Notes :
Hello mes petits Fannibals !
Je pars en week-end donc je poste ce chapitre un peu plus tôt que je n'avais prévu...
(Mieux vaut plus tôt que plus tard, n'est-ce-pas ?)
Une conversation était engagée au rez-de-chaussée. Même l'oreille collée contre la porte, Will n'arrivait pas à distinguer ce qu'il se disait. Il avait juste déduit qu'Hannibal parlait avec un autre homme. Ils discutèrent pendant une dizaine de minutes lorsque soudainement les voix se rapprochèrent : ils montaient l'escalier.
« … de vous demander ça. » C'était la voix de Jack Crawford. Will eut le souffle coupé et se planta inconsciemment les ongles dans ses paumes. « Ce n'est pas dans mes habitudes, mais la journée risque d'être longue.
— Ça ne me dérange pas, Jack. La salle de bain est par là.
— Merci. »
Un silence suivit. Le chef du département des sciences du comportement du FBI était là. Il se trouvait à quelques mètres de Will. S'il seulement il pouvait… non, pensa-t-il. Si je tente quoi que ce soit et qu'Hannibal le remarque, Jack va en subir les conséquences.
Une chasse d'eau se fit entendre. Will perçu à nouveau la voix de Jack.
« C'est une magnifique demeure que vous avez là, Dr. Lecter. J'adorerais pouvoir la visiter.
— Une autre jour peut-être. » Maintenant qu'il le connaissait, Will pouvait sentir le faux sourire froid et hypocrite que devait porter Hannibal en ce moment. « Mais je m'apprêtais à préparer le déjeuner.
— Bien sûr, bien sûr. En tout cas, je vous remercie de vos conseils concernant la disparition de Beverly. J'aurais pu passer un coup de fil mais c'est une situation des plus importantes. Ça fait déjà quatre jours que personne ne l'a vu.
— Je comprends.
— J'ai un très mauvais pressentiment. Tant qu'on n'aura pas retrouvé de corps, j'ai toujours un espoir en moi, mais…
— Mais plus les jours passent, plus cet espoir s'affaiblit. J'espère que vous allez la retrouver.
— Merci, Dr. Lecter. Et aussi… vous n'auriez pas des nouvelles de Will par hasard ?
— Pas la moindre. Pourquoi cela ?
— Je n'arrive pas à le joindre. Et ça fait déjà plusieurs jours.
— Je pense qu'il doit simplement profiter de ses vacances et s'est déconnecté du monde.
— Vous avez probablement raison. »
Il y eut un silence gênant. « Je vais vous laisser à présent.
— Je vous raccompagne. »
Les deux hommes descendirent les escaliers sans aucun bruit. Peu de temps après le claquement de la porte, Will entendit Hannibal remonter vers sa chambre d'un pas rapide. Il recula de la porte pour ne pas que le docteur le surprenne en train d'espionner. Ce dernier déverrouilla la serrure, rentra dans la chambre et ferma la porte derrière lui. Il semblait pressé d'en finir.
« Que… qui était-ce ? » questionna Will dans un mouvement de recul. Changer de sujet lui permettrait peut-être de sortir de cette situation.
« Jack.
— Que voulait-il ?
— Des conseils sur la disparation de Miss Katz.
— Tu lui as dit quoi ?
— Aucune importance.
— Mais… »
Hannibal sépara la distance qui les séparait en deux enjambées. « Nous avions une conversation à terminer, si je ne m'abuse. »
Will déglutit. Il était à nouveau contre le bureau avec Hannibal, le regard perçant, à quelques centimètres de lui.
— Je ne veux pas y participer.
— Je peux t'y obliger.
— Je… tu n'as pas le droit de menacer mes amis à chaque fois que tu es contrarié ! protesta Will agressivement. Je ne suis pas ta marionnette, tu ne peux pas me faire faire ce que bon te semble selon ton humeur ! »
Hannibal semblait serrer les dents et Will pouvait voir une veine battre sur son front. Il se contrôlait mais il ne l'avait jamais vu aussi à la limite de l'énervement.
« Si tu ne veux pas avoir peur pour Alana ou Jack, alors dis-moi ce qu'il s'est passé.
— Pourquoi veux-tu tant le savoir ? Il ne s'est rien passé de spécial !
— Ne me prends pas pour idiot, ton comportement crie le contraire et je sais reconnaitre les mensonges. »
Will se mordit la lèvre. Hannibal posa une main sur son épaule et baissa légèrement la tête pour être au niveau de ses yeux. Il semblait s'être calmé.
« Ecoute-moi Will, dit-il d'une voix beaucoup plus douce. Je sens que quelque chose te dérange par rapport à cette soirée. Tu sembles réticent. C'était sûrement de ma faute, mais je ne peux pas m'en souvenir. Je veux seulement t'aider. Et je pourrais seulement t'aider si tu m'expliques ce qu'il s'est passé.
— N'essaye pas de me manipuler.
— Je ne te manipule pas.
— Tu n'es pas le seul à pouvoir détecter un mensonge. »
Hannibal était si proche que Will pouvait sentir son souffle contre son visage, ainsi que la chaleur de son corps. Son odeur l'embaumait. Il aurait aimé détester tous ces détails. Il repensait à la veille, à leur proximité. Le regard d'Hannibal se fit soudain plus froid.
« Will, ne m'oblige pas à—
— Ça suffit ! » coupa le concerné. Il était au bord de la crise de nerfs. « Arrête de menacer les gens ! J'en ai plus qu'assez ! Tu veux savoir ce qu'il s'est passé ? »
Brusquement, Will attrapa le col d'Hannibal et l'attira vers lui. Il l'embrassa furieusement, concentrant tout sa colère et son désespoir dans son baiser. Leurs dents s'entrechoquèrent sous le mouvement mais aucun des deux ne broncha. Hannibal était figé sous l'émotion et lorsque Will le repoussa, il avait le visage livide et les yeux grands ouverts.
« Voilà ce qu'il s'est passé ! »
Sur ces mots, Will poussa Hannibal et passa devant lui avant de sortir de la chambre, claquant la porte derrière lui. Il descendit les escaliers à toute vitesse, regrettant amèrement son comportement. Il avait craqué et c'était maintenant impossible de revenir en arrière. Le souffle court, il se jeta sur le canapé du salon, espérant que le psychiatre le laisserait tranquille. Il se prit la tête dans les mains. Qu'ai-je fait ? se demanda-t-il.
Après quelques minutes à ruminer ses pensées, il entendit quelqu'un s'approcher doucement derrière lui.
« Dégage, Hannibal.
— Tu n'as pas être impoli. »
Il s'assit sur le canapé à son tour. Will voulu partir pour mettre le plus de distance entre les deux mais Hannibal lui attrapa le poignet l'empêchant de se lever. Très lentement, sans jamais quitter Will du regard, il rapprocha sa main vers son propre visage et lui donna un chaste baiser sur le dessus. Le contact brûla la peau du jeune homme. « Qu'est-ce que tu fais ? s'indigna-t-il.
— Je te présente toutes mes excuses pour avoir oublié la soirée. »
Will retira sa main de la prise d'Hannibal. « Tu plaisantes, j'espère. Je rêverais de pouvoir l'oublier.
— Es-tu certain de ça ? »
Le psychiatre se pencha légèrement et leva sa propre main vers le visage de Will. Ce dernier repoussa le geste d'un coup brusque. « Si tu essayes quoi que ce soit, je te mords.
— Ça ne me dérangerait pas, murmura le psychiatre avec un petit sourire.
— Je suis sérieux Hannibal, ne t'approche pas de moi.
— Tu dis quelque chose mais je vois tes yeux qui disent le contraire.
— Change d'ophtalmologue dans ce cas. »
Will croisa les bras, exposant son refus. Néanmoins, au bout de quelques secondes, il se détendit et se tourna vers Hannibal. Ce dernier, qui ne l'avait pas quitté des yeux, s'étonna de ce changement soudain.
« La nuit dernière, commença Will, tu… tu m'as dit que tu étais prêt à me laisser partir. A arrêter les meurtres. Pour moi.
— J'ai dit ça ? »
Hannibal était singulièrement surpris. Il resta silencieux un moment.
Will s'éclaircit la gorge. « Alors ?
— Alors quoi ?
— Tu… tu le ferais ?
— J'ai beaucoup bu hier soir. »
Will eut un rire forcé qui désarçonna Hannibal. « C'est la meilleure ! Alors pour me sauter dessus, tout va bien, mais s'il s'agit de me libérer de ma position d'otage, alors là c'est l'alcool qui parle !
— N'utilise pas le mot otage, je n'aime pas ce terme.
— Ah non ? Je fais quoi alors ici ? Je squatte juste chez toi et j'ai droit à des morceaux de Beverly dans ma salle de bain comme cadeaux d'accueil ? »
Will s'était levé, furieux. Se rappeler ce souvenir lui était douloureux. Il respirait bruyamment, avait les poings serrés, et sentait des larmes de colère lui monter aux yeux.
« Calme-toi Will, fit Hannibal en se levant à son tour.
— Non ! J'ai toutes les raisons pour être énervé ! »
Le psychiatre posa une main sur l'épaule de Will, pour apaiser son hystérie, mais ce dernier se dégagea à nouveau et poussa Hannibal de ses deux mains. Il recula à peine.
« Je te déteste ! s'écria Will. Je te déteste ! Je déteste ce que tu fais, ce que tu me fais ! »
Il ponctua ses paroles en attrapant un vase qui se trouvait à proximité et le renversa par terre. Il éclata en morceaux et de l'eau s'écoula à leurs pieds. Les fleurs que contenait le vase étaient éparpillées un peu partout. Will marcha sur la porcelaine brisée et s'avança vers Hannibal, d'un pas furieux. « Je déteste ce que je ressens ! Tu es en train de me rendre fou ! Je ne sais plus où j'en suis, je suis confus et je suis incapable de… de… »
Il frappa soudainement Hannibal au visage. Le coup surprit le psychiatre et il trébucha légèrement sur le côté. Will profita de ce moment pour l'attraper par sa chemise et le plaqua contre un mur. Sous le choc, un tableau à leur droite trembla.
« J'avais tellement mis d'espoir dans cette amitié ! Je t'appréciais tellement ! Tu étais mon ancre dans ce monde ! Mais maintenant je ne… je n'ai… »
Will remonta ses mains jusqu'au cou d'Hannibal. Ce dernier lui attrapa les poignets mais n'essaya pas de se débattre. Il se contentait de regarder l'homme devant lui déverser sa rage.
Je suis à présent à la place du cerf.
Will commença à serrer la gorge du psychiatre, d'abord doucement, puis de plus en plus fort. Ses pouces appuyaient fermement sur sa trachée. Hannibal perdit ses couleurs et devint de plus en plus en livide. Il suffoquait à mesure que la prise se refermait.
Je ne le lâche pas. Je continue à serrer, à l'étouffer.
Will perçut les bruits de suffocation du docteur.
Je savoure avec satisfaction le moment où la vie quitte son corps.
Réalisant soudainement ce qu'il faisait, il lâcha le cou d'Hannibal qui se plia en deux pour tousser et reprendre son souffle. Will recula, fixant ses mains avec de grands yeux comme si quelqu'un d'autre avait pris possession de son corps. La respiration saccadée, il essuya la sueur sur son visage. « Qu'est-ce que… qu'est-ce que j'étais en train de faire… » se murmura-t-il à lui-même. Il remarqua enfin Hannibal, les mains toujours sur ses genoux. « Pourquoi tu n'as rien fait ? s'exclama-t-il précipitamment. Pourquoi tu ne t'es pas défendu ? »
Hannibal se releva légèrement pour regarder Will et se massa la gorge. Malgré tout, et à la surprise de Will, il avait un petit sourire aux lèvres. « Je… commença-t-il. » Sa voix était cassée. Il s'éclaircit la gorge dans un raclement sec puis reprit. « Je voulais voir jusqu'où tu irais. »
Will resta bouche bée un moment. « Quoi ? »
— Je voulais voir jusqu—
— J'ai entendu ! »
Le jeune homme tourna le dos à Hannibal, incapable de réfléchir sous son regard. Pourquoi voudrait-il faire ça ? se demanda Will. Il mettrait sa propre vie en danger par simple curiosité ?
« Et si je ne m'étais pas arrêté ? demanda Will dans un souffle.
— Tu t'es arrêté. » La voix d'Hannibal était encore rocailleuse.
Will serra les poings. « Je ne voulais pas m'arrêter.
— Alors pourquoi l'avoir fait ? »
Il resta silencieux un moment. « Je ne suis pas un meurtrier.
— Même si c'était pour achever une personne que tu dis détester et qui est elle-même un meurtrier ? »
Comme Will de répondait pas, Hannibal enchaîna. « Que ressentais-tu ? Comment te sentais-tu lorsque tu avais tes mains autour de ma gorge ? »
Le jeune homme s'obstinait à garder le silence. Il ne voulait pas laisser Hannibal rentrer dans sa tête. Pas maintenant. Il l'entendait s'approcher derrière lui.
« Je vais te dire ce que tu ressentais, continua le psychiatre. Je pouvais le voir en toi. Et c'est ça qui m'a empêché de me défendre. Il y avait de la passion dans tes yeux.
— Tais-toi.
— Mais pas seulement. Un feu ardent y brûlait. Une lueur des plus aveuglantes y brillant.
— Ne dis plus rien, Hannibal.
— Et puis il y avait ce plaisir sur ton visage. Cette satisfaction de tenir entre tes doigts la vie et la mort, d'être un dieu dans toute sa splendeur.
— Tais-toi ! »
Will avait crié. Il était pris de tremblement et ne supportait plus les paroles d'Hannibal. Il ne voulait pas être ce qu'il décrivait. Mais au fond de lui, ilsavait que c'était exactement ce qu'il avait ressenti sur le moment. Il se dégoûtait.
« Je ne t'avais jamais vu aussi en vie. » repris Hannibal encore plus doucement. Will pouvait sentir sa présence et sa chaleur dans son dos. Il voulait s'éloigner mais ses jambes ne lui répondaient plus.
Le psychiatre entoura ses bras autour de la taille de Will. « Tu existais enfin. » chuchota-t-il dans son oreille en le serrant davantage. « Et tu étais tellement, tellement magnifique William. »
Hannibal n'avait pas utilisé le prénom qu'on lui avait donné à la naissance depuis des jours. Will sentit des frissons lui remonter jusqu'en dans sa nuque. L'intonation et l'accent du docteur firent battre son sang dans ses veines. Il s'appuya contre lui et ferma les yeux. Une petite voix lui disait de ne pas faire ça. Mais ce moment était tellement agréable. La pression du corps du docteur contre le sien le détendit et il se calma instantanément. Il aurait voulu que tout le reste disparaisse, le passé, le présent, le futur, et qu'ils restent ainsi indéfiniment.
Notes :
Vous l'avez sûrement remarqué... mais j'ai un faible pour Will sarcastique :3
Sassy!Will powaaaa !
