Salut tout le monde !

Ravie de vous retrouver pour partager avec vous ce nouveau chapitre. Je tiens à souhaiter la bienvenue et remercier encore les nouveaux lecteurs qui ne cessent de nous rejoindre. Et merci aussi aux habitués. :D

La boulette de Peeta ne vous a pas laissé indifférent… J'ai adoré vos commentaires sur le chapitre précédent.

Eva : Bienvenue sur Turbulences, et merci beaucoup pour tes messages. Je sais que je suis cruelle, mais voilà la suite pour me faire pardonner. ^^

Cyhame : Ahah merci beaucoup. Contente que ce chapitre t'ai plu.

Guest : Effectivement… Une conversation sur leur avenir ensemble est plus qu'inévitable.

Mel : Ouais, j'avoue… Je suis sadique. Mais un peu de suspense, ça met un peu de piment Lol. Non ?

Momai : Tu es trop gentille. Merci tout plein !

Jana : Ouais, j'avoue. Peeta s'est méchamment craqué dans le chapitre précédent.

Elo : Tu as raison, Katniss reste Katniss. Impulsive et butée… Peeta n'a plus qu'à ramper Lol.

Peetniss, merci encore pour ton travail de Bêta sur cette histoire, de prendre toujours le temps de me relire, de me conseiller, de me motiver… Love U.

J'espère n'avoir oublié personne. J'espère que ce chapitre vous plaira. Bonne lecture.


Chapitre 12

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Je dévale les escaliers sans me retourner, traverse le petit couloir de l'entrée et me jette contre la porte que j'ouvre à la volée. Une fois à l'extérieur, je m'adosse contre le mur et reste là, immobile quelques secondes. Il fait déjà nuit, et l'air s'est considérablement rafraichit. Mais je n'en ai rien à faire. Je sens la colère et l'énervement gronder dans tout mon corps. Je prends alors une grande inspiration pour faire le bilan de cette soirée. Fiasco est un qualificatif qui résume assez bien la situation… Enfin, surtout les dix dernières minutes. Je soupire lorsque je commence à avancer pour rejoindre tranquillement ma voiture garée quelques mètres plus loin dans la rue. Mes joues s'échauffent, et je sens les larmes monter. J'ai presque envie de pleurer. Et au final je crois que je ne sais même pas pourquoi… Je connaissais la situation lorsque j'ai accepté de le revoir. Je savais qu'il partageait sa vie avec quelqu'un. Alors qu'est-ce qui m'a pris de réagir de cette façon ?

Je dois me faire une raison : je ne suis ni sa femme, ni sa petite amie. Je ne suis que sa maîtresse. Et probablement rien de plus qu'une simple passade… Et même si ce n'était pas encore le cas, mon impulsivité et ma jalousie viennent probablement de sceller le destin notre 'relation'. Jamais plus il ne voudra qu'on se revoit, c'est certain…

_Quelle conne !, je marmonne en arrivant à hauteur de mon véhicule. Oh bon sang, je me déteste…

Pourquoi ? Parce que je l'ai quitté il y a quelques minutes à peine, et même si je suis encore en colère, le manque de lui me pèse. Je n'ai déjà plus qu'une envie : faire demi-tour, et frapper à sa porte. Je veux m'engouffrer dans ses bras, sentir la chaleur de sa peau, inhaler son odeur, l'embrasser, faire l'amour encore… et m'endormir contre lui. Ma stupidité m'agace et je me retiens de ne pas crier dans la rue.

Je suis lasse de trop réfléchir, d'analyser, de disséquer mes réactions, mes sentiments et tous ces moments passés à ses côtés. Machinalement, j'attrape mes clés et les fait glisser nerveusement entre mes doigts en m'appuyant contre la carrosserie de mon véhicule.

Je suis tellement prise dans mes pensées que je ne l'entends pas arriver, et sursaute lorsqu'il pose une main dans mon dos et qu'il m'appelle doucement...

_Katniss...

Je me retourne pour lui faire face et ma colère se dissipe immédiatement lorsque je me fais happer par ses deux prunelles bleues. Son regard se vrille au mien quelques instants, puis se détourne, et il se met à fixer obstinément le sol. Il soupire alors et me murmure avec un ton qui me noue les entrailles :

_Excuse-moi…

Il comble la distance qui nous sépare. Je me laisse faire lorsqu'il pose doucement ses deux larges mains de chaque côté de mon visage.

_J'aurais dû couper mon téléphone… Je n'aurais jamais dû répondre Je ne sais même pas pourquoi j'ai fait un truc aussi con.

La chaleur de ses paumes m'électrise. Je resserre ma prise sur mes clés de voiture, me mords la lèvre et commence à ouvrir la bouche pour lui répondre, mais il fait glisser son pouce sur mes lèvres pour me faire taire et continue.

_Je sais que j'ai tout cassé… Cette soirée, elle était juste pour toi et moi…, murmure-t-il presque imperceptiblement en fermant les yeux alors qu'il appuie son front contre le mien.

Puis il redresse la tête et encore une fois, ses yeux d'un bleu si profond capturent les miens. J'y lis tout ce qu'il ressent, ce qui me remue encore plus. Loin de leur malice et de leur douceur habituelle, je peux y lire de la tristesse. Oh bon sang. Avec son air blessé et coupable, il arrive encore plus à me faire craquer. Je me sens fondre. Je crois qu'il pourrait faire n'importe quoi, je suis tout simplement incapable de lui résister.

_Kat', restes avec moi ce soir…, me dit-il la gorge serrée, ce qui me remue encore plus. S'il-te-plait…

_Peeta… je…, je balbutie en fermant les yeux lorsqu'il commence à faire rouler ses pouces au niveau de mes joues.

Je prends une grande inspiration pour me donner un semblant de courage avant de m'éclaircir la gorge et de lui murmurer du bout des lèvres :

_Excuse-moi…, je fais, les yeux rivés sur le trottoir.

_T'excuser de quoi ?, fait-il en glissant ses doigts sous mon menton pour me faire relever la tête.

_D'avoir réagis de cette façon. De t'avoir planté comme je l'ai fait. C'était peut–être un peu… excessif…, je finis par lâcher en triturant mon trousseau de clé nerveusement.

Je me sens soudain tellement stupide, là, devant lui, de lui avoir fait une telle scène il y a quelques minutes. C'est en rougissant que je finis par lâcher en soupirant :

_Tu n'as vraiment pas gagné au change…

_Et pourquoi donc ?, dit-il en relevant les sourcils.

_Parce que je crois que je suis encore plus jalouse que ta copine…

Il rit et se contente de se pencher contre moi pour déposer ses lèvres sur les miennes.

_Peut-être… Mais personne d'autre ne me fait me sentir comme ça, Katniss. Et je ne te laisserai pas filer encore une fois, me dit-il entre deux baisers. Il se passe un truc entre nous, tu ne peux pas le nier.

Je ne réponds pas, mais je pense exactement la même chose lorsque j'écrase à nouveau mes lèvres contre les siennes. J'agrippe fermement son t-shirt afin de le coller tout contre moi, et il soupire contre mes lèvres lorsque je fais lentement glisser ma langue sur les siennes. Ce contact est tellement agréable. Mon cœur fait des bonds et mon estomac se tord délicieusement. Ce n'est pas possible, ce mec aura ma peau !

N'importe qui pourrait nous voir, mais je me laisse faire lorsqu'il me plaque contre la portière de ma voiture. Ses bras m'encerclent, ses mains se font plus entreprenantes et je sens la chaleur envahir l'ensemble de mon corps lorsqu'il glisse le bout de ses doigts sous l'ourlet de ma jupe qu'il remonte tranquillement. Je souris et me met à glousser dans le creux de sa nuque. Parce qu'un nombre infini de pensées traversent mon esprit en ce moment. Et qu'aucune d'elles n'est concrètement réalisable où nous sommes, au milieu de la rue.

_Tu ne veux vraiment pas… retourner… là-haut ?, me propose-t-il entre deux baisers, en désignant de la tête l'étage du restaurant. Pour me laisser une petite chance de me rattraper ?

Je plante alors mon regard dans le sien, et vois cette lueur si particulière étinceler à nouveau dans ses yeux lorsque je me contente de lui sourire en hochant la tête de haut en bas. J'encercle alors sa nuque de mes bras, et nous commençons à rire lorsqu'il glisse ses mains sous mes fesses, me soulève et nous emmène de nouveau à l'intérieur.

Et c'est de cette façon que notre première soirée s'est terminée… L'un contre l'autre dans son lit, enchevêtré ensemble… Nos mains, nos jambes, nos lèvres, nos corps. Je crois que je ne me suis jamais sentie aussi belle et désirable dans les bras d'un homme que dans ceux de Peeta. Et quand je suis dans les siens, plus rien d'autre n'a d'importance que cette merveilleuse sensation. Oh bon sang mais dans quoi je me suis embarquée ? Les sentiments qui se bousculent dans mon esprit sont si forts que j'ai l'impression que mon cœur va s'envoler. Et maintenant que je sais que mon imaginaire ne s'était pas trompé le concernant, et que la ligne a été franchie… Même si cette situation me dépasse totalement et que je lutte encore, encore et encore pour résister à toutes ces pulsions qui me poussent sans cesse vers lui… Il y aura toujours une prochaine fois. Je le sais !

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Nous sommes vendredi soir. C'est le week-end, enfin ! Je me retrouve affalée en ce début de soirée, devant la télé à rêvasser, une série plus que moyenne sous les yeux. Je porte mon pouce à ma bouche nerveusement et mon genou tressaute. Je fixe l'écran depuis au moins une heure sans trop vraiment y prêter attention. Je suis dans l'attente... Je consulte une nouvelle fois mon téléphone portable, posé sur l'accoudoir à côté de moi, dans l'espoir d'y lire enfin un message de sa part. Mais toujours rien. Alors je retourne à mon film.

C'est encore une série pleine de mièvreries. Une histoire d'amour qui dégouline de bons sentiments. Tout ce qui m'insupporte en règle générale… Mais je regarde quand même. Parce que cela me fait passer le temps. Mais aussi parce que la détente me fait un bien fou, et que j'en ai besoin ce soir.

Ma semaine a été éreintante. J'ai passé tout mon temps au bureau, dans les dossiers urgents qui n'ont pas cessés d'arriver. J'ai analysé, étudié, synthétisé, comparé tout un tas d'informations. J'ai rédigé des tas de rapports. Je crois qu'il n'y a pas un soir où je suis rentrée à la maison avant vingt-et-une heure. Épuisant ! Mais tout ça m'arrange. Parce que cela m'a permis de fuir mon appartement, et mon petit ami… Et surtout, cela m'a permis de réduire mon temps disponible à penser à Peeta… Parce qu'il est parti toute la semaine en déplacement à San Diego pour son travail... Et que je n'ai pas pu le voir… C'est en grande partie la raison pour laquelle je me suis autant investie dans mon travail. Et qu'accessoirement je fixe désespérément mon téléphone en attendant un signe de sa part.

Je m'enfonce dans mon canapé en soupirant bruyamment de frustration lorsque j'entends, dans la pièce d'à côté, la chaise de Gale traîner sur le parquet de son bureau. Ma relation avec lui se dégrade au fil des jours, et malheureusement, j'en suis la seule responsable. Il n'a évidemment aucune idée de ce qui se trame dès qu'il a le dos tourné… Et sûrement pas que je m'envoie en l'air avec un autre sans le moindre remords aussi souvent que j'en ai l'occasion.

Oh bon sang, je crois que je suis la pire des garces !

Depuis notre retour d'Espagne -il y a quelques semaines- et surtout depuis qu'un certain Peeta Mellark est entré dans ma vie, nous nous disputons très souvent. Parce que je déserte la maison, parce que je rentre tard, parce que je refuse qu'il me touche et que… nous ne faisons plus l'amour. Il insiste pourtant régulièrement sur ce dernier point et j'ai même essayé plusieurs fois de lui céder, mais je n'y arrive plus. Tout s'est inversé dans mon esprit, si bien que lorsque je suis avec lui, j'ai l'impression de tromper mon amant.

Peeta…

Nous deux, ça ne fait que quatre semaines mais je n'arrive plus du tout à me sortir ce mec de la tête. Pourtant j'ai essayé d'arrêter cette liaison, tenté de toutes mes forces de l'oublier et de donner une nouvelle chance à mon couple avec Gale. Vraiment ! Mais rien à faire. Je crois qu'il faut que je me fasse une raison… Peeta me rend dingue, et je suis en train de devenir accro... Enfin «en train », non ! Je le suis complètement !

Mon portable qui se met soudain à vibrer me sort de mes réflexions. Je me jette sur l'appareil et mon visage se fend d'un large sourire lorsque j'aperçois enfin le nom de celui qui occupe toutes mes pensées sur l'écran.

« Besoin d'entendre ta voix… Je peux t'appeler ? », m'envoie-t-il simplement.

Je tourne la tête pour vérifier que je suis bien seule dans le salon et lui réponds alors hâtivement « Oui ». Je jure alors qu'il ne faut pas plus de dix secondes pour que le portable se mette à nouveau à vibrer dans ma main. Je m'empresse de faire glisser mon doigt sur l'écran de l'appareil pour décrocher, et porte le téléphone à mon oreille.

_Salut toi, je fais en souriant bêtement à l'autre bout de la ligne. Ça fait longtemps…

_Salut toi, me répond-il de sa voix chaude et grave qui me fait frémir. Bien trop longtemps si tu veux mon avis. La semaine a été interminable…

Ma respiration s'accélère et mon cœur s'emballe dans ma poitrine lorsque je l'entends enfin. Il a ce sourire dans la voix quand il me dit ça… Misère… Je ferme les yeux et imagine ses adorables fossettes se dessiner sur son visage, et ses lèvres s'étirer en ce large sourire qui me fait tant d'effet... Oui… Celui qui me donne envie de m'accrocher à sa nuque et de plaquer ma bouche contre la sienne à chaque fois, tant il le rend sexy.

_Tu n'as pas idée à quel point tu m'as manqué, rajoute-t-il tout bas.

_Toi non plus…, je lui murmure sur le même ton.

_Tu es seule ?

Je tourne la tête en direction de la porte entre-ouverte du bureau de Gale, et commence à entortiller le bas de mon pull entre mes doigts.

_Hmmm. Pas vraiment, mais disons que c'est tout comme…, je fais en haussant les épaules. Et toi ?

_Oui. Je viens juste d'arriver à San Francisco en fait...

_Mais tu ne devais pas rentrer demain ?, je l'interroge, surprise.

_Disons que je me suis arrangé pour terminer un jour plus tôt… Et comme j'ai enfin une minute à moi et que je voulais entendre le son de ta voix…

_En fait, tu ne peux plus du tout te passer de moi ?, je lâche alors, moqueuse.

_Parce que tu en doutais encore ?, me répond-il en riant.

_Possible…

_Tu ne devrais pas. Tu as prévu quelque chose ce soir ? Qu'est-ce que tu fais ?

_Non, rien de particulier…, je fais nonchalamment, toujours en lissant le bas de mon pull entre mes doigts. Je suis allongée sur mon canapé et je regarde la télé…

_Oh. J'imaginais plus une réponse du genre 'je pensais à toi et me remémorais notre dernier tête-à-tête torride'…, souffle-t-il avec espièglerie.

Je ne peux m'empêcher de pouffer contre mon téléphone portable. Mon Dieu… Ce fameux tête-à-tête… Celui qu'il m'a laissé comme un délicieux souvenir juste avant son départ pour San Diego, en plein milieu de son restaurant après la fermeture… Certaines tables et le piano du bar doivent encore s'en souvenir. J'ai terriblement chaud tout à coup ! Peeta est un amant attentionné… doux… passionné… et indéniablement torride… Oh la la oui ! Torride ! Lui, comme nos tête-à-tête endiablés d'ailleurs. Et de bien des façons...

_Tu y pensais toi ?, je le taquine.

_Evidemment ! Je n'arrête pas de penser à toi… Et si tu n'as rien de mieux à faire que de regarder la télé…, poursuit-il. Et bien… Je me disais que ce soir…

_Ce soir ?, je l'encourage.

_Et bien… On aurait peut-être pu sortir ?

_Sortir ?

_Oui ?! Un ciné, un dîner, et…

_Et ?

_Et… Je me disais qu'on aurait pu… finir la soirée dans mon appartement…, me susurre-t-il, taquin.

_Oh vraiment ?, je le taquine à mon tour.

_Hmmm hmmm ? Dans ce grand le lit qui ne nous a pas vu depuis plus d'une semaine.

_C'est terriblement tentant Monsieur Mellark, je souffle doucement. Je ne sais pas si je vais pouvoir résister à une proposition comme celle-là...

_Alors ne me résiste pas ! Et puis, n'oublies pas que nous avons une semaine entière à rattraper.

_Parce que tu penses réellement réussir à rattraper mes sept jours de frustration en deux ou trois petite heures ?

_Tu sous estimes mes performances ?

J'éclate de rire lorsque Peeta enchaîne sur un ton nettement plus sérieux.

_Et fait, comme personne ne m'attend avant demain soir… Enfin… J'avais imaginé que pour une fois, tu resterais avec moi toute la nuit…

J'arrête de rire aussitôt et me redresse dans me canapé. Nous avons déjà passé de nombreuses soirées tous les deux mais c'est la première fois qu'il me propose de passer la nuit entière ensemble. Je sens mes joues qui commencent à rougir et je me mords la lèvre. La perspective de passer toute une nuit avec lui me provoque un frisson d'excitation et je m'apprête à lui répondre lorsqu'une voix, derrière moi, m'interroge.

_Avec qui tu parles ?

Surprise, je manque de faire tomber mon téléphone. Mon cœur s'affole dans ma poitrine et je sursaute en voyant Gale aussi près de moi. Je ne l'ai pas entendu arriver. Je suis prise au dépourvu et me sens prise en faute.

_Je dois te laisser, je te rappelle !, je lâche un peu plus vite que je ne l'aurais voulu au moment au Gale s'assoit à mes côtés sur le canapé.

_Attend tu ne m'as pas…, commence Peeta mais je ne lui laisse pas le temps de continuer et raccroche en quatrième vitesse.

Gale s'affale à côté de moi, et agrippe la télécommande posée entre nous pour zapper sur une autre chaîne sans me demander mon avis. Je hausse les sourcils et le regarde faire sans rien dire. Le malaise que j'ai ressenti il y a quelques secondes et immédiatement remplacé par l'exaspération. Et dire qu'il n'est dans la même pièce que moi que depuis moins de deux minutes...

_C'était qui ?, me questionne-t-il en appuyant distraitement sur la télécommande pour passer d'une chaine à l'autre.

_Hein ? Ermmm… C'était Madge…, je balbutie en essayant de paraitre le plus naturelle possible.

Il ne semble pas trouver de programmes à son goût car il éteint subitement la télévision, jette la télécommande un peu plus loin et se tourne vers moi.

_Et elle voulait quoi Madge ?, demande-t-il en passant un bras autour de mon épaule pour m'attirer tout contre lui.

Ma bouche s'assèche et le poids que j'ai dans l'estomac, et qui m'est devenu si familier lorsqu'il est à mes côtés, refait de suite son apparition. Je tente de faire bonne figure et me love contre son torse, comme je l'aurais fait sans réfléchir il y a quelques semaines en arrière. Mais cette proximité entre nous ne me met vraiment pas à l'aise. C'est plus fort que moi. Ce n'est pas ce parfum que j'ai envie de respirer. Ce n'est pas contre ce corps que j'ai envie de me blottir. Ce n'est tout simplement pas dans ces bras-là que j'ai envie de me trouver. Je me tourne un peu et me replace pour trouver une position plus ou moins confortable et lui réponds :

_Elle veut qu'on se retrouve ce soir. Faire une soirée entre filles…

_Encore ?, se plaint-il en caressant distraitement ma nuque avec ses doigts. J'avais autre chose en tête pour ce soir moi…

Un frisson parcourt mon corps lorsque, pour illustrer sa pensée, je le sens se rapprocher de moi, et murmurer dans mon oreille en souriant :

_Qu'est-ce que tu dirais si…

Sa main droite glisse contre ma hanche, puis ma taille, et sa bouche se posent dans mon cou avant qu'il n'ait terminé sa pensée. Je m'agrippe à son dos lorsqu'il me pousse doucement à m'allonger sur le canapé et qu'il s'installe entre mes jambes. Ses lèvres papillonnent sur ma peau, pendant que ses mains remontent doucement mon t-shirt. Je ferme alors très fort les yeux et me raidis au contact de ses doigts sur ma peau découverte. Il soupire et je le sens alors s'écarter doucement de moi.

_Tout va bien ?, me demande-t-il en se relevant légèrement.

_Hmmmoui, pourquoi ?, je lui demande d'un air que je veux surpris.

Il ne dit rien, se contente de me fixer quelques secondes avant d'enfouir à nouveau son visage au niveau de ma nuque. Je ferme à nouveau les paupières. Il presse son corps contre le mien, et si j'avais encore le moindre doute, son entre-jambe tendu à travers son pantalon me rappelle clairement qu'il ne compte pas en rester à de simples caresses ce soir ! Mon cœur s'accélère dans ma poitrine et je sens la panique m'envahir. Revoilà cette désagréable sensation dans le creux de mon estomac. La culpabilité. Je suis avec mon petit ami mais c'est mon amant qui vient troubler mes pensées. J'ai de nouveau l'impression de le tromper... Alors lorsque ses baisers descendent le long de ma mâchoire, et que ses mains atteignent les boutons de mon pantalon, mes paupières s'ouvrent brusquement.

_Je… Non, je m'empresse de déclarer pour calmer ses ardeurs.

Merde. Sans réfléchir, je pose mes mains sur son torse pour arrêter son geste et le repousse d'un geste vif. Gale se redresse alors, de sorte à pouvoir me regarder dans les yeux.

_Mais enfin, qu'est-ce qui ne va pas encore ?, me demande-t-il, légèrement agacé.

Il me laisse m'asseoir en s'écartant de moi, et me sonde. Je passe une main dans mes cheveux et finis par lâcher :

_Mais… Ermmm… Rien !

_J'ai fait quelque chose de mal ?

Je secoue la tête de droite à gauche, mordant nerveusement l'intérieur de ma joue.

_Non… Rien… C'est moi… C'est juste… Il faut que je me prépare, je fais en m'extirpant de ses bras.

_Attends, tu es sérieuse ?, m'interroge-t-il en levant les sourcils. Tu vas vraiment me planter là pour aller t'amuser ? Maintenant ?

_Pourquoi ? C'est un problème ?, je lui demande.

_A ton avis ?, me fait-il en levant les yeux au ciel.

Je me lève d'un bond, et réajuste mes vêtements tant bien que mal. Je fuis le regard de Gale qui va certainement me demander ce qui me prend de réagir de cette façon. A raison ! Mais le problème, c'est que je ne peux pas répondre à cette question.

_Ecoute… J'ai quand même bien le droit de voir mes amies non ? Ce n'est pas parce que nous sommes un couple que nous devons passer tout notre temps… collés l'un à l'autre.

_Il y a quand même une légère nuance entre vouloir faire l'amour à sa copine et lui coller aux basques vingt-quatre heures sur vingt-quatre, non ?, se défend-il en se redressant devant moi.

_De quoi est-ce qu'on est en train de parler là ?, je fais, clairement agacée. Tu me prends la tête parce que je n'ai pas envie de faire l'amour, là, maintenant ?

_Mais enfin, qu'est-ce qui se passe bon sang ? Depuis qu'on est rentré d'Espagne, tu es devenue distante. On se parle plus, on se voit à peine…

_N'importe quoi !

_On ne fait plus que se croiser Kat ! C'est vrai, et tu le sais. Je ne peux pas deviner ce que j'ai fait de mal ou ce qui ne va pas, si tu ne m'en parles pas. Et j'aimerais bien savoir ce qu'il se passe, là-dedans, me dit-il en pointant son index sur ma tête.

_Ecoute, je suis désolée, mais c'est juste que… c'est pas le moment. Avec mon travail… Tout ça… Ça me préoccupe… Je n'ai pas trop la tête à ça, tu peux comprendre non ?

_La bonne excuse, souffle-t-il, amer. Mais quand ce n'est pas le boulot, c'est tes copines… Quand ce n'est pas tes copines, tu es fatiguée… Tu rentres trop tard… Tu as tes règles…

Il marque une pause, passe une main dans ses cheveux, et soupire longuement avant de reprendre.

_Ça va faire un mois qu'on n'a pas fait l'amour.

_Non mais attends, parce que tu comptes les jours en plus ?

_Oui je compte les jours, s'énerve-t-il.

_Après toutes ces années ensemble… Enfin, je ne sais pas, mais on peut quand même aspirer à autre chose qu'une simple histoire de sexe non ? J'ose espérer qu'il n'y a pas que ça entre toi et moi…

_Evidemment !, s'énerve-t-il à nouveau. Mais la prochaine étape, c'est quoi ? Tu vas bientôt me reprocher de t'aimer et d'avoir envie de toi ?

_Non ! Mais de me voir uniquement comme celle qui te permet de tirer régulièrement ton coup quand ça te chante… Oui !

Il souffle un petit rire par le nez avant de me lancer froidement.

_Ma main droite est plus efficace que toi de ce point de vue là…

Ses derniers mots se perdent dans le silence le plus assourdissant que je n'ai jamais entendu. Je reste fixée à son regard froid, tandis que je cherche les mots pour lui répondre… Et que je ne les trouve pas. Au lieu de ça, je traverse la pièce en direction de la porte d'entrée.

_Qu'est-ce que tu fais ?

_J'ai besoin de prendre l'air !

J'attrape mon téléphone que je fourre dans mon sac, prends ma veste, et me dirige vers la porte pour sortir. Je m'attends à ce qu'il me rattrape pour m'empêcher de partir… Mais il ne se passe rien. Gale reste silencieux et je me résigne à passer la porte sans me retourner.

Je pousse la porte de l'entrée de l'immeuble, et immédiatement, je sens le vent commencer à fouetter mon visage. Je remonte le col de ma veste et commence à marcher en direction de ma voiture. Je fouille dans mon sac pour en sortir mon téléphone et c'est presque sans m'en rendre compte que mes doigts compose machinalement le numéro de Peeta…

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