C'est parti pour un nouveau chapitre. Je dois reconnaitre que j'avais hâte de vous le publier celui-là ! Je ne dirais rien, mais ce chapitre va marquer un petit tournant dans les relations Sherlolly ! Je laisse un peu l'enquête de côté, mais sa reviens. Je tente de développer notre Sherlolly land avant que les choses progressent à ce niveau. Avant de vous le livrez, je vous remercie encore une fois de tous vos reviews mise en alertes et favoris, vous êtes top ! Si j'oublie de répondre à certaine review c'est juste un oubli donc vous en faite pas je lis tout.
Merci à ma chewiiiiie, Kis qui prend sur son temps de pause pour corriger la bête ! vous vous rendez compte o_o c'est presque de l'exploitation *plaque ses mains sur ses joues*
Dans tous les cas, je vous laisse lire cette suite ! je vous retrouve plus bas !
CHAPITRE DOUZE
— Je dois faire quelque chose avant de partir.
C'était la dernière chose que j'avais dite à Sherlock avant de monter dans le taxi que ma mère avait appelé pour nous. D'un geste élégant et fluide, Sherlock alla se réfugier au fond du taxi tandis que je donnais l'adresse au chauffeur. J'embrassai une dernière fois ma mère avant de grimper à mon tour dans le véhicule.
Comme d'habitude, il restait silencieux, le regard dans les vagues, oubliant par la même occasion mon existence.
Il avait rabattu les pans de son caban pour s'y envelopper. Le détective s'était plaqué contre la portière du véhicule, prenant soin de mettre une distance raisonnable entre nous.
Pourtant, aux dernières nouvelles, je n'avais dévoré personne.
Je ne cherchais plus à comprendre son attitude. C'était certainement à cause de l'épisode du lit. Peut-être était-il mal à l'aise d'avoir dormi avec moi ? Moi je l'avais été. À vrai dire, je n'avais aucune envie d'en discuter. Ses états d'âme me donnaient le tournis et m'agaçaient de plus en plus.
Il se moquait bien de ma réaction et faisait absolument tout pour ne pas s'y intéresser. C'était certainement sans importance pour lui.
Après tout, nous n'avions fait que dormir dans la même pièce, dans le même lit. Je grimaçai. J'aurais dû le réveiller en hurlant ou bien le faire rouler en dehors de ce fichu lit. Bon dieu, je ressemblais à ses foutues femmes à l'orgueil blesser. Il fallait dire qu'il ne me facilitait pas les choses.
Pourtant, il avait quitté Londres pour me retrouver et apparemment il avait été sacrément perturbé que je ne réponde pas. C'était à cause de l'enquête. Cette pensée creva sournoisement la bulle de bonheur qui s'était constitué petit-à-petit dans ma poitrine.
L'enquête. Voilà ce à quoi il devait m'assimilé. L'oublier serait certainement une erreur de ma part. Me mordant la lèvre, je me permis cependant de croire que je n'étais pas que cela. Et si j'étais plus que ça ? Et si un jour, il me regardait comme une femme attrayante ?
Je me retenais de peu de rire.
Instinctivement, mon regard glissa vers lui et je sentis ma poitrine se serrer. Il était si beau. Ma mère avait raison, j'adorais lorsqu'il me regardait. C'était comme si j'avais une importance. Je me sentais valorisée. Vue. Il avait ce regard qui semblait me transpercer, qui me faisait vibrer d'une façon déstabilisante.
Il n'était pas seulement beau, il était doté d'une intelligence incroyable. Même son cerveau était sexy. Bon sang je devrais penser à mettre ça sur un tee-shirt pour paraitre encore plus ridicule. Malgré tout, c'était vrai. L'intelligence de Sherlock était sensuelle, distrayante et fascinante.
Je laissai ma tête aller en arrière tandis qu'un soupire s'échappa de ma gorge. C'était dingue cette manière qu'il avait de me retourner complètement alors qu'il n'avait absolument rien fait. Il ne m'avait ni embrassé ni dit la moindre chose qui aurait pu me mettre la puce à l'oreille.
Je ne lui plaisais pas. Il fallait que je cesse de me rendre malade à cause de lui. Étant donné que je n'étais pas son genre, il fallait définitivement que je passe à autre chose. La semaine prochaine, j'avais un rendez-vous avec un homme. Un homme qui m'avait invité à diner. Tom.
Je laissai un sourire ourler mes lèvres en imaginant comment tout ceci allait ce passé. J'avais envie que ça se passe du mieux possible.
Certes j'appréciais mon état de célibataire, mais passé une soirée en compagnie d'un homme charmant n'était pas à exclure. Ce n'était pas comme si nous allions nous marier juste après.
— J'ai dormi avec toi parce que le sofa était bien trop petit et trop inconfortable pour moi.
Je sursautai tout en quittant ma torpeur. La chaleur avait déjà pris place sur mon visage. Il fallait que ce tic ridicule cesse rapidement. Cela devenait affreusement gênant. Je me tortillai un peu plus sur le siège du véhicule en prenant la peine de déglutir avant de lui répondre :
— Oh… Je m'en doutais.
Quoi ? J'avais bien le droit de mentir après tout. Je pense que j'avais déjà été suffisamment ridicule. Lui se contentait juste de garder obstinément son regard sur le paysage qui défilait devant nous.
— Bien. J'ai apprécié dormir près de toi, asséna-t-il d'un ton neutre.
Mon cœur palpita un peu trop vite tandis que je tentais de retenir l'excitation qui me gagnait. Sherlock était le genre d'homme qui n'avait aucun filtre entre ce qu'il pensait et ce qu'il disait et à cet instant, je remerciais le ciel pour ce défaut qui avait tendance à m'énerver. Il était direct, franc.
— Vraiment ?
— Contrairement à John, tu ne ronfles pas.
— Me voilà rassuré, raillai-je en levant les yeux au ciel alors qu'une pointe de déception remplaçait le peu d'espoir qui avait naquît en moi.
Il avait aussi l'art et la manière de briser tous mes espoirs en quelques mots. Je sentis un frisson me traverser lorsque je constatai qu'il avait une réelle facilité à faire faire les montagnes russes à mon cœur. Je relevai mon visage tandis qu'il me demanda :
— Tu ne veux pas me dire où l'on va ?
— Tu le verras suffisamment tôt. répondis-je mystérieusement.
— Je n'aime pas ne pas savoir, de plus tu me fais perdre du temps avec ce genre de comportement.
— Si tu n'avais pas envie de m'accompagner, tu n'y étais pas obligé Sherlock. répliquais-je du tac au tac.
— Si je te laisse seule cinq minutes tu es capable de t'attirer une foule d'ennui, ricana le jeune homme en daignant enfin me regarder.
Non, mais pour qui il se prenait ?!
— Je n'ai pas besoin de toi, sifflai-je en levant le menton fièrement.
— Ce n'est pas ce qui me semblait lorsque tu étais confrontée à ce type chez tes parents.
Je me contentai de rouler des yeux. Discuter avec lui était une cause perdue d'avance. Parler à un mur serait certainement bien plus productif. Je me contentai de hausser les épaules et de dire :
— Puisque tu es si intelligent, je te laisse deviner notre destination.
Il fronça ses sourcils tandis que je sentais l'agacement monter en lui.
— Ne fais donc pas l'enfant Molly.
— Je ne fais absolument pas l'enfant. Je suis bien plus mature que toi Sherlock, croassai-je en me tournant rapidement vers lui.
Outré, il fit de même en enfouissant son visage dans le col de son manteau.
— Ridicule ! J'ai une intelligence supérieure à la tienne. argua le détective consultant, une flamme d'insuffisance valsant dans ses yeux arctiques.
— Oh oui ça crève les yeux à cet instant précis ! ironisai-je.
— Me cacher la destination ne t'apporte rien.
— Si tu le dis, dis-je en m'enfonçant davantage dans le siège du véhicule tandis que Sherlock explosa de son côté.
— Mais bon Dieu tu peux me le dire ce n'est pas un lieu top secret !
Je ne pus me retenir de rire en voyant Sherlock dans cet état. Je m'arrêtai rapidement. Je n'avais pas envie qu'il pense que je me moque de lui. Bien que ce soit le cas.
— Je vais rendre visite à un ami.
— Un ami ?
— Oui tu sais, un ami est une de ces personnes avec qui ont noue des liens au fil du temps. Taylor est quelqu'un de très pris, mais je pense qu'il nous consacrera quelques minutes.
— Un collègue de ton père. déduisis le plus simplement possible Sherlock, comme à son habitude.
— Non. Non pas vraiment.
Cette réponse dut lui suffire, car il abandonna la conversation aussi vite qu'il l'avait lancé, retournant ainsi son attention vers la circulation. Au bout d'une trentaine de minutes, le taxi nous déposa devant l'immense immeuble en pierre taillée. Le bâtiment était si grand que Sherlock dut se cambrer pour lire les annotations du bâtiment avant de se tourner vers moi en haussant ses sourcils.
— Une morgue ?
Apparemment il était surpris ce qui eut pour effet de me faire sourire. J'avais réussi à surprendre le grand Sherlock Holmes.
— En effet.
Nous pénétrâmes dans le hall luxueux en marbre blanc totalement dégagé qui n'abritait que le standard et quelques plantes vertes. Derrière se trouvait une femme d'une cinquantaine d'années, brune qui avait le visage baissé vers son ordinateur, les lunettes reposant sur le bout de son nez.
Anne était la secrétaire du bâtiment. Je la saluai d'un geste de la main. D'un sourire éclatant elle me fit signe d'approcher avant de se pencher vers son comptoir, le téléphone scotcher à l'oreille.
Elle n'avait pas perdu ses bonnes habitudes.
Cette femme était la douceur incarnée, mais sa chemise était à faire crever les yeux d'un caméléon. Ses goûts vestimentaires n'avaient décidément pas changé depuis l'époque où j'étais au lycée. Elle semblait s'évertuer à chercher des couleurs de plus en plus flash chaque jour. Je me concentrai sur son visage.
— Est-ce que Taylor est là ? demandai-je dans un chuchotis.
Elle décala le combiné de sa bouche couverte de gloss cerise.
— Oui il est dans le labo, tu connais le chemin. M'informa la jeune femme du bout des lèvres, ne perdant pas un instant de son sérieux.
— Merci Anne, dis-je en lui faisant un clin d'œil.
Me décollant du comptoir je me dirigeai vers l'ascenseur, Sherlock sur mes talons. C'était étrange. D'habitude, c'était moi qui pressais le pas pour le suivre tandis que là c'était le contraire.
Une vague de bien-être me submergea. Pour une fois, on jouait sur mon terrain. C'était plaisant. Je l'entendis marmonner quelque chose avant de me demander :
— Que fait-on ici ?
— Je viens voir un ami. Pour quelqu'un qui se targue d'être intellectuellement supérieur à moi, tu ne retiens pas très bien ce que l'ont te dis.
Il grogna quelques propos d'inaudibles tandis que je marchais, victorieuse, jusqu'au laboratoire. Le visage levé et la poitrine bombée, j'avais l'impression d'être en première ligne dans un défilé militaire.
J'étais fière de lui avoir cloué le bec, bien que je sois sûre et certaine qu'il cogitait à une manière de se venger pour la prochaine fois.
Je poussais avec force les portes battantes du laboratoire en traversant le petit sas d'un blanc immaculé. Près d'une des paillasses du local, je vis Taylor vêtu de sa fameuse blouse blanche, bien trop longue pour lui. Il avait l'habitude de rabattre les manches jusqu'à la moitié de ses avant-bras.
Il le faisait toujours machinalement. C'était une de ses habitudes que j'affectionnais et qui me faisait toujours sourire.
Cet homme transpirait la bienveillance. Ses cheveux blancs rabattus en arrière dissimulaient moyennement sa calvitie tandis que ses larges épaules étaient avachies vers son poste de travail.
Le voyant absorber par son analyse, le regard perdu dans les lunettes de son microscope, je me raclai la gorge :
— Ne fait rien tomber, m'exclamai-je faisant sursauter le vieil homme.
Il se retourna prêt à rouspété avant de se raviser, laissant son visage s'illuminer d'un immense sourire. Il semblait avoir perdu une dizaine d'années. C'était bien mieux qu'un lifting.
— Molly !
— Taylor !
Je me précipitais dans ses bras tandis qu'il écarta les tubes à essaye qu'il tenait dans ses mains.
— Comment vas-tu ma belle ? Ça fait un moment que tu n'étais pas passé.
— Oh, je suis toujours sur Londres.
Il grimaça comme si l'idée que je vive seule là-bas était impensable. Ça l'avait d'ailleurs toujours été. Taylor n'envisageait toujours pas l'idée que je sois une adulte et que je puisse vivre dans une ville aussi vivante que Londres.
— Ah ! Tu étais passé voir tes parents.
Son regard glissa vers Sherlock qui était resté planté sur le seuil de la porte du laboratoire. Haussant mes sourcils, je me retenais de rire devant la situation. Après tout Sherlock restait Sherlock.
M'écartant de Taylor, je me dirigeai vers Sherlock pour m'emparer de sa main. Décidant d'ignorer ce fichu courant électrique qui me traversais à son contact. Ceci dut surprendre le détective, car il n'émit aucune opposition et me laissa le tirer jusqu'au chimiste.
— Et ce jeune homme qui est-ce ?
— Oh, Taylor, je te présente Sherlock. Sherlock, voici Taylor.
— Enchanté. Je ne vous tends pas la main, à moins que vous ne désiriez avoir des viscères pleins les doigts.
Sherlock esquissa un sourire tandis que Taylor ôtait ses gants. Il savait toujours comment mettre les gens à l'aise. Étrange que mes parents n'aient jamais apprécié le faite que je passe plus de temps avec lui qu'aller aux bals mondains.
— Alors Molly, tu as décidé de présenter ton petit ami à tes parents. Félicitation vous formez un très beau couple. Je vous le dis tout de suite mon cher, cette demoiselle est un vrai phénomène !
Sherlock lâcha un petit rire tandis que je sentis mon cœur rater un battement. Le salaud. Inspirant profondément, je tentai de contrôler le ton de ma voix. Je n'avais aucune envie que Taylor s'imagine des choses. Surtout lorsqu'il n'y avait aucune chance qu'elle soit réelle.
— Quoi ? Non ! Non… Je veux dire, Sherlock est un ami. C'est tout, m'empressai-je de dire.
Le vieil homme fit la moue en posant une main devant sa bouche.
— Oh ! Désolé. J'ai un don pour faire des gaffes. Ami alors ?
— Oui, juste ami, dis-je en insistant sur le mot ami. Je voulais venir voir comment avaient évolué les lieux. Ça fait un sacré moment que je n'avais pas mis les pieds ici.
— Deux ans environ.
— C'est à peu près ça.
— Tu travailles toujours à ta banque ? me demanda-t-il en s'appuyant sur sa paillasse. C'est tellement ridicule que tu aies décidé de continuer ce travail.
Je levai les yeux au ciel.
— Taylor, tu connais très bien le pourquoi du comment.
— Tu n'aurais pas dû les laisser faire. Ton frère n'aurait pas accepté que tu sois contrainte de prendre ce poste avec cet homme stupide.
Ça c'était Anderson.
— Je n'ai pas envie de parler de ça Taylor, sifflai-je en sentant le regard de Sherlock me brûler l'échine.
Il était bien trop près de moi. C'était déstabilisant. Taylor soupira en croisant ses bras contre sa poitrine.
— Peter était du même avis que moi. Tu es brillante Molly, tu voulais devenir médecin légiste et tu en as les capacités. Tu t'es sabordé dans l'unique but de faire plaisir à tes parents.
Il n'avait pas tort, mais l'idée de le reconnaitre me donnait la nausée.
— Taylor a raison Molly, intervient Sherlock d'une voix neutre. Lorsque j'ai lu ton dossier, j'ai été étonné de voir que tu es un poste aussi minime.
Je me figeai. Pythagore avait dit : « Souvent ma parole m'a fait perdre quelque chose. Toujours mon silence m'a fait gagner quelque chose. » À cet instant, je réalisais que Sherlock aurait réellement dut se taire lorsque les sourcils blanc et épais de Taylor se rapprochaient.
— Vous avez lu son dossier ? demanda Taylor, intrigué.
— C'est parce que Sherlock était curieux de connaitre mon parcours et aussi parce qu'il... Il… Hum… Enquête sur un meurtre qu'il y a eu à la banque.
Après tout, pourquoi lui cacher ? Une fois l'affaire parut dans la presse, j'aurais déjà suffisamment de ma mère sur le dos. Une gorgone était suffisante. Elle m'appellerait, certainement hors d'elle, débitant une ribambelle de questions et me fustigeant de tous les maux de la terre.
Si j'entendais un jour sur mon répondeur : « Vous n'avez aucun message, zéro, pas même de votre mère. » Je sauterais au plafond avant d'arracher mes vêtements pour vivre en communion avec la nature.
Mentir à Taylor n'aurait servi à rien. À vrai dire, je ne pense pas que j'aurais pu lui mentir. Je lui expliquai rapidement toute l'affaire, oubliant volontairement de lui parler du fou furieux qui m'avait agressé en pleine rue.
— Eh bien on dirait que tout ça m'a l'air très sérieux.
— ça l'est, asséna Sherlock. Molly est quelqu'un d'intelligent, mais bien trop naïve. Elle ne comprend pas qu'elle ne peut pas continuer de vivre comme avant.
— Sherlock, tu en parles comme si j'avais un sniper braqué sur ma nuque non-stop.
— Parce que c'est le cas.
— Sherlock n'a pas tort, intervient Taylor. D'après ce que tu m'as dit, tu n'es pas en sécurité. Si cet homme a pu te suivre partout sans que tu le voies, on ne sait pas ce qui pourrait se passer. Imagine que tu sois encore suivi par d'autres personnes.
— Pitié ne te mets pas non plus à fabuler Taylor. Sherlock enquête et il ne m'est rien arrivé depuis. Donc ça ne sert strictement à rien d'en débattre.
— Molly je…
Il dut s'interrompre lorsqu'une de ses collègues s'interpella pour lui demander de venir de toute urgence. Il leur demanda une minute avant de se tourner vers moi.
— Je pense qu'on en parlera plus tard.
— Bien. Nous allons y aller Taylor. Je suis certaine que tu as des tonnes de choses à faire.
Il tendit ses bras et m'encercla pour me caler contre lui. Je le serrais à mon tour en laissant un soupire de bien être s'échapper.
— Rentre bien. N'oublie pas de me donner de tes nouvelles, me chuchota-t-il à l'oreille tandis que la douleur de le quitter surgit une nouvelle fois dans ma poitrine.
— Promis. Je tenterais de revenir le plus vite possible.
Je me détachais de Taylor en sentant son regard paternel glisser sur moi. Comme s'il cherchait un moyen de se rassurer.
— Tu devrais y aller, fis-je en désignant du menton la sortie du laboratoire.
— Hum. Sherlock, j'ai été ravi de vous rencontrer. Je compte sur vous pour surveiller la demoiselle ici présente.
— Il y a du travail en effet, dit-il en serrant la main du pathologiste.
Avec Sherlock nous firent volte-face. Une nouvelle fois il marchait plus vite que moi.
...
Une semaine après mon séjour à Dublin avec Sherlock, c'était comme si ma vie avait repris son cours normal. Je retrouvais ma routine habituelle en allant retourner à la banque, Sarah me parlait de sa dernière conquête.
Un bon parti d'après ce que j'avais compris, qui était aussi beau que riche. Comme vous vous en doutez, Sarah était aux anges et donc bien plus greffer au téléphone qu'à me suivre partout pour savoir où en était ma vie sentimentale et accessoirement sexuelle.
Elle n'avait plus son regard habituel, celui du castor alcoolique qui découvre le monde. Elle semblait heureuse et épanouie.
Anderson était parti pour la semaine ce qui était sacrément agréable. Le seul point noir à cette bonne nouvelle était la présence de l'impitoyable dictateur qu'Anderson avait désigné comme étant son remplaçant, Marc.
Les joues rougies et les cheveux laqués de la même manière, Marc prenait son rôle très au sérieux et semblait avoir collé le carnet de blâmes sur sa main droite.
Si j'étais un mec, j'adorerais me lever et uriner sur son bureau, comme ça, juste pour lui montrer par un moyen simple et primaire à quel point je le méprisais. Je vous concède que cette manière d'opéré n'était pas des plus hygiéniques, mais le bonheur que j'en tirais serait sans doute des plus immenses.
En réalité, je ne pense pas que les femmes soient naturellement plus distinguées et élégantes que la gente masculine. Non, le réel hic était que nous étions bien plus limitées lorsqu'il s'agissait de faire pipi sur le bureau d'un dictateur. Foutue discrimination !
Je voyais John chaque jour. Nous avions pris l'habitude d'aller discuter en buvant une tasse de thé chez Madame Hudson lorsqu'il n'était pas accaparé par Sherlock.
Quant à lui, c'était un véritable courant d'air. Je le croisais de temps en temps lorsque j'allais chercher mon courrier, mais nos sujets de conversations étaient très limités. Pour tout avouer, il n'y avait que moi qui parlais. C'était bien souvent maladroit et stupide, mais au moins moi j'essayais. Lui se contentait de hocher la tête avant de s'évaporer comme un fantôme.
C'était affreusement frustrant. J'avais l'impression d'avoir la lèpre. Il me regardait comme si un troisième bras venait de me pousser dans le dos. Lorsque je le croisais avec John, il se contentait juste d'être désagréable trouvant toujours le moyen de s'échapper.
J'avais tenté d'aller lui parler, plusieurs fois, mais j'avais toujours fini par faire demi-tour devant la porte de son appartement. Je n'étais pas lâche, non je n'avais juste aucune envie d'être rejetée et de me sentir mal.
Je tentais chaque jour de le chasser de mon esprit, mais lorsque j'y arrivais, un élément quelconque balayait tous mes efforts. C'est fou. Nous les filles, quand on pense à quelqu'un, on y pense tout le temps. Il occupe chaque recoin de notre esprit à chaque seconde.
Lui c'était totalement l'inverse. J'étais comme un nuisible prêt à être balayé d'un revers de main.
Ma condition féminine et morale y prenait un sacré coup à chaque fois que j'y pensais. J'avais fini par consacrer mon attention au rendez-vous avec Tom.
Mais avant j'allais avoir à faire à une affaire bien plus délicate et sérieuse. Ce jour-là, j'avais découvert une des sept vérités fondamentales qui commandaient l'univers… donner un traitement à un chat était une des choses les plus périlleuses.
Aujourd'hui, Pito devait prendre son premier traitement contre les puces et la chose s'annonçait bien plus complexe que je ne l'aurais cru. J'étais passé chez le vétérinaire acheter le traitement nécessaire et à peine Pito l'avait aperçu qu'il s'était volatilisé. Pouf ! Comme Casper.
— Pito ! croassai-je en laissant mes affaires tombées au sol. Oh non ! non non non non… Où es-tu ? Pito… Manifeste-toi.
Je commençai à parcourir lentement mon minuscule appartement, inspectant chaque meuble et chaque recoin sous lequel il était susceptible de se cacher.
— Fais quelque chose. Vomis tes boules de poils ou bien miaule, mais bon sang fais du bruit !
Je m'agenouillai près du canapé pour vérifier en dessous de ce dernier
— Aller sors de ta cachette ce n'est pas drôle du tout ! C'est incroyable toute la nuit tu m'as cassé les pieds et maintenant que j'ai besoin que tu fasses du bruit, c'est silence radio.
Je me redressai en sentant la panique m'envahir. Je courus vers la fenêtre de mon salon pour regard le trottoir. Rien. Au moins, il n'avait pas sauté par pur désespoir. Je fis demi-tour en essayant de trouver une solution. Je devais aller voir John. Oui John aurait certainement une idée de comment l'attraper.
Rapidement, je quittai mon salon vérifiant toutes les autres pièces de l'appartement avant de monter à celui de John. Je frappai rapidement à la porte avant de glisser une main sur mon visage.
Malheureusement ce ne fut pas John qui m'ouvrit la porte, mais Sherlock. Lorsqu'il me vit, son expression se figea et se tendit comme un arc. Niveau accueil chaleureux on avait fait mieux, mais je n'étais pas là pour lui. J'étais blindée. Il m'avait suffisamment fait comprendre son envie de mettre une distance.
— Molly.
— Est-ce que John est là ?
— Il est sorti faire les courses.
— Merde !
J'empoignai ma chevelure d'une main alors que la panique prenait le dessus.
— Tu penses qu'il rentre bientôt ?
— Je n'en sais rien, dit-il en restant stoïque.
Je m'emparai de mon portable et sélectionna le numéro de téléphone de John, mais cela ne changea rien. John devait certainement ne pas l'entendre.
— Qu'est-ce qu'il t'arrive ?
— Pito doit prendre son traitement.
— Pito ? répéta lentement Sherlock, les sourcils froncés.
— Mon chaton.
— Ah !
— C'est encore un bébé, mais il a des griffes qui ressemblent à des lames de rasoir ! Impossible de l'attraper seule. Laisse tomber, je pense que je vais aller demander à Madame Hudson de m'aider à l'attrapé, dis-je en me précipitant vers les escaliers.
— Attends ! cria derrière moi Sherlock, encore sur le pas de la porte.
Je me stoppai à son ordre en me maudissant d'être aussi réceptif. Jetant un regard vers lui par-dessus mon épaule, me mordillant les lèvres de façons exaspérée. Au vue de la grimace qui tiraillait le visage de Sherlock, il avait parlé un peu plus fort qu'il ne l'aurait voulu.
Je me mis à sourire intérieurement. Pour la première fois depuis près d'une semaine il voulait continuer de parler avec moi. Il ne s'échappait pas. Je restai planté sur les marches, la main sur la rampe, attendant patiemment ce qu'il allait me dire.
C'était pitoyable. Quelle tête je devais avoir ? Certainement celle d'un cochon d'Inde qui avait pris la foudre et qui le dévisageait béatement. Voilà à quoi je devais ressembler.
Je m'assénai une gifle mentale en m'empressant de lui demander d'une voix sèche :
— Quoi ?
— Je pourrais peut-être t'aider, dit-il en enfournant ses mains dans les poches de sa robe de chambre.
Il voulait venir… Chez moi ! Là où je dormais, là où je m'épilais, là où je mangeais et là où mon ours en peluche se trouvait. Je tentai de rester impassible alors qu'intérieurement j'avais l'impression qu'une foule en délire hurlait à l'unisson : « Bordel de merde oui ! ».
— Vraiment ? Pourquoi tu ferais ça ?
— Je n'ai rien d'autre à faire, fit-il en haussant ses épaules. Cela balayera mon ennui pour quelques minutes. Je suis certain je pourrais t'aider pour ton chat.
Je le jaugeai longuement en pesant le pour et le contre tandis qu'il restait droit comme un piquet, patientant sagement de connaitre ma décision. Après tout, c'était la première fois depuis cinq jours qu'il daignait à être aimable.
— Ça ne coute rien d'essayer. lâchais-je en soupirant.
Sherlock referma rapidement la porte derrière lui en me devançant pour descendre les escaliers. Pendant la descente, mon regard ne put s'empêcher de glisser jusqu'à son postérieur. Il avait de belles fesses. C'était une des premières choses que j'avais remarquées chez lui.
Mary disait toujours qu'il n'y avait que les mauvais garçons pour avoir de belles fesses. Elle n'avait pas tort. C'était mal. Je n'avais pas à le juger sur son postérieur, aussi beau, musclé et aussi ferme soit-il. Il devait beaucoup bouger.
Mais les prendre en pleine main juste une fois dans la vie, ça devait valoir le coup nan ? Juste une fois…
Bon sang j'en étais réellement réduite à le juger sur l'état de son postérieur ? Mon Dieu faites qu'il y ait une explosion, que quelqu'un tombe dans l'escalier avec une bonbonne de gaz pour me faire détourner le regard.
Pas Madame Hudson, elle était bien trop gentille et douce. Non plutôt Marc avec son affreux carnet de blâme. Mais le sort s'acharnait. Rien n'explosa et mon regard était toujours fixé sur la partie basse de Sherlock.
Ce fut d'autant plus gênant lorsque je remarquai qu'il s'était retourné vers moi.
— Quelque chose d'intéressant ?
— Pardon ?
— Tu semblais fixer quelque chose depuis un moment.
Est-ce qu'il existe un truc plus fort que de tomber dans les pommes, mais moins fort que mourir ? Parce que c'était ce qui allait m'arriver. Je rougissais… Je n'arrêtais pas de rougir… Je n'arrêtais pas de rougir et de clignoter tant j'étais gêné qu'il m'ait prise sur le fait. Sans me laisser pour autant démonter, je lui sourire nerveusement avant d'annoncer :
— Rien d'important.
Il sembla se contenter de la réponse, car il s'écarta du palier.
— Bien. Allons voir se trouve ce chat.
J'opinai en m'empressa de passer devant lui pour ouvrir la porte.
— Entre rapidement ! dis-je en le poussant dans l'appartement avant de refermer violemment la porte.
La nature de détective de Sherlock revient au galop lorsqu'il balaya d'un regard perplexe mon salon.
— Ton appartement est un véritable chantier.
— J'ai essayé de l'attraper avant de venir. Écoute, la dernière fois que je l'ai vue c'était sur mon lit, en train de transpercer mes couvertures avec ses griffes. Ensuite, il a sauté sur cosmo magasine avant d'aller se venger sur le magasin de moto que John avait oublié ici. Si j'avais un doute sur son sexe, à présent ce j'en ai plus…. Il est là ! m'exclamai-je en me jetant au pied de mon canapé. Pito sort de là Bon Dieu.
— Tu as vraiment un traitement à faire à ton chaton ? demanda Sherlock abasourdi en me fixant.
— Oui ! Je ne m'amuse pas Sherlock. Bon Dieu ! Merde, il a traversé le canapé !
À quoi est-ce qu'il s'attendait vraiment ?
— Je viens de le voir, il a couru dans la cuisine ! Aboya Sherlock en s'empressant d'aller vers le lieu dit.
— Attention il est tout petit ne l'écrabouille pas !
Courant après l'animal, Sherlock leva brusquement les pieds lorsque Pito décida de feinter en décidant de courir vers mon salon pour courir vers ma chambre à coucher.
Sherlock n'y entra pas. Il se stoppa sur le seuil de la porte et me regarda d'un air étrange. J'étais dans un drôle d'état. Je ne savais si c'était le faite de m'être relevé trop vite ou bien la fatigue de la semaine. Dans tous les cas, j'avais l'impression qu'un courant électrique me parcourait totalement.
— Je peux ?
— De ?
— Pénétrer dans ta chambre. demanda d'un air innocent le détective consultant, pointant la porte de ma chambre.
Pénétrer… Dans ma chambre. Ne pouvait-il pas mieux choisir ses mots ?
— John dit qu'entrer dans la chambre de quelqu'un sans lui demander sa permission est mal élevée, expliqua-t-il.
— Oh. Tu peux entrer, il n'y a aucun problème.
Dieu merci j'avais pensée à ranger mes sous-vêtements et caché mon ours en peluche. Pendant près de vingt minutes, avec Sherlock nous partîmes à la recherche de Pito, retournant une grande partie des meubles.
Il avait même cassé une de mes lampes. J'avais fini par m'assoir sur mon canapé, désespéré par la ténacité de ce foutu chat, tandis que Sherlock continuait de s'obstiner à le chercher.
— Je t'assure qu'il est par là, dis-je tandis que Sherlock inspectait le dessous des meubles.
— On a déjà regardé par là.
— Si, il est passé sous la chaise, mais il n'est pas ressorti.
— On a déplacé cette chaise et on a vérifié deux fois, il n'y a rien, asséna-t-il la mâchoire crispée.
— Il est passé par en dessous et il est ressorti par un trou dans le plancher.
— Il n'y a aucun trou dans le plancher.
— Peut-être qu'il y en avait un et qu'il est rentré dedans en rampant et ensuite il l'a rebouché.
— Ah ! C'est donc super chaton. Il possède des capacités physique et intellectuelle très développées, ironisa-t-il en se redressant.
— Eh bien oui.
— Alors ce n'est pas un chat ordinaire que je cherche.
— Qu'est-ce que tu disais tout à l'heure ? osai-je demander en me mordant la lèvre.
— À propos de quoi ?
— Quand tu es rentré dans mon appartement. Je l'ai bien vu, tu as fait comme s'il n'y avait pas de chat. Je veux dire, s'il n'y avait pas de chaton ici alors pourquoi je t'aurais dérangé ?
— Si je t'ai cru, tu es venu… À cause du chat.
— Je n'ai pas eu cette impression, répliquai-je en sentant un sourire dessiner mes lèvres alors que Sherlock passa une main dans ses cheveux.
— Je n'ai peut-être pas donné cette impression, mais c'est vrai.
— Alors c'était quoi ?
Il avait l'air nerveux. C'était vraiment… bizarre. Il se contenta de rester silencieux, ouvrant et fermant plusieurs fois sa bouche comme si il n'arrivait pas à trouver la bonne formulation. Mais apparemment son intelligence supérieure semblait s'évaporer à ce moment, car il se contenta de bougonner un :
— C'était quand je… Si tu cessais de me parler pour que je le retrouve.
Je levai les mains devant moi en signe de reddition. Je ne tenais pas à subir ses fameuses sautes d'humeurs.
— D'accord, pas la peine d'être aussi ronchon. Je crois seulement que…
— Il est là ! s'exclama-t-il en se jetant sur Pito.
Avant que mon chat ne s'échappe une nouvelle fois, Sherlock attrapa le petit corps de Pito pour le plaqué contre sa poitrine. Il était si précis et délicat dans ses gestes que j'en eus le souffle coupé l'espace d'un instant.
Il gratta la petite tête de l'animal et je vis quelque chose de surnaturel se produire devant moi. Sherlock pouvait être affectueux. La manière dont il regardait Pito était pleine de tendresse et de douceur. Je restai muette devant la scène, les pieds ancrés fermement dans le sol.
— Tu ne t'échapperas pas, marmonna-t-il en se redressant. Molly, tu vas chercher ce dont tu as besoin, je le tiens.
Je papillonnai des cils totalement perdus dans ma contemplation.
— Euh… Chercher quoi ?
— Son traitement.
— Oh ! Le traitement… Oui bien évidemment le traitement.
Imbécile ! Je m'empressai de courir chercher le traitement de Pito en m'insultant mentalement d'idiote. Cinq minutes après, l'épreuve fut terminée et Sherlock déposa Pito au sol en plissant sa chemise de costume.
— Bien… Je vais te laisser à présent.
— Ok… Hum… Merci d'être venue m'aider. Je pense que si tu n'étais pas venue j'aurais été encore en train de le poursuivre partout.
— Je t'avais bien dit que tu ne pouvais rester seule cinq minutes, se moqua-t-il.
— Ce n'est pas moi qui ai cassé la lampe.
Il arqua un sourcil, visiblement piqué au vif.
— Mais j'ai attrapé le chat. Le résultat compte. De plus tu n'aimais pas cette lampe.
— Qu'est-ce que tu en sais ?
— Tu l'avais mise dans un coin et l'ampoule ne fonctionne plus.
— Tu ne mets jamais ça en veille ? demandai-je agacé en désignant mon cerveau.
— C'est mon métier Molly.
— Hum… Je vais te laisser y aller dans ce cas. Tu as certainement des tas de choses à faire. ironisais-je dédaigneusement.
— En effet. De plus John doit certainement être rentré.
Je baissai la tête. C'était la première conversation normale que nous tenions depuis quelques jours et j'étais d'une timidité affligeante.
— Bien. Encore merci pour Pito.
— De rien.
Hésitant quelques secondes, il pinça ses lèvres avant de faire demi-tour rapidement. Sans doute histoire d'échapper au plus vite de mon appartement. Me laissant seule, je me laissai choir contre la porte et je lâchai ma respiration s'échapper rudement de mes poumons.
…..
Je ne sais pas pour vous, mais, au début de ma vie, il n'y avait que deux sortes de personnes dans mon univers : celles que j'adorais et celles que je détestais. Mes meilleurs amis et mes pires ennemis. Ceux pour qui je suis prête à tout donner et ceux qui peuvent aller crever comme Anderson.
Ensuite on grandit. Entre le noir et le blanc, on découvre le gris. On rencontre ceux qui ne sont pas vraiment des amis, mais que l'on aime quand même un peu et ceux que l'on prend pour des proches et qui n'arrêtent pas de vous planter des couteaux dans le dos.
Mary faisait partie de la catégorie de ceux qui pourraient me demander de glisser dans une piscine remplie d'huile bouillante. Lorsque je la vis entrée dans mon salon, j'avais l'impression qu'elle avait avalé une tripoter d'ampoule tellement ses yeux brillaient. Elle était tellement radieuse depuis sa rencontre avec John. J'aime bien voir les gens rassemblés, heureux.
Pourtant, je sentais à chaque fois une pointe de jalousie pointer le bout de son nez dans ma poitrine. Dieu que je l'enviais. C'était ridicule, j'étais heureuse pour elle et j'en danserais la polka pour lui prouver, mais au plus profond de moi, je rêvais de vivre ce qu'elle vivait avec John.
À l'entendre, tout semblait parfait, comme si chaque chose s'emboîtait à la perfection. Pour moi c'était plutôt le contraire. Les encoches merdaient royalement et aucune pièce ne coïncidait. C'était comme si chaque solution, chaque situation m'amenaient tout droit à l'échec.
Comme m'avait dit mon père une fois entre deux pages d'économies : « A ton deuxième naufrage, n'accuse pas la mer. » Le problème c'est que je n'en étais pas à mon deuxième, mais certainement à mon dixième.
D'un bond joyeux, Mary me fit la bise avant d'aller déposer ses quelques courses dans mon frigo. Elle avait cette habitude depuis l'agression. Me rapporter à manger pour m'évité de sortir à des heures qui sont pour elles trop dangereuse. Oh ne penser pas que j'en profite ! Elle avait insisté malgré mes efforts pour l'en dissuader. Rien n'arrivait à bout de Mary.
— J'ai croisé John. J'en ai profité pour venir te voir, annonça-t-elle en secouant une barquette de surgeler.
— Tiens, tu te souviens, de mon existence ! dis-je en croisant mes bras contre ma poitrine tout en affichant une moue.
— Tu m'en veux.
Son sourire s'affaissa en une moue. Je l'avais blessée. Bon sang mon sens de l'humour en se moment était vraiment très moyen.
— Non, j'aime te faire culpabiliser. Tu veux savoir comment j'ai passé mon début de soirée ?
— Je t'écoute.
— Hum, j'ai commencé en faisant une course poursuite après Pito. Il avait son traitement à prendre tu sais. Oh tu devras dire adieu à ton cosmo magasine, il a été un des nombreux morts pendant la bataille.
— Wahou, tu joues les aventurières.
— Oui je sais la prochaine fois, je prévois de porter un treillis.
— Comment va ton chat ? me demanda-t-elle en allant posant le sac de course près de la cuisine.
— Un peu mieux que ma lampe ! ricanai-je.
— Que s'était-il passé avec la lampe ?
— Sherlock l'a désintégré, avouai-je en m'installant face à elle.
— Délibérément ?
— Je ne peux pas le prouver pour l'instant.
— Et que faisait Sherlock chez toi ?
— Eh bien je suis allé chez lui voir John, qui n'était pas là pour me filer un coup de main pour attraper Pito. Donc Sherlock s'est proposé quand je lui ai expliqué.
— C'est comme ça qu'il a cassé la lampe ?
— Oui. Il semblait nerveux. Tu sais, il a dit des choses vraiment bizarres.
— Comme « Puis-je casser ta lampe ? »
— Non comme « il y a vraiment ton chat qui est caché. » Comme si j'avais fait une blague où je ne sais pas quoi…
— Enfin Molly, tu vas le cherché pour lui demander de venir chez toi.
— Et ?
— C'est comme si c'était un code !
— Un code ? répétai-je en haussant mes sourcils.
— Oui un code qui veut dire « je ne porte pas de sous-vêtements… »
— Ce n'était pas un code qui disait « je ne porte pas de sous-vêtements » ! m'exclamai-je.
— D'accord !
— Mary… Tu n'es pas sérieuse ?
— Écoute, la fois où John et moi avons…
— Oui je vois, coupai-je gêner.
J'avais suffisamment imaginer de choses, pas besoin de me donner des détails supplémentaires.
— Enfin ! Je l'ai appelé pour lui demander de venir chez moi prétextant qu'il y avait une araignée au plafond.
— Tu as une araignée au plafond !
— Donc il est venu, il a inspecté et il savait qu'il n'y avait pas d'araignée chez moi, mais on a fait comme si y en avait une ! Et quand on a décidé qu'il n'y en avait pas… Eh bien on est allé boire un verre et ensuite… Voilà…
Mes yeux s'écarquillèrent tandis que ma mâchoire se décrocha.
— Tu veux dire que Sherlock avait cru que j'avais inventé une histoire stupide pour l'attirer dans mon lit ?
— Dans ton lit peut-être pas, mais il a probablement pensé que tu voulais le voir, mais que tu ne savais pas comment lui dire.
— C'est dingue ! crossai-je en me félicitant d'être assise.
— Une femme, qui demande à un homme de venir chez elle aller dis-moi Molly… fit-elle en haussant ses petits sourcils d'un air malicieux.
— Oui, mais… C'est de Sherlock dont on parle. Depuis qu'on est revenue de chez mes parents, il m'a totalement zappé, c'est à peine si on s'est adressé la parole.
— Pourquoi tu es allé le chercher ?
— Je cherchais John au début.
— John n'était pas là.
— Sherlock était là et j'avais besoin d'aide.
— Pourquoi ne pas m'avoir appelé ?
— Tu n'étais pas à côté.
— Madame Hudson était là, où bien…
— Mary où est-ce que tu veux en venir ?!
— Je dis juste que tu as demandé à Sherlock de venir. Un paquet de personnes auraient pu venir t'aider, mais c'est à Sherlock que tu as demandé.
— Parce qu'il était devant moi et que ça m'avait paru être la meilleure idée. Et il s'est lui-même proposé.
Mary avait cette capacité à vous faire sortir la vérité, qui a le don de vous mettre les nerfs en pelote. Et comme toujours j'étais rageuse de constaté qu'elle avait marqué un point.
— Hum… Tu ne m'enlèveras pas de la tête que c'est Sherlock que tu as choisi.
— Tu dis ça comme si j'étais une mante religieuse qui attire les hommes dans son appartement pour en abuser, lâchai-je. Alors c'est ce que je suis ? Je suis une femme qui attire tous les hommes et qui les dévore !
— Molly ne le prends pas mal ! Dis-moi franchement si tu ressens quelque chose pour lui.
— Mary, je t'en prie…
— C'est à ce point-là ?
— Je… Enfin… Je ne sais pas. Peut-être bien que oui.
— Tu n'en ai pas sûr ?
— Je… Je n'en sais vraiment rien Mary. C'est assez étrange la manière dont les choses se passent entre nous, je ne sais jamais sur quel pied danser avec lui. Je ne pense pas que je lui plais. Ce n'est pas grave, il y a des choses bien pires dans la vie.
— Mais tu comptes toujours sortir vendredi soir ? s'enquit-elle.
— Exactement.
— Sherlock le sait ?
— Je ne pense pas.
— Tu comptes lui dire ?
— Pourquoi devrais-je lui dire ?
Mary laissa un sourire amusé déformer ses lèvres.
— Pour rien. Ce n'était qu'une simple question. Bon ce n'est pas tout, mais si tu as un rendez-vous galant, il me semble important que l'on regarde ce que tu peux porter.
Je me disais aussi, Mary ne perd vraiment jamais le nord.
...
Vendredi soir était le grand soir. J'avais passé une partie de ma journée à réfléchir à des sujets de conversations si le contact passait mal. Être une femme, était synonyme de ne jamais en finir.
Jambes à épiler, aisselles à raser, sourcils à épiler, pieds à poncer, peau à gommer et hydrater, points noirs à enlever, racines à décolorer, cils à teindre, ongles à limer, cellulite à masser, abdominaux à exercer.
Un programme si rigoureusement exigeant qu'il suffit de se laisser aller quelques jours pour se retrouver à la case de départ après des mois et des mois d'effort.
J'avais enfilé mes sous-vêtements porte-bonheurs, ceux avec des canards dessus. C'était ridicule, mais j'étais rassurée de les porter. C'est un peu comme quand on emmenait son doudou aux premiers jours d'école. C'était un pilier, une chose qui nous rassurait.
Je voulais que ce soit parfait. Vérifiant une dernière fois mon apparence dans le miroir de ma salle de bain, j'allai gratter Pito le faisant ronronner.
— Je te laisse juste pour la soirée, John viendra certainement te saluer. Souhaite-moi bonne chance, mon vieux !
Je vérifiai une dernière fois mon apparence dans le petit miroir de ma salle de bain.
J'étais plutôt jolie. J'avais mis une robe noire cintrée au niveau de ma taille ainsi que des collants de la même couleur ainsi que des chaussures vernies à talon. Sobre, mais efficace comme disait Mary. Mes cheveux étaient détachés et avaient un aspect légèrement ondulé qui ne me déplaisait pas. J'avais opté pour un mascara ainsi qu'un rouge à lèvres que Mary définissait « d'arme ultime pour la séduction ». Il rendait ma bouche plus charnue et mieux dessinée.
Oui vraiment, je me trouvais jolie. Je n'avais aucune envie de remplir mon soutien-gorge de papier toilette ou de chaussette.
J'examinai la gamelle de pâté de Pito et son eau avant de quitter l'appartement pour aller me rendre à celui de John. J'espérais que ce soit lui qui m'ouvre la porte. Et Dieu dut entendre mes hurlements intérieurs, car ce fut bel et bien John qui m'ouvrit la porte.
Je vis ses pupilles se dilater et sa bouche former un « o » parfait avant de s'exclamer.
— Wahou Molly ! Tu es… Sensationnelle !
Je rougis légèrement alors que le compliment toucha sa cible.
— Merci beaucoup John ! C'est… Le rouge à lèvres qui fait ça. J'ai un service à te demander, dis-je gêner par son compliment.
Pour une fois, les rôles allaient être inversés. Il m'invita à entrer dans le salon où se trouvait Sherlock, allongé sur le canapé.
— Je t'écoute.
— Est-ce que tu pourrais jeter un coup d'œil à Pito ce soir ? Juste voir si tout se passe bien. Un coup d'œil suffit.
— Tu as un truc de prévu ?
— Oui, je dois sortir.
John fronça ses sourcils.
— Mary n'est pas avec sa famille ?
— Si, je dois sortir avec… euh Tom.
— Tom ?
— Avec un homme ? demanda Sherlock d'un ton dédaigneux en ouvrant les yeux.
— Oui Sherlock, Tom est un prénom d'homme, railla John.
— Qui est-ce ?
Il se releva subitement de son siège pour planter fermement ses longues jambes dans le sol laissant les pans de sa robe de chambre retomber lourdement le long de son corps.
— Il n'a rien à voir avec l'enquête, rétorquai-je. C'est un client.
— Je croyais que c'était interdit dans le règlement de la banque, siffla-t-il en enfouissant ses mains dans les poches de son habit.
— Anderson n'est pas le mieux placé pour me pénaliser sur ce genre de chose. De plus, Tom est un homme charmant avec qui je suis certaine d'avoir énormément d'atomes crochus.
— Eh bien je suis heureux pour toi Molly, s'enthousiasma John. Avec tout ce qui s'est passé ses derniers temps, ça te fera du bien de t'amuser. De plus tu es magnifique dans cette tenue. Il va certainement être scotché !
Mal à l'aise, je resserrai le col de mon manteau pour dissimuler le décolleté de ma robe tout en affichant un sourire.
— Merci John.
— Il vient te chercher à quelle heure ? demanda rudement Sherlock.
— Eh bien, il ne vient pas ici, nous nous sommes donné rendez-vous au bar.
— Hum…
— Quoi hum ?
— S'il ne vient pas te chercher, c'est qu'il n'est pas si formidable que ça.
Mais à quoi est-ce qu'il jouait ? Je croisai mes bras contre ma poitrine en sentant une pointe d'agacement me transpercer.
— Je ne lui ai pas demandé de venir me chercher Sherlock.
— Il aurait dû lui. Imagine qu'il t'arrive quelque chose en allant à ce rendez-vous. Ce type à des manières qui laisse franchement à désirer.
— Il ne m'arrivera rien et puis c'est moi qui ai dit à Tom qui serait mieux que l'on se retrouve là-bas.
— Tu ne devrais pas y aller, asséna-t-il sévèrement.
— Pardon ? Tu es sérieux ?
— Tu devrais rester ici.
— Tu veux que je reste à m'ennuyer à mourir ici alors qu'un homme charmant m'attend pour diner. C'est hors de question.
Sa mâchoire se crispa tandis que son visage afficha une expression froide, impassible. Il n'y avait que ses yeux qui trahissaient la fureur qui semblait contenir. C'était incompréhensible.
Il n'agissait jamais de la même manière, comme s'il était totalement instable. Je regardai fixement et si profondément dans ses yeux espérant comprendre son attitude.
Je sentais chaque seconde ma gorge se nouer en me remémorant son attitude. Soudain, son regard rompit le lien virtuel que nous avions établi en le détournant vers John. Je soupirai, tout constate, que j'avais retenu ma respiration pendant tout ce temps.
— J'ai mon portable d'allumé si il y a le moindre risque et je le poserais sur la table près de moi, assénai-je.
— Il est inutile de courir le moindre risque Molly. Reste ici.
— Écoute Sherlock, je me moque de ce que tu penses, je vais aller à ce rendez-vous, je vais m'amuser et j'espère qu'avec Tom on boira un dernier verre ensemble.
Plissant ses yeux, il s'approcha de moi et s'empara de mon poignet.
— Tu n'y vas pas.
— Donne-moi une seule bonne raison de ne pas y aller Sherlock.
Figé, il me fixa longuement tandis que je pouvais aisément déceler le combat intérieur auquel il était en proie. Je voulais sincèrement qu'il dise quelque chose. N'importe quoi. Quelque chose qui me ferait regretter ce rendez-vous, mais il se contenta de rester immobile tandis que les yeux John faisaient des allers retours entre Sherlock et moi.
Décidant que j'avais suffisamment attendu, j'ouvris mon sac et sorti le double des clefs de mon appartement pour les tendres à John.
— Il y a les clefs de l'appartement. Les numéros d'urgences sont sur le frigo et le bar est celui qui se trouve derrière l'hôpital St Bart. S'il y a le moindre problème…
— Il n'y aura pas de problèmes Molly, sort en paix, m'assura John d'un regard bienveillant.
Il y en avait au moins un qui était de mon côté.
Le sourire aux lèvres, je remerciai John une dernière fois avant de tourner les talons pour retrouver Tom, en espérant que je puisse oublier Sherlock Holmes.
Je n'avais pas mis très longtemps pour aller au lieu du rendez-vous. La chance était de mon côté ce soir-là, car il n'y avait eu aucun soucis de circulation et j'étais à l'heure. Tom se trouvait sur le trottoir près de l'entrée du bar à guetter mon arrivé.
Lorsqu'il me vit, son visage s'illumina d'un sourire charmeur. Il était vraiment très beau. Il portait un long manteau noir comme ceux que semblait affectionner Sh-… Enfin ça n'avait pas vraiment d'importance. Son pantalon noir était certainement un pantalon de smoking tandis qu'on pouvait deviner la chemise bleu nuit qu'il portait sous son manteau.
M'approchant doucement, je le saluai de la voix la plus sensuelle que j'avais en réserve.
Dieu merci j'avais eu la bonne idée de faire des petites vocalises dans le taxi. J'avais au moins évité d'être ridicule devant Tom en aillant une voix érailler qui lui donnerait un avant-gout de ma voix au réveille.
— Je suis heureux que tu sois venue Molly.
— À vrai dire, j'ai pas mal hésité. Ce n'est pas contre toi ! Mais en ce moment ma vie est… assez compliquée.
— Je comprends. Mais je suis heureux que tu sois venue tout de même Molly. Tu es très belle ce soir. me complimenta le jeune homme, teintant ainsi mes joues d'un rouge écrevisse.
— Merci Tom. Tu n'es pas mal non plus.
Tout de suite il fut plus détendu. Nous avions passé ce moment gênant qui nous faisait regarder ailleurs dès que l'on parlait. Son rire était naturel, par contre, le mien ressemblait de plus en plus à celui d'une hyène qui s'était coincé la patte dans un escalator.
Le plus compliqué fut lorsque nous nous installâmes à une des tables du bar. La proximité me rendait loquace. Trop loquace. Je lui débitais un flot de paroles incontrôlable et je riais comme ses filles qui ne savaient pas quoi dire ou bien qui n'avaient pas compris la question. Malgré tout Tom resta charmant. Il me questionna sur des choses banales et insignifiantes et je lui retournais automatiquement ses questions. Une bonne technique pour ne commettre aucune gaffe. Tout se passait bien jusqu'à ce que j'aperçoive au coin de l'œil une ombre assez immense en caban sombre se frayer un chemin à travers la foule suivit d'une tête blonde aux cheveux courts que j'identifiais comme étant John.
— Oh mon dieu… soufflais-je, sentant mon sang se glacer dans mes veines.
— Molly tout vas bien ?
— Euh… Je crois que… Et si on allait ailleurs hein ? Il y a tellement de bruit !
— Tu trouves ?
— Hey Molly !
La voix de Sherlock me fit l'effet d'un sceau de glaçon. Dites-moi que je rêve ! Perdu, Tom leur jeta un regard avant de me demander :
— Euh… Tu les connais ?
— Bon sang oui…
— Molly ! Quelle surprise ! fit Sherlock en croisant ses mains dans son dos alors qu'un sourire étrange barra ses lèvres.
— Qu'est-ce que vous faites là ? marmonnai-je entre mes dents en sentant l'angoisse m'envahir.
— Nous, enfin…
— Nous voulions sortir dîner avec John, lâcha Sherlock d'un air enjoué.
Trop enjoué.
— Donc vous avez décidé de venir à CE bar.
John blanchissait de honte alors que Sherlock était aussi fier qu'un coq.
— Il semblait agréable, répondit Sherlock. Alors avec John nous avons décidé de venir y manger.
— C'est fou le hasard, ironisai-je. Pourtant tu m'as dit que tu détestes sortir. Surtout dans un bar.
Il haussa une nouvelle fois ses épaules.
— Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.
Je plissais des yeux en plaquant mes mains sur chaque côté de la table. J'allais les tuer. Tom, lui, était resté figé sur son tabouret en observant les deux intrus, un drôle d'air dans son regard. Bon sang ! Faites qu'il ne prenne pas la fuite. Mais à peine eu-je le temps d'espéré qu'ils déguerpissent vite, Tom tendit la main en direction de Sherlock qui l'observa avec une mine imperturbable.
— Enchanté, je suis Tom et vous êtes Monsieur Holmes ?
— En effet, articula-t-il froidement.
Ok…
— Je vous ai vue dans les journaux, je suis vos exploits sur votre blog. J'ai adoré votre récit sur le chien de Baskerville et cette manière de découvrir le poteau rose !
Mon dieu… Il ne manquait plus que ça. Crispant ma mâchoire, je rabattis une mèche derrière mon oreille.
— Tom si on commandait ? Je meurs de faim.
— Je pensais que tu voulais qu'on parte.
Sherlock haussa ses sourcils.
— J'ai changé d'avis. Non vraiment je meurs de faim, commandons.
— Euh oui si tu veux…
— Oh vous n'avez pas encore commandé ?! s'enthousiasma Sherlock. On peut donc se joindre à vous avec John.
— Je ne crois pas que se…
— Merci, en plus on n'avait pas réservé, grimaça Sherlock sur le ton de la confidence.
Il s'empara d'un menu alors que je bouillonnais intérieurement. Je jetai un regard noir à John qui m'adressa un sourire contrit. J'allais les tuer…. Que dis-je ? J'allais les brûler par les extrémités ! Lentement pour qu'ils souffrent un maximum.
En attendant, je pris mon menu à mon tour pour le mettre devant moi. Il fallait que je trouve un plan d'action pour que ses deux idiots ne cassent pas mes plans pour ce soir.
Il fallait agir.
Rabaissant mon menu, je me trémoussai sur mon siège et je me penchai légèrement en avant pour que Tom ait une vue imprenable sur mon décolleté. Ce dernier jeta des regards plus ou moins discrets ce qui était un bon point. Pour l'encourager, je lui adressai un sourire complice tandis que Sherlock et John continuaient de scruter leurs propres menus.
— Je crois que je vais prendre un burger, annonça Sherlock et fermant rapidement son menu. Alors comme ça c'est votre première sortie ensemble ?
John eut la décence de tousser alors que mes doigts se crispèrent. Ne pas craquer. Je tentai de plaquer un masque de gentillesse sur mon visage, mais je suspectais ma voix de me trahir lorsque je dis :
— Oui. Si tu n'avais pas remarqué Sherlock, nous sommes en rendez-vous galant. dis-je le plus calmement possible. Tom et moi (je tendis une de mes mains pour la posé délicatement sur la sienne) voulons apprendre à mieux nous connaitre. Seuls !
— Tu aurais dû me demander Molly !
— Je ne préfère pas. sachant pertinemment où il voulait en venir.
— J'aurais pu te dire tout ce que tu veux sur lui, asséna-t-il comme si Tom n'était pas à a côté de lui.
— Je me passerais de tes services Sherlock
— Comme tu veux.
— Alors comment... Comment vous vous êtes connus ? demanda Tom en serrant ma main visiblement gênée.
— Elle a vomi sur mes chaussures, lâcha calmement Sherlock alors que John s'étouffait avec son verre d'eau.
Écarquillant des yeux, Tom me jeta un regard ébahi alors que Sherlock sirota son verre d'eau. Un sourire satisfait s'était incrusté sur ses lèvres.
— Dis comme ça, ça a l'air horrible, mais la manière dont ça s'est passé beaucoup moins, dis-je penaude alors que Sherlock étouffa un rire.
Salaud. Il voulait jouer ? Très bien !
Gloussant faussement amusée, je me mordis la lèvre en observant Tom sous mes épais cils. Je minaudais en caressant doucement la main de Tom de mon pouce. Je me servais de lui, c'était très mal, mais je vous assure que sur le moment ça me paraissait une bonne idée.
— C'est vrai et c'était atrocement gênant. Mais sache Tom que jamais je ne te vomirais dessus. Tu es beaucoup trop mignon pour ça.
— Me voilà rassuré, lâcha-t-il d'un rire franc accompagné de John.
Je lorgnai discrètement Sherlock qui avait plissé des yeux en me scrutant tandis que Tom reprit d'une voix suave.
— Je te l'ai déjà dit Molly, mais je le répète, tu es absolument ravissante ce soir. déclara le plus sincèrement du monde Tom.
— Merci beaucoup Tom. Je suis touchée.
— Simple remarque de politesse, persiffla Sherlock en jetant un regard sceptique sur mon compagnon.
— Et bien politesse ou non j'apprécie la remarque.
— Oh donc même hypocrite cela te plait ?
— Arrête, grognai-je vers Sherlock. Oh Dieu merci, le serveur !
Un type avec un immense plateau se planta devant nous et prit nos commandes. Je commandai une salade alors que Tom prit un plat bien plus consistant. Sherlock et John prirent un burger. Cette soirée virait littéralement au cauchemar.
Sherlock monopolisait la conversation adressant quelquefois la parole à John qui gêné lui répondait brièvement. Il fallait que je l'arrête. Cette espèce de monstre qui brisait tous les espoirs que j'avais, à passer une bonne soirée avec Tom, semblait fière de lui.
Je balayai du regard le bar et en voyant les danseurs sur la piste de danse, je bondis sur mes pieds.
— Sherlock vient danser.
Il cligna des yeux.
— Mais je ne danse jamais…
— J'ai dit viens danser ! dis-je en affichant un sourire crispé.
Je m'emparais de sa main pour le tirer vers moi alors que Tom nous observa totalement désarçonner. S'il ne fuyait pas sur le champ, ce serait un miracle. En attendant, j'avais deux trois trucs a réglé avec le détective.
L'amenant dans un coin de la piste qui était bondé de monde, je me mis à doucement bouger pour donner l'illusion que nous nous amusions comme des petits fous.
— Tu vas finir par me dire ce que vous fabriquez ? Ce que TOI tu fabrique ?
— Je te l'ai dit, on est venue dîner.
— Tu te fou de moi ?
— Pas du tout. Comment on aurait pu savoir que tu étais ici ?
— Parce que je vous l'ai dit, lâchai-je agacer.
— Oh ! Possible.
Une de ses mains de calla au creux de mes reins tandis que l'autre s'empara délicatement de mains pour nous diriger dans la danse. Je ne m'y attendais pas, mais je remarquai que Sherlock était plutôt un bon danseur.
Il bougeait au rythme de la musique et je devais bien avouer que ce n'était pas désagréable. M'agrippant à son épaule, je constatai la dureté de ses trapèzes sous son costume. Je ne l'avais jamais touché de cette manière ni même eu aussi proche de moi. Être déstabilisé n'était pas forcément une bonne idée.
Les lumières et les sons semblaient se fondre en une masse informe. Des corps se mirent à me frôler m'enivraient de leur énergie, mais je gardais à l'esprit ce qui m'avait poussé à m'isoler avec Sherlock ainsi.
— Mais bon sang c'était obligatoire de pourrir mon rendez-vous ?! éclatai-je.
Sherlock haussa les épaules ce qui eut le don de m'énerver. Je repris avec férocité :
— Ce type n'est pas un tueur et il est gentil, drôle, intelligent…
— Pas si intelligent que ça, intervient Sherlock d'un ton rude. Il n'avait même pas compris que tu n'aimais pas le vin.
— La ferme !
Laissant les mots en suspens, je glissais une main sur mon visage pour recouvrir mes esprits. Soudain une idée aussi stupide que saugrenue eut le don de stopper mon mouvement, mais Sherlock fit en sorte que je continue de bouger.
Non c'était totalement impossible, pourtant tout concordait et c'est d'une voix blanche que je déclarais.
— Tu es jaloux.
— Comment ?
— Tu es jaloux, répétai-je avec davantage d'aplomb. Tu es jaloux de Tom !
— Ridicule ! Ton imagination te joue des tours.
Aller Molly grave ce moment dans ta mémoire !
— Oh mon dieu, tu es jaloux de Tom ! répétai-je comme pour mieux comprendre la situation tandis que Sherlock pinça ses lèvres, furieux.
— Bon sang ! Arrête de dire ça !
Je lâchais un rire sardonique alors qu'il gesticulait maladroitement au rythme de la musique, visiblement déstabilisé. Ses doigts serrèrent ma main, m'arrachant un petit gémissement pour m'obliger d'arrêter de rire.
— Alors, pourquoi venir, t'installer à notre table et monopolisé la conversation ? le questionnai-je en levant fièrement mon visage vers lui.
— Parce que ça aurait été stupide d'occuper une autre table alors que vous étiez là, tenta-t-il avec moins de conviction.
— Monsieur Holmes, vous ne savez pas mentir !
— Je ne mens absolument pas !
— Je ne te crois pas, assénai-je en sentant sa main au creux de mes reins se crispé.
Pour le provoquer, je m'approchais de lui, mon corps effleurant à diverse reprise le sien. Ce n'était absolument pas mon genre d'agir ainsi, mais j'avais l'impression de ne plus être moi-même.
J'oubliais tout.
Même Tom qui devait sans doute attendre impatiemment de savoir ce que j'étais en train de traficoter. La lumière faisait ressortir les creux profonds des pommettes de mon partenaire et les rendait encore plus proéminentes.
La lueur effrayante qui traversa les yeux de Sherlock à cet instant m'était totalement inconnue. J'aurais dû me stopper et partir retrouver Tom, mais cela ne faisait au contraire que me motiver dans ma démarche. Lui montrer qui pouvait être Molly Hooper.
— Molly qu'est-ce que tu fabrique ?
Il s'était penché et sa bouche effleura ma joue tandis qu'il me parlait directement à l'oreille pour se faire entendre malgré la musique. Je sentis ses lèvres contre ma peau, elles étaient fraîches, mais pas froides.
Je sentis quelque chose se déverser dans mes veines et faire palpiter mon cœur. C'était enivrant et l'odeur de Sherlock y était sans aucun doute pour quelque chose. Pour toute réponse, je me penchais vers sa gorge et je léchai une petite parcelle de sa peau le faisant tressaillir.
Un frisson le parcourut de la tête aux pieds. Il glissa une main autour de ma taille pour me ramener brutalement vers lui. Il me serrait si près de lui que son corps rentrait presque dans le mien. Mes jambes pouvaient céder à tout moment.
La main qui tenait la mienne, la quitta pour la glisser dans mes cheveux et me fit redresser la tête jusqu'à ce que nos yeux se rencontrent.
Ce qui avait commencé comme un jeu, comme une mise au point, était en train de tourner littéralement à un défi ouvert. Ainsi qu'une menace à peine dissimuler.
À cet instant, le moindre mouvement était décisif. Je lisais clairement dans son regard quelque chose que j'identifiais à… Du désir. La gorge nouée et le cœur palpitant, je ressentis encore cette chose dans mon estomac se produire. Mes lèvres entrouvertes me brulaient alors que la chaleur de sa main semblait sur le point de m'embraser.
Tout cela aurait dû m'effrayer, mais mon cerveau semblait totalement incapable de former la moindre pensée cohérente.
C'était un type exécrable, un vrai sociopathe qui venait de pourrir littéralement mon rendez-vous en tête à tête avec Tom, mais plus rien ne comptait que son corps fermement plaqué contre le mien.
La gorge sèche, je ne pus m'empêcher d'humecter mes lèvres et je ne bougeai pas. C'était l'encouragement dont il eut besoin, car sa bouche s'abattit sur la mienne et ne trouva aucune résistance, car j'avais gémi dès le premier contact. Quelque chose de plus fort que tout me submerge. J'étais un château de cartes qui s'effondrait au ralenti.
Cela faisait si longtemps que je n'avais pas embrassé quelqu'un sans faire semblant. Je sentis un courant électrique me transcender tandis que mon cœur explosa violemment dans ma poitrine.
Sa langue vint brièvement caresser mes lèvres avant de s'enrouler autour de la mienne et de s'enfoncer plus profondément dans ma bouche avec une sensualité incroyable.
Je lui rendis son baiser en le serrant plus fort encore contre moi. J'enfonçais mes ongles dans son dos alors qu'il lâcha un grognement terriblement excitant. Tout mon corps vibrait de désir.
Dans un élan de courage, je commençais à suçoter sa langue qui avait passé la barrière de mes dents. Il réitéra mon geste avec plus de force. Ce ne que lorsque je sentis la rigidité d'une partie précise de son anatomie que je me rendis compte de ce qui était en train de se passer.
Reculant avec force, je haletais en essayant de reprendre mon souffle. Mes jambes semblaient être comme du caoutchouc et je me rendis compte que nous n'étions plus beaucoup sur la piste de danse.
— Je… Je suis désolée, dis-je d'une voix tremblante alors que Sherlock était aussi essoufflé que moi.
Ses cheveux habituellement en pagaille l'étaient encore plus et ses lèvres étaient légèrement gonfler par notre baiser.
La lueur de désir que j'avais cru détecté, était toujours belle et bien là et rendait son regard si intense que je mon cœur rata un battement. Bon sang j'avais envie de fondre sur place.
C'était comme si je venais de courir avec John et Mary, mais sans les points de côté. C'était bien plus agréable.
— Molly je…
— Non c'est bon. L'incident est clôt. Je ne sais pas ce qui m'a pris. La fatigue…
— Tu sais très bien que ce n'est pas la fatigue, me coupa-t-il se rapprochant de moi. Tu en avais envie, asséna-t-il de son ténor encore plus profond qu'à l'accoutumée.
— C'était une bêtise. Le vin… J'ai dû trop en boire. Il faut retourner à table.
Alors que j'emboitai le pas pour aller retrouver John et Tom, Sherlock s'empara de mon bras pour me ramener contre lui. Je me heurtai à son torse ce qui eut le don de me couper le souffle.
— Ce n'est pas le vin non plus. Tu n'en as presque pas bu. Je suis aussi perdu que toi et j'aimerais bien comprendre ce que s'est passé.
— Je préférerais qu'on oublie.
— Pas moi.
Bon sang pourquoi maintenant ?!
— Sherlock… Je t'en prie…
— J'ai aimé ce qu'on vient de faire, avoua-t-il d'une voix sereine. Et toi aussi.
Il glissa son autre main sur mon visage en fronçant les sourcils. J'imaginais aisément les engrenages tournés à une vitesse folle dans sa tête.
— Je ne comprends pas ce qu'il y a de mal dans ce qu'on vient de faire. Mes connaissances dans ce domaine sont déficientes.
— Je suis en rendez-vous galant et tu m'embrasses, résumai-je la gorge nouée tout en m'insultant d'être aussi stupide.
— Et ?
Pourquoi fallait-il qu'il soit aussi ignorant sur les relations entre les êtres humains ? Et pourquoi me montrait-il un intérêt maintenant ? Seulement maintenant.
— Pas ici Sherlock.
— Pourquoi pas ?
— C'est gênant.
— Gênant ? Je ne vois pas ce qu'il y a de gênant à essayer de comprendre cette réaction physique.
— Parle pour toi, répliquai-je vivement en sentant mes joues se chauffer.
— Tu rougis. Tu vas bien ?
Énervée, je plaquais mes mains sur mes joues avant de hurler.
— Je vais très bien !
— Pas besoin de crier.
— Sherlock, on s'arrête là, OK ?
— T'échapper ne changera rien à la situation Molly. Nous nous sommes embrassés.
— Merci j'étais là, je te signale. Je ne sais pas ce qui m'a pris, mais ça ne se reproduira pas.
— Je pense au contraire que tu en meurs d'envie.
— Tu n'es qu'un espèce de…
— Tu es splendide ce soir Molly.
— La ferme, grognai-je en m'échappant de son étreinte alors que mes jambes peinaient à me porter.
J'étais revenue à la table et je vis John attablé seul.
— Tom est parti. Il a dit qu'il ne se sentait pas très bien.
Il n'était pas le seul.
— Il… il ne se sentait pas très bien c'est-à-dire ?
— Il avait mal au crâne. Il m'a dit qu'il te rappellerait pour un autre rendez-vous. Je crois qu'il n'a pas apprécié… notre présence.
Sans blague…
— Je suis désolé Molly. Je ne voulais pas venir, mais Sherlock à tout fais pour.
— Ça va John, c'est bon, répliquai-je rudement.
Je m'emparai de mon manteau pour l'enfiler maladroitement.
— Est-ce que tu veux commander quelque chose ?
— Non, tout ceci m'a coupé l'appétit et je préfère rentrer. Je crois que c'est suffisant pour ce soir.
— Tu veux que je te raccompagne ?
Je jetai un regard vers Sherlock qui ne pipa pas un mot, totalement immobile, m'observant attentivement.
— Je vais prendre un taxi, dis-je en reportant mon attention vers John. Je crois que ça vaut mieux.
— Très bien, je rentre avec toi. Sherlock ?
— Je rentre également. J'ai du travail qui m'attend.
Le chemin du retour se fit dans un silence quasi religieux. John s'était afféré à chercher un taxi et à indiquer au conducteur l'adresse de Backer Street. Une fois arrivé, je m'extirpai du véhicule sans dire un mot, saluant John rapidement avant de courir m'enfermer dans mon appartement.
Chaque génération a ses codes, ses mots, son jargon. Suivant notre âge, on a flashé, vibré, fantasmé, kiffé, ou je ne sais quoi encore, sur les hommes. Pourtant, quelles que soient les époques, certains mots n'ont jamais changé, certains termes ne subissent pas l'influence des modes. Adorer, espérer, souffrir, attendre et pleurer. C'était tout ce qui résumait ce que me faisait subir Sherlock avec son baiser. À cette idée, je fondis littéralement en larmes.
Voili, voilou ! Bon c'est à la fois réjouissant et pas… Réjouissant ! J'ai repris les cours et je vous préviens que la date de publication sera en fonction de mon temps. Je tente de conserver une publication par semaine, mais comme vous le voyez je vous fais des chapitres assez longs, donc y a un peu de matière. En attendant, je vous conseil trèèèès fortement d'aller lire cette nouvelle fiction Sherlolly qui est extrêmement prometteuse : Le Détective au Masque de Ferde BlueAlice6
N'hésiter pas à me laisser votre avis pour ses… 40 pages words. Dis donc je suis vachement bavarde !
