Je sais ce que vous vous dîtes : "Houlà, elle a posté deux drabble en une semaine, que se passe-t-il !?". Ce n'est rien, je suis juste en forme, ça va passer lorsque les exams vont recommencer (lundi, donc...Haha)
Ce drabble n'est pas drôle, il est même assez sérieux...En espérant qu'il vous plaise tout de même !
Disclaimer : Tales of Graces f ne m'appartient pas.
Talentueuse Pianiste
Cheria avait toujours aimé le piano. Toute petite déjà, elle était fascinée lorsque sa mère en jouait et, lorsque celle-ci lui avait proposé de lui apprendre son morceau préféré, elle avait été la plus heureuse des petites filles. Depuis lors, Cheria s'entrainait chaque jour, jusqu'à maîtriser parfaitement le morceau que sa mère appréciait plus que tout.
Bien sûr, elle avait appris d'autres morceaux, tant bien que mal, afin d'éviter de se lasser mais, le premier et le dernier morceau qu'elle jouait lorsqu'elle s'entrainait était toujours le préféré de sa mère.
Elle aimait particulièrement ce morceau car il faisait ressurgir en elle des souvenirs, heureux ou douloureux, de son enfance et elle ne pouvait s'empêcher de sourire et pleurer lorsqu'elle le jouait. C'était des souvenirs de sa mère, de son père, des moments passés avec Asbel et Hubert lorsqu'ils étaient plus jeunes. Depuis le départ d'Asbel pour l'Ecole de Chevalerie, elle jouait ce morceau chaque jour, dans l'espoir qu'il revienne. Pour elle, c'était un moyen comme un autre de faire sortir ses sentiments.
Un jour, alors qu'elle s'occupait d'une tâche ménagère dans le manoir des Lhant, Aston la convoqua. Inquiète d'avoir fait quelque chose de mal, elle s'y était dirigée lentement, de peur de se faire crier dessus. Mais lorsqu'elle sut qu'Aston Lhant la convoquait chez elle, elle sut que quelque chose clochait.
Aston Lhant avait toujours été proche des habitants et il lui arrivait assez souvent d'aller les voir chez eux. Parfois même lui arrivait-il de boire une pinte ou deux avec les hommes du village. Contrairement aux apparences, le Seigneur de Lhant n'était pas un mauvais bougre et tout le monde le savait.
Mais jamais, ô grand jamais, il ne convoquait quelqu'un dans sa propre demeure. Et c'était pour cela que Cheria était inquiète. Pourquoi chez elle lorsqu'elle était déjà au manoir ? Elle ne comprenait pas et, décidant qu'il fallait qu'elle sache la vérité, elle se précipita jusque chez elle. Elle retrouva le Seigneur de Lhant, debout en face du parterre de fleurs vides, le fixant avec attention. Lorsqu'elle arriva à ses côtés, elle le salua et il lui fit un signe de tête avant de lui dire :
« Lhant serait plus gai s'il y avait plus de fleurs. »
Cheria se promit intérieurement de planter des fleurs dès qu'elle le pourrait. Quelques secondes passèrent avant que l'homme ne reprenne la parole :
« J'ai une faveur à te demander, Cheria.
-Une faveur… ? Répéta la jeune fille, surprise.
-Serait-il possible que tu joues du piano ? »
Cheria écarquilla les yeux, comprenant mieux pourquoi il l'avait convoqué chez elle, et répondit à l'affirmative. Cela lui valu un sourire de la part du Seigneur. Ils entrèrent tout deux dans la petite maison et la jeune fille alla s'installer au piano, tandis qu'Aston s'asseyait à la table.
« Quel morceau voulez-vous que je joue ? Demanda-t-elle finalement.
-Celui que tu joues souvent, si possible. Je l'ai déjà entendu une fois, et il me plaît énormément. »
Cheria acquiesça, étonnée qu'Aston ait déjà entendu cette musique, puis commença à jouer. A travers la musique, elle laissa parler ses émotions : lorsqu'elle pensait à sa famille, elle laissait s'exprimer sa joie et, lorsqu'elle pensait à Asbel, c'était la colère et la tristesse mélangée, pour faire une mélodie dont elle-seule avait le secret.
Lorsqu'elle eut finis, elle porta son regard sur le Seigneur de Lhant qui la regardait avec un sourire triste. Puis, enfin, après quelques secondes de silence, l'homme déclara :
« Tu ne t'en souviens peut-être pas, tu étais petite à l'époque, mais lorsque tu as demandé à ta mère qu'elle t'enseigne ce morceau, j'étais là. »
Cheria ne s'en souvenait pas du tout, et elle était étonnée de le savoir, et encore plus qu'il lui parle de cela.
« J'aime beaucoup ce morceau, continua-t-il. Il a le mérite d'exprimer les émotions de celui ou celle qui le joue.
-Oui. C'est pour ça que je le joue assez souvent. » Répondit la jeune fille.
Aston acquiesça avant de reprendre :
« Je te remercie d'avoir joué pour moi, Cheria. J'en avais besoin, ces derniers temps.
-Quelque chose vous tracasse ? » Osa-t-elle demander.
L'homme la fixa un bref instant avant de répondre :
« Je pense souvent à Asbel et Hubert en ce moment. Quand tu auras mon âge, Cheria, il y aura un moment où tu repenseras à tous tes actes et tout tes choix.
-Est-ce que vous regrettez ?
-Pour certains oui, pour d'autres non. »
Cheria ne demanda pas quels étaient les choix qu'il regrettait, ce n'était pas ses affaires et, à vrai dire, elle ne voulait pas savoir. Aston était humain et, s'il ne voulait pas les partager, alors il en avait le droit.
L'homme se leva, la remerciant une fois de plus d'avoir joué pour lui, puis s'apprêta à quitter la maison lorsque Cheria s'approcha de lui et déclara :
« Vous savez…Je suis sûre qu'ils ne vous en veulent pas. A leur âge, ils doivent avoir compris vos raisons. »
Elle ne précisa pas qui étaient ces « ils » car Aston avait dû comprendre. Il sourit, lui ébouriffa les cheveux et quitta la maison.
Restée seule, Cheria lança un coup d'œil au piano avant de s'y réinstaller et de jouer à nouveau.
Talentueuse Pianiste : « Elle laisse parler ses émotions en jouant un morceau que sa mère lui a appris. »
