Hello !

Bon, j'ai écrit ce chapitre en écoutant une chanson triste, et je trouve qu'en fait elle correspond bien à l'ambiance, et qu'elle rajoute un truc, qu'elle adoucit ce chapitre, et c'est exactement l'effet que je veux alors...S'il vous plaît, écoutez la ! Voici le lien :

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Voilà, il suffit d'enlever les parenthèses. Et pour ceux qui ne connaissent pas, je précise que ListenOnRepeat, c'est comme Youtube, mais la vidéo est en boucle, et on n'a donc pas besoin d'appuyer sur le bouton replay (et ouais, pratique). Enfin, c'est moins pratique pour chercher des vidéos, mais dans ce cas, il suffit de suivre les instructions qui sont inscrites sous la vidéo.

Sur ce :


Se réveiller tard, quand le soleil brillait et réchauffait les draps blancs qui s'enroulaient autour de sa taille. Et quelques fois, des bras enserrant son torse et un corps chaud contre le sien.

C'était presque un rituel. Quelque chose qui se reproduisait encore et encore, dans des endroits différents, avec parfois des personnes différentes, mais avec toujours le même fond, la même trame.

Un pincement au cœur, lorsqu'il se rendait compte qu'il n'était plus sur son île natale, qu'il n'avait pas d'attaches, qu'il devait s'extirper de la douceur chaleureuse de l'instant pour retourner vivre sa vie d'aventures, de combats, d'inconnu.

Un instant de mélancolie, de doute parfois, en écoutant les bruits du dehors, peut-être une respiration se mêlant à la sienne, en contemplant le mur face à lui comme s'il reflétait le monde.

Un instant où il pensait à toutes ces vies qui grouillaient, dehors, comme si vivre était la chose la plus naturelle au monde, ne se rendant pas compte d'à quel point leur routine quotidienne, bien qu'ennuyeuse, était sécurisante.

Un instant de fatigue, d'essoufflement, de lassitude, une envie d'arrêter de courir, et de rester là pour toujours.

Et puis finalement, il se relevait, dénouait les bras qui le retenaient, se préparait une nouvelle fois à vivre sa vie, tandis que dans le miroir, son reflet se mettait à lui sourire, heureux finalement de sa liberté, heureux de ne pas savoir s'il verrait demain, et un peu amusé, presqu'honteux de ses interrogations, de ses craintes futiles, tandis qu'il abandonnait sans remords un corps endormi et des draps encore tièdes, bondissant dehors, prenant à peine le temps de claquer la porte tandis qu'il rejoignait ses compagnons, se promettant encore une fois de ne jamais les abandonner, sans songer aux disputes, à l'abattement, au fait que finalement, ils n'avaient rien de si spécial en commun d'autre qu'un drapeau, encore plein de la béatitude du matin tandis qu'il s'élançait, volant presque à travers les rues, les allées, les couloirs, les décors toujours changeants qu'il oubliait tout de suite après, en direction de l'ombre familière du Moby Dick, là où il savait qu'il serait toujours bien accueilli.

Et puis, durant les nuits en mer, il se contentait de se laisser bercer doucement par les vagues, sans vraiment penser, juste en écoutant distraitement le clapotis de l'eau et le souffle du vent marin, jusqu'à ce qu'il trouve au fond de lui le courage de se lever, de quitter l'étreinte rassurante de ses draps dont l'odeur était devenue plus tellement désagréable, attendant en silence, sagement, ce déclic, qui lui donnerait la force d'affronter un autre jour, de sourire, de rire, d'être aussi désinvolte et irréfléchi qu'il l'était toujours.

C'était des moments doux-amers, comme il n'en avait jamais le reste du temps, qui ne lui ressemblaient pas vraiment, mais qui s'étaient imposés, et qu'il conservait malgré la légère douleur qu'ils lui causaient à la poitrine.

Il paraît que ça s'appelait de la nostalgie.

Et il ouvrit les yeux. Doucement, encore engourdi par le sommeil et par l'atmosphère tiède et paisible dans laquelle il baignait, étouffant un bâillement tandis qu'il passait sa main sur son visage.

Ah, c'est le matin…

Il joua légèrement des épaules, avant de se rendre compte qu'elles étaient entravées par deux bras qui glissaient sur son torse en même temps que les draps, dont il ne se rappelait pas qu'ils aient un jour eu ces éclaboussures rougeâtres.

Qui ?...

Son esprit embrumé réussit à formuler cette question malgré son mal de tête lancinant.

J'ai…la gueule de bois ?

Il se retourna difficilement pour se retrouver collé à un torse bronzé, sur lequel il distingua néanmoins des portions de peau laiteuse.

Et…du sang ? Une plaie ?

Il attendit quelques secondes, avant que ses neurones ne se mettent en marche et qu'il ne réalise à qui il appartenait.

Ne me dites pas que c'est…

Il paniqua légèrement, se dégageant de l'étreinte pour se redresser, et finalement tomber face à un visage angélique, dont les yeux clos étaient recouverts de mèches cuivrés, qui devenait d'un roux tirant vers le doré sur les côtés de sa tête.

Il ne l'avait pas retrouvé depuis si longtemps, et pourtant il aurait pu dire qu'il les connaissait par cœur, ces lèvres légèrement entrouvertes, ce nez légèrement retroussé, ces sourcils fins au-dessus de paupières recouvrant des yeux qu'il savait être les plus beaux du monde, d'un bleu perçant aux nuances changeantes, ce front haut, ces épis blonds, ce visage si serein en cet instant.

Oui, il l'aurait reconnu entre mille, parce que pour lui, il était spécial. D'ailleurs, pas que pour lui. Il était extraordinaire, différent, et personne ne pouvait lui retirer ça.

Alors, il se sentit effrayé.

Coupable d'avoir souillé cet être qui lui semblait si pur et éclatant, de l'avoir fait sien alors qu'il n'en avait aucun droit, d'avoir assouvi sans vergogne ses désirs aux dépends de l'autre, en ne conservant dans sa mémoire que quelques phrases bredouillées dans l'obscurité. Au fait, en parlant de ça…

J'ai pleuré ?

Il lui semblait que oui. Il se trouva pathétique, serrant ses poings en froissant les draps sales.

…Sales…

Pourquoi sales, d'ailleurs ? Ah oui, à cause de ces tâches rouges ici et là…comme…comme si c'était…

Du sang ?

Il était blessé ? Lui ? C'est vrai, sur son torse il y avait…Se sentant nauséeux, il préféra ne pas risquer son regard sur la plaie, sachant que ça ne lui ferait que du mal.

Est-ce qu'il va bien ?

Question idiote, personne n'allait bien avec le torse ouvert. Mais pourtant il se surprit à espérer, à prier pour ça, pour que son ange ne souffre pas, pour qu'il aille bien.
Et je t'ai…

Il l'avait pris comme ça, sur les draps humides, pendant qu'il se vidait de son sang, alors qu'il pouvait…alors qu'il risquait de…Il secoua la tête, préférant ne pas y penser. Parce qu'il n'était pas ce genre de personnes, n'est-ce pas ?
Pas de ceux qui profitent de la faiblesse des autres comme ça, pas vrai ?

La tête lui tournait, sans qu'il ne sache si c'était à cause de la gueule de bois ou de la honte, de la colère. Sans doute un peu des deux, en fait. Il était plutôt emporté. Pas comme son frère.
Mon…frère…
Oui, son frère. Il avait…avec son frère…son petit frère… avec un adolescent perdu qui était prêt à tout pour qu'il reste avec lui, pour qu'il l'aime…Un garçon vierge d'expérience qu'il avait possédé comme un vieux pervers prend un gosse, avec frénésie, avec violence, sans lui laisser le temps de comprendre, d'analyser, juste de gémir ou de hurler, en l'abaissant, le soumettant…

Et maintenant ?

Il contemplait l'endormi avec angoisse. Et lorsqu'il se réveillerait, que ferait-il ? Le détesterait-il ? Pointerait-il sur lui un doigt accusateur en hurlant des injures ? Lui reprocherait-il ses actes de la nuit ? Le regarderait-il avec déception, avec crainte, avec dégoût tout en ramassant ses vêtements trempés ?

Sans doute.

Et dans ces cas-là, que ferait-il ? Le laisserait-il partir, seul et brisé sur le lit blanc ? Ou le retiendrait-il, l'enlacerait-il, en murmurant des mots d'excuses à son oreille, tout en sachant bien que rien de tout cela n'arrangerait les choses ?

Je suis dégueulasse.

Il ne pensait qu'à le retenir, qu'à le garder contre lui, alors qu'il savait bien qu'il n'en avait pas le droit, qu'il avait déjà fait assez de dégâts, qu'il avait juste le droit, le devoir, d'assumer ses conneries puis de se taire. Qu'il devait le laisser libre de le laisser, lui à qui il avait déjà pris tant de choses.

Mais je ne veux pas.

Il ne voulait pas qu'il renie leur fraternité. Lui-même avait déjà assez parjuré comme ça. Il voulait le prendre dans ses bras et lui dire à quel point il était désolé, à quel point il l'aimait. À quel point il regrettait.

Mais c'est un mensonge.

Il n'arrivait pas à regretter. Bien sûr, il se sentait mal, coupable, désolé. Il se dégoûtait. Mais il ne regrettait rien. Il avait aimé leurs étreintes, comme il aimait le contact de sa peau chaude contre la tienne, comme il aimait sentir sa poitrine se soulever au rythme de sa respiration régulière.

Doucement, timidement, essayant d'occulter la honte qui l'envahissait, il se rallongea contre le corps fin, soupirant de satisfaction en mêlant ses doigts aux siens.

Je suis dégueulasse.

C'était sans doute vrai, mais il voulait en profiter encore, ressentir toujours sa présence avant qu'il ne le rejette, ne le haïsse, ne l'injurie, ne le frappe peut-être.

Ne m'en veux pas.

C'était égoïste mais c'était ce qu'il souhaitait.

Qu'il l'aime, comme lui l'aimait, doucement, tendrement, comme un frère, qu'il l'accepte, qu'il lui pardonne, comme lui se sentait prêt à tout lui pardonner, même le pire.

Il voulait qu'il le regarde encore de ces yeux attendris et matures, plein de compassion, en murmurant doucement que ce n'était rien, qu'il ne lui en voulait pas.

Qu'il reste auprès de lui, comme avant, qu'il le laisse l'étreindre pour l'empêcher de s'envoler loin de lui.

Qu'ils redeviennent comme avant.
Qu'il redevienne son ange. Son rempart, sa lumière, sa vie.

Et qu'ensemble, ils continuent à vivre dans ce monde injuste, qu'ensemble, ils fassent face à tout ce qui les dévorait.

Il voulait pouvoir le rassurer, le soutenir, lui rendre, ne serait-ce qu'en partie, tout ce qu'il lui donnait.

Il voulait, qu'ensemble, ils protègent leur frère, comme ils l'avaient toujours fait.

Il voulait qu'il le voir trouver le One Piece.

Et que, ce jour-là – parce qu'il viendrait, c'était sûr – il le regarde, de ce regard plein de fierté.

Il ne voulait pas le décevoir.

Mais ça, c'est déjà fait.

Ha oui. Certes. Mais il pouvait toujours regagner sa confiance et son affection, pas vrai ? Malgré la voix au fond de son cœur qui lui criait que non, il voulait y croire, il voulait espérer.

Mais la voix cria plus fort.

Alors il enfouit sa tête dans le cou de son frère, capturant son odeur légèrement fruitée, pour ne plus avoir à l'entendre.

Je suis dégueulasse.

Tellement dégueulasse qu'il ne trouvait pas de mot pour se décrire, sentant peu à peu affluer des larmes de dépit.

Quel genre de monstre est-ce que je suis, au juste ?

« Gnnh…Nii-chan ? »

Oh…

Il l'avait réveillé. Il se redressa doucement pour s'écarter de son torse bigarré, gêné, attendant l'explosion qui devait venir.

L'autre darda sur lui un regard endormi, et un peu étonné aussi, lui sembla-t-il.

Il le fixa pendant un petit moment ainsi, pensif, rendant le rendant encore plus nerveux qu'il ne l'était déjà.

Puis, en se frottant les yeux d'une main, il lui sourit gentiment.

« Bonjour, toi ! »

Pardon ?

Il le dévisagea comme s'il était un alien.

Est-ce que tu sais seulement que je t'ai…

Evidemment qu'il le savait…Alors pourquoi est-ce qu'il…

Ne se formalisant pas de l'absence de réponse, le blond l'attira contre son torse, en continuant d'une voix pâteuse

« Ouah, j'ai bien dormi moi… »

Tu ne m'en veux pas…
…En fin de compte, c'est vrai que ce n'était pas son genre, n'est-ce pas ? Il était mature, et pas innocent à ce point. Il s'était laissé faire, il avait apprécié même, enfin, sans doute, et puis, il l'aimait, c'était son frère n'est-ce pas ?

Mon frère…

Son frère. Qui l'aimait. Qui se damnait pour lui. Son frère.

Ç'a toujours été comme ça.

Et pendant ce temps, lui se faisait ses films.

Après tout, c'est le matin, pas vrai ?

Ces illusions le quittaient sur une note presque doucereuse tandis qu'il sentait un poids quitter sa poitrine.

Il eut un grand sourire, que l'autre lui rendit, amusé.

« Tu m'as l'air de bonne humeur, Ace ! »

Il ne se donna pas la peine de répondre. Il l'était, oui.

Grâce à toi.

Il ne savait pas franchement quel genre de monstre il pouvait bien être. Mais quelle importance ?

Tu sais qui je suis. Le reste importe peu.

Il resserra son étreinte, relevant son visage vers celui du révolutionnaire.

« Hello, p'tit frère ! »


Pouah,je manquais d'inspi, et là, tout à coup, le déclic, et j'ai tout écrit d'une traite, comme une grande ! *fière*

En plus, il est pas encore minuit, donc le WE n'est pas fini, et donc, logiquement, je suis pas en retard (enfin, je ne le serai pas si j'arrive à poster ce chapitre en moins de 4 minutes).

Bref, à priori, le prochain chapitre sera le dernier *larme à l'oeil*

Et sinon, je remercie Joky pour sa review. Et tous les autres revieweurs aussi. Et tous les lecteurs en général.

Voilou, ciao, et à bientôt ! (ma note est courte, c'est rare, mais comprenez, j'ai plus que 3 minutes pour poster ça)(2 maintenant...help)