Et voilà le dernier chapitre mes loulous ! C'était une belle aventure que j'ai adoré partager avec vous ! J'espère que vous aussi :D Encore une grand merci à mes deux Betas Reader qui ont fait du bon boulot ! :D :coeur:
Et je suis désolée du retard ! Avec mes cours, ç'a été plus difficile que je pensais d'écrire !
Réponse aux reviews des guests :
Drayy : Merci beaucoup ! Je suis heureuse que le chap précédent t'es plu ;) J'espère que celui-là te plaira tout autant !
wm : Merci ! Et oui, c'est la fin, déjà ! J'espère que ce dernier chapitre te plaira :D
Plein de bisous :coeur:
On se retrouve en bas :)
Chapitre 12 : Besoin de toi
Stiles le regarda pendant un instant avant de détourner les yeux pour fixer à nouveau le vide, sans expression. Revoir Derek lui rappelait douloureusement ses hallucinations et il se sentait de retour dans cette cave sordide où il avait été torturé. Dès qu'il fermait les paupières, ses heures passées avec Kate lui revenaient en mémoire. Il frissonna d'angoisse tandis que le bip de l'électrocardiogramme s'affolait au rythme de son cœur. Sa respiration se fit plus courte.
Derek fronça les sourcils d'inquiétude et s'approcha de Stiles avec précaution.
« -Stiles ? » hasarda-t-il alors qu'il était près du lit. « Tout va bien, d'accord ? »
Non, tout n'allait pas bien. Stiles avait peur. Il craignait que ces derniers jours n'aient été que le fruit de ses hallucinations, qu'il n'ait jamais été sauvé, qu'il soit encore suspendu par les poignets, torturé pour le plaisir d'une folle. Qu'est-ce qui était vrai ? Et comment pouvait-il le savoir après tout ? Il n'avait pas su faire la différence les autres fois. Quoi que, peut-être hallucinait-il encore ? Dans la vraie vie, Derek ne l'aurait jamais embrassé, ça n'était qu'une illusion, une projection de ses désirs. Non, ça n'avait pu être la réalité.
Une sorte de calme résigné se répandit dans ses membres et sa crise de panique se calma. Il était résigné, il se savait condamné, à présent, et il était presque heureux que tout ça se finisse. Il ne savait plus si la réalité était pire que ses hallucinations, ou au contraire plus douce. Alors il était content que son calvaire prenne enfin fin, une bonne fois pour toute. Il n'avait plus peur.
Derek observa son meilleur ami, qui était d'une pâleur inquiétante. Son visage inexpressif ne laissait pas transparaître ses pensées et le loup avait le sentiment étrange et angoissant que ce n'était pas normal. Il savait que Stiles passait par des phases de déprimes à cause de la drogue, pourtant il ne s'attendait pas à ça. Stiles avait toujours été très démonstratif, et Derek avait toujours su les émotions qui le traversaient. Mais là, il ne savait pas. Stiles ne dégageait pas d'odeur autre que son effluve naturel. Le loup n'avait absolument aucune indication quant aux sentiments de l'adolescent.
« -Je suis tellement désolé » souffla-t-il en s'asseyant à son chevet. « Tout est de ma faute… »
Sa culpabilité semblait presque l'étouffer à présent qu'il voyait l'état dans lequel était Stiles. Il se savait entièrement responsable de son état. Parce qu'il était son ami alors qu'il aurait dû garder ses distances. Parce qu'il était trop proche de lui. Parce qu'il n'avait pas voulu l'écouter au sujet de Kate. Parce qu'un membre de sa famille l'avait utilisé pour avoir ce qu'il voulait. Parce que, tous les malheurs qui étaient arrivés à Stiles avaient Derek comme dénominateur commun.
« -Si j'avais su… Crois-moi, si j'avais su, j'aurais tout fait pour t'épargner ça, même si ça voulait dire t'éloigner de moi… » continua tristement le loup, les yeux baissés sur ses mains jointes. « J'aurais dû te protéger… »
Il s'interrompit, sentant sa gorge se serrer. Il ne pouvait pas continuer à quoi lui servait-il d'exprimer ses regrets ? Il ne pouvait pas effacer le passé, il ne pouvait pas revenir en arrière et changer le cours des choses, il ne pouvait pas protéger Stiles. Comment avait-il pu être si égoïste ? Lorsque Stiles était arrivé en ville, il avait été le seul à lui adresser la parole, peu importe ce que les gens racontait sur lui, peu importe les mises en garde de ses camarades. Pourtant, comme tous ces élèves avaient raison ! Derek était un danger, tous ceux qui s'approchaient de lui finissait immanquablement par être blessés, voire pire, tués. Il avait été si égoïste d'avoir laissé Stiles s'approcher de lui ! Il aurait dû savoir qu'un humain ne pouvait pas être ami avec un loup. L'exemple qu'avait été Paige ne lui avait-il pas suffit ?
Stiles releva les yeux vers Derek et sembla le voir réellement et non plus à travers ce filtre qui ternissait son monde. Il voyait la culpabilité qui dévorait son meilleur ami. Il voyait sa tristesse et sa douleur, et il les ressentait presque comme si c'était les siennes. Ces émotions trouvaient un écho en lui. Elles réveillaient quelque chose en lui qui s'était éteint depuis quelques jours. Il espérait. Il voulait croire en cette réalité, celle où il était sauvé et où Derek ne l'avait pas abandonné. Une bouffée d'espoir gonfla son cœur. Peut-être que finalement, tout était vrai. Et rien que d'y croire, il se sentait de nouveau revivre. Pendant un instant, Kate ne hanta plus ses souvenirs, comme elle le faisait depuis quatre jours. Son esprit prit plaisir à se remémorer le baiser. Ce n'était peut-être rien, cela ne voulait peut-être rien dire, mais il n'empêchait pas que ç'avait été réel. Du moins, que ç'avait pu l'être. La joie et le désir de recommencer pour s'assurer de la réalité de l'acte se répandirent dans son corps. Le monde lui paraissait bien moins terne à la perspective qu'il pourrait y avoir quelque chose de plus entre lui et Derek.
Le loup ne quittait pas ses mains du regard. Tout était fini, il le savait. Il ne pouvait plus être ami avec Stiles, surtout pas après ce que celui-ci avait subi par sa faute. Il savait qu'il devait s'éloigner de l'humain avant qu'il ne soit définitivement trop tard. Il ne voulait plus le mettre en danger.
Il se leva et fit un pas pour se diriger vers la porte, sachant que c'était probablement la dernière fois qu'il voyait son meilleur ami. Mais, alors qu'il pensait Stiles hors d'atteinte dans un monde mental dont il n'avait pas l'accès, celui-ci lui attrapa le poignet avec une force qu'il n'aurait pas soupçonnée. L'humain avait comme senti que Derek avait pris une décision définitive. Et il avait senti, sans savoir pourquoi, ni comment, une immense tristesse l'envahir soudainement, le submergeant, le noyant presque.
« -Non » fut le seul mot qu'il prononça.
Sa voix était éraillée d'avoir si peu parlé ces derniers jours, mais toute sa conviction soudain retrouvée se sentait dans ce simple mot. Derek ne put réprimer le frisson qui le parcouru.
« -C'est mieux comme ça » souffla le loup en réponse, n'osant affronter le regard de son meilleur ami.
« -Non » s'obstina Stiles, resserrant sa prise autour de poignet de Derek.
C'était pourtant inutile si Derek avait vraiment voulu partir, ce n'était pas un simple humain avec une simple force humaine qui aurait pu l'en empêcher. Mais, quelque part, il ne voulait pas partir, alors il ne se dégageait pas de l'emprise de Stiles. Etrangement, il trouvait ce contact réconfortant, sans bien comprendre pourquoi. Peut-être parce qu'ainsi, Stiles lui prouvait qu'il ne lui en voulait pas ? Pourtant, Derek avait pris sa décision.
« -Stiles. Tu ne peux pas entrer dans mon monde. Tu finirais par mourir… » répliqua le loup, la voix légèrement tremblante.
Stiles tira sur le bras de Derek, l'obligeant à relever les yeux pour rencontrer son regard noisette. Un regard empli d'une détermination nouvelle. Il ne laisserait pas le loup s'éloigner.
« -Reste » fit-il simplement, laissant ses yeux parler pour lui.
Ils se fixèrent pendant quelques instants et la volonté de Derek vola en éclat. Il n'arriverait pas à s'éloigner de Stiles. Il le savait. Il avait voulu croire qu'il pourrait le protéger, mais il savait que ce n'était pas la bonne façon. Depuis quatre jours il savait qu'il n'y arriverait pas, toutefois il avait voulu s'en convaincre. Il avait l'impression d'être si égoïste !
Il se rassit silencieusement sur la chaise, les yeux toujours plongés dans ceux de Stiles. Leur silence sembla durer des heures, pourtant aucun des deux ne voulaient le rompre. Ce silence était trop confortable. Il était simple alors que les mots étaient compliqués. Mais l'adolescent humain finit par briser cette quiétude.
« -C'était réel, n'est-ce pas ? » demanda-t-il.
Il ne savait pas vraiment ce qu'il cherchait à savoir. Si son sauvetage avait été réel ? Si leur baiser l'avait été ? Derek ne parut pas savoir non plus, aussi il préféra acquiescer et lui raconter comment ils l'avaient retrouvé. Il s'était longtemps demandé s'il devait tout lui révéler, ou seulement l'essentiel, mais maintenant qu'il était devant lui, il lui parut inconcevable de filtrer quoi que ce soit.
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°0oFLASHBACKo0°
Samedi, 23h30
Derek était heureux. Sa famille était réunie autour de lui, et aucune menace ne pesait sur eux. Bien sûr, il souffrait toujours de cette horrible trahison, mais il était plutôt heureux. Et puis, toute sa famille semblait beaucoup apprécier Stiles.
Il riait avec sa cousine quand il se demanda où était passé son meilleur ami. Il remarqua que son oncle Peter, et ses deux sœurs aussi manquaient à l'appel, et il espérait que les membres de sa famille n'avaient pas profité que Derek soit occuper pour questionner Stiles et l'embarrasser. Mais il n'y pensa plus lorsque Miguel passa près de lui. Il n'avait pas eu le temps de le féliciter pour l'entrée de Calvin dans la meute et, par la même occasion, l'officialisation de leur relation.
« -Eh, Miguel ! » le héla-t-il pour le stopper dans sa marche.
Son cousin se tourna vers lui, un sourire heureux sur les lèvres et les yeux pétillants de joie.
« -Félicitation ! Calvin est un sacré humain ! » continua-t-il en lui donnant une tape amicale sur son épaule.
« -Merci Derek ! C'est vrai que Cal a été impressionnant ! » s'exclama Miguel avec un regard pour son compagnon qui se tenait à l'autre bout du salon.
« -Dis-moi, comment tu as su que c'était ton compagnon ? Ma mère me racontait toujours ce conte pour enfant sur les compagnons, mais bon, je n'y crois pas trop, c'est plutôt gnan-gnan comme histoire… »
Miguel ricana avant de boire une gorgée de son verre.
« -Et pourtant, c'est plus ou moins comme cela que ça se passe ! Bon, enlève tout le côté « amoureux du premier regard » et toutes ces conneries pour les gosses qui rêvent de leur princes ou princesses charmants ! Mais dans l'ensemble, le conte est plutôt proche de la réalité. Tu sens une connexion spéciale avec la personne qui t'es destiné, un peu comme si tu la connaissais depuis toujours. Et puis son odeur est particulière, elle t'attire comme un papillon vers une flamme, tu ne peux pas y résister. Quoi que tu fasses, même si tu t'éloignes, tu reviendras forcément vers elle. Après, tu sens que le loup à l'intérieur de toi s'apaise et se calme en sa présence alors qu'il est fébrile à d'autre moment, surtout les jours de pleine lune. Ton instinct de protection réagit comme s'il faisait partie de ta meute et s'il est en danger, tu le sens, comme des fourmillements qui te parcourent entièrement. Et comme pour les loups, tu es presque guidé vers elle par ton instinct lupin. En bref, c'est comme dans le conte, les symptômes y sont tous, à des degrés différents. Cela varie en fonction des personnes et du lien qui les unit. »
Derek resta muet devant cette déclaration et Miguel considéra leur conversation terminée. Le brun sentit son cœur s'accélérer sous les souvenirs qui affluaient et il se dirigea rapidement dans sa chambre pour trouver un semblant d'isolement. Les paroles de Miguel résonnaient dans sa tête alors que les images de ses souvenirs défilaient. Les vestiaires du lycée, le mois dernier, lorsque l'odeur de Stiles avait rendu son loup dingue. La nuit de pleine lune, lorsqu'il avait vu Stiles aux mains d'un Oméga et qu'il avait senti son instinct protecteur le guider jusqu'à lui, qu'il avait senti une étrange connexion entre son loup et Stiles. Et plus tard, son étrange réaction quand il avait senti le désir de Stiles.
Il se laissa tomber dans son lit, les pensées en ébullitions. Toutes ses actions en présence de Stiles lui revenaient en mémoire à la lumière du conte. Et il comprenait à présent beaucoup de choses, plus qu'il n'était capable d'intégrer. Trop de faits étaient expliqués par la seule mention du conte, et il en était si troublé qu'il s'embrouillait dans ses réflexions. Cependant, tout semblait plutôt clair. Il ne pouvait plus douter, ses actions avaient parlé d'elles-mêmes des mois auparavant.
Stiles était son compagnon.
Lorsque cette phrase s'imprima dans son esprit, elle sembla à la fois complètement normale et complètement dingue. Derek était ballotté entre plusieurs sentiments contradictoires. Une fois c'était positif, une fois c'était négatif. Oui, Stiles était son compagnon. Et puis, non ça n'était pas possible. En lui se livrait une bataille émotionnelle qu'il ne contrôlait même pas. Sa raison tentait de faire entendre sa voix car en observant les faits, il était inévitable de conclure que Stiles était effectivement son compagnon. Mais il continuait de trouver ça absolument absurde. Stiles était son meilleur ami. Il ne pouvait pas l'imaginer autrement, c'était trop perturbant.
Pourtant, plus il y pensait, et moins cela le gênait de considérer Stiles comme lui étant prédestiné. Finalement, c'était dans l'ordre des choses non ? Ce n'était pas non plus comme s'il avait le choix, il savait qu'il ne pourrait s'éloigner de son meilleur ami.
Il resta de longues minutes à essayer de se faire à l'idée. Une partie de sa raison cependant ne cessait de le faire douter. Après tout, l'odeur de Kate ne l'avait-elle pas envoûté aussi ? Et pourtant, la chasseuse était loin d'être sa compagne. Comment pouvait-il être sûr, vraiment sûr, que Stiles était son compagnon ?
Alors qu'il réfléchissait à cette question, une démangeaison sur le bras le fit se gratter. Puis, sur la jambe. Puis sur la joue, la main, le ventre, la cheville… bref, son corps entier le démangeait. Il mit du temps à se rendre compte qu'il ressentait des fourmillements dans tout son corps. De ceux qu'il avait déjà ressentis lorsque Stiles était aux mains de l'Oméga. Il ressentait encore cette angoisse sourde qui le prenait à l'estomac, le lui retournant violemment. Cette impression d'urgence qui semblait vouloir guider ses pas hors de la maison.
Stiles était en danger. C'était une certitude qu'il ne pouvait remettre en question, c'était comme une vérité absolue. Et il avait à présent une preuve de plus qu'il ne pouvait nier. Son meilleur ami était son compagnon.
Il se redressa sur son lit et sortit de sa chambre. Il se précipita dans les escaliers et, emporté par son élan, il percuta Peter qui justement montait pour le voir.
« -Stiles ! » s'exclama-t-il sans prendre la peine d'expliquer à son oncle la raison de son agitation.
Il dévala les marches à toute vitesse et sortit hors de la maison, poussé par cette urgence qui grandissait. Il avait l'impression que s'il s'arrêtait, ne serait-ce que pour réfléchir à ce qu'il comptait faire, ou prévenir son Alpha, il perdrait Stiles. Alors il se mit à courir dans les bois, cherchant frénétiquement les traces de son meilleur ami.
Heureusement pour lui, Peter et Talia l'avaient suivi dans sa course folle et l'avaient rattrapé alors qu'il venait de capter la fragrance sucrée et acidulée qui l'attirait tant. Instinctivement, il se mit à suivre la trace à travers la forêt pour déboucher sur un petit antre qui se fondait dans les fourrés et descendait légèrement dans les profondeurs de la terre. Sans hésiter un seul instant, il pénétra dans cette sorte de grotte et suivit un long couloir étroit où l'odeur de Stiles était présente partout. Son effluve portait des traces de panique, de joie, de douleur et de profonde tristesse –peut-être même du désespoir. Le loup en Derek devint fébrile à mesure qu'il approchait de l'endroit où Stiles était retenu. Les émotions de l'humain étaient de plus en plus perceptibles, au point que Derek crut étouffer sous le désespoir qui s'en dégageait ce sentiment semblait primer sur tous les autres. Le loup gronda. Il avait reconnu l'odeur de fleur sauvage, de forêt et de pluie mêlées. Kate. Il savait qu'elle était la responsable de l'état de Stiles et la douleur vive de sa trahison se rappelait à lui de la plus cruelle des façons. Il se souvenait parfaitement de tous ses moments avec la blonde et c'était d'autant plus douloureux sachant que rien n'avait été vrai, et qu'en plus de cela, elle continuait à essayer de lui nuire par tous les moyens. Et elle s'en était prise à Stiles.
Le loup se sentait attaqué, défié. Il voulait vengeance. Il réclamait représailles. Kate n'avait que par trop ruiné sa vie, joué avec lui, chamboulé tout ce qu'il était et aspirait à être. Elle était la racine du mal qui le rongeait, qui l'empêchait de vivre. La racine de sa culpabilité. Celle qui hantait ses pensées pour le torturer. Le loup voulait l'éliminer, une bonne fois pour toutes. Elle était une menace pour lui, sa famille, sa meute et Stiles. Et il ne pouvait accepter une telle chose.
Lorsqu'il pénétra dans la salle de torture, il fut assailli par l'odeur du sang, étouffante et lourde. Puis il vit Stiles qui délirait, à moitié conscient de son environnement, et Kate qui semblait s'en amuser. Derek aperçut alors les perles salées qui roulaient sur les joues de son meilleur ami. Il sentait sa panique, son désespoir, et sa tristesse. Il grogna, longuement et profondément, menaçant. Il était à deux doigts de perdre le contrôle, et sans la présence de son Alpha, il se serait jeter sur la chasseuse pour lui arracher la gorge. Il n'en aurait eu aucun regret, il en était persuadé.
Il sentit alors le besoin urgent de s'assurer que Stiles n'était plus en danger, aussi, il remit ses désirs de meurtre particulièrement sauvages à plus tard pour s'occuper de son meilleur ami. Il le décrocha, pas le moins du monde rassuré par ses délires. Derek était si angoissé pour lui qu'il n'arrivait pas à capter correctement les battements de son cœur et ne savait pas si Stiles était mourant ou non. Lorsque Talia lui eut assuré qu'il ne craignait plus rien, son envie de sang et de vengeance reprit le dessus et il voulut faire regretter à Kate d'avoir fait une chose pareille. Il n'avait jamais eu envie de faire consciemment du mal à quelqu'un. Pourtant, il avait vraiment envie de tuer cette chasseuse avec lenteur et douleur pour lui faire endurer ce que son meilleur ami avait enduré. Mais Talia ne lui permit pas, lui rappelant plus ou moins implicitement qu'il devait s'occuper de Stiles. Et il était trop inquiet pour son meilleur ami pour songer à contester. Alors il ramena Stiles chez lui, comme Talia le lui avait demandé.
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°0oFIN FLASHBACKo0°
A la fin du récit, Stiles ne dit rien. Il ne savait que dire après tout ce qu'il venait d'apprendre. En réalité, une seule chose semblait flotter dans son esprit, bien qu'elle se disputât la place avec un élément qu'il souhaitait éclaircir.
Une tristesse soudaine s'empara de ses pensées. Il avait espéré sans vraiment y croire que Derek et lui pourraient avoir quelque chose, un lien. Et il était heureux, dans un sens, que cela soit le cas. Mais il avait l'impression que justement, il privait Derek de liberté. Le fait qu'ils soient prédestinés l'amenait à se demander si ses sentiments étaient réels. Et cette question faisait bien trop écho aux précédentes qu'il s'était posées. Toujours ce concept de réalité. Réel ou non ?
Il avait l'impression qu'il allait devenir fou. Il ne parvenait pas à trouver de véritable réponse il doutait sans cesse, incapable de distinguer le réel de l'irréel. Il ferma les yeux, espérant pouvoir faire le tri dans ses idées et faire le point trouver cette réponse qui lui avait trop souvent fait défaut ces derniers jours.
Il avait l'impression que ses sentiments pour Derek étaient réels, mais il n'avait toujours pas le moyen de ne plus douter.
« -Combien de temps Kate m'a… » commença-t-il, incapable de finir sa phrase.
Il ferma plus fortement les yeux, essayant de refluer les images qui l'assaillaient. Il souhaitait se détourner de sa question existentielle qui menaçait réellement sa santé mentale.
« -Une heure, environ » lui répondit doucement Derek, serrant les poings à ce souvenir.
« -C'est impossible » souffla Stiles en rouvrant les yeux pour les fixer sur le loup.
Le temps lui avait semblé si long ! Il n'avait pu subir autant de souffrance en seulement une heure, ce n'était pas possible. Derek devait se tromper. Il avait eu l'impression d'y avoir passé des heures entières…
« -C'est pourtant le cas. Je ne sais pas quand elle t'a… capturé. Mais je suis certain que ça n'a pas excédé deux heures. Nous t'avons retrouvé aux environs de minuit et demie et tu as été admis à l'hôpital vers trois heures du matin » lui expliqua le brun.
Comment pouvait-il s'être à ce point trompé sur l'écoulement du temps ? C'était probablement les effets de la drogue, qui avait détraqué sa perception du temps pour la distendre et l'étendre à l'infini. Ajouté à cela la douleur de sa torture, cela pouvait expliquer son impression. Pourtant, celle-ci ne semblait pas vouloir s'effacer. Il continuait de revivre cette expérience comme plus longue que ce qu'elle n'avait semblé être.
« -Est-ce que tu es libre de choisir qui aimer, Derek ? » lâcha soudain l'adolescent humain.
Il n'avait pas eu l'intention de poser cette question, qu'il n'avait même pas eu conscience d'avoir. Elle avait juste franchi ses lèvres comme de son propre chef, sans avoir été réfléchie au préalable. Raison pour laquelle, elle ne semblait pas avoir véritablement de sens. Cependant, Derek comprit facilement où Stiles voulait en venir et ce qui semblait l'agiter depuis le milieu du récit.
« -Oui, Stiles. Ça ne marche pas comme ça. Ce n'est pas… »
Derek soupira, incapable de trouver les bons mots. Alors, à défaut de les deviner, il parla aussi simplement qu'il le put, sans chercher à lui servir de belles phrases qui puissent lui faire comprendre ce lien complexe qui les unissait.
« -Ce qui relie deux compagnons n'est pas les priver de liberté. C'est comme… Est-ce que tu connais le mythe des androgynes d'Aristophane* ? Celui selon lequel les hommes seraient tous nés avec deux visages sur une seule tête ? Lorsque Zeus les a séparés pour les punir, ces hommes-là ont perdu une moitié d'eux-mêmes, qu'ils cherchent le reste de leur vie. Eh bien, c'est en quelque sorte la même chose pour les compagnons. On naît incomplet et on cherche ce qui nous manque. Un compagnon, pour un loup, c'est la personne qui le complète parfaitement. On dit prédestiné uniquement dans ce sens, ça n'a rien à voir avec une vie toute tracée qu'on serait obligé de suivre et des sentiments qu'on serait obligé de ressentir. Certains loups ne trouvent jamais leur compagnon mais ont une grande et belle famille, ils tombent amoureux comme les autres. Nous sommes toujours libres de choisir. »
« -Pourtant, il semblerait qu'un loup soit incapable de s'éloigner de son compagnon lorsqu'il l'a trouvé. Ce n'est pas ce que j'appelle être libre… » rétorqua Stiles, évitant son regard.
Derek eut une moue franchement perplexe.
« -Pourquoi le voudrait-il ? » s'étonna-t-il. « Pourquoi voudrait-il s'éloigner de ce qu'il a cherché toute sa vie ? Ce serait plutôt idiot pour ne pas dire absolument absurde. Il est donc plutôt évident qu'il ne souhaite pas mettre de la distance entre lui et sa moitié. »
Stiles ne répliqua rien, méditant ces paroles. Après tout, Derek avait raison. Il serait stupide de s'éloigner de la personne qui nous complète, puisque par définition, elle fait partie de nous. Il posa son regard noisette sur le brun et le fixa longuement.
« -Okay, je ne sais plus où j'en suis » finit-il par avouer.
Et par « je » il voulait plutôt dire « nous ». Cela voulait-il dire que Derek l'aimait ? Qu'ils seraient ensemble ? Stiles ne voulait pas trop espérer. Il savait à quel point l'espoir, s'il était détruit, pouvait faire mal. Il l'avait longuement expérimenté pendant ses hallucinations, et retenter l'expérience n'était pas quelque chose qu'il souhaitait faire.
Derek soupira. A dire vrai, il ne savait pas non plus où il en était. Il ne savait que faire, ni ne savait tout ce qu'il se passait exactement dans sa tête. Ni même tout ce que leur situation impliquait. Il se sentait comme enveloppé dans un brouillard percé par le faisceau d'un phare qu'il ne semblait jamais atteindre. Lorsqu'il croyait que tout était clair, il se retrouvait confronté à un nouveau fouillis complexe de sentiments, à un combat entre raison et émotion qu'aucune des deux ne gagnait tout à fait. Et il était terriblement épuisé de son instabilité émotionnelle. Etait-ce oui ou non ? Avait-il des sentiments pour Stiles ?
Plus il se posait la question et plus la réponse s'éloignait de sa compréhension. Chaque fois, un nouveau doute surgissait. Et s'il se trompait ? Après tout, cela ne serait pas la première fois. Il était fatigué de ne jamais être sûr. Mais avait-il un moyen de l'être ?
Peut-être.
Il venait d'avoir une idée censée clarifier l'amas informe de sentiments qui hantait ses pensées. Mais il n'osait la tester, de peur qu'il ne se soit trompé. Il fixait Stiles droit dans les yeux, essayant de prendre une décision qui pourrait bien changer leur vie.
Devait-il, ou ne devait-il pas ?
Un souvenir d'abord flou émergea de son inconscient et se présenta à lui. Un souvenir qu'il était loin d'avoir oublié. Un souvenir qui lui fit prendre cette décision.
Il attendit encore quelques secondes avant de se pencher lentement, rapprochant son visage de celui de Stiles. Celui-ci ne fit aucun mouvement, complètement perdu. Il se demandait ce que faisait Derek, ce qui allait se passer, ce que tout ceci voulait dire. Une nuée de question vola dans sa tête en tourbillonnant. Il tenta d'analyser la situation, mais son cerveau semblait ne pas vouloir l'aider. Alors il attendit simplement, sans bouger, les yeux grands ouverts de surprise, le cœur battant sous l'attente, sa respiration s'accélérant à mesure que Derek se rapprochait.
Et finalement, leurs lèvres se rencontrèrent pour la seconde fois en quatre jours. Tous deux furent submergés par différentes émotions qui les étonnèrent par leur force. Et Derek se rendit compte qu'il aimait vraiment embrasser Stiles. Les sentiments confus qu'il avait ressentis la première fois semblaient s'être éclaircis. Il appréciait énormément les sensations qui en découlaient. Et ce sentiment chaud, doux, tendre, simple et complexe à la fois. Peut-être bien celui qui portait le nom « amour ». Il se sentait bien, à sa place.
Stiles était stupéfait, mais heureux. Et à présent, il savait où il en était où ils en étaient. Inconsciemment, il entrouvrit les lèvres à la recherche de plus de contact. A son grand étonnement, Derek ne se fit pas prier pour répondre à l'invitation et venir caresser la langue de l'adolescent humain. Lorsqu'elles se frôlèrent, un long et délicieux frisson les parcourut.
Des bruits de pas dans le couloir rompirent le charme du moment et Derek se recula précipitamment, juste avant que la porte ne s'ouvre. Les deux adolescents avaient les lèvres et les joues rougies. Claudia, qui était entrée la première, comprit la situation et ses yeux se mirent à briller de complicité et de joie. Cependant, elle ne dit rien et s'installa au chevet de son fils, de l'autre côté du lit, suivie par John.
« -Salut m'man, salut p'pa » leur lança Stiles avec un petit rire nerveux. « Vous allez bien ? »
« -Bonjour, Monsieur et Madame Stilinski » fit Derek en même, cachant sa gêne du mieux qu'il le pouvait.
« -Bonjour les enfants » répondirent les deux adultes.
Claudia leur adressa un sourire de connivence que John ne vit pas, avant de continuer :
« -J'ai une bonne nouvelle, Stiles ! Je reviens vivre à Beacon Hills. En fait, ton père et moi allons… nous remettre ensemble. Maintenant que tu es grand et que tu connais tout ce côté du monde que peu de gens connaisse, il ne sert à rien de t'en éloigner. Changer de ville ne servira plu… »
« -Quoi ? » l'interrompit le jeune humain. « Vous voulez dire que vous vous êtes séparés pour me protéger ? Pourquoi ? Pourquoi papa n'est pas venu ? Pourquoi fallait-il vraiment qu'on soit séparé ? Et comment, pour l'amour du ciel, êtes-vous au courant pour les loups-garous ?! »
John et Claudia échangèrent un regard.
« -Je ne pouvais pas vous suivre » répondit le Shérif. « Si ta mère et toi avez quitté la ville, c'est parce qu'une meute d'Alphas venait d'arriver. Timothy et Talia pressentaient des intentions hostiles de leur part et il était trop dangereux pour vous de rester. Etant très lié avec la meute Hale, ils auraient pu s'en prendre à notre famille. Je me devais de rester pour protéger ma ville et soutenir Tim… Quant à comment nous le savons, ça remonte à l'époque du lycée. Tim et Talia nous ont confié leur secret. »
Stiles comprenait bien mieux, à présent. Tout s'expliquait enfin. Sa culpabilité latente d'être la cause de la séparation de ses parents n'était plus aussi forte. Ses parents s'aimaient toujours, et ils allaient pouvoir reformer une famille, comme avant. Un sentiment doux réchauffa son cœur. La joie. Le bonheur. A cet instant, il était vraiment heureux. Plus qu'il ne l'avait jamais été. Un grand sourire étira ses lèvres alors qu'il regardait ses parents et Derek. Il les aimait profondément et se sentait aimé en retour.
*Je vous invite à aller lire le mythe d'Aristophane sur Wikipédia :D
Comme j'ai tendance à intégrer ce que j'apprends de nouveau dans mes écrits, vous retrouver quelques notions de philo sur le désir (défini comme manque) lié à la dépression (où on a plus aucun désir ni plaisir) ... enfin bref, je suis une passionnée de philosophie et j'aime me servir de ce que j'ai appris ;D
C'était le dernier chapitre, sortez vos mouchoirs ! Non, attendez, pas tout de suite ! Il reste encore un épilogue et un bonus :D
D'ailleurs, à ce propos, je vous pose la question par avance : qui aimerait avoir un lemon dans le bonus ? La majorité l'emportera :)
Bon, je vous laisse, je vous fais plein de bisous mes louveteaux, et à bientôt ! J'vous nem fort :D :coeur:
