l'accompagne.
- Je crois que le mieux c'est d'approcher à quatre sous les capes d'invisibilité et d'entrer soit par la porte comme tout le monde ou par une fenêtre avec les trois autres en couverture au cas où.
- Qui va entrer? Qui va couvrir.
- Jimmy, Sylas, toi et moi, nous entrons. Hermione, Ginny et Erwin en couverture.
- Non! Il n'en est pas question! Je reste avec toi Dray.
- Bon alors Jimmy, Ginny et Erwin en couverture, corrigea Draco trop heureux que sa belle veuille le suivre
- Pour la maison de Bathilda, pour les hommes de main lors de la corvée de bois, Harry, Hermione et moi, pour le système d'alarme Jimmy avec Erwin en couverture, ensuite on monte au premier étage avec Sylas et Ginny. Jimmy et Erwin restent au rez-de-chaussée en couverture.
Après Sylas et Hermione pour désamorcer la bombe, les autres pour chercher le médaillon.
- Ça me semble bien, fit Harry.
- Sur place, tout le monde obéit à Harry.
- Il ne faut qu'un capitaine sur un navire!
- Pourquoi moi?
Outre le fait que tu as l'habitude de ce genre d'exercice, je voudrais pouvoir me consacrer à Mia.
Encore une chose, il nous faut Chris vivant si on veut avoir une chance de savoir qui sont nos ennemis.
Hermione ne dit rien. Il avait organisé toute l'opération, choisi les rôles et renonçait à la conduire pour être à ses côtés. Draco égocentrique, Draco autoritaire, Draco jaloux, Draco possessif à l'excès, Draco inconscient du mal qu'il fait, Draco son amour...
- Maintenant, on va manger puis dormir, on aura besoin de toutes nos forces demain.
Ils furent les premiers à se retirer dans une des chambres. Draco l'attira à lui, l'embrassa tendrement. Il ne savait pas où elle en était et ne voulait surtout pas recevoir un refus qui aurait provoqué une dispute de plus.
Elle répondit doucement à son baiser puis s'écarta, se déshabilla, se glissa dans les draps où il la rejoignit. Elle lui tourna le dos et discrètement lança un sort d'assurdiato. Il s'apprêtait à soupirer quand elle se recula tout contre lui, ses fesses rondes frôlant son sexe. Elle baissait la tête lui offrant sa nuque dégagée. Il pose ses lèvres dans le creux de sa nuque, il la sent frémir. Ses fesses se collent à lui enflammant ses sens. Il la retourne sur le ventre, il caresse, embrasse, lèche, mordille ce cou, ce dos qu'elle lui a offerts, découvrant un de ses points faibles, il lui arrache des soupirs de plaisir.
C'est la première fois qu'elle prend ce genre d'initiative. Elle était au lit une compagne sensuelle et enthousiaste mais elle le laissait la découvrir par lui même. Si il avait l'habitude de satisfaire ses partenaires d'un soir, la recherche de son propre plaisir avait toujours été le but final. Emouvoir jour après jour, le corps de la même compagne est tout autre chose. Il apprenait à jouer les partitions de son plaisir sur ce corps, à déchiffrer ses soupirs, à varier les tempo, à la faire vibrer crescendo.
Il a glissé sa main en dessous de son ventre et caresse son sexe humide de son désir. Lorsqu'elle est sur le point de jouir elle s'arrache à sa main pour se retourner et s'offrir à lui, accrochant son regard pour ne plus le lâcher. Il entre en elle presque violemment lui arrachant un gémissement rauque. Lorsqu'il est, à son tour, sur le point de jouir elle le repousse reprenant les préludes... Elle l'entraîne sur des chemins inconnus ...
Et quand son corps atteint le paroxysme de l'impatience, au point d'en être douloureux, elle a un sourire vainqueur et le provoque viens mon serpent, viens... Il la possède presque sauvagement. Elle mord ses épaules, griffe son dos. Il veut lui rendre la pareille, immobilisant ses bras, il se soulève et arrête ses va-et vient. Elle ouvre des yeux noyés de désir et le supplie, je t'en prie Draco, je t'en prie...
D'un coup de reins, il revient en elle. Ne quittant pas son regard, il la pousse elle aussi vers ses limites en de très lents et profonds mouvements, il sent son impatience grandir, entend un petit grognement frustré qui amène sur ses lèvres ce sourire en coin qu'elle aime tant.. Quand il n'en peut plus, il lui donne ce qu'elle cherche une possession profonde, violente, exigeante qui lui arrache des râles de plaisir... Lorsque le moment de la jouissance arrive, accrochée au regard bleuté, elle crie, je t'aime, Dray, je t'aime...
Il la serre tout contre lui, incapable de la laisser aller. Elle ne veut pas non plus le quitter et se blottit, les deux bras autour de son cou. Il bénit l'obscurité qui maintenant règne dans la tente et lui cache les larmes de joie qui coulent sur son visage.
Dès que Draco et Hermione rentrèrent dans leur chambre, Sylas interrogea Harry.
- Tu peux nous décrire les cauchemars qu'Hermione fait depuis plusieurs mois?
- Difficilement, les souvenirs des deux qu'elle a fait et nous a racontés pendant les vacances, étaient vagues. Par contre Draco a revécu le dernier qu'elle a fait dans son esprit de suite. Nous l'avons visionné dans la pensine lors de la dernière réunion du Phénix, elle est donc dans mes pensées aussi. On peut faire la même chose.
- Tu as une pensine ici?
- Oui! Dumbledore m'en avait offert une de voyage, je l'ai toujours avec moi.
Harry leur fit revivre entièrement la dernière réunion de l'Ordre.
- Par Merlin, dit Sylas bouleversé.
- Si je comprends bien, Draco est un legilimens d'une grande puissance? Interrogea Jimmy.
- Certainement le meilleur maintenant que Voldemort n'est plus, confirma Harry. Je peux te dire que sa puissance est beaucoup plus importante que celle de Rogue, les deux m'ayant donné des leçons.
- Je suppose que c'est pour ça qu'il veut Chris en vie?
- Je le suppose aussi.
- Qui est le bébé dont Narcissa s'occupait et qu'ils regardaient tous les deux avec autant de tendresse? Demanda Sylas.
- C'est mon filleul, Teddy Lupin, le fils de Remus et de Nymphadora, la cousine de Draco, il sont morts à la bataille de Poudlard. Ils ont fait le nécessaire pour l'adopter.
- Je reconnais bien là Hermione, toujours à trop en faire, critiqua Ginny.
- Ce n'est pas une idée à elle mais à Draco. Il l'a même mise devant le fait accompli, ça lui a encore valu une scène de plus! Dit Harry avec un sourire amusé échangeant un regard moqueur avec Sylas.
- Etant donné ce qu'il demandait d'habitude aux filles, il n'a jamais eu besoin de se préoccuper de leurs états d'âme... Maintenant ce n'est plus pareil et il n'a pas choisi la plus simple, confirma Sylas tendrement.
- Sans parler du fait qu'il est assez autoritaire de nature. Mais il l'aime à la folie et elle le sait, ça compense sa maladresse.
- Tu te rappelles l'elfe pour nettoyer la maison d'Hermione. Il faudra un jour qu'on lui parle de la S.A.L.E. , se moqua gentiment Ginny.
- Moi, fit Erwin, je suis bouleversé par ce qu'il y a entre eux. Ils font des choses inconcevables.
- Des choses inconcevables? Questionna Harry surpris.
- Tu connais beaucoup de sang-pur prêts à tout quitter pour vivre leur amour avec une né-moldu? Répliqua Erwin en jettant un coup d'oeil à Sylas. Tu connais beaucoup de filles qui laisseraient leur petit ami fouiller leur esprit pendant presque deux heures? Rien que le pacte d'amour est inconcevable...
- Tu sais très bien qu'en effet je n'ai même pas osé sortir avec elle en sixième, inutile de me le rappeler! Je m'en veux assez.
- Elle n'aurait certainement pas accepté étant donné les circonstances et vos maisons, le tranquillisa Harry.
Sylas se contenta de regarder Harry longuement.
- Oh! Je vois, souffla celui-ci.
Ce sont aussi les circonstances qui les ont amenés là...
- Je crois que ça se serait passé tôt ou tard. C'est vrai qu'il a commencé à avoir cette idée à Azkaban quand il a pensé que peut-être il ne la reverrait plus, mais il l'aimait depuis longtemps. Si il a tenu le coup là-bas, c'est uniquement grâce à son image et dans l'espoir de la retrouver à la sortie, leur dit Erwin.
- Tu en as discuté avec lui?
- Je lui ai demandé comment il avait survécu à son emprisonnement. Je croyais qu'il ne tiendrait même pas une semaine. Pour certains sorciers adultes aguerris, c'est déjà assez pour les mener à la folie. Il a tenu plus de deux mois.
- Tu as dit qu'ils avaient risqué leur vie pour fournir des renseignements à l'ordre?
- Oui et à chaque fois c'est le pacte qui les a sauvés. Hermione a été gravement brûlée mais Draco l'a soignée avec des remèdes de magie noire que tu réprouves tant Jimmy.
- C'était ça sa main bandée? Fit Sylas.
- Oui. La combustion noire.
- Et il est arrivé à la soigner? S'étonna Jimmy.
- Oui, en une semaine, elle n'avait plus rien.
- Tu t'es déjà dit Harry, qu'étant donné sa puissance et ses dons, il pourrait être très dangereux?
- Je me suis déjà dit en effet qu'il ferait un ennemi puissant et dangereux mais il est surtout un ami formidable et infiniment précieux. Je me sens parfaitement en accord avec lui.
- Vous avez l'air en effet de bien vous entendre, la façon qu'il a eue de monter l'opération hier m'a étonné et plus encore que tu acceptes de diriger une action qu'il avait lui programmée.
- Non seulement je n'aurais pas fait mieux mais j'aurais mis beaucoup plus de temps pour arriver à vous l'imposer et je sais qu'ils sont beaucoup plus en sécurité ensemble que séparés.
Sur ce on devrait peut-être aller dormir? On doit aller chercher un médaillon demain.
Il faisait encore noir dehors quand Draco se chargea de réveiller toute le monde. Hermione préparait déjà le café. Sylas qui s'en occupait d'habitude vint l'aider. Ils avaient tous adopté les céréales moldues pour déjeuner par facilité. En quelques minutes ils furent prêts. Dissimulés sous leur cape et leur masque, ils volèrent jusqu'au ravin voisin des deux maisons. Tout était calme.
Harry désigna aux trois qui devaient couvrir l'opération sur la seconde maison, les côtés de la maison qu'ils devaient surveiller. Hermione l' embrassa ainsi que Sylas avant qu'ils se dissimulent sous une cape d'invisibilité puis elle se cacha sous la seconde avec Draco. Ils se dirigèrent tous vers la maison.
L'affreux était en place avec son fusil. Toutes les fenêtres étant fermées il ne restait que la porte. Draco et Hermione lancèrent ensemble, mentalement, le sort d'ouverture, alohomora. Ils se glissèrent doucement dans la pièce et de la même façon stupéfixièrent l'homme de garde, puis lui lancèrent un sort de désillusion.
Ils entendirent un bruit de pas et répétèrent le même processus avec l'arrivant qui n'était pas Alicia Leimann.
Ils montèrent doucement au premier étage. Les deux premières pièces étaient vides. Ils poussèrent d'un coup la porte pour se retrouver face à Leimann et deux autres sorciers. Les deux sorts de Sylas et Harry neutralisèrent les deux sorciers tandis que Draco et Hermione se focalisaient sur la sorcière. Elle se retrouva projetée contre le mur par un puissant stupéfix. Harry et Sylas étaient déjà allé explorer la quatrième chambre.
Ils revinrent. Pour plus de facilité, ils enlevèrent leur cape d'invisibilité.
Ils lancèrent un sort de saucissonage aux trois sorciers et un de désillusion aux deux hommes.
Tout avait été tellement facile, tellement trop facile...
Draco lança enervatum pour pouvoir interroger la sorcière.
Il se retourna vers les autres.
- Il faudrait aller voir dans la cave, on ne sait jamais. Il faut vérifier aussi qu'il n'y ai pas de passage entre les maisons.
- Draco Malefoy! S'exclama Leimann qui apparemment avait reconnu sa voix. Quel plaisir! Plaisir qui ne sera pas partagé par Lucius quand il apprendra que son fils est passé de l'autre côté.
Draco ne prit pas la peine de répondre et entra dans l'esprit de la mangemort.
- Qui vous emploie?
- ...
- Comment êtes vous payés?
- ...
- A quelle addresse?
- ...
- En quoi consistait votre mission?
- ...
- Comment avez-vous été recrutée?
- ...
- Qui est Chris?
- ...
- Qui vous renseigne?
- ...
Harry et Sylas revenaient.
- Il n'y a pas de passage entre les maisons, par contre les caves n'étaient pas vides.
Apparemment, ils s'ennuyaient, ils ont été cherché des moldus au village voisin et se sont un peu amusés avec. Il y a en bas deux adolescents morts et je défie quiconque de les reconnaître! Ils n'ont plus figure humaine.
- Elle ne sait rien, les renseignements qu'elle me donne sont relatifs à son unique contact. C'est une sous-fifre.
- Tu as fini avec elle? Demanda Hermione.
- Oui, on peut continuer.
Hermione se retourna vers la femme, leva sa baguette avada kedavra. Une lumière verte frappa la mangemort qui s'affaissa.
- Mia! Mais qu'est-ce-que tu fais? Cria Draco.
- Elle t'a reconnu, il n'est pas question que cette pourriture nous mette en danger.
Il enleva son masque pour regarder sa fiancée, il était livide. La future mère de ses enfants venait de tuer une femme de sang froid pourtant il ne sentait en elle que son amour pour lui.
Elle se dirigea vers la femme, la fouilla, prit ses papiers, un trousseau de clefs qu'elle empocha.
Harry et Sylas la regardaient faire sans bouger, sans faire de commentaire.
Elle se dirigea vers la sortie. Draco avait envie de rendre son déjeuner.
Sylas alla vers lui, posa une main sur son épaule :
- Ne la rejette pas maintenant, elle a besoin de toi! Elle n'avait pas le choix, elle a préféré le faire plutôt que d'obliger quelqu'un d'autre à le faire à votre place.
- Par Merlin, Sylas, c'est ma future femme, la future mère de mes enfants et elle vient de tuer quelqu'un de sang-froid!
- Oui pour te protéger. Tu as déjà oublié ses rêves?
Tu crois que ta mère a les mains vierges de tout sang?
- ...
- Tu préfères que ce soit moi qui la soutienne? Demanda le brun en posant sur l'autre un regard lourd de sens.
Il se dégagea d'un geste sec et suivit sa fiancée. Sylas soupira et se dirigea vers Harry.
- On y va?
- On y va!
- Remets ton masque Dray.
Draco l'attira dans ses bras et posa sa tête sur la sienne en fermant les yeux. Il avait besoin de sentir son amour encore une fois avant de continuer. Elle glissa sa main dans la sienne. Il pensa qu'elle aussi devait avoir le même besoin et lui murmura Je t'aime ».
- Je le sens, même si mon geste t'a choqué!
- C'est vrai, je ne te le cache pas!
- On n'a pas le temps d'en parler maintenant, il faut y aller.
Elle se retourna cherchant ses amis. Harry attendait patiemment leur bon vouloir. Sylas était déjà parti. Elle n'avait rien dit à Draco mais elle avait entendu leur conversation et ne savait pas qui l'avait réconfortée le plus des deux.
Sans revêtir de nouveau la cape d'invisibilité, ils se dirigèrent vers le ravin. Ils attendirent très peu de temps avant de voir sortir le fameux Dan et le sorcier. Harry et Draco les immobilisèrent immédiatement avec le stupéfix. Ils les poussèrent dans le ravin et leur jetèrent un sortilège de désillusion.
Jimmy et Erwin avait neutralisé le système d'alarme intérieur. Ils explorèrent le rez-de-chaussée, il était vide. Ils visitèrent les chambres et neutralisèrent les deux sorciers et les deux moldus qu'ils y trouvèrent.
Harry chargea Ginny, Erwin et Jimmy de trouver la bombe et d'éventuels autres explosifs.
- Harry, il y a un problème.
- Oui, je sais, Hermione.
Draco, il n' y a que toi qui puisse nous sortir de là. Il faut que tu interroges Chris.
- Que veux-tu savoir?
- D'abord ce qu'ils ont prévu pour nous neutraliser! Et c'est urgent!
- Tu crois qu'on est tombé dans un piège?
- Oh que oui! Tout ça n'est qu'une vaste mise en scène.
- Bien. C'est comme ça que j'avais envisagé les choses aussi.
Draco se plaça devant Chris et tenta d'entrer dans son esprit sans y parvenir de suite, l'homme était sorcier et très bon occlumens. Ils avaient peu de temps. Le blond tendit la main derrière lui, Hermione se précipita et la prit, se concentrant aussitôt. Draco pénètra sans plus de problème dans l'esprit du sorcier.
- Transplanez vite, s'écria Draco, vite! La bombe, le système tout est factice! Vite sortez!
Hermione stupéfixia Chris et le projeta dehors. Elle descendit les escaliers en courant, cherchant les autres, leur criant de transplaner au ravin.
Draco était à ses côtés.
- Sylas?
- Je suis là!
- Harry?
- On transplane au campement? Demanda Hermione.
- Non à notre QG trancha Draco! Vite!
Il récupéra Chris et le sorcier qui avait été chercher le bois.
- Aidez-moi, il faut les emmener.
Ils transplanèrent dans une maison en pleine campagne qui, de l'extérieur, avait l'air abandonnée. Les deux sorciers avaient subi un sort d'aveuglement et étaient ligotés. Harry et Draco les descendirent au sous-sol.
Hermione marchait autour de la maison formant un cercle. En rentrant, elle se plaça à deux ou trois pas en face de Draco.
- Sylas? Fit-elle en lui tendant la main.
- Harry? Fit à son tour Draco en faisant le même geste.
- Ginny de l'autre côté et Erwin à côté de Sylas, Jimmy de l'autre côté de Draco.
Les yeux dans les yeux Hermione et Draco se concentrèrent, bientôt une lumière se dégagea de leurs mains puis se répandit sur tout le cercle qu'ils formaient. La lumière monta jusqu'à former une colonne éblouissante qui se transforma en dôme au-dessus et autour de la maison puis disparu.
- Le sortilège de fidelitas maintenant. Draco sera la gardien du secret. Nous ferons partie du secret et il va jeter sur chacun de nous un sortilège de langue de plomb, les informa Hermione.
Lorsque ce fut fait, ils regardèrent autour d'eux.
- Où sommes nous?
- Dans une ancienne propriété des Black que j'ai rachetée il y a un mois, annonça Draco.
- Vous avez prévu ce problème il y a un mois? S'exclama Harry.
- Oui!
Ils se regardèrent stupéfaits.
- Niéré? Appela Hermione
- Oui Madame Hermione, répondit l'elfe de maison qui apparut.
- Tu veux bien nous préparer un repas?
- De suite Madame Hermione.
- Asseyez-vous, les invita Draco en désignant d'élégants fauteuils modernes.
Il quitta le salon. Ils l'entendirent donner des ordres à quelqu'un, puis il revint avec des verres, des bièreaubeurre, des canettes de cola et un pichet de jus de citrouille.
- Après notre première mission à Godric's Hollow, nous avons beaucoup discuté Mia et moi, et nous sommes arrivés à la conclusion que ce devait être un piège.
Tantôt j'ai juste eu le temps de voir ce qui allait nous arriver dans l'esprit de Chris, je n'ai pas cherché plus loin. Un tir de rockets, car c'est ce qui nous attendait, n'est pas une chose à prendre à la légère.
Trop de choses ne collaient pas... La première fois déjà c'était trop facile. Ces hommes de main qui sortaient et venaient nous apporter les renseignements sur un plateau, c'était difficilement crédible.
- Pourquoi alors avoir organisé cette seconde expédition? Questionna Harry.
Oh! non! Vous avez pensé que les fuites venaient de l'un de nous!
- De toute façon nous n'allons pas tarder à le savoir. Le Chris en question est un très bon occlumens mais devant Hermione et moi, il ne fait pas le poids.
- Ce que je comprends mal par contre c'est le pourquoi de toute cette mascarade.
Hermione se leva pour faire le service. Elle remplit les verres de chacun. Au passage, elle saisit la main de Sylas pour attirer son attention :
- Surveille les autres pendant qu'on va interroger Chris et fais attention à toi, souffla-t-elle à voix basse. Un imperium bien fait est indécelable.
Sylas lui serra la main en réponse.
Draco et Hermione, après avoir revêtu leur masque, se retrouvèrent dans les cachots que toute résidence de sang-pur se doit de comporter. Il entra dans la première cellule. Chris était assis sur son lit aussi loin que le lui permettait sa chaîne ancrée dans le mur.
Draco s'assit à la table, face au prisonnier. Hermione se mit à ses côtés. Ils se regardèrent puis plongèrent ensemble dans l'esprit de l'homme. L'interrogatoire dura longtemps, plus de deux heures.
Ensuite ils suivirent un long couloir qui les emmena devant une nouvelle série de cachots, le plus loin possible de la cellule de Chris. Le second prisonnier les attendait un rictus moqueur aux lèvres.
- Les jeunes coqs jouent aux mangemorts dirait-on!
- Quel est votre nom? Interrogea Hermione pendant que Draco se faufilait discrètement dans son esprit.
- Mathias Cervin.
- Mauvaise réponse, affirma Hermione, que diriez vous de Michael Dawn? À moins que ce ne soit Frédéric Jame ou enfin James Dawlish cousin de John Dawlish, l'auror?
Leur technique était simple, Hermione posait la question, Draco suivait les pensées du prisonnier et les résumait mentalement à Hermione qui les utilisait pour déstabiliser le sorcier.
- Je vois que vous êtes mieux renseignés que je ne croyais.
- Pour qui travaillez vous?
Mauvaise réponse. Vous travaillez pour Ombrage.
Qui vous fournit les renseignements de l'Ordre du Phénix?
Mauvaise réponse encore, Ron ignorait tout de nos missions. Vous utilisez la légilimencie contre Arthur puis l'imperium.
Qui s'est chargé de l'opération?
Bien!
Où est la croix d'Agadès? Mauvaise réponse.
Dans quel coffre de la Banque Gringotts?
Qui est propriétaire du coffre 703?
Pourquoi nous avoir tendu ce piège?
Pourquoi cette mascarade?
L'interrogatoire dura encore une demi heure mais Draco n'en pouvait plus malgré l'aide discrète que lui apportait sa fiancée. Ils arrêtèrent là, se réservant pour un interrogatoire futur quand ils auraient fait le point sur les nouvelles incroyables qu'ils avaient collectées.
- On va vous amener à manger et à boire, vous êtes parmi nous pour un moment, Monsieur Dawlish.
- Ce sera un véritable plaisir Mademoiselle Granger ou dois-je déjà dire Madame Malefoy? Comme vous le voyez nous sommes bien informés nous aussi.
- Fiane! Appela Draco.
- Oui Maître? Répondit l'elfe de maison apparu.
- Mets lui la plus longue chaîne qu'il puisse manger et apporte lui un repas et de l'eau.
- De suite Maître. Niéré fait dire à Madame que le repas est servi.
- Nous arrivons.
Draco attendit que l'elfe ait enchainé à nouveau le prisonnier avant de sortir du cachot. Puis ils firent la même chose avec le second prisonnier avant de remonter.
- Fiane tu ne les détaches sous aucun prétexte.
- Bien maître.
- Tu leur apportes à manger et à boire trois fois par jour et tu ne parles pas avec eux.
- Fiane a compris Maître.
Hermione et Draco revinrent dans le salon et invitèrent leurs amis à passer à table. Le repas était servi dans une salle à manger moderne très différente du style très chargé et très solennel du manoir.
Draco retint Sylas par le bras.
- Tu n'as pas eu de problème avec Jimmy?
- Non aucun. C'est un de nous?
- Non, mais ce n'est pas mieux. On en discutera juste après avoir mangé. Ce ne sera pas une discussion facile, dit Draco en jettant un coup d'oeil vers Ginny.
- Ron?
- Et Arthur!
- Par Merlin!
En se dirigeant à table, Draco posa, en souriant, une main sur l'épaule d'Harry qui les regardait inquiet.
- Viens, mon ami... Je suis sûr que tu meurs de faim?
- Draco c'est un de nous? Souffla Harry.
- Pas vraiment! Mais ça ne va pas être facile avec Ginny!
Harry soupira à la fois de soulagement pour SA famille et d'appréhension pour sa petite-amie. Le déjeuner fut malgré tout plus gai que leur arrivée.
Ils se dirigèrent ensuite vers le salon. Hermione marchait la taille enlacée par Draco, elle prit Harry qui traînait, par la main, pour l'encourager. Quand elle vit qu'Erwin et Sylas s'étaient retournés et les attendaient, elle adressa à ce dernier un sourire plein de tendresse.
- Hermione et ses hommes, dit Erwin avec une affection amusée.
- Même toi tu craques, lui dit son ami.
- Elle est si douce, murmura Erwin.
- Erwin, il y a quelques heures, ta si douce Hermione a tué de sang froid une mangemort parce qu'elle représentait, ayant reconnu sa voix, un danger pour Draco.
- Tu plaisantes?
- C'est une lionne, pas un chat de salon...
Draco accoudé à la cheminée regardait son petit monde.
- Il y a un peu plus d'un mois, nous avons décidé Hermione et moi que nous allions avoir besoin de notre propre quartier général. Que l'Ordre du Phénix m'ait accepté, moi, sans plus de cérémonie, parce que je bénéficiais de la confiance de Dumbledore, de Rogue, de la tienne, Harry, passe encore... Même si moi j'aurais estimé le veritaserum indispensable ainsi qu'un serment magique.
Mais que Sylas, Erwin et Ginny la fille d'Arthur soient incorporés sans autre forme de procès, sans même un serment ou un sortilège de langue de plomb et se retrouvent en mission, j'ai trouvé ça grave... Sans parler de Ron qui est ingérable et pouvait nous trahir à tout moment. Et nous avons pensé que l'Ordre bientôt ne serait plus sûr. Nous ne savions pas à quel point car il me vient une inquiétude qu'il faut que je vérifie, le 12 square Grimaud est-il encore sûr? Que l'on nous envoie récupérer un médaillon alors qu'il était bien plus facile de le faire sous la couverture du ministère et sans nous prévenir d'une possible embuscade était tout aussi étrange...
La maison d'Hermione était bien trop connue pour être sûre en tant que QG. Ma mère a vendu plusieurs biens appartenant aux Black. J'ai racheté celui-ci sous un faux nom. J'y ai mis un couple d'elfes de maison qui ont fait des merveilles. Je précise avant de me faire frapper par mon adorable moitié, qu'ils sont payés.
La réplique de Draco provoqua un fou rire général, même l'intéressée lui adressa un sourire amusé.
- Vous êtes donc ici dans notre QG! Le QG de l'armée de Dumbledore si vous voulez ...
- L'armée du Pacte, ça sonne bien aussi fit Erwin...
- Peu importe on verra ça plus tard. Le problème le plus urgent c'est que faire avec l'Ordre du Phénix sachant que son dirigeant a été soumis à la légilimencie et a révélé tout ce qu'on lui demandait puis à l'imperium pour organiser cette mission?
- Arthur? Questionna Harry en sursautant.
- Hélas, oui!
- Tu es sûr de toi?
- Il y a beaucoup de choses qu'ils savent de nous, mais aussi, beaucoup qu'ils ignorent. Apparemment, ils savent que je suis un bon legilimens mais ignorent notre puissance conjuguée à Mia et moi. Nos deux prisonniers sont de bons occlumens mais pas assez.
- Dire que je n'ai rien vu venir...
- Tu es trop en confiance. Voldemort est vaincu, tu as baissé ta garde. Venant de l'extérieur, il m'était plus facile de trouver ça anormal.
- C'est aussi pour ça que nous sommes passés de quatre à sept?
- En effet, quatre ça me paraissait un peu juste.
- Nous avons donc plein de problèmes à résoudre, intervint Hermione.
Il y a celui d'Arthur qui n'a été soumis à l'imperium que le temps de deux réunions de l'Ordre mais qui pourrait de nouveau l'être et je rappelle qu'il vise le poste de Ministre, des prisonniers qui ont encore des choses à nous apprendre pour le moment et notamment le pourquoi de cet incroyable tragico-comédie, de nos cadavres qu'ils ne vont pas retrouver dans les décombres et de notre sécurité, de la croix d'Agadès qui est maintenant dans un coffre à la banque Gringotts...
- Ils travaillent pour qui? Interrogea Sylas.
- Ombrage. Apparemment, elle veut se débarrasser de nous, de l'Elu qui a trop d'influence avant de postuler pour le poste de ministre de la magie mais bien entendu sans être impliquée et en mettant notre mort sur le dos des moldus. Donc nous devions mourir dans la maison de Bathilda tués par les tirs de rocket, puis les moldus devaint mourir de la main des sorciers. Le fait de nous faire croire qu'ils nous attendaient était une manière de nous faire venir tous sur les lieux. Bien entendu ils ne nous attendent pas depuis trois mois, sachant nos déplacements ils se contentent de venir le jour indiqué. Tant que Kingsley est au ministère elle va lui mettre des bâtons dans les roues en espérant qu'il se discrédite. Et c'est vrai que là, il se retrouve dans une position difficile, entre Ombrage, l'Europe, l'université et j'ai bien peur que ce ne soit pas tout! L'élu et ses amis descendus en plein monde sorcier par des moldus, ce n'etait pas l'idéal comme image... J'ai encore pas mal de question à poser au second sorcier qui est James Dawlish. Après avoir interrogé Chris deux heures, je ne pouvais plus maintenir la pression sur Dawlish plus longtemps.
- Il a un rapport avec John Dawlish?
- Oui c'est son cousin germain.
- Le plus important, dit Harry, c'est de savoir ce qu'Arthur a révélé.
- Pas l'adresse de la maison d'Hermione, pas nos pouvoirs conjugués... Mais ils ont aussi appris certaines choses de Ron qui maintenant fait partie des leurs volontairement. Mais ça tu es déjà au courant depuis un certain temps, Ginny!
- C'est mon frère!
- Ginny! Comment as-tu pu? Lui dit Harry d'une voix douloureuse.
- C'est mon frère!
- Oui et il nous a trahi et il s'apprête à tuer Draco!
- Ça je ne le savais pas encore!
- Vraiment Ginny? Fit Draco d'un air sarcastique, c'est pourtant la clause prévue dans leur marché, marché que tu connaissais! Je croyais qu'Hermione était ta meilleure amie!
- Tu pouvais au moins nous prévenir, tu nous as trahis toi aussi et tu m'as trahi moi en faisant passer ton frère avant ma vie... Je crois que j'ai compris où tu en es mais surtout où j'en suis. On verra ça plus tard Ginny, mais je crois qu'on va en rester là...
Fiane apparut tenant un grand duc sur le poing.
- Maître, Duke est rentré.
Draco enleva le parchemin de la patte de l'oiseau et en prit connaissance.
- Ce soir à 22 heures nous rentrons à Poudlard pour une réunion exceptionnelle de l'ordre du Phénix, sans Arthur et sans toi Ginny. Nous rentrerons par le réseau de cheminée direct et sécurisé que la directrice a établi avec la maison d'Hermione et qui nous servira dorénavant à faire la navette entre les deux.
Mac Gonagall ignore tout de ce quartier général et j'entends que ça reste le cas.
Que diriez-vous de faire le tour du propriétaire? Et de voir vos chambres? C'est Hermione qui s'en est chargée et elle s'est donnée beaucoup de mal pour que ça vous plaise, vraiment beaucoup de mal, dit Draco avec un sourire en coin. Harry pensa que ça n'avait, apparemment, pas toujours été du goût du maître de maison.
- Erwin et Jimmy, voici la vôtre.
Et Draco ouvrit une grande chambre dans les tons de bleu et vert. Une immense baie vitrée donnait sur le parc et le plafond était comme à Poudlard un ciel artificiel qui reflétait les humeurs du ciel extérieur, un lit à baldaquins immense, des tapis verts, des fauteuils modernes en cuir bleu autour d'une table basse en acier et une salle de bain luxueuse en mosaïques turquoises.
- Quelle splendeur s'exclama Erwin, en embrassant Hermione.
- Harry, la tienne.
Une chambre très différente, une atmosphère cosy dans des tons chauds bruns et rouille avec des meubles clairs traités à la céruse, des tapis d'Azerbaïdjan, un petit salon très confortable avec une cheminée et un feu perpétuel, une partie de mur remplie des photos préférées d'Harry. Un coin beauté avait été prévu pour Ginny avec une vaste coiffeuse et un miroir impressionnant de dimensions. Une salle de bain qui tenait plus de la piscine que du coin toilette et enfin une grande terrasse ornée de plantes rares avec des chaises longues.
Harry prit tendrement Hermione dans ses bras :
- Tout ce que j'aime. Merci ma Mione.
- Sylas, je ne ferai pas de commentaire sourit Draco en ouvrant la porte de la chambre suivante.
Il offrit à sa vue une chambre claire avec un grand lit en fer forgé posé sur un niveau rehaussé auquel on accédait grâce à deux marches. Des voiles oranges, des poufs et de gros coussins assortis posés à même des tapis écrus à hauts poils, de petites tables basses en bois d'ébène. Un grand aigle de verre aux ailes déployées, une des oeuvres maîtresses du maître verrier Bernard Tirtiaux trônait sur un piedestal devant la porte fenêtre. La chambre était plus petite mais elle dégageait une ambiance raffinée et envoutante. Si dans les premières, il y avait une porte ici il y en avait deux. Derrière l'une se cachait une salle de bain confortable et derrière l'autre un bureau avec un ordinateur, deux fauteuils en cuir devant la cheminée et une bibliothèque remplie qui couvrait trois des murs du sol au plafond.
- Elle est magnifique Hermione, dit Sylas en l'attirant contre lui et en l'embrassant doucement sur le front.
- Moi j'en ai un de commentaire fit Harry en riant. Combien de scènes de ménage pour cette chambre?
- Une seule pour l'électricité pour l'ordinateur, sourit Draco. Mais la dimension de ta salle de bain et le plafond de la chambre d'Erwin ont provoqué la même chose...
- Je suis stupéfait que vous ayez eu le temps de faire tout cela sans qu'on s'en aperçoive.
- J'ai découvert il y a quelques années un petit objet bien précieux pour gagner du temps, tu as oublié?
- Le retourneur de temps, murmura Harry.
Et pour la vôtre? Combien de disputes?
Là ce fut Draco qui se mit à rire...
- Au bout d'un moment, on en a oublié le nombre...
Il pénétra dans une chambre entièrement blanche et noire, très dépouillée. Murs blancs et sol en marbre noir, quelques marches descendaient vers une petite piscine de même matière. Seuls meubles, un superbe lit noir posé sur un grand tapis blanc et un petit lit de bébé blanc. Une porte coulissait sur un dressing immense, une autre sur une salle de bain avec une douche
- Vous êtes de grands malades dit Harry en contemplant leur chambre.
- Heureusement, que nous sommes des sorciers surtout, admit Draco.
- J'ai perdu toutes les batailles, dit Hermione en souriant. Vous avez la chambre de rêve de Monsieur Malefoy... Même pour le lit de Teddy que je voulais bleu j'ai échoué!
- C'est normal, tu avais tellement de points à négocier pour les chambres de nos amis que j'avais tous les atouts en main, se marra son fiancé.
Tu auras un lit bleu pour notre premier-né, promis, lui souffla-t-il tout en portant sa main à ses lèvres.
Ils dînèrent puis transplanèrent une première fois chez Hermione puis rentrèrent à Poudlard par le réseau de cheminées.
Dans une demi-heure, il y avait réunion extraordinaire de l'Ordre du Phénix.
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Allez ! Par review envoyée, un paquet de Chocogrenouilles offert !^
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