Ah, vous y croyez pas, hein ? Ben moi non plus, surtout qu'il fait juste vingt pages word au lieu de dix. ^^ Bref, j'espère que ça vous plaira toujours autant. Et ne vous inquiétez pas, je sais ce que je fais, c'est promis...
N'oubliez pas de me dire ce que vous en pensez, j'aimerais bien avoir votre avis.
Chapitre XII :
Broken Heart
Maddy n'avait pas dormi de la nuit, fixant simplement le plafond en se remémorant les moments qu'elle avait passé avec Black. Elle avait arrêté de rougir après avoir passé près de trois heures à ressasser tout ça. Rebecca avait bien essayé de la faire parler mais la seule chose qu'elle avait réussi à tirer de son amie était " Tout va bien. Il ne m'a pas forcée. " Madelyn ne cessait de chercher comment ils en étaient arrivés à ça. Elle n'avait jamais pensé que sa première fois ressemblerait à ça, que cela se ferait si naturellement. Elle ne s'était pas posé tant de questions que ça. Juste quand il avait…
Elle censura elle-même sa pensée en sentant ses joues se farder d'un rouge qui aurait été très suspect si elle n'avait pas été couverte par le noir. Aux alentours de sept heures du matin, Becky finit par lui chuchoter qu'elle devrait se lever si elle voulait aller en cours.
- Ca va ? s'enquit son amie, les sourcils froncés d'inquiétude.
- Becky, tout va bien. assura Maddy. Rien a été fait sans qu'on ne soit tous les deux d'accord.
- Tu le jure ?
- Je te le jure !
- Donc, vous êtes ensembles ? Ca ne va pas trop jaser ?
- J'en sais rien. A vrai dire, je ne suis pas certaine qu'on soit vraiment ensemble…
- Mais vous avez…commença Rebecca en rougissant. Vous avez fait l'amour, si vous n'êtes pas ensemble, alors c'est un beau salopard !
- Je…Je devrais peut-être lui parler…
- Je crois que ce serait mieux, oui.
Maddy se lava, s'habilla et descendit les escaliers en se demandant ce qu'elle allait bien pouvoir dire à Regulus. Peut-être devrait-elle lui demander ce qu'il pensait qu'il allait se passer maintenant ?
Becky se figea devant Maddy et la jeune fille faillit lui rentrer dedans.
- Becky ? Qu'est-ce-que tu…?
Madelyn suivit le regard de sa meilleure amie et sentit son cœur se briser en mille morceau. Elle eut très chaud, puis très froid, sentant que son visage était probablement aussi pâle que la mort. ne sentant plus ses jambes, elle se rattrapa à la rambarde de l'escalier, seul élément physique qui la maintenait dans le monde réel. Dans la salle commune, assis nonchalamment sur un divan vert, Regulus Black et Eliza Cromwell s'embrassaient à pleine bouche. Cromwell était lascivement assise sur les genoux de Black et le gratifiait de son décolleté plongeant. Mais Maddy ne pouvait décoller ses yeux de leurs bouches liées. Puis, elle chercha les mains du garçon, cachée sous le pull de Cromwell tandis que cette dernière lui cajolait le torse. Regulus, toujours occupé à envahir la bouche de Cromwell planta ses yeux dans ceux de Maddy et la jeune fille n'aurait pas pu être davantage blessée s'il avait éclaté de rire. Il la fixait avec un air de suffisance odieux inscrit dans ses yeux. Il avait du bien rire en rentrant. Il avait eu ce qu'il voulait, il s'était bien amusé et il voulait que Madelyn le sache.
Une soudaine envie de vomir s'empara de la jeune fille. Comment osait-il faire ça ? Comment pouvait-il faire ça après ce qu'ils avaient fait la veille ? Rebecca s'était emparée de la main de son amie et la serrait de toutes ses forces. Rosier, qui contrairement à son habitude n'était pas aux côtés de Black, mais plus loin, comme s'il voulait s'éloigner le plus possible de son meilleur ami, s'approcha des deux filles et lança dans un chuchotement à Becky :
- Venez, ne le laisse pas croire que ça t'atteint, Falcon.
- Que…commença Becky.
- Viens. Je refuse de le voir. Il me dégoûte ! lâcha Rosier d'une voix écœurée. Venez.
Becky tira la main de Madelyn qui se laissa faire, telle une poupée de chiffon. Rosier et Becky l'emmenèrent hors de la salle commune et Becky n'entendit même pas la discussion pourtant animée entre Rosier et sa meilleure amie. Tout ce qu'elle entendait était un bourdonnement de plus en plus fort dans ses oreilles. Un haut le cœur la prit soudainement et elle se dégagea de la main de Rebecca. Elle marmonna quelque chose, le visage encore plus blanc que quelques secondes auparavant.
- Maddy ?
- Je vais vomir…
Avisant qu'elle se trouvait dans le couloir de la salle de Potions, elle fila dans les escaliers proches et soulagea son estomac. Elle se laissa tomber à genoux sur le carrelage froid et Rebecca vint à sa suite pour la prendre dans ses bras.
- Maddy, je suis…Par Merlin, je voudrais lui arracher les yeux. Je vais…Comment a-t-il pu ? Qu'est-ce qu'il lui a pris ? s'exclama-t-elle en jetant un regard noir à Rosier.
- Si je savais ! Il n' a pas dormi de la nuit, ce matin, il se lève et va chercher Cromwell pour l'embrasser et ils sont comme ça depuis. Je n'ai pas la moindre idée de ce qu'il fout. assura la jeune homme.
Maddy leva la tête et fixa le Serpentard. Il semblait si écœuré et dégoûté qu'il ne lui vint même pas à l'idée qu'il puisse couvrir son meilleur ami. Maddy se releva difficilement et Becky ne cessa de la soutenir, le regard inquiet.
- Tu devrais aller à l'infirmerie. risqua Rosier en pénétrant dans les toilettes, décidé à aider Rebecca à soutenir la jeune fille. Tu es plus pâle que la grande faucheuse.
- Non…Je…Je ne vais pas lui donner ce plaisir… dit-elle en déglutissant difficilement. C'est ça qu'il veut, hein ? Me voir à genoux ? Il veut me détruire, il veut me voir ramper… Allons en cours, je ne lui ferais pas ce plaisir. Non.
- Maddy, tu ne vas pas bien…Il faut au moins que tu manges !
- Je ne crois pas que je puisses avaler quoique ce soit. dit-elle. Allez-y, vous.
- Je ne crois pas que tu sois en état d'être laissée toute seule. objecta Rosier.
- Il a raison ! renchérit Becky. Je ne te quittes pas d'une semelle.
Maddy releva la tête et haussa les épaules.
-Si tu veux faire en sorte de faire comme si cela ne te touchait pas plus que ça, agit comme d'habitude. Ne laisses rien transparaître. conseilla Rosier. Alors, viens dans la grande salle et fais au moins semblant de manger.
Madelyn le fixa dans les yeux et décida qu'il semblait assez énervé contre son ami pour être sincère. Et puis, s'il voulait s'attirer les faveurs de Becky, l'enfoncer davantage n'était pas la meilleure des solutions. Elle acquiesça et les suivit jusqu'à la grande salle, tentant de se redresser pour paraître telle qu'elle était tous les jours. Mais lorsqu'elle arrive à la table des Serpentard, elle ne put s'empêcher d'avoir un haut le cœur en voyant Cromwell caresser le bras de Black. Cromwell leva alors les yeux et les planta dans ceux de Maddy, un sourire carnassier s'étendant sur ses lèvres.
Elle réclama un baiser à Black qui l'ignora royalement pour se pencher vers son autre voisine, lui susurrant quelques mots à l'oreilles qui la firent rougir. Black daigna enfin lever les yeux et les plongea dans ceux de Madelyn. Bien qu'elle avait envie de se jeter sur lui pour lui arracher les yeux et le traiter de tous les noms, elle demeura immobile, priant tous les dieux qu'elle connaissait que rien dans sa manière d'être ne révèlent à quel point elle se sentait trahie et sale. Sale d'avoir couché avec lui. Sale de s'être laissée avoir. Sale d'être entrée dans son manège.
Pourquoi ? Elle aurait voulu savoir. Hier soir, il semblait encore si doux et il avait presque avoué être…Il n'avait pas été méchant, ni même arrogant. Il semblait juste désespéré. Quel bon acteur il avait été. Elle avait perdu une grande bataille, mais elle ne s'avouait pas vaincue. Elle n'allait pas lui faire le plaisir de tomber à genoux, mortellement blessée. Elle s'assit à l'extrémité de la table, à côté de Becky et face à Rosier. Rachelle était là-bas, quelque part, auprès de Black, Madelyn entendait sa voix criarde glousser comme une idiote.
Elle parvint à déjeuner mais ne put avaler plus que quelques toast grillés.
- Maddy, tu veux qu'on sèche ? s'enquit Becky.
- Non, je ne me laisserais pas avoir. Je…Je vais être plus forte ! Il va payer…Je te le jure…L'enfer ne sera pas complet avant qu'il n'y soit…
- Proverbe écossais ? devina Becky en souriant.
Madelyn hocha la tête quand elle entendit la voix de Black héler Rosier :
- Christiaan, tu ne viens pas ?
- Quand tu te seras débarrassé de tes dindes, j'aviserais. répondit simplement l'interpellé en se servant un verre d'eau. Rebecca ? ajouta-t-il en lui en proposant de remplir son verre.
- Oh, merci, oui.
- Madelyn ?
- Merci. fit la jeune fille en hochant la tête.
-Ne lui adresses pas la parole. conseilla-t-il. Ignores-le, peu importe ce qu'il te dit. Imagine que c'est un mur.
- Il n'est pas censé être ton meilleur ami ?
- Je ne sais pas ce qu'il peut bien avoir dans la tête, mais, ce mec, ce n'est certainement pas le Regulus Black que je connais. fit-il en s'essuyant la bouche après avoir mangé son œuf et son bacon. Ils finirent par se relever pour se diriger en cours.
La journée ne fut guère enrichissante pour la jeune fille. Elle demeura toute la journée auprès de Rebecca puisque Rosier était retourné auprès de Black qui avait fini par renvoyer ses sous-fifres.
- Alors, demanda Rosier en rangeant ses affaires de cours, tandis que Rebecca et Madelyn s'étaient déjà éclipsées pour le dernier cours. qu'est-ce qu'il s'est passé avec Falcon ?
- Elle est effondrée, je parie, hein ? fit-il avec un sourire carnassier sur les lèvres. C'est elle qui te demande de me dire ça ?
- Pas vraiment, elle n'a rien dit. Elle n'a pas l'air plus étonnée que ça.
Rosier vit clairement son ami se raidir. Alors, il se décida à enfoncer le clou.
- En fait, après hier soir, je m'tétais dis…Mais j'ai du me faire des idées. Je pensais que vous sortiriez ensemble.
- C'est elle qui espère ça, pas vrai ?
- Non, je te l'ai dis. Elle n'a pas parlé de ça.
- Alors pourquoi tu étais avec elles, ce matin ? Pourquoi tu n'es pas venu avec moi ? s'exclama soudain son ami, comme hors de lui.
- J'ai décidé d'être plus souvent avec Rebecca, et comme elle est toujours avec Falcon, bah, par la force des choses, je suis avec elle. expliqua calmement Christiaan.
- Alors pourquoi elle faisait cette tête, ce matin, hein ? Comme si elle était à terre ! explosa Black, les joues rouges de colère.
- Elle a reçut une mauvaise nouvelle par hibou, cette nuit. mentit Rosier.
- Tu…Tu mens ! Quelle mauvaise nouvelle ?
- J'en sais rien, elle ne s'est pas étendue…Bon, tu viens ? Pourquoi tu t'énerves ? Après tout, tu n'en as rien à faire, n'est-ce-pas ?
- Je…Oui, tu as raison. Cette fille n'est qu'une idiote. Rien qu'une idiote ! Ah ! Elle a crut qu'elle pourrait avoir un Black ! Ah ! C'est tellement drôle ! s'amusa-t-il en s'emparant de son sac pour s'éloigner. Même toi tu as cru que je la voulais ! Ah !
Christiaan fixa le dos de son ami qui s'éloignait et fronça les sourcils. Il avait fait ça pour…se moquer d'elle ? Parce qu'elle était tombée amoureuse de lui ? Parce qu'elle avait espéré quelque chose de lui ? Cela ne lui ressemblait pas. Ou peut-être que si. Mais Christiaan était à cet instant si déçu de son ami qu'il en vint à espérer que Madelyn lui rende la monnaie de sa pièce. Parce que, même si elle n'avait pas été très aimable avec lui au début, elle n'avait finalement fait que se défendre Elle n'avait pas mérité qu'il lui explose le cœur à coup de batte de Quidditch. Il secoua la tête. Voilà qu'il se mettait à défendre une sang-mêlée et bâtarde sur le coup. Rebecca s'imposa à son esprit et il secoua une nouvelle fois la tête. Des pensées pareilles n'étaient plus d'actualité. En songeant à la jeune blonde, il sentit sa poitrine s'emplir d'une chaleur qu'il avait très rarement ressentie. Il se souvint de la force qui s'était incrustée dans ses yeux lorsqu'elle avait décidé d'emmener son amie loin de la salle commune. Il se souvint de sa loyauté à l'égard de son amie, de sa famille. Il secoua une dernière fois la tête pour se remettre les idées en place et finit par suivre Regulus. Ce n'était vraiment pas le moment d'avoir ce genre de pensées niaises.
Madelyn et Rebecca s'étaient mises d'accord pour aller travailler à la bibliothèque sur leur devoir de métamorphose. La jeune fille s'était alors délogée de sa chaise pour partir à la recherche d'un livre qui expliquait les différentes étapes d'une auto-métamorphose. Toutefois, en se promenant dans les rayons, elle finit par entendre la voix hautaine de Cromwell. Elle était décidée à l'ignorer mais le nom de Régulus prononcé avec emphase la fit se raidir.
- Et il était si empressé, ce midi ! Il a voulu qu'on le fasse trois fois ! s'extasiait-elle à ses amies. Il est teeeeellement doué ! Quand ma mère va savoir ça ! Ah, mes amies, je serais probablement la future Mrs Black ! Ne trouvez-vous pas cela merveilleux ?
Maddy serra son poing et se rendit compte qu'elle avait sorti sa baguette. Étant cachée entre deux rayons de livres, Cromwell et ses amies ne pouvaient pas la voir. Elle-même, n'entendait que leurs voix. Madelyn chercha quelque chose du regard pour se distraire au lieu de ça, elle trouva un livre sur les sortilèges imprononcés. S'en emparant, elle feuilleta le sommaire alors qu'en arrière fond, les voix nasillardes des Serpentarde se faisaient toujours entendre. Les yeux de Maddy s'arrêtèrent sur une ligne et un sourire mauvais s'étendit sur ses lèvres. Après avoir rangé le livre, elle leva légèrement sa baguette et se plaça de façon à avoir un bon angle de vue de Cromwell sans que cette dernière, ni ses amies, ne puissent la voir. La jeune fille bougea lentement ses lèvres et actionna sa baguette. Puis, elle rangea sa baguette et attendit.
- Et puis, il tient absolument à me revoir ce soir. C'est si romantique ! s'extasiait-elle. Tellement AAAAAAH !
En se pâmant d'admiration pour Black, Cromwell avait secoué ses cheveux qui avaient tous finis au sol.
- AAAAAAAH ! Qui a fait ça ? Aaaaaaah !
Madelyn, satisfaite, se réengagea dans l'allée des livres de métamorphoses et repartit avec le livre dont elle avait besoin pour son devoir. La bibliothécaire fit sortir Cromwell de la bibliothèque, le faisant accompagnée par ses amies jusqu'à l'infirmerie. Madelyn l'entendait encore hurler et pleurer. Elle réintégra sa place sous l'œil inquiet de Rebecca. Mais cette dernière ne dit rien, se contentant de reprendre la discussion là où elle s'était arrêtée. MacGonagal finit par se montrer à la bibliothèque, demandant au responsable du sort qui avait été jeté sur Eliza Cromwell de bien vouloir se dénoncer. Bien évidemment, elle n'obtint aucune réponse et finit par ôter cinquante points à chacun des élèves présents. Madelyn haussa les épaules. Elle se fichait complètement de la coupe des maisons et elle savait très bien qu'on ne pouvait l'accuser sans avoir de preuves. Les deux amies finirent par réintégrer la salle commune et Madelyn se laissa choir sur un des divans. Rebecca grimpa dans sa chambre et en redescendit avec un manteau noir.
- C'est quoi ?
- Le manteau de Christiaan. J'ai complètement oublié de le lui rendre.
- Ah. Alors, vous allez déjeuner quand ?
- Bah, je vais annuler, je vais pas te laisser toute seule quand je vais à…
- Hors de question ! rétorqua Maddy. Je ne suis pas en sucre et je ne veux pas que tu te prives de sortir t'amuser parce que je me suis fait avoir. En plus, j'ai besoin de mon quota de ragots !
- Tu n'avais pas décidé d'arrêter ça ?
- Nan, en fait, j'aime beaucoup trop ça pour ne plus en vouloir ! s'exclama Maddy avec un sourire, le premier sincère de la journée. Rebecca le remarqua car elle lui rendit un sourire tout aussi radieux. Black et Rosier en profitèrent pour entrer dans la salle commune à ce moment là. Regulus remarqua immédiatement le sourire de Madelyn et serra le poing, sans pour autant dire quoique ce soit.
- Christiaan ! s'exclama Rebecca. Tiens, je suis désolée, j'avais complètement oublié de te le rendre, j'espère que tu n'as pas eu trop froid !
Il désigna le manteau qu'il portait et sourit doucement.
- Ne t'en fais pas, j'en avais un autre. Merci ajouta-t-il en s'emparant de l'autre manteau. C'est…
Il jeta un furtif coup d'œil à Madelyn.
- C'est toujours bon pour samedi, à Près-au-Lard ?
- Oh, bah…oui. fit Rebecca en rougissant après avoir, elle aussi jeté un coup d'œil à son amie.
Christiaan sourit et Black s'exclama :
- Et moi, je fais quoi, samedi ?
- Tu peux te passer de moi pendant une journée, non ? rétorqua sèchement son ami.
Black se renfrogna et Maddy sentit son regard se poser sur elle. Mais elle fit comme si de rien était, se remémorant les cours de sa grand-mère. Au moins, se dit-elle, elle avait été élevée par des nobles et elle savait très bien comment cacher ses sentiments et comment cacher ses pensées. Elle remerciait d'ailleurs sa grand-mère pour ça. Madelyn s'empara de la gazette du sorcier et le feuilleta avant de tomber sur un article parlant des Shepard. Encore. Cela ne faisait que quelques semaines qu'elle savait tout, mais elle avait l'impression que cela faisait des mois et des mois, presque des années. Comme si ce qui s'était passé le matin même l'avait anéantie à tel point que tout évènement extérieur lui paraissait très lointain.
« Le nouveau scandale de la famille Shepard. H. Skeeter.
La vie mondaine des très nobles famille Shepard et Stern est encore frappée par un nouveau scandale. Après la découverte d'une héritière sorcière illégitime, notre équipe de reporters chevronnés à découvert qu'un divorce entre Mr Isaac Shepard et Mme Rubis-May Shepard, née Stern serait en préparation. En effet, la découverte de l'existence de Madelyn Tara Falcon-Shepard…
Madelyn oublia toute considération extérieure et s'insurgea contre le fait qu'on accole son nom à celui des Shepard. Elle maudit cent fois Hector Skeeter mais poursuivit néanmoins sa lecture.
…fille du très regretté Jackson Shepard I et d'une ambassadrice des moldus auprès des sorciers, Mlle Soraya Falcon, apparemment héritière d'un grande famille de moldus (cf notre article p.56), remettrait en question l'ordre de succession de la famille. En effet, non seulement Madelyn Falcon est née avant Jackson Shepard II, mais elle est en plus une brillante sorcière lorsque son jeune cousin est un cracmol avéré. D'autres sources qui ne souhaitent pas se faire connaître affirment que la paternité du jeune Jackson Shepard est remise en question et qu'il ne serait pas le fils biologique d'Isaac Shepard. Cette remise en cause a indigné la famille Stern qui a souhaite un démenti formel de la part des Shepard, démenti qui n'a toujours pas été prononcé lors de l'impression de nos lignes. Le mot "divorce" aurait été prononcé entre les deux patriarches des familles concernées, à savoir Mr Ian Shepard et Mr Maximilian Stern. Cette rocambolesque affaire n'a pas fini de faire parler d'elle puisqu'on a surprit des rencontres entre Mlle Madelyn Falcon et Monsieur Hadrian Rosslyn, fils du très estimable cousin de notre ministre. Peut-être un mariage entre ces deux branches ne serait-il pas à exclure.»
Suite de notre enquête p.53 :" La haute aristocratie Moldue : Les Falcon de Teviotdale"
Madelyn était abasourdie. Tout s'enchaînait à une telle vitesse qu'elle ne comprenait plus rien. Et comment aurait-elle pu être fiancée à Hadrian, où même qu'un projet de mariage soit envisagé ? Elle ne le connaissait même pas ! Sa mère et son père étaient simplement de très vieux amis ! Se pourrait-il que Black ait eu vent de cette absurde rumeur ? Et qu'il ait décidé de la punir ? Serait-ce la raison de son comportement. Puis, elle regarda la date. Le canard était sorti le jour-même et les journaux n'arrivaient à Poudlard qu'aux alentours de 9h. Or, elle l'avait surprit à fricoter avec Cromwell vers 7h30. Cela ne pouvait pas être ça. Elle se fustigea en se rendant compte qu'elle avait espéré qu'il ait une raison d'agir ainsi. Son cœur avait battu la chamade, espérant qu'il ne soit pas totalement le Serpentard cruel qu'il était.
- Maddy ? T'en fais une tête ! s'exclama Rebecca.
- Je viens d'apprendre que selon ce ramassis d'âneries, Hadrian et moi sommes entrain de conclure un mariage.
- Hein ? Mais tu l'as vu qu'une fois !
- Ouais. J'espère qu'il a pas de copines, enfin, que, s'il en a une, qu'elle ne va pas le larguer à cause de ça…Faut que je lui écrive, tu crois ?
- Bah, au moins, il saura que ce n'est pas toi qui a lancé cette stupide rumeur ! Qu'est-ce qu'il raconte d'autres ?
- Que Isaac Shepard et sa femme vont divorcés, que Jackson Shepard II est peut-être pas vraiment un Shepard et que je vais hériter du tout ! Pfff, ce qu'il faut pas entendre ! Et en plus, cet abruti de journaliste a rajouté Shepard à mon nom !
- Fallait s'y attendre…Et…c'est quoi cet article page 53 ? s'enquit Rebecca en se penchant pour regarder l'article qu'avait lu son amie.
- Probablement un truc sur la héraldique de ma famille. Attends, je vais voir, je sens que je vais rigoler ! lâcha amèrement la jeune fille.
- Attends, je lis avec toi ! fit Rebecca.
Elle se rendait compte que s'énerver sur les foutaises du journaliste la rendait moins attachée au comportement de Black.
« La haute aristocratie Moldue : Les Falcon de Teviotdale de H. Skeeter »
Une grande photo du manoir de ses grands-parents avait été placée en dessous du chapeau.
- La vache ! C'est vraiment là que tu vas tous les étés ?
- Ouais. Et encore, là, tu vois que la façade. Derrière, il y a les appartements des domestiques.
- Et c'est quoi ce truc, "Falcon de Teviotdale" ?
- Bah, c'est le nom, comment dire…Comme ils sont nobles, ils ont un nom à rallonge. Tu as lu Jane Eyre ?
- Ouais, mais je vois pas le rapport.
- Le mec, il s'appelle Edward Fairfax de Rochester. Là c'est pareil. Le manoir s'appelle Teviotdale Lodge. Bref, c'est compliqué…hasarda Maddy en balayant ses propos de sa main.
- Alors, qu'est-ce qu'il dit de tes grands-parents ?
- Le comte et la comtesse d'Aberdeenshire se sont rencontrés en Avril 1925, à Edimbourg, commença à lire Madelyn. lors d'une soirée donnée par les Rosslyn de Sinclar, qui, même s'ils sont une grande famille de sorciers, semblent être des amis de longue date des Falcon de Teviotdale. Lord Lachlan Falcon de Teviotdale est un magnat des affaires écossais et grand propriétaire terrien. Son épouse, Lady Rosaleen Campbell de Ferford est l'héritière d'un magnat du pétrole - sorte d'huile qui sert aux moldus pour leurs déplacements. Leur fille unique, Lady Soraya Falcon de Teviotdale, vicomtesse d'Aberdeenshire a fait de brillantes études dans une école moldue privée et a ensuite intégré l'ambassade sorcière auprès des Moldus avec l'appui d'Erwan Rosslyn de Sinclar. Ainsi donc, Madelyn Falcon de Teviotdale est non seulement une grande héritière sorcière, mais est également l'héritière d'une grande famille de Moldus. Nulle doute qu'avec ces deux héritages importants, elle parviendra à conclure un mariage d'importance. Après tout, qui refuserait une telle alliance ? Même la plus pure des familles sorcières ne saurait se le permettre. Hector Skeeter
- Décidément, il y en a qui ont très envie de te marier ! s'exclama son amie.
- Il semblerait. soupira Maddy, agacée. Qu'est-ce que ça pouvait bien faire, tout ça ? Est-ce que hériter du comté et de l'argent de ses grands-parents allaient la rendre plus heureuse ? Non, pas qu'elle le sache. Et ce n'était certainement pas en rajoutant l'hypothétique et inutile héritage de Shepard que ça allait changer. Et puis, qu'est-ce que c'était que cette manie de vouloir toujours marier les filles ? Pourquoi est-ce que cela devrait être une fin en soit ? Pourquoi est-ce que cela devrait être son objectif ? Elle avait dix-sept ans ! Seulement dix-sept ans ! Pourquoi devrait-elle se marier ? Ses grands-parents s'étaient fiancés et mariés jeunes. Ils ne s'aimaient pas, ne s'étaient jamais aimés et ne s'aimeraient jamais. Ils se supportaient, s'appréciaient, à la rigueur, mais rien de plus. Ses parents s'étaient aimés et son père était mort, sa mère ne s'en était jamais remise. Et elle…Elle, elle avait le cœur brisé par un homme qui ne saurait jamais à quel point elle l'aimait…non, à quel point elle l'avait aimé, elle devait se faire une raison. Jamais il n'y aurait plus que ça, entre eux. Jamais. Elle fixa le journal sans réellement le voir avant de relever la tête pour croiser les yeux gris de Black qui semblait la fixer depuis un moment. Avait-elle vraiment envie de ça ? Elle repensa à ce qu'elle avait fait à Cromwell. La tête à froid, elle se rendit compte que c'était vraiment une chose horrible, mais curieusement, et presque terriblement, elle ne regrettait rien. Elle n'avait qu'à chercher dans son cœur, cette énorme cicatrice qu'il avait laissée. Cette cicatrice si profonde qu'elle avait l'impression de ne pas pouvoir respirer. Elle avait changé, et pas forcément en bien. Il la fixait toujours. Les sourcils froncés, le visage froid et dur. Comme s'il était celui qui avait été floué, comme s'il était celui qui avait mal. Comme si c'était à lui qu'on avait pris sa virginité pour coucher le lendemain avec la première pétasse qui passait. Comme s'il n'était pas l'initiateur. Maddy sentit ses yeux la brûler et elle se leva et se décida à écrire à Hadrian.
Rebecca la regarda monter avant de reporter ses yeux sur Rosier, qui la fixait.
- Tu veux aller faire un tour ? s'enquit-il.
- Ouais, si tu veux. répondit Black.
- C'est pas à toi que je parlais, Regulus. rétorqua-t-il immédiatement en ne cessant de fixer Rebecca.
- Okay. fit la jeune fille en jetant un coup d'œil à Black qui semblait abasourdi d'avoir été rabroué.
Rebecca se leva et suivit Rosier à l'extérieur. Ils s'éloignèrent et rejoignirent un des couloirs externes du château.
- Il a dit quelque chose ?
- Le peu que j'ai demandé, il était persuadé que c'était elle qui m'avait demandé de dire ça…Je vais peut-être te choquer, en fait, je crois que je suis moi-même un peu choqué, mais, je crois qu'il…que ce qu'il voulait c'est la blesser. Que, quand il me demandait si elle cherchait des réponses, j'ai l'impression qu'il en était heureux. Qu'il voulait vraiment qu'elle souffre. Il a dit qu'il avait trouvé marrant qu'elle croit qu'il pouvait être amoureux d'elle.
Rebecca le regarda, les yeux grands ouverts, pleine d'effroi. Comment pouvait-on être aussi…monstrueux ? Comment pouvait-il être heureux du mal qu'il lui a fait ?
- Est-ce qu'il aurait pu avoir lu Sorcière Hebdo ?
- Euh…c'est pas vraiment notre genre de lecture…Tu le vois lire ça ?
- Pas vraiment. grimaça la jeune fille. Mais dedans, ils insinuent que Maddy est fiancée à Hadrian Rosslyn. Je me disais, peut-être que…peut-être qu'il a crut que…Mais avec ce que tu m'as dis, ça ne colle pas…S'il veut juste s'amuser à la faire souffrir, alors ce mec est le plus gros connard que j'ai jamais vu. À côté de lui, mon grand-père, c'est Mère Theresa…
- Euh…c'est qui, ça ?
- Une religieuse moldu qui aide les pauvres…
- Ah oui. Ton grand-père n'est pas vraiment réputé pour être charitable…dit-il dans un sourire bref et sans joie.
- C'est rien de le dire…Dis, comment ça se passe, avec Rachelle ?
- C'est annulé, c'est bon, j'ai eu confirmation.
- Et sur moi, tes parents, ils ont dis quelque chose ? demanda-t-elle.
- Rebecca…dit-il après quelques instants de silence. Ne penses pas que parce que je suis l'ami de Regulus, je puisse être capable de faire la même chose que lui. J'en serais incapable. Je ne m'intéresses pas à toi à cause de mes parents, ni à cause de ta famille. Tu détestes la partie de ta famille que mes parents jugent "intéressante", alors, ce n'est pas vraiment dans mon intérêt si je visais seulement quelque chose d'économique et de relationnel. Je veux juste…juste te connaître mieux toi, si tu ne me fais pas confiance, je ne peux rien faire…
- Je te fais confiance…Où du moins, je n'ai pas d'aprioris. Enfin, je ne pense pas non plus que ce soit judicieux d'essayer de m'approcher avec pour seule motivation le fric du vieux Williamson, parce que s'il le fallait, je cesserais de m'appeler Williamson pour prendre le nom de ma mère.
- Je sais. dit-il.
- Tu sais ? s'étonna-t-elle.
- Oui, de ce que j'ai pu observer, tu es quelqu'un de droit et tu es loyale à ce que tu crois être juste. Je veux dire, ta sœur, elle a juste profité de cette histoire dans ta famille pour se faire voir comme l'héritière Williamson. Toi, tu as juste soutenu ta mère. Et avec l'histoire de Falcon, j'ai vu que tu avais reçu des lettres du journaliste, probablement pour que tu lui donnes des détails. Mais tu as tout jeté au feu.
Rebecca sentit ses joues rougir.
- Je ne savais pas que tu m'avais tant observée. murmura-t-elle.
Ce fut à son tour de voir ses joues se rosir légèrement. Mais il passa outre et répliqua :
- Je préfère savoir où je mets les pieds, si tu me pardonnes l'expression. Tu ferais bien de faire pareil.
-Ah, et, qu'est-ce-que, je devrais savoir ?
- Ne comptes pas sur moi pour te faire la liste de mes défauts ! s'exclama-t-il.
Rebecca eut un petit rire et s'accouda au rebord de la rambarde du couloir. Il donnait vue sur le lac et le soleil se couchait. Elle se rendit compte que c'était un endroit très romantique et qu'elle y était avec un garçon qu'elle appréciait de plus en plus. Ses joues se colorèrent de rose.
- À quoi tu penses ? demanda-t-il en s'accoudant de la même manière qu'elle.
-À rien que tu n'aies besoin de savoir. dit-elle en tournant la tête vers lui.
-Alors pourquoi tu rougis ? s'enquit-il.
À ces mots, ses joues prirent une teinte encore plus rouge, ce qui fit sourire Rosier.
- Ne te moques pas de moi ! s'exclama-t-elle en lui donnant un léger coup de poing dans l'épaule.
- Je ne me moques pas de toi ! Je suis content de moi, c'est tout.
- Content de toi, hein ?
- Tu rougis.
- J'ai peut-être simplement chaud !
- On est au mois de novembre. Mi-novembre, même. rétorqua-t-il.
- Eh bien, j'ai peut-être froid, alors ! fit-elle en levant le nez.
Il rit. Puis se délesta une nouvelle fois de son manteau pour le déposer sur les épaules de la jeune fille. Elle le regarda et ses joues arborèrent la teinte d'une tomate mûre. Il eut un autre sourire, tout aussi hypnotisant et il allait baisser la tête lorsqu'une voix s'écria :
- GARCE !
Ils sursautèrent tous les deux et se retournèrent. Rachelle s'approcha d'eux telle une furie et cracha au visage de sa sœur. Cette dernière s'essuya d'un revers de manche et fixa sa jumelle d'un air hautain.
- C'est toi ! C'est toi qui a tout fait foiré ! Si je m'étais mariée avec lui, j'aurais pu être sa maîtresse ! J'aurais porté un nom suffisamment respecté pour ça ! hurla sa sœur. Tu n'es qu'une égoïste ! Tu ne penses toujours qu'à toi ! Jamais à moi ! Tu es une salope ! Tout le monde va savoir ! Tu m'entends ? Tout le monde va savoir que tu m'as volé mon fiancé !
- Tout le monde sait que tu n'es qu'une catin ! siffla Rosier. Tu crois qu'ils vont te croire quand la catin que tu es accusera sa jumelle ? Tout le monde sait ce que tu es, Williamson. Et crois-moi, ta réputation de coureuse et de folle te suivra partout, peu importe où tu iras.
- Tais-toi, espèce d'immonde véracrasse, tu n'es qu'une…
Une gifle coupa Rachelle dans son élan. Rebecca se redressa et toisa sa sœur du plus dur de ses regards.
- Je me suis souvent demandé comment nous pouvions être jumelles. Nous n'avons rien en commun, Rachelle. Mais je faisais avec. Mais là, tu vois, c'est plus que je ne peux en supporter. Si j'avais voulu être une garce, Rachelle, je parlerais dans tous les coins de John Lockey, tu sais, notre voisin, celui avec qui tu as batifolé dans les buissons, l'été dernier…
Le regard de sa jumelle s'agrandit et elle pâlit d'effroi.
- Où tu sais, avec Patrick O'donnell, il y a deux ans, dans les toilettes du restaurant, où encore…
- TAIS-TOI ! Tu n'as pas intérêt à dire quoique ce soit ! Sinon, je te jure que tu le regretteras !
Rachelle partit comme elle était venu et Rebecca soupira et ferma les yeux en se laissant choir sur la rambarde du couloir.
- Désolée.
- Ne le sois pas. C'était magnifique.
Elle rouvrit les yeux et le fixa.
- Tu n'as pas l'air d'être très surpris qu'elle ne soit pas très recommandable auprès des garçons.
- Si tu savais le nombre de garçons de Poudlard qui l'ont eue dans leur lit. dit-il en haussant les épaules.
- À ce point là ?
- Pire que ça. confirma-t-il en haussant les épaules.
-Je croyais qu'elle voulait être juste à lui, ça me désole de l'admettre mais…
- Je crois, qu'elle veut être la meilleure possible. Alors…Y a pas trente-six solutions…
- Ah, je préfère même pas savoir. fit-elle en secouant ses cheveux, l'air dégouté. Je n'ai pas l'impression que nous soyons sœurs, c'est quand même dingue, non ?
- Je comprends parfaitement. C'est pareil avec mon frère.
- Ton frère ? Celui dont tu parlais au début de l'année ? Tu disais qu'il…ah oui, "engrossait les sangs-mêlées", si je me souviens bien.
Il se rembrunit.
- Si seulement ce n'était que ça. grommela-t-il. "Engrosser les sangs-mêlées", c'est un code.
- Un code ? répéta la jeune fille. Mais un code pour quoi ? Et pourquoi faire un code ?
- Bah, je cherchais un moyen de parler de ça à Regulus sans que tout le monde comprenne. A vrai dire, à côté de ce qu'il est vraiment, engrosser des sangs-mêlées, ce n'est pas si grave.
- A côté de ce qu'il est vraiment ? répéta Rebecca.
- Mon frère est…il est gay.
Rebecca le regarde, bouche-bée.
- Ah oui, c'est sûr que comme code, t'as pas mieux trouvé.
- Je trouve aussi. dit-il dans un sourire sans joie.
- Mais, dis-moi, quand un mec "engrosse" réellement une sang-mêlée, tu dis quoi ?
- Qu'il s'est compromis. C'est juste, une manière de parler que pas de sangs-purs ont pris l'habitude d'avoir.
- Je vois.
- Je… commença-t-il.
- Je dirais rien. assura la jeune fille en levant les yeux vers lui. Il sourit.
- Merci.
- Du coup, c'est toi qui va…hériter ?
- Probablement.
- Tu n'as qu'un frère ?
- Oui. C'est un moyen chez les sangs-purs de s'assurer que si l'un dérape, l'autre rattrapera le coup.
- Et si les deux, "dérapent" ?
- Crois-moi, les parents lui passent l'envie de "déraper". assura-t-il d'une voix sombre.
- Lui passent l'envie ? répéta la jeune fille, horrifiée. Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire ?
- Ce que tu as compris. Quand le frère de Regulus est parti, tu n'imagines même pas ce que sa mère lui a fait pour le punir. Il ne désobéira jamais à sa mère, tu peux me croire.
- Mais, tes parents, ils ne t'ont rien fait, quand même ? s'exclama-t-elle.
- À moi ? Non. Rien de physique, en tout cas.
- C'est horrible. Je ne veux jamais être une sang-pur.
Il haussa les sourcils et eut un faible sourire.
- On ferait mieux de rentrer. Sinon, tu vas avoir encore plus froid !
Elle rougit en comprenant le sous-entendus. Il lui sourit en retour et ils regagnèrent la salle commune. Rebecca lui rendit alors une nouvelle fois son manteau et ils se séparèrent. Elle monta l'escalier et rejoignit Madelyn dans leur dortoir. La jeune fille, attablée à son bureau, toujours entrain d'écrire sa lettre se retourna et sourit.
- Alors ?
-Alors on a faillit s'embrasser.
- Faillit ? répéta Madelyn en délaissant sa lettre pour rejoindre.
- Rachelle est arrivée à ce moment là.
- Eh merde ! Alors ? De quoi vous avez parlé ? Pas de moi, j'espère ?
- Pas seulement ! fit Rebecca dans un léger sourire. Mais toi, ça va ?
- Je…je survivrais…Même si ça fait mal. avoua la jeune fille. De quoi avez-vous parlé ?
- Un peu tout et rien…éluda Rebecca en prenant les mains de son amie. Tu es sûre que ça ne te dérange pas que j'aille déjeuner avec lui, samedi ?
- Non. Tout ira bien. Tu ne vas pas me couver toute ma vie ! En plus, j'avais décidé de réfléchir à ce que je vais faire plus tard. Alors, tu vas à ce déjeuner, vous vous embrasser et après, on en parle ! fit Madelyn en souriant.
Rebecca hocha la tête et son amie retourna à sa lettre. La jeune blonde la fixa quelques instants, se demandant si elle allait vraiment si bien que ça. Si elle réussirait à surmonter ça.
La fin de la semaine approcha rapidement et Madelyn n'avait plus adressé la parole à Black. En le regardant, elle avait vu qu'il semblait en colère de ne pas l'avoir vue faire de scène. Elle s'imaginait que c'était pour cela qu'il avait constamment l'air sur le point de hurler. Rebecca venait de partir à Près-au-lard en compagnie de Rosier et Maddy se sentait, malgré ce qu'elle avait dit à son amie, étrangement désœuvrée. Elle finit par se résoudre à descendre. Elle avait posté sa lettre à Hadrian trois jours avant, mais il n'avait pas répondu. Madelyn décida de rejoindre la bibliothèque afin de chercher dans la rubrique "métier" ce qu'elle pourrait bien faire de sa vie. Elle n'avait jamais trop su ce pourquoi elle était faite. Sa mère l'avait élevée de façon à ce qu'elle n'ait jamais à s'inquiéter de rien. Ses grands-parents attendaient qu'elle soit une digne "héritière" et une bonne lady. Rien qui ne lui laisse vraiment l'occasion de savoir pour quoi elle était faite.
Une fois à la bibliothèque, elle vit Cromwell - qui avait finit par retrouver ses cheveux - et Black en pleine séance de pellotage intensif. Lorsqu'il leva les yeux, il accentua ses gestes tout en gardant les yeux fixés dans ceux de Madelyn. Elle ne bougea pas, se contentant de rester face à lui, le visage impassible, espérait-elle. Il attendait une réaction, devina-t-elle. Mais elle ne lui ferait pas ce plaisir. Madelyn s'empara de plusieurs magazines qui listaient différents métiers qui seraient susceptible de lui plaire. Elle s'assit, essayant d'occulter les rires et les gémissements de Cromwell.
Si vous aimez l'apprentissage des langues, devenez interprète ! disait l'une des filles sur une photo. La double-page listait les avantages, les inconvénients, les études qu'il fallait et les options qu'il fallait avoir suivies.
Cromwell retenti d'un rire énervant mais Maddy resta concentrée sur sa lecture. Il le fallait.
Si vous aimez aider les autres, embrassez une carrière médicale !
Hadrian était médecin, ou, du moins, suivait-il des études pour le devenir. Il n'avait plus qu'une année à achever et il serait un parfait docteur. Et même s'il avait parlé de son métier avec passion, Maddy ne se voyait pas habillée d'une blouse blanche.
Si vous aimez les mystères, devenez employé du ministère de la magie !
La politique, très peu pour elle. Autant ne pas donner aux Shepard une autre raison de l'ennuyer avec de stupides histoires d'héritage.
Si vous aimez le sport, devenez arbitre de Quidditch !
Ce n'était pas qu'elle n'aimait pas le Quidditch, mais il fallait être un passionné pour faire ça, non ?
Les rires étaient de plus en plus nombreux. Et ça l'agaçait. Elle chercha à penser à autre chose. Ling adorait le Quidditch, quand bien même il était Moldu. Erwan Rosslyn le lui avait certainement fait découvrir lorsqu'ils étaient jeunes. Elle eut un sourire en se remémorant son parrain parler de son équipe favorite, les Phoenix de Glasgow. Un bruit sourd se fit entendre et Cromwell protesta lourdement. Elle entendit clairement un pas lourd se rapprocher d'elle et Maddy continua sa lecture.
Si vous avez toujours rêver de voyager, devenez conducteur de magicobus !
Sérieusement, il fallait faire des études pour conduire ce truc ? En ayant déjà voyagé dedans, elle aurait juré que même le permis n'était pas obligatoire.
- Falcon ! lâcha la voix froide et frustrée de Black.
Elle l'ignora. Il voulait juste la tourmenter.
Si rendre la justice est votre passion, devenez juge en affaires magiques !
Juger les gens ? Décider s'il fallait les envoyer à Azkaban ? Elle aurait voulu rire mais la proximité de Black l'en empêcha. Et si elle le condamnait à Azkaban pour le meurtre de son cœur et le vol de sa virginité. Non, ce n'était pas un vol, elle était consentante, et plus que ça, d'ailleurs. Mais il avait délibérément tout prévu.
- Falcon ! Regarde-moi quand je te parle !
Elle continua sa liste.
Vous voulez garantir la sécurité de vos concitoyens ? Devenez Auror !
Pour mourir comme son père ? Non merci.
- FALCON ! cria-t-il.
Elle finit par relever la tête. Elle devait lui faire face. Il était rouge de colère et ses poings serrés comme s'il allait la frapper.
- Quoi ? dit-elle d'une voix égale.
Les yeux de Black se rétrécirent et se foncèrent. Sa colère n'en était que plus grande.
- Tu sais très bien que je déteste être ignoré !
- Et ? fit-elle en se rendant compte qu'elle feignait très bien l'indifférence. Elle remercia sa grand-mère pour sa leçon n°34 : Une lady doit toujours être maîtresse d'elle-même. Elle ne doit jamais montrer ses sentiments si la situation ne l'exige pas.
- Comment ça, "et" ? Tu ne m'ignores pas, c'est tout !
Madelyn eut profondément envie de retourner à sa lecture mais lâcha au lieu de ça :
- Qu'est-ce que tu veux ?
- Ca te dirait de reprendre là où Christiaan et Williamson nous ont interrompus ? lâcha-t-il d'une voix mauvaise.
Elle crut recevoir un couteau dans le cœur et il eut un sourire triomphant en la voyant cligner des yeux. Elle eut envie de se jeter sur lui pour lui arracher yeux et cheveux pour les lui faire bouffer ensuite. Mais elle se contenta de répondre glacialement :
- Pourquoi faire ? Ca serait ennuyant, non ?
Il plissa les yeux et s'avança pour lui susurrer :
- Je sais que tu mens et que tu rêves de recommencer. Je sais que tu ne rêves que de moi…
- Si ça te fait plaisir de le penser. Je ne vais pas t'en empêcher. Mais, je vais t'avouer un truc, dit-elle soudainement, trouvant l'occasion de l'enfoncer. Celui auquel je rêve est un grand blond qui s'appelle Hadrian.
Comme elle l'avait prévu, son sourire sadique et satisfait s'effaça et il se redressa. Madelyn crut que la conversation était finie et reprit sa lecture du magazine.
- Garce ! lâcha-t-il. Tu n'es qu'une sale petite garce ! Eh, écoutez tous, Falcon vient d'avouer qu'elle se faisait Rosslyn !
Madelyn rougit fortement et se redressa furieusement. Il n'y avait pas grand monde dans la bibliothèque mais Cromwell était toujours là, et elle était connue pour être une relayeuse de ragots. Madelyn se mordit les lèvres. Si jamais cela venait aux oreilles d'Hadrian. Il fallait qu'elle lui écrive, encore. Il allait croire qu'elle le harcelait. Madelyn se décida à sortir de la bibliothèque pour retourner dans sa chambre, mais Black la suivit.
- Alors, tu dis toujours que tu rêves de ce connard de Rosslyn ? éructa-t-il depuis le milieu du couloir. Maddy se retourna lentement et plongea ses yeux dans ceux de Black. Un sourire mauvais s'étala progressivement sur les lèvres de la jeune fille. Autant s'enfoncer jusqu'au bout. Elle expliquerait tout à Hadrian. Elle avait besoin de se confier à quelqu'un d'autre, quelqu'un qui n'était pas aussi impliquée émotionnellement qu'elle ou que Becky. Et elle avait le sentiment qu'Hadrian était quelqu'un de confiance à qui elle pouvait tout dire.
- Toujours, Black, toujours. Sur ce, bonne fin de journée. Elle s'empressa de rejoindre son dortoir où elle trouva une lettre d'Hadrian. Il s'excusait de ne pas avoir répondu plus tôt, disant qu'il avait eu de grosses journées. Il disait également qu'elle ne devait pas faire attention aux rumeurs, qu'elles passeraient d'elle-même et qu'il savait très bien qu'elle n'y était pour rien. Il finissait sa lettre sur une phrase qui la fit pleurer :
Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression à travers tes lettres, que ça ne va pas fort, peut-être que ce n'est qu'une impression, où une déformation professionnelle mais si jamais tu ressens le besoin de parler à quelqu'un d'un peu extérieur, je suis là, d'accord ? Je sais que, parfois, on a envie de parler à quelqu'un d'autre que ses parents.
Affectueusement, Hadrian Rosslyn
Madelyn sécha ses larmes et entreprit de tout lui expliquer. Elle ne lui cacha rien, ni ses sentiments pour Regulus, ni qu'elle avait couché avec lui, elle lui raconta tout depuis le début de l'année. Et cela lui fit beaucoup de mal, elle dut parfois s'arrêter d'écrire pour pleurer, mais cela lui fit beaucoup de bien, car elle se sentait comme un peu déchargée du poids de sa souffrance. Sa lettre atteignit bientôt quatre feuilles recto-verso. Aussi, commença-t-elle à s'excuser de le charger de ses problèmes, lui qui devait avoir bien d'autres choses à faire que d'écouter une gamine de dix-sept ans pleurer toutes les larmes de son corps. Elle le conjura de brûler la lettre, le remercia et finit par une formule en gaélique pour souhaiter bonheur et bonne santé. Elle envoya la lettre, la regarda partir avant de s'effondrer sur son lit. Elle prit son chat et le serra contre elle, pleurant encore.
- J'ai vraiment du faire des trucs horribles dans mes autres vies. confia-t-elle à son chat.
Plusieurs heures s'écoulèrent avant que Rebecca ne revienne et Maddy fit tout son possible pour ne pas montrer sa détresse à son amie. Elle s'en voulait déjà d'avoir écrit toutes ses misères à Hadrian.
- Alors ? Comment c'était ? s'exclama-t-elle, un sourire sur les lèvres.
Elle avait besoin de ragots pour se remettre d'aplombs. Rebecca avait les joues rouges et son amie se doutait bien que ce n'était pas à cause du froid.
- Vous vous êtes embrassés ?
- Sur la joue, pour se dire au revoir !
- C'est tout ?
- Bon, c'était quand même plus proche de la bouche que de la joue. avoua Becky en rougissant.
Madelyn eut un grand sourire.
- Et ?
- Et, je sais pas si ça compte, mais pour le chemin du retour, j'étais accrochée à son bras. C'est lui qui me l'a proposé.
- Vous avez fait quoi ?
- Bah, on s'est promenés, on a déjeuné dans un petit restaurant un peu en retrait. Il a pas voulu que je payes et…on a discuté.
- Vous êtes ensembles, alors ?
- Euh, pas vraiment. Enfin, j'en sais rien. Il a rien dit, j'ai rien dit.
- Tu crois que tu vas…tomber amoureuse de lui ? demanda Maddy en réalisant à quel point c'était dur pour elle de dire ça.
- Que je vais ? répéta Rebecca, songeuse et quelque peu rêveuse. Non, je ne crois pas.
- Hein ? Mais…
- Je crois que je le suis déjà…Pardonnes-moi, Maddy ajouta-t-elle immédiatement.
- Non, ne t'excuses jamais d'être amoureuse de lui. Il a l'air gentil. Et il m'a même soutenue face à son meilleur ami. Profites, Becky.
Son amie lui sourit et elles finirent par décortiquer de fond en comble le rendez-vous de Rebecca.
Ce fut le lendemain que Maddy reçut une réponse à sa lettre. Elle se sentit gênée en se remémorant tout ce qu'elle lui avait dit. Assise dans un coin délaissé de la salle commune, elle déplia la lettre et commença à lire.
Chère Maddy
J'avais bien vu que ça n'allait pas, mais je ne pensais pas que c'était à ce point. Ce mec, j'ai cherché tous les synonymes possibles et imaginables, mais je ne trouve rien de plus concret et de plus poli (mais il ne mérite pas que je sois poli) que c'est un gros connard (ne dis surtout pas à ma grand-mère que j'ai parlé comme ça, elle croit que je suis un gentleman qui n'a même pas conscience des insultes et "mots vulgaires". Bref, je te dirais bien de l'oublier, mais je sais très bien que ce n'est pas aussi simple. Qu'est-ce que ça vaudrait l'amour, si c'était si facile à oublier ? J'espère que tu as des ami(e)s à qui parler. Ne restes pas avec ça sur le cœur, si tu as peur d'embêter tes amies, écris-moi, je t'assure que ça ne me gêne pas. Ce Black est un abruti qui ne sait pas ce qu'il perd. Tu es une fille géniale, j'ai pu m'en rendre compte en parlant avec toi pendant quelques heures et à travers tes lettres. Et pendant que j'y penses, ça ne me gêne pas que tu te serves de moi comme prétexte pour l'éviter. Si tu savais comme je fous des ragots. Et si ça peut aider une amie ! J'espère qu'il va se rendre compte à quel point il perd en te laissant partir. Et n'oublies pas, comme on dit chez nous : le délai est l'antidote à la colère. Ca prendra du temps, mais tu surmonteras ça. Tu es forte. Bien plus que tu ne le crois. Tu es une Ecossaise et une Serpentarde. Sers-toi de ça pour lui faire face. Sois fière de ce que tu es et de ce que tu as. Il n'y a qu'en essayant de surmonter cela que tu lui montreras que tu vaux mieux que lui.
Hadrian.
Elle vit une deuxième lettre et commença la lecture, se demandant pourquoi il n'avait pas continué.
Chère Maddy,
Ouais, je sais, j'avais de la place sur l'autre lettre, mais je tenais à séparer. Je viens d'apprendre que mon père a invité ta mère, toi et Ling à Noël chez nous. J'espère que tu viendras. Sinon, c'est pas que leur conversation m'ennuie, mais (bon, si un peu quand même), ils vont parler de leur jeunesse, et je ne vois pas ce que je pourrais bien raconter. Bref, ces trois-là se revoient sans arrêt, j'ai pas trop compris pourquoi ils se sont perdus de vue…Tu le sais, toi ? Pas plus tard qu'aujourd'hui, mon père est encore parti en vadrouille avec ta mère.
Bref, j'espère te voir à Noël. En attendant, prends soin de toi et amuses-toi, Poudlard, c'est fait pour ça (oui, oui, j'étais à Serdaigle, mais qui a dit que les Serdaigle ne savaient pas s'amuser ?). Quand j'y étais, j'allais souvent au quatrième étage de la tour Nord, juste au dessus des classes de Métamorphose. A la pleine lune, en hiver, le ciel est magnifique. Tu devrais essayer (je suis sûr que tu sauras comment éviter Rusard)
Affectueusement, Hadrian.
Madelyn sourit et pressa les lettres contre sa poitrine avant de relever la tête. Black la fixait. Où plutôt, il fixait l'enveloppe qu'elle avait posée sur la table basse, face à son fauteuil. Enveloppe frappée aux armoiries des Rosslyn. Il releva les yeux pour croiser les siens. Il avait perdu tout air arrogant et mauvais. Il semblait vulnérable. Il avait l'air blessé. Puis, il se détourna lentement et sortit de la pièce, laissant Madelyn pleine de questions.
Alors, est-ce que vous auriez des explications quant au comportement de Regulus ?
Est-ce que c'est juste un salopard ?
Est-ce qu'il a une raison ?
Est-ce qu'il ne fait que jouer avec elle depuis le début ?
Pour le prochain chapitre, je ne sais pas quand il viendra, ni comment il s'appelle, mais il va se passer plusieurs semaines après la fin de celui-là.
