- Je sais ce que tu es.

Dès son retour à Poudlard, Lily s'était précipitée au septième étage, espérant le trouver avant que ses camarades de maison n'arrivent. Le dortoir des garçons de cinquième année de Gryffondor était vide ; les lits faits n'avaient pas encore retrouvé leurs occupants absents pour les vacances. Seul un recoin semblait encore en vie, l'endroit où Ellis s'affairait au moment où elle fondit sur lui sans prévenir.

- Qu'est-ce que tu fiches ici ? fit-il en se retournant dans un mouvement de recul étonné.

- Je viens de rentrer, répondit Lily encore essoufflée de sa course. Je n'ai pas pu attendre. Je sais... Je sais comment tu as fait pour changer de place aussi vite dans le stade de Quidditch.

Ellis soupira en déposant sur son lit la pile de vêtements gris qu'il tenait et lui fit face avec un air las, lui signifiant d'un sourcil excédé qu'il voulait bien l'écouter pour peu qu'elle se dépêche. Visage et trimbre de voix triomphales, Lily déclara alors :

- Tu es un vampire.

La réaction d'Ellis se fit attendre. Il se contenta de la dévisager un long moment de ses yeux muets avant de fermer les paupières en se prenant l'arrête du nez comme pour lutter contre un mal de crane coriace.

- Ton cas ne s'est pas arrangé avec les vacances, se lamenta-t-il.

D'abord passablement dépitée, Lily s'avança un peu plus vers lui en comprenant la cause de son déni.

- Ça va, fit-elle à voix basse sur un ton complice. Ne t'inquiète pas. Je sais que tu ne peux pas en parler mais je n'ai rien dit à personne et je n'ai pas l'intention de le faire. Tu peux me faire conf...

Ellis la stoppa d'un geste de la main, la mine semblant soudain se teindre de consternation.

- Où est-ce que tu as bien pu aller chercher ça ?

- Je... Je l'ai déduit.

- Alors les vampires ont le don d'ubiquité ? demanda Ellis comme stupéfait.

- Non, objecta Lily sur la défensive. Ils se déplacent seulement si vite que nous... enfin, les humains ne peuvent pas les voir.

- Les "humains" ? répéta-t-il sur le même ton sidéré.

- Les humains ou les mortels, rectifia Lily.

Ellis leva les yeux au ciel en secouant la tête.

- Il n'y a pas que ça, reprit-elle, bien décidée à aller au bout des choses même devant la façade qu'il continuait à lui présenter.

Mais sa nouvelle tentative fut interrompue par des bruits de pas et de voix dans les escaliers. Deux garçons chargés de sacs firent alors irruption dans le dortoir et ne purent s'empêcher d'échanger un regard amusé en découvrant Lily - regard qui fut aussitôt effacé par celui que leur lança Ellis. Comprenant que leur présence n'était pas souhaitée, ils se contentèrent de déposer rapidement leurs affaires près de leur lit avant de ressortir sur le champ.

- Ça va, on vous laisse seuls, railla l'un d'eux.

Des éclats de rire retentirent ensuite dans les escaliers et c'est seulement lorsque le silence fut complètement rétabli qu'Ellis proposa à Lily de reprendre là où elle en était restée. La tête pleine des images qu'elle s'était repassée un millier de fois depuis ces trois derniers jours, elle continua alors :

- Le premier jour. Dans la diligence. Quand tu as empêché la cage d'Iris de basculer. En cours de Potions. Quand tu as paré le flot de solution de Force le jour où j'ai renversé le chaudron. Á la bibliothèque. Quand tu as rattrapé le livre tombé de la pile que Hugo déposait sur la table.

- En quoi avoir de bons réflexes fait-il de moi un vampire ?

- Mais les indices ne s'arrêtent pas là, fit Lily en cédant peu à peu à l'impatience.

Face à elle, Ellis continuait de l'observer de son air faussement exténué.

- Tes mains, dit-elle alors en les lui saisissant. Elles sont froides.

- Ouah ! fit mine de s'émerveiller Ellis sans retirer ses mains de celles de Lily ainsi qu'elle s'y était pourtant attendue. En effet, c'est vraiment très étonnant d'avoir les mains froides lorsqu'on se trouve dans un château en plein hiver !

Lily le lâcha rageusement pour abattre ses poings sur ses hanches. Elle allait repartir à la charge mais Ellis ne lui en laissa pas le temps et poursuivit en se tapant le front à la manière de quelqu'un qui prend conscience de la stupidité de son erreur :

- Oh mais non, tu vas me répondre que mes mains ne sont pas la seule partie de mon corps à être dépourvue de chaleur !

- Oui. Le sang des vampires est froid, tenta-t-elle d'ajouter en se remémorant les paroles exactes de sa tante avant qu'Ellis ne lui coupe à nouveau la parole.

- Très bien, alors ne te gène pas, fit-il avec emphase en écartant les bras. J'allais justement passer ma tenue de nuit. Dis-moi quelle partie de mon anatomie tu voudrais toucher pour vérifier ta théorie ?

Lily se retrouva à cours de mots pendant quelques secondes - le feu à ses joues n'aidant pas à son ressaisissement – puis reprit soudain avec fougue :

- Tu vas donc aller te coucher sans manger !

- Oui, et alors ? s'étonna encore Ellis sans l'hésitation que Lily s'attendait à le voir afficher. Je ne vois pas ce qui pose problème dans le fait de sauter un repas.

Il s'interrompit net et l'espace d'un instant, une mimique semblant à s'y méprendre à un sourire passa sur son visage.

- J'y suis ! reprit-il aussi sec. Tu penses que je ne mange pas parce que je suis censé me nourrir de sang !

Lily se contenta de répondre par l'affirmative d'un signe de tête renfrogné.

- Et il n'y a rien d'aberrant, là encore, à ce qu'un directeur accepte un élève qui se nourrit exclusivement de sang humain dans son école ! Après tout, continua-t-il avec toute l'ironie dont il était capable d'user, étant donné le nombre de pensionnaires ici présent, il y en aura toujours un ou deux à suçoter sans que leur sort ne vienne à être remarqué.

- C'est peut-être justement pour cette raison qu'ils n'ont plus voulu de toi à Durmstrang, riposta Lily, une lueur combative dans les yeux.

Ellis secoua encore la tête en soupirant.

- Et d'ailleurs, ce genre de chose s'est déjà vu à Poudlard, enchaîna-t-elle en croisant les bras. Le père d'un de mes cousins était élève ici et c'était un loup-garou.

- Oui, alors ça change tout ! Si les directeurs se mettent à accepter n'importe quelle créature...

- C'était le professeur Dumbledore ! précisa Lily en s'efforçant de se contenir encore devant le haussement d'épaules d'Ellis, paraissant dire "Oui, mais Dumbledore, c'était Dumbledore".

Un court moment de silence se maintint entre eux, nécessaire à Lily pour qu'elle se calme avant de reprendre, incisive :

- La pâleur de ta peau.

- Si tous les gens au teint pâle devaient en être, alors il y aurait une meute de vampires assez conséquente dans la région, contra Ellis. Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, le soleil n'est pas vraiment au rendez-vous dans cette partie du pays.

- Le soleil ! envoya alors Lily.

- Quoi, "le soleil" ? fit Ellis avant de réaliser où elle voulait en venir. Tu m'as déjà vu dehors à la lumière du jour, non ? Je ne me suis pas réduit en cendres pour autant !

- Non, mais les vampires peuvent résister au rayons du soleil, contrairement aux idées reçues.

- Voyez-vous ça ! Et dans quel livre as-tu bien pu lire toutes ces idées saugrenues ?

- Pas dans un livre, maugréa Lily avant d'être interrompue par de nouveaux bruits de pas.

- Lily ? fit Albus en apparaissant à l'embrasure de la porte.

Il sembla hésiter à entrer et Lily ne réalisa qu'à ce moment-là que personne d'autre n'avait osé le faire depuis la venue des deux garçons, même si tous les Gryffondor devaient à présent avoir rejoint leur salle commune.

- Je suis venue voir Ellis pour mettre au point un détail concernant notre devoir commun de potions, se justifia-t-elle alors.

- Tu avais besoin de le faire sitôt rentrée ?

- C'est à rendre demain.

- De toute façon Lily allait partir, intervint Ellis très calmement. Nous sommes tombés d'accord sur la question qui nous divisait.

Lily le foudroya du regard. Lui, ne lui accorda qu'un bref coup d'œil glacial. Elle fit alors volte-face pour rejoindre Albus près de la porte.

- Bonne nuit, crut nécessaire d'ajouter Ellis.

- Tu ne descends pas dîner ? s'étonna Albus à son encontre.

Lily s'immobilisa près de son frère avec un vague sourire enchanté.

- Non, fit la voix neutre d'Ellis. Je n'ai pas très faim ce soir, je préfère me coucher de bonne heure pour la reprise des cours demain.

- Très bien, approuva Albus sans s'étonner le moins du monde de cette réponse.

Le sourire de Lily fondit comme neige au soleil. Elle se précipita dans les escaliers sans rien ajouter, furibonde. Au bas des marches, dans la salle commune, un groupe d'élèves parmi lesquels se trouvaient les deux garçons congédiés s'arrêta de parler en l'apercevant et la dévisagea d'un air moqueur.

- Quoi ! fulmina-t-elle.

Certains élèves semblèrent se pétrifier sur place avant que les rires ne reprennent de plus belle dans son dos lorsqu'elle s'engouffra dans le passage vers la sortie.

Si Ellis pensait que la question était réglée, il se trompait lourdement. Tandis qu'elle regagnait les étages inférieurs, elle se demanda ce qui l'excédait le plus. Était-ce l'obstination d'Ellis à parer habilement chacune de ses preuves ? Était-ce plutôt le fait de réaliser qu'il ne lui faisait tout bonnement pas assez confiance pour tout avouer ? Á bien y réfléchir, elle ne s'y était pas prise de la meilleure façon possible pour le confondre. Elle pensa – un peu trop tard cependant - qu'elle aurait dû commencer par le mettre à l'épreuve avant de lui avouer ce qu'elle savait. Elle aurait ensuite pu en tirer toutes les conclusions nécessaires et les lui livrer de but en blanc.

Pourtant tout coïncidait de façon si troublante. Et encore, elle s'était bien gardée d'abattre la carte maîtresse de son jeu. Seulement la preuve qui la persuadait de sa théorie était aussi la plus difficile à avouer.
Ce garçon taciturne, désagréable, y compris et en particulier avec elle, au physique pourtant si peu engageant et dont elle soupçonnait une nature terrible suffisante à elle seule à la convaincre de le fuir, continuait à l'intriguer, à la fasciner...

Parvenue au rez-de-chaussée, elle s'arrêta et fixa l'entrée de la Grande Salle plusieurs longues secondes, les yeux dans le vide. Elle pesta en réalisant qu'elle n'avait pas faim, puis, bien consciente qu'une hypothétique absence de sa part ne passerait pas inaperçue, elle s'avança pour se joindre aux petits groupes d'élèves qui entraient et prenaient place pour le dîner.

Á l'agitation habituelle de chaque repas au château venait s'ajouter ce soir une petite dose d'effervescence, bien perceptible pour qui prenait le temps de s'en soucier. Certes, il fallait compter avec le retour des vacances mais cet élément n'était pas l'unique cause du changement d'atmosphère. En effet, l'Élu était là. Á vrai dire, il n'était pas encore là, physiquement parlant, puisque la table des professeurs était encore inoccupée mais tous savaient qu'il était arrivé par ceux d'entre eux qui prétendaient l'avoir aperçu dans les couloirs.

S'efforçant de se fondre dans la masse, Lily rejoignit sa table le plus rapidement possible. Pas question de s'inviter à celle des Gryffondor pour cette fois, pas seulement pour fuir la compagnie d'Albus (elle en aurait encore été quitte pour lui rendre des comptes sur sa présence dans le dortoir des cinquième année) mais surtout pour être certaine d'être vue à sa place, et avec ceux de sa maison – l'un d'eux plus particulièrement. En outre, les sujets de discussion y seraient certainement un peu moins orientés "professeur Potter" que partout ailleurs.

Les tables des quatre maisons étaient déjà complètes lorsque les premiers convives virent s'installer à celle des professeurs. Partout dans la salle, les visages tournés vers la porte d'entrée, surtout ceux des première année, guettaient l'arrivée imminente de l'invité d'honneur.

Á la grande déconvenue de Lily, Scorpius ne s'était pas encore montré. Elle enragea à nouveau de n'avoir pu faire comme Ellis et lui, à savoir manquer le repas purement et simplement. Si au moins son père avait eu la bonne idée de ne pas se faire attendre, la soirée n'en aurait été que plus courte. Mais non, comme à son habitude, il semblait préférer attendre le dernier moment pour faire une entrée remarquée - Même s'il avait toujours eu une explication valable à ses contre-temps, Lily en était venue à se demander si à la longue il ne le faisait pas un peu exprès.

Cette année, il partagea la vedette avec son confère et ami, le professeur Londubat. Les deux sorciers, visiblement très réjouis de leurs retrouvailles annuelles, étaient en grande discussion au moment où ils franchirent la porte de la Grande Salle. Le changement sonore qui s'ensuivit soudain les sortit de leurs rires, Harry semblant s'étonner de l'accueil qui lui était encore fait plus de dix ans après ses premiers cours en tant qu'intervenant en DCFM.

Ils traversèrent la salle dans un quasi silence. Lily s'efforça de se faire toute petite lorsqu'ils passèrent à son niveau mais même séparés par trois rangées d'élèves, son père ne put s'empêcher de lui adresser un petit signe de la main auquel elle se força à répondre d'un fugace mouvement de tête. L'ignorer l'aurait exposée à une très possible bifurcation de l'Élu vers sa table - chose qui s'était déjà produite en première année et dont elle se passait fort bien depuis.

Elle se borna ensuite à fixer son assiette vide et ses couverts pour ne plus avoir à croiser les visages curieux de ses camarades. Elle ne put cependant ignorer les chuchotements qui voletaient ça et là, ni les gloussements caractéristiques à la table d'à côté. Comment diable des filles pouvaient-elles être émoustillées par quelqu'un qui avait près du triple de leur âge ?

Lorsqu'elle fut décidée à relever la tête, les deux retardataires avaient enfin pris place à la table des professeurs et Slughorn s'apprêtait à entamer son petit discours de bienvenue "spécial Harry Potter". Rien de bien extraordinaire mise à part une énième éloge au grand sorcier et tout l'honneur que le directeur se targuait de recevoir, au nom de l'école entière, pour le merveilleux présent qu'il leur faisait en venant en ces lieux, année après année, alors que ses fonctions d'Auror ne lui en laissaient que peu le loisir, permettant ce faisant d'ouvrir la voie à tous ces chers élèves en quête de perfection, etc...

- J'ai raté quelque chose ? fit Scorpius à voix basse en s'installant près de Lily au moment où les plats apparaissaient - enfin - sur les tables.

- Non. Rien, assura-t-elle, aussi catégorique que fausse.

L'un et l'autre échangèrent un bref regard entendu. Lily eut ensuite le temps de se servir une portion de purée de pommes de terre, d'y piocher quelques fourchetées pour finalement se contenter de tracer machinalement des sillons dans son assiette avant que Scorpius ne trouve un sujet de conversation plus adéquat.

- Je me suis occupé des préparatifs de la fête pendant ces vacances.

Même si ces mots la ramenaient encore à son père, Lily choisit de reléguer sciemment ce petit détail dans un coin de sa tête - pour peu qu'il y en ait encore eu un de disponible. Sans renoncer à ses mouvements de fourchette, elle se tourna vers son voisin de façon à lui faire comprendre qu'elle l'écoutait et qu'il pouvait continuer sans craindre sa mauvaise humeur manifeste. Elle s'en voulut même de l'accueil qu'elle venait de lui réserver mais ravala ses excuses en le voyant sourire, lui signifiant silencieusement qu'il comprenait.

- J'ai réussi à réserver le groupe Le Diable Sort En Ville pour la soirée, fit-il alors avec fierté.

- Vraiment ! s'ébahit Lily. Comment est-ce que tu t'y es pris pour faire venir un des plus grands groupes actuels à une simple... à ta fête d'anniversaire ?

- Question de relations.

- Et quand allons-nous recevoir les invitations ?

- Pas d'invitation, précisa Scorpius. J'ai dit depuis le début que tout le monde serait le bienvenu et ça restera ainsi. (Lily acquiesça d'un petit air de contentement). Le seul impératif est de venir accompagné.

- Accompagné ?

- Oui, en couple. Comme à un bal, à vrai dire.

- Oh, fit Lily en souriant timidement, tu as vraiment l'air d'avoir prévu les choses en grand.

- J'espère que tu pourras venir, se contenta de répondre Scorpius.

- Je l'espère aussi, ajouta-t-elle en perdant son sourire et en tournant la tête vers le fond de la salle.

Á la table des professeurs, son père, pourtant très occupé, lançait de brefs coups d'œil dans leur direction. Lorsque Scorpius imita Lily en réalisant l'objet de son assombrissement, le regard vert se fit subitement plus soutenu. Elle replongea alors dans son assiette en soufflant de dépit. Á côté d'elle, aucun commentaire ne fut fait, ce qu'elle apprécia grandement.

- Je crois que je vais y aller, fit Lily après un long moment silencieux, son assiette ressemblant à un parfait champ de bataille.

- Tu veux qu'on aille faire un tour ?

- Seulement si tu as décidé qu'aujourd'hui était un bon jour pour mourir, lança-t-elle sans humour.

- Hmm, se ravisa Scorpius. Je pourrais aussi te rejoindre dans un moment.

- Crois-moi, continua Lily, toujours amère, tu ferais mieux de rester à ce repas jusqu'à sa toute fin.

Elle assortit son commentaire d'un petit mouvement de menton revêche en direction de la table des professeurs. Scorpius ne put qu'acquiescer. Elle se leva et prit alors la direction de la sortie, réalisant qu'elle n'avait en fait pas besoin de garder la tête baissée pour éviter d'attirer l'attention sur elle. Partout dans la Grande Salle, les regards ne se portaient que sur l'Élu et non sur la "fille de l'Élu"...

Lorsqu'elle se retrouva dans le hall d'entrée du château, même si plusieurs choses perturbaient encore son attention, elle eut la nette impression de voir une silhouette sombre sous le grand escalier de marbre filer vers les étages. Aucun bruit de pas ne se fit entendre cependant. Elle lutta mentalement pour que la partie d'elle-même qui venait encore d'identifier Ellis, ne se manifeste pas. Pestant pour la seconde fois de la soirée et avec encore plus de conviction, elle prit alors le chemin de la bibliothèque. En passant son début de soirée parmi les livres, là où même si elle savait que les réponses avaient toutes les chances d'être caduques, elle parviendrait peut-être à canaliser ses pensées pendant un moment. Car comment raisonner clairement ? La raison avait-elle encore seulement quelque chose à voir dans tout ça ?