Hey mes petites loutres, on part en ascension pour le onzième chapitre.

Je suis tellement désolé du retard :(

Merci des reviews, vous êtes top!

Miritamoku : Coucouuuu! Moi aussi j'aurais voulu qu'ils s'embrassent! Mais comme je suis un peu maso et que j'aime la torture psychologique, ça n'arrive jamais, ça passe toujours à côté. C'est dommage pour eux, et pour nous :p Alors, le PanGeek est le seul couple stable dans le sens ou -excepté le ProfFille qui est solide aussi-, ce sont les seuls qui pour l'instant tiennent bien la route XD Le Panda lui dit quand même qu'il a tué des gens dans son passé, et clairement, le Geek s'en fout. Voilà :p Parce que côté Matoine, on en revient, c'est pas gagné, et côté PaciFiste -god j'adore ce nom de pairing- c'est pas joli non plus... Donc voilà, disons que lorsque j'ai du cute et un réel instant "couple" à écrire, c'est vers eux que je me tourne :p Et le ProfFille que je commence à un peu plus apprécier! Merci de ta review, et j'espère que ce chapitre te plaira :p Bonne lecture!

Lilou-neko : *Lui lance un chocolat*... Hého c'est la magie virtuel, on respecte! :P (Personne n'est responsable des délires dans ses reviews, ne t'inquiète pas... on a tous l'habitude sur ce site. Tous.) Hmm... Il y'a des chapitres moins pire que d'autre, c'est certain. Et heureusement, j'pas envie de m'retrouver avec des suicides sur les bras quand même hein, je veux bien distribuer du bad feelings, mais ça s'arrête là XD "Le calme avant la tempête", c'est juste l'expression qui résume parfaitement cette fic je trouve x) Hmm.. Aimer est un grand mot pour le Patron. et puis, qu'est-ce qu'aimer au fond? -Vous avez 4h-. Mais oui, c'est triste. Parce qu'il a des sentiments, c'est sûr. Mais il n'a jamais ressenti ça, et il ne veut pas se l'avouer, effectivement. Moi j'aime trop ta review *coeur*. Et j'espère que ce chapitre te plaira! Bonne lecture :)

Rainbow Chewbaca : HEYYYYY MERCIIII! -Tu peux maintenant me taper pour le rythme de publication déplorable.- Je. Suis. Totalement. Fan. De. Ce. Nom. De. Pairing. BEST EVER! Le Hippie, mon pauvre Hippie... Il sait que je l'aime en plus! Haha... ça fait plaisir que des gens n'oublient pas les intros, ça fait plaisir :P ...Le pire, c'est que j'aimerai les faire se jeter dans les bras l'un de l'autre, mais... ça serait trop beau, vois-tu? Il faut un peu de souffrance, dans la vie, que veux-tu? :p

Le Patron n'est pas vraiment amoureux. Il a des sentiments, des sentiments qu'il ne comprend pas, par ailleurs. Pour moi, absolument tous les Hommes de cette planète sont capables d'aimer, sauf les fous. Et clairement, le Patron est fou. Mais whow... Ce compliment me touche beaucoup ^^ Comme tu le sais, j'adore développer les personnages. De toute façon, à partir du moment ou tu écris sur un personnage, tu es concrètement obligé de le rendre OOC, puisque ce personnage est contrôlé par son créateur. Et si, par exemple, ce créateur -en l'occurrence Mathieu Sommet pour ses personnalités- écrit la même chose que toi, il est très peu probable que les personnages soient les mêmes. Donc tous les personnages de fanfics sont OOC! Puis au point ou j'en suis, j'en suis venu à me dire que je n'écris même plus vraiment sur Mathieu ou Antoine, mais sur des personnages qui leur ressemble physiquement et de réputation, avec la même situation. Mais je me suis tellement éloigné de ces deux réelles personnes.. ("Décapiteur de chèvres à ces heures perdues" Cette phrase m'a faite tellement rire XDDD")

Marion, même morte elle vient nous faire chier quoi XD C'est tout à fait ça! L'ascenseur émotionnel :p Ce sera peut-être pour une rare fois haha. Y'a une certaine avance au niveau du Panda, c'est vrai! Mais c'est surtout le moment qui veut pas. Le Geek n'est-il pas trognon? *coeur sur lui* Réponse de review un peu moins longue j'ai l'impression :p Faut dire qu'il est 4h du mat' quand j'écris ça, je suis un peu crevée xD J'espère que tu aimeras tout autant ce chapitre! :) *Passe le chocolat* *coeur sur toi aussi, tu le mérites aussi avec tes reviews qui j'avoue... ça m'émeut ptain XD *ok en fait je sais plus comment conjuguer émouvoir avec elles donc voilà* Bonne lecture!

The PATRON : Merciiii! :D Tes dix préférés ? :D Whoaw, c'est pas rien ! ^^ Effectivement c'est plutôt long, il y'a encore pas mal de chapitre, puis c'est très psycho ^^ Non c'est pas le Patron qui dira le contraire XD Mais n'est-ce pas toi justement? :p *J'aime les cactus.*

Moi aussi le Hippie est mon personnage préféré *^* Mais paradoxalement, j'aime quand il est triste. Ma foi, la logique humaine. Voui, ça donne envie d'être avec lui! Le PaciFiste *meilleur nom de pairing de tous les temps* est le meilleur couple du fandom pour moi, haha! (Avec le Prof de Philo/Présentateur si tu connais :P) J'aime aussi beaucoup le concept des opposés qui s'attirent! Merci sister ;) Je te rejoints volontiers écouter de la musique et regarder les nuages...PEACE, et bonne lecture! :D (Et merci pour ta review dans CUVF!)

presquelicorne : C'est déjà pas mal, d'être presque une licorne! *Arrête avec tes blagues Hippique bordel t'es FATIGUEE!* Presque changer ta vie ? Whoaw... Ça c'est le genre de mots qui me touchent ^-^ Merci beaucoup, je suis contente de te faire vivre ça avec mes simples histoires alors! Merci, j'ai toujours rêvé d'avoir autel qui m'est dédié! *Pour idées d'offrandes, j'aime l'Ice Tea, j'aime l'Ice Tea, et j'aime l'Ice Tea. Puis la vanille aussi* Merci beaucoup, j'espère que ce chapitre te plaira! :D Bonne lecture!

lea89 : Merciii *big coeur* Le Patron n'est pas très vif d'esprit quand il s'agit de ses sentiments... Vraiment pas non xD Oui j'ai vu l'épisode 99, j'ai pas pleuré, mais il est assez badass! *^* J'attends avec impatience la saison 6 ! *Lui donne un chocolat* Allez c'est ma tournée! Bonne lecture :D

Ca faisait un petit bout de temps qu'on s'était pas retrouvé dis donc, j'ai même pas le courage de compter depuis le dernier chapitre, j'ai honte T_T C'est en répondant à toutes vos reviews que je me rends compte à quel point ça me met le sourire... vraiment, merci. Merci merci merci. *coeur*

Et bonnes vacances à tous ceux qui ont devant eux deux semaines de repos, profitez bien! Héhé, c'est plutôt cool.

-Sinon, parce que j'ai envie de le dire, je viens de me finir trois romans de Stephen King d'un coup, j'avais eu un petit passage à vide niveau lecture. "La Petite Fille qui aimait Tom Gordon", "Marche Ou Crève", et "Shining." Là, j'ai attaqué "Docteur Sleep", la suite de Shining. Bordel, cet écrivain est pour moi réellement un des meilleurs. Si vous aimez lire, que vous aimez l'angoisse, et l'horreur psychologique et physique, jetez-vous sur les bouquins de King, ce sont des chefs d'oeuvres *_*-

Une excellente lecture!

(TRAILER. SLG. TRAILER. SAISON 6. BLBLBLBLBLBLBL)


"J'ai vu le feu dans le cœur des Hommes."


Chapitre 11 : Perte de contrôle.

Il n'y a rien, absolument rien de plus agréable qu'un massage.

Les doigts longs et fins pétrissaient la chair tendre, appuyaient, revenaient et s'en allaient comme une caresse divine. Les nœuds se détendaient, chaque muscle s'étirait, profitait d'un repos mérité.

Pour la première fois, le Patron n'en profitait pas.

Pour la première fois, le Patron avait fermé les yeux, et laisser couler les pensées noires et destructrices. Tatiana à ses côtés n'avait rien dit, elle avait simplement serré la mâchoire, et continué de masser.

Un mauvais moment de plus à passer avec cet homme qu'elle aimait pourtant tant, à sa manière.

Elle était la seule à pouvoir contempler les scènes morbides des colères du criminel. Une haine qui ne ressortait que par à-coup. Comme une note répétée dans une symphonie trop longue.

Et si même elle ne savait pas quoi faire, personne ne pouvait le savoir.

Alors elle attendait. Pinçait les lèvres. Priait pour qu'il sache se retenir. Pour qu'il ne se détruise pas trop.

La jeune blonde n'était pas aveugle face aux cernes sombres sous les yeux découverts du proxénète. A son teint blanc. Et à ce qui transpirait de son attitude…

De la fatigue. Une lassitude énorme.

Lui qui avait d'habitude tant de verve et tant d'énergie n'était plus que réduit à un fantôme tout en noir qui errait dans les couloirs de son bordel. A hurler sur les filles et à serrer les poings.

Des chuchotements avaient commencé à courir. Des messes-basses et des inquiétudes concernant le grand Patron.

Beaucoup aurait été surpris, mais l'homme en noir n'avait jamais été violent avec son personnel, et encore moins avec les filles. Il était même presque... attentif. Il veillait à ce que tout tourne bien. A ce que tout le monde soit satisfait de son travail. Il en allait de sa réputation. Et le Diable seul savait à quel point le Patron tenait à sa réputation.

Mais peut-être que ce temps-là était révolu. Du moins pour un petit moment.

Jusqu'à ce que l'irritation se décroche de son cœur si fatigué.

_Tu devrais prendre quelques jours de vacances.

Elle osa ouvrir la bouche après un long silence tendu. Étudia avec une attention méticuleuse les réactions de son chef et ami.

_Toi aussi.

Il lui attrapa violemment le poignet, tandis qu'elle laissait échapper un glapissement surpris. Le châtain remonta la manche de sa veste, pour y découvrir un bleu qui s'étendait du poignet jusqu'au milieu du bras. Ses yeux remplis d'une froideur brûlante se posèrent sur le visage impassible de la prostituée.

_Ne sois pas stupide, ce n'est qu'un accident. Un client un peu trop entreprenant. C'est de toi dont il faut t'inquiéter. Tu ne vois pas dans quel état tu es.

_Je vais très bien.

_En est-on vraiment encore là? Après tant d'années? Dis-moi.

Le criminel ne dit rien. Elle pouvait presque entendre le combat qui faisait rage à l'intérieur de lui. Un combat qu'il menait des deux fronts.

_Tu le sais...

Elle passa une main douce dans ses cheveux courts. Un pouce le long de sa nuque. Pencha sa tête vers son oreille, laissa ses cheveux balayer le creux de son dos.

_Tu le sais, que tu es ton seul ennemi.

Sous elle, cet homme que tout le monde redoutait trembla. Et un terrifiant instant, elle crû même qu'il allait se mettre à pleurer.

Mais il n'en fit rien. Et un sourire las prit place sur ses lèvres. Un sourire qu'elle copia bien vite.

Et elle se traita d'idiote. Oh oui. Quelle idiote.

Le Patron ne pleurait pas. Sûrement ignorait-il même le seul sens du mot.

Il n'avait pas de faiblesse. Pas de faille. Un mur haut et fier forgé du métal le plus dur.

A moins qu'elle ne le connaisse pas tant que ça.

Une seule explication s'imposa à elle. Un nom. Un nom qui avait tant résonné dans les mots de l'homme en noir. Tellement, qu'il n'avait pas dû s'en rendre compte. Combien de fois lui en avait-il parlé? Combien de fois ?

_C'est à cause du Hippie?

A cet instant, elle sut qu'elle avait tiré la bonne flèche.

_Tu m'en parles si souvent. Tellement différemment. Quel secret cache ces deux paires de lunettes, dis-moi?

_Rien qui ne te regarde.

Etrangement, sa voix était calme. Mais la posture était tellement tendue, le visage crispé. Un changement à peine perceptible qu'elle n'eut pourtant pas grand mal à déchiffrer.

_Ne me dis quand même pas que…

Elle écarquilla les yeux.

_Tu l'aimes?

Un grand éclat de rire rauque brida son visage abasourdi, auquel vint s'ajouter une pointe de perplexité.

_Dis pas de conneries.

_C'est vrai gros dur. Tu n'aimes personne.

Son ton ironique le fit frissonner de colère. N'importe qui serait déjà à terre dans un sale état, mais pas Tatiana, pour une raison qui lui échappait encore, mais qu'il n'avait plus cherché à comprendre depuis bien longtemps.

_Il est toujours malade?

_Il n'est pas malade.

_C'est pareil. Tu sais qu'un bad trip ce n'est jamais bon. Il doit être sacrément mal, pour vouloir se foutre en l'air à ce point. Mais tu n'as sûrement pas besoin que je te le rappelle.

_Je suis dans un bordel en train de me faire masser. J'ai pas envie de parler tout ça.

_Ton dos est trop tendu. Même mes mains de fée ne peuvent faire des miracles.

_Très bien, alors on arrête.

Il se releva du canapé, poussant sans ménagement la blonde aux yeux verts et attrapa sa veste, couvrant son torse nu.

_Tu ne pourras pas te défiler éternellement!

_J'me défile pas. Grogna-t-il. C'est toi qui me fais chier.

_Tu te rends compte que j'ai cru un instant que tu l'aimais?

Le criminel se figea, les mains autour de sa cravate.

_Moi. Qui te connaît depuis tant de temps. J'ai pu croire, un seul petit instant, que tu aimais cet homme. Peut-être que ça prouve quelque chose, non?

L'autre ne répondit rien. Et la blonde s'aperçut avec stupéfaction que c'était simplement car il ne savait pas quoi répondre. Si une telle situation l'aurait auparavant amusé, cette fois-ci, elle n'en fit rien.

_Je sais que c'est ton frère. Et je sais que quoiqu'on en dise, tu aimes ta famille. Bien plus que... -elle désigna la pièce autour d'elle- tout ça. Mais lui, je sais qu'il est spécial.

_Tu n'en sais rien. Tu crois savoir, mais tu ne sais rien.

A prendre avec le plus de précaution possible. Tatiana connaissait ce Patron-là. La vie de cet homme était une véritable pièce de théâtre, et elle n'était plus spectatrice depuis bien longtemps. Elle jouait à ses côtés, à présent. Et il s'agissait de ne plus le laisser tomber en arrière.

_C'est peut-être ta seule chance d'être heureux.

Sa douce voix flotta un instant.

Avant d'être brisée par une plus rauque.

_Tu te fais des films.

Un soupir. Le criminel et la prostituée se faisaient face.

_Tu as peut-être raison.

Elle lui lança un regard dur.

_Tu ne seras peut-être jamais capable d'être heureux.

Les mots ont des dents. Et parfois, ils mordent jusqu'au sang, au plus profond de nous-même. Le Patron en fit durement le constat, mais ça ne dura qu'une seconde. Il était le Patron, après tout.

Il n'allait pas s'abaisser à se laisser blesser par des sentiments qu'il ne voulait pas voir.

_Tu as reçu un coup de téléphone tout à l'heure. Mais comme tu n'étais pas là, j'ai dit que tu rappellerais.

Trop heureux de changer de sujet, le criminel se retourna vers elle, finissant de nouer sa cravate.

_C'était qui?

_Severov. Il veut te voir le plus vite possible. Ça avait l'air plutôt urgent.

_C'est pas vrai, il peut pas me lâcher deux secondes?

_Tu le connais.

_Justement.

_Ça m'inquiète un peu, à vrai dire.

_Pourquoi? C'est sûrement encore pour un de ses bordels en Italie.

- T'as pas réglé cette affaire?

_'Pas eu le temps.

Il manqua le froncement de sourcils de la belle blonde.

_Tu as eu tout le temps, Patron.

Le criminel eu l'air exaspéré, et lui lança un regard noir, tout en fouillant dans sa poche pour trouver son téléphone.

_Je m'en occuperai putain!

Elle se tût.

Tatiana n'osa pas lui dire que depuis quelques temps, les affaires tournaient de plus en plus mal.

Déjà depuis bien longtemps, son employeur lui avait fait comprendre qu'elle pourrait changer de métier dès l'instant ou son travail de nuit ne lui plairait plus. Et elle l'en avait toujours remercié. Elle était sa plus fidèle employée, et sûrement la seule qu'il pouvait appeler amie. Mais elle aimait ce métier. Elle aimait les hommes qu'elle découvrait chaque nuit. L'aspect interdit et terriblement immoral de leur relation d'une heure. Et l'argent n'était plus devenu sa source principale de motivation.

Mais elle était également consciente que peu nombreux étaient les gens à qui le Patron faisait confiance. Alors elle avait assumé son rôle de bras droit. C'est elle qui gérait beaucoup de leurs commerces aux côtés du châtain, qui remplissait la paperasse et qui recrutait les filles. Elle, qui veillait en partie à ce que tout tourne bien, car, cela était très clair, ni elle, ni le Patron, n'acceptaient que le travail ne soit mal fait. Leurs filles devaient être disponibles aux heures les plus remplies, en forme, et surtout, pleinement satisfaites de leur lieu de travail.

Et depuis quelques temps, leur château de cartes durement construit, qu'elle avait cru si solide, commençait à s'effondrer. Tatiana ne pouvait, et ne voulait pas, gérer le business toute seule. Elle avait toujours Severov pour l'aider, mais ce n'était pas pareil. Ce n'était pas le Patron. Et sans lui, sans un œil minutieux sur leurs affaires, toutes les cartes allaient s'envoler. Ils s'étaient fait des ennemis, bien-sûr. Beaucoup de rivaux, alors que la réputation de son ami n'était plus à faire. Et ils avaient du personnel à entretenir. Manier cette énormité seule était trop pour elle, et elle sentait qu'elle était déjà en train de lâcher. De faiblir.

Le Patron reportait tout au lendemain. Chaque jour passant. Il se laissait aller, ne veillait plus qu'aux tâches principales, qu'il gérait à moitié.

La majeur partie de son temps, il le passait enfermé dans une chambre avec une ou plusieurs filles.

Et ça commençait à se savoir. Au sein de leur entreprise, au en dehors.

Aucune faiblesse, aucune paresse, n'était tolérée.

_S'il apprend que tu as quoi que ce soit à voir avec la mort de Marion, tu sais que ça ne sera pas sans conséquences.

Une sonnerie retentit entre les murs qui les entouraient.

_Je les emmerdes, les conséquences.

Il avait parlé en russe, et sa voix bien plus grave et rauque le rendait presque menaçant. Comme un animal blessé et pris au piège.

Une grosse voix étrangère résonna à l'autre bout de l'appareil.

_Allô?

_On m'a dit que tu avais appelé.

_Patron, quelle joie de pouvoir t'avoir au téléphone. Tu sais combien de fois j'ai essayé de t'appeler?

_J'ai changé de numéro.

_Putain ce serait trop compliqué de me prévenir?!

_Tu veux quoi? Si c'est pour l'Italie, je vais voir ça, laisse-moi un peu de temps.

_J'en ai rien à foutre de ce bordel-là, récupère le si ça te chante. Non, j'ai un autre problème.

Un instant, le Patron crût qu'il allait lui parler de Marion. Mais il n'avait rien à se reprocher. Et personne n'avait pu lui communiquer la moindre information. Rien n'avait pu remonter jusqu'à lui.

L'image d'une voiture flambant sur le bas-côté s'imposa sous ses paupières closes.

Il s'en était assuré.

Celui qu'on surnommait "Le Boss", lui parla bien de Marion. Mais ne s'attarda pas dessus. Les mots russes avaient une consonance dure et forte, et si le Patron ne le parlait pas aussi bien que son correspondant, il aurait dû s'accrocher pour comprendre.

_Je sais pas si tu le sais, mais la nana dont je t'avais parlé, Marion, est morte. Un putain d'accident de bagnole! Et ça, c'est mauvais. Les gens se sont mis à parler, ils croient que c'est moi qui l'ai buté! C'était une de mes meilleures filles, tu sais combien elle me rapportait? Du coup, les autres ont commencé à paniquer. Et ça, c'est putain de mauvais, TU LE SAIS CA!

La mâchoire tendue, le Patron décolla le téléphone de son oreille, tandis que Tatiana levait les yeux au ciel.

Leur associé était instable. Trop instable. Et malgré le respect qu'ils se portaient mutuellement, le criminel en noir n'appréciait pas qu'on lui parle ainsi.

_C'est la merde Patron. De mon côté, et surtout du tien. Les chiffres sont en baisses, notre personnel se tourne vers les autres employeurs, et putain, on commence à avoir quelques regards intéressés sur nos enseignes! Des regards qui n'osaient même pas nous fixer droit dans les yeux, avant que tu commences tes conneries!

_Explique toi. Répliqua calmement le Patron. Mais il commençait déjà à chercher une cigarette et un briquet.

_Tout se sait dans le milieu. Il paraît que t'es en train de lâcher prise et de tout foutre en l'air! Tatiana ne peut pas gérer toute seule les filles et la paperasse, ce n'est pas la gérante. C'est toi! Tes affaires personnelles ne me regardent pas, mais on est associé. Ta chute entraînera ma chute! Je ne veux briser aucun marché ni aucun accord, mais y va falloir que tu te bouges le cul!

_Y'a toujours eu des hauts et des bas. Dans toutes les entreprises. Je vois pas pourquoi tu te prends la tête, et tu me fais chier en plus de ça.

_Tu dors ou quoi? Je crois que tu te rends pas bien compte de la situation dans laquelle tu te trouves. Tu es en train de perdre la putain de réputation à laquelle tu tiens tant. Et la mienne par la même occasion! Ce n'est pas une simple baisse de revenue! Les filles partent, et quelques hauts placés aussi! Les gérantes de deux de tes bordels à Toulouse et à Nîmes se sont déjà barrées!

Le Patron lança un regard en coin à Tatiana, qui pinça les lèvres, une culpabilité évidente sur le visage. Elle comptait lui en parler. Bien-sûr, qu'elle comptait le faire.

Mais il avait l'air si fatigué... Tellement fatigué.

_On a rencontré beaucoup de gens Patron, à travers toutes ces années. Beaucoup de gens pas très réglos. Et je ne parle pas pour moi.

Il y'eu un silence grésillant à l'autre bout du fil.

_Tu sais ce qui risque de t'arriver, si tu te montres faible. C'était le prix à payer en entrant dans ce milieu-là. Un prix que tu as accepté. Et tu te montres faible.

_Je ne suis pas faible.

Il avait parlé en français, et un soupir lui répondit.

_Tu ferais mieux de surveiller tes arrières. Tu as écrasé pas mal de monde, mais beaucoup sont encore dans le jeu.

Un jeu dont il ne connaissait les règles que trop bien. Un jeu qu'il avait tant voulu gagner.

Mais maintenant...

Une image du Hippie dans ce lit blanc, froid, le fit souffler difficilement.

Mais puisqu'on lui avait dit que tout était de sa faute, il n'en avait plus rien à faire.

Même si il ne lui restait plus que ça.

Il raccrocha avant que l'autre n'ait le temps de rajouter quoique ce soit, sous le regard grave de la blonde.

Et ralluma une cigarette.


Rachel était fatiguée.

Fatiguée même d'être fatiguée, et tout ce qui en suivait. Le pire était le silence. Le silence était un mur de glace incassable lorsqu'il était bien ancré comme une mauvaise habitude, et elle ne pouvait rien faire pour le briser. Elle aurait aimé, pourtant. Les regards froids et les mâchoires serrées n'étaient plus supportable, plus pour elle.

La main chaude posée sur son bras la ramenait heureusement à une réalité plus douce. Un morceau de sa vie plus calme. -Plus agréable.-

Sa tête reposait sur l'oreiller blanc. Ses yeux bleus, à demi entrouverts, fixaient sans vraiment le voir le petit réveil de la commode, qui affichait quatorze heures.

Elle sentait l'agitation dans le cœur de son compagnon. Un trouble qu'il n'osait pas partager, pour la protéger autant qu'il le pouvait. Elle respectait sa décision, mais ça ne l'agaçait pas moins.

_A quoi tu penses?

Rachel pensait a beaucoup de choses. Ce qui n'avait été que des souvenirs agréables étaient devenu en peu de temps d'indispensables sources d'oxygène. Pour simplement garder espoir. Pour qu'elle ne cesse d'essayer de se convaincre que la situation n'était pas si pire que ça.

Elle dégagea d'une main paresseuse ses cheveux blonds de ses yeux bleus, souriant faiblement.

_A tout.

C'était la seule réponse acceptable car elle n'avait pas envie d'en donner une autre qui justifierait plus d'explications. Elle se retourna vers l'homme qui la serrait dans ses bras, et qui la regardait sans ciller.

_Je voudrais qu'on parte, tous les deux.

Voici des mots qu'elle n'attendait pas. Le Prof pinça les lèvres après les avoir prononcés, conscient de leur possible interprétation.

_Pas maintenant. Mais... après. Quand tout ça sera réglé.

_Tout ça quoi? Fit la Fille, un peu plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu. Tout ça quoi, Prof?

_Quand Mathieu sera correctement rétabli! Quand ça ira mieux pour le Hippie, et pour tout le monde. Quand le climat se sera apaisé. J'aimerai qu'on quitte cette maison.

Il y'eu un long silence, laissant le temps à la blonde d'assimiler les soudains propos de son compagnon. Des envies auxquelles elle n'avait même jamais songé.

_Je n'abandonnerai pas ma famille.

_Je ne te demande pas de les abandonner. Je ne passerai pas ma vie dans cette maison, Rachel. J'adore mes frères, j'adore Mathieu du plus profond de mon âme, mais je veux voyager. Je veux voir le monde de mes propres yeux, découvrir d'autres cultures et d'autres sciences. Puis nous reviendrons. Nous ne sommes plus dans l'émission, Mathieu n'a plus besoin de nous.

_Mathieu aura toujours besoin de nous!

Malgré elle, une bouffée de colère monta en elle. L'idée d'abandonner ces proches ainsi lui paraissait insurmontable.

_Je le sais bien. Mais nous avons notre liberté, à nous aussi. Et il ne voudra sûrement pas nous avoir dans les pattes pour toujours.

Le Prof posa une main sur la sienne, peiné, mais certainement pas en colère. Il avait mal amorcé les choses. Ce n'était pas le bon moment.

Tous deux étaient pris dans cette spirale infernale qu'était devenue leur vie, et même de beaux rêves ne pourraient les en sortir.

La blonde soupira, calant l'ongle de son pouce entre ses lèvres, signe qu'elle était anxieuse. Et le Prof vit que malgré tout, elle semblait, au plus profond d'elle-même, réfléchir à cette possibilité.

_Les choses changent, au cours du temps. Nous ne resterons pas constamment chez Mathieu, à devoir vivre à ses frais et à ceux du Patron.

_Tu parles comme si on y était déjà.

"Ça pourrait arriver plus tôt que tu ne le crois."

Ce fut les mots qu'il pensa, mais il n'osa pas les partager. Conscient du trouble qu'ils pourraient apporter à son double féminin.

_On ne sait pas ce que l'avenir nous réserve. Il faut réfléchir sur nos actes présents. Pas sur un possible futur qui ne se réalisera peut-être jamais.

_Ça te fait peur?

_De quoi?

_De penser au futur? Ça te fait peur?

_Le futur est mon unique motivation. Je t'aime Prof. Je suis bien avec toi. Merveilleusement bien. Mais en ce moment, le seul futur que je peux espérer, c'est un ou Mathieu pourra correctement remarcher, ou Antoine redeviendra heureux, ainsi que tous les membres de ma famille. Je ne peux pas... je ne peux pas penser à moi.

_Tu peux essayer de penser à nous.

La Fille lui envoya un regard blessé.

_Je pense à nous. Mais je sais que nous ne serons jamais heureux si nos frères ne le sont pas.

Et parce que, comme souvent, elle avait raison, le Prof ne la contredit pas.

A la lueur du pâle soleil et de la lumière de chevet, il la trouva belle. Ses traits fins, sa bouche pleine, ses yeux brillants, ses cheveux dorés.

Ses expressions si féminines. Sa douceur qui le touchait en plein cœur, là où personne n'était jamais osé aller. Dans les moindres recoins de son cœur, et de ce qui faisait de lui un homme capable d'amour et de tendresse.

_Nous arrivons à tenir le cap. Il y'a quelques trous dans certaines cales, mais rien d'irréparable.

La métaphore la fit sourire doucement. Des fois, le Prof pouvait se montrer étonnement optimiste.

Et elle aussi.

Elle approcha une main de ses courts cheveux châtains, attrapant une mèche.

_Voyons le bon côté des choses. Toi, tu n'auras pas à te raser la tête.


Dans un tout autre état d'esprit que son frère et sa sœur, le Patron marchait d'un pas lourd dans le couloir, observant avec une attention toute particulière les lattes d'un plancher qu'il connaissait pourtant par cœur, depuis le temps.

Chaque craquement équivalait à une sorte de brèche dans le temps, qui le faisait continuellement arriver à une réflexion. Une de ce genre futile dont il n'avait pas l'habitude. Et pourtant, une multitude de questions l'assaillaient. Avait-il bien fermé à clé son bureau, au dernier bordel ou il était allé? Pourquoi avoir enlevé ses chaussures en entrant dans la maison? Ce soir, aurait-il le temps de remplir la paperasse ennuyante qui l'attendait? Ses cigarettes, il ne lui restait plus qu'un paquet...

Une angoisse sans nom et sans excuses engloutit son cœur pendant de terrifiantes secondes.

Il tenta de chasser de son esprit la discussion inévitable qui l'attendait, comme un dangereux animal tapis dans l'ombre, à l'abri derrière les troncs et les buissons pourrissants.

Tout pourrissait, en ce moment. Comme une vieille roue qui aurait trop tourné. Les craquements du plancher rendirent l'impression plus vraie encore.

Mais la bête se rapprochait de plus en plus. Et il fallait bien l'affronter. Et pour une rare fois, il n'avait pas d'arme à disposition.

"C'est ta faute."

"C'esttafauteC'esttafauteC'esttafaute"

L'angoisse dériva lentement, emportée par un autre sentiment qui le fit frémir.

La culpabilité.

Il sentit son être entier grincer d'indignation devant ce nouveau ressenti que lui hurlait son bon sens. Ses plus solides remparts trembler, conscientes qu'elles avaient une nouvelle ennemie aussi soudaine qu'imprévue.

"Faible!"

Un coup de vent ne pourrait pas faire s'écrouler de hauts murs d'acier, mais une tempête le pouvait. Heureusement, il n'en était pas encore loin, et il réussit à canaliser ses mains fébriles et le profond dégoût envers soi-même, qui lui laissa un goût amer sur la langue.

"Lâche..."

Peut-être bien.

Il réussit il ne sût trop comment à toquer à la porte. Sa main lui paraissait si lourde qu'elle retomba d'elle-même le long de son flanc, allant agripper sans qu'il ne s'en rende compte son dernier paquet de cigarettes.

Un mot étouffé par les murs se fit entendre de l'autre côté, et il poussa la cloison en bois.

Il entra d'un pas qui se voulut assurer dans la pièce. Ce simple geste habituel lui fit reprendre confiance, et il se maudit de se conduire si différemment de d'habitude.

Finalement, ses yeux rencontrèrent ceux de son frère, et cette l'angoisse brutale ressurgit.

_Bonjour.

L'autre lui sourit faiblement, éclairé par la seule lumière de la lampe. Les volets étaient restés fermés.

_Salut.

Un silence retomba sur eux, et le Patron avisa une chaise à côté du lit. La saisissant d'une main, il ne se fit pas attendre pour s'asseoir dessus, posant ses coudes sur genoux.

Bordel. Qu'est-ce qu'il foutait là?

Il ne put résister à l'appel d'une cigarette, et plongea une main experte dans sa poche, en piocha une à l'aveuglette, puis sortit son briquet.

Tout en l'allumant, il posa un regard un peu plus critique sur le Hippie.

Il avait maigrit. Pas autant que Mathieu, mais assez pour que ça se remarque. Lui qui n'était pourtant pas gros, ses bras paraissaient assez frêles pour les casser en deux au moindre geste, tout autant que ses jambes. Ses joues étaient plus creuses. Son teint encore plus blanc.

Sans ses lunettes mauves, il avait l'air d'une vieille marionnette à l'air effaré.

Et pourtant si triste.

_Comment tu vas?

_Bien.

_Si je te pose cette question, ce n'est pas pour que tu me mentes.

Le Hippie ferma les yeux. Les paroles du Panda sonnèrent dans la tête du Patron, aussi claires que s'il les entendait dans le même temps. Et un instant, le criminel sût avec toute la conviction du monde que le camé fermait les paupières pour apprécier une voix rauque qui lui avait terriblement manqué.

Mais l'instant d'après, il n'en fut plus si sûr. Peut-être qu'il était tout simplement fatigué.

Avaient-ils reprit le jeu du chat qui n'avait pas conscience de la souris qu'il y'avait dans la pièce?

Il n'était plus sûr que ce jeu lui plaise encore, néanmoins. Les jeux l'ennuyaient. Tout ce qu'il voulait maintenant, c'était un gagnant et un perdant. Que la partie s'arrête.

"Rappelle-toi, c'est plus fort que toi, ces trucs-là. Tu t'arrêtes jamais."

Peut-être qu'il y arriverait cette fois. Il ne savait pas sur quel chemin il s'était engagé, mais peut-être était-il sur la bonne voie. Comme un héroïnomane qui essaye de décrocher, mais trop fier pour accepter toutes mains tendues. Si mains tendues il y'a.

_Je vais bien, j'te mens pas Gros... je vais mieux, du moins. J'ai compris la leçon. C'est toi, qui as l'air fatigué.

Il tenta un rire forcé qui se transforma en un étranglement, puis en une quinte de toux, qui le força à boire d'une traite le verre d'eau sur la table de chevet.

Le Patron ignora ses derniers mots.

_De la mandragore hein? Ou t'as trouvé ça?

_Un pote Gros. Du parc...

_Tu savais ce que c'était?

Le pacifiste ne répondit pas, les yeux dans le vide. Ce silence suffit au Patron, qui poussa un soupir énervé.

_Bien-sûr que tu le savais. Et tu savais ce que ça allait te faire.

_Non.

L'affirmation avait été dite calmement par le Hippie, qui ne détachait toujours pas ses yeux du murs.

_Il y'avait une possibilité, bien-sûr. Mais ça aurait pu mieux se passer.

_Tu t'en souviens?

Le Hippie soupira fébrilement, et le Patron cru qu'il allait se mettre à pleurer. Pourtant, il reprit tout aussi calmement, mais avec une certaine amertume dans la voix.

_Un peu. Sûrement pas de tout. Je me souviens avoir terrifié le Geek.

_Il s'en remettra.

_Il n'a pas à voir ça. Il n'a pas à voir mes états-d 'âme.

_Ça te va pas d'être clean. Ça te rend sérieux et responsable, c'est dommage.

Le camé tourna la tête vers lui, sans l'ombre d'un sourire. Et le Patron le ressentit encore. Ce désagréable pincement au bide. Ce pincement qui lui ordonnait de se sentir coupable.

La culpabilité. Tout au long de sa vie, voilà un sentiment qui lui était resté lointain. Pourquoi fallait-il qu'elle ressorte maintenant, cette garce?

Mi-figue, mi-raisin, le Patron tira une taffe, espérant sans grande conviction que la fumée brûlante lui apporterait un peu de réconfort. Un peu de chaleur.

_Tu te permets vraiment tout toi.

_C'est ce qui fait mon charme gamin.

Le Hippie parût le sonder du plus profond de lui-même, mais il ne bougea pas d'un millimètre. Il en fallait plus que ça pour qu'il se démonte.

Puis, la commissure des lèvres tressauta par intermittence. Le camé se tordit vers l'avant, avant d'ouvrir la bouche en grand, laissant échapper un grand rire aigu. Comme un robinet dont les poignées s'ouvrirent à fond, laissant couler cet espèce d'esclaffement déplacé.

Entre deux rires, il réussit à marmonner ces quelques mots;

_Sale con! Sale con! T'es qu'un sale con gros!

Interdit, le Patron l'observa attentivement, se demandant si son frère n'avait pas définitivement perdu la boule. Il l'observa se tordre en deux, une main sur la bouche. Les yeux repartis sur ce mur, qui constituait, sûrement, le seul rempart contre un monde irréel qui n'existait que dans la tête du plus frêle.

Il était pourtant bien là, lui. Bien vivant. Bien réel. Encaissant la haine soudaine du pacifiste. Des cailloux. Des cailloux qui ricochaient, alors qu'il se les prenait en pleine figure. Des boules de colère.

Le remord mordit, plus fort que jamais.

Finalement, le porteur du bob tibétain finit par se calmer, ne laissant entendre qu'une respiration lourde et acharnée.

_J'aurais pas dû te parler de Marion.

Son frère se figea, surpris par cette déclaration. Une des premières qui paraissaient sincères. Mais le criminel, déjà lancé, ne tint pas à s'arrêter là. Les mots avaient franchi ses lèvres avant qu'il n'ait le temps de les arrêter. Il devait les dire, même si ça ne faisait que creuser un peu plus douloureusement cette affection étonnante qu'il avait conscience d'avoir envers le Hippie. Mais même lui, avait ses limites.

_J'aurais pas dû te dire ce que j'avais prévu de faire. C'était stupide.

Il souffla, un ricanement sans joie.

_C'était tellement stupide putain.

_Oui. Sans doute.

Les mâchoires du Hippie étaient crispées. Mais il pouvait voir une immense, bien trop profonde douleur derrière ces yeux.

_Tu me rappelles une vieille amie, tu sais.

(La haine. La haine. Ne la lâcherait-il donc jamais?)

Le Patron ne comprit pas, bien-sûr. Mais il sentait que le Hippie commençait déjà à perdre pied, encore exténué. Alors il ne chercha pas à comprendre plus.

Il fallait qu'il lui dise. Et tant pis s'il ne le croyait pas. Il avait l'habitude.

_Ecoute-moi gamin...

_J'aimerai dormir. Je suis fatigué.

Le camé avait repris place dans son lit, fermant à moitié ses grands yeux limpides, un bras derrière la tête.

_J'aimerai juste dormir.

Le Patron se tût, mais les cernes sous les yeux du Hippie étaient redevenues violettes. Il n'avait pas dû beaucoup dormir cette nuit. Ses traits étaient tirés, et effectivement, il parût plus fatigué que jamais.

_Très bien.

Il fallait qu'il lui dise, bien-sûr. Mais ça pouvait attendre. Lui pouvait attendre.

_Je vais te laisser alors.

Il repoussa la chaise contre le mur, jetant son mégot dans la poubelle vide, et jeta un dernier regard au Hippie. Il s'était tourné de l'autre côté du mur, avait remonté les couvertures pour qu'il ne puisse plus apercevoir que ses cheveux châtains et emmêlés.

Les volets n'avaient pas bougé. Le pâle soleil de dehors non plus.

Il referma la porte qui ne grinça pas.

Laissé seul, le pacifiste eu l'impression d'un seau d'eau glacé en plein visage, et déglutit difficilement, les yeux fermés.

La sensation de crevure dans son cœur restait, indélébile, gravée si fort qu'il se demandait comment son palpitant pouvait battre encore. Et comment il pouvait battre pour le Patron.

Comment il pouvait battre pour un amour, qui malgré tout, ne fanait pas.


Le soir-même, tout le monde était réuni dans le salon. Le Hippie était redescendu en fin d'après-midi, et si tout le monde s'était rendu compte qu'il évitait le Patron, ils avaient tous eu la présence d'esprit de ne pas le faire remarquer.

C'était Antoine et Mathieu, qui s'étaient mis à la cuisine.

Antoine, qui était resté avec eux, incapable de retourner dans son ancien appartement. La Fille, qui lui jetait au début de nombreux coups d'œil, évaluant la situation, s'était apaisé, assise sur la canapé à côté du Geek, qui jouait à la console, sous l'œil intéressé du Panda. Le Patron était au fond de la pièce, sur une chaise, lisant un livre. Il avait ôté ses lunettes noires, qu'il avait posées sur la table, au côté de la casquette du gamer. Le Prof avait le nez plongé dans une revue scientifique, assis sur le fauteuil près de la cheminée éteinte. Le Hippie était assis sur le deuxième fauteuil, Capsule sur les genoux, il lui gratouillait gentiment le cou, s'attirant les légers jappements du chien.

Mathieu finissait de s'occuper de la viande aux côtés de son meilleur ami. Ce soir, ils préparaient un beau repas. Il avait envie de faire plaisir à sa famille. Peut-être que ça ne servirait pas à grand chose, mais il avait besoin de consacrer ses pensées sur une tâche qui amènerait à un résultat concret et satisfaisant. Quelque chose qui n'était pas vide et insensé. Comme par exemple, un beau repas, avec entrée, plat et dessert.

Quelque chose avait changé. C'était presque imperceptible, et en même temps envahissant. Un voile d'une légèreté presque miraculeuse qui s'était posé sur eux. Une ambiance plus douce. Ils n'avaient pas besoin de parler, même pas besoin de rire. Ils étaient simplement tous réunis, en silence, appréciant un moment de paix fragile.

Il y'avait des brèches, bien-sûr. Comme les yeux obstinément fuyants du Hippie, et son corps recroquevillé. Ou cette étincelle dans les yeux du Geek... celle qui montrait qu'il avait grandi. C'était presque -presque- comme avant. Mais personne n'osait le dire, par peur de briser l'instant.

Comme avant, mais si différent. Un nouveau temps qui mélangeait le présent au passé, donnant un mélange déroutant. Mais pas forcément désagréable.

Les cinq crânes chauves étincelants étaient un rappel constant et immanquable.

Ils avaient tous fini par sauter le pas pendant l'après-midi, sans une demande de la part de Mathieu. Le Geek et le Panda les premiers, un peu fébriles dans un premier temps, mais tout en se raisonnant. -Les cheveux, ça repoussaient vite. Puis le Patron, de son côté. Ça ne les avait pas vraiment surpris de se croiser soudainement chauves, ils savaient que ça finirait par arriver au moment ou Mathieu avait rasé la première mèche. Puis en dernier, le Hippie, qui avait demandé de l'aide à la fille, et en moins de dix minutes, c'était terminé.

Mathieu avait ouvert grand la bouche en les voyant, puis, après quelques secondes d'effarement, avait fini par sourire. Il avait semblé ému.

D'une tape sur l'épaule jusqu'au simple sourire, ils étaient tous passé devant lui, jusqu'à s'asseoir dans le salon, duquel ils n'avaient pas bougé depuis deux heures.

Le Hippie, arrivé devant Mathieu, avait entrouvert les lèvres, voulant sans doute s'excuser, mais Mathieu ne lui en avait pas laissé le temps. Il s'était avancé, puis l'avait serré dans ses bras. Conscient de l'avoir enfin contre lui. Conscient tous les deux qu'ils étaient vivants.

Depuis rien n'avait bougé, excepté dans la cuisine, ou désormais les deux vidéastes se démenaient à désosser un poulet.

La Fille releva soudain la tête, alors qu'elle s'était presque endormie contre le canapé, son corps serré contre celui du Geek qui ne s'en plaignait pas. Il avait changé, mais pas assez pour ne plus apprécier la chaleur réconfortante de sa grande sœur.

Elle jeta un coup d'œil au Prof qui lisait toujours, puis se releva, attrapant avec elle une couverture qu'elle enroula autour de ses épaules. Elle se dirigea vers la table du salon, releva l'écran de l'ordinateur familial, attrapant Wifi de la chaise sur laquelle il dormait pour s'y asseoir. Le félin se blottit contre son ventre, sous le plaid laineux, tandis que la blonde tournait l'écran de sorte à ce que personne ne puisse le voir, exceptée elle-même.

Personne n'y fit attention. Elle brancha ses écouteurs, mit une musique en fond, resserra inconsciemment le chat contre elle, puis partit voir ce qu'elle cherchait.

Elle ne cessait de repenser à la conversation entre elle et son amant. Celle ou le Prof lui répétait qu'ils n'avaient qu'à attendre que tout rentre dans l'ordre pour partir de cette maison qu'elle aimait tant, et pour se trouver la leur. Celle ou malgré toutes ces contestations, des tas d'images s'imposaient à elle. De différents pays qu'elle et le scientifique pourrait visiter. De différentes cultures, de milliers de paysages qui n'attendaient qu'eux.

Elle se sentit coupable, au fond. Sa famille, -leur famille-, avait besoin d'eux. Mais ce n'était pas pour maintenant, comme l'avait dit le Prof. Et depuis quelques heures, cette idée la travaillait. Malgré qu'elle savait avoir le droit à un peu de liberté elle aussi, elle ne pouvait pas s'empêcher de penser que, quelque part, c'était mal. Comme un oiseau en cage qui penserait au ciel, qu'il pourrait pourfendre de ses ailes lorsque la porte s'ouvrirait. Mais elle n'était pas en cage. Pas vraiment, n'est-ce pas?

Elle croisa les yeux du Prof, qui lui sourit doucement derrière ses petites lunettes carrées. Un sourire qu'elle lui rendit.

Poussée par un sentiment qui était plus fort qu'une légère culpabilité, ses doigts tapèrent d'eux-mêmes sur le clavier, "Voyage en Australie."

Pourquoi ce pays? Elle n'en savait rien. C'était tout simplement le premier qui lui était passé par la tête.

Une image d'un énorme serpent la fit grimacer, et elle alla rapidement en bas de la page. Les grandes plages, les kangourous et les hauts arbres la firent sourire doucement. Elle alla chercher ensuite d'autre lieux, comme la Chine ou les pays d'Amérique du Sud.

Pendant un long moment, ses yeux et son esprit voyagèrent avec les sites et les photos des routards, si bien qu'elle crut voir le regard du Patron se tourner vers elle, comme si il savait ce à quoi elle était en train de penser.

Mais ça lui était soudainement égal. Elle se laissa envahir d'une douce chaleur, et par ce besoin sans doute instinctif qu'ont tous les Hommes de voyager.

En vérité, le Patron était bien loin de se douter de ce que pensait la Fille. Et il n'en avait pas grand chose à faire. Il ne suivait l'histoire de son livre qu'à moitié. Son esprit était tourné vers une tout autre personne, qui frottait en ce moment affectueusement le pelage de son Jack Russell.

Il aurait peut-être dû lui dire. Peut-être. Est-ce que ça l'aurait soulagé? Sûrement. Ça les aurait étonnement soulagé tous les deux. Simplement lui dire la vérité. Ce n'était pas compliqué, non. Sauf si il ne le croyait pas, mais ça, c'était un autre problème.

Il avait pourtant eu cette drôle d'impression... comme si l'autre savait. Comment aurait-il pu? Mais aussi improbable que cela paraisse, l'impression ne le quittait pas.

Auparavant, ce genre de question, il ne se la serait jamais posé. Il avait perdu le contrôle, encore une fois. Comme si tout lui échappait. (Encore.)

Dans la cuisine, Mathieu laissa finalement tomber son couteau sur la table en se retenant de jurer. Antoine soupira, un faible sourire amusé aux lèvres.

_Tu devrais me laisser faire.

_Désolé mec, j'ai pas l'habitude de cuisiner...

Mathieu lui offrit une grimace désolé, qui arracha un autre sourire à Antoine. Ce qui permit au plus petit de se sentir un peu mieux. Il jeta un coup d'œil à l'horloge, qui indiquait 19h48. Le repas serait sans doute prêt pour 20h30, si ils arrivaient à s'occuper de ce putain de poulet.

Il jugea plus sage de laisser le chevelu s'en occuper, et, s'essuyant les mains sur son tablier, se dirigea vers le salon.

Puis soupira en voyant le coin de la table vide, là où il aurait dû y avoir une ou deux lettres.

_Merde...

Le Geek releva les yeux de sa console, toujours blotti contre le Panda, et lui offrit un regard interrogateur. Même ses cheveux rasés ne le rendaient pas plus vieux lorsqu'il avait cet air candide.

_Quoi?

_On a oublié le courrier. J'attends un truc important.

Ils avaient beau être début Septembre, il ne faisait étonnement pas chaud depuis deux jours, et aucun n'était tenté par la perspective d'aller dehors, le soir, jusqu'à la boîte aux lettres.

_Ah...

Le gamer se pinça les lèvres, inspectant à travers les fenêtres l'épais voile noir qui commençait à tomber sur le paysage extérieur. Il n'était plus autant peureux qu'avant bien-sûr, mais...

_Je vais y aller.

Le Prof reposa son magazine, se levant plutôt rapidement, offrant un sourire à Mathieu. Puis il se tourna vers les autres, grimaçant légèrement. Ce qui, de son fait, était plutôt rare.

_Bande de flemmards.

Le Geek laissa échapper un rire, suivi du Panda. Ça suffit pour réchauffer l'ambiance d'encore quelques degrés, sous le regard soulagé de Mathieu.

Et celui de la Fille.

Elle observa un par un les membres de sa famille, lançant un clin d'œil au Prof, avant que celui-ci ne referme la porte d'entrée, et permit à ses épaules encore un peu tendues de se relâcher un peu.

Elle eut le fol espoir soudainement que tout allait bien.

Que tout rentrerait dans l'ordre. Pour eux, pour elle, pour Antoine, pour Mathieu. Que tout irait bien, maintenant.

Comment ça ne pouvait pas l'être? Le Hippie avait compris la leçon. Il irait mieux. Le Patron aussi. Tous. Ça n'avait été qu'un mauvais moment à passer. Un très, très mauvais moment. Mais enfin, elle en voyait la fin. La lumière au bout d'un sombre tunnel.

Ils avaient repris les choses en main.

De son angle de vue à elle, -car tous les Hommes ne pouvaient réfléchir que d'un seul point de vue, le leur-, il n'y avait plus aucune raison d'aller mal. Absolument plus aucune. Les prochaines colères, les prochains conflits, ne seraient que futiles et factices, pas vrai? Et le prochain qui ne se ferait pas à cette idée, elle eut la très nette vision d'elle-même en train de le secouer comme un prunier.

Le cœur emballé par ce fulgurant élan d'optimisme, d'espoir, de bonheur, des sentiments qu'elle avait presque failli oublier, elle pût retourner à ses pensées vagabondes en toute tranquillité. La colère et l'indignation qu'elle avait ressentie l'après-midi aux mots du Prof étaient à présent bien lointaines.

L'Australie était un beau pays.

La porte d'entrée se referma une seconde fois, les pas vifs du scientifique se rapprochant d'eux. En arrivant, il déposa sur le meuble le plus proche les clés de la boîte aux lettres.

_Tiens Mathieu, ça doit être pour toi. Et y'a ça aussi.

_Merci mec.

Le vidéaste attrapa les deux enveloppes avec un hochement de tête de remerciement, pour repartir en cuisine attraper un couteau. Il pensa rapidement au fait qu'il faudrait passer chez Antoine pour aller chercher du potentiel courrier. Mais pour la première fois, le brun, concentré sur sa tâche, ne paraissait pas penser à tout ce qu'il avait laissé dans cet appartement, alors il ne dit rien.

_Et y'a un petite colis pour toi, Patron.

Le criminel leva les yeux de son livre presque terminé, observant rapidement la boîte en carton.

_Pose le là.

Il désigna du menton la chaise vide devant lui, et retourna à sa lecture.

Trente minutes passèrent ainsi. Wifi ronronnait légèrement sur les genoux de la Fille, qui ne quittait pas l'écran des yeux. Le Geek déposait de temps en temps un baiser fugace dans le cou du Panda. Le Prof avait changé de revue, puis écrivait maintenant en bas des pages des dizaines de calculs que seul lui comprenait. Le Hippie paraissait plus éveillé que jamais, Capsule de Bière dormant paisiblement contre lui, mais personne ne voyait ou se dirigeait son regard.

Lorsqu'il eut terminé son bouquin, le Patron s'étira sur sa chaise, laissant craquer quelques os. Il rangea la marque-page entre la première de couverture et la page numéro une, et se balança en avant. Il posa le livre, et d'un geste devenu automatique, mit ses lunettes sur son nez. Puis attrapa son colis.

Il ne doutait pas une seconde que c'était un cadeau, soit d'une fille d'un de ses bordels, soit quelque chose qui venait de Tatiana. Avec un peu de chance, c'était une réserve de cigarettes. La blonde le connaissait tellement bien, plus rien ne l'étonnait.

Il arracha le scotch qui retenait les deux pans du carton, et découvrit son contenu.

Il sentit à peine son cœur geler.

Son cerveau, son corps, sous l'effet de la surprise -une véritable douche froide-, se figèrent brutalement.

Les secondes parurent perdre leur sens et leur temps réel. Juste quelques secondes. Et le Patron en fut sacrément ébranlé. Car jamais, tout au long de sa vie, il n'avait connu une sensation pareille.

Finalement, il réussit à reprendre contenance, jetant un coup d'œil autour de lui. -Simplement pour s'assurer, bordel, qu'ils étaient tous bien là.-

Tel un robot, il se releva, les jambes raides, et sans vraiment s'en rendre compte, monta les escaliers. Il n'avait qu'une pensée en tête. Qu'un geste à faire, mais pas en présence de tout le monde.

(Le colis. Le colis. Le colis.)

Il arriva jusqu'à la porte de sa chambre, qu'il referma sans la claquer. Et enfin, osa sortir la première photo.

C'était Mathieu.

Mathieu. Mathieu son créateur. Mathieu son frère. Mathieu le youtubeur. Mathieu son premier ami. Mathieu la tête à claques. Mathieu à qui il foutrait bien des baffes pour sa connerie, oh oui.

Mais c'était Mathieu. Quelqu'un lui avait envoyé une photo de son créateur, dans un putain de colis.

Il se laissa retomber sur son lit. Avec une lenteur surréaliste, il en ressortit une deuxième du carton.

Toujours Mathieu. Qui marchait dans la rue. Il avait encore des cheveux. Mais il avait des béquilles. La troisième le montrait sortant d'un magasin, un sac à la main. La quatrième, qui téléphonait.

Sur la cinquième photo, il y avait la Fille.

Elle était assise sur un banc. Et il reconnut le banc du parc ou certain d'entre eux se rendaient quelque fois. Elle était sous un arbre, et elle mangeait un sandwich. Elle était seule. Foutrement seule.

Il y'en avait trois autres d'elle. Une ou elle jetait l'emballage de son repas à la poubelle, et sur la dernière, elle sortait du parc. Elle poussait la haute grille de fer, et ses cheveux blonds flottaient derrière elle.

Le masque de fer du Patron se fendit lorsqu'il tomba sur les trois dernières photos. Et ça n'avait absolument, -absolument- aucune importance, qu'elles soient en dernières et moins nombreuses.

C'était le Hippie. Dans la rue. Juste le Hippie dans la rue. Il marchait. Il avait toujours l'air si triste. Si perdu.

Le Patron resta ainsi quelques secondes, immobile, figé dans une stupeur accablée, à fixer les photos de son créateur, de sa sœur, et de son frère.

Finalement, son regard se posa sur le papier qui était au fond du carton. Un papier qu'il n'aurait pas raté.

Il l'ouvrit lentement. Mais il n'en eu même pas besoin.

Au rez-de-chaussée de la maison, Mathieu criait que le repas était bientôt prêt, mais le criminel ne l'entendit pas. Le sang battait trop fort dans ses tempes, et ses oreilles bourdonnaient furieusement.

Une haine, une rage sans nom déferla dans la moindre de ses veines. Dans chacun de ses muscles, chacun de ses os, jusqu'à la plus lointaine partie de son âme. Il retint il ne sût comment le hurlement de fureur qui l'envahit.

Ses mains tremblaient, son corps entier tremblait. Son esprit était embrumé, assailli par un besoin de vengeance immédiat.

Il avait lâché les manettes. Il avait laissé couler ce qui pourrait tous les faire tuer.

"Tu ferais mieux de surveiller tes arrières."

Severov l'avait prévenu. Tatiana l'avait prévenu. Tout le monde l'avait prévenu, sauf lui-même.

"Tu sais ce qui risque de t'arriver, si tu te montres faible."

Mais il n'était pas un Dieu. Il n'était qu'un humain. S'était-il fourvoyé sur ce point-là ? Et c'était maintenant ses proches, qui risquaient d'en pâtir.

Il avait perdu le contrôle.

Il avait été faible.

Sur le sol, le papier semblait le narguer, décoré de son écriture écarlate hâtive, pleine de venin.

"De tes anciens amis."


Ce chapitre est fini, j'en reviens pas.

Les choses se gâtent pour les Sommet, comme quoi, le danger vient parfois de là ou on s'y attend le moins. Alors que tout le monde croyait que les choses allaient s'arranger, haha... -oui je suis sadique.-

Je suis désolé si vous trouvez des fautes, l'auteur est humaine, et pas particulièrement attentive à l'orthographe. Elle fait cependant de son mieux.

J'aime les reviews *coeur*

Et je vous retrouverai pour le prochain chapitre, "Naïsha".

Peace and Love.' HippiqueAndYDeaLD