Chapitre 12 : Stipresnis už mirtį
Lorsqu'il fut changé et rafraîchit, le psychiatre descendit lestement l'escalier et prit place aux côtés de Will l'attendant patiemment dans le canapé, son verre à la main. Seul son pied tressautant donnait une indication de sa nervosité.
Devant eux, sur la table basse et dans l'un des plus beaux plats d'Hannibal, se dressaient de minuscules feuilletés de légumes grillés surmontés d'une chips de bacon, ainsi que des verrines de guacamole, dans lesquelles plongeait une crevette déjà décortiquée.
- Tu t'es donné du mal Will, je suis très curieux d'en connaître la raison. En tout cas, c'est délicieux. Félicitations.
- Merci. Je voulais simplement trouver une façon originale de te rendre un peu de ce bonheur que tu m'offres, et pour une fois, je voulais te rendre fier.
- Je suis et serai fier de toi, quoi que tu fasses. C'est une très belle surprise, lui dit le blond.
Sincèrement, cette démarche le toucha, mais se douta également que ce n'était pas totalement la vérité. Will semblait encore trop nerveux. Cependant, et fidèle à lui-même, il attendit de voir ce que la suite réservait. Ils passèrent à table assez rapidement, car le jeune homme n'avait pas prévu beaucoup d'apéritifs. L'entrée remporta un franc succès : elle se composait d'un Tartare de deux poissons assaisonnés d'un peu de citron, ainsi que de quelques graines de grenade, le tout présenté dans un ramequin en verre, accompagné d'un pain de seigle acheté dans une boulangerie française à Baltimore. Tout en dégustant, Hannibal ne lâcha pas son compagnon du regard, s'amusant un peu à ses dépens. Vraiment trop sophistiqué pour n'être que l'œuvre de son homme. Margot devait y avoir ajouté sa patte.
- Tu n'es pas gentil de me fixer comme cela, finit par dire Will qui songeait exactement à cette entrée qui ne portait pas vraiment son empreinte à lui.
Angoissé qu'Hannibal découvre le pot aux roses avant qu'il n'ait pu y parvenir, il décida d'avancer sa demande d'un plat.
- Ah non ? s'étonna faussement le psychiatre franchement amusé.
- Pas du tout même.
- C'est que je brûle de curiosité, tout ce repas est une surprise merveilleuse et j'ai hâte d'en savourer la moindre molécule. Qu'as-tu prévu pour la suite ?
- La curiosité tue le chat, se contenta de lui rétorquer le jeune homme.
- Je suis thérapeute, bel ange, pas philosophe.
- Je croyais que la patience était l'une de tes vertus ?
- Touché... Très bien, j'attendrai en silence, puisque tu me mets au supplice.
Will sourit pour lui-même en pensant très fort « Quel tragédien ! » Cette petite passe eut au moins le mérite de lui faire oublier son appréhension, et finalement, il se sentit mieux. Alors qu'il débarrassait les reliefs de l'entrée, le blond lui proposa son aide, recevant en retour une menace tout ce qu'il y avait de plus clair si jamais il s'avisait de bouger de sa chaise. De retour dans la cuisine, Will ne pouvait plus reculer. Il dressa les tranches de cœur qu'il avait conservé au chaud dans le four, après les avoir arrosées de sauce, puis plaça dans chaque assiette la petite terrine où se trouvait un mélange de légumes, et enfin dans celle d'Hannibal, il ajouta le minuscule coffret contenant l'anneau. Sur le couvercle et les parois extérieures, étaient gravées des volutes ainsi que des motifs abstraits. Il recouvrit les assiettes de cloches puis retourna à la salle à manger, priant pour ne pas essuyer de refus. D'abord, il déposa l'assiette du blond, puis la sienne et vint se poster à droite d'Hannibal.
- Cœur en marinade au porto-miel, cassolette de légumes et surprise du chef, annonça-t-il, la main sur la cloche entendant sa propre voix trembler sur la fin.
- Cela m'a l'air appétissant ! S'enthousiasma le blond. Mais je ne me souvenais pas que nous ayons eu cet organe en réserve.
- Nous n'en avions pas. Je suis allé le chercher tout seul. En fait, ce plat est très particulier... Commença Will en soulevant lentement l'ustensile qui couvrait l'assiette, puis en mettant un genou à terre.
Hannibal avisa le petit écrin posé à côté de sa nourriture et fit un aller-retour entre lui et Will. Pour la première fois depuis longtemps, son sens de la déduction le prit au dépourvu, il ne comprit pas immédiatement. La lumière se fit, tandis que le jeune homme poursuivait sa demande.
- Je ne sais pas ce que tu vas penser de cette démarche, et peu importe que nous concrétisions ce que je te propose de façon traditionnelle, car finalement, nous n'avons pas besoin des lois des hommes, ni de l'autorisation de Dieu pour vivre notre amour. Mais pourtant, l'idée de partager une preuve d'appartenance aussi symbolique que celle-là a soudain eu beaucoup d'attrait, dit-il en rassemblant les dernières doses de courage qu'il possédait. Je serais donc honoré, si tu consentais à m'épouser.
Tout en prononçant ces mots, il s'empara de l'écrin et l'ouvrit. Hannibal en sortit l'anneau, et l'observa longuement, aussi impassible que silencieux. Même la curiosité ne brillait pas dans ses yeux. Se méprenant sur cette absence de réaction, Will se leva, triste, mais peu surpris. Alors qu'il ouvrit la bouche, tout en tentant de trouver une formule pour alléger l'ambiance, son amant se dressa à son tour. Il venait de lire les mots gravés en lituanien « stipresnis už mirtį ». Cela signifiait « plus fort que la mort ». Hannibal empoigna alors vigoureusement le jeune homme, puis serra leurs corps, les faisant s'imbriquer le plus étroitement possible. Sa voix d'ordinaire sûre, et maîtrisée, vibra d'une émotion intense.
- L'honneur sera mien. Quel Dieu miséricordieux m'a jugé pas si indigne que cela, pour te mettre un beau soir sur ma route ?
- Ça veut dire oui ? Murmura le brun, la gorge nouée par les larmes contenues.
- Oui. Bien sûr que c'est oui, le rassura-t-il. Comment refuser un si beau présent.
Son angoisse s'envolant telle une nuée de moineaux, Will se trouva soudain tout léger et euphorique, tandis qu'ils partageaient la plus douce des étreintes.
- Je t'aime Will. Tu es le cadeau le plus précieux que la vie m'ait fait.
- Je t'aime aussi Hannibal.
- Et si nous achevions ce délicieux repas ? Proposa doucement ce dernier au bout d'un moment.
- Attend, l'arrêta l'écrivain en cherchant des yeux le bijou, toujours tenu par Hannibal.
Il le lui prit, se saisit de sa main gauche et glissa le long de ses phalanges le symbole de leur future union.
- Il est magnifique bel ange. Et j'apprécie particulièrement l'inscription à l'intérieur, « stipresnis už mirtį », récita-t-il. Oui, nous le serons.
Leurs assiettes ayant un peu refroidi, Hannibal se chargera de les réchauffer, tandis qu'il soutirait au brun les dessous du plan « proposition de mariage ». Will narra comment l'idée lui était venue, le choix de sa victime dans la collection de cartes de visite de son futur époux, ainsi que la complicité de Margot. Il lui avoua même sa légère frayeur à Seattle, juste avant qu'ils ne tuent Bedelia, lorsqu'il croyait que le blond voulait lui faire sa demande. L'anecdote amusa le cannibale, confessant à son tour y avoir songé une micro seconde.
- Par curiosité, tu l'aurais fait ?
- Eh bien oui, j'aurai fini par mettre le genou à terre, mais ce jour-là, cela me semblait trop précipité d'enchaîner le voyage et ce genre de surprise. Manifestement, j'ai eu tort. Mmh, c'est réussi. Mes compliments au chef, le félicita Hannibal en levant son verre.
Occupé à ranger les assiettes dans le lave-vaisselle avant de passer au dessert, Will ne fit pas attention à son amant qui se glissait derrière lui. Un bras fort ceignit ses hanches pendant que l'autre empêchait un plat de se fracasser par terre sous la surprise.
- J'ai envie de toi, chuchota le blond au creux de son oreille.
- Je croyais que tu voulais finir de dîner.
- Oh, mais, je n'ai pas dit le contraire. Où se trouve le dessert ?
- Dans le frigo, première étagère.
Découvrant les pots de mousse au chocolat, Hannibal referma la porte et retourna près de son amant.
- Je vais te savourer avant, l'avertit-il alors que deux secondes plus tard, il le soulevait sur son épaule.
- Ah ! Repose-moi s'il te plaît.
- Non.
Ils n'allèrent pas plus loin que le salon. Le blond renversa Will sur le canapé, puis fondit sur lui sauvagement. Ce fut la première fois que le psychiatre ne prêta pas attention à ses vêtements en les retirant. Son besoin viscéral de s'enfoncer en son amant, dans cette zone si douce et chaude, lui faisait oublier toute réserve. Surpris de tant d'ardeur, mais ne s'en plaignant pas pour autant, Will se laissa faire, presque timidement. L'homme s'en était allé, la bête investissant la place vacante, trahissant sa présence au travers des prunelles cognac, dont la teinte semblait avoir foncé. Il observa avec amusement, Hannibal tirer un flacon très reconnaissable du tiroir le plus proche, toutefois, avant qu'il n'ait pu émettre la moindre taquinerie, deux doigts agiles le pénétrèrent. Leurs mouvements délicieux, ainsi que les baisers procurés par son amant achevèrent vite de le rendre prêt.
D'une tendre lenteur, le membre raide et épais s'insinua en lui, touchant du premier coup sa prostate. Quelques allées et venues plus tard, Hannibal bandait ses muscles, et le soulevait tout en demeurant en lui. Il le porta jusqu'à une solide console, sur laquelle il l'allongea, puis il rabattit les mollets du brun sur ses épaules afin de le pilonner plus profondément. Leurs yeux se trouvant au même niveau, l'intimité de la position n'en était que plus intense. Impossible de mentir, impossible de simuler. Chacun put voir en l'autre son propre reflet. Le cannibale se pencha plus encore, plongeant autant que possible son visage contre la gorge de Will. Sa langue lécha longtemps l'artère saillante, déclenchant chez le brun des séries continues de frissons. Cela le rendit fou de désir. Pour sa part, Hannibal éprouvait les plus grandes difficultés à conserver le contrôle sur lui-même. La félicité et la toute-puissance qui s'emparaient peu à peu de lui égalaient presque celles qu'il éprouvait lorsqu'il tuait.
- Hannibal, supplia-t-il à bout de souffle en lui présentant exagérément sa gorge. Vas-y.
- Arrête-moi quand c'est trop pour toi. C'est important. Promets-le-moi.
- Vas-y !
Les quasi-miaulements de Will tendaient à rendre le blond sourd à toute autre chose, tandis que la peau de nacre exhalait un parfum aphrodisiaque. Toutefois, une dernière étincelle de bon sens poussa le cannibale à émettre un ultime avertissement.
- Promets-le, grogna-t-il, en lui attrapant le menton afin d'établir un contact visuel. J'ai peur de te faire mal.
Même sa voix grondante trahissait sa difficulté à retenir sa pulsion. Will, perché sur son plaisir effectua un dernier effort.
- D'accord, d'accord, je promets, mais maintenant mords-moi, je t'en prie.
Priant pour ne pas lui arracher la gorge, Hannibal referma ses dents sur la peau humide, sentant sous sa langue la grosse artère palpiter. Sensation divine du pouvoir de vie et de mort. Un seul coup de dent à cet endroit et c'était fini. Plutôt que de mordre franchement sur une zone aussi fragile, il se força à transformer cela en un suçon un peu hors norme. Et comme si le réseau de nerfs du cou du brun se trouvait relié aux nerfs prostatiques, Will se mit à hurler de plaisir. Le sexe s'enfonçant toujours en lui, combiné à cette bouche ventousée à son cou lui donnait l'impression d'être une chandelle, consumée par les deux bouts. Lorsque cela devint douloureux, ils étaient l'un comme l'autre, trop enfoncés dans le plaisir. L'orgasme les faucha sans prévenir, les laissant complètement vidés. Plus assez vaillants pour se rendre jusqu'au canapé, ils s'allongèrent sur les dalles froides, et y demeurèrent immobiles, cherchant à retrouver leur souffle.
Tournant son visage vers Will, le psychiatre eut une vue imprenable sur l'impressionnante marque qu'il avait laissée à Will. Une large contusion rouge et violette, agrémentée d'une parfaite empreinte dentaire, ornait à présent le cou du jeune homme. Au moins, il ne lui avait pas arraché la gorge, se dit-il peu fier d'avoir été si proche de perdre le contrôle. Une main douce vola jusqu'à sa joue, et s'y posa pour une caresse.
- Voilà une bien sinistre figure après un tel plaisir. Que t'arrive-t-il ? L'interrogea le brun, la voix rauque d'avoir trop crié.
- Rien, bel ange.
Serrant la main contre sa joue, il la porta ensuite à ses lèvres afin de l'embrasser. Will se releva sur un coude et lui fit face.
- Hannibal, tu viens d'accepter de m'épouser. Si quelque chose te chagrine ou te tracasse, tu peux m'en parler. S'il te plaît, ne te coupe pas de moi.
- Ce n'est rien, je t'assure. J'ai juste... Je me suis laissé emporter. Jamais je ne perds la tête comme ça. C'est nouveau et je n'aime pas cela.
- Comment ça ?
J- e... Je ne sais pas comment l'expliquer. Quoi que je fasse depuis des années, j'ai le pouvoir sur tout ce dans quoi je m'implique, que cela soit dans ma vie professionnelle, mes meurtres ou encore mes liens sociaux. C'est comme un poing que je tiendrais en permanence fermement serré. Quoiqu'il arrive.
Conscient de l'importance de ce que lui révélait son compagnon, Will demeura silencieux, écoutant chaque parole afin d'en saisir l'essence.
- Et ce soir, poursuivit le cannibale, j'ai été à deux doigts de relâcher cette poigne, sans même m'en rendre compte.
- L'as-tu déjà fait ? Je veux dire, est-ce qu'il t'est arrivé par le passé de desserrer ce... De perdre le contrôle ? Demanda prudemment Will.
- Oui.
Pour Hannibal, cet aveu ne pouvait que le conduire à tout avouer à son amant, même si c'était terrifiant. Une peur sournoise d'être rejeté étreignit douloureusement son cœur. Après tout ce qu'ils avaient enduré, il doutait que Will puisse en accepter plus. Comme si les révélations qu'il s'apprêtait à faire étaient la prophétique goutte d'eau faisant déborder le vase. Prenant une profonde inspiration, il vida son sac, racontant ce pan de sa vie dont il souhaitait ardemment se défaire : sa famille assassinée par une obscure milice néo-nazie, la fuite vaine dans les bois avec sa petite sœur, leur capture, les abus, mais surtout, l'horrible naissance du cannibale. Plongé dans ses souvenirs atroces, Hannibal n'osa pas affronter le regard de Will.
La partie de son cerveau dont il usait d'ordinaire pour faire plusieurs choses en même temps songeait à l'ironie de cette soirée. Ils avaient vécu un moment incroyable d'intensité pendant le dîner, un épisode sexuel des plus renversant, et lui plombait l'ambiance en ponctuant ce merveilleux « gâteau » de la cerise avariée qu'était sa macabre histoire.
Ayant achevé son récit, il se tut et attendit. Le brun pour sa part se sentait asphyxié. Une énorme boule lui obstruait la gorge, alors que des larmes brûlaient peu à peu ses yeux sans vouloir couler. La peine lui ravageait le cœur. Il aurait aimé pouvoir protéger le jeune Hannibal Lecter de toutes ces horreurs. Mais alors, existerait-il, l'homme dont il souhaitait aujourd'hui partager la vie, si effectivement son enfance n'avait été aussi pénible ?
Incapable de parler dans l'immédiat, il se rapprocha, et enlaça son amant, le berçant quelques instants.
- Hannibal Lecter, je t'aime de tout mon être. Cette épreuve a fait de toi la personne que tu es à ce jour, et c'est de cet individu hors du commun dont je suis tombé amoureux, dit-il finalement au creux de l'oreille du cannibale. Je te remercie d'avoir partagé avec moi ces douloureux souvenirs, et ferai tout ce qui est en mon pouvoir, pour me montrer digne de ta confiance.
La caresse des ailes d'un ange n'aurait apporté à cet instant plus de douceur et d'apaisement. Soulagé au-delà de l'exprimable, la sensation d'être en partie affranchi gagna le psychiatre, qui se laissa bercer dans le giron de Will, durant quelques minutes encore, avant qu'ils n'aillent se coucher.
Les jours suivants cette révélation se déroulèrent harmonieusement. Le quotidien leur apportait un sentiment rare d'accomplissement, qui les retint de tuer qui que ce soit. Un samedi matin, tandis qu'il préparait le petit-déjeuner, Hannibal songea qu'il aimerait montrer un peu le monde à son futur époux. Il ne se sentait pas mal à Baltimore, mais l'Europe lui manquait. Peut-être pouvait-il s'en ouvrir à Will. Tout en montant un plateau garni de mets magnifiquement présentés dans leur chambre, l'idée se développa en lui, ne pouvant l'empêcher de faire le tri dans les endroits qu'il préférait ou comment il imaginait leur prochaine maison.
Le jeune homme dormait encore, allongé sur le dos, complètement abandonné au sommeil. Le drap tire-bouchonné gisait en boule au pied du lit, offrant aux yeux d'Hannibal une vue intégrale et dégagée du tableau. Tachant de conserver la tête froide, il déposa son plateau sur une commode et entrouvrit les rideaux. Gêné par la lumière, le brun se retourna sur le ventre et enfouit sa tête sous l'oreiller. Et voilà que maintenant cet impudent lui offrait son magnifique fessier ! Comment Hannibal pouvait-il s'abstenir d'aller le toucher dans ses conditions ?
Impossible.
Remettant sa faim terrestre à plus tard, il décida d'apaiser en premier son autre fringale. N'ayant même pas l'encombrement des couvertures à gérer, il put se concentrer sur son dessein, à savoir couvrir l'intégralité du dormeur, de baisers. Après l'avoir honoré de ses lèvres, il ôta le pull qu'il avait passé pour descendre, et se retrouva avec seulement un pantalon. Se couchant dans son dos, il l'enlaça tendrement. Will, tout à fait réveillé, décida qu'Hannibal ne pouvait décemment commencer la journée sans gâterie. Il s'appliqua donc à le sucer longuement, mettant en œuvre tout son savoir-faire. Il avala l'intégralité de l'éjaculation, mais ne s'arrêta pas là, et poursuivit son activité jusqu'à ce que sa mâchoire douloureuse parvienne à tirer au cannibale un deuxième orgasme.
- Et moi qui comptais m'occuper de toi, plaisanta Hannibal alors qu'ils partageaient la nourriture, le plateau sur les genoux.
- J'avais envie de te faire plaisir.
- Merci. As-tu quelque chose de prévu aujourd'hui ?
- Oui, je remets mon dernier manuscrit à Thomas.
- Ton dernier ? s'étonna le psychiatre.
- Oui, j'en ai assez, il est pénible, je me suis encore disputé avec lui.
- Oh... Tu m'en vois navré. Tu ne m'avais pas dit que cela se passait si mal.
- Ça n'est pas tellement que cela se passe mal, c'est plutôt... Il est usant à n'en faire qu'à sa tête, à ne pas tenir compte de ce que je veux. Je me suis expliqué avec lui à propos de cela plusieurs fois, et je l'avais averti. Il a réalisé son erreur et m'a proposé de s'améliorer, mais j'ai décidé que je ne reconduirais pas notre accord. Et toi ? Tu as quelque chose de prévu ?
- Pas vraiment, lui répondit Hannibal en finissant son café. Je comptais te proposer une petite promenade. La météo a annoncé des éclaircies pour aujourd'hui.
Soudain, il réalisa que c'était peut-être le bon moment pour parler de son idée à son compagnon.
- En fait, il existe un projet dont je souhaiterais te parler Will.
- Je t'écoute.
- Je suis terriblement bien ici, avec toi. Cependant, le vieux continent me manque. J'aimerais beaucoup te le faire découvrir, et je me disais que, puisque tu peux travailler de n'importe où, nous pourrions envisager de déménager.
Le brun ne s'attendait certes pas à une chose pareille. Cela titilla sa curiosité.
- Et où voudrais-tu que nous nous établissions ?
- L'Europe, ou les pays scandinaves seraient une option intéressante. Mais je souhaite avant tout que tu t'y sentes bien, et si ce projet te plaît, je serai heureux que tu m'aides à choisir notre destination.
Will réalisa que cela lui importait peu. N'ayant pour ainsi dire, jamais voyagé, il n'avait aucun préconçu. Bien sûr, à l'instar de tout le monde, il entendait aux infos, ou dans les récits d'autres personnes des anecdotes ou des avertissements sur tel ou tel pays, mais de façon pragmatique, il ne pouvait en tenir compte, décidé à se forger sa propre opinion.
- En fait, l'endroit m'est égal. Je te fais confiance pour m'emmener dans un lieu intéressant.
Tandis qu'ils achevaient de se sustenter, le téléphone sonna. Will qui se trouvait le plus près de la porte, se leva encore en tenue d'Adam et se chargea de réceptionner l'appel dans le couloir. La vision de ses fesses rondes déambulant sous son nez réveilla aussitôt l'appétit d'Hannibal. Bon sang, un peu de tenue, tu n'es pas un satyre, pourtant ! Se morigéna le blond qui trouvait ses montées d'hormones un peu trop adolescentes.
- Ne quittez pas, je vous prie, entendit-il dire une seconde avant que le brun ne repasse la porte. C'est pour toi, un certain Franklin.
Cette annonce eut au moins le mérite de chasser toute idée libidineuse de son esprit. S'emparant du combiné, il déposa un vif baiser sur les lèvres de Will puis s'attela à une conversation qu'il savait d'avance, fort pénible.
- Bonjour Franklin.
- Docteur Lecter, oh pardon de vous déranger, mais je suis en plein cauchemar, ça ne va pas du tout ! Se lamenta le petit homme barbu à l'autre bout de la ligne.
Pour sa part, Will se sentit pousser des envies de malice, légèrement ennuyé par cet homme malpoli qui ne pouvait attendre sa prochaine séance pour pleurnicher sur son compagnon. Il se posta alors devant Hannibal et commença à se caresser lentement, négligemment appuyé sur le mur. Le psychiatre comprenant immédiatement de quoi il retournait, ne bougea pas d'un pouce, ponctuant les explications lourdes et ennuyeuses de « hum hum » et autres « oui, je vois tout à fait ». Décidé à le faire raccrocher au plus vite, Will passa à la vitesse supérieure. Il prit la main libre d'Hannibal, la porta à sa bouche et en lécha langoureusement le majeur. Comme cela ne suffisait pas, l'écrivain passa dans son dos, et entreprit de le caresser à son tour. Le cannibale à la fois amusé et excité, souhaita évidemment raccrocher, mais par pur esprit de contradiction, fit appel à tout son self-contrôle pour ignorer cette délicieuse invitation. La partie la plus sauvage de son ego ne digérait toujours pas qu'il se rende si facilement au brun, et souhaitait qu'il reprenne un peu plus de domination.
Soudain, Will ne le toucha plus. Il ne le sentait plus non plus près de lui, et en tendant l'oreille, il perçut un grincement de latte. C'était celle du côté gauche du lit. Durant deux minutes, il ne se passa rien de plus. Curieux, le psychiatre se retourna afin de jeter un œil dans la chambre. Là, étendu sur le lit dans une pose aguichante et confortable, le brun se procurait du bien lui-même. Les yeux résolument clos, la bouche ouverte en un O presque parfait, sa main droite s'occupait de son sexe, tandis que la gauche prenait soin de son anus. Hannibal observa, fasciné, deux doigts se faire engloutir par la rondelle plissée tandis que Will se tortillait sur le drap, haletant de plaisir. Bon là, il n'avait plus le choix... Le brun remportait cette manche. Le blond se détourna de cette scène de luxure afin de se concentrer sur ce qu'il avait à dire.
- Écoutez Franklin, je ne vous compterai pas cet appel comme une séance, mais aujourd'hui, vous allez vous trouver une activité sans rapport avec votre ami et tenter d'y perdre le plus d'heures possible. Je veux que vous vous y investissiez, que vous oubliiez tout le reste. Bricolage, cuisine, jardinage ou macramé, ce que vous désirez, mais changez vous les idées. C'est votre plus gros problème, vous cogitez trop. Maintenant, je vais raccrocher, et je vous verrai mardi, comme toutes les semaines.
Sans plus attendre, Hannibal reposa le combiné sur son socle, mais au moment où il pénétra dans la chambre, plus de trace du brun sur le lit !
To be continued...
Je sais j'ai coupé pile au mauvais moment ^^ vous pouvez me maudire autant que vous voulez vous avez l'autorisation je vous en voudrais pas.
