Désolée pour la longue pause, je vais mettre les chapitres que j'ai écrit maintenant, j'avais oublié de les mettre en fait... (oui je suis grave je sais XD)
L'Ange Du Temps : Ne t'inquiète pas, ça ne m'a pas découragé ^^ J'écris principalement ma fic pour ma meilleure amie alors aucune critique pourrait me décourager je pense hormis si c'est l'une des siennes :p Au contraire, je relirais les premiers chaptires et corrigeraient quand j'aurais plus de temps. Pour ce qui est de Belle, tu verras comment ça se passe au fil des chapitres mais comme je n'aime pas le personnage, ne t'attends pas à ce qu'elle soit particulièrement géniale et importante dans ma fic. ^^
Chapitre 11 : Who are you really ? POV Naïla.
Cela faisait quelques jours à peine que Belle vivait avec nous et déjà j'avais l'impression que Lilwen allait la faire passer par la fenêtre. D'ailleurs, nous étions toutes les deux dans le salon alors que Rumple était partit travailler dans les sous-sols. Mon amie poussa un profond soupir et croisa les jambes en me lançant un regard fatigué.
- Je te jure que si il n'arrive pas quelque chose rapidement, je vais craquer. Soupira-t-elle.
J'allais répondre mais Belle descendit les escaliers, vêtue d'une jolie robe bleue qui la mettait en valeur. Elle nous fit un petit sourire auquel je répondis malgré moi alors que Lilwen se levait et s'étirait.
- Bon ! c'est pas tout ça mais j'ai faim moi, je vais aller me préparer un chocolat chaud.
Il s'agissait d'une invitation à la suivre et je ne pus m'empêcher de sourire devant ses tentatives désespérées pour partir loin de la jeune femme. Jeune femme qui en ouvrant le placard de l'armoire où j'avais pris soin d'entasser tout ce que j'avais trouvait qui trainait lors de ma semaine de ménage se retrouva ensevelie sous les affaires. Elle poussa un cri strident alors que je mis une main sur ma bouche avec un faux air désolé alors que Lilwen éclatait de rire. Pas que je détestais Belle mais ma meilleure amie était amoureuse de Rumple et je comptais l'aider du mieux que je le pouvais alors si pour ça il fallait jouer des petits tours à la princesse, j'étais partante. Je me dépêchais de m'éclipser dans la cuisine, mon amie me suivant tandis que la brune pestait et rangeait rapidement les affaires.
- Tu crois qu'elle va nous en vouloir ? Questionna Lilwen, moqueuse.
- Oh je ne sais pas, tu sais, j'ai comme l'impression qu'elle serait capable de nous pardonner ça. Répondis-je, amusée.
- Zut alors.
Nous nous sourîmes et mon amie fit chauffer le lait avant de s'asseoir sur la table et me lancer un regard en coin.
- Encore une journée qui commence à Storybrooke. Que crois-tu qu'il va nous arriver cette fois ? Il y a deux jours, on a eu le droit à un joli fantôme mangeur d'âmes en ville qui avait pour but de se débarrasser de Régina. Aujourd'hui, je propose un minotaure.
En effet, après avoir appris que la méchante reine avait gardé Belle prisonnière, Rumplestiltskin avait invoqué un spectre pour qu'il la venge. Comme ça il ne faisait pas directement du mal à la femme et respectait son accord avec Belle qui était de ne blesser personne. Bien entendu, face à cette manipulation, nous avions eu le droit à des dizaines de disputes de couples et aux réconciliations qui fort heureusement pour Lilwen s'étaient trouvées être plus froide que ce que l'on croyait.
La jeune femme revint en maugréant et s'assit sur une des chaises non sans un regard noir dans ma direction.
- Désolée Belle, j'avais oublié de te parler de mes méthodes de rangement.
Elle fronça les sourcils, sembla hésiter un instant puis me fit un sourire.
- Ce n'est rien ! Je ferais attention la prochaine fois.
Lilwen m'adressa un regard qui signifiait clairement qu'elle était déçue que Belle ne se soit pas faite assommée par un des objets quand Rumple entra dans la pièce.
- Bonjour. Fit-il.
Belle se leva et le regarda avec défi.
- Qu'est-ce que tu fais ? Fit-elle froidement.
- Je vais préparer le petit déjeuner.
- Dans la mesure où Lilwen et Naïla sont déjà en train de le faire, ton excuse est totalement hors propos et irrecevable. Je veux savoir ce que tu fabriques au sous-sol ! Je t'ai vu pratiquer la magie !
Lilwen, dos au couple singea Belle et je dus me retenir pour ne pas éclater de rire au milieu de ce début de dispute. Je ne comprenais pas l'aversion de Belle pour la magie. Certes dans le cas de Rumple elle semblait venir avec un prix mais elle était très utile et n'était pas toujours néfaste.
- Je vais faire du thé. Déclara-t-il d'un ton qui ne souffrait aucune réplique.
- Non tu vas me dire ce que tu faisais en bas ! Pourquoi tu as amené la magie ici ?
- Je te l'ai dit, la magie c'est le pouvoir. Et il ne s'agit que d'un sortilège inoffensif.
- Pourquoi tu as besoin de magie ! Dis-le moi !
Il ne répondit pas et continua de la regarder avec un air désolé. Moi je savais ce que la magie représentait. Il s'agissait d'un moyen de tenir, de supporter les coups et de se sentir utile. Mais c'était aussi le moyen de retrouver Baelfire. Pourquoi ne comprenait-elle pas cela ? Je regardais Lilwen qui semblait agacée par la conversation.
- Tu n'as pas besoin de magie mais de courage pour tout me dire ! S'écria-t-elle avant de partir en courant et monter à l'étage.
- Génial les petits déjeuners dans cette maison. Ironisa mon amie.
- Epargne-moi tes sarcasmes Lilwen. Grogna Rumple.
Il fit bouillir de l'eau et s'assit sur une des chaises, se prenant la tête entre les mains avec un air désespéré. Il avait l'air tout à coup très fatigué et je ne pus que le plaindre. Cependant, je ne voyais pas pourquoi il ne lui parlait pas de son ressentit. Ou si. Il avait peur d'être rejeté s'il montrait ses faiblesses, ou qu'on s'en serve pour le détruire. C'est pour ça que la seule personne à qui il se soit confié à ce sujet était Lilwen. Elle n'était pas une humaine mais un animal quand il lui avait parlé de son passé. Je me doutais aussi que Belle était au courant de certaines choses mais quelque chose me disait qu'elle en savait moins que ma meilleure amie.
Au fond, j'appréciais beaucoup Rumplestiltskin malgré le fait qu'il se fichait totalement de nos sentiments et n'hésitait absolument pas à se servir de nous quand il en avait besoin. Je savais ce qu'il lui était arrivé grâce à Lilwen qui ne pouvait tout simplement pas garder ça que pour elle tout en sachant qu'elle ne pouvait pas aborder les divers sujets avec l'homme. Je comprenais pourquoi il ne se confiait pas, j'avais longtemps utilisé cette méthode. J'avais caché mes problèmes à tout le monde, comme ma magie, jusqu'à ce que je rencontre quelqu'un en qui j'avais totalement confiance. Et encore, c'était mon amie qui m'avait changée car même en ne doutant pas de sa loyauté, au début, j'étais bien incapable de parler de mes sentiments. On m'avait souvent blessé par rapport à mon émotivité alors je m'étais créée une sorte de carapace. Lilwen était différente. Elle s'ouvrait facilement aux autres. En fait, elle était très expressive et n'arrivait pas à garder tout ce qui la traversait uniquement pour elle. Si elle était joyeuse, il fallait qu'elle le partage avec les autres. Si elle était malheureuse, hé bien, on le savait, on le sentait, on le voyait. C'était d'ailleurs assez étrange de me dire que cette fille était la seule à pouvoir percer ma carapace et à me comprendre. A voir quand j'allais mal même si je souriais et disais que tout allait parfaitement.
Rumple était comme moi, il n'avait juste pas trouvé quelqu'un en qui il pourrait avoir entièrement confiance. Et vu son âge, il avait dû être aussi nettement plus souvent déçu que je l'avais été ce qui expliquait sa réticence à se confier à Belle.
- Tu devrais peut-être lui expliquer la vraie raison au fait que tu ais fait venir la magie. Conseilla Lilwen avec douceur.
Je savais que dire ça lui coutait car c'était faire en sorte que l'homme qu'elle aimait se rapproche d'une autre mais c'était également une preuve d'amour même si j'étais convaincue qu'elle ne s'en rendait pas compte. Elle cherchait à ce qu'il soit heureux, au détriment de son bonheur à elle.
Il la regarda un instant puis finit par hocher la tête. Il partit pour rejoindre la chambre de Belle alors que mon amie rejetait la tête en arrière et poussait un profond soupir.
- Si ça ne tenait qu'à moi, je l'attacherais à une chaise et je lui arracherais les cheveux un à un à cette princesse à la noix.
- BELLE ! Hurla Gold à l'étage.
Je sursautais brusquement et me tournais vers Lilwen qui avait l'air aussi surprise que moi.
- Allons bon ! Qu'est-ce qu'elle a encore fait la sainte ni touche ?
- Lil !
- D'accord, d'accord, allons voir ce que notre ravissante invitée a bien pu faire ! Diantre ! S'est-elle cassé un membre ou a-t-elle été à nouveau ensevelie sous une pile d'objets embusqués dans une armoire maléfique ?
Je secouais la tête, amusée par les facéties de mon amie. Rumple venait de réapparaitre dans la cuisine et visiblement, il était très inquiet. Il regardait un peu dans le vide, semblant réfléchir à toute allure avant de se souvenir que nous étions là.
- Belle a disparu ! Il faut qu'on la retrouve.
- Tu ne penses pas que tu devrais la chercher seule et Naïla et moi on reste ici au cas où elle reviendrait ? Proposa Lilwen qui visiblement, n'avait nullement envie de partir à la recherche de la jeune femme.
Je devais bien avouer que moi non plus je n'avais pas très envie de courir dans tout Storybrooke parce qu'une fille, au lieu de bouder dans sa chambre avait préféré sortir.
- On y va. Tout de suite. Ordonna l'homme.
Je levais les yeux au ciel, empoignais mon manteau dans l'entrée et sortis pour remarquer un petit carré blanc sur le sol. Je me penchai vers l'enveloppe pour l'attraper entre mes mains. Elle était trempée et il n'y figurait aucune adresse. Juste mon nom. Mon cœur manqua un battement et je lançai un bref regard dans la rue. Il n'y avait personne. Lilwen était derrière moi et Rumple s'éloignait déjà vers sa voiture. Je fronçai les sourcils, ne comprenant pas qui m'avait envoyé cette lettre. Pourquoi elle était sur le pas de la porte et non pas dans la boite aux lettres et surtout, qui était au courant de l'endroit où je vivais ? Seuls les habitants de Storybrooke savaient où j'étais. Et quand on regardait l'enveloppe, elle avait l'air d'avoir passé un sacré bout de temps dehors. A tel point que j'avais du mal à lire mon nom car l'encre avait coulé. Je l'ouvris avec précautions et en sortis deux feuilles. Une semblant ancienne contrairement à la première mais toutes deux étaient illisibles. Je poussais un petit cri de frustration, agacée de ne pas savoir de quoi il en retournait tout ça à cause du mauvais temps.
- Ca va Naïla ? S'enquit Lilwen qui marchait à mes côtés.
- Non ! Je n'arrive pas à lire cette fichue lettre ! M'écriai-je.
Elle pencha la tête de côté et me fit un sourire.
- Attend.
Elle partit en courant à la suite de Rumplestiltskin qui était arrivé à la portière de sa voiture et allait monter.
- Est-ce que tu saurais rendre une lettre détrempée lisible ? Demanda-t-elle.
Il me lança un bref regard et s'assit derrière le volant. Il ferma la portière, baissa la vitre et nous regarda toutes les deux alors que mon cœur tambourinait dans ma poitrine sous le coup de l'espoir.
- Je le ferais ce soir à condition que l'on ait retrouvé Belle d'ici là et vous avez intérêt à participer activement.
Il ferma la vitre et démarra en trombe. Une vague de colère me submergea et je remis les deux lettres dans l'enveloppe que j'enfonçais dans la poche de mon manteau. Si avant je n'avais pas de raison d'en vouloir à Belle, là, je commençai à en avoir sincèrement marre de ses caprices. Bon, il était certain que si j'étais plus calme je me serais calmée et aurait parfaitement compris que la pauvre fille était bouleversée après avoir été enfermée durant des années et qu'elle se sentait trahie par le fait que Rumple n'ait pas changé mais aujourd'hui n'était pas vraiment le bon jour pour que je décide de comprendre.
- Elle ne pouvait pas rester tranquillement chez elle au lieu de partir gambader dans la nature en mode « youpi tralala je me suis disputée avec mon petit copain et j'ai trop méga envie de prendre l'air parce que je suis trop énervée de la mort qui tue! » ? Prestai-je.
Lilwen me regarda, haussa un sourcil et éclata de rire. Je croisais les bras et elle se reprit.
- Je suis entièrement d'accord avec toi, mais encore une fois, si on veut que tu puisses lire ce message, il va falloir suivre les règles de notre cher propriétaire boiteux à la voix hyper sexy.
Je ne pus m'empêcher d'esquisser un léger sourire et hochai la tête.
- A ton avis, elle est allée où ? Demandai-je.
- Je ne sais pas, mais autant commencer par « chez Granny's » au moins on pourra boire ou manger quelque chose en passant. Un croissant ça me suffit pas, je meurs de faim moi !
Je secouai la tête, désabusée, et lui emboitais le pas pour rejoindre le petit restaurant. Il nous fallut une dizaine de minutes de marches rapide pour y parvenir durant lesquelles je ne pus m'empêcher de réfléchir à cette fameuse lettre. Je m'interrogeai sur son contenu, sur celui qui me l'avait envoyé. Je voulais savoir et le seul moyen d'y parvenir était de retrouver Belle qui était perdue dans la nature parce qu'elle avait cru bon de partir prendre l'air à mon plus grand énervement.
Je poussais la porte et entrais dans le bâtiment, mon regard se promenant sur chaque table à la recherche de la jeune femme qui bien évidemment n'était pas là.
- Ruby ! Tu n'aurais pas vu Belle ? Demanda Lilwen vers la serveuse vêtue de rouge.
Elle s'approcha de nous et s'essuya les mains sur son tablier avant de nous observer tour à tour.
- Vous habitez avec Rumplestiltskin alors je ne vois pas pourquoi je vous aiderais à la retrouver même si je vous apprécie.
J'allais lui lancer une remarque cinglante mais mon amie me dépassa, les poings sur les hanches et un air visiblement agacé peint sur le visage.
- Ecoute-moi bien, et c'est valable pour toutes les personnes de ce fichu bâtiment. Vivre avec quelqu'un ne signifie pas être comme lui. Et avant qu'une tierce personne, sous l'influence de Regina me dise que je suis sa call-girl ou que Naïla l'est, j'aimerais vous dire que ce n'est absolument pas le cas et que si nous cherchons Belle c'est parce qu'elle s'est enfuie après une dispute et que nous aimerions arranger la situation car il s'agissait d'un malentendu. Sachant qu'elle n'a pas de portable, il est clair que nous avons besoin de votre aide. Donc quelqu'un est-il disposé à nous aider ?
Je fus étonnée par sa façon de parler et je me rendis réellement compte à quel point Lilwen avait pris de l'assurance depuis la dernière fois que nous nous étions vues. D'ailleurs, sa nouvelle apparence lui donnait un petit côté noble qui intimait au respect sans qu'elle ne semble s'en rendre compte. Ruby parut un peu gênée et rougis face aux paroles.
- Vous devriez aller voir du côté de la bibliothèque, je lui aie dit de se renseigner pour pouvoir y travailler.
- Merci. Souris-je.
Lilwen hocha la tête et fit demi-tour non sans chiper une pomme dans la corbeille et poser un billet sur le comptoir. Elle croqua dedans et me la lança. Mon estomac jugea bon de se manifester et je mordis dans le fruit délicieusement juteux. Cela faisait du bien de pouvoir manger quelque chose de frais malgré le fait qu'il faisait froid en ce début de février. Mon amie marchait d'un pas décidé, les mains fourrées dans les poches de son manteau et visiblement, elle n'avait pas l'air de meilleure humeur que moi.
- Il y a des moments où j'ai vraiment envie de tuer tous ces gens avec des avis arrêtés. Quoi ? On est forcément méchant parce qu'on vit avec un mage noir ? Pourquoi il faut toujours qu'on nous juge ? C'est vrai, regarde. On observe un peu trop quelqu'un comme par exemple tu vois une fille dont tu aimes le style ou son tatouage ou même son visage et tu te prends un « Quoi ! » agressif ou alors elle prend peur. En fait, chacun de nos gestes peut nous qualifier de mauvais.
Je réfléchis quelques instants à ses paroles. Effectivement, j'avais aussi remarqué qu'à la moindre erreur on nous classait dans une catégorie dont il était très dur de sortir. Nous vivions chez Gold et aux yeux des autres nous étions donc des personnes se complaisant dans le meurtre, pourtant ce n'était pas le cas. Je n'ai jamais voulu tuer quelqu'un et le fait que je vivais avec cet homme ne changeait rien. Certes il nous entrainait à utiliser notre magie et on pouvait imaginer qu'il nous manipulait. Peut-être était-ce le cas mais pour le moment je me sentais libre de mes choix, de mes actes, et j'étais toujours autant opposée à certains de ses gestes alors en quoi serais-je comme lui ? Ou même Lilwen. Elle ne tuerait jamais pas plaisir ou ne blesserait jamais par plaisir alors pourquoi nous placer une telle étiquette ? Mais à force j'avais cessé de m'interroger continuellement sur ce phénomène car depuis que mes pouvoirs étaient apparus, j'avais toujours été classée dans les gens à éviter si on ne veut pas devenir cinglé.
- Je n'en sais rien mais je pense qu'il va falloir qu'on vive avec. Et voyons le bon côté des choses, Rumple ne nous juge pas sur nos fréquentations ou nos pouvoirs pour le moment. Et nous sommes là l'une pour l'autre, c'est le principal.
Elle m'adressa un sourire et hocha la tête. Nous étions devant la bibliothèque dont l'intérieur était caché par des planches. Il n'y avait aucune trace de notre portée disparu à mon grand malheur.
- Bon. Elle commence à m'agacer un peu beaucoup la Belle. Soupira Lilwen.
Je lui indiquais de se taire et lui désignais un petit sac à main que je connaissais. C'était celui de la jeune femme.
- C'est à elle. Elle a du se faire agresser et vu qu'elle n'est nulle part, elle s'est faite enlevée. Déduisis-je, l'angoisse me serrant le cœur.
Lilwen fronça les sourcils et pencha la tête de côté, signe qu'elle réfléchissait intensément.
- Suis-moi ! Ordonna-t-elle.
Elle fit volteface. Je pris le petit sac et courus à sa suite car mon amie avait adopté une démarche de sprinteuse. Je me demandais bien où elle voulait m'emmener car je n'avais aucune idée de où l'on se trouvait dans la ville que je ne connaissais que peu. Je la vis s'arrêter mais je ne plus me stopper à temps et ce fut son bras dans mon ventre qui m'arrêta. Je poussais un cri de douleur étouffé et lui lançai un regard noir.
- Non mais ça ne va pas ! Protestais-je dans un murmure.
- Chut ! Intima Lilwen en mettant un doigt devant sa bouche.
Elle me fit signe d'écouter. Nous étions toutes les deux collées contre un mur et les paroles qui étaient échangées se firent distinctes.
- Emmène-la dans les mines et assures-toi qu'elle traverse cette fichue limite de la ville ! Fit un homme.
Je compris qu'il comptait faire perdre la mémoire à Belle ou à la personne visée car depuis que la malédiction était levée quitter Storybrooke pour les personnes ayant subies le sortilège équivalait à une perte de mémoire totale. Ils redevenaient les personnes qu'on leur avait imposées sous l'effet de la malédiction.
- J'ai compris. Fit un deuxième.
J'entendis un bruit de moteur et Lilwen jura.
- Si on les laisse faire, Rumple nous découpera en rondelles et nous donneras à manger à des porcs ou tout autre animal intéressé par nos humbles carcasses.
- Tu sais où se trouve l'entrée de la mine ?
Elle réfléchit puis hocha la tête.
- Oui, j'y suis allée avec Henry.
Je lui fis un sourire et nous nous élançâmes toutes les deux vers le chemin que mon amie m'indiquait. Mon rythme cardiaque s'accéléra et je priais pour qu'on arrive à temps. Sinon, il était clair que le propriétaire de la ville ne nous le pardonnerait pas. En fait, moi-même je ne me le pardonnerais pas bien que je n'appréciais pas réellement Belle, influencée par Lilwen. Elle me fit descendre une échelle en fer et nous arrivâmes dans les boyaux de la mine. Aussitôt, mon côté claustrophobe se manifesta et ma respiration se fit un peu plus difficile. Mon amie le remarqua et me fit un sourire rassurant.
- Ne t'inquiète pas, tout va bien, on va chercher mademoiselle sainte ni touche et on sort ok ?
J'hochai la tête et elle me sourit. J'entendais des bruits de pas et Lilwen accéléra l'allure. Belle poussa un cri horrifié et je me mis à courir à toutes jambes. Un bruit de ferraille retentit et je vis le wagonnet partir. Mon amie aux longs cheveux de neiges avec quelques mèches roses décocha un coup de poing qui atteignit l'homme dans la mâchoire. Soudain, d'autres personnes surgirent. Il y avait Rumple, Charming, Ruby et un homme que je supposais être le père de Belle. D'ailleurs je me demandais toujours comment mon amie avait su où aller toute à l'heure.
Le sorcier chez qui nous vivions leva la main et un nuage magique s'élança à la poursuite du wagon dont le bruit lointain se fit soudain bien plus fort et bientôt, il fut visible. Il revenait vers nous ! Il fit disparaitre des menottes et le mari de Snow aida Belle à sortir.
- Tu n'as rien ? S'inquiéta Gold.
- Non ça va, merci.
- Tu te souviens de qui je suis ?
- Rumplestiltskin.
Il lui sourit et l'enlaça mais elle le repoussa à ma grande surprise.
- Non ! Je te remercie mais ça ne change rien au fait que tu es trop lâche pour me parler de tes sentiments.
- Viens avec moi ! Je pense pareil de lui. Intervint l'inconnu.
Lilwen serra les poings avec force et le fusilla du regard, semblant se contenir pour ne pas le gifler comme elle avait frappé cet homme il y a quelques minutes à peine. Il avait d'ailleurs filé.
- Non père ! Tu as vu ce que tu viens de me faire ! Tu ne vaux pas mieux que lui au final ! Et je ne veux plus jamais revoir l'un de vous deux.
Cette fois-ci, mon amie ne se contrôla pas et attrapa le poignet de la jeune femme mais le vieil homme voulu intervenir. Elle se tourna vers lui et un feulement menaçant qui n'avait rien d'humain s'échappa de ses lèvres.
- Enlève tes sales pattes de là parce que crois-moi, la prochaine fois je te dévore un membre. Et si j'avais su, je l'aurais déjà fait dans la pièce quand tu as volé les objets de Gold.
Le fleuriste recula, soudain effrayé par mon amie bien que je ne comprenais pas de quoi il en retournait. Cette dernière se tourna vers Belle dont les yeux s'étaient agrandit face à la surprise.
- Quant à toi, tu devrais peut-être revoir tes positions et te remettre en question parce que s'il ne t'avoue pas tout c'est peut-être parce qu'il n'est pas encore prêt. Pour toi c'est simple, tu es lumineuse, joyeuse. Lui, moi ou Naïla c'est différent. On a souffert, on a été trahis des dizaines de fois et même quand on aime énormément quelqu'un, lui confier nos peurs ou nos sentiments d'ailleurs est quelque chose de très difficile. Tu dis que lui ne t'aime pas assez, mais et toi, est-ce que tu l'aimes assez pour comprendre ça et le comprendre lui parce que pour le moment j'en doute. Maintenant, je vais te laisser partir et tu vas réfléchir à tout ça.
Elle relâcha la jeune femme et je remarquais l'expression de compréhension qui s'était affichée sur le visage de Ruby. Charming qui ne semblait pas vraiment savoir ce qu'il se passait et Rumple dont le visage oscillait entre l'incrédulité, la colère et une certaine forme de bienveillance.
- De quel droit tu te permets de me faire la morale là-dessus ! Protesta Belle.
- Je me permets de te la faire parce que personne n'a l'air décidé à te remettre à ta place et parce que Gold est mon ami et je compte bien le défendre.
Les deux femmes se toisèrent, aussi furieuses l'une que l'autre. Je voulus intervenir pour calmer le jeu mais l'héroïne de contes me coupa dans mon élan.
- Quand il sera honnête alors tout ira mieux. Et contrairement à ce que tu crois, tu n'es pas la seule à souffrir.
Elle fit volte-face et partit. Lilwen poussa un cri de colère et se tourna vers nous.
- Retrouvez Belle qu'il disait ! Elle est charmante ! Mais ouais ! Même une porte de prison serait plus aimable !
Rumple se crispa alors que Ruby pouffait discrètement et s'en allait, Charming à sa suite et faisant avancer le fleuriste menotté. Il ne restait donc plus que mon amie, notre « protecteur » et moi.
- Sans vouloir te vexer, je ne compte pas partir une nouvelle fois à sa recherche. Emis-je.
Il secoua la tête et partit vers la sortie. Je lui emboitais le pas, Lilwen devenue totalement silencieuse à mes côtés. Je remarquais qu'elle se frottait les mains montrant ainsi qu'elle était gênée. J'aurais bien voulu la prendre dans mes bras pour la rassurer mais le moment ne s'y prêtait pas vraiment et d'ailleurs, elle n'avait pas l'air de vouloir le moindre contact pour le moment.
Je savais qu'elle s'interrogeait sur la réaction de Gold face aux paroles qu'elle avait dites à Belle. Pour le moment, il n'avait pas l'air de l'avoir mal pris mais je savais aussi qu'il était quelqu'un de réfléchi et qu'il pourrait y passer des heures mais il tenterait par tous les moyens de décrypter les réactions des deux jeunes femmes. Parfois, je me demandais comment il faisait pour réfléchir ainsi à chaque réaction, à prévoir des plans aussi astucieux. C'était impressionnant et pourtant, je sentais que cette façon de penser était aussi un handicape dû à une blessure profonde. Par exemple par le fait que toutes les femmes qu'il ait connu aient fini par le repousser.
Il nous fit monter dans sa voiture et démarra en trombe pour rouler jusqu'à sa maison qui pouvait faire office de petite manoir.
- Je vais faire en sorte que ta lettre soit lisible. Fit-il simplement.
Un élan de joie me parcourut brusquement et un sourire apparut sur mon visage sans que je ne l'en empêche. J'allais enfin savoir ce que contenait cette enveloppe et comprendre pourquoi je l'avais reçu, d'où elle venait… Mon amie me fit un clin d'œil et je lançai un coup d'œil au conducteur qui avait les yeux rivés sur la route.
- Lilwen. Commença-t-il.
Je la vis se crisper sur le siège.
- Il va falloir que l'on parle toi et moi ce soir.
Je la vis blanchir et elle murmura un petit « d'accord », intimidé, qui étonna le seul homme du véhicule. Il se gara devant le manoir et sortit. Je lui emboitais le pas, me retenant de le pousser pour qu'il aille plus vite. J'attrapais la main de mon amie pour la rassurer mais celle-ci semblait totalement absente. Nous finîmes par nous installer dans le salon tous les trois et je tendis l'enveloppe à l'homme. Il sortit précautionneusement les deux lettres et les posa sur la table. Sa main s'auréola d'une brume violette et scintillante. Il la passa au-dessus des papiers et l'encre se mit à bouger, revenant vers lettres qui devinrent de plus en plus nettes. C'était lisible ! Il referma le poing et la lueur disparut.
Je me saisis de mon précieux butin qui provenait d'un parchemin à ma plus grande surprise. J'allais enfin pouvoir savoir. J'entamais la lecture à voix haute.
Naïla,
Je sais que ma lettre va te paraitre étrange, ou peut-être même que tu n'y croiras pas mais je ne pouvais pas faire autrement que de te le dire. Ca faisait plusieurs mois que je suis au courant mais je n'ai trouvé ton nom que maintenant. Je m'appelle Harry, j'ai seize ans depuis le mois de juillet et je suis en sixième année à l'école de sorcellerie Poudlard. Je sais que ça peut paraître étrange mais je pense que tu es au courant que tu as des pouvoirs magiques. Enfin si ce n'est pas le cas, tu me prendras pour un fou.
J'ai appris récemment que tout ce que je croyais était faux. Enfin presque tout. Mes parents sont morts lorsque je n'avais qu'un an. Ma mère s'appelait Lily Evans et mon père, James Potter. Mais maintenant je sais que ce n'était qu'un mensonge, même si ma mère est toujours la même personne, James n'est pas mon père. Mon père est un mangemort. Il s'appelle Severus. Et je dois dire que jusqu'à maintenant, nos rapports sont plutôt haineux. Il ne sait pas que je suis son fils et je pense qu'il ne vaut mieux pas que je lui apprenne seul. J'aurais besoin de toi. Jusqu'à maintenant tu dois te demander pourquoi je te demande ça mais à vrai dire, je suis ton frère. Tout t'est expliqué dans l'autre lettre. Je suis désolé, j'aurais voulu te le dire en face mais ça m'est impossible. Je ne peux pas quitter Poudlard. J'espère que tu vas bien et que tu accepteras de me parler. Prend le temps qu'il faudra mais s'il te plait, répond au moins pour me dire ta décision.
Dans l'espoir de mieux te connaître
Harry.Mon cœur manqua un battement à la lecture de la lettre et je ne parvenais plus du tout à réfléchir convenablement. J'avais un frère. Et mon père était un mangemort. Et ma mère était morte. Et Harry avait dix ans de moins que moi. La main de Lilwen se posa sur mon bras et je la regardais, toujours hébétée, la bouche ouverte dans une expression de stupeur. Rumplestiltskin était silencieux et me regardait avec attention. Ma main se crispa sur la seconde lettre et je me mis à trembler légèrement avant de poser mon regard dessus, un peu effrayée par ce que j'allais découvrir.
Ma chère Naïla,
Je ne sais pas vraiment par où commencer mais je vais raconter ce qu'il m'est arrivé tout en espérant que tu ne me détesteras pas.
Je suis née de parents moldus, mon nom est Lily Evans. J'ai une grande sœur, Pétunia, qui n'a pas de pouvoirs magiques comme le reste de ma famille excepté moi. A l'âge de dix ans, j'ai rencontré un garçon nommé Severus qui m'a parlé de la magie, nous sommes devenus amis puis nous avons reçus nos lettres de Poudlard. Nous avons suivis notre scolarité ensemble bien que moi je sois dans la maison Gryffondor et lui Serpentard. Nous nous retrouvions à chaque pause et avions certains cours en commun. Il était très doué en potion et j'avoue que je l'admirais beaucoup pour ça. Malheureusement, James Potter et sa bande, les maraudeurs, l'ont pris pour cible de leurs blagues alors que James me draguait ouvertement. Ça ne m'a pas empêché de sortir avec Severus à partir de mes seize ans. Les rendez-vous devenaient assez difficiles mais grâce à Lucius, son meilleur ami, nous parvenions à nous voir, bien qu'il nous ait fallu du temps pour le convaincre de nous aider car il n'aime pas les moldus ou les nés moldus.
Toujours est-il que je suis tombée enceinte de Severus. Ton père. Je ne lui aie pas annoncé la nouvelle car peu de temps après l'avoir appris, j'ai su qu'il s'était enrôlé chez les mangemorts. Je me suis donc confié à Dumbledore, la personne en qui j'avais le plus confiance, et à l'infirmière. Elle m'a aidé à camoufler ma grossesse et m'a rassurée. Je ne savais pas comment gérer un enfant. J'avais peur de ne pas être à la hauteur. J'étais trop jeune, je ne pouvais plus rester avec Severus. J'ai voulu te donner une belle vie que tu n'aurais pas avec un père mangemort et une mère idiote comme moi. Dumbledore m'a conseillé de t'envoyer en France, chez des moldus, afin qu'ils t'adoptent. J'ai accepté et jamais Severus n'a été mis au courant. Le directeur m'avait assuré que c'était la meilleure solution, que personne ne te ferait de mal et que jamais le Seigneur des Ténèbres ne te mettrait la main dessus. Neuf ans plus tard, Severus est revenu vers moi, il m'a tout expliqué. Ce qui opposait le terrible mage noir et le directeur de Poudlard. Il m'a dit pourquoi il est devenu mangemort et je lui ait pardonné. Nous nous sommes secrètement mis ensemble et James qui entre temps était devenu mon meilleur ami, s'est fait passer pour le père d'Harry. Encore une fois, Severus n'était pas au courant de la naissance de son enfant car il a dû partir en mission sur ordre du Seigneur des ténèbres et je l'ai cru mort. Je t'ai cherché durant des mois pour savoir comment tu allais, pour pouvoir te veiller de loin, n'ayant pas le cœur de briser celui de tes parents adoptifs en te reprenant. Je t'ai donc écris cette lettre pour que tu saches que malgré tout ça, je t'aime et je suis sincèrement désolée pour ces décisions que j'ai prises.
Avec tout mon amour,
Lily.Ma respiration se bloqua dans ma poitrine face aux révélations et mon cœur se mit à battre la chamade. Tout arrivait d'un coup et j'avais l'impression que plusieurs pièces du puzzle de ma vie venaient de s'assembler d'un seul coup et ce très douloureusement car je ne parvenais pas à comprendre pourquoi ma mère m'avait abandonnée. Pourquoi cette guerre ? Et je n'avais aucun visage sur les noms que je venais d'assimiler. J'étais totalement perdue et je me sentais vraiment mal à l'instant présent. J'avais l'impression que mon monde s'effondrait et les larmes se mirent à dévaler mes joues sans que je ne les en empêche. Lilwen me prit dans ses bras et j'éclatais en sanglots. Elle me berça durant plusieurs minutes ou plusieurs heures. Rumple partit d'ailleurs, nous laissant toutes les deux. Et toujours cette boule d'angoisse m'enserrait et m'empêchait de respirer convenablement. Je savais qui étaient mes parents mais je ne savais toujours pas qui j'étais.
