Harry était là, allongé. Depuis de longues heures, il était inconscient, et le sang ne ruisselait plus du sommet de son crâne. A peine après deux minutes après le choc, son crâne s'était refermé, comme par enchantement, et le sang qui s'était échappé séchait maintenant sur la pierre sur laquelle sa tête reposait. Il commençait à se réveiller.
Ce paysage me dit quelque chose, mais je n'arrive pas à me souvenir en quelle occasion je suis venu ici. A vrai dire, je n'ai aucun souvenir, et pourtant, rien que voir toutes ces tentes qui sont sur mon chemin devrait me faire souvenir de quelque chose, mais je n'y arrive pas. Je ne sais pas ce qui m'est arrivé, mais j'essaye inexorablement de retrouver la trace de mon passé, mon identité.
Ce chemin, il me semble l'avait déjà emprunté, mais pourquoi ? Je ne sais pas du tout ce qui m'arrive, et ça me déstabilise d'ailleurs. Je pourrais même dire que j'ai la frousse de ne pas pouvoir me rappeler qui je suis, où ce que j'ai vécu. Je me rappelle de cette fontaine, j'étais venu avec d'autres personnes pour prendre de l'eau, mais quand ?
Toutes ces questions se bousculent dans ma tête, et je n'ai aucune réponse. Les gens me regardent bizarrement, comme si je m'étais échappé d'un zoo.
C'est peut être à cause de mon allure…
Quand je me suis réveillé toute à l'heure, allongé dans la prairie à côté de ce camping, ma tête reposait sur une pierre ensanglantée. Le sang avait eu le temps de sécher, mais pourtant ne semblait pas si ancien que cela ; et pourtant il n'y avait aucune plaie à ma tête, lorsque je l'avais palpée. Je m'étais levé, et le floue m'avait assailli : j'avais oublié mes lunettes, mais où, c'est le plus grand des mystères.
Il y avait une coupelle qui était un peu plus loin, certes démodée, mais qui avait du être assez jolie par le passée. Je l'avais emporté avec moi : j'avais mis les reste dans la poche de mon jean qui se situait à la hauteur de mon genoux. Ces débris me faisaient un peu mal quand je marchais, mais je voulais garder cette coupe, mais pourquoi, c'était encore un grand mystère.
De plus, dans ma main, lorsque je m'étais réveillé, il y avait ce bout de bois, enfin, si on pouvait appelé ça un bout de bois, car il était soigneusement travaillé, et c'est sûrement cette beauté qui m'avait convaincu de le garder.
En promenant mon regard au loin, bien que je me posais toujours les mêmes questions : Qui suis-je ? Où suis-je ?
Bien que je me considérais comme le nombril du monde en me posant ces questions, il est vrai que j'ai paniqué, en m'apercevant que je ne pouvais y répondre.
Mais une lueur d'espoir était apparue, lorsque j'avais aperçu au loin, cette fumée. Enfin, ce qui ressemblait à de la fumée, car ma vision, était d'une clarté exécrable.
Bien que vacillant, j'avais marché de cet endroit à ici, un camping qui me semblait plus que familier. Je tenais de la main droite ce bout de bois, ou comme me l'avait dit un garçon du camping, une baguette.
Lorsque j'étais entré dans le camping, un môme avait crié à un ses frères qu'un garçon se prenait pour un sorcier, car il avait une baguette dans les mains. Je ne compris sur l'instant qu'il me désignait, mais à vrai dire, ma vue se réduisait à cinq mètres, et je ne voulais pas me concentrer sur ces jeunes enfants.
Cette baguette, je l'avais lâchée à plusieurs reprise : mon bras me faisait souffrir le martyr, mais plus j'avançais, plus le temps passait, plus la douleur s'estompait, et bientôt, je pus enfin le plier convenablement sans avoir le moindre mal.
Et je m'étais donc retrouvé face à cette fontaine, qui me semblait en même temps si familière, mais tellement étrangère. Ce paradoxe qui se créait en moi me bouleversait : j'avais peur de ne jamais me retrouver, jamais retrouver mon identité.
J'arpente comme un vagabond les allées de ce camping, et le chemin que je me suis tracé l'est déjà dans ma tête. Je connais la route, mais pourtant je ne sais pas où je vais. Déambuler comme cela ce camping, me rend fou d'inquiétude, voir tous ces gens, avec leur famille, leur amis, et moi qui me retrouver seul au monde, alors que je ne sais même pas qui je suis…
Est-ce que j'aurai la chance de trouver une personne que je connais, ou bien qui me connais ?
Une vive douleur commence à se relancer dans mon bras droit, mais alors que je viens d'y jeter un coup d'œil, je viens de m'apercevoir que c'est ce bracelet qui me brûle la peau.
Bizarre ce bracelet, mais pas assez pour que je le garde. Il me fait atrocement mal pour que je le garde accroché à mon poignet. Je me résous à l'abandonner, là, par terre.
Avant cela, je l'avais examiné, il y avait des lettres, mais aucunes ne m'étaient familières, et je m'étais séparé de cette gourmette.
Il y a une forêt là bas, et mes pas m'y mènent. Tout comme cet endroit, tout cela me semble familier, mais je n'arrive pas à remettre la main sur un quelconque souvenir. Ce sentiment d'ignorance va me rendre fou, je pense.
Cette forêt, je le connais, mais tant de mystères m'épuisent, et cet épuisement commence à se transformer en lassitude. Je vais m'asseoir près de cet arbre, afin de réfléchir, sinon ma tête va exploser…
Pourquoi ces questions pullulent dans ma tête ? Pourquoi n'ai-je aucun souvenir de ce que j'ai vécu avant ? Pourquoi je suis ici, seul ? Pourquoi, pourquoi et pourquoi…
C'est le seul mot qui vient à mon esprit : pourquoi. Il y a tant de choses que j'aimerai savoir, mais je ne sais pas comment parvenir à toucher du doigt la vérité que je convoite tant…
Des bruits. J'entends des gens s'approcher. Ils viennent de me tirer de mes pensées. En levant ma tête vers ces gens, je m'aperçois qu'ils sont plusieurs : ils sont quatre. Un peu plus vieux que moi, et bien reconnaissables. De gauche à droite, je les jauge. Le premier, il est plutôt grand, porte des vêtements clair, et a les cheveux très court. Il a une banane qu'il porte autour de la tête. Ca le rend plus ridicule qu'autre chose, d'ailleurs. Le second, est en survêtement de sport, et ses chaussettes sont mises au dessus de son pantalon. Je devrais créer la palme du ridicule, car ces deux là la remportent haut la main. Il a une casquette blanche, avec des inscriptions bizarres dessus, qui est d'ailleurs inclinée vers la droite. Les deux autres, quand a eux, sont plus petits, mais beaucoup plus large. On dit que le ridicule ne tue pas, mais mon Dieu, épargnez moi ces visions d'horreur !
Je n'ai même plus envie de les regarder tellement leur accoutrements me dégoûtent…Je baisse la tête.
Ils se plantent, là, devant moi. Et je lève de nouveau mon regard vers eux. Il n'y a pire affront à la beauté…Ils se rabaissent à l'état de bovidés ! Ils mâchent leur pâte à mâcher, fièrement, comme si c'était un trophée.
Qu'est ce que vous voulez ? leur demande-je.
Je sais pas, on t'avait jamais vu ici, et toi ta coupe de cheveux nous plait, on voulait juste te le dire ! me dit le jeune le plus à gauche.
J'en suis content pour vous, mais maintenant laissez moi tranquille, j'ai d'autres chats à fouetter, leur dis-je, avec amertume. Leur présence me rend malade, et je remarque bien que cela les amuse de me tourner en dérision.
Oh, t'énerve pas keum, on voulait pas te déranger ! Tu sais que normalement à ton âge, on croit plus à la magie ?
Ca me fait une belle jambe tu sais, lui répondis-je, excédé par son comportement.
C'est vrai que t'as une belle jambe, c'est quoi que t'as dans ta poche ?
Non mais tu le fais exprès ou pas d'être imbécile, parce que là, je me pose des questions, j'ai la débilité incarnée devant moi !
Cette parole, c'est ce que je pense, mais je ne sais pas si j'ai bien fait de lui dire. Alors que je me lève en trombe, il amorce un coup de poing. Son poing vient de rencontrer ma mâchoire, mais je ne ressens aucune douleur, c'est assez étrange. Son poing devait me percuter, mais c'est comme s'il était resté à un centimètre de la surface de mon visage. J'en profite pour ne pas rester dos à l'arbre, sinon ils ne feront qu'une bouchée de moi.
Le premier est près de moi, j'essaye de lui donner un coup de poing. Il vient d'être éjecté à plusieurs mètres. Je ne saisis pas ce qu'il vient de se passer, mais je me charge des trois autres.
Ils viennent d'être projetés de la même manière que le premier, alors que je pointais ma paume de main vers eux.
Bizarre. C'est le seul mot qui me vient à l'esprit. Encore des questions à ajouter, fis-je, parlant à moi-même, ironiquement. Je n'ai plus envie de penser à tout cela, toutes ces questions, je m'embrouille rien qu'à y penser, j'ai envie de me reposer un peu…
Il y a un endroit boisé là bas, je serai à l'abri des regards indiscret ! Je viens de m'installer, et de me mettre en boule. Mes yeux se ferment, et le sommeil m'emporte.
Après tout, ce n'était pas une si mauvaise idée que cela. Il fait déjà jour, j'ai dormi toute la nuit, et ça m'étonne quelque peu. Dormir m'a requinqué, et en plus de cela, j'ai fait un rêve magnifique, où je volais. Aussi bizarre que ce fut, dans ce rêve, j'étais un rapace, et je tenais la coupe qui se trouvait dans la poche, qui n'était pas cassée. Bizarre, pense-je, tout en rigolant.
Je vais aller boire à cette fontaine, ma gorge est plus que sèche.
Mon bras ne me fait plus du tout mal, c'est une bonne nouvelle.
Une agitation inhabituelle, enfin qui ne se produisait pas hier, est d'actualité. Il y a des gens qui se promènent, et posent des questions à tout le monde. Ils sont presque autant bizarres que ces jeunes d'hier. Certains portent de longues robes noires.
« Ils ont aucun goût » maugrée-je à leur encontre.
Il y a une d'ailleurs une fille de leur groupe qui attire mon attention. Elle est rousse, et semble un peu plus jeune que moi, mais les courbes de son corps sont très attrayantes. Malgré ses traits inquiets qui se dessinent chez elle, elle est magnifique, et me semble être l'incarnation divine de la splendeur. Elle serre quelque chose dans sa main, mais je n'arrive pas à voir ce que s'est.
Ah, si, je viens d'apercevoir l'objet de son inquiétude : c'est ma gourmette ! Enfin, celle que j'ai abandonnée hier, car elle me brûlait la peau. Ces gens me cherchent, et je n'ai guère envie de me retrouver nez à nez avec eux. Avant de prendre la poudre d'escampette, je jette un regard en arrière vers ces personnes. Un grand rouquin vint d'atteindre ceux que j'ai frappés hier. Ils désignent du doigt ma direction, il faut vite que je m'en aille, sinon je vais avoir des embêtements.
Tous tournent la tête vers moi : le grand roux, la fille sublime, mais aussi un brune, qui aurait d'ailleurs pu se coiffer, et d'autre personnes de tout âge.
Ils m'ont vu, j'en suis certain, il faut que je file en vitesse. J'ai fait des choses invraisemblables hier, mais ils semblent un peu plus censés que ces quatre idiots d'hier. Et d'ailleurs je ne sais pas si je suis capable de refaire ces choses, et bien que je n'aime pas trop cela, la fuite est le meilleur allié pour le moment.
Un « pop » sonore vient de se produire à ma gauche, ensuite à ma droite, et devant moi. Ils viennent d'apparaître face à moi. Comment font-ils ?
Le roux est devant moi, la brune à ma droite, et à ma gauche, je retrouve un homme dont le visage ne ressemble à rien. Leur regard n'inspire chez moi que de la crainte, même s'ils paraissent inquiets. Il faut que je leur échappe.
Je courre en direction de la brune, c'est bien la seule qui semble la plus faible, et je m'étonne de la vitesse à laquelle je cours, tous mes mouvements sont plus faciles les uns que les autres, et mes agresseurs me semblent presque immobiles. Je suis content de voir que j'ai pu leur échapper assez facilement, mais je doute que ce soit aussi facile, vu leur apparition soudaine devant moi. Je me retourne, et je vois que les trois sont ébahis, et je suis content de faire cet effet chez eux.
Zut, ils viennent de regarder dans toutes les directions, et ils m'ont encore repéré. C'est plus que saoulant de voir qu'on ne peut pas se débarrasser de cette vermine. Ils viennent encore d'apparaître devant moi, mais maintenant, ils ne sont plus trois, mais cinq. Aux précédents vient de s'ajouter une adolescente, brune, elle aussi, et un homme adulte, les cheveux grisonnants.
Harry, attend, ne t'en vas pas ! vient de dire la brune, avec la tignasse emmêlée.
C'est donc ainsi que je me prénomme ? Harry, c'est pas mal, comme prénom !
Tout le monde se regarda, l'air inquiet. Si jamais ils étaient venus m'aider, pourquoi essaieraient t-ils de m'attraper en ce moment ? Ils me veulent du mal, j'en suis sûr.
M'échappant une nouvelle fois, je remarque que je suis revenu à l'endroit où je me suis réveillé hier, dans cette prairie, où j'avais trouvé baguette et cette coupe.
Les personnes qui me poursuivent ne m'ont toujours par trouvé, et j'aime cette solitude durement retrouvée. Je suis de nouveau devant cette pierre maculée de sang, mon sang, peut être.
Le bruit de leur apparition vient de me faire sursauter. Ils ne sont plus cinq, mais maintenant, ils sont plus d'une vingtaine, je n'arrive pas à voir la tête de toutes ces personnes, mais ils semblent déterminés.
Je suis encerclé, pas moyen de partir sans en percuter un ou deux. Mais quelque chose m'en empêche. J'ai déjà vu ces personnes, mais comme le reste de mes souvenirs, je n'arrive pas à mettre un nom sur leur tête.
Désolé Harry, mais je suis obligé…
Alors que je me tourne pour voir d'où vient cette parole, un rayon rouge vient de me percuter. Mais je ne ressens rien, à l'instar du coup de poing d'hier. Je ne l'explique pas, et visiblement, ils n'arrivent pas à l'expliquer non plus. Ils sont ébahis, et j'en suis content : je ne me laisserai pas faire de la sorte.
Je sors instinctivement la baguette, qui était restée dans ma poche, et leur crainte, j'arrive à la sentir, ils se sont reculés d'un pas ou deux. Ils ont peur de moi, et j'en suis fier.
Mon bras pend à côté de corps, et je pense que je peux faire des ravages si je l'agite.
Harry, qu'est ce qui t'arrive ? me dit la brune, avec sa coiffure inexistante, presque en train de pleurer.
Ce qui arrive à Harry, c'est qu'il est attaqué par des gens, et il se défend.
Mais, on ne t'attaque pas, depuis toute à l'heure, on essaye de te rattraper, tu t'enfuis à chaque fois !
Pourquoi voulez vous m'attraper ? Pourquoi ce rayon m'était-il adressé dans ce cas, si vous ne m'attaquiez pas ?
Nous sommes tes amis…Tu n'es pas dans ton état normal Harry…
Oui, peut être, je n'ai aucun souvenir. Je sais que je vous ai déjà vu quelque part, mais je ne sais pas si je peux vous faire confiance, et le fait que vous m'ayez attaqué, et traqué depuis tout à l'heure me pousse à croire que vous ne voulez pas mon bien.
Harry, crois moi…bafouille t'elle, les larmes parcourant son visage.
Baissez vos baguettes, et je vous croirai.
D'accord, baissez vos baguettes ! ordonne la brune.
Tout le monde baisse sa baguette, comme leur avait demandé cette personne. Ses larmes ne me laissent pas indifférent, et j'ai pitié pour elle. Mais je dois d'abord m'occuper de ma propre sécurité.
Bien, maintenant, vous allez me laisser partir, et me laisser tranquille.
Non, Harry ne pars pas, je t'en conjure…
J'avais bien raison de ne pas avoir confiance en vous…
Je lève ma baguette, comme pour les avertir que s'ils bougent, je n'hésiterais pas. Ils lèvent leur baguette, mais je ne fais rien, je n'ai pas envie de les blesser, juste envie qu'ils me laissent tranquille.
Maintenant ! crie une personne derrière moi.
Un grand nombre de rayons est jeté de partout, et tous m'atteignent. L'accumulation de ces rayons me fait faiblir. Je me retrouve à genoux. Le cercle d'agresseur se rétrécit, mais le mal qui était en moi s'évanouit, et aussi vite, je me relève, et brandis ma baguette. Ce que je dois faire, me dis-je, c'est me concentrer, afin qu'ils ne m'attaquent pas !
A l'instant même où je pense ça, un éclair blanc vient de se produire au bout de ma baguette, et je me retrouve ébloui par mon propre sortilège. Cependant, j'entend mes agresseurs tomber par terre, j'ai peut être une chance !
Je commence à voir clair, aussi bien que mes yeux myopes me le permettent, et je les vois, tous allongés, par terre, en train de se rouler, ou de gémir, comme si le mal les rongeait de l'intérieur.
Je dois partir ! Mais alors que je me tourne pour m'enfouir, je revois cette splendide jeune fille, rousse, qui avance vers moi. Je n'arrive pas à stopper son avancée, et elle se retrouve face à moi.
Cette personne, je l'ai déjà vu, ces lèvres, qui semblent si tentantes, je les ai déjà embrassés…
Tout semble me revenir en tête, je commence à comprendre ce qu'il se passe, je regarde autour de moi, et je vois tous mes amis à terre, ainsi que les membres de l'Ordre.
Je me retourne vers celle qui se trouve face à moi ; les larmes commencent à couler, et je bafouille comme je peux :
Ginny ?
