chères revieweuses, voici enfin le chapitre 12 qui, si je ne m'abuse, est plus long que les autres!

je suis désolée d'avoir tant tarder à le poster mais entre les vacances et les bugs de mon ordi, ce n'était pas très facile!

je suis malheureusement désolée de vous annoncer que Poudlard et son univers merveilleux restera à jamais un rêve pour nous puisque je me suis rendue à la voie 9 3/4 de Kings Cross et que j'ai eu beau pousser de toutes mes pauvres forces sur le mur, je ne suis pas passée de l'autre côté...

je me console donc avec l'écriture de la suite de cette fic'

j'espère que vous passez de bonnes vacances et de bonnes fêtes!

BONNE ANNEE 2008, PLEIN DE BONHEUR ET D'INSPIRATION!

et BONNE LECTURE!

ps: je vais poster le premier petit chapitre de mon slash en anglais donc si vous en avez le courage...

Chapitre 12 : le sauvetage de ma meilleure amie.

Point de vue de Sirius Black, Gryffondor

Nous sommes vite rentrés au château. Remus passe la nuit à l'infirmerie car il est dans un état inquiétant. La présence humaine des deux Serpentardes l'a beaucoup troublé. Il n'est pas le seul. Le simple fait d'apercevoir le visage de Zinnia entre les feuilles du buisson où elle se cachait m'a titillé les sens. Je regrette de m'être promis de ne plus lui adresser la parole. Néanmoins, je sais que je fais ce qui est juste.

Je sais aussi que Remus est très inquiet, plus que moi, James et Peter réunis, quant aux évènements de la soirée. Mais je le connais, il ne voudra pas que je cherche à causer du tort à la fille que j'aime et il prendra sur lui. Comme d'habitude.

-Siriuuus ?

-Quoi, Cornedrue ?

-Tu es sûr que ça va ?

-Hein ? Euh, oui, oui, tout va bien, pourquoi ?

-Tu as l'air de plus en plus pensif en ce moment et ça ne te va pas bien…

-Tu sous-entends que je suis pas capable de réfléchir, espèce de canasson à écailles moisies ?!

-On peut dire ça comme ça, beau gosse.

Mais il va me laisser penser à Zinnia tranquillement, celui-là ?!

A la réflexion, je préfère qu'il me tape sur les nerfs à coup de Cognard plutôt que je continues à me rappeler que Zinnia Sullivan est la seule fille dans cette fichue école qui ne s'intéresse pas du tout à moi et que la soirée que nous venons de vivre ne va faire qu'augmenter le dégoût qu'elle nourrit envers ma pauvre personne !

Et Cornedrue qui ose m'appeler « beau gosse » dans un moment pareil ! Il y a décidément des choses qu'une belle gueule ne peut pas assurer…

Point de vue de Zinnia Sullivan, Serpentard

-Zinnia ! Cléo ! On a cours d'arithmancie dans une demi-heure !

-Arrête de te moquer de nous, Lucy !

-Je ne moque pas de vous mais il est huit heures passées et vous êtes toujours au lit !

Face à l'humour évident que contient sa dernière réplique, elle se met à glousser. C'est sûrement cet excès de bêtise qui me décide à me lever. Il est grand temps que j'aille aider le monde en le sauvant de l'influence néfaste de personnes comme Lucy et Barbara.

-Zin', tu me passes ma robe, s'il te plait ?

-Tiens. Mais fais attention, il y a des espèces de brindilles accrochées dessus…

-Souvenir d'hier soir…

-Ah, excuse-moi, je ne voulais pas…

-Enfoncer le couteau dans la plaie ?

-Comme tu dis.

-Ne t'inquiètes pas, ce n'est pas de ta faute…Mais ça m'a remise en question.

-C'est-à-dire ?

-Je ferai mieux de laisser tomber tout de suite avec tu-sais-qui, murmure-t-elle, de peur que Lucy se trouve encore dans la pièce, cachée derrière un rideau. Ça peut être …dangereux.

-C'est un jugement un peu sévère mais si c'est comme ça que tu vois les choses…

-Tu as vu aussi bien que moi ce qui s'est passé hier soir. Tomber amoureuse d'un tu-sais-quoi n'est pas la chose la plus merveilleuse qui puisse m'arriver.

-Si tu veux mon avis, bête féroce ou pas, tomber amoureuse n'est sûrement pas la meilleure chose qui puisse arriver à n'importe laquelle d'entre nous.

-C'est vrai qu'il t'a ignoré comme si tu étais un insignifiant Véracrasse en putréfaction…

-Quelle comparaison !

-Sans vouloir t'offenser…

-Non, je trouve au contraire qu'on n'aurait pas pu exprimer mieux l'indifférence qu'il a envers moi…En tout cas, ne te laisse pas abattre par la soirée d'hier. Après tout, il est peut-être charmant pendant tous les autres soirs du mois !

-Je ne sais pas si…

-Si ?

-Non, rien du tout.

-Tu es sûre, Néfertiti ?

-Tout à fait certaine, Zin'.

- On y va ?

-Oh oui ! Vu mon niveau en arithmancie, il vaudrait mieux que je n'arrive pas en plus en retard au cours…

-La seule personne que je connaisse qui soit vraiment douée pour cette matière abjecte est Nath', ce qui n'est pas très étonnant vu l'ignominie du personnage.

-Tu ne pourrais pas lui demander de m'aider ?

-Cléo ! Tu as avalé un doxit pas frais ce matin ou quoi ?! Passer du temps avec Nath ?! Mais tu sais que tu cherches le supplice, là ?!

-Tu n'exagérerais pas un tout petit peu, par hasard ?

-Absolument pas, Néfertiti ! Ce type est un imbécile doublé d'un tortionnaire ! Il m'a transformée en chaise pendant deux jours quand j'avais cinq ans, spécialement pour que ma grand-tante Reina, qui est obèse, s'asseye sur moi !

-Il n'empêche que je suis prête à passer des heures avec un monstre pareil plutôt que de rater mon examen d'arithmancie !

-D'accord, d'accord, je parlerai à Nath. Il sera ravi d'avoir une nouvelle victime à traiter de morue.

Je crois sérieusement que la soirée d'hier a bouleversé Cléo plus qu'elle ne veut le laisser paraître.

-Alors les filles, vous avez passé une bonne soirée ? nous demande Rosier.

-Excellente. Pourquoi ? répond Cléo, sur la défensive.

-Pour savoir, ne te sens pas obligée d'être agressive !

-Excuse-moi, c'est juste que…Oh, ce n'est rien, laisse tomber.

Rosier acquiesce, songeur. J'ai comme l'impression que les jours qui suivent vont être consacrés à éviter de mentionner les évènements d'hier soir et l'existence des Maraudeurs.

Mme Edwood (pour les fans c'est un film super avec Johnny Depp) passe dans les rangs, ses lunettes rondes posées en un équilibre géométrique sur le bout de son nez parallélépipédique, et les lèvres pincées par une sorte de répulsion envers nous, êtres inférieurs ne comprenant rien à l'art délicat de l'arithmancie.

-Je vais vous rendre vos derniers devoirs. Ça fait froid dans le dos.

-On est prévenus, murmure Cléo.

-Malefoy ! Je ne ferais pas de commentaires.

L'intéressé affiche un sourire abominablement

goguenard, comme si une note catastrophique passait bien au dessus de sa tête remplie de projets machiavéliques visant à faire régner les membres de sa famille sur le monde des sorciers.

-Sullivan ! Dommage que vous n'ayez pas hérité du talent de votre frère.

-Merci…

Mes entrailles se rebellent lorsque cette monstrueuse Edwood a le culot révoltant de me faire une remarque concernant mon frère. J'ai bien envie de lui hurler que j'aurais préféré me faire dévorer toute crue par Lupin hier soir plutôt que de ressembler de quelque façon que ce soit à Nath'.

Mais, pour ma sécurité et celle de Cléo, la phrase de quinze lignes que je trouve si appropriée à la situation me reste en travers de la gorge, retenue comme tant d'autres par ma conscience de ce que je raconte (du moins, quand je ne dors pas…).

-Rogue. Vous êtes l'exception qui confirme la règle, mon cher.

Il a un sourire en coin, qui découvre ses dents jaunâtres et son air supérieur. Je le fixe un instant des yeux et son expression quasi triomphante s'efface tout de suite de son visage cireux.

-Mugly ! Ce n'est décidément pas gagné…

Barbara prend une mine attristée et déçue, pour se retourner ensuite vers son inséparable Lucy, lui susurrer je ne sais quoi à l'oreille et regarder avidement Severus qui essaie de repérer les éventuelles fautes qu'il aurait commises dans son devoir. J'en connais qui seraient prêtes à fréquenter n'importe qui pour augmenter leurs notes.

-Biggles ! rugit Edwood. Je me demande bien ce que vous faîtes ici, Mademoiselle. Pourquoi perdre votre temps à apprendre des choses auxquelles vous ne comprendrez visiblement jamais rien ?

Cléo reste interdite, je la sens bouillonner de l'intérieur et je me joins à elle.

La prof lui remet une copie martelée de traits d'encre rouge et continue sa distribution sentencieuse. Le supplice de la voix de crécelle et des remarques à la limite du cruel de Mme Edwood se prolonge encore d'une demi-heure. Lorsque la sonnerie retentit, Cléo boucle ses affaires et sort de la salle sans que j'aie pu la voir se lever. Elle n'est pas dans le couloir mais j'ai le secret pressentiment qu'elle s'est réfugiée aux toilettes. Etre ou ne pas être une fille, that is…

Je pousse d'un mouvement énergique la porte des toilettes des cachots. Il n'y a à priori personne. Pourtant, j'entends un reniflement étouffé qui semble provenir de la troisième cabine à droite des lavabos.

-Néfertiti ?

-Hum…

Gagné.

Elle est en train de sangloter sur sa copie raturée. L'impitoyable encre rouge en est toute diluée. Je lui prends la copie des mains, elle proteste mais j'insiste pour qu'elle arrête de se lamenter et qu'elle aille travailler à la bibliothèque. Elle finit par accepter. Nous sortons ensemble des toilettes, je l'accompagne jusqu'à l'antre de Mrs Pince, puis je sors du château et me rends au stade de Quidditch.

Cléo est assez déprimée comme ça par ses histoires de cœur, ce problème d'arithmancie est donc la goutte de bierraubeurre qui fait déborder la chope.

Je parlerai à Nath', danger de mort par humiliation ou pas.

Les gradins sont parsemés de fervents supporters de notre équipe qui assistent à l'entraînement. Je prends place parmi eux, Narcissa Black et Lucius Malefoy à ma droite, main dans la main. Par un regrettable concours de circonstances, la présence de Narcissa me rappelle l'existence de Sirius. Je le chasse de mes pensées pour me concentrer sur ma préoccupation du moment : Nath', qui est gardien dans l'équipe et devrait logiquement se trouver à sa place attitrée sur le terrain. Pourtant, les cages sont vides. Pas une trace de l'effroyable frère.

-Vous êtes là depuis le début de l'entraînement ?

-Oui, murmure Narcissa en hochant la tête froidement.

-Vous ne savez pas où est passé le gardien ?

-C'est ton frère, non ? intervient Malefoy.

-Oui, et j'aimerais bien savoir où il se cache.

-Tout ce que je peux te dire, c'est qu'il est apparu en coup de vent il y a une bonne heure et qu'il est reparti aussi sec je ne sais où. Tu pourras peut-être lui rappeler que l'honneur des Serpentard est en jeu dans la coupe de Quidditch…

-Je n'y manquerai pas, merci.

Je file sans demander mon reste, car je sens que Malefoy va m'exposer ses idées révolutionnairement ancestrales sur la pureté des sorciers tandis que Narcissa Black va hocher la tête d'un air mièvre et grave à la fois, puisqu'à priori c'est la seule chose dont elle est capable.

Je rentre au château et prends la direction de notre salle commune : il a intérêt à y être, ce fainéant. Je pense que mes parents auraient du enfreindre la loi lorsque le spécimen était enfant et qu'ils auraient bien fait de lui lancer un petit sortilège Doloris par-ci par-là, pour éviter de laisser à la société le soin de se débrouiller avec un fardeau pareil sur les épaules. Evidement, la société se réduit à « moi et Calliope » étant donné que nous sommes les seules avec qui il ose dévoiler totalement la facette démoniaque de sa personnalité.

Je n'ai même pas le temps d'atteindre notre salle commune qu'une main m'agrippe le bras et me plaque contre un mur glacé, m'imposant le silence d'un doigt posé sur ma bouche. J'aurais tellement aimé que Sirius soit le propriétaire de la main.

Mais comme mes souhaits ne sont décidément

pas faits pour se réaliser, j'aperçois le visage de mon agresseur : il s'agit de Nathaniel.

-Mais qu'est-ce que…

-Chut, sale harpie ! Ferme ta bouche de Vélane avariée et suis-moi !

-Mais où est-ce que tu m'emmènes ?!

Il ne me répond pas et me traîne doucement vers l'intérieur de la pièce où il m'a prise au piège. Il s'arrête alors devant la porte de ce qui semble être un placard. Il se baisse, jette un coup d'œil à travers le trou de la serrure, pouffe de rire et me fait signe de répondre par moi-même aux interrogations silencieuses que je lui impose depuis quelques instants.

Je me penche vers l'interstice si désopilant mais le spectacle que j'y entrevois n'est pas uniquement risible. Je le qualifierai également de…répugnant. Mon estomac me remonte au bord des lèvres lorsque j'aperçois Calliope en train d'embrasser langoureusement- non, goulûment !- un garçon aux cheveux noirs qui n'est autre que Regulus Black, dans une sorte de vieille buanderie aménagée par des soins douteux en lieu de rendez-vous romantique. Ou plutôt de perdition : il passe une main sous le pull de ma débauchée de petite sœur, qui en glousse effrontément.

Elle qui est si jolie (puisqu'elle est mon portrait craché, un petit peu de baume à l'ego ne peut pas me faire de mal dans cette période de douleurs sentimentales !), si douce, si innocente, si jeune…J'ai peut-être un peu exagéré le côté pur de la délurée mais je suis si choquée par la scène qui s'offre à mes yeux que j'en perds mon sens des réalités…

-Alors, Zin', qu'est-ce tu en penses ? m'interroge Nath', toujours écroulé de rire.

-Je pense que c'est absolument…écoeurant.

-Tu ne dirais pas ça parce que tu as un gros faible pour le mâle en question ?

-Regulus ? Mais tu vas arrêter avec cette histoire ?! Les plaisanteries les plus courtes sont toujours les meilleures, ça fait trois mois que plus personne ne m'en parle sauf toi !

-Je m'accroche à la vérité…

-Puisque je te dis que c'est faux ! Je n'ai jamais trouvé Regulus séduisant, il y a d'autres mecs dans cette école qui …

-Ah ah, ma chère Zinnia, je me vois contraint d'essayer désormais de découvrir avec qui tu aimerais faire la même chose que Calliope et Black…

-J'aimerais bien voir ça. Mais ce n'est pas pour ça que je te cherchais.

-Tu me cherchais ?s'enquit-il, ironiquement intéressé.

-Je voulais savoir si tu accepterais de…

-De… ?

-Enfin de…comment dire…

-Accouche, morue en lévitation spirituelle ! (Observez la recherche dans l'injure…Du grand Nath' !)

-Tu ne pourrais pas aider Cléo en arithmancie ?

-Tout ce temps pour une question aussi insipide ?! Zinnia, qui a eu la bonté de lancer à ma place un sortilège de pétrification lente à ton humble cerveau ?

-Quelle éloquence…

-Bref. Cléo…Elle est jolie…Elle doit être aussi frustrée que toi mais qui ne tente rien n'a rien : c'est d'accord.

-Je suis étonnée que tu acceptes aussi rapidement mais je te remercie.

-Tu ne le regretteras pas.

Je lui lance un coup d'œil suspicieux, me baisse une dernière fois vers la serrure à travers laquelle Regulus joue avec les cheveux de mon ex vertueuse de sœur comme un chat joue avec une pelote de laine, et quitte la pièce.

Je me demande bien pourquoi Nath' a cédé si facilement à ma requête et quel est le sens caché de toutes les phrases non insultantes qu'il prononce, si phrases non insultantes il y a.

Si même ma famille ajoute son grain de sel à l'infâme ragoût que forment mes problèmes, je n'ai pas fini de souffrir. Cette scène qui avait débuté sur un aspect quasi incestueux m'a fait comprendre à quel point j'ai besoin de Sirius. En effet,alors que Calliope roulait des patins ensorcelés, comme on dit vulgairement, au frère de celui que j'aime, une boule aussi énorme que celle qui orne le sapin de Noël de la Grande Salle s'est formée dans ma gorge et elle n'était absolument pas due au choc d'avoir compris que ma petite gamine de sœur avait grandi.

Je regagne mon dortoir pour annoncer la bonne nouvelle à Néfertiti, mais je ne suis pas sûre que l'adjectif « bonne » soit parfaitement adapté au cas qui me préoccupe. Elle est assise sur son lit, un livre d'arithmancie grand ouvert sur ses genoux. Elle reste impassible aux gloussements récurrents lancés par Barbara et Lucy plongées dans la lecture d'un bout de parchemin rose qu'elles tiennent entre leurs mains.

-C'est adorable ! s'écrie Lucy.

-Tu crois que ça va lui plaire ? s'inquiète Barbara.

-Evidement que oui, c'est tellement craquant ! Qui y résisterait ?

J'ai fortement envie de répondre « moi » mais je m'en retiens.

-Je vais le cacher jusqu'à demain…

-A quelle heure tu dois lui donner, déjà ? demande Lucy, d'un ton laissant à penser que l'heureux élu qui va le recevoir se souviendra de l'heure, lui.

-Après le cours de défense contre les forces du Mal de demain, vers quatre heures.

-Prends-en bien soin jusque là ! conseille Lucy.

Barbara acquiesce, un sourire béat s'étalant sur son visage exécrablement niais.

Elle n'est ni belle ni laide, avec ses cheveux plutôt courts et bouclés, sa peau très mate et ses lèvres remplies. Lucy pourrait être très jolie si elle n'avait pas une espèce d'expression d'éternelle candeur perpétuellement accrochée sur son minois pâlot. Elle est très blonde, porte ses cheveux très longs et son teint est blanc comme la neige. C'est cette accumulation de « trop » qui la rend parfois un peu écoeurante.

-Dis, Néfertiti, j'ai parlé à mon frère et il accepte de t'aider en arithmancie.

-Tu rigoles ?

-Est-ce que j'ai l'air de vouloir faire de l'humour ?

-Tu as un rictus sarcastique suspendu aux lèvres depuis dix bonnes minutes.

-Ah ça…

Je regarde avec insistance Barbara et Lucy en train de contempler leurs nouveaux sous-vêtements rose bonbon (je plains encore plus l'heureux élu du cœur de Barbara) et Cléo se met à rire sous cape.

-Alors comme ça, Nath' a décidé de m'aider ?

-En effet. Je ne sais pas ce que ça caches, il a du contracter une fièvre bulbonique en traînant dans un quelconque marais et ça a du lui chambouler l'esprit.

-Depuis quand ton frère vit-il dans les marais ?

-Je ne sais pas, mais je trouve que ça lui irait à merveille.

Nos deux colocataires viennent de quitter le dortoir en bavardant d'un ton entendu et se voulant mystérieux. Je me demande bien où est le mystère, étant donné que leur conversation se résume à :

-Tu penses qu'il m'aime ?

-Oh oui, il rêve de toi toutes les nuits (le pauvre, il doit en faire des cauchemars !), j'en suis sûre, ne t'inquiète pas !

-Tu crois ? J'ai hâte de le serrer dans mes bras et hum…

J'arrêterais là le récit car il risque de devenir pervers.

Ce n'est pas que la vie sentimentale des deux niaises m'intéresse mais leurs cachotteries peu discrètes ont attiré ma fichue curiosité. A ce qu'on dit, l'expérience forge le caractère. Je devrais donc laisser tomber l'affaire et retourner à mes devoirs de métamorphose, si j'avais retenu la moindre leçon de la veille. Mais Cléo et moi ne résistons pas à la tentation de lire le morceau de parchemin à l'eau de rose.

-Où est-ce qu'elle a pu le cacher ?

- Si tu veux mon avis, elle a du le glisser dans une de ses innombrables paires de chaussettes à froufrous.

-Tu dois avoir raison. J'oubliais que nous n'avions pas à faire à une personnalité très maligne.

Cléo ouvre le placard de Barbara et me brandit victorieusement le bout de papier, deux secondes plus tard.

Elle le déplie, elle réprime un éclat de rire, s'éclaircit la gorge et lit :

Retrouve moi demain soir devant la statue d' Egdonus le Grand, troisième étage, couloir de droite (c'est le couloir où se situe la salle de bain des préfets).

Je t'y attendrais et j'espère que nous passerons une soirée emplie d'amour.

Ta dévouée admiratrice qui t'aime du plus profond de son coeur.

-Mais pas du plus profond de sa dignité…

-Zinnia, tu es dure. C'est juste…

-Ridicule ?

-Exactement. N'empêche que je meurs d'envie de savoir qui c'est.

-Je te parie que c'est un septième année.

-Le plus beau.

-Le plus populaire.

-Pattson ?

-Mouais…C'est crédible.

-Non, j'ai mieux ! Qu'est-ce que tu dirais de Wellis ?

-Ignatius Wellis ?

-Tu sais bien, le grand roux qui traîne avec Rosier !

-Oui, je vois qui c'est mais je ne crois pas…Trop studieux. Il lui faut un rebelle. Pour enflammer son petit cœur de midinette…

-Tu es mal placée pour parler, Zin'. Sans te vexer.

Elle a un don pour me rabattre mon caquet assez impressionnant. Je lui attrape le parchemin des mains et me jette avec sur mon lit, décidée à ne pas penser un instant à Sirius, le rebelle qui fait brûler mon stupide cœur jusqu'à ce qu'il ne forme plus qu'un informe petit tas de cendres…

Point de vue Sirius Black, Gryffondor

-Patmol, j'ai un petit service à te demander…

-A vos ordres, Majesté.

-Qui est-ce qui t'as fait boire de force une potion de soumission ? Que je lui offre des Chocogrenouilles.

-Je n'ai même plus le droit de t'aider sans réticence ?

-Tu as le droit de tout, avec moi, mon petit Patmol.

-Fais gaffe, Sirius, c'est qu'il devient dangereux, le Cornedrue, intervient Remus.

-Je reprends, dit James. Ce soir, j'aurais besoin de toi pour m'aider à préparer une potion super compliquée, dans une pièce que j'ai découverte hier…

-Dans quel but vas-tu concocter cette potion?

-Euh…c'est-à-dire que…

-Est-ce que ce but met en cause une certaine Lily Evans ?

-C'est un détail…

-J'accepte, même si je doute qu'elle te tombe dans les bras grâce à une simple potion.

-Ne cries pas défaite trop tôt. A ce propos, tu as croisé Sullivan aujourd'hui ?

-Comment ça, « à ce propos » ?! Je ne vois pas le rapport entre…

Mais James a déjà filé, me laissant seul avec un Remus étranglé de rire.