Chapitre 11
John s'était à nouveau laissé tenté. Sherlock l'avait entraîné jusque dans un quartier mal famé, puant le rat mort et l'urine humaine. Il avait déterminé que Azog devait vendre la ''poudre noire'' dans une zone proche. Et du coup ils attendaient caché derrière des poubelles depuis près d'une heure.
John soupira. Il avait été engagé pour faire le ménage pas pour pourchasser un dealer. Il avait voulu refuser quand Sherlock lui avait demandé de l'accompagner, mais l'appel du danger et quelque chose d'étrange au fond des yeux du brun l'en avait empêché.
Et il était là à attendre l'arrivé d'Azog. Sherlock scrutait la rue mal éclairée. Un trio d'adolescents mal en point apparut et s'arrêta en-dessous du seul lampadaire valide. Sherlock plissa les yeux pour mieux les détailler. Le plus visible ne devait pas avoir plus de 15 ans. De grosses cernes entourait ses yeux vides d'énergie. Ses mains abîmées étaient agitées de tremblements et il semblait nerveux. Les deux autres, plus vieux, tapaient du pied contre le bitume et jetaient des coups d'œil stressé un peu partout.
Moins de 10 minutes plus tard, une voiture se gara devant eux et Azog baissa la vitre. Immédiatement, Sherlock leva son téléphone et prit des photos. John se contenta d'observer l'échange de billet et de petits sachets. Il ne comprenait pas vraiment ce que Azog avait de plus que les autres dealers pour intéressé comme ça Sherlock.
Finalement tout alla très vite et John s'exaspéra de constater qu'ils avaient attendu si longtemps dans un endroit pareil pour même pas 5 minutes de photo. La voiture de Azog repartit bien vite et les trois camés sortirent de la rue nerveusement. Sherlock attrapa John par la manche et le traîna à leur poursuite.
- C'est maintenant que j'ai besoin de toi, dit-il tout bas.
- Ha ? s'étonna le blond.
- On va suivre le plus petit, déclara Sherlock en désignant le plus jeune qui se séparait des deux autres et prenait une rue transversale déserte. Et faut que tu le coinces pour lui prendre la drogue.
John ouvrit de grands yeux.
- Je te demande pardon ?
- Il faut absolument que j'analyse la poudre noire, expliqua Sherlock. Ça m'apportera des preuves tangibles pour faire arrêter Azog la prochaine fois.
- Tu te fous de moi ?
Sherlock se tourna à John, très sérieux. Ce dernier ne réussit pas à tenir son regard et préféra baisser les yeux en bougonnant un ''ça marche'' discret. Il dépassa le brun et marcha rapidement pour rattraper le jeune camé qui filait vite devant. Il le vit tourner et disparaître de son champ de vision. Aussitôt il se mit à courir. Il ne s'attendait cependant pas à ce que l'adolescent l'attende au détour de la rue pour lui asséner un gros coup de poing. John riposta sans attendre et le mit à terre. Derrière lui, Sherlock, qui avait entendu les bruits de lutte, accourut et aida John à plaquer le camé contre le sol. Le jeune se débattait avec l'énergie du désespoir. Ses yeux semblaient fous. Il agrippa la veste de Sherlock et tira si fort dessus que le brun perdit l'équilibre. John parvint néanmoins à l'assommer en frappant rudement sa tête.
Sherlock fouilla dans sa veste et s'empara du précieux sachet de poudre noir. Il trouva également le téléphone du camé et explora son historique. Le message qui donnait l'heure et l'endroit du rendez vous avec Azog provenait d'un numéro masqué. Sherlock décida de garder le téléphone avec lui et se releva.
- Tu fais quoi ? demanda John.
- On rentre à Baker Street, répondit simplement le brun.
John se leva à son tour.
- Quoi ? Non. On ne peut pas le laisser ici comme ça.
- A son réveil il saura très bien se retrouver tout seul.
- Non mais il est clairement accroc. On ne peut pas l'abandonner. Il va faire une connerie !
- Et tu voudrais en faire quoi ? interrogea Sherlock en haussant un sourcil.
John leva les bras au ciel.
- J'en sais rien ! L'aider ! Il doit même pas être au lycée !
Sherlock loucha sur le garçon puis sur John. Il n'en avait rien à faire de l'état du gamin. Si il était comme ça c'était son problème. Mais le regard réprobateur de John le remua et il sentit sa volonté fléchir. Il fouilla à nouveau dans le manteau du gosse et en tira une carte de lycée qu'il tendit à John.
- Bill Wiggins, lut le blond. Le pauvre qu'est ce qui a pu le pousser à toucher à cette merde ?
- Je connais des gens qui pourront l'aider, assura Sherlock en sortant son portable. Appelle ce numéro.
John recopia les chiffres sur son propre téléphone et appuya sur l'icône d'appel en se penchant sur l'adolescent évanouit.
- Centre de désintoxication San Martain, drogues et opiacés, j'écoute ? répondit une voix de vieille femme.
- Bonjour j'appelle pour… l'accueil d'un adolescent ?
Rapidement il expliqua sa demande à la réceptrice puis indiqua la rue où l'équipe d'intervention pourrait récupérer l'adolescent.
Après avoir raccroché il fixa le garçon. Il était si jeune. C'était à peu près à son âge que Bilbo et lui avait été séparé par le lycée. John se tourna vers Sherlock qui avait attendu patiemment en surveillant les alentours.
- Maintenant on doit y aller, siffla le brun.
Cette fois, John ne s'y opposa pas et suivit Sherlock, malgré tout mal à l'aise d'abandonner le toxico.
- Comment tu connaissais le numéro de ce centre ? demanda-t-il quand ils atteignirent une rue plus animée.
- J'y ai séjourné, il y a longtemps, répondit Sherlock.
John ouvrit la bouche pour lui poser une nouvelle question mais en notant que le visage du brun s'était fermé, il se tut et se contenta de cette réponse.
Ils rejoignirent Baker Street sans un mot. Dès qu'ils furent dans l'appartement Sherlock se lança dans une étude poussée de la drogue qu'il avait récupéré, à grand renfort de livres et d'ustensiles de chimie.
John cacha sa déception d'être si vite oublié et se commença à ranger l'appartement. Ça le désespérait de voir qu'à chaque fois qu'il revenait l'endroit était à nouveau en bazar. Il entendit Sherlock passer quelques coups de fil et se demanda à qui l'étudiant pouvait bien parler.
C'est alors qu'il se rendit compte qu'il réagissait comme un mec jaloux du chat de sa copine. Ça le choqua tellement qu'il lâcha la corbeille qu'il avait dans les mains, qui tomba lourdement au sol. Il poussa un juron et s'agenouilla pour réparer sa bêtise.
Il ne put empêcher son cœur d'accélérer en entendant les pas de Sherlock qui se rapprochaient. Il n'avait pas mit longtemps à les distinguer du commun des mortels. Il marchait à pas feutré, rapidement, toujours déterminé.
- Tout va bien ? demanda Sherlock en entrant dans la pièce.
John hocha la tête sans oser le regarder. À sa grande surprise, Sherlock s'agenouilla à son tour et l'aida à ranger le contenus de la corbeille éparpillée sur le tapis.
- Tu fais quoi là ?
- Je t'aide.
John le voyait bien, mais de toute évidence il n'arrivait pas à y croire. Il sentit sa poitrine se serrer violemment et se pencha en avant pour respirer profondément. La main de Sherlock se posa sur son épaule ce qui ne fit qu'augmenter son stress.
Il savait très bien ce qui lui arrivait, mais il refusait de l'admettre.
- Hé ? John ?
- Ç-ça va… je me sens juste pas très bien…
Sherlock observa le blond un instant. Il ne savait pas trop quoi faire. En fait, il savait ce qu'il avait envie de faire, mais il ne savait pas comment John réagirait cette fois. Prenant son courage à deux mains, il le prit par les épaules, le bougea de sorte à poser sa tête contre son torse et l'entoura de ses bras. Il sentit John se tendre sous cette étreinte, mais à son grand soulagement il ne le repoussa pas.
Ils ne bougèrent plus.
Aucun des deux ne voulaient rompre ce moment spécial. John ne savait pas comment l'interpréter et Sherlock ne savait pas comment il pouvait traduire la non-réaction de John.
Ce fut l'arrivée de Mme Hudson qui les sépara. Sherlock se précipita dans la cuisine pour s'assurer qu'elle ne touche pas à son expérience, laissant John stupéfait par ce qu'ils avaient partagé. Le blond termina rapidement son travail, récupéra ses affaires et quitta Baker Street sans saluer le brun.
Quand il remarqua son départ, Sherlock fut déçu. Et il fut tellement surpris par sa déception qu'il resta longtemps allongé sur son canapé, les mains croisés devant son visage.
X
Bilbo sortait de la soirée imposée par Greg au Mithrandir, où il avait en fait flirter avec Thorin la quasi totalité du temps. Il était définitivement et irrémédiablement tombé amoureux de ce beau brun. En même temps on ne peut pas dévorer quelqu'un des yeux et lui sortir autant de sous-entendu salaces tout en se montrant attentionné et galant au possible sans faire chavirer le coeur de Bilbo !
Il rentra après son frère ce jour-là et fut surpris de le trouver vautré dans le canapé les yeux rivés sur son écran d'ordinateur.
- Comment ça se fait que tu sois déjà à la maison ? s'étonna-t-il en se laissant tomber sur un accoudoir.
John délaissa son ordi et se retourna pour mieux regarder son frère. Il finit par hausser les épaules. Bilbo pâlit.
Là. Là il y avait un problème.
- Hé. Tu peux tout me dire tu sais ? C'est encore Sherlock qui a fait un truc bizarre ?
John secoua négativement la tête.
- J'ai besoin d'un câlin, dit-il tout bas.
Bilbo fronça les sourcils. Pour que son jumeau ai besoin de réconfort au point d'en réclamer comme dans leur enfance, il devait vraiment avoir un problème. Il ouvrit les bras et John vint se blottir contre lui. Il savait que Bilbo ne le forcerait pas à parler. Son frère était quelqu'un de discret à ce niveau là. Il attendrait patiemment que John lui ouvre son cœur. Ce qui ne tarderait sûrement pas.
Mais soudain, John sentit une odeur inconnue sur le tee-shirt de son jumeau. Il recula vivement et l'examina. Bilbo avait les joues légèrement rouges, l'air détendu et heureux.
- Toi, commença John, toi, tu as des aveux à me faire.
Bilbo prit une expression innocente et fuit le regard inquisiteur de son frère.
- Il se pourrait que j'ai fait exactement ce que tu m'as dit de ne pas faire, souffla-t-il. À ma défense c'est Greg qui m'a forcé à sortir avec lui au Mithrandir !
John pencha la tête en arrière en affichant le plus de mécontentement possible.
- Je t'écoute, dit-il.
Bilbo se tordait les doigts, pas sûr de comment annoncer sa relation -si il s'agissait vraiment d'une relation- avec Thorin.
- Tu te souviens du gars dont je t'ai parlé ? Celui qui m'avait dit que je lui plaisais ?
- Oui.
La voix de John était rude.
- Et bien… on se voit toujours…
- Et ?
Bilbo n'osa pas regarder son frère devinant aisément la colère sur son visage.
- Ben… on… est bien ensemble. Mais c'est pas comme si on était ensemble pour l'instant ! C'est plutôt qu'on joue à qui séduira l'autre en premier tu vois. Et puis plus on apprend à se connaître plus je me rend compte que c'est un chic type, un peu sadique et maso parfois mais franchement sympa. Et il ne m'a jamais forcé à faire plus que ce que je voulais et tout. Il est attentionné et tendre aussi. Des fois il se la joue bad-boy mais c'est comme un gros nounours, rude à l'extérieur et tout chou à l'intérieur. Je lui plais vraiment et il me plaît aussi et donc…
Bilbo se coupa tout seul. Il venait de croiser le regard de son jumeau. Et ce dernier l'observait avec un sourire triste, sans sévérité, en-plein de tendresse.
- Tu n'es pas fâché ? murmura Bilbo.
- Non. Je te connais, je vois bien que tu l'aimes. Et même si je suis ton frère, je n'ai pas le droit de m'opposer à tes choix. Je sens qu'il va t'arriver du mal un de ces jours. Mais j'ai pas le droit de t'interdire de vivre juste à cause d'un pressentiment à la con.
Bilbo prit les mains de son frère. Il ne dit rien, mais ses yeux déversaient tant de reconnaissance que John l'attira dans un câlin fraternel où les deux frères fondirent en larme.
- Et maintenant ? risqua Bilbo. On a l'air cons à pleurer au milieu du salon dans les bras l'un de l'autre.
- Grave, ricana John. On est cons. Alors maintenant cookies !
Il se leva et courut dans sa chambre pour en ressortir avec un paquet de biscuit dans les mains.
- Je croyais que j'avais pas le droit, grogna Bilbo.
- T'es toujours puni, garantit John. Mais pas moi. Et ce soir c'est l'exception qui confirmera la punition !
Bilbo éclata de rire et se fit un plaisir d'inaugurer le paquet.
Réponses à vos reviews !
Noooo Aime : J'adore faire de Gandalf quelqu'un de sadique :D Non mais entre nous, Sherlock il fait plus squelettique que svelte (j'ai l'appui de Nemerys sur ce point en plus) xD
Julindy : Greg est le meilleur ami de John, c'est pas pour rien hein ! Fili et Kili sont des petits malins :3 Héhé, et c'est pour bientôt la rencontre John/Thorin ;) très bientôt !
Nemerys : Non mais Frérin il déchire x) Et non, le "repas'' de Thorin ne s'est pas terminé exactement comme prévu :p Haha ! Même toi tu admets que Sherly est un squelette ! John devrait pas devenir médecin mais diététicien en fait. Entre les gâteaux qu'il interdit Bilbo et toi qui l'imagine faire manger Sherlock xD
Shanatora : Merci :D
Nekonya-Myu : Haaa je vois (en même temps, Sherly ça lui va bien). Merci :3 Merci Merci Merci, ça me fait très plaisir ! J'espère que ça continuera à bien s'enchaîner alors !
