C'était un beau jour d'été. Le Terrier était dans un tumulte sans nom. Toute cette beauté qui surgissait au milieu de la guerre, c'était désarçonnant.
Fleur resplendissait, Bill ne voyait qu'elle. Les têtes rousses surgissaient de partout et chacun apportait son sourire à l'édifice de joie qui se construisait aujourd'hui.
Cela explique très certainement pourquoi, presque, personne ne remarqua son absence.
Elle était à genoux, là, sur le sol de la chambre de Ron. Ses jambes ne la portaient plus. Il y avait beaucoup trop d'émotions en elle pour la soutenir. Elle pleurait, et riait bêtement en même temps. En y réfléchissant, elle savait qu'elle avait quelque chose de pathétique, là, sur le moment. Elle s'en fichait royalement. Sous ses yeux, gisait la preuve qu'il existait dans le coeur de chaque homme un courage à défier un hippogriffe en colère.
Comment était-elle arrivé à découvrir ce trésor caché?
Elle terminait de remplir son incroyable sac, son puits sans fond indétectable. Elle avait cherché à terminer par la chambre de Ron. Elle savait qu'il ne s'y trouverait pas. C'était un peu comme ces fois, à Poudlard, où elle le regardait dormir. Elle n'avait pas beaucoup eu la chance d'explorer sa chambre. Et ce serait peut-être la dernière fois...
Comme une ravissante idiote amoureuse, elle avait, non sans rougir, embrasser son coussin en cherchant à capturer son odeur...Après quelques courtes minutes, en voulant le reposer, elle avait découvert un objet – il fallait le dire – plutôt ridicule.
Douze moyens infaillibles de séduire les sorcières, disait le titre.
Elle s'était étranglée d'un gloussement. Au moins, il lisait quelque chose, se rassurait-elle.
La curiosité l'avait emporté et lorsqu'elle avait ouvert le livre, il s'était ouvert de lui-même sur un bien étrange marque-page.
Un parchemin.
Plié.
Un peu froissé.
Un parchemin qu'elle avait évidemment ouvert.
Qui avait semblé la reconnaître, lui donnant un air de déjà-vu.
Et puis, il y eut ces quelques mots, qui touchèrent son coeur, comme seuls ses regards pouvaient le faire...
Elle s'était alors effondrée. Tous les mots, toutes les pensées l'avaient quitté. Elle s'abreuvait à cette nouvelle source. Cherchant à lire et relire ses mots à lui qui n'étaient que pour elle. Pour elle.
Quand avait-il bien pu écrire cela?
Cette lettre ne ressemblait à aucune autre. Certainement pas aux lettres de vacances qu'il lui envoyait habituellement.
Elle avait l'impression de sentir son propre coeur battre dans ses doigts, là où ils touchaient l'incroyable parchemin.
Dès qu'elle avait commencé à lire, elle avait senti son visage s'ébraser.
Comme une prière, il lui demandait de ne pas l'oublier. Il ignorait à quel point elle avait essayé et jusqu'à quel point elle avait échoué. Lamentablement. Elle savait même l'aimer plus encore. Pardonner? C'était déjà fait...Un sourire, un regard, un peu d'espoir...
Simplement, elle était peut-être trop fière pour s'effondrer dans ses bras. Et pourtant...Depuis la mort de Dumbledore, ses bras dorés l'avaient soutenus plus que de raison, sans jamais flancher.
Le temps lui manquait. Le temps, maudit temps, qui n'était pas à l'amour. Elle devait lui répondre. Elle voulait courir vers lui et...Et il y avait absolument tous les Weasley de la terre autour de lui, en ce moment.
Et puis, il y avait le reste. La guerre. Le monde qui se déchirait. Ils partiraient bientôt pour une quête sans fin. Y avait-il une place pour quelques sentiments juvéniles? Enfin, quelques sentiments. 6 ans de tout et de rien. Mais 6 ans de beaucoup de choses.
Elle devait le lui dire. D'une manière ou d'un autre...Et ce devait être maintenant...
Ron cherchait Hermione des yeux. Une Hermione qui avait disparue alors que Victor Krum se trouvait dans les parages. Non, Ron, il ne fallait pas faire de crise, pas aujourd'hui. Même s'il bouillonnait à l'intérieur, la cocotte minute ne devait pas émettre le moindre sifflement. Cependant, malgré tout ses efforts, il restait transparent pour son meilleur ami, totalement conscient du combat qui se menait dans la tête de Ron.
Elle apparut enfin, un incroyable sourire qui ne semblait être que pour lui. Comme si elle le voyait pour la première fois. Oui, c'était bien lui qu'elle regardait. Et, par Merlin, quel regard...!
C'était peut-être la première fois qu'il y voyait autant d'intensité. Il avait presque l'impression qu'elle essayait de lui dire quelque chose.
Quelque chose d'important...
La pièce disparut pour quelques secondes, et quand elle fut à sa hauteur, il reprit contact avec la réalité.
Quelques heures plus tard, le chapiteau s'était fendu d'éclairs de mort. Ils avaient transplané alors vers de longs mois d'errance, qui mettraient à rude épreuve tout ce qu'ils croyaient acquis jusque là.
Il ne sut jamais ce qu'elle voulait lui dire ce jour-là, mais il garda ce regard en lui comme un incroyable brasier plein d'espoir.
Elle ne sut jamais que ce serait ce regard qui, quelques mois plus tard, guiderait le coeur de Ron, alors perdu dans les ténèbres d'un hiver sans Soleil.
Ta...ta...tam.
Next chapter : The end.
