A & S : Salut salut ! Ça faisait longtemps, hein ? Ben on a pas trop d'excuses, à part le brevet blanc... et puis voilà.
A : Si y a quelqu'un à taper, c'est évidemment Shiro.
S : WTF ?
A : Si, si, je t'assure... personne ne voudrait attenter à MA vie.
S : Si, mwa !
A : Merde. Bon, du coup, bonne lecture !
Disclaimer : à cause de la crise, on n'a pas pu acheté nos personnages... donc ben voilà, aucun ne nous appartient...
Chapitre 12 :
Allen blêmit. Son cœur manqua un battement. Il regardait, interdit, le visage de son maître sans parvenir à croire ce qu'il venait de dire. Comment avait-il pu seulement oser lui dire ça ? Pour Allen, c'était comme une trahison. Sa poitrine lui fit mal, lui faisant serrer les dents. Il aurait voulu s'énerver, il aurait voulu dire ce qu'il pensait vraiment du maréchal à cet instant, mais quelque chose l'en empêchait. Il ne pouvait pas se mettre en colère. Les paroles de cet homme ne faisaient qu'appesantir sa peine et le laisser d'autant plus vidé de force.
Un silence lourd s'abattit sur eux.
Cross fixait son disciple, attendant en vain une réaction. Bien évidemment, sa phrase n'avait pour seul but que provoquer Allen. En réalité, il s'agissait juste d'une assurance : si ce dernier répondait, cela voulait dire qu'il allait bien, ou du moins aussi bien que possible dans une telle situation. L'immobilité de l'exorciste n'annonçait donc rien de bon.
Lavi regardait la scène d'une tension intense. Le maître et l'élève se toisaient férocement sans qu'un mot ne soit échangé. Il ne comprenait pas vraiment, et ne cherchait pas à comprendre pourquoi un tel malaise s'était établi entre eux.
Allen jeta un rapide coup d'œil à Lavi, qui le fixa à son tour d'une mine inquiète. Ensuite, il reposa son regard sur Cross, qui lui rendit une expression hautaine et arrogante. Ses poings se serrèrent. Cette situation le dérangeait. Être en leur compagnie le dérangeait. Il était mal à l'aise en voyant que ses deux compagnons ne le comprenaient pas. Ce n'était pourtant pas compliqué de deviner les sentiments qu'il avait à cet instant précis, non ?
Il ne supportait plus leur présence. Il ne supportait plus de rester là, dans cette pièce, remplie de personnes bruyantes et heureuses. Il étouffait. En fait, il avait l'impression d'étouffer partout où il allait. Il n'y avait pas un endroit sur terre où personne ne le regardait avec curiosité, pas un endroit sur terre où il pouvait être accepté comme il était vraiment.
Il n'en pouvait plus ! Il ne comprenait plus qui il était vraiment, qui étaient vraiment les gens qui l'entouraient, il ne comprenait plus pourquoi il faisait tout ça ! Une promesse ? La bonne blague ! Il avait l'impression que plus rien n'avait de sens. C'était peut-être vrai. Oui. … mais depuis quand déjà se sentait-il comme cela ? Il en avait plus qu'assez. Il devait sortir le plus vite possible.
Il soupira, et ferma les yeux. Puis, d'un seul coup, il se leva brusquement en abattant sa main sur la table. L'atmosphère s'alourdit, et désormais de nombreux regards s'attardèrent sur eux. Il toisa son maître pendant quelques secondes, puis soupira à nouveau. Il prit son manteau et quitta le bâtiment sans plus de cérémonie. Dehors, il pleuvait.
À l'intérieur, Lavi fixait la mine ahurie de Cross. Ce dernier n'en revenait pas. Le comportement d'Allen était plus qu'étrange. Qu'était-il donc arrivé à son disciple pour qu'il soit aussi… abattu ? C'était comme s'il n'avait plus aucune motivation, lui qui avait toujours cette étrange lueur rayonnante dans le regard.
Lavi haussa les épaules. Il avait comme un mauvais pressentiment. En fait, quelque part au fond de lui, il savait pertinemment qu'Allen allait mal. Il savait que son ami pourrait craquer, d'un instant à l'autre. Mais que pouvait-il faire, lui ? Lui parler ? Le rassurer ? Il ne pourrait rien faire de plus, assurément. Néanmoins, le roux n'avait pas de mal à imaginer à quel point la phrase, qui pouvait paraître anodine venant de Cross, pouvait avoir heurté l'albinos, surtout dans un moment comme celui-ci. De fait, il avait peur de savoir où cette lente maladie pourrait bien conduire Allen jusqu'à quelle extrémité elle pourrait bien le pousser… un malheur serait si vite arrivé.
- Si tu me dis que tout va bien, je te frappe, Bookman Jr. déclara Cross d'un ton autant sérieux que surpris. Je ne l'ai jamais vu comme ça, ce crétin de disciple.
- Ouais, il agit bizarrement, mais je crois que je comprends. Z'avez vu ce que vous lui avez dit, en même temps… lança Lavi sur un ton un peu plus léger, avec un regard presque accusateur pour le maréchal.
Quelques secondes passèrent dans le silence le plus absolu. Cross ferma les yeux avant de se laisser retomber sur le dossier de sa chaise. Il poussa un profond soupir.
- … Le 14e aurait-il bientôt gagné ?
Le roux fronça les sourcils, les poings serrés. Il déglutit, mais garda le silence. Qu'est-ce que cela voulait dire… Il avait bien peur de donner raison à Cross. Il fallait qu'ils fassent attention.
Les deux se levèrent, payèrent rapidement l'addition et se préparèrent à sortir.
Perdu dans ses pensées, Lavi secoua vivement la tête. « Il fallait qu'ils fassent attention » ? Il faillit se gifler après avoir pensé cette phrase. On aurait dit qu'il parlait d'un objet, au mieux d'un animal. Allen était un être humain, un exorciste et son ami. Même si ses principes de Bookman ne le toléraient pas, il avait décidé de ne pas se voiler la face. Il était son ami. Quand plus personne ne le soutenait, c'était à lui de tout faire pour qu'Allen ne plonge pas ainsi dans les ténèbres. C'était à lui de tout faire pour que le 14e ne gagne pas cette bataille.
Lorsqu'ils sortirent enfin, ils découvrirent l'exorciste les attendant simplement devant le bâtiment. Il restait debout, sous la pluie, les bras ballants. Comme si rester sous la pluie le lavait de ses péchés. Il leur sourit juste quand il les vit.
Lavi faillit se mordre la lèvre quand il s'approcha de lui. Il n'agissait vraiment pas normalement. Est-ce que la folie l'atteignait doucement, lui aussi ? Mais quelle était la cause de tout ceci ? Le 14e, Apocryphos, Lynn, Mana… qui exactement ? Tous ? Il secoua à nouveau la tête.
Cross le devança et n'eut d'autre geste pour Allen que celui de lui mettre la main sur l'épaule. Ce dernier se retourna lorsqu'il vit son maître agir ainsi, sans véritablement comprendre. Mais quelque part, ce geste anodin, qui cachait sûrement quelque affection, lui ôta un poids du cœur. Il rabattit sa capuche sur son visage, puis se mit à suivre le maréchal. Lavi sourit. Même si la situation était comme ça, Cross et Allen restaient liés par un fil invisible qui leur permettait de se comprendre sans même avoir besoin de parler.
Pas un mot ne fut échangé lors de leur marche qui les conduisit jusqu'à l'auberge où dormait le maréchal.
Bien évidemment, la répartition des chambres fut rapide : une chambre entière pour Cross, Allen et Lavi devant partager l'autre.
Dire qu'ils avaient au moins deux semaines à supporter ainsi…
Deux jours plus tard
- Hey, toi ! Va me chercher du vin. S'écria Cross. Hé toi, je veux voir ma fille tout de suite. Ajouta-t-il à l'attention du médecin qui secoua aussitôt la tête.
- Avec tout mon respect… Maître, allez vous faire voir, s'il vous plaît. Répliqua Allen du tac au tac.
- Depuis quand es-tu devenu insolent envers ton maître, crétin de disciple ?! s'énerva le maréchal, entouré d'une aura sombre et menaçante.
- Demandez au Quatorzième ! trancha l'albinos.
Cross ne sut pas quoi répondre sur le coup. « Il a la rancune tenace » pensa-t-il, alors que cela faisait déjà deux jours et qu'il pensait vainement que la hache de guerre était enterrée.
- C'est ce que j'appelle un clash retentissant, commenta Lavi. Bravo Allen !
- Toi, le mioche, ECRASE. On t'a rien demandé. Je veux voir ma fille !
Le médecin soupira, et leur accorda une petite entrevue. C'était plus pour leur montrer en réalité que son état s'était stabilisé que pour leur laisser avoir une petite discussion avec la patiente. Cela faisait déjà deux jours que Lynn dormait sans interruption et elle ne semblait pas sur le point de se réveiller.
Comme le médecin l'avait dit précédemment, la blonde devrait rester au lit pendant près de deux semaines. Après ce laps de temps, elle serait au moins capable de bouger normalement. Il fallait qu'elle refasse son sang et que la plaie se referme. Cela prendrait plus de temps, évidemment, pour qu'elle se sente à nouveau bien une fois la plaie cicatrisée.
Cross, Allen et Lavi entrèrent dans la pièce dans un silence presque religieux, et restèrent debout devant le lit sans échanger le moindre mot. La femme décida de se retirer pour le moment.
Le maréchal contemplait le visage de sa fille, une lueur étrange dans le regard. Il sentait une profonde nostalgie au fond de lui et appréhendait le jour où il pourrait de nouveau lui parler. Leurs relations avaient toujours été… tumultueuses et maintenant qu'elle s'était matérialisée, elle voudrait sûrement se venger pour toutes les erreurs qu'il avait faites.
Cela faisait tellement longtemps… il avait l'impression que tous ces événements remontaient à une éternité. Il soupira. Qu'aurait pensé Shana si elle avait vu ça…
Lorsqu'Allen posait son regard sur Lynn, son cœur se serrait. Il ne pouvait s'empêcher de se sentir responsable, et il savait que c'était lui la cause de sa blessure. Bien qu'il l'ait raconté à Cross, celui-ci n'avait rien dit là-dessus et ne l'avait pas tenu pour coupable. Pourtant les faits étaient bien là : c'était bien de sa propre main que Lynn avait été blessée. Lorsqu'il se mettait à penser à ça, il ne pouvait s'ôter les dernières paroles de la jeune fille, qui tournaient sans cesse dans sa tête sans qu'il les comprît vraiment. Lorsqu'elle se réveillerait, il ferait en sorte de lui parler, de comprendre qui elle était en vérité.
Il tourna soudainement la tête vers son maître et vit son regard mélancolique. Une idée s'éclaira alors dans son esprit.
- Puisque vous êtes le père de Lynn, elle doit bien avoir une mère, n'est-ce pas ? Où est-elle ?
Cross fut surpris de cette soudaine question, et ne répondit pas sur l'instant. Sa mine sembla s'attrister encore quand il se mit à y penser, et il rétorqua :
- Elle est morte peu après lui avoir donné naissance. Elle est morte, comme tout le monde…
Allen fronça les sourcils. Il ne fit aucune remarque, échangeant seulement un regard curieux avec Lavi.
Le même jour, quelques heures plus tard
- S'il vous plaît, Maréchal Cross. Insista Lavi.
L'homme devant lui siffla de mécontentement, haussant les épaules. Ce dernier marchait tranquillement pour rejoindre sa chambre lorsque Bookman Jr. l'intercepta pour lui parler. Il se tenait devant lui, les bras croisés, fermement décidé à lui soutirer toutes les informations qu'il détenait. Il voulait savoir maintenant. Cross perdit son sourire, ennuyé.
- Qu'est-ce que tu veux ? Tu me gênes. Répondit Cross, irrité.
- Vous avez dit « elle est morte, comme tout le monde… ». Qu'est-ce que vous vouliez dire par là ?
- Tu gênes. J'aimerai rentrer dans ma chambre.
- Dites-le-moi. Pour quelque obscure raison, vous voulez cacher cette vérité. Pour quoi ? Pour protéger quelqu'un ? Qui ? Allen peut-être ? Il le saura un jour ou l'autre.
- Hum ! Protéger ce crétin de disciple ? Ah ah ! Pour qui tu me prends ? Tu crois vraiment que je ferais une chose pareille ?
- C'est vrai que ça ne vous ressemble pas ! Et en même temps, je suis persuadé d'avoir raison. Si ce n'est pas le cas, alors dites-moi pourquoi ! ajouta-t-il en élevant la voix, avant de se rendre compte qu'il criait presque.
- Tu es un Bookman, non ? Tu devrais déjà savoir ça !
- Certes, mais je ne le sais pas. Remarquez : je ne peux pas deviner le passé si personne ne m'en parle !
- Tellement ennuyeux.
- Vous n'avez aucune raison de me le cacher, n'est-ce pas ? Je ne veux plus être aussi ignorant. S'il vous plaît.
- Tch. Les jeunes, maintenant… Très bien. Mais je ne veux pas que quiconque, autre que nous deux, soit au courant de ceci. C'est bien clair ?
- Cela signifie donc que j'avais vu juste. S'exclama Lavi avec un sourire dans la voix.
- Hum…
- Protéger Allen… Dans quel but ? Je veux dire : de quelle façon cela pourrait-il lui faire du mal ? Il n'est pas directement concerné par ce passé, alors pourquoi ? Ce sont les autres… À moins que… non… Attendez. Ca voudrait dire… !
- Oui.
- Mais ce n'est pas possible !
- Malheureusement si.
- Allen… Comment ? Comment aurait-il fait ? Comment aurait-il pu être présent il y a trente-cinq ans ?! Ca doit être faux !
- Tu te trompes. C'est le Allen d'aujourd'hui qui est faux.
Lentement, délicatement, la feuille qu'il tenait à la main quelques secondes plus tôt se libéra de son emprise et vint doucement se poser sur le sol. La fenêtre était encore ouverte, laissant passer la fraîche brise nocturne. La soirée n'était pourtant pas si avancée, mais le soleil avait déjà disparu.
Mais rien de tout ça n'avait d'importance pour lui. Sans même le savoir, ses jambes cédèrent sous lui. Il se retrouva au sol, la respiration haletante, ne pouvant s'empêcher de trembler.
Il n'avait pas perdu une parole. Pas une.
Des gouttes de sueur ruisselaient sur son visage. Il ne comprenait pas. Non, définitivement, il ne comprenait pas. Il serra les dents. Faux, faux, tout était faux ! Alors tout c'en quoi il croyait était faux ? Tous les gens qu'il aimait étaient faux ? Mana, l'Innocence, les Exorcistes… ?
Où était la vérité, dans ce cas ?
S'il n'était pas le vrai Allen, qui était-il vraiment ?
« Regarde-toi, Allen ! Tu ne sais même plus qui tu es. » Les paroles d'Apocryphos revinrent à sa mémoire. C'était sûrement à cet instant qu'il s'était perdu.
Pourquoi existait-il, alors ? S'il perdait de vue sa propre existence, à quoi bon vivre ?
Il frappa le sol de toutes ses forces.
Il ne comprenait pas.
Lentement, il se releva. Il avait l'impression que, de jour en jour, le vide qui emplissait son cœur s'agrandissait. Que, de jour en jour, il perdait de nouvelles choses qui autrefois étaient importantes dans sa vie. Mais désormais, cela ne lui laissait qu'un vague goût amer dans la bouche. A l'heure qu'il était, il n'aurait su dire s'il avait jamais aimé quelqu'un. Même Mana. Il n'aurait su dire à quoi il était utile, avant. Pourquoi on avait besoin de lui. Et pourquoi, maintenant, il avait l'impression d'être rejeté de toute part par les personnes qui requéraient son aide auparavant.
Il fit quelques pas pour se rapprocher de la porte. Il ne savait même pas pourquoi il avait commencé à écouter leur conversation. D'un simple geste, il prit la clé posée sur la table de chevet, et verrouilla la porte.
Il voulait être seul. De toute façon, qui étaient ces gens pour venir demander sa compagnie ? Il n'avait pas à s'en faire.
Il s'éloigna de l'entrée et s'allongea sur le lit. Il soupira. Allen avait l'impression de ne plus rien ressentir, à part une extrême fatigue. Comme si sa vie n'était plus que ça.
« Regarde-toi, Allen. Regarde-toi vraiment. Vois dans quel état tu es, autant physiquement que mentalement. Est-ce que tu veux que cela dure ? Est-ce que tu veux persister dans cette voie ? »
Sans le savoir, il se mit à contempler la paume de sa main, perdu. De part et d'autres du lit étaient posées quelques affaires. Ils avaient même apporté un sac à dos. Les pensées d'Allen dérivèrent et il se mit subitement à imaginer qu'il devait trouver quelque chose de tranchant. Immédiatement. Avant que quelque chose vienne troubler son désir d'en finir.
Alors qu'il se penchait pour saisir le sac à dos, une douleur poignante s'empara de lui et le força à se recroqueviller sur le lit. Une intense chaleur monta dans son corps alors que ses membres tremblaient. Une migraine atroce l'empêcha de se concentrer sur ce qui se passait. Son cœur lui faisait mal. Un mal fou. À chaque battement, il lui insufflait une souffrance de plus.
Il avait l'impression de mourir. Soudainement, sa peau se mit à changer de couleur, s'assombrissant de plus en plus. Alors, c'était le 14e ?
Le 14e essayait de nouveau de contrôler son corps. C'était étrange, parce qu'il n'avait jamais ressenti une telle douleur auparavant. Il n'avait jamais ressenti une telle force dans son corps. S'il continuait à résister, il mourrait, il en était sûr.
Il ferma désespérément les yeux. Et c'est alors qu'il comprit. Sa souffrance n'avait jamais atteint cette extrême parce qu'il avait toujours eu la volonté de la combattre alors que, désormais, peu lui importait de vivre, le 14e pouvait facilement s'emparer de lui. D'une seconde à l'autre, il ne serait plus que le réceptacle de cette entité. Même la force de Crown Clown ne pouvait sans doute rien faire face à son manque de volonté de vivre.
Le 14e… Il avait toujours attendu une telle brèche dans son cœur pour s'infiltrer. Il savait ce qui allait arriver, si cela persistait : « Le pouvoir du 14e te consumerait, et le ''Allen'' que nous connaissons disparaîtrait purement et simplement. »
Allen soupira. Tout était clair, à présent. Il devait agir.
En proie à un mal grandissant, les gouttes de sueur mouillant son visage, il réussit au terme de grands efforts à atteindre le sac à dos sur le sol. Il le ramena à lui, et commença à chercher frénétiquement l'objet dont il avait besoin. Il devait faire vite.
Lorsqu'il vit, au comble du désespoir, que rien ne correspondait, il jeta le sac violemment à travers la pièce et se mit aussitôt à fouiller dans tous les tiroirs qu'il pouvait trouver.
Il sentait qu'il allait bientôt céder. Il devait faire vite, vite…
Au bout de plusieurs minutes, il dénicha enfin un objet utile. De simples ciseaux. Mais ça ferait l'affaire.
Il se replaça, serein, sur le lit.
Sur ses lèvres planait un sourire léger, presque soulagé.
Soudain, la douleur s'intensifia. Il ne s'en préoccupa pas. Ce serait de toute façon bientôt fini. Toute cette souffrance s'envolerait.
Il laissait sa place. Il en avait assez. Désormais, un nouveau pion quittait la partie. Le jeu du Comte semblait l'avoir lassé, n'est-ce pas ?
Même s'il avait finalement cédé, lui, celui que l'on considérait comme « le Destructeur du temps », lui, celui qui pouvait voir l'âme des Akumas, lui, celui qui pouvait manipuler une arche entière grâce aux paroles d'une chanson même avec ça, il avait promis de ne jamais abandonner face au 14e.
Et c'est ainsi qu'il tiendrait sa promesse. C'est ainsi que les rideaux se ferment enfin.
- Je ne compte pas t'en dire plus. J'ai déjà dit que je raconterais tout une fois le moment venu, n'est-ce pas ? conclut Cross, fatigué de parler.
Lavi se redressa, puis hocha la tête. Il en avait entendu suffisamment, de toute façon. Il n'en demandait pas plus pour le moment.
- Va dire à l'autre gosse qu'on va manger. Il sera sûrement très content.
Le roux gloussa un peu à ses paroles. Pendant que ce dernier disparaissait quelques instants pour avertir Allen, Cross perdit son regard dans le vague. Il soupira, soufflant toute la fumée de la cigarette qu'il venait juste de s'allumer. Que n'avait-il pas dit… était-ce vraiment bon de dévoiler tout ça maintenant ?
De son côté, Lavi s'acharnait sur la porte qui ne voulait définitivement pas s'ouvrir. La clé était à l'intérieur. Il n'avait pas de double. Il ne pouvait pas demander celle de Cross car chaque clé semblait être différente. Il ne savait même pas crocheter une serrure. Pire : Allen ne répondait pas à ses appels.
Bookman Jr. soupira, désespéré. Pourquoi cet idiot avait-il eu besoin de s'enfermer ? Il avait besoin de calme pour dormir, c'est ça ?
Il descendit rapidement à l'accueil sous le regard interrogateur de Cross et demanda un double des clés avec son numéro de chambre. Il revint, passablement énervé. Au bout de quelques secondes, la porte s'ouvrit.
Lavi entra dans la pièce comme une furie tout en injuriant Allen sans véritablement regarder où il mettait les pieds :
- Allez, Allen ! Dépêche-toi, c'est l'heure de MANGER ! Oui, je sais, tu… !
Il n'obtint aucune réponse, et se décida à regarder vers le lit.
Le sourire de Lavi disparut. Lentement, il réalisa la scène qu'il avait devant les yeux. Il blêmit, et son cœur manqua un battement. Il n'y crut pas, et s'avança légèrement vers le lit, tremblant.
- Allen ?
Ses yeux s'écarquillèrent alors qu'il avait l'impression que le monde s'écroulait. L'albinos était allongé, les yeux fermés, comme s'il dormait. Mais ce n'était pas le cas. Les draps étaient tâchés de sang, de ce liquide pourpre qui s'écoulait lentement des entailles qu'il s'était infligées aux poignets.
La réalité rattrapa aussitôt Lavi et il se jeta sur Allen, affolé. Qu'avait-il fait ? Pourquoi avait-il fait ça ? Depuis combien de temps… ?
Il était complètement impuissant et se contentait de regarder la scène, encore et encore. Sans même le savoir, des larmes avaient commencé à couler le long de ses joues.
- ALLEN ! s'écria-t-il, désespéré.
A & S : Bref voili voilou... (S : J'ai mâââââl... A : on sait pas pourquoi, je précise...) Nous espérons que ce chapitre vous a plu !
S : J'AI MAAAAAAAAL !
A : MERDE. Qui s'en fout ?
S : Pas moi !
A : ... alors, passons à la réponse à la review anonyme :
À Thor94 - Oui, Cross est de retour, et tu nous en as l'air enchanté... Non, si, en fait, il se préoccupe un peu de Allen ! Seulement il sait pas comment s'exprimer avec les hommes... Le problème, c'est que Cross est à la fois attaché à Allen, mais aussi au 14e. Lui aussi souffre de cette situation !
Es-tu sadique ? Effectivement, Allen a finalement craqué. T'attendais que ça, ou quoi ? ^^ Voilà, il s'est taillé les veines, le pauvre bougre...
A & S : Au fait ! On a décidé que la prochaine fois, tout ce qu'on écrit sera laissé tel quel dans les passages en gras, sans modification, avec tous les délires qu'on se tape... (plus ou moins...) Pour ceux qui lisent les passages en gras, vous savez à quoi vous attendre ! Si vous vous en foutez, c'est compréhensible !
Voilà voilà... À la prochaine !
