Furieux et peiné par ce qu'il venait d'apprendre, il commença à ouvrir la portière pour aller mettre son poing dans la figure du Quileute. Pourtant, il ne le fit pas. Il sentait que la jeune femme serait en danger s'il osait quoique ce soit.

Il fallait qu'il la sorte de là, mais il devait pour cela y aller en douceur. Fou de rage, il claqua sa portière et enfonça la pédale de l'accélérateur à son maximum. Il fut rentré chez lui en quelques minutes, toujours aussi bouleversé.

- Merde ! s'exclama-t-il. Pourquoi lui ? Comment deux êtres aussi différents peuvent-ils être ensemble ? Et avoir une fille en plus ! C'est le pompon !

Il s'écroula dans le canapé, et, tourmenté par la nouvelle, il ne s'endormit qu'à cinq heures du matin, ne pensant qu'à Bella. La jeune femme, de son côté, accueillit son mari avec toute l'attention qu'il demandait.

Lilou avait de nouveau fait une montée de fièvre, et elle était épuisée par sa journée. Elle avait eu chaud, tout à l'heure, quand Cullen avait parlé avec son mari. Elle aurait pu se retrouver dans un sacré pétrin.

Elle avait mal partout et refusait de se disputer une nouvelle fois avec Jacob. Ils se mirent donc à table après qu'Isabella ait couché leur fille, et le Quileute engagea la conversation, un sourire amusé sur le visage.

- Je suis allé à la fac cet après-midi, et j'ai parlé avec un jeune homme. Il m'a bien fait rire ! Ce crétin semble tellement amoureux, mais il ne sait pas ce qu'est le vrai amour, n'est-ce pas Isabella ? dit-il un sourire sur le visage.

La jeune femme acquiesça dans un sourire mince, et le reste du repas se termina dans le calme. Pourtant, ce n'était pas fini. Arrivés dans le lit, elle devait s'adonner au plaisir de son mari, et quand cela fut fait il déclara :

- J'ai invité Tony et la bande demain soir, prépare quelque chose de bon pour une fois.

Elle se mordit la lèvre pour ne pas rétorquer et Jacob se tourna sur le côté et s'endormit profondément quelques secondes plus tard. Elle émit un long râle avant de s'endormir à son tour, épuisée par cette journée.

Le lendemain matin, 'Isabella déposa sa fille dans la voiture et enclencha le moteur, tandis qu'Edward Cullen la suivait de près. Il avait vu partir Jacob une demie heure avant la jeune femme, et il se passa la main dans les cheveux, comme à son habitude.

Lorsqu'ils se garèrent tous les deux, il accéléra le pas pour se trouver à sa hauteur. La jeune femme ne faisait pas attention à lui, pour ne rien changer. Il entreprit donc de démarrer la conversation de lui-même, comme il le faisait à chaque fois.

- Bonjour Bella, quelle mignonne petite fille ! C'est quoi son nom ?
- Lilou, répondit-elle dans un sourire non dissimulé.

Il fut étonné, car il ne s'attendait absolument pas à ce qu'elle réponde, et encore moins sur ce ton. Elle avait une voix tellement magnifique. Il avait envie de l'enlever et de l'emmener dans un endroit où elle se sentirait aussi heureuse qu'en cet instant.

- Je suis désolé des propos que j'ai tenu hier à l'égard de ton mari. Je ne savais pas...
- Comment sais-tu tout cela Edward ? soupira-t-elle.

Elle déposa sa fille à la garderie, et Rosalie les regarda repartir tous les deux, contente que son ami ait réussi à faire parler un peu la jeune femme.

- Et bien, ce ne sont que des suppositions que tu confirmes, argua-t-il gêné.
- Pourquoi ? demanda-t-elle brusquement tandis qu'ils s'asseyaient dans l'amphithéâtre.
- Pourquoi quoi ? répondit-il interloqué.
- Pourquoi cherches-tu tant à comprendre ma vie ? Pourquoi ne me laisses-tu pas tranquille ? Pourquoi veux-tu tellement tout comprendre alors qu'on ne se connait pas ?

Il ne sut que répondre sur le moment. En effet, il ne comprenait pas lui-même. Il voulait la connaître tout simplement, parce qu'elle semblait être si différente des autres. Parce qu'il voulait être son ami, son confident.

- Je ne sais pas, avoua-t-il. Tu ne sembles pas avoir d'amis, je te vois toujours triste et distante, la seule personne qui arrive à te rendre heureuse est ta fille, et j'aimerais que tu ai quelqu'un sur qui compter en cas de besoin. Je ne veux pas te juger, juste te dire que je veux être là pour toi, si tu as besoin de te confier, rien ne sortira de la fac, et je n'en parlerai à personne, je t'en fais la promesse.

Isabella pinça les lèvres, se demandant ce qu'elle devait faire. Elle aussi avait envie de se rapprocher du jeune homme, il n'était pas comme les autres. Quelque chose chez lui l'attirait indéniablement et elle n'aurait su expliquer de quoi il s'agissait.

Se passant ses doigts fins dans ses longs cheveux d'ébène elle l'invita à sortir de cours, puis à s'installer sur un banc des jardins de la faculté. Il n'en croyait pas ses yeux, pourtant il se laissa guidé, comme hypnotisé par la belle brune.

C'est alors qu'elle commença à lui raconter sa longue histoire...