Merci à tous pour vos reviews ça fait vraiment très très plaisir. Je sais que je me répète mais c'est la strict vérité. Ca m'encourage à écrire plus rapidement (la preuve voici la suite tant attendu !).
J'arrête mon blabla et vous laisse la place pour la lecture :)
Merci encore.
Chapitre 12 : La douleur
Aussitôt que je fus réveiller, j'étais déjà prête à m'en aller ! La perspective de passer une journée complète avec Sirius et uniquement lui me mettait dans une joie incomparable. Le manoir Potter allait être à nous pour la journée. Je pris mon plus beau maillot de bain car j'allai enfin pouvoir me tenir contre lui dans cette immense piscine. Cette fameuse piscine qui fut d'après moi l'endroit où il s'est passé pour la première fois « quelque chose » entre lui et moi. Je n'oublierai jamais cette journée là. C'était un des moment clé de ma relation avec Sirius.
Comme toujours j'aimai marcher sous le soleil, encore plus sous le soleil du matin qui n'était pas encore trop violent. Je me rendis chez les Potter à pied, tout en pensant à la chance que j'avais de vivre une telle histoire et de tels moments avec Sirius. Un sourire radieux éclairai mon visage tout le long du chemin. Une fois devant la porte, je sonnai. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque ce fut Liz qui m'ouvrit.
- Oh, salut Drew ! me fit-elle étonnée tout autant que moi. Je suis désolée, mais j'ai prévu quelque chose aujourd'hui… Je passe la journée avec Tim.
Soulagé.
- Ne t'en fait pas. En fait, sans vouloir te vexer, j'étais venu pour voir Sirius…
Elle me fit un grand sourire qui montrait son apaisement à elle aussi. Elle me laissa entrer. A peine je fus sur le palier qu'elle s'excusait parce qu'elle allait être en retard si elle ne partait pas tout de suite. Elle était toute excitée et contente, et je la comprenais que trop bien. J'étais dans le même état qu'elle !
Je me retrouvai alors seule dans le hall d'entrée du manoir. Mais pas pour longtemps car il descendit les escaliers comme un fou, seulement affublé d'un short de bain. Il me sauta littéralement dessus et m'embrassa jusqu'à bout de souffle.
- Moi aussi je suis contente de te voir, dis-je sur le ton de la plaisanterie devant son emportement.
Il me sourit.
- J'espère que tu as pris ton maillot, me dit-il en faisant parcourir son nez dans mes cheveux.
Je lui dis que oui et nous nous retrouvions déjà dans le jardin. Il ne faisait pas preuve de beaucoup de patience aujourd'hui car il n'attendit même pas que je me sois déshabillée pour courir dans le jardin et se jeter dans l'eau.
- Allé dépêche-toi si tu veux pas que je vienne te chercher, me dit-il accoudé au bord de la piscine.
Loin de moi l'envie de me retrouver toute habillée dans l'eau, alors je me dépêchai pour ne pas avoir à subir cette sentence, et pour être le plus rapidement possible à nouveau dans ses bras. Alors que je mis un pied sur la première marche des escaliers qui se perdaient jusqu'au fond du bassin je remarquai que l'eau était pas mal fraîche. Il me vit tressaillir et s'approcha de moi l'air impassible mais je remarquai ses yeux joueurs.
- N'approche pas plus ! le menaçai-je. Je sais ce que tu as en tête !
Il sourit franchement sans pour autant arrêter de s'avancer et ses yeux avaient toujours ce même air qui ne présageait rien de bon :
- Mais non tu te fais des idées.
- Oh non, je ne me fais pas d'idée, je te connais. Si tu fais quoi que se soit contre ma volonté tu vas le regretter.
Il était à présent juste devant moi. Me dépassant quasiment d'une tête, j'étais en train de réfléchir aux options que je pouvais encore envisager pour ne pas mourir hydrocuté.
- Je saurai me faire pardonner.
Merlin… Avait-il idée des intonations si sensuels dans sa voix ? Toutes pensées cohérentes s'envolèrent de ma tête et il me prit dans ses bras. Une exclamation de surprise s'échappa de mes lèvres. Il était congelé ! Il laissa ses mains courir sur mon dos et mes fesses, et il m'embrassa. Sa bouche était beaucoup plus chaude que son corps. Je me laissai aller. Je répondis à son étreinte, et c'est à ce moment là où tout était parfait, qu'il choisit pour me propulser dans l'eau. L'enfoiré, il avait calculé son coup. Complètement pétrifiée par la fraîcheur de l'eau, je sortis la tête de l'eau et le vis mort de rire, toujours debout sur la première marche des escaliers où nous étions juste quelques seconde auparavant. J'étais dans une colère noire. Comment avait-il osé alors qu'on passait un si agréable moment ?
Sans lui accordé un regard, je sortis de l'eau en essayant de garder mon sang froid.
- Allé fait pas cette tête.
- Je fais la tête que je veux, répliquai-je énervée. C'était peut-être drôle pour toi mais pas pour moi.
J'avais envie qu'il comprenne que ça n'amusait que lui. J'hésitai même à un moment de me rendre à l'intérieur du manoir et de retourner chez moi par la cheminée. Juste pour lui faire comprendre que j'étais sérieuse ! Je pris une serviette qui traînait sur un des transats autour de la piscine et m'emmitouflai dedans. Comme il avait toujours un sourire amusé sur les lèvres, lorsqu'il s'approcha de moi, je reculai au même rythme que lui pour ne pas qu'il arrive à mon niveau. Le jardin était très grand j'avais encore le temps avant d'atteindre une clôture ou un mur.
- Tu vas aller jusqu'où comme ça ? me demanda-t-il avec un sourire en coin.
- Peut-être bien jusque chez moi, dis-je toujours irritée.
- Tu vas pas faire ça ! La journée ne fait que commencer !
- La faute à qui ?
- Tu sais très bien que c'était pour rigoler, ne le prend pas si mal.
- Je le prends comme je veux.
J'étais toujours en train de me reculer. A un moment je le vis qui regardait quelque chose derrière moi en fronçant les sourcils. Instinctivement je me retournai à mon tour pour voir ce qui avait retenu son attention. Il en profita pour me rattraper et me tenir très fermement contre lui. C'était un leurre. Je me haïssais intérieurement de m'être fait prendre si facilement.
- Lâche-moi !
- Je te lâcherai jamais, me dit-il très sérieusement en me regardant droit dans les yeux.
Je compris qu'il ne faisait pas uniquement référence à cet instant là. Ces paroles me touchèrent mais il ne fallait pas que je cède. Ca aurait été trop simple pour lui. Bien qu'à ce moment là je ne lui en voulais déjà plus du tout, je criai au cas où il y aurait quelqu'un dans les parages :
- A l'aide ! Venez m'aider !
Tout en me débattant bien sur. Un sourire attendrit se forma sur ses lèvres. Il arrêta mes gesticulations sans trop de mal car je ne résistai pas beaucoup non plus.
- Si tu savais comme tu es irrésistible quand tu fais la gamine.
Cet enfoiré avait gagné, car c'était moi qui m'emparai de ses lèvres ensuite. Je fis durer cette embrassade le plus longtemps possible car je ne voulais pas le regarder après pour voir son air triomphant sur son visage. Je me maudissais de l'aimer autant et de ne pas réussir à lui en vouloir longtemps. De ne pas résister à l'appel de son corps. Alors que je sentais que le baiser aller s'achever une idée me traversa l'esprit pour ne pas que je perde la face devant lui. Je lui mordis rapidement mais fermement la langue. Sa réaction ne se fit pas attendre car il s'écarta de moi sous la surprise. Une main à sa bouche il me dit :
- Qu'est ce qui te prends ?
- Ne crois pas que je t'ai pardonné, dis-je bien que se soit un très gros mensonge.
Il dus s'en rendre compte car il me dit avec un sourire entendu :
- Et comment je vais pouvoir me faire excuser si je ne peux plus me servir de ma langue ? me dit-il en faisant frétiller sa langue rapidement et très habilement devant mes yeux.
Bien sur je saisis le message…
- Ben tu vois, elle fonctionne encore ! J'en ai de la chance ! dis-je d'un air que je voulais ironique.
- J'en suis pas très sur, il faut qu'on aille vérifier ça… dit-il en me reprenant dans ses bras.
- Maintenant ?
- Oui maintenant ! La piscine c'est nul si faut qu'on s'engueule à chaque fois.
Je notai dans un coin de ma tête qu'il n'avait apparemment pas l'intention de changer de comportement lorsqu'on serait à nouveau tous les deux dans une piscine. Encore mouillé l'un l'autre on se retrouva très vite sur son lit pour une longue séance de câlin…
Merlin c'était meilleur à chaque nouvelles fois. Pour lui, et pour moi. Je peux vous dire que je n'avais pas le moins du monde endommagé sa langue experte. Nous prolongeâmes ces moments intimes sous une très longue douche… J'appréciai ses moments comme si c'était les derniers. Dans un coin de ma tête un mauvais pressentiment me disait que demain je me lèverai beaucoup moins heureuse qu'aujourd'hui. Et c'était pas faux…
Nous calmâmes nos ardeurs l'après midi craignant le retour des Potters. Nous fîmes une sieste qui avait été précédé d'une séance de bisous. Lorsque je me réveillai dans son lit je le vis qui me regardait et cela sûrement depuis un bon moment. Il me caressait juste la joue de sa main et se tenait la tête de l'autre (probablement pour mieux me voir).
- Prends-moi dans tes bras… lui dis-je la voix encore endormie.
Et il le fit évidemment.
Puis nous passâmes un moment enlacé dans un des fauteuils du salon. Lui respirait l'odeur de mes cheveux et moi je caressai son torse sous son tee-shirt (chose dont je ne me lasserai jamais…).
- Sirius ?
- Mmh ?
Ce son sonna à mes oreilles plus comme un gémissement de plaisir qu'autre chose… Je ne savais pas que le parfum de ma tignasse lui faisaient de l'effet à ce point là !
- J'aimerai bien faire une balade en moto, lui dis-je.
- Bonne idée !
Je le sentis qu'il prit une dernière inspiration sur le dessus de ma tête et on se leva. Il mit une chemise par-dessus son tee-shirt qu'il laissa ouverte et nous étions partis.
D'après la nuit qui commençait à tomber nous avions dû rouler un bon moment. J'aimai ça faire de la moto avec lui. On avait jamais renouvelé l'expérience depuis le début de l'été qui me semblait être une éternité. De temps à autre il se retournait et m'embrasser. Jamais très longtemps. C'est moi qui le repoussais, je n'avais pas envie qu'on se prenne un mur, mais cette éventualité n'avait pas l'air de lui avoir traversé l'esprit. Du fait de la luminosité qui se réduisait, il alluma la lumière de sa bécane. Quelques minutes plus tard il s'arrêta. C'est à ce moment là que je me rendis compte que nous étions au bout de la rue qui menait chez moi.
Nous descendîmes de la moto, mais comme à notre habitude lorsqu'il me ramenait chez moi, nous restâmes un moment enlacé à nous embrasser encore et encore… Lui s'était assis sur un côté de la scelle de son engin, son visage au niveau de ma poitrine, ses bras entourant plus mes fesses que ma taille, il en profitait et il avait raison. La brise habituelle du soir venait de se lever, et comme d'usage je frissonnai. J'en avais marre d'être aussi frileuse ! Et puis aussi pourquoi je m'habillai toujours avec des hauts sans manches ? Mais contrairement à ce que je pensais, il ne me conseilla pas de rentrer chez moi pour me mettre au chaud, non… Il se leva, me colla encore plus à lui, et m'enveloppa dans sa chemise ouverte.
- Merci…
- Ne croit pas que je sois gentil, je suis un bad boy – Je remarquai alors qu'il venait de remonter le col de sa chemise j'esquissai un sourire - C'est juste que je serai très triste si tu venais à mourir de froid, dit-il resserrant encore son étreinte.
Je voulus le réprimander en lui disant qu'il n'avait pas l'air de s'en soucier lorsqu'il m'avait jeté dans l'eau, mais je me ravisai, le moment était trop parfait pour tout gâcher. La tête contre sa poitrine, je remarquai que les battements de son cœur s'étaient accélérés lorsqu'il avait mis son nez dans ma chevelure et qu'il inhalait à pleins poumons. Heureuse, je fourrai mon visage dans son cou et respirais à mon tour son odeur que j'adorai, tout en lui déposant de tendre baisers entre deux bouffés. Nous restâmes un moment comme ça car la nuit était à présent complètement tombé. Le temps passait tellement vite quand j'étais avec lui.
Encore quelques instants après je relevai la tête vers lui.
- Je vais être raisonnable, je vais rentrer.
- Reste encore un peu… Un tout petit peu… dit-il avec ses yeux de chien battu.
Je sais pas pourquoi mais il arrivait à faire ce regard à la perfection. Je ne pouvais que céder devant ces yeux là. Il captura mes lèvres pour un long baiser. Si j'avais su que se serait le dernier des vacances je l'aurai encore plus prolongé. Nous ne fîmes pas de projet pour le lendemain, j'aurai dû voir ça comme un signe. Encore une minute ou deux au creux de ses bras et je m'en allais chez moi.
oOoOoOo
Vu l'heure tardive à laquelle je rentrai mes parents étaient déjà couché. Je grimpai doucement les escaliers et allai pour entrer dans ma chambre lorsque je vis à travers le mince espace qui séparait la porte de la chambre de ma sœur du sol comme des éclairs. Je toquai à sa porte pour savoir si je pouvais entrer mais aucune réponse ne me parvint. J'entrouvris la porte et m'annonçai :
- Erika c'est moi…
Le spectacle qui se déroulait sous mes yeux me stupéfiai. Vu tout le vacarme qui parvenait maintenant à mes oreilles je devinai qu'elle avait jeté un sort de silence à sa chambre. Alors je me dépêchai de refermer la porte derrière moi pour ne pas réveiller nos parents.
Et là.
J'essayai d'assimiler ce qui se passer sous mes yeux. Erika, baguette à la main, en train de brûler des objets et des photos à même le sol. Elle n'avait pas d'expression sur le visage, mais on voyait très nettement les traces de larmes sur ses joues. Je mis un certain moment à réagir avant de m'approcher d'elle et de m'emparer de sa baguette. A ce rythme là si je ne l'avais pas découverte, je suis sur que notre maison aurait été réduite en cendre avant le levé du jour. Etrangement, elle se laissa faire. En fait, je compris qu'après qu'elle n'avait même pas remarqué ma présence avant mon intervention.
- Tu es devenu folle ? hurlai-je.
Elle s'effondra par terre, se remit à pleurer et entrepris de déchirer des photos qui gisaient sur le sol. Elle avait tellement l'air désespéré, que ça me fit un mal de chien de la voir dans cet état là.
- Mais enfin qu'est-ce qui t'arrive ? dis-je plus calmement.
- Il est vraiment amoureux… sanglota-t-elle.
Merde, si elle parlait de Sirius, je me demandais comment elle pouvait affirmer, et croire dur comme fer, une chose pareil sans preuve… Si elle parlait de Julian c'était très irrationnel comme comportement… Mais je rejetais très rapidement cette hypothèse lorsque je remarquai les photos au sol… Des photos de lui… de Sirius. J'étais abasourdie, elle me fit rapidement descendre sur terre lorsqu'elle se mit à frapper avec toute la rage dont elle pouvait être capable un disque sur le sol pour le fracasser complètement. Je l'arrêtai rapidement en m'emparant de ses poignés.
- Arrête, tu vas finir par te faire mal ! lui dis-je implorante.
Elle se jeta dans mes bras et pleura toutes les larmes de son corps.
- Il est vraiment amoureux… dit-elle encore.
- Calme toi et explique-moi, s'il te plait, dis-je en lui caressant les cheveux.
Elle se redressa, prit quelques profondes respiration pour reprendre un peu de contenance. Je lui séchai ses larmes, et elle me regarda avec des yeux à faire peur. Comme si toute vie s'était envolé. Comme si elle n'allait plus jamais rire.
- Je l'ai vu, dit-elle la voix tremblante, je l'ai vu au bout de la rue avec cette fille dans ses bras.
Merde.
Putain de merde !
J'essayai de ne pas déglutir. Elle n'avait pas l'air de m'avoir reconnu, et j'en remerciai Merlin.
- Comment tu peux être sur qu'il s'agissait de Sirius ?
- Je le reconnaîtrai entre mille, me dit-elle impassible.
Apparemment la tristesse avait fait place à la rage car elle n'avait plus du tout l'air au bord des larmes.
- Arrête Erika, ça aurait pu être n'importe qui…
Elle me coupa.
- Non ! Il était avec sa moto ! T'en connais beaucoup des sorciers avec des motos toi ?
Et non… se devait être le seul dans Londres, et même dans toute l'Angleterre… Merde !
- Il s'est coupé les cheveux mais je l'ai reconnu, continua-t-elle d'une voix blanche.
- Tu te fais du mal pour rien je te dis, la fille devait être une fille d'une nuit comme à son habitude !
Je tentai le tout pour le tout.
- Oh non Drew… C'était pas le cas… Si tu avais vu comment il la tenait dans ses bras, tu ne dirais pas ça. Ca empestait l'amour à des kilomètres !
Et elle se remit à pleurer après sa dernière phrase tout en marmonnant encore et encore entre deux sanglots « ça empestait l'amour ». Je bénissais le ciel qu'il n'y ait pas d'éclairage très puissant (même très faible je dirai) dans notre ruelle… Elle était tellement obnubilée par lui qu'elle n'avait pas dû me prêter plus d'attention que ça, ou alors avec un peu de chance elle nous avait vu quand mon visage était dissimulé dans son cou…
Elle était plus meurtris que jamais, c'était la première fois que je la voyais comme ça. On aurait dit une hystérique. Je suis sur que si je faisais par de son comportement à un psychomage il la prendrait comme patiente sans broncher. C'était tellement évident qu'elle avait un problème !
Quoi que… Je sais pas dans quel état je serai si je voyais Sirius avec une autre fille que moi… Enfin maintenant, parce que je l'ai déjà vu avec une autre fille, mais j'étais avec Alexander, ou alors j'étais pas encore avec lui, donc ça m'affecté pas plus que ça.
J'essayai de la consoler comme je pouvais sans penser que j'étais la cause de son état. Non, j'aurai assez de temps pour culpabiliser après. Seule. Dans ma chambre.
Elle s'endormit dans mes bras, et avec sa baguette que j'avais toujours dans mes mains, je la fis léviter d'un sort pour la mettre dans son lit. Je savais que je n'aurai pas de problème même étant une élève de premier cycle, parce qu'il y avait tellement de magie dans ma maison qu'ils ne pourraient pas faire la différence entre un sort jeter par ma mère, ma sœur ou moi. Ca m'était déjà arrivé de devoir me servir de la magie en cas d'extrême nécessité. La dernière fois c'était à la mort de ma grand-mère et je préférai ne pas m'en rappeler, j'allais assez mal comme ça à cet instant là.
Une fois dans ma chambre, je l'isolai hâtivement d'un coup de baguette. Un peu plus, un peu moins… Le ministère ne le saurait jamais de toute façon. Je me jetai sur mon lit, et je pleurai toutes les larmes de mon corps. Je me promis de ne jamais révéler à ma sœur que c'était moi la fille. Jamais. Elle ne me pardonnerait en aucun cas je le savais, c'était claire comme de l'eau de roche. Ma culpabilité était d'une ampleur incroyable. Je ne pourrai plus jamais me regarder dans une glace si je continuai de faire comme si de rien n'était. Je ne pourrai plus jamais regarder ma sœur en face. J'étais une traître. Une garce. J'étais la pire pourriture qu'on pouvait faire sur Terre. Comment ai-je pu penser une seule seconde que ma sœur accepterait ma relation avec Sirius ? Elle avait quasiment réduit sa chambre en champ de bataille parce que Sirius était avec une fille… Je me demandai toujours comment elle avait pu se rendre compte de l'amour qui régnait entre lui et moi… Je sais pas c'est pas un truc que je remarquai moi. Enfin d'un côté si il était encore en train de respirer mes cheveux, je n'avais jamais vu la tête qu'il faisait dans ces moments là…
Je ne vis qu'une seule solution rationnelle à ce moment là. La seule solution pour que j'arrête de culpabiliser à m'en tuer. Il fallait que j'arrête tout entre lui et moi. Je n'essayai même pas de me chercher des excuses pour ne pas le faire, la scène dramatique dont j'avais été témoins m'avait trop bouleversée.
Aussitôt dit… Aussitôt fait malheureusement… Je pris ma plume et rédigeai une lettre installé à mon bureau. Je n'aurai jamais eu le courage de le faire face à lui. J'aurai perdu tous mes moyens. Dedans, je lui expliquai tout. Dans quel état j'avais trouvé ma sœur qui nous avait vu quelques instant avant que je ne rentre chez moi. J'accentuai particulièrement sur la détresse dans laquelle je l'avais vu alors qu'elle ignorait que c'était moi… Donc si jamais elle avait su… Je préférai même pas y songer. Je lui expliquai que c'était le seul moyen pour moi de vivre encore avec un minimum de dignité. Pour que je puisse encore regarder ma sœur en face. Je le suppliai de ne pas essayer de me contacter, même si je savais que c'était peine perdue. Je savais que ça allait être beaucoup trop éprouvant de me retrouver devant lui après cette histoire.
J'utilisai le hibou de la famille pour lui faire parvenir la lettre aussitôt que j'eus terminé de l'écrire. Je n'essayai même pas de la relire ça faisait trop mal… Une fois cela fait, je m'effondrai de nouveau sur mon lit. Pourquoi la vie n'était pas simple pour moi ? Ce matin tout paraissait si beau entre nous, si sommaire. Au début je pensais beaucoup à ma sœur, alors qu'il n'y avait rien entre lui et moi. Et puis après j'avais fait l'égoïste en privilégiant ma relation avec lui. Car l'amour fait faire des trucs de dingue. La preuve en est là. Pour l'amour de ma sœur j'allais rompre avec le seul mec que j'avais jamais aimé.
Un craquement sonore me sortis de mes pensées sombres. Je me redressai pour le voir. Car bien sur je savais que c'était lui. J'essuyai mes yeux difficilement.
- Tu rigoles là, me dit-il la voix implorante.
Je secouai la tête, évitant de le regarder dans les yeux.
- De toute façon on était pas vraiment un couple, dis-je plus pour m'en persuader qu'autre chose.
Ce que je voulais avant tout c'est qu'il ne me convint pas de ne pas le quitter. Car je savais qu'il saurait le faire. Je continuai donc sur ma lancé.
- C'était juste pour les vacances, ça n'aurait pas du tout était pareil au collège et tu le sais. Alors il vaut mieux tout arrêter maintenant avant qu'on ne souffre plus que c'est le cas. C'était même pas sérieux entre nous de toute façon.
Merlin, plus je disais ces conneries, plus je me tuai, et je le tuai tout autant. Son visage se décomposait au fur et à mesure de mon laïus. Il fallait qu'il parte. Il fallait qu'il parte loin. Très loin.
- Je comprends que tu ne veuilles pas faire de mal à ta sœur, mais me quitter, est ce que c'est vraiment ce que tu souhaite au fond de toi ?
- Ne me force pas à répondre Sirius… dis-je en essayant de calmer les larmes qui tombaient toutes seules sur mes joues.
Il vint se mettre à mon niveau en s'asseyant sur la chaise de mon bureau. Et il me répéta une bonne dizaine de fois :
- Est-ce que c'est ce que tu veux vraiment ?
Avec la voix toujours un peu plus suppliante que la fois d'avant.
- Est-ce que c'est ce que tu veux vraiment ?
Je voulais qu'il arrête cette torture.
- Est-ce que c'est ce que tu veux vraiment ?
J'étais tellement anéanti, que j'hurlai malgré moi :
- OUI C'EST CE QUE JE VEUX ! MAINTENANT VA-T'EN ! ET LAISSE-MOI TRANQUILLE !
- Très bien, me dit-il d'une voix blanche.
Aussi blanche que ma sœur un peu plus tôt.
POP
J'aurai juré avoir vu ses yeux briller avant qu'il ne disparaisse…
A suivre !
