Et voilà le chapitre 12, qui lui aussi était prêt depuis quelque temps. J'adore les personnages des Anciens, et j'espère que vous vous y attacherez autant que moi ;)
Merci beaucoup pour vos reviews du précédents chapitres, ça me motive !

A bientôt !

CHAPITRE 12 – CONCERTATION

« Alors, vos recherches avancent ? » s'enquit Marietta en approchant de la table de la bibliothèque à laquelle étaient installés Ron, Neville, Hermione et Ginny.

Les quatre adolescents lui jetèrent un coup d'oeil fatigué et légèrement courroucé dans le cas de Ron.

« Oui parfaitement ! Je pense d'ailleurs que nous pourrons aller vaincre Jedusor ce soir ! » répliqua-t-il sarcastiquement.

« Ron ce n'est pas la peine de s'agacer comme ça ! » s'outragea Hermione.

Le garçon poussa un soupir et se redressa sur sa chaise. Il se passa encore une main sur le visage pour se frotter les yeux avant de se retourner vers la Serdaigle qui l'observait avec curiosité.

« Excuse-moi Marietta, je suis épuisé et ces recherches n'avancent pas vraiment. Ce n'était pas contre toi. »

La jeune fille se contenta d'hausser les épaules en prenant place sur la dernière chaise de libre. « Aucun problème, je comprends. »

« Et de votre côté, comment ça va ? » demanda Neville avec intérêt. Hermione ne put s'empêcher de noter que les joues du garçon avaient légèrement rosies alors qu'il regardait la Serdaigle de 6ème année. Elle eut un sourire.

« Pas terrible non plus. Je crois qu'on aurait tous besoin de repos. Ce groupe est très sympathique et je ne doute pas de son utilité - au vu de tout ce que nous avons déjà réalisé - ni de l'habileté des Potter, mais un peu de repos ne nous tuerait pas... »

« Excusez-moi, mais de quoi se charge le groupe des Serdaigle exactement ? Je dois bien admettre que je m'y perds entre les diverses missions que Harry nous a confiées. » fit Ginny d'un petit air coupable.

Hermione eut un petit sourire amusé. Il était indubitablement vrai que leur association secrète s'agrandissait de façon exponentielle à mesure que les jours passaient. « Alors, » commença-t-elle lorsqu'elle vit que les autres la laisseraient exposer le programme, « Les Serdaigles recherchent des sorts et des techniques que nous serions capables d'apprendre aux entraînements, et se renseignent sur les agissements des Mangemorts au sein du Ministère et de l'évolution de la politique. Les Poufsouffles étudient le passé de Jedusor et l'histoire de Salazar Serpentard afin de nous puissions le cerner le mieux possible. Sirius et Remus nous informent des missions de l'Ordre, Rita rédige le journal et publie les articles de défense dans le Chicaneur. Après il y a Fleur et les autres Français, ainsi que les amis de Viktor. Pour eux, il s'agit plutôt de s'assurer un soutien dans leurs pays d'origine. Ce sont des familles puissantes, alors je suis presque certaine que les gouvernements français et bulgare vont adopter une politique axée sur la lutte contre les Forces du Mal - et par là, contre Tom Jédusor et ses partisans, ce qui encouragera notre cher Cornélius Fudge à faire de même. »

« C'est certain » acquiesça Marietta en soupirant. « Il n'empêche qu'une petite pause... Je veux dire : notre organisation nous prend certes beaucoup de temps, mais à cela s'ajoute les BUSES, et donc les devoirs - et Snape et McGonagall ne sont pas en reste sur ce point-là - ET les cours de Ombrage que nous devons reprendre en groupe. Nous progressions bien, c'est une évidence, mais les cours n'ont pas repris depuis deux mois que déjà je me languis des vacances. Et pourtant, Merlin sait à quel point j'adore étudier. »

« Bon, arrêtons de nous plaindre. Harry et Lucy sont ceux qui se donnent le plus de mal pour nous tous. Sans parler des Serpentards contraints de se cacher. Nous devons tenir. » fit soudainement Neville, d'un ton volontaire.

« Neville a raison » renchérit Ginny. « Harry, Lucy et Drago sont en train de prendre des risques énorme à des milliers de kilomètres afin d'obtenir le soutien des Amazones ! Je suppose d'ailleurs qu'il serait utopique d'avoir de leurs nouvelles à ce stade de la journée...? »

« Je pense. Il n'est que 15h après tout... » supposa Ron. « Envoyons peut-être un petit message ? »

Personne n'eut l'occasion de répondre, car un grand bruit retentit et résonna dans toute la bibliothèque. Théodore Nott apparu, essoufflé. Sans même échanger le moindre mot, les adolescents comprirent qu'il était arrivé quelque chose de grave. Théo, en bon Serpentard qu'il était, n'aurait jamais agit avec aussi peu de discrétion, si la situation n'avait pas été catastrophique. Il fallut encore quelques instants pour que l'adolescent reprenne son souffle. Il se passa une main sur le visage.

« Les gars. Jedusor sait. »

oOoOoOo

Severus passa la porte du 12, Square Grimaurd avec une réluctance manifeste. Sa Marque avait été douloureuse toute la journée, avant vraiment de l'incendier aux environs de 16h de l'après-midi. Et le pire, c'est qu'il ne savait pas pourquoi. Le Seigneur des Ténèbres semblait lui dissimuler des informations, il faudrait qu'il prévienne Dumbledore.

« C'est qui ? » cria Black depuis le salon.

Sans se donner la peine de répondre, le Maitre des Potions haussa les sourcils avant de pénétrer dans le séjour.

« Oh c'est toi. » fit Sirius, assis par terre, en se tournant et le fixant avec dégout avant de se raccroupir devant l'enfant qui jouait avec une petite balle qui flottait à une vingtaine de centimètres du sol. Ce manège dura encore quelques seconde, puis Jack leva les yeux vers l'homme noir-vêtu.

« Où est Maman ? » demanda-t-il doucement, ses yeux vairons vissés dans ceux de Severus. Celui-ci pouvait presque sentir la puissance magique de l'enfant irradier de son regard. Il y avait vraiment quelque chose de particulier chez ce gamin et, une fois encore, une enquête s'imposait.

« C'est la question à mille gallions. » répliqua froidement le Mangemort. Il ne serait certainement pas là si la douleur de sa marque n'avait pas fini par l'inquiéter, au point d'imaginer toutes sortes de brillante idée que ces idiots d'adolescents pouvaient avoir encore inventer pour les faire tuer. Et, bien entendu, il n'avait pas trouvé la moindre trace des jumeaux Potter dans toute l'enceinte de l'école. Bien entendu.

« Alors, Black, où sont-ils ? »

Son sixième sens d'espion ne put que remarquer la soudaine crispation des épaules de Black.

« Le Cabot. Parle. »

Severus ne savait pas si le pire pour lui était de, désormais, avoir la certitude que quelque chose de louche - ou même dangereux - se tramait, ou de voir son ennemi de toujours hésiter à lui répondre. Cette fragilité soudaine de Black ne fit qu'augmenter son mépris pour lui.

« Parle. Où sont les jumeaux et Draco Malfoy ? »

Sirius eut un sourire sarcastique. « Tu t'inquiètes pour ton filleul, Servillus ? »

« Si tu as le temps pour ces banalités c'est que la situation n'est pas aussi catastrophique que je le redoutais... C'est bien la première fois que ta puérilité est rassurante, imbécile. »

Cependant l'éclat d'inquiétude qui transperça le regard de Black ne put qu'infirmer les paroles de Severus.

« Ecoute, Snape... »

Oh Salazar, voilà que cet idiot l'appelait par son nom. La situation était vraiment grave, grimaça Severus.

« Snape... Je ne peux vraiment rien te dire. » finit de marmonner l'ex-condamné.

« Serment inviolable ? » interrogea avec pragmatisme le Mangemort.

« Dans le style... » approuva Sirius avec un sourire embêté.

Le Maitre des Potions allait répliquer une insulte mordante quand son bras gauche se mit à le brûler. Il grimaça sous le coup de la douleur. La colère. Le Seigneur des Ténèbres était en colère, su imm édiatement Severus.

« C'est Jedusor ? » Cette fois le ton de son ennemi était vraiment anxieux.

« Non, ma grand-mère » cracha Severus avec fureur. « De toute évidence, le Seigneur des Ténèbres, lui, sait où sont les enfants, alors tu vas me le dire aussi »

Sa voix sèche claqua dans l'air de la pièce. Jack, lui, fixait la scène avec un intérêt manifeste, comme attendant la suite des évènements.

Severus dégaina sa baguette. Il ne laisserait Harry mourir après avoir passé autant de temps à le rassurer sur ses aptitudes et à l'entraîner. Question d'honneur, sans doute. Quant à Lucy, il s'était intimement fait la promesse que son fils ne grandirait pas sans elle. L'homme leva un peu plus haut sa baguette.

« Parle. De quelle nature est le serment que tu as passé ? »

« Conditionnellement inviolable. »

Un éclat de compréhension fit luire les yeux du Professeur. « Quelle est la condition ? »

« ... Jurer la non divulgation et rejoindre le groupe des No Limit. » soupira l'Animagus. « Mais il est trop tard et tu ne peux de toute façon pas aller les protéger face à Jedusor. »

Severus secoua la tête, ne se donnant pas la peine de répondre à la remarque de l'autre homme. Il avait toujours eu conscience de la précarité de sa situation, et s'il fallait briser sa couverture pour sauver les gamins Potter et son filleul, ce n'était pas comme s'il avait le choix.

« Je jure fidélité au groupe des No Limit et m'engage à garder tous leurs secrets ».

Il sentit la magie s'emparer de son corps puis s'en aller. Une bonne chose de faite, pensa le Professeur, mais il avait déjà perdu beaucoup de temps. Une bonne heure et demie s'était écoulée depuis que sa Marque l'avait ébranlée la première fois. Il était déjà 16h30.

« Où sont-ils ? »

Black prit une inspiration avant de répondre. « A Athènes. Ils cherchent le conseil des Anciens. »

La nouvelle tomba comme une tonne de brique dans l'estomac du Maitre des Potions. Cette bande de gamins idiots s'était carapatée à l'étranger. Mais comment pouvait-on avoir si peu conscience du danger ?

« Ecoute Snape, je te conseille de les laisser faire, malgré l'inquiétude que nous pouvons tous ressentir pour eux. Ils se débrouillent vraiment bien... » commença l'ex-détenu. Il semblait qu'il avait été vraiment impressionné par l'organisation des No Limit.

« Black. Ce sont des gamins » cracha Snape avec une haine féroce. Puis, sans plus jeter le moindre regard à Sirius Black, il transplana dans un craquement.

OOoOoOo

Kalliroe eut un sourire alors que les trois adolescents, le visage très sérieux, entrèrent dans la pièce. « Nous vous attendions à votre venue depuis longtemps déjà. » expliqua-t-elle.

Les quatorze membres du Conseil de Anciens, chacun assis à leur place derrière une longue table en pierre, de la même couleur de les murs, parés eux-mêmes de tapisseries, les dévisageaient tous, à présent, d'un air amusé.

« Bien. Pour que nous prenions notre décision, nous allons vous demander de faire apparaitre votre magie, jeunes gens. » fit-elle encore en les contemplant d'un air intéressé.

« Je croyais que vous aviez prévu notre venue. Ne savez-vous pas déjà si vous allez nous enseignez quelque chose ou non ? » cracha Draco.

Lucy lui posa une main sur l'avant bras et le garçon se calma instantanément. « Excusez-moi. » fit-il en secouant la tête.

« Ce n'est rien, jeune homme. Cette partie de la ville est normalement inaccessible aux sorciers lambdas. Il est tout à fait normal que la magie te... monte à la tête. » dit un vieillard en faisant un clin d'oeil à l'aristocrate.

« Bon allons-y les gars. » s'exclama Lucy. Elle, comme Harry, ne semblait pas perturbée outre mesure par la forte concentration en magie du lieu, maintenant qu'elle s'y était habitué.

La jolie rousse ferma les yeux et plaça ses bras le long du corps. Pendant quelques instants Draco crut qu'elle n'arrivait pas à canaliser sa magie. Il sut qu'il s'était trompé quand une forte lumière illumina la salle. Tout le corps de la jeune fille semblait irradier d'une lumière blanche. Mais ce n'était pas vraiment de la lumière. On aurait dit de la force brute. C'est alors que Draco prit conscience de la capacité destructrice de la magie. Il n'y avait aucun doute en cet instant que, si Lucy le choisissait, elle pouvait faire exploser toute la Grèce.

Puis la lumière commença par se teinter de bleu par endroit et puis les six autres couleurs de l'arc-en-ciel s'ajoutèrent. Le jeune aristocrate n'avait jamais rien vu d'aussi beau. Il échangea avec le Survivant un regard impressionné et se demandant ce que lui-même allait être capable de produire.

Lucy rouvrit les yeux et la magie disparut. Tous les membres du Conseil la regardait avec approbation.

« Une aura aux sept couleurs. C'est pour le moins inhabituel, jeune fille. Tu disposes d'une puissance magique colossale. Encore une fois, la Pythie avait raison... » Le vieillard, qui avait repris la parole, s'interrompit mais c'était déjà trop tard.

« La Pythie, monsieur ? » demanda Lucy. « C'est bien la personne qui traduit les oracles à Delphes, n'est-ce-pas ? »

« C'était, mon enfant. C'était. La dernière Pythie a disparu il y a plus de quatre cent ans, maintenant. »

« Oh. Et qu'a-t-elle dit ? » s'enquit encore la jolie rousse en fronçant les sourcils.

« Que chaque chose arriverait en temps voulu. Ne t'en fait pas, Lucy et garde confiance. Laissons tes amis déployer leurs magies à leur tour, maintenant. »

La jeune fille hocha la tête, moyennement satisfaite des réponses de l'Ancien.

Harry fit un pas en avant et se lança, non sans avoir jeté un petit coup d'oeil à Kalliroe qui le regardait faire attentivement.

A son tour, il ferma les yeux et une aura dorée apparut instantanément, encore plus grande que celle de sa soeur. Il fallut encore quelques instants pour que s'ajoutent des filaments rouges qui zigzaguaient autour de lui. Si l'aura était plus large, la lumière qui s'en dégageait n'était pas aussi forte que pour sa soeur, ce qui était certainement dû à la différence de teinte. Le doré brulait moins les yeux. Néanmoins, le spectacle n'était en rien moins beau. On aurait dit une gigantesque flamme de puissance brute.

Ce ne fut qu'au bout de quelques instants que Draco s'aperçu que l'aura du Gryffondor était noire sur une faible épaisseur qui retraçait le contour même de son corps. Pour ce que Drago en savait sur les auras, c'était assez surprenant venant d'une personnalité aussi gryffondoresque que celle de Potter.

La magie finit également par cesser et la Salle du Conseil reprit sa couleur d'origine. Du coin de l'oeil, Draco vit Kalliroe hocher la tête et échanger un coup d'oeil entendu avec d'autres membres que Draco ne connaissait pas encore.

« A ton tour, Draco. » fit le sénior.

La boule au ventre, le jeune sorcier avança. Il ferma les yeux et se concentra sur la magie qui pulsait partout dans son corps et remercia mentalement son entrainement pour devenir Animagus. La méditation faisait des merveilles.

Il ne vit rien mais ne put que sentir que la magie s'échappait de son corps. C'était la sensation la plus incroyable qui soit. Sa démonstration lui sembla durer des heures et, doucement, il diminua le flux qui quittait son corps et ouvrit les yeux.

« Bien, le Conseil va délibérer. » lança un jeune homme dont la beauté était presque effrayante. « Vous pouvez attendre dans le couloir. »

Sans un mot, les trois adolescents sortirent. Dès qu'ils eurent refermé la porte, Harry n'y tint plus.

« Alors, comment était mon aura ? Ils n'ont rien dit ! » s'exclama-t-il.

Draco hocha la tête et fixa Lucy avidement. Son éducation l'empêchait de poser la même question que Potter mais il n'était pas moins impatient de savoir ce que sa prestation avait donné.

La jolie rousse eut un sourire. « Toi, Harry, ton aura était entièrement dorée. Très chaude et parsemée de filaments rouges. Et toi, Draco, ton aura était d'un violet foncé et les filaments or et argentés également. Elles étaient toutes les deux magnifiques. »

« J'ai pourtant eu l'impression que l'aura de Potter était également noire » contredit le blond.

Les jumeaux le dévisagèrent avec surprise. « Cela me semble difficilement possible » objecta Lucy en fronçant les sourcils.

Ils n'eurent cependant pas le temps de débattre plus que la porte s'ouvrit sur Alienor.

« Le verdict va être rendu et commence avec toi, Harry. »

oOoOoOo

Le Survivant entra dans la pièce la boule au ventre. Et si les Anciens ne les trouvaient pas assez puissants ? Néanmoins, ce n'était pas sa seule préoccupation.

« Pourquoi ne rendez-vous pas votre jugement devant nous trois ? » demanda-t-il, un peu sèchement, il fallait l'admettre.

« Vous disposez d'auras différentes, nos réponses ne sont donc pas les mêmes pour tous les trois. » expliqua Alienor. « Et vos destins ne sont pas les mêmes non plus. »

« Je ne crois pas au destin. Et nous travaillons ensemble. » coupa Harry.

Alienor eut un sourire. « Pourtant ne t'entraines-tu pas dans le but de réaliser une prophétie ? »

« Non. »

La jeune femme blonde le dévisagea avec surprise, tout comme l'ensemble des membres du Conseil.

« Et pourquoi donc alors ? »

« Je m'entraine pour protéger le monde sorcier de la menace de Tom Jedusor. Et ce, avec l'appui de mes alliés, de mes amis. »

Il y eut un silence puis le plus âgé éclata de rire. « Tu n'es pas n'importe qui, Harry Potter. Ah, si j'avais été aussi sage, à quinze ans...»

« Je ne suis pas sure de comprendre. » fit doucement Alienor.

« Je refuse de me battre contre Jedusor parce que j'y suis obligé, c'est tout. Si je me bats, c'est parce que je trouve ça juste et que je pense avoir la force pour. » fit-il d'une voix forte.

« Bien, Harry Potter, nous allons superviser ton entrainement. »

oOoOoOo

Lucy pénétra dans la salle avec appréhension.

« Pourquoi ne pas avoir rendu votre verdict devant nous trois, ensembles ? » demanda-t-elle de but en blanc.

Kalliroe eut un sourire. « Nos réponses sont différentes pour chacun d'entre-vous. »

« Et pourquoi donc ? »

« La magie, vois-tu, jeune fille, est une chose bien compliquée. Nous avons tous des rôles à assumer et des places qui nous sont propres et, toi et tes amis n'avez pas les même places. Chaque sorcier est unique. » fit le vieux sage.

La jolie rousse secoua la tête. « Je ne crois pas que nous fassions les choses parce que c'est notre rôle de le faire, Monsieur. Mais notre rôle est déterminé par les choses que nous voulons faire, sans aucun doute. »

« Renies-tu donc de fait le concept de destin ? »

« Je ne sais pas et je ne tiens pas à parlementer la dessus. Se dire qu'il y a un destin c'est se rendre malheureux. Je préfère donc me dire que nous sommes maitres de nos actes. »

« Et que penses-tu des prophéties ? »

Lucy eut un frisson. « Je pense qu'une prophétie, si personne n'en a connaissance, n'en est pas une. Par conséquent, je ne suis pas certaine de croire à leur existence. »

« Peux-tu développer ? »

« La prophétie unissant Harry à Jedusor ne pourrait se réaliser si Jedusor n'en avait pas entendu parler. C'est lui qui lui a donné un sens. Il n'y aurait donc pas de prophétie s'il n'en avait pas eu connaissance. De plus, l'interprétation est très variable... »

« Par exemple, la place des jumeaux dans une prophétie... » compléta le vieil homme.

Lucy écarquilla les yeux. « Comment savez-vous que... »

« Tes pensées s'inscrivent sur son visage, jeune fille. Mais tu as raison. La prophétie de Sybille Trelawney ne mentionne qu'une seule personne capable de vaincre Tom Jedusor, libre à nous de considérer que Harry et toi n'êtes qu'une seule personne. »

« Et vous ne le pensez pas. » fit Lucy. Ce n'était pas une question. Elle même doutait fortement d'être concernée par la prophétie. Après tout, Lucy avait vu la résurrection de Jedusor au travers des yeux de Harry uniquement, tout comme elle avait « vécu » en même temps que lui le combat contre le dragons du Tournoi des Trois Sorciers. La cicatrice qu'elle portait sur son front pouvait être tant la marque de Jedusor que celle de Harry. Et, pour ce qu'elle en savait, un Avada Kedavra ne pouvait pas toucher deux fronts en même temps...

« Que ferais-tu si je te disais que tu n'étais pas concernée par cette prophétie-là ? »

La jolie rousse haussa les épaules et eut un petit sourire. « Rien. Je ne changerais rien. Je vous l'ai dit. Je ne fais pas les choses car elles semblent dictées par une volonté supérieure, mais parce que je le veux. »

oOoOoOo

Draco n'en pouvait plus. Ces délibérations étaient beaucoup trop longues. Il se laissa glisser le long du mur et mit sa tête entre les genoux. Si, six mois auparavant on lui avait dit qu'il irait en Grèce avec Harry et Lucy Potter, il aurait éclaté de rire et demandé à son père de faire interner la personne à Saint Mangouste. A l'époque il pensait encore que le nom de Malfoy pouvait résoudre tous les problèmes. Qu'il avait été naïf.

Il eut un sursaut quand la porte de la salle s'ouvrit dans un claquement. D'un bond, il se retrouva sur ses pieds et entra dans la salle du Conseil.

« Où sont-ils ? » cracha le jeune homme.

« Ils t'attendent, ne t'inquiète pas. »

« Je ne vous ai pas demandé ce qu'ils font, vieillard, mais où ils sont. » siffla le blond.

Le vieil homme ne parut pas touché par l'insulte du garçon et eut un petit sourire suffisant. « Passons aux choses sérieuses. » fit-il.

Draco leva les yeux aux ciel. « Il était temps. »

Il entendit un claquement de langue agacé mais n'en eut que faire et jeta un regard frondeur à l'homme – dont il ne connaissait pas le nom, qui ne semblait pas beaucoup l'aimer.

« Laissez. » fit le doyen, gardant son petit sourire, très agaçant du point de vue de Draco. Ce vieil homme était un Dumbledore en pire. « Alors, mon garçon. J'ai une petite question à te poser : que ferais-tu si je te disais que tes amis n'ont pas les qualités requises pour suivre notre entrainement ? Ce qui n'est peut-être pas ton cas. » demanda-t-il au blond.

Manifestement, personne ne s'attendait à l'éclat de rire sarcastique de l'adolescent. « Je vous dirais que, pour arriver à des conclusions pareilles, ce n'était pas franchement nécessaire de me faire attendre aussi longtemps derrière cette porte. »

« Et à part cela, resterais-tu avec nous ? » demanda la doyenne pour la première fois. Elle semblait hautement amusée par la réponse que venait de donner Draco.

« Certainement pas. »

Il y eut un moment de silence, et la doyenne continua son interrogatoire. « Pourquoi, jeune homme ? »

« Nous sommes une équipe, une alliance et nous avons pour but de contrecarrer les plans du plus grand mage noir du siècle. Si vous n'êtes pas capables de comprendre que nous avons tous les trois besoin d'un entrainement alors je n'ai pas l'intention de passer une minute de plus en votre charmante compagnie. »

Il les fixa avec défiance et reprit. « Nous sommes les No Limit et nous trouverons un moyen de progresser sans vous. J'ai confiance en nous. Et le plus important ce n'est pas ça. »

« Et qu'est-ce ? » l'invita à poursuivre la vieille femme.

« Dans notre équipe, il y a de nombreux élèves de Poudlard, mais pas que. Nous avons des alliés dans d'autres écoles, dans des ministères étrangers, parmi des loups-garons et autres peuples. Nous sommes tous différents, nous avons tous différents niveaux. Pour la plupart des élèves de Poudlard, il n'était pas nécessaire qu'ils viennent ici, ils ont besoin de connaitre davantage de bases pour se défendre, en cas d'attaque de Poudlard principalement. Mais peu importe, nous travaillons ensemble et ce n'est que mus par une réelle nécessité que nous sommes tous les trois venus vous demander de l'aide. Nous sommes ceux qui avons le plus besoin progresser car nous sommes les premiers sur la liste des personnes à éliminer pour le Seigneur des Ténèbres. Accessoirement nous avons également le meilleur niveau pour le moment. Si nous avions eu le choix nous serions restés avec les autres car nous sommes tous liés. C'est pourquoi je refuserais d'être le seul à être capable de me défendre. C'est hors de question. Nous voulons battre nos ennemis, mais si nous devons perdre le combat, alors nous perdrons tous ensembles. »

Draco s'interrompit et respira un grand coup. Que les membres de ce Conseil pouvaient l'agacer. Ils ne comprenaient vraiment rien.

« Sois le bienvenu parmi nous, Draco Malfoy. Je suis heureux de constater à quel point du a mûri depuis quelques semaines. » fit le doyen, reprenant ainsi la parole.

« Qu-quoi ? » s'étonna l'adolescent, les yeux écarquillés.

« Tu as parfaitement répondu à nos questions. Peut-être même trop bien pour un Serpentard, si tu veux mon avis. » commenta l'Homme-Pire-Que-Dumby.

« Je vois. » fit simplement Draco en hochant la tête, dignement. Plutôt mourir que de montrer qu'il était vexé de s'être fait avoir comme un bleu par le Conseil. Son petit discours avait été d'un sentimentalisme gryffondorien absolument honteux. Effet de la magie des lieux, sans aucun doute, se dit-il, tandis que ses joues se colorèrent d'un rose léger.

« Tu veux sans doute connaitre la suite des évènements. » devina le vieil homme.

Draco approuva, son intérêt grandissant et mit sa gêne de côté.

« Comme nous te l'avons dit plus tôt, vous n'avez pas les mêmes capacités magiques, tous les trois, ni les mêmes besoins et encore moins les mêmes acquis. Pour cela, vos entrainements ne seront pas en commun. Ta capacité magique étant un peu inférieure à celle des jumeaux, nous allons mettre l'accent sur le corps à corps et les combats armés, ainsi que dans ce que vous nommez les Arts Noirs, comme tu sembles avoir déjà démarré l'apprentissage de cette branche de la magie. »

« Et vous approuvez cette forme de magie ? » s'étonna Draco.

« Nous connaissons la magie depuis ses origines, Draco Malfoy. Seuls des ignorants peuvent compartimenter la magie avec des dénominations telle que blanche et noire. La magie est une force brute. Elle n'est ni bonne, ni mauvaise. Ce qui importe, c'est l'usage que tu choisiras d'en faire. En tant qu'espion au sein des Mangemorts, ne pas maitriser des enchantements plus complexes des-dits Arts Noirs serait une grave erreur stratégique. »

« Et je ne risque pas d'abimer mon âme ? » demanda l'adolescent. Le plissement de son front traduisait une certaine inquiétude et le vieil homme eut un sourire.

C'est un risque à prendre, mon garçon. Mais, si cela peut te rassurer, tant que tu ne prends aucun plaisir à maitriser les Arts Noirs, ceux-ci n'en deviendront jamais vraiment sombres et ton âme ne risquera rien. »

« Je vois. Quel genre de choses allez-vous m'enseigner ? »

« Tout ce qui est relatif à la magie du sang, des sorts d'attaque. Beaucoup de stratégie aussi, tu vas en avoir besoin. Il faudra également que tu continues ta formation d'Animagus et que tu t'appliques bien à l'école. Nous n'attendrons pas les vacances pour nous y mettre. Dès demain, votre entrainement à tous débute et, dans ton cas, il se déroulera avec moi. »

« Très bien. » fit Draco. Même s'il l'horripilait, il ne doutait pas un seul instant de la capacité du vieil homme à lui transmettre son savoir Sa puissance était une évidence. « Et pour les autres ? »

« Harry, lui, va suivre une formation poussée dans les magies ancestrale et runique, que vous considérez comme mythologiques mais qui sont bien réelles, ce qui implique une bonne maitrise du combat à l'épée également. Nul n'ignore en effet la place importante de l'armement dans l'histoire de la Grèce antique et cette période de l'histoire est fondamentale pour comprendre la magie ancestrale. C'est Kalliroe qui supervisera son entrainement. » Il marqua une pause afin que Draco enregistre bien toutes les informations et poursuivit.

« Quant à Lucy, elle suivra sa formation d'une manière plus autonome que vous deux. Elle aura d'abord à accomplir des recherches en histoire de la magie, et à continuer sa maitrise de la magie brute, c'est-à-dire sans baguette, et de la magie élémentaire. Nous nous relaierons pour nous occuper d'elle. Elle présente des capacités hors du commun, tout comme son frère, mais son passé ne lui permet pas de tout commencer au même niveau que vous. Il lui faudra continuer avec les bases dans un premiers temps. »

Draco hocha la tête. Il ne voyait pas ce qu'il pourrait reprocher à ce planning, on ne peut plus complet.

« Tu peux aller rejoindre tes amis, à présent. Prends la porte juste là. Un repas vous attend. Après toutes ces épreuves, vous en avez bien besoin. » finit le vieil homme en désignant un pan de mur sur lequel apparut soudainement une porte en bois massif. « Au fait, Draco, dorénavant je te prierai de m'appeler Maitre Arthus. »

« Bien, Maitre. » fit-il avec respect, décidant que, malgré son discours catastrophique, tout ne s'était pas si mal déroulé.

Draco passa dans la salle suivante, la tête haute, sous les regards amusés des quatorze membres du Conseil. Il perdit néanmoins un peu de crédibilité quand une tornade rousse se jeta sur lui et le prit dans ses bras.

« Oh Draco, je suis si fière de toi. »

Draco se sentit rougir jusqu'à la racine des cheveux. « Potter... Qu'est-ce... »

Le ricanement du Survivant fut hautement pénible à supporter mais Draco fit comme s'il n'avait rien entendu.

« Le Conseil avait pour but d'évaluer notre motivation, c'est pour ça qu'ils nous ont fait passer séparément. Ils se sont servis de nos points faibles pour voir si nous étions fiables. »

« J'avais remarqué. Tu peux me lâcher maintenant, Potter. » siffla dangereusement Draco.

Mais Lucy n'obéit pas immédiatement et se mit sur la pointe des pieds et resserra son étreinte. « Je suis vraiment fière de toi, Draco. Tu as beaucoup mûri. Nous sommes tous liés maintenant. » chuchota-t-elle avant de le relâcher.

Curieusement, Draco regretta le sentiment de sécurité qui s'était insufflé en lui pendant l'étreinte de la jolie rousse.

« Comment sais-tu ce qu'ils m'ont demandé ? » s'étonna-t-il.

« Oh c'était absolument évident. Malgré ton arrogance, tu n'es plus le vil Serpentard que tu as pu être autrefois. Tu t'es ouvert et lié d'amitié avec des gens. Tu es beaucoup moins faible maintenant. Et tu n'as plus les mêmes préjugés. Bref, ils voulaient simplement vérifier ça. » expliqua-t-elle avec un sourire. Dans ses yeux brillait toujours un éclat de fierté et Draco la contempla, apaisé.

« Merci. » fit-il simplement. Il se tourna vers Harry qui lui souriait aussi et Draco se sentit étrangement bien.

« Tu ne trouves pas que Malfoy se gryffondorise, Lucy ? » demanda Potter, un petit sourire moqueur collé aux lèvres.

« Ferme-la, le Balafré. » rétorqua Draco. Mais il ne trompa personne et ne fut pas surpris quand son ennemi d'autrefois vint lui taper l'épaule en riant.

Un nouveau chapitre commençait pour eux tous.

A SUIVRE…