Lily regarde James et Hermione qui se dirigent vers la sortie et essaye de cacher une grimace. Et comme à chaque fois qu'un sujet fâche la Gryffondor, elle en change radicalement.

- J'ignorai que ce genre de chose était importante pour les Serdaigles, dit Lily d'un ton sec, égalant celui du professeur McGonagall.

OoO

- J'ai l'impression d'être de retour à mon premier jour d'arrivée, dit Hermione en s'asseyant à côté de Sirius en face du lac.

Sirius reste silencieux, le regard fixé vers l'horizon.

Quelque part, il est soulagé que quelqu'un l'ait trouvé, bien que cela soit facile avec la carte, et d'un autre, il est heureux d'être seul pour ressasser ses mauvaises pensées. Il a passé tellement d'année à Azkaban à être être seul que ce n'est pas forcément facile d'aller en parler aux autres. Le fait qu'il n'ait pas vu de guérisseur mental à sa sortie n'aide pas.

Hermione reste à côté de lui, attendant qu'il lui parle s'il le souhaite. Elle ne le poussera pas vu qu'elle souhaite garder ses souvenirs pour elle.

Après ce qui semble un temps interminable pour la jeune femme, Sirius ouvre la bouche.

- Il y a une partie de moi, la partie adolescente qui t'en veut et la partie adulte, qui est un tout petit peu plus rationnel, comprend tes intentions, mais ça me rend fou.

Hermione est trop perturbée par les mots de son ami pour bouger tandis que celui-ci se lève et fait les cent pas, rappelant trop bien son comportement lorsqu'il est sorti d'Azkaban.

- Et on sait tous que l'adulte que je suis, n'est pas rationnel, ricane-t-il comme s'il n'avait pas toute sa santé mentale.

Hermione commence à avoir peur, ne sachant pas comment le gérer et comment l'aider. Elle ne connaît pas vraiment l'ancien Sirius. Ils avaient des relations cordiales, mais c'était Harry le plus proche de lui et même avec son filleul, Hermione doute qu'ils étaient si proches. De ce qu'elle voyait, l'homme était assez renfermé.

Quoi qu'il en soit, la jeune femme sait qu'il ne lui fera pas de mal physiquement mais que ses mots peuvent, eux, être blessant. Et vu son attitude, qui est sur le point d'exploser, Hermione va devoir garder son sang-froid afin de calmer les choses. Intérieurement, elle remercie Ron et ses joutes verbales…

- Comment peux-tu être là et ne rien faire ?! Je n'ai qu'une envie, c'est de sortir de cette école et d'aller tuer ce bâtard de Voldemort !

- Tu as raison, va te faire tuer, ça nous avancera, ne peut s'empêcher de dire Hermione.

A bien y réfléchir, Hermione n'a jamais été tendre avec Ron et répondait au quart de tour.

Sirius la fusille du regard, mais n'en a pas fini. Cela fait de trop nombreux jours qu'il a ça sur le cœur, il faut que ça sorte.

- Peut-être mais au moins j'aurai fait quelque chose ! Je ne reste pas là à vivre ma petite vie tranquille, en profitant de ma seconde chance comme si de rien n'était !

En un bon, Hermione est sur ses pieds et gifle Sirius.

- Tu es peut-être en colère Sirius Black mais, fait très, très attention à ce que tu dis, dit-elle les dents serrées. Tu ne sais rien.

Quelques larmes coulent sur ses joues, mais n'y l'un n'y l'autre n'y prêtent attention, bien trop ancré dans leur propre colère, bien que Sirius soit un peu redescendu dû à la gifle.

- Forcement que je ne sais rien, tu ne me dis rien ! Ce n'est pas par ton inaction que les choses vont aller mieux.

- Parce que tu crois que je ne le sais pas ? Mais même si je suis à Gryffondor, je ne peux pas me permettre de foncer tête baissée et de faire la moindre petite erreur. Sinon les choses vont recommencer.

Sirius essaye de déchiffrer ce qu'elle ne dit pas, mais, ses secrets sont trop grands.

C'est au tour d' Hermione de faire les cent pas, elle aussi trop sous-tension pour rester statique.

- Parce que tu crois que c'est facile ? Tu crois que Voldemort est un simple d'esprit et qu'il n'a pas plan sur plan pour s'en sortir. Par Merlin, Sirius, ce type est plus vieux que nous deux réunis, il ne joue pas dans la même catégorie que nous et n'a pas les même règles. Il n'a aucune limite ! Harry, Ron et moi avons passé sept ans a essayé de rester en vie et de lui mettre des bâtons dans les roues pour qu'au final, il ait toujours une longueur d'avance sur nous ! Si Voldemort avait des sentiments, il serait heureux, mais ce n'est pas le cas… Il n'a fait que jouer avec nous ! Se moquant à chacune de nos tentatives.

Hermione essaye de lui faire comprendre que Tom est encore plus dangereux qu'il ne peut l'imaginer et bien qu'elle ne dise pas, elle est morte de peur à l'idée de se confronter à Tom, de retourner à la guerre alors qu'elle n'a pas cicatrisé de la première. Et oui, elle profite de sa seconde chance parce qu'elle sait, à un moment donné, elle devra sortir la baguette et agir.

Sirius comprend de plus en plus mais il n'est pas prêt de lâcher. Alors il dit d'une voix triste :

- Je veux sauver mes amis.

- Parce que tu crois que je ne le veux pas ? Répond-t-elle étonnée, avant de continuer, la voix brisée. Tu crois que je ne veux pas que mon meilleur ami ait une vie heureuse avec ses parents ? Tu crois que je ne veux pas que tous mes proches restent vie, qu'ils ne soient pas tous tombés durant la guerre ? Tu crois que je ne veux pas que tu ais une vie meilleure ?

Les larmes coulent sur les joues d'Hermione, des images de ses amis morts au combat défilent derrière ses yeux, mais c'est son regard hanté qui bouleverse Sirius.

- Tu veux que j'ai une vie meilleure, dit Sirius d'un ton qui fait sourire Hermione.

Il s'approche doucement d'elle, pour ne pas la brusquer, leur dispute est maintenant loin derrière eux.

- Bien sûr, idiot.

Sirius comble la distance et la prend dans ses bras. Il se concentre sur le corps tremblant de la jeune femme mais n'oublie pas que la révélation choc de la jeune femme. Ils sont tous morts. A ce moment, il comprend sa réticence à en parler. Il s'en veut d'avoir appris la vérité de cette façon, bien que peut importante les mots qu'elle aurait employé le choc aurait toujours été le même.

- Promets-moi, qu'on fera tout pour les sauver. Tous, murmure Sirius.

- On fera tout notre possible, répond-t-elle sur le même ton.

Ils restent quelques instants dans les bras de l'autre, remettant chacun ses pensées en ordre. Puis Sirius redevient Sirius. Bien qu'il apprécie leur étreinte, il se recule de son amie avant que son corps d'adolescent ne prenne le contrôle.

Hermione, à l'instar de Sirius, apprécie leur étreinte, tout en étant soulagée de leur séparation, n'étant pas la plus à l'aise avec ce genre de contact. Les rares câlins qu'elle a fait était avec Harry qu'elle considère comme un frère et malgré son unique baiser avec Ron – qui n'avait rien de romantique, mais très appréciable – n'ont pas partagé de moment comme celui-là.

- Allons-y, avant que Cornedrue ne s'imagine des choses.

Hermione rougit, faisant s'esclaffer Sirius.

- Sinon, comment avance la potion ? Dit Sirius redevenu l'homme souriant.

La Gryffondor n'est pas dupe et sait que sous son apparence sereine, la tempête continue de faire rage. Hermione se promet d'être plus attentive aux émotions de son ami.

OoO

- Dis Hermione. Qu'as-tu prévu pour les vacances de fin d'année ?

Sirius et Remus se demandent ce que leur ami prépare, sachant que toute l'école doit savoir qu'Hermione n'a pas famille dans le pays et que voyager n'est pas très sûr en ce moment, même si le Ministère fait tout pour camoufler les problèmes.

- Je reste à Poudlard, répond-t-elle méfiante.

Hermione se demande ce que le maraudeur trafique, il sait qu'elle n'a pas de projet. D'ailleurs, Hermione appréhende ces deux semaines. Remus et Sirius partent pour les vacances. Sirius était prêt à rester mais Hermione l'a dissuadé et lui a presque ordonner de partir.

Puis elle n'a pas forcément envie qu'on l'a voit déprimer. Elle adore cette période, surtout lorsqu'elle la passait avec ses parents et elle a l'impression que cela remonte à des siècles. Avec le recul, elle se dit qu'elle aurait dû passer plus de temps avec eux même si elle a apprécié ses moments avec la famille Weasley.

James, quant à lui, part dans ses pensées, sous le regard curieux des trois autres et celui furieux d'une rousse assise un peu plus loin. Malgré son air insouciant et rieur, James est très attentif à ses amis et il n'aime pas l'idée que sa nouvelle amie soit seule pour les fêtes. Il va trouver une solution et qu'importe que cela plaise.

Oo0

- Et zut ! Gronde Hermione au moment où Sirius entre dans le laboratoire.

- Si je te demande si tout va bien, tu vas être furieuse ? Rigole Sirius.

Hermione le fusille du regard et se retient de lui envoyer le liquide infâme qui se trouve dans son chaudron. Même si son air est menaçant, et il faut l'avouer un peu flippant, Sirius continue de sourire.

- Tu sais qu'un jour, Malfoy m'a tellement énervée avec son sourire suffisant que je le lui ai mis un coup de poing dans le nez.

Cette fois, Sirius redevient sérieux… Durant quelques secondes avant de partir dans un rire tonitruant. Hermione hausse un sourcil, avant de sourire. Ce n'était peut-être pas la chose à dire.

- SI le rejeton est aussi coincé que le père, ça devait être super !

- Oui, Ron et Harry m'ont félicitée et ça a fait le tour de la maison en quelques heures, dit-elle nostalgique. Tu connais Lucius ?

- Il était à Poudlard en septième année lorsque j'y suis arrivé. Un crétin de préfet en chef, et Narcissa était en sixième année. Il se pavanait comme si Poudlard était à lui.

- Oh… Un peu comme les maraudeurs le font, non ?

Sirius rougit légèrement.

- Peut-être mais Remus ne retire pas de point juste parce que l'on est à Gryffondor.

- Non, à la place vous préférez malmener Severus. Crois-tu que ça soit mieux ?

- Tu ne vas pas défendre ce con, Harry m'a dit ce qu'il vous a fait enduré.

- Et tu ne crois pas que c'est en partie de votre faute qu'il soit devenu une personne acariâtre ?

- Non, répond Sirius, buté qui ne peut entendre de choses positives sur ce sujet.

- C'est vrai, ce n'est pas de votre faute… En partie, rajoute Hermione en voyant le regard jubilatoire de son ami. Je pense que l'alcoolisme et les coups de son père n'ont pas aidé.

Sirius reste sans voix devant cette information. Hermione lui laisse quelques temps pour digérer cette information et range le désordre qu'elle a mis en se disant que c'est une bonne chose qu'elle ait abordé le sujet du Serpentard.

- Tu sais que je vais tout faire pour le sauver, dit-elle d'une voix douce.

- C'est un mangemort !

- Il a sauvé la vie d'Harry plus de fois que l'on ne sait et que ça te plaise ou non, il a donné sa vie durant la bataille finale, pour retarder Voldemort.

Même s'il ne l'aimait pas, il ne souhaite pas sa mort et encore moins subir la colère d'Hermione.

- Comment ?

- Nagini, le serpent psychopathe de Voldemort.

- Si c'est ce que tu souhaites, nous le sauverons, mais pas Peter, dit-il d'un ton plus léger pour ne pas passer pour un homme voulant trop faire couler le sang. Il passe sa main sur sa nuque, signe de gêne.

- Ça me va, sourit Hermione, qui n'a pas loupé son geste.

Hermione retourne à ses ingrédients et soupire. Sirius s'avance à côté d'elle.

- Ce truc pue, commente-t-il en voyant la potion.

D'un geste de baguette, Hermione fait disparaître sa potion loupée.

- Je vais devoir demander conseil… dit-elle d'une voix prudente.

- Non ! Pas lui.

- Sirius, murmure Hermione.

- Non, non, non. Le sauver, OK, si ça te fait plaisir, mais lui parler ? Non !

Hermione, poussée par un courage Gryffondorien, pose ses deux mains sur les joues de Sirius et plante son regard dans le sien.

- Même pas pour Remus ?

Sirius sait qu'à ce moment, il est piégé. Doucement il enroule ses doigts autour des poignets de la jeune femme – pour ne pas qu'il les pose ailleurs, foutu corps d'adolescent – et pose son front contre le sien.

- D'accord, mais en public.

Hermione se recule les joues rouges, appréciant la proximité du corps parfaitement proportionné de son ami.

Les deux amis quittent le laboratoire pour rejoindre la grande salle et suivent un groupe de filles qui la fusillent du regard.

- Ton fan-club ne m'aime pas, dit Hermione d'une voix égale.

- Tu n'as pas peur.

- J'ai mis à terre des mangemorts plus coriaces que ça, murmure Hermione pour ne pas être entendue.

- Dis-moi que tu as fait manger la poussière à Malfoy.

- Non, il s'est planqué derrière sa femme et son fils.

Sirius rigole faisant se retourner les filles devant eux. Certaines soupirent, d'autres en veulent à Hermione.

- Un problème, demande Hermione. Non parce que s'il y en a un, je suis sûr que nous pouvons le régler rapidement, dit-elle en sortant sa baguette d'un tour de main.

D'un bloc, elles détournent le regard et marchent plus vite.

- Tu sais que tu peux être flippante ?

- Est-ce un compliment ?

- Oh oui.

OoO

A suivre…

Alors ?

hp-drago