Molly fut de retour à l'hôpital trois jours plus tard, cette fois avec le psychiatre qui était en charge de Mycroft, et son frère, Sherlock.

- Je ne vois toujours pas pourquoi ils ont dû venir, se plaignit Mycroft en s'affalant sur son lit tout en boudant.

- Nous devons venir parce que tu as frappé tous ceux qui s'approchaient de toi avec un oreiller ou pire.

Sherlock leva les yeux au ciel. Mycroft gloussa et s'allongea sur son lit.

- Essaye d'agir selon ton âge, cher frère.

Molly essaya de réprimer ses rires en voyant tout ce qui se passait autour d'elle. Sherlock lui lança un regard.

- Sherlock est ici pour s'assurer que ça n'arrive pas à nouveau et je suis pour vous empêcher de penser à vous peloter.

Les deux concernés rirent au souvenir que cela évoquait. Le psychiatre jeta à Molly un regard qui lui disait que si elle faisait encore une chose de travers elle serait fichue dehors. Elle couvrit sa bouche et essaya d'arrêter de trembler, ce que le psychiatre sembla prendre pour l'effort qu'il voulait.

- Alors Mycroft, tu n'as toujours pas répondu à ma question.

- Laquelle était-ce ? Il y en a tellement.

- Depuis quand es-tu au courant pour ta schizophrénie ?

- Aussi longtemps que je m'en souvienne.

- Ce n'est pas une réponse acceptable.

- Je dis la vérité. Personne n'a commencé à remarquer le vrai problème jusqu'à ce que j'aie environs 15 ans.

- Tout le monde a des amis imaginaires quand il est plus jeune Mycroft. Pas tout le monde les garde après leurs 10 ans.

Est-ce qu'ils voient de vraies personnes jouer avec eux et entendent chacune de leurs voix distinctement ? Alors, docteur ? J'attends votre réponse...

Sherlock appelait son nom de quelque part... Ou était-ce juste son esprit qui lui jouait des tours à nouveau ? Il regarda en direction où il pensait que Sherlock était et vit à la place Toby, un de ses amis avec qui il avait l'habitude de jouer quand il était plus jeune, celui sur qui ses parents avaient insisté pour dire qu'il n'était pas réel parce qu'il aimait attirer les ennuis. Mycroft se fichait d'avoir des ennuis pour Toby parce qu'ils trainaient dans sa chambre et riaient de leur dernière farce qu'ils avaient faite. Toby désigna quelqu'un de l'autre côté du jardin de la maison des Holmes. Un petit Sherlock de deux ans, qui enfonçait un bâton dans le sol.

- Vas-y, fais-le. Qu'est-ce que tu as, poule mouillée ?

Mycroft savait où il était. C'était la fois quand il avait 9 ans et il avait eut sa première vraie dispute avec Toby.

- Je ne suis pas une poule mouillée, je ne veux juste pas blesser Sherlock ! S'entendit-il dire à lui-même.

- Mycroft a raison.

Il se tourna et vit Sally, une petite fille à la peau moka très gentille, celle que ses parents invoquaient toujours quand il faisait quelque chose de mal, demandant si elle approuverait ou non.

- Sherlock est trop petit pour comprendre ce que Mycroft ferait.

- Oh, allez sissies ! Il mange la terre de son plein gré, en quoi c'est si différent ? Il l'a aimée la dernière fois aussi.

- Et je me suis pris une fessée la dernière fois pour la lui avoir fait manger pendant que tu restais là à rire !

- Juste un petit coup de pied Mycroft ! Ce n'est pas comme s'il pouvait cafter !

- Non ! Dirent Sally et Mycroft en même temps.

Sally lui offrit un sourire, hocha la tête et disparue jusqu'à ce qu'il lui demande de jouer avec lui plus tard. Elle savait qu'il ne ferait rien d'autre de mal avec Toby ce jour-là.

- Mycroft allez !

- Non ! Je ne blesserai pas Sherlock !

Mycroft se souvint entendre la fenêtre de l'arrière de la maison s'ouvrir, les alarmes de tout le monde s'était soudainement mises à sonner. Y compris celle de Sherlock, et cela se transforma en une grosse erreur. Il s'approcha et demanda à Mycroft à qui il parlait une fois de plus. Mycroft se tourna pour lui dire de la fermer, et ses mains, qui était trop occupées avant la dispute, valsèrent et heurtèrent le visage de Sherlock. Sherlock le dévisagea et fixa son frère, un choc pure et simple sur le visage. Au moment où Mycroft réalisa ce qui s'était passé, ses parents sortirent en courant. Son père réconforta Sherlock, sa mère le traina dans sa chambre plus rapidement qu'il ne pouvait suivre. Quand ils furent dans sa chambre elle se tourna et ferma la porte. Il l'entendit parler d'une voix plus calme qu'il ne le pensait. Il n'aimait pas ça, au moins si elle hurlait il pouvait dire qu'elle était en colère. Elle lui demanda s'il avait une explication à donner et il répondit qu'il se disputait avec Toby, quand il s'était tourné pour dire à Sherlock de partir, il l'avait accidentellement frappé. Elle lui demanda pour quoi ils se battaient et il dit que Toby voulait qu'il frappe Sherlock, mais qu'il ne voulait pas, et essayait de l'arrêter de lui dire de le faire. Sa mère adopta un visage compréhensif, lui disant qu'il devait seulement rester dans sa chambre pendant une heure parce que c'était un accident et qu'elle allait tout expliquer à son père et à Sherlock.

Quand elle partit, Sally était là pour jouer avec lui, parce qu'elle comprenait que ce n'était pas sa faute et était contente qu'il n'ait pas voulu faire mal à Sherlock. Quand l'heure se termina, Sherlock entra et le serra dans ses bras, acceptant ses excuses avant qu'il ne puisse les lui faire.

La première fois qu'il avait entendu ses parents s'inquiétés était cette nuit, quand il était censé dormir. Il entendait ce mot encore et encore qu'il ne comprît pas à l'époque, mais qu'il allait bientôt détester entendre : schizophrénie. Ils le savaient mais il s'en rendit compte seulement à 15 ans. C'était quand ils essayaient de trouver comment le lui annoncer. Il sentit une main sur son épaule et leva les yeux. Il était de retour à l'hôpital et Molly était assise à côté de lui, le secouant légèrement. Elle soupira quand il la regarda.

- Qu'est-ce qui s'est passé Ginger ? Tu as fixé le vide pendant au moins 15 minutes !

Il ne savait pas vraiment quoi dire. Comment pouvait-il expliquer qu'il était allé dans les coulisses de son propre esprit ?

- C'est juste... C'... Je... Tu ne me croirais pas si je te le disais.

Molly le regarda et leva le menton.

- Essaye.

- T'ai-je déjà dit que tu es mignonne quand tu utilises ta colonne vertébrale.

- Mycroft.

- ... I... um... J'étais dans mes souvenirs. Comme sorti d'une réalité pour entrer dans une autre.

- Je comprends.

- Vraiment ?

- Je te l'ai dit, j'économise pour l'école de médecine le semestre prochain pas vrai ?

- ... Oh, ouai.

- Envie de dire de quoi il s'agit ?

- Non... Pas à toi...

- Mycroft tu dois me dire ce qui vient d'arriver sauf si tu ne veux jamais sortir, déclara le psychiatre pour essayer de le raisonner.

- Vous deux sortez, dit Molly. Docteur, vous laissez vos notes ici avec un stylo.

- Quoi ?! Bafouilla le docteur.

Sherlock le traina dehors et jeta un regard à Molly.

- Pour notre bien à tous ton idée à intérêt à marcher.

- Elle marchera, dit Molly beaucoup plus confiante qu'elle ne se sentait.

Après que Sherlock soit parti Molly attrapa les notes et déchira une feuille vierge du carnet.

- Bien Mycroft. Voilà à quoi je pense : tu peux me dire ce qui est arrivé quand tu as eu un blanc, je l'écris, alors Mr – quel- est- son- nom pourra le lire et en déduire toutes les conclusions qu'il veut sans que tu sois analysé par lui durant ton explication.

Mycroft déglutit, puis acquiesça.

- On te posera des questions sur ça, mais tu peux tout expliquer et tout lâcher sans être interrompu.

- Même John ne me laisse pas autant de pouvoir dans nos séances.

Les yeux de Molly s'élargirent légèrement.

- Ce n'est pas une séance. C'est un cœur-à-cœur dans une relation, ok ? Ne pense pas à ça comme quelque chose que les médecins vont analyser, penses-y comme pleurer sur l'épaule imaginaire d'un ami.

Mycroft sourit un peu effrontément et dit :

- Tu es sûr que tu ne veux juste pas m'embrasser ? On est seuls maintenant, au cas où tu n'aurais pas réalisé.

Molly le frappa avec son oreiller.

- Dis-moi juste ce qui s'est passé.

Il le fit, assez rapidement. Molly écrit tout, puis s'assit à côté de lui.

- Maintenant on a fait tout ce qu'on devait faire et nous sommes toujours seuls.

Mycroft sourit et fut sur le point de dire quelque chose quand Sherlock débarqua en hurlant, « Nope ! » et traina Molly par la chemise.

Mycroft grogna et Molly rit.

- Je te vois la prochaine fois, alors !

- Je ne veux pas être la prochaine fois, je veux que ce soit maintenant !

- Grandis ! Hurla Sherlock avant de claquer la porte.

- Regarde qui parle ! Grogna-t-il.

Son docteur entra et prit les notes, incluant celles de Molly et sortit. Mycroft soupira et s'allongea sur le dos, en regardant le plafond blanc.

Le docteur lu ce que Molly avait écrit et ses yeux s'écarquillèrent. Il n'avait pas réussi à faire en sorte que Mycroft lui en dise autant même en utilisant toutes les méthodes qu'il connaissait. Il appela son supérieur et lui expliqua tout, lui demandant la permission d'ajouter une certaine étudiante en médecine à son équipe. Quand il eut la réponse, il passa quelques appels, tira quelques ficelles et soudain Molly eut un choix très important à faire quand elle rentra à la maison. Si elle avait su exactement à quel point ce serait énorme, elle n'aurait peut-être pas souri quand Sherlock lui avait raconté des choses embarrassantes au sujet de Mycroft, elle n'aurait peut-être pas ri en disant qu'elles ne l'intéressaient pas, mais c'était le cas, et cela rendait sa prochaine décision encore plus difficile.

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Sherlock est plus réactif que John pour éviter à Mycroft de peloter sa petite amie... Il semble que celle-ci est d'ailleurs fait forte impression au psychiatre. Dure décision en perspective pour elle.