...se disant que c'était mal parti, il se concentra sur le cours toujours aussi délirant de Trelawney...

La vieille folle avait encore prédit à Potter la mort et les poissons, ce qui commençait à ennuyer profondément toute la classe, Potter en tête, semblait-il. Durant sa déblatération miteuse, Drago avait tenté d'établir une stratégie, mais il ne parvenait même pas à se faire à l'idée qu'il devait devenir ami avec Potter… Potter, Potter, Potter ! Il n'en pouvait déjà plus. Il était désespéré. Il ne savait pas quoi faire. Et pourtant, il en passait, des heures avec Potter ! En cours, aux repas, dans les couloirs… Mais impossible de l'approcher. 'Allons, Malefoy, tu es un Serpentard ou non ?'

- Monsieur Malefoy !

MacGonnagal commençait à s'énerver un chouïa. Il faut dire que le brin d'herbe qu'ils devaient transformer en télévision restait désespérément un brin d'herbe, point. Drago était tellement absorbé par sa rude tâche qu'il ne prêtait aucune attention au cours.

- Je sais qu'une télévision est un objet Moldu et que vous exécrez les Moldus, mais c'est aujourd'hui l'exercice imposé. Alors vous allez le faire, comme tout le monde.

Drago pesta contre la vieille chouette qui donna une raison de plus à Potter pour être en boule contre lui. Quand il regarda vers le binoclard, il vit qu'en effet, ce dernier lui jetait un œil assassin. Il souffla de dépit.

- Bien, Professeur.

- Et avec le sourire, s'il vous plaît !

Il s'attela donc à la tâche, souriant lorsqu'il se souvint que la seule fois de sa vie où il avait vu une télévision, celle-ci diffusait des « films » pornos que son grand-oncle Ballus regardait en cachette de sa femme. Voulant éviter de choquer l'assistance, fait qui aurait été bien drôle mais qui aurait aussi fâché un peu plus Saint-Potter, encore lui, il en fit apparaître une éteinte.

- Monsieur Malefoy, puis-je regarder BBC News ?

- Je suis navré, Professeur, mais j'ignore de quoi vous voulez parler. Je n'ai jamais vu de télévision allumée.

- Évidemment, ça aurait bourré ton petit crâne conditionné, Malefoy…, asséna Potter.

Drago ne prit pas la peine de répondre tandis que MacGonnagal se chargea de remettre l'opportuniste à sa place.

- Monsieur Malefoy, pour la semaine prochaine, je veux que vous ayez regardé la télévision et que vous vous soyez entraîné à en faire apparaître une qui diffuse une chaîne, celle qui vous convient.

- A Poudlard, Professeur ?

- Eh bien, je vais voir avec le Professeur Dumbledore pour que vous ayez une autorisation spéciale pour aller à Londres, peut-être même accompagné de quelqu'un qui connaît le monde des Moldus… Pourquoi pas…

Son regard parcouru la salle de classe et quelques Gryffondors se tassèrent sur leur chaise pour éviter de passer la journée à regarder la télé avec le grand méchant Malefoy.

- Miss Granger !

- Moi, Professeur ?

- Vous êtes la plus raisonnable de mes élèves.

Drago saisit la perche qui lui était tendue.

- Professeur, si je peux me permettre, vu que Potter a l'air de me trouver si conditionné que ça, pourquoi ce ne serait pas lui qui me montrerait les mystères de la télévision ?

- Pour que tes copains Mangemort m'attaquent ? Oui, pourquoi pas ?, cracha le Potter en question.

Drago sentit la moutarde lui monter au nez, mais la menace de son parrain était plus forte que tout.

- Je dirais plutôt que Miss Granger et Monsieur Potter vont vous accompagner tout les deux et interdiction de se chamailler, est-ce clair ?, demanda MacGo.

- Je n'en ai aucunement l'intention, Professeur, dit sagement Malefoy, en coulant un regard en coin à Potter qui disait clairement « tu l'as cherché, mon pote ! ». Si tant est qu'il puisse être son « pote ».

OoO

Harry jurait depuis ce qui semblait être une éternité. Ron été passé au-delà du stade « je souffle de plus en plus fort pour que tu comprennes que tu me saoules » et se contentait de tripoter une petite pièce d'échiquier en n'écoutant plus une seconde son ami se lamenter sur son sort. Lui avait d'autres problèmes bien plus importants. Sa sœur sortait avec un Serdaigle écervelé et il était persuadé que la mauvaise foi ne faussait en rien son jugement, les rêves qu'il faisait depuis une semaine sur cette fille qu'il n'identifiait pas commençaient sérieusement à le tarauder et son stock de Chocogrenouilles était épuisé. Autrement plus important que cette histoire de télévi-je-ne-sais-quoi qui accompagnera Malefoy samedi prochain. Soudain, la porte s'ouvrit en grand, faisant sursauter Ron qui mordillait inconsciemment la pauvre pièce d'échec et Harry qui déblatérait en faisant de grands gestes et en tendant les mains vers le ciel pour se plaindre.

- Hello les dépravés !, cria un Sirius extatique.

- Euuuh… Sirius ? Dis-moi tu nous confonds pas encore avec… enfin tu sais… les Maraudeurs ?, finit par chuchoter Harry.

Pourquoi avait-il chuchoté la fin de la phrase, grande question.

- Ben non, Harry, pourquoi ?

- Ah. Donc tu penses vraiment que nous sommes dépravés. Tu me rassures.

- Je ne comprends rien à ce que tu me dis. Alors, il paraît que tu as une petite sortie cul-turelle avec Malefoy ?, s'exclama Sirius avec un clin d'œil appuyé.

- Je ne vois pas ce que tu veux dire, fit avec mauvaise foi Harry.

- Enfin, Harry, une salle de cinéma obscure, on peut faire bien des choses dedans !

- Ne reporte pas tes fantasmes sur moi.

- J'avoue que j'ai bien songé à lui proposer un petit court métrage sur « l'art mystérieux des élixirs africains copié par les Sorciers et filmé par les grands réalisateurs fous Moldus du siècle passé » - pas que ça m'intéresse, hein - mais je sais d'avance qu'il aurait refusé – à cause de moi tu comprends, parce que le court métrage aurait pu l'intéresser, quoique, même lui il serait mort d'ennui, enfin bref.

- De quoi tu parles ?

- Mais tu sais bien ! Je te parle de remettre en vigueur mon charme naturel et mes tendances charnelles !

- Je ne suis pas sûr de vouloir avoir cette conversation.

- Il y a des fois où je croirais voir ta mère… Et toi Ron, qu'en penses-tu ? Ne devrait-il pas profiter d'une salle obscure pour aider Malefoy à trouver « la bonne voie » ?

- Hmmwhein ?

- J'ai dis : ne devrait-il pas profiter d'une salle obscure pour aider Malefoy à trouver « la bonne voie » ?

- Aah le télévisseuse ? Oui, sûrement.

- … Mouais, bon, c'est pas grave.

- Sirius, rappela Harry, je ne vais pas au cinéma avec Malefoy.

- Ah bon ? Dommage. Alors vous allez faire quoi ?

- Je ne sais pas ! J'imagine qu'on va aller dans un magasin d'Hi-fi et regarder 50 écrans géants nous harceler de la première chaîne venue. De toute façon on ne sera pas seuls, Hermione sera là aussi.

- Hermione ?, se réveilla Ron. Attends, pourquoi Hermione suit la conversation avec Malefoy ? Qu'est-ce que vous allez faire avec elle, hein ?

Ils se tournèrent vers Ron, eurent un semblable petit sourire au coin des lèvres et lui tournèrent de nouveau le dos.

- De toute façon Sirius, je ne comprends pas en quoi cela peut te réjouir. Cette journée ne va pas être une partie de plaisir. Je vais devoir me traîner le plus insupportable petit con nasillard que cette Terre ait porté.

- Mais cela me réjouit car c'est tout de même le plus insupportable petit con nasillard qui a le plus beau cul que cette Terre ait porté. Quoique, ces derniers temps, il s'est fait dépasser je crois…

- Dis-moi, Sirius, tu es gay ?

- C'est une évidence. Il s'est largement fait dépasser.

Comme son parrain sembla dans une intense réflexion, il ne chercha pas à savoir si la réponse à sa question était dans cette dernière folle tirade, et le laissa partir en se faisant la vague réflexion qu'il n'avait pas demandé à Sirius de qui il parlait. Ses réflexions se repenchèrent à nouveau sur son problème majeur sous forme d'équation : Malefoy X + télévision Y = samedi horrible Z.

OoO

Drago était couché sur son lit, pensif. Il triturait un Gallion en soufflant de dépit, tandis que Blaise faisait de grands moulinets des bras tel une princesse en haut du donjon.

- Comment tu vas survivre à une journée ENTIÈRE avec Potter et Granger ?

- Je n'en sais rien, et je m'en fous. Je n'ai pas le choix.

- Mais tu ne t'imagines pas, à regarder la télévision sur un sofa avec ces deux-là en mangeant des cochonneries Moldues ?

- Je ne m'imagine pas avec ces deux-là tout court, Blaise. Arrête de ventiler la pièce, je te prie.

- Mais NON !

- Quoi encore ? Tu as une irrépressible pulsion de battement d'ailes ?

- NON ! Tu ne peux pas être si fataliste ! Samedi va être un cauchemar !

- Oui enfin Potter n'est pas non plus un Ogre.

- Non, c'est un Gryffondor.

- Oui enfin si on va par-là nous on est des tueurs en série.

- Mais ce sont d'horribles ripailleurs sans éducation !

- Oui enfin…

- Mais quoi, Drago, on dirait que ça ne te dérange pas, l'idée de passer la journée avec deux personnes que nous exécrons. On dirait même que ça te fait plaisir.

- Et il a intérêt à faire comme si, dit une voix grave et basse.

- Bonsoir, Professeur Snape.

Drago se redressa sur son lit.

- Bonsoir, Professeur.

- Bonsoir, Drago. Je suis venu vous féliciter. Ne me décevez pas.

- Oui, Professeur. Puis-je vous demander le motif de tout ce cinéma ?

- Non.

- Bien, Professeur.

- Vous transmettrez mes amitiés à Lucius.

- Compris, Professeur.

- Bonsoir.

Les deux Serpentards soupirèrent de concert de soulagement. Une visite de Snape dans les dortoirs n'était jamais bon signe. Une visite de Snape maintenant qu'il était si canon et deux fois plus charismatique, ça mettait toujours très mal à l'aise. Un Serpentard était facile à effrayer, malgré tout.

OoO

- Tu es prêt, Potty ?

- Je ne sais pas à quoi tu joues Malefoy, mais j'ai bien peur que tu n'échoues misérablement, une fois de plus…

Drago ferma les yeux d'exaspération. Penses à ton bulletin… L'appât du gain étant apparemment tellement fort chez les Malefoy qu'à cette pensée Drago réussit à s'arracher un sourire jovial surjoué mais presque convaincant.

- Mais non, mais non, ne raconte pas d'âneries. Où est Granger ?

Il avait failli demander si elle se battait avec sa tignasse quand il se rappela que cette stratégie n'était peut-être pas la meilleure pour amadouer Potter.

- Juste derrière toi, Malefoy, depuis au moins 3 minutes. Mais sans doute suis-je si insignifiante que tu ne me remarques pas.

- Tu es juste un as en matière de discrétion. Tu ferais une très bonne espionne. En attendant il ne nous manquait plus que toi pour partir. Prête ?

Ce qu'il venait de dire, il le pensait presque. Mais il avait du être convainquant car la brunette étrécit ses yeux, cherchant le coup fourré au fond des siens, puis haussa les épaules, apparemment dépassée par son attitude.

- Autant qu'on puisse l'être avec toi.

Il ne répondit pas et posa la main sur la boîte de conserve vide qui s'était illuminée de bleu. Les deux autres suivirent son geste et bientôt l'objet les aspira tous les trois, Drago sentant cette impression familière de crochet qui le tirait par le nombril. Lorsque le paysage cessa de se mouvoir, il brassa l'air de ses jambes pour atterrir avec autant de grâce qu'il était possible après voyage en Portoloin, tandis qu'il observait Granger et Potter s'affaler à terre. Il eut le bon goût de ne pas ricaner et proposa sa main tendue à Granger pour qu'elle se relève. Elle le regarda d'un œil noir et se leva seule, lissant ses vêtements et ses cheveux quelque peu désordonnés par la pirouette. Quand il se retourna pour aider Potter, ce dernier était sur ses jambes, grommelant un je-ne-sais-quoi à propos de ces fichus voyages sorciers violents et humiliants, ou quelque chose dans ce goût.

Il attendit que chacun se remette de ses émotions, et observa autour de lui en attendant. Ils semblaient être au milieu d'un terrain vague, à en juger par les débris qui jonchaient le terrain et la palissade en bois défraichie. Il pouvait entendre hurler une sirène pas loin, aussi se douta-t-il qu'ils se trouvaient non loin de la ville. Ils se mirent en route, passant par une brèche dans la palissade, alors qu'une vieille dame les ayant remarqués murmurait quelque chose sur ces gamins qui vagabondent et sabotent tout de nos jours. Harry, coulant un regard à Malefoy sourit car ce dernier avait tout sauf l'air d'un « vagabond ». En effet, il semblait croire que les jeunes Moldus se promenaient couramment avec un costume trois pièces noir, mais bon, après tout, c'était Malefoy.

Ils semblaient être dans la proche banlieue comme le bloc d'immeubles devant eux semblaient le confirmer alors Hermione et Harry se mirent en quête d'une bouche de métro pour atteindre le centre ville. Quand ils s'y engouffrèrent Malefoy les suivit prudemment, se demandant pourquoi ils s'enfonçaient sous terre. Puis le bruit et l'odeur qui en émana soudain le fit stopper, clairement effrayé, refusant d'aller plus avant. Hermione sembla enfin le remarquer et s'autorisa un franc sourire.

- Allons Malefoy, viens, ce n'est que le métro !

- Le « métro » ? Est-il autorisé qu'une telle créature pue autant ?

- Ah, ça ! Si seulement les métros étaient propres, crois-moi je serais le premier ravi, dit Harry avec un soupir. Mais les gens ne sont PAS propres, manifestement. Allez on y va.

Ce que s'apprêtait à dire Drago était qu'il refusait d'entrer dans les couloirs. Mais au vu du regard de Potter, il s'abstint. Il devait penser à son parrain. Se sacrifier pour il-ne-savait-quelle bonne cause. Alors il suivit les deux adolescents et mis son écharpe devant son nez pointu pour respirer son parfum à 120 Gallions, et prit bien soin de ne toucher aucune rambarde, ni aucune poignée dans le train qui les mena en ville. Il remercia Merlin que le retour se fasse par cheminée, sur le Chemin de Traverse.

Sortant enfin de la bouche de métro, les trois jeunes gens restèrent plantés là, les deux Gryffondors cherchant un magasin susceptible de vendre des télés, et le Serpentard observant toute cette agitation avec de grands yeux apeurés. Le boulevard sur lequel ils se trouvaient fourmillait et les voitures circulaient dans un bruit assourdissant. Le blond se fit bousculer et insulter par un passant, et il s'approcha discrètement de ses congénères, bien plus effrayé qu'il n'aurait su le dire.

Mais quel était donc ce monde pullulant où les gens étaient malpolis et grossier, où ils fréquentaient des lieux bruyants et nauséabonds ? Drago commençait à se dire que le monde Moldu était vraiment un petit enfer quand une main fraîche s'empara de la sienne et le tira en avant. Il semblait qu'il n'avait pas entendu les appels des deux autres et qu'ils avaient décidé de le remorquer. Ils se frayèrent difficilement un chemin dans la foule dense et s'engouffrèrent dans le vaste hall d'un bâtiment tout aussi bondé.

- C'est la folie aujourd'hui !, cria Hermione pour se faire entendre. Les télés sont au quatrième étage. Prenons l'escalator.

Et là Malefoy vit le plus étrange objet qu'il n'avait jamais vu. C'était une sorte d'escalier métallique qui circulait vers l'étage supérieur, sortant chaque nouvelle marche de l'étage inférieur, semblait-il car il ne pouvait en être sûr. Il mit un pied sur une marche et failli basculer vers l'arrière, l'escalier ne s'arrêtant pas pour prendre des passagers apparemment. C'est Potter qui l'empêcha de se fendre le crâne en le tirant par la manche, qu'il avait sûrement dû froisser après ça. Arrivé en haut de l'escalier, il enjamba le palier et s'arrêta dessus pour observer les marches se faire avaler dessous. Il se fit bousculer et de nouveau insulter par les gens arrivant derrière lui, tandis que Potter lui dit de les suivre, prenant un autre escalier mécanique. C'était vraiment ingénieux, cette façon de monter les marches, un peu dangereux dans le cas où l'on n'était pas préparé à la violence de l'appareil, mais vraiment ingénieux. Il ne se lassait pas de monter par ces escaliers quand ils arrivèrent au quatrième étage, « étage des Hi-fi » put-il lire.

Devant l'escalier étaient posés quatre énormes écrans plats, c'est comme ça qu'Hermione les nomma, qui faisaient défiler des images si vite qu'il en avait mal aux yeux. C'était selon Potter un nouveau style de tournage, le « caméraman » suivait l'acteur dans son action, limitant la vision du film et recherchant chez les spectateurs les émotions qu'étaient censés ressentir les personnages.

Ils passèrent leur chemin et s'enfoncèrent dans les rayonnages, où le monde se raréfiait. Drago respira un grand coup, soulagé de l'amincissement de la masse de Moldus au fond du magasin. Dans l'angle droit du fond, se trouvait un espace avec des canapés et une dizaine d'écrans diffusant plusieurs sortes d'émissions. Deux d'entre elles diffusaient ce qu'Hermione appela un « stupide match de foot », trois autres un feuilleton, semblait-il, d'une image un peu grisâtre devant laquelle Harry cria « oh non, tout sauf Derrick ! », deux autres le « journal télévisé » et le reste un « film d'action », comme l'en informa Potter.

Ils s'assirent et Drago eut un sourire pour Blaise qui s'étranglerait ce soir et qui se prétendrait devin. Seul un son leur envahissait les oreilles et Drago tenta de savoir à quelle émission il appartenait. C'était un son légèrement grésillant et la voix d'un homme résonnait. Il chercha les écrans sur lesquels un homme parlait et en trouva où « Derrick » dans le feuilleton et un homme en costume dans le « JT » parlaient, s'adressant semblait-il à la « caméra » (Granger lui avait expliqué quelques minutes avant le concept). Il chercha à faire recadrer les paroles avec les images.

« Et vous je ne pense pas qu'une quelconque arrestation change quoique ce soit. Il est et restera le voyou qu'il a toujours été… »

- Derrick ?, proposa Drago à ses homologues.

- Bingo, souffla Harry.

Il semblait dépité d'avoir à regarder l'émission, que Drago trouvait pourtant intéressante. Bien que la qualité de l'image laisse à désirer.

- Quel âge a cette série ?

- Trente ans ?, proposa Hermione en cherchant la réponse dans les yeux d'Harry.

- Un siècle !, s'écria ce dernier.

Drago rit à la remarque. C'est vrai que Derrick ressemblait à un vieux croulant.

- Tu crois que Bubus le connait personnellement ?

Les deux autres rirent à la remarque, aussi étonnés par l'humour de Malefoy qu'amusés par le petit nom qu'il avait donné à leur directeur.

- Bien probable, ils ont sûrement dû se partager leur pelle et leur râteau dans le bac à sable…

- Je suis impressionné par l'amour fou que tu ressens pour ce pauvre Derrick !

- Ne m'en parle pas, ma tante en est fan. J'y ai eu droit tous les jours jusqu'à ce que Dudley fasse exploser la télé en lançant le livre que la tante Marge lui avait offert dedans. Merci Merlin il y a une justice.

- Quelle sorte de personne est ce Dudley pour faire une telle chose ?, s'étonna Drago.

- C'est le gosse pourri gâté qui le demande ?

- Le gosse pourri gâté sait au moins se tenir et ne pas détruire la maison quand il fait un caprice.

Étrangement Harry lui offrit un sourire.

- Un point pour toi. Dudley est mon obèse de cousin. Vous devriez faire un concours de caprice, ce serait drôle. Enfin, s'il accepte de te laisser approcher.

- Pourquoi cela ?, demanda Drago.

- Parce que si Dudley est tout l'opposé de toi, il te ressemble sur au moins un point : il déteste les sorciers autant que tu détestes les Moldus.

- Je ne déteste pas les Moldus. Disons que des concepts comme le « métro » me laisse dubitatif quand à leur capacité à se tenir et à dominer le monde.

Comme Hermione le regarda dangereusement, il ajouta :

- Mais je dois avouer qu'ils m'impressionnent. Les escaliers mécaniques par exemple !

- Les escalators, corrigea Hermione.

- Oui ! D'où ça sort ce truc là ? Je veux dire, où ça va, et comment ça ressort ? Et les télés aussi ! Comment ils sont arrivés à enregistrer des images sans baguette (il baissa le ton de sa voix car il commençait à attirer l'œil) et à les mettre sur écran ?

- Va savoir, sourit Harry.

- Bon, alors maintenant concentre-toi sur le journal, ordonna Hermione. Tu dois savoir la couleur du décor, le costume du présentateur, le contenu des informations…

- Comment je saurais le contenu des informations ? La télé est muette !

- Bof, c'est pas compliqué, répondit Harry.

Il prit une voix grave et profonde pour imiter l'homme devant lui.

« Une voiture s'est crashé sur l'autoroute 30 dans les alentours de 9h du matin aujourd'hui ; les victimes sont une femme et quatre enfants ; les secours sont arrivés à temps pour sauver les enfants ; néanmoins il semblerait que la femme, qui était au volant du véhicule, soit encore hospitalisée ; les médecins la disent hors de danger. »

Hermione applaudit en riant et dit au brun :

- On dirait que tu as fait ça toute ta vie ! Tu ne veux pas devenir présentateur ?

- Hermione, tu ne crois pas que je suis déjà assez connu comme ça ? Ras le bol des pages people des magazines !

- Oh, allez, tu dois bien aimer ça, vu que tu parais chaque mois dans une nouvelle revue !, le taquina Drago.

- Au contraire Malefoy. Imagine donc que chaque mois les filles de ta classe pouffent en se demandant si effectivement tu utilises la cire Veet pour t'épiler le torse !

Potter grimaça à ce qui devait être un souvenir peu agréable. Drago sourit en lui répondant :

- En tout cas ça fait les jambes toutes douces.

Harry et Hermione le regardèrent, éberlués.

- C'est vrai ?, demanda stupidement Harry.

- J'espérais que tu me le dirais, c'était dans Sorcière Hebdo !, pouffa Drago qui se reçu un regard très noir émeraude.

Hermione aussi d'ailleurs, car elle se tenait les côtes et tentait d'inhaler de grandes quantités d'air tel un poisson hors de son bocal pour essayer de calmer son fou rire. Son ami s'était fait avoir comme un bleu. Harry finit par rire avec eux, vaincu.

Après s'être calmés, ils se levèrent et les deux Gryffondors décidèrent de profiter de la journée pour « ouvrir l'esprit-huître fermée de Malefoy » selon les mots du Survivant, ce qui ne plus guère à ce dernier – lui, une huître ? Pfiou, la comparaison était lamentable –. Ils se dirigèrent à l'opposé de cette aile du quatrième étage et lui montrèrent Internet, le petit bijou technologique Moldu. Drago n'y comprenait rien avec le système de souris (« s'il y a des souris c'est que l'hygiène laisse à désirer ») ni avec celui de fichiers, ne parlons pas de logiciels. Il fut pourtant très impressionné, ce qui se caractérisait chez les Malefoy par un haussement de sourcil et une approche du visage vers l'objet intriguant. L'idée que la planète entière pouvait être reliée par l'appareil sembla lui plaire.

Quand ils sortirent enfin du magasin, ils retrouvèrent les rues bondées et rafraîchies par l'heure avancée. Hermione et Harry décidèrent de faire découvrir à l'aristocrate le fast food, temple de Dudley Dursley. Ils entrèrent donc dans un de ces restaurants, et purent se délecter de la tête que fit le blond en découvrant ce petit monde de hurlements, de graisse et de bourdonnement. Quand ce fut leur tour de commander, ils prirent un menu basique pour ménager Malefoy, et ses papilles de petit roi. Lorsqu'une table se libéra, ils s'assirent enfin et Malefoy marmonna :

- Quel est l'intérêt de cet horrible restaurant ?

- C'est moins long, c'est pour cela que ça s'appelle un fast food., lui dit joyeusement Hermione.

- Oui mais un restaurant sais comment traiter la nourriture. Ici je pourrais autant manger du pâté pour chien !

- Je sais que l'aspect n'est pas très noble, mais ça se laisse manger Malefoy, je te jure !

Il fit une moue sceptique, et mordit dans son hamburger. Le temps d'engouffrer son plateau, on put quand même l'entendre maugréer « manger avec les doigts, je vous jure… ». Cependant plus aucune protestation ne se fit entendre sur le goût ou l'aspect du menu. Hermione sourit à la seule pensée qu'ils avaient donnée au petit prétentieux matière à réfléchir pour un bon moment.

Comme il se faisait tard, ils parcoururent quelques rues de Londres pour rejoindre le Chaudron Baveur qui ne se trouvait pas loin, et passèrent par une des cheminées du centre de cheminettes du Chemin de Traverse pour débouler dans le bureau du directeur.

Ce dernier les accueillit avec bienveillance et après un petit thé au citron et le récit de Malefoy de quelques anecdotes, il les poussa vers la sortie pour leur permettre de rejoindre leurs dortoirs. Une fois la porte fermée, le vieil Albus s'autorisa un large sourire et posa un bonbon au citron sous sa langue, content que ses élèves retrouvent enfin la paix et l'harmonie que les Fondateurs eux-mêmes n'espéraient plus entre les Maisons.

Comment puis-je m'excuser ? Je dois dire que les cours, les exams, les nouvelles fics et les pannes d'inspiration n'aident pas. Cependant vous constaterez de la longueur du chapitre. Ne vous en faites pas je n'en oublie pas notre personnage principal, qui goûtera certainement plus le chapitre suivant. Merci pour les reviews actuelles et à venir.

Bien à vous,

Revil.