salut tout le monde.
je voulais juste laisser une petite explication au sujet de l'apparition de Ron dans ma fic.
je tenais à insérer son personnage dans mon histoire car je suis lassée du rôle qu'on lui donne presque toujours dans les Dramione. Celui du bon gars, gentil mais un peu idiot ou faible qui se fait toujours rejeter et qui souffre pendant qu'Hermione batifole à droite à gauche.
Je voulais donner une nouvelle image de lui. Celle d'un homme avant tout et d'un homme puissant, indépendant, qui fait ses propres choix. J'espère y être parvenue sans trop dénaturer son personnage initial.
Voilà!
Bonne lecture!
« Draco, ton cœur… pourras-tu le retrouver un jour ? Ce sortilège était-il réversible ? »
Il releva la tête vers elle, toujours à genoux. Elle tenait son visage entre ses mains et le fixait gravement. Il mit si longtemps à répondre qu'elle crut qu'il ne le ferait jamais.
« Non, je ne peux pas revenir en arrière, mentit-il. J'aurai toujours besoin de toi Hermione. »
« J'aurai besoin de toi aussi. » Souffla-t-elle.
« Jusqu'à ce que tu trouve une solution, jusqu'à que tu guérisses. »
« Ce qui n'arrivera peut-être jamais. En attendant, ce sera notre marché, Draco. Nous dépendrons l'un de l'autre. »
« Ce sera notre marché, Hermione. »
Elle s'écarta doucement de lui et il délia ses bras. Il lui avait menti et il ne ressentait aucune trace de culpabilité dans son cœur estropié.
Hermione déboucha dans les sous bois. Il n'y avait aucune trace de Ron hormis un petit tas de vêtements abandonnés sur le sol. Elle voyait les immenses traces que les pattes du loup avaient laissé dans la neige en partant. Elle ramassa les vêtements, les serrant contre elle et s'accroupit, le dos contre la pierre froide. Elle l'attendrait, toute la journée, toute la nuit s'il le fallait. Car c'était sur qu'il allait revenir. Ron ne l'abandonnerait pas comme ça. Il ne ferait jamais une chose pareille.
Il ne se montra que plusieurs heures plus tard. Elle entendit d'abord le son de sa course dans les bois alors qu'il galopait dans sa direction. Tremblante et soulagée, elle se releva péniblement, le corps ankylosé après toutes ses heures d'attentes.
Elle le vit alors apparaitre entre deux arbres, dans le brouillard de cette fin de journée. Il avançait dans les méandres fantomatiques de la brume. En un sens, il était magnifique. Gigantesque et puissant, il semblait bruler continuellement dans le feu de sa fourrure flamboyante. Il s'arrêta et lui lança un regard profond.
« Je t'ai attendu Ron, dit-elle d'une toute petite voix. Toute la journée. Où étais-tu ? »
Elle fit quelques pas vers lui, frissonnante. Elle avait beau s'avoir que c'était Ron, ses griffes et ses crocs qui dépassaient de sa large gueule l'impressionnaient. Il la regardait toujours de ses yeux bleus. D'habitude si doux, là ils étaient durs et froids. Elle ne se démonta pas et continua d'avancer vers la bête. Il la dominait de presque deux mètres.
« Ta magie est différente quand tu es transformé. » Murmura-t-elle en l'observant.
Elle tendit une minuscule main blanche. Ron recula légèrement et un gémissement inquiet sortit de sa poitrine immense.
« N'ai pas peur, ça va aller. »
C'était elle, la petite silhouette insignifiante, qui devait rassurer le loup monstrueux alors qu'elle se dressait sur la pointe des pieds pour le toucher. Il baissa le museau, figé dans l'attente de la douleur. Elle posa doucement sa main sur sa tête mais rien ne se produisit.
Hermione éclata d'un rire cristallin avant de s'enfoncer entièrement dans la fourrure de l'animal. Les deux bras grands ouverts, elle essayait d'étreindre le plus possible de son grand corps. Un feulement de plaisir monta dans la gorge du Loup. Il lui donna un coup de museau affectueux et bien trop puissant qui la fit s'étaler dans la neige. Il lui lança un regard inquiet mais elle ri de nouveau.
« Ne t'inquiètes pas, je ne me suis pas faite mal. »
Il s'allongea prés d'elle, l'entourant de son immense corps. Hermione se coucha sur son flanc chaud, se perdant dans son épaisse fourrure. À chaque respiration de l'animal, elle se sentait soulevée du sol.
« Ron, tu es un vrai monstre, s'exclama-t-elle gaiment. Je t'aime beaucoup en loup ! »
Elle fit courir ses mains entre ses longs poils.
« Sais-tu que je suis aveugle ? J'ai perdu la vue lors d'une de mes crises. Sans Draco je serais morte dans cette tour, ou dans le lac d'Inféris. »
Ron l'observait. Elle pouvait deviner son expression grave derrière le masque du loup.
« Même maintenant je ne vois toujours pas, pas comme toi. Je ne distingue que la magie dans les choses. »
Elle posa la tête contre lui. Elle entendait son énorme cœur battre régulièrement dans sa poitrine et résonner dans sa tête. C'était un son réconfortant, le son de la vie.
« Quand tu es transformé ta magie change. Elle se fige complètement. On dirait qu'elle se solidifie comme une armure. La mienne ne peut plus l'atteindre. »
Hermione se tut un instant, profitant du plaisir de pouvoir toucher Ron après si longtemps. Elle finit par se redresser.
« Ron, où étais-tu ? »
Le loup se leva, la faisant glisser au sol. Il secoua énergiquement sa fourrure pleine de neige, arrosant Hermione au passage. Ignorant ses cris de protestations, il saisit dans sa gueule les vêtements qu'elle avait laissé au sol et s'enfonça dans les bois. Il réapparu quelques instant plus tard, habillé de pieds en cape.
« Ron je t'ai vu nu pendant des années, j'aurais survécu une fois de plus. » Lui lança Hermione.
« Mais les choses changent, n'est ce pas ? » Elle préféra ignorer sa question.
« Alors, où étais-tu ? »
« Je suis allé enterrer Dean et Seammus. »
Hermione sentit un vertige la prendre.
« Ron, j'aurais pu t'aider, venir avec toi… »
« J'étais trop en colère Hermione. Et je tenais à faire ça seul. »
Il observa son visage. Il vit ses lèvres trembler d'émotion.
« Finalement il reste peut-être un peu de mon Hermione là dedans. » Il tendit la main vers sa joue. Se souvint qu'il ne pouvait pas la toucher et laissa son bras retomber le long de son corps.
« Ron… Es-tu très malheureux d'être un loup-garou maintenant ? Car moi je t'aime pareil. »
« Merci, répondit-il dans un sourire. Oui, au début j'ai été très malheureux. En plein désespoir en fait. Je pensais à Lupin, je savais qu'il en avait souffert toute sa vie. Mais quand j'ai appris à me contrôler c'est devenu moins pire. Je n'étais plus esclave de cette condition, et malgré toute les souffrances que j'ai dû endurer pour en arriver là, je ne retournerais en arrière pour rien au monde. »
Il vit une larme couler le long de la joue d'Hermione.
« Ne pleure pas Mione. Ils ont fait de moi une arme dans tout les sens du terme mais maintenant que je suis libre, j'en suis presque content. Car cette arme peut se retourner contre eux à présent. Ils ont créé le monstre parfait et c'est eux qui vont en payer les frais. »
« Je ne veux pas que tu partes te battre. Je ne veux pas que tu meures. »
« Que veux-tu alors Hermione ? Je sais que tu veux Draco Malfoy et c'est déjà beaucoup me demander que de le laisser vivre. »
« Draco peut se défendre, il ne te laissera pas faire si tu tente de le tuer. »
« Je peux toujours essayer. »
« Je me mettrai sur ton chemin encore et encore, Ron. Comme je me mettrai sur le sien s'il décidait de te faire du mal. »
Ron eut un sourire triste.
« Je sais. »
« Je veux que tu restes avec moi, Ron. »
Il la regarda longuement, pensif.
« Je peux rester avec toi. Jusqu'à ce qu'on comprenne qui en veut après toi. Mais j'ai d'autre choses à faire Hermione, d'autres personnes que je dois aider. »
« Qui donc ? » S'étonna-t-elle.
« Et bien, j'ai laissé une petite louve derrière moi. Elle est toujours captive et je dois la sortir de là. »
Hermione ouvrit grand la bouche.
« Une louve ?... »
« Oui. Enfin une femme. Il sourit. C'est une moldue, mais la transformation marche de la même façon sur eux que sur nous, une fois qu'ils sont mordus. Nous étions captifs ensemble, elle a été entrainée en même temps que moi. »
« Je ne savais pas, murmura Hermione. Me raconteras-tu comment… comment c'est arrivé ? Comment elle est ? »
« Si tu veux. »
Il sourit à nouveau. Ce même sourire chaud qui l'avait réchauffé pendant des années. Une autre femme en profitait maintenant. Un instant, une pointe de jalousie pinça son cœur, mais Ron avait le droit au bonheur. Et c'était elle qui l'avait quitté, bien des années auparavant.
« Je suis heureuse que tu ais rencontré quelqu'un, Ron. »
« Merci. Il passa une main dans sa tignasse. Maintenant il va s'agir de la récupérer. »
Hermione, se sentit soudain honteuse. Honteuse d'avoir exigé sa présence alors qu'une pauvre femme attendait d'être secourue. Elle savait ce qu'était la captivité, elle ne le souhaitait à personne.
« Ron… Je ne peux pas te demander de rester avec moi. Tu dois aller la sauver. »
« Indiana survivra encore un peu sans moi. Un large sourire fendit son visage buriné. Elle a un caractère effroyable. »
« Peut-être, mais je ne veux pas que tu restes avec moi juste parce que tu t'inquiètes. Je ne pensais jamais dire cette phrase un jour, mais j'ai Draco pour me protéger. Va sauver ta louve. »
Ron retrouva son sérieux.
« Ça me fait mal de le dire mais je pense qu'effectivement tu ne pouvais pas trouver d'homme plus puissant que lui pour te protéger dans toute la grande Bretagne. » Il lui lança un regard soucieux.
« Mais aussi pas d'homme plus dangereux, Hermione. Pour le moment, je ne pense pas que tu ais grand chose à craindre de lui. J'ai vu comment il te regarde. Mais que se passera t-il s'il décide un jour qu'il n'a plus besoin de toi ? Va t-il te laisser vivre ? Rien de tout ça n'est sain Hermione. »
« Pour le moment nous avons un marché. J'ai besoin de lui et lui de moi. Je sais que ça peut mal tourner mais je vais prendre le risque. Je n'ai pas bien le choix et puis je sais me défendre, Ron. Pour être honnête avec toi, ce qui me fait le plus peur, ce n'est pas que Draco m'attaque mais plutôt qu'il m'abandonne. »
Ron secoua la tête.
« Je ne comprends pas. » Soupira-t-il.
« Je sais, c'est normal, répondit-elle d'une voix douce. Tu n'as jamais vu mes crises, Ron. Et elles sont de pire en pire. Je risque d'y laisser ma peau à chaque fois qu'elles surviennent. Draco prend ma magie quand il y en a trop. Grâce à lui je n'ai plus à les subir. Sans lui, je ne survivrais pas plus d'une semaine. »
Elle eut un sourire triste.
« Savais-tu que j'avais ouvert une faille de 10 kilomètres de long dans la vallée ? Avec mes poings? »
« Y avait-il un but précis dans la manœuvre ? » S'enquit-il, un sourire en coin.
« Tuer les géants qui tentaient d'écraser Draco. »
Ron lança un regard vers la grotte. Il faisait presque nuit maintenant.
« Que lui ai -t-il arrivé ? Pourquoi lui a t-il besoin de ta magie ? »
« Il a… il a reçu un sortilège qui a abimé son cœur, mentit-elle. Elle ne voulait pas qu'il sache que Draco se l'était infligé lui même.
"Un sortilège qui lui en a fait perdre un morceau. La magie que je lui donne l'aide à compenser ce manque. Sans ça il devient… autre chose. »
« Content d'apprendre que Malfoy a un cœur finalement, répondit sombrement Ron. Et ce sortilège, quand au juste l'a t-il reçu ? »
« Je crois que c'était après la mort de sa mère. Mais il se renforce avec le temps. Il grandit en lui, je le vois. Il le détruit lentement, il… »
Hermione se tut. Draco venait des les rejoindre et les observait d'un air soupçonneux.
« Vous comptez passer la nuit dehors ? »
Ron lui lança un regard noir que Malfoy lui rendit. Hermione les observa, inquiète.
« Et de quoi parlez-vous ? » S'enquit Draco. Il regardait Hermione comme si elle l'avait trahi.
« On parle de ce que l'on doit faire maintenant, menti Ron, sans la moindre gêne. Malfoy, si on veut savoir ce qui se passe avec Hermione, il va falloir aller demander des informations. »
Hermione ne comprenait pas ce qu'il voulait dire par là.
« Il va falloir aller voir Gabriel. »
Draco grogna.
« Gabriel veut ma peau depuis des années. »
« Personnellement, je n'ai pas de problème avec ça. »
« Qui est Gabriel ? » Questionna Hermione.
« C'est lui que tu vas voir quand tu as besoin de réponses, répondit Ron, évasif. Il possède un bar. »
« Un bar ? »
« Il ne donne jamais rien gratuitement et tu le sais, coupa Malfoy. Il demandera un paiement en échange. »
L'œil de Ron se mit à briller.
« Je suis sûr que vous arriverez à une entente tous les deux… »
« Ron, tu penses vraiment qu'il saura quelque chose sur moi ? Alors que j'ai disparu depuis tant d'années et que tout le monde me croyait morte ? »
« Pas tout le monde, c'est bien ça le problème. Et crois-moi, s'il y a quelque chose à savoir, il le saura. »
« Et il est de quel côté ? » questionna Hermione, septique.
« Gabriel n'est du côté de personne. Son bar est un lieu de neutralité. Et personne n'est autorisé à transgresser cette règle. »
« Et comment ça se fait que tout le monde la respecte ? » s'étonna-t-elle.
Ron sourit.
« Tu comprendra sur place. Il est assez inoubliable mais il ne fait pas bon déclencher une bagarre chez lui, crois-moi. »
Hermione l'observa, sévère.
« On dirait que tu as déjà expérimenté la chose. »
« J'ai déjà été envoyé négocier des informations par mes anciens maitres avec lui. » Il n'ajouta rien de plus.
Hermione se tourna vers Draco.
« Et toi, pourquoi veut-il ta peau ? » siffla t-elle, agacée. Qu'as tu fais encore ? »
« Tu veux une liste ? » Ricana Ron.
« Tout le monde veut ma peau Hermione, répondit Draco sans prêter attention au loup. Et même si ce type se prend pour la suisse, j'ai peu de chance de sortir de ce bar vivant. »
Elle posa inconsciemment la main sur le pommeau de son épée qu'elle gardait toujours avec elle. C'était sa seule arme.
« J'aimerais bien qu'il essai pour voir… »
Draco lui prit le menton entre les doigts.
« On ne joue pas avec Gabriel. Même pas toi, petite femme. »
Sa voix avait le ton de la réprimande mais le coin de sa bouche frémissait. Pour la toute première fois depuis sa rencontre avec lui, Hermione le voyait sourire. Presque.
« Non, reprit-il en retrouvant son sérieux. Ma seule chance, c'est de trouver quelque chose à lui vendre. »
Il leur était impossible de transplaner car chacun des trois avaient été marqués. Ron et Hermione, à leur capture et Draco, lorsqu'il était devenu le recruteur officiel de Voldemort. S'ils transplanaient, cela créerait immédiatement une perturbation magique qui conduirait directement les Deatheaters à eux. Comme le tabou dont avait été frappé le nom de Voldemort des années auparavant.
Ils devraient donc aller jusqu'à Glenfinnan par la terre. Draco avait gardé des sombrals dans les bois quelque temps lorsqu'il vivait dans la grotte. il voulait avoir un moyeu d'évasion si sa cachette était découverte. Quand les traqueurs l'avaient retrouvé, il s'était échappé sur l'une des bêtes. Elle était morte peu après, durant sa fuite.
Quand ils étaient revenus, Hermione et lui, les animaux avaient disparu, retournés à l'état sauvage. Mais Draco était sûr qu'ils n'étaient pas allés bien loin. Le soir même, Ron avait chassé un cerf et Draco avait déposé la viande crue un peu partout autour de la grotte pour les appâter. Le lendemain, un sombral les attendait docilement devant l'entrée.
« Bonjour Noctis. » Murmura Draco en caressant le flanc squelettique de l'animal. Il lui donna un nouveau morceau de viande sanguinolente que le cheval noir déchiqueta avidement.
« Tu m'as manqué tu sais… »
Ron regardait la bête avec dégout.
« J'ai toujours détesté ces bestioles. » Murmura-t-il.
« Essaye de ne pas le manger, c'est tout ce que je te demande. » Répliqua sombrement Malfoy qui caressait toujours le pelage noir et soyeux.
Cette monture convenait parfaitement à Draco, pensa Hermione qui les regardait tous les deux. Le cheval des morts pour le prince de la Résurrection.
« Tu n'aurais pas pu juste élever un chaton comme tout le monde, Malfoy ? » Lança Ron.
« Hagrid aimait les sombrals, lui aussi. » Fit remarquer Hermione pour défendre Draco.
« Oui, ricana le loup. Mais Hagrid n'était pas non plus franchement une référence en matière de choix d'animaux de compagnie, au cas où tu l'aurais oublié. »
Draco sauta avec élégance sur le dos de l'animal.
« Il a raison Hermione, j'aurais dû adopter un chien. Si je trouve une laisse je n'oublierai pas d'y remédier. »
Ron grogna.
« Et une muselière aussi, sans doute. » Acheva Draco.
« Silence tous les deux, soupira Hermione. Ron, transforme-toi que l'on puisse partir. »
Ron s'éloigna pour se dévêtir. Ce fut un grand loup qui revint vers eux quelques minutes plus tard, tenant ses vêtements dans la gueule. Hermione les fourra dans sa sacoche et essaya de grimper sur son dos.
« Je n'y arriverai jamais Ron, s'essouffla-t-elle. Tu es bien trop haut. »
« Tu l'as bien dressé, Hermione. » Fit remarquer Draco, alors que le loup s'aplatissait dans la neige pour l'aider.
Hermione se hissa péniblement, s'agrippant à la fourrure flamboyante de l'animal. Le loup gémit quand elle lui tira les poils et Malfoy ricana.
« Par pitié, éclata Hermione, maintenant assise entre les deux épaules musculeuses de Ron. Vous ne pourriez pas juste… vous oublier l'un l'autre deux minutes ? Je n'en peux plus de vos… »
Draco n'entendit jamais la suite. Le loup garou avait bondi dans les bois, en prenant soin d'arroser Malfoy de neige le plus possible avant de disparaitre entre les arbres. Le sombral s'agita.
« Sale chien, grogna Draco. Si tu la fais tomber, je t'étripe. »
Et il talonna le cheval qui s'élança à leur suite, comme une flèche sombre sous le couvert des bois.
C'était la deuxième nuit qu'Hermione passait avec Ron.
C'était une souffrance. Cela lui faisait mal. Une réelle douleur qu'il ressentait dans son corps. Comme un manque, une drogue, une absence. Chaque soir, Ron se transformait en loup et elle partait se blottir contre lui. Il pouvait la voir se rouler en boule entre les énormes pattes de l'animal. Le visage contre lui, enfouie dans sa fourrure et sa chaleur. Ron pouvait lui en donner. Il n'était pas froid comme lui. Il pouvait la réchauffer au cœur de la nuit. Draco n'avait que de la glace à offrir. Weasley entourait le petit corps de son immense masse redoutable. Il formait un rempart pour elle contre les dangers de la nuit. Il pouvait la protéger, il pouvait la défendre.
Draco se tourna pour ne plus les voir dormir l'un contre l'autre. Hermione n'avait pas besoin d'un résurrectionniste qui vivait parmi les morts. Elle n'avait pas besoin d'un ancien Deatheater perdu dans sa douleur. Ron était chaud, il était fort et il s'était battu du même côté qu'elle. Ils appartenaient au même monde.
Pas lui. Lui, il était le fantôme abimé, errant au crépuscule. Il était le noir, le froid, le vide. Il était la mort qui bordait son chemin. Un faux pas de sa part et elle tomberait directement entre ses bras glacés. Dans son gouffre mortel de fatalité. Quelque part en lui, il l'espérait. Il aurait une autre âme damnée à qui tenir la main pour partir se perdre dans l'oubli de sa nuit éternelle.
Il ne comprenait pas comment il avait pu la rejeter avant. Il ne comprenait pas comment il avait pu même vivre, sans la magie qu'elle lui insufflait. Maintenant qu'il y avait gouté, il ne pouvait plus s'en passer. Le manque l'avait obsédé durant ces derniers jours qu'il avait passé sans pouvoir la toucher. Son corps entier la demandait.
Allongé dans le noir, il essaya de la chasser de son esprit. Le vent siffla dans les branches nues au dessus de lui. Ce son lui fit l'effet d'un courant d'air au travers d'une tombe vide. Il sentit alors quelque chose bouger dans la demi obscurité. C'était Hermione.
Elle avait quitté Ron pour venir se faufiler contre lui. Il la regarda, incrédule, écarter les pans de la cape dans laquelle il s'était enroulé pour dormir et s'y glisser avec lui.
« J'ai fais un cauchemar. » Murmura-t-elle simplement.
Elle colla son petit corps chaud contre le sien, le visage sur son torse. Elle saisit ses mains avec douceur, les serrant fort dans les siennes et les ramena contre ses lèvres. Il sentit immédiatement la chaleur les envahir, chassant le froid. Chassant la solitude. À son sens, il était la dernière personne à aller voir pour trouver du réconfort après un mauvais rêve. En général, c'était plutôt lui la cause du cauchemar. Mais Hermione ne semblait pas se soucier de ça. Elle venait chercher la sécurité dans les bras du monstre de la fable.
Il ne bougea pas. L'aube se levait doucement sur leurs corps pressés l'un contre l'autre. Son pauvre cœur battait aussi fort qu'il le pouvait et il savait qu'elle ne pouvait que l'entendre dans le silence absolu de cette nuit d'hiver. Mais elle ne dit rien et il la senti bientôt se détendre dans le sommeil qui l'avait reprise à lui. Il sentait le souffle brulant de sa respiration glisser sur la peau de son cou.
Il tentait péniblement de se maitriser, il ne voulait pas qu'elle comprenne à quel point il était devenu dépendant d'elle. De sa magie. Mais la sentir si proche, après tout ce temps, lui faisait tourner la tête. Il ne parvenait plus à réfléchir.
Il avait faim. Il avait faim d'elle. Il voulait la manger, la boire, l'absorber. La faire sienne toute entière. Se noyer dans sa magie. Avec mille précautions, il approcha son visage du sien. La toucher ne suffisait pas. Il voulait se gorger d'elle comme la fois où elle lui avait demandé de l'embrasser. Mais à présent, c'était lui qui avait besoin d'être sauvé. D'être sauvé du vide et de la douleur. Il devait se retenir sinon il allait la dévorer. Son visage contre le sien, le corps tremblant, il essayait d'ignorer le feu hivernal qui le ravageait. Mais il y avait trop de son odeur tout autour de lui, il y avait trop de sa chaleur enivrante, il y avait trop d'elle. C'était une véritable torture. Il se sentait se consumer de l'intérieur.
« Je suis désolé, Hermione, gémit-il. Je ne peux plus me retenir. »
Alors il bascula sur elle, l'immobilisant de tout le poids de son corps d'homme. Il releva la cape au dessus de leur tête, les cachant tous deux aux yeux de Ron et aux yeux du monde.
Et là, dans le couvert de l'obscurité, il perdit le contrôle. Il écrasa sa bouche avide et tremblante sur elle. Saisissant son visage à deux mains. Il embrassa son front, son nez, ses joues. Descendit sur sa gorge, goutant sa chaleur avec sa langue. Il cherchait désespérément à l'avaler. Avaler son essence qu'il sentait courir sous sa peau.
Il remonta vers sa bouche et l'embrassa enfin. C'était là que sa magie était la plus présente, la plus accessible. Il l'aspira douloureusement, tentant d'étancher sa soif lancinante d'elle. Un gémissement d'envie, de souffrance et de plaisir remonta de sa gorge alors qu'il mangeait ses lèvres. Il sentit les mains de la femme s'agripper à lui, ses doigts se cramponnant douloureusement à son corps solide. Elle tremblait, elle aussi, pendant qu'il lui volait de sa vie.
Au bout d'un moment elle essaya de le repousser mais il garda son visage soudé au sien avec la force de l'acier. Dur, inébranlable. Elle continua d'essayer de se libérer mais il ne la laissa pas faire. Elle l'avait tenu trop longtemps éloigné d'elle. Maintenant il devait se nourrir. Car c'était bien ce qu'il était en train de faire, il se nourrissait d'elle.
« Plus jamais tu ne m'empêcheras de te toucher Hermione, murmura-t-il. Je ne te laisserai plus jamais faire. »
Il devait la punir de l'avoir tenu à l'écart de son corps. Elle abandonna alors la lutte, comprenant qu'il était incapable de s'arrêter. Elle enserra sa tête blonde entre ses bras et ferma les yeux, le laissant se repaitre de son corps. Lui qui était toujours dans le contrôle, là, il avait abandonné tout faux semblant et Il y avait quelque chose de sauvage dans sa façon de plaquer ses lèvres pleines sur elle. Elle sentait sa langue et ses dents érafler douloureusement sa peau.
En cet instant, alors qu'il cherchait à dissimuler son crime sous le couvert de sa cape, il n'était plus Draco. Il était l'animal, le prince des ténèbres, le monstre qui dévorait sa vie.
Au bout d'un long moment, Draco senti la magie se tarir. Il sentait son cœur battre à nouveau, entier, dans sa poitrine. Il était rassasié, apaisé. Sa bouche quitta celle d'Hermione. Elle reposait, inerte, contre lui. Dérivant entre sommeil et inconscience. Entre soulagement et souffrance.
Les nuits qui suivirent, Hermione continua de se coucher avec Ron. Mais elle partait se blottir contre Draco, dés que l'aube éclaircissait le ciel. Elle tenait à passer ce moment où la lumière dissipe les ombres avec lui. Elle avait besoin de ce moment. Elle avait besoin de lui.
Il était son repère, sa cachette. Le visage enfoui contre lui elle n'avait plus à mentir. Elle pouvait laisser battre son cœur meurtri. Elle n'avait plus à prétendre ne pas avoir mal. Elle n'avait plus à prétendre ne pas avoir changé. Elle pouvait être elle même. Cette nouvelle femme mutilée par la douleur et les épreuves.
Ron lui faisait du bien. Il lui rappelait une ancienne époque, une ancienne elle même. Mais elle n'était plus cette personne.
La nuit où elle avait rejoint Draco pour la première fois, il s'était jeté sur elle comme si sa vie en dépendait. Il avait volé sa magie à la limite de la mort. Elle avait regardé les perles écarlates de sa vie glisser entre les lèvres de l'homme et colorer son corps froid. Elle avait senti la chaleur de Draco grandir pendant que la sienne s'éteignait doucement. Peut-être que s'il se gorgeait d'elle jusqu'à la toute fin, retrouverait-il un cœur entier ? peut-être devait-il voler une vie pour retrouver la sienne.
Elle l'avait laissé faire, elle l'avait laissé se nourrir d'elle et avaler sauvagement sa force. C'était de sa faute. Elle n'aurait pas dû ne plus le toucher pendant si longtemps. Le sortilège qui annihilait son cœur s'était engouffré dans le vide qu'elle avait laissé, plus puissant et ravageur que jamais. Il avait suffi de deux petites journées pour qu'il reprenne ses droits sur Draco. Elle ne devait plus jamais laisser une telle chose se produire.
Draco s'était arrêté juste à temps. Dans un soupir, il l'avait blotti contre son cou, comme une enfant que l'on console et que l'on veut choyer.
« Tu es à moi maintenant. » Avait-il chuchoté. Il n'y avait pas d'amour dans cette voix. Juste la profonde satisfaction de la posséder.
Elle avait pleuré silencieusement dans ses bras. Elle avait pleuré sur la perte d'elle même, sur la mort de ce qu'elle avait été. Mais elle devait laisser partir cette femme. Celle qui n'existait plus vraiment. Elle continuerait à vivre dans ses souvenirs, riant pour l'éternité, assise entre Harry et Ron à bord d'un Poudlart Express qui ne s'arrêterai jamais.
Quand Draco rabattit la cape, elle vit que le jour s'était levé. Les sous-bois étaient à présent baignés de lumière. Elle était douce, comme un cocon de soie tissé entre les arbres et le ciel pour les recueillir et les réconforter après leur chute dans les ombres de la nuit. Un peu plus loin, Ron ronflait paisiblement.
« Tu l'aime ? » Lui demanda doucement Draco.
Il n'y avait pas de jalousie dans sa voix, pas de colère, ni de tristesse. Il savait déjà que, même si elle avait eu des sentiments pour Ron, jamais ils n'auraient été suffisamment forts pour résister au lien absolu qui les unissait à présent. Ils s'étaient trop mélangé l'un dans l'autre pour revenir en arrière.
Elle le regarda luire doucement. Ses yeux avaient la couleur des brumes sur les eaux noires. Elle saisit une de ses mèches blanches qui lui tombait devant le visage, la faisant glisser entre ses doigts comme un serpent ondulant.
« Ron était mon soleil, murmura-t-elle. Mais toi, tu es ma nouvelle étoile. »
