Dimanche 16 Aout 2015 :
Me reprise hier c'est fait tranquillement. Le mois d'Aout est toujours plus calme, même s'il garde son lot d'urgence diverses et variées.
Je suis de garde aujourd'hui aussi. Avoir pu prendre trois semaines de vacances s'est fait au dépend du reste de mon été. Je vais enchainer les gardes de 12 heures à un rythme effréné pendant les deux prochaines semaines. Heureusement qu'Alice et Renée sont parties quelques jours à Forks. Alice va en profiter pour passer un peu de temps avec la mère de Tyler qu'elle ne voit pas très souvent.
J'arrive à l'hôpital à 6h50, le temps de me changer je suis à la relève à 7 heures tapante. Le Dr Black est là avec le Dr Banks. Elle me fixe d'un regard étrange, presque révérencieux ? C'est étrange. Le Dr Black me fait un clin d'œil et me traite de petite cachotière. J'avoue que je ne comprends rien et il lève les yeux au ciel et rigole.
Toute l'équipe arrive et la relève commence enfin sérieusement. Si les urgences sont un peu plus calmes, la moitié des lits sont fermés sur l'hôpital et cela se ressent sur notre capacité à faire hospitaliser nos patients. Du coup, la petite mamie que j'ai accueillie hier en fin d'après-midi est toujours là. Elle s'est fracturée le bassin en tombant, et si elle ne nécessite pas de soins compliqués, elle n'est pas capable de rentrer seule chez elle pour le moment. Son fils n'est toujours pas arrivé et je sens qu'on va avoir du mal à lui trouver un lit. La perte d'autonomie est un des motifs d'hospitalisation les moins apprécié par mes confrères. Je mets Mme Cope sur le coup d'un hochement de tête. Elle me répond de même. Nous avons appris à nous connaitre toutes les deux et nous sommes devenues maitresse de la communication non verbale. Elle est la championne dans ce genre de situation.
La plupart des autres patients sont arrivés il y a trop peu de temps pour que leurs diagnostics soit faits, les bilans ont été lancé ou demandé. Il n'y a plus qu'à attendre.
Le Dr Black me refait un clin d'œil en partant, je croyais qu'on avait dépassé ce stade tous les deux et me retient de le lui faire remarquer devant toute l'équipe. En passant, je l'entends murmurer :
« Elle avait bien caché son jeu la coquine. »
Je me demande s'il parle de moi, mais laisse couler car j'ai du boulot qui m'attend.
Je relis les dossiers des deux autres patients qui sont dans mon secteur. Mr Li est un homme de 35 ans admis pour douleur abdominale fébrile, selon mon confrère, il pourrait s'agir d'une cholécystite aigue. Les résultats de biologie ne sont pas encore là et une échographie est déjà programmée. L'autre s'appelle Mme Germain, 74 ans, elle est suivie en oncologie sur l'hôpital, elle présente un tableau fébrile d'origine indéterminée alors qu'elle est sous chimiothérapie adjuvante pour un cancer du côlon. La biologie est arrivée partiellement et confirme le syndrome inflammatoire avec une neutropénie majeure, probablement liée à la chimiothérapie. Une aplasie fébrile, l'antibiothérapie ne va pas pouvoir attendre. Je vais la voir en premier.
La matinée passe vite et je n'ai pas vraiment le temps d'analyser le comportement étrange de certaines personnes avec moi. Mes collègues sont plus amicaux, la cordialité polie dont je fais l'objet habituellement est remplacé par quelque chose que je ne sais pas analyser et qui me rend un peu mal à l'aise. Je surprends aussi quelques murmures qui semblent me concerner. Mon téléphone est en silencieux dans ma poche mais je remarque qu'au fil des heures je reçois plusieurs messages d'Edward et de Rosalie. Je prends le temps d'ouvrir le premier texto d'Edward vers 14 heures lors de ma pause déjeuné.
Je suis désolée, j'espère que tu ne m'en veux pas. Appelle moi E
Je relis le message incrédule plusieurs fois. Pourquoi est-ce que je lui en voudrais. Je sens que quelqu'un s'approche de moi et avant que je n'ai pas le temps de relever la tête, la voie du Dr Tahoe résonne trop près de mon oreille :
« C'est Cullen ? La chance, je ne sais pas ce que je donnerais pour avoir son numéro. T'as des infos sur leur stratégie d'offensive contre les Chiefs la semaine prochaine ? Franchement, la défense n'aurait jamais dû laisser passer ce Touch-down vendredi, on les tenait. »
La surprise causée par la proximité déplaisante de Tahoe et l'énergie que je consacre à éviter de lui flanquer mon poing dans la figure m'empêche de comprendre tout de suite ce qu'il vient de dire. Je ravale à la dernière minute un cri de petite fille apeuré et regarde mon collègue avec suspicion tout en m'éloignant à une distance socialement respectable de lui.
« De quoi est-ce que tu parles ? »
« Tu étais au match contre les Broncos Vendredi ? »
« Non, j'étais de garde Vendredi. Pourquoi ? Et comment sait-tu que c'est Edward qui m'écrit ?»
Merde. Au grand sourire qu'il me fait je sais que j'en ai trop dit, mais franchement, mon amitié avec Cullen n'est pas un secret, je ne suis pas assez proche de mes collègues pour en parler à tout bout de champ c'est tout. Je suis une discrète. Une asociale en pleine reconversion, vous vous souvenez !
« Alors, c'est vraiment Cullen. Tu sors vraiment avec ce type. Je n'y croyais pas quand Jake m'a montré les photos tout à l'heure ! »
« De quelles photos tu parles ? »
Je ne sais pas pourquoi mais je crois avoir une bonne idée de ce qu'il va me montrer. Le message d'Edward à plus de sens maintenant. Et j'imagine bien ce que doivent contenir ceux venant de Rosalie. Mince, je n'ai pas envie de gérer ça maintenant. Je suis de garde, j'ai faim et je ne sais pas gérer l'attention. Je déteste l'attention.
Je jette un rapide coup d'œil à la photo d'Edward me tenant tout contre lui alors qu'il me raccompagne à ma voiture l'autre jour et ne lis même pas la légende probablement accrocheuse qui s'étale en lettres grasses au bas du cliché.
Je secoue la tête et plante Tahoe sur place. Nous sommes dans la salle de repos et plusieurs personnes sont entrées et semblent bien trop intéressées par notre conversation à mon goût.
En partant, je me retourne et, sans vraiment savoir pourquoi lui lance ainsi qu'à toutes les personnes présentes :
« Cullen est un ami. Et franchement, on ne parle pas football, je suis incapable de différencier un Touch-Down d'un Field goal* de toute façon. »
Ce n'est pas vrai, j'ai fait de gros progrès dans ma compréhension du jeu depuis quelques mois, même si je suis encore incapable d'en comprendre toutes les subtilités. J'ai d'ailleurs acquis un profond respect pour Edward quand j'ai commencé à m'intéresser à tout ça, en tant que Quaterback, c'est lui qui mène la danse, qui fait le jeu, même s'il écoute les consignes de ses entraineurs. Il m'a expliqué que les tactiques sont décidées bien avant le match et que les ajustements de dernière minute se font souvent en concertation avec lui et parfois même, ils le laissent improviser sur le terrain quand les choses ne se déroulent pas selon leurs plans. Il doit connaitre la défense adverse sur le bout des doigts pour anticiper au maximum leurs actions sur le terrain, il doit aussi connaitre ses joueurs par cœur, leur capacités, leur façon de penser. Ils doivent avoir confiance en lui et suivre ses directives. C'est le maitre du jeu en quelque sorte.
Je n'ai pas le temps d'appeler ni Edward ni Rosalie alors je leur en envoi un texto en leur disant que tout va bien. Tout va d'ailleurs bien de toute façon. Ma relation amicale avec Edward n'est pas un secret, plein de gens sont au courant. Ce malentendu sera vite dissipé, comme si Edward était le genre d'homme à en vouloir plus avec une tarée comme moi de toute façon!
Même si je n'aime pas vraiment savoir que des photos de moi ont été prises à mon insu et ont été publiées dans la presse, ce n'est pas comme si nous faisions quelque chose de mal.
Je fini ma garde à 19h15, relève inclue. Le temps de me changer et me doucher, je suis dans le parking de l'hôpital vers 19h30. Je m'attends presque à y être attendue pas une horde de paparazzi, mais il n'y a personne. Je secoue la tête et m'esclaffe. N'importe quoi. Quand j'arrive à la maison, je vois la voiture de Rosalie garée dans l'allée. Je me gare à côté d'elle et sort de la voiture. A peine ai-je le temps de sortir et de claquer la portière que je suis engouffrée dans une étreinte à couper le souffle. Je reconnaitrais ses bras entre milles, ce sont les seuls qui ont eu l'occasion de m'encercler depuis que j'ai passé l'âge d'accepter les câlins de mon père.
« Ça va ? » Sa voix transpire l'inquiétude et l'angoisse. Toujours coincée entre ses bras je ne suis pas vraiment capable de répondre. Je tente de me dégager doucement, pour pouvoir lui répondre et pas le moins du monde gênée par sa proximité. Mais encore une fois il interprète mes gesticulations pour de l'inconfort et me m'écarte de lui trop vite à mon goût.
« Désolée. » Il ne me regarde pas et à sa mine sombre, je suis sûr qu'il pense encore avoir franchi une ligne invisible qui dirait : « Attention ne pas toucher- victime d'abus sexuel » J'ai presque envie de lui sauter dessus pour lui prouver que je ne suis pas en sucre et que quand Lui me touche, il n'y a pas de problème. Enfin pas vraiment.
« Venez, nous devrions rentrer à l'intérieur. »
C'est Rosalie qui a parlé.
Je les conduis donc à la maison, leur propose de commander une pizza car je n'ai rien avalée depuis ma courte pause déjeuné et je meurs de faim. En attendant le livreur nous nous installons au salon et ils m'en racontent plus sur ce qui s'est passé. Les photos ont été publiées en ligne sur un site d'information local Vendredi après le match (perdu) contre les Broncos et rapidement relayé dans l'information nationale. Selon Rosalie, le nom d'Edward est encore très vendeur pour la presse, pour plusieurs raisons, déjà parce que c'est un sacré bon joueur et ensuite parce qu'il plait, qu'il est fraichement célibataire et qu'il a l'air du gendre parfait selon elle. Je remarque Edward rougir et lever les yeux au ciel, gêné et agacé en même temps. Cet homme-là est un vrai saint.
Mon nom n'a pas été divulgué et Rosalie et Edward n'ont pas fait de commentaires pour le moment.
J'avoue que je suis un peu perdu. Je ne sais pas si c'est bien ou mal. Je ne sais pas ce qui peut se passer. Comme Edward le dit souvent, il n'est pas une star de cinéma. Mais il est tout de même le Quaterback vedette d'une équipe de la NFL qui joue les play-offs quasiment tous les ans depuis qu'il est arrivé et à même remporté le titre suprême il y a deux ans.
Je pense qu'il n'y a pas grand-chose à faire. J'essaye de leur expliquer mon point de vu. Edward et moi sommes amis. Nous n'avons pas de secret à cacher, pas d'histoire sordide dont nous devrions avoir honte. Alors je leur dis de ne rien faire de plus. Que tout va bien. Que je suis devenu tout d'un coup populaire au travail et que c'est très bien. Ça va me forcer hors de ma coquille déjà bien fissurée.
Je sais bien qu'ils savent tous les deux que je ne suis pas complètement honnête. Mais je les rassure. Franchement, il n'y a pas de quoi fouetter un chat.
Finalement ils repartent. Kate et Hope sont restés avec Emmett et Jasper et Rosalie craint pour l'état de sa maison. En disant au revoir à Edward celui-ci me regarde avec un air tellement désolée que j'ai l'impression de passer à côté de quelque chose.
« Arrête tout de suite Cullen. Ne t'inquiète pas pour moi. »
« Tu travailles quand la prochaine fois ? »
« Demain soir. Je fais la nuit. »
« Ok. Bon je te laisse. Tu as sans doute besoin de récupérer. Mais surtout, appelle-moi si quelque chose te semble bizarre ou si des journalistes viennent t'embêter. Je suis encore désolée que tu ais à vivre ça à cause de moi. »
Je serais presque en colère maintenant. Des fois, Edward a beau être l'une des personnes les plus gentille que je connaisse, il n'en reste pas moins un foutu égoïste.
Ce soir-là, je décide de ne pas l'appeler. Même si mes doigts me démangent et que depuis quelques temps je m'endors rarement sans l'avoir entendu me dire bonne nuit. Je préfère me plonger dans un livre. Pas une revue médicale. Mais un vrai roman. Une vraie belle histoire d'amour.
Quand mon téléphone sonne, il est plus de 23 heures. Je suis tellement sûr qu'il s'agit d'Edward que je ne regarde pas l'identité de l'appelant. Mais quand je décroche. Rien. Que du vide de l'autre côté. Un silence presque total si ce n'est que je suis sûr que quelqu'un est là, de l'autre côté. Une erreur sans doute. En raccrochant, je vérifie mon écran. Numéro masqué.
Je remarque qu'entre-temps Edward m'a envoyé un message.
Bonne nuit ma Bella. Sois prudente. Je t'appelle demain. E
Trop émue par ce petit mot, ce tout petit mot qui change tout le sens d'une phrase pourtant si simple, si banale nous qui l'échangeons quasiment tous les soirs que j'en oublie tout le reste et m'endors le sourire aux lèvres. Je devrais être terrifiée mais je ne le suis pas. En tout cas pas ce soir.
*Touch down: c'est lorsque l'une des équipes parvient à franchir la ligne d'en-but adverse avec le ballon ou à le récupérer dans la zone délimitée au-delà de cette ligne: il fait marquer 6 points à l'équipe. (cela correspond à notre Essai au rugby)
*Field goal: consiste à faire passer le ballon entre les deux poteaux en cours de match et fait marquer 3 points à l'équipe (comme un Drop au rugby si on veut!)
(Source: wikipedia!)
Voilà pour la suite!
Je sens que certaines d'entre vous commencent à être frustrée par la lenteur de l'évolution de l'intrigue amoureuse! Mais malheureusement pour vous, il va falloir attendre encore un peu!
N'oubliez pas que Bella à bien certifié à Edward qu'elle voulait que leur amitié soit bien définie au début de leur relation et qu'elle lui a appris depuis qu'elle avait été violemment agressée. Quand à Bella, elle ne sait pas vraiment ce qu'elle fait, elle n'a jamais eu de petit ami dans le sens relation amoureuse du terme, elle a malgré tous encore des problème d'estime de soi, elle ne s'ouvre aux autres que depuis peu et elle ne fera certainement pas le premier pas a moins d'être poussée dans ses retranchements!
Donc, il va falloir du temps avant que tout ça ne bouge. Mais promis, ça arrivera!
Désolée si je perd certaines d'entre vous en route!
Je vais essayer de poster un peu plus régulièrement si je peux!
A bientôt!
