La Voix des Morts

Les Blas-blas de Xérès : Me revoilà ! Après deux semaines (ou trois, je ne sais plus) d'absence, je reviens en force. Bon, j'avoue, je ne suis pas restée complètement inactive, puisque j'ai écris ce chapitre et publié un petit OS sur un « coup de tête » la semaine dernière. Histoire de faire patienter … Voici donc le chapitre 12 de La voix des Morts, j'espère qu'il vous plaîra (car il est riche en rebondissements) et surtout laissez des reviews ! J'aime avoir les opinions à chaud !

Réponses aux reviews :

Lovehermydrago : Je te pardonne pour ton langage ordurier (comme tu l'as sans doute remarqué, mes personnages ont parfois un langage peu châtié également ^^) En ce qui concerne Lucius, certes c'est un vieux pervers, mais un pervers sexy ! Personnellement, si tous les pervers et les violeurs lui ressemblaient, je n'aurais plus peur de sortir en mini-jupe à 2h du matin XD ! Je plaisante bien sûr … Merci pour tes encouragements et gros bisous !

Loufoca-granger : ah ah ! Bien joué Loufoca, jolie théorie ! Tu brûles ! Tu brûles ! Mais bon, Draco ne pourra pas résister bien longtemps … hin hin hin … Bisous !

MissAcid : Merci beaucoup ! Et puis avec toutes ces « tuiles », je vais pouvoir lancer un commerce d'équipements de toitures … Roh la vache, elle était tellement facile que j'en ai honte … Lol Gros bisous.

Littlepixette : Merci pour ta review et si ça peut te rassurer, pour éviter que des gens mal intentionnés ne s'aventurent chez toi, laisse toujours un fond sonore (radio, télé), une lumière de jardin la nuit, ne laisse pas s'accumuler le courrier dans la boîte aux lettres et ne laisse pas les volets fermés. Ils ne s'en prennent qu'aux maisons qu'ils croient vides pour les vacances. Alors comme on dit : FAIS DU BRUIIIIIIIT ! Lol. Bises

Littlebeattle : KWAAAAA ? Castrer mon Lucius ? Naonnn ! Il servirait plus à rien ! Tu imagines le drame pour la société ? Obligés de le bannir du monde magique, Lucius forcé de se reconvertir dans l'opéra lyrique comme castrat, … quelle horreur, je ne veux pas vivre dans ce monde là. Lol. Quant à la vérité, elle va bientôt éclater … Patieeeence …

May : Lol, tu parles justement de tout dire à Harry, pile au moment où je suis en train d'écrire qu'elle en parle à Harry. Ca doit être de la télépathie… (Et Lucius n'est pas un pervers … Quelle adolescente n'a pas eu un jour des fantasmes sur un homme plus âgé ? Que celle qui n'a jamais pêché lui jette la première pierre …) Bisous

Tronchederoswell : Merci pour tes précieux conseils ! J'avais déjà commencé un peu à me renseigner mais comme c'est les vacances, pour le moment, personne veut s'occuper de mon cas à la fac. J'attends donc le 23 août pour retenter le coup (jour de la réouverture du secrétariat universitaire) Gros bisous !

Lady Alienor : je suis d'accord, Lucius a beau être un salaud et Draco être … lui-même, je ne cracherais pas sur une petite partie de jambe en l'air avec l'un des deux (ou les deux !) même si à cause de ça, je causais l'anéantissement complet de la planète Terre. Tiens, aujourd'hui un militant de la WWF m'a harponnée dans la rue pour que je lui donne du fric : j'ai pas osé lui dire que les seules causes que je défends sont les glaces de chez Ben&Jerrys et Harry Potter … La planète peut bien exploser, je m'en fous, tant que je peux passer les dernières minutes de ma vie à rêver de Draco en mangeant une Cookie Dough … :D Amen … Tiens ça me fait penser : si tu trouves Jason Isaacs sexy, ya une petite vidéo sur youtube. Tu tapes « Jason Isaacs got you under my skin », c'est du pur bonheur et un grand moment de cinéma ! Bisous

Cosmetic Murky : plutôt une hallucination (mais je te spoile, là, je ne t'en dis pas plus !) Bisous

Merci à BrunasseLucile, Fiind-lOve, Améthyste-chan, Leel, jones17, Dragolicious

Chapitre 12 : The Weasley Ultimatum

Quelques jours s'étaient écoulés depuis la disparition d'Ernie. Hannah Abbott semblait inconsolable et Hermione ne pouvait s'empêcher de sentir son cœur se serrer pour plusieurs raisons : la première, parce qu'elle se sentait responsable de ce qui était arrivé au Pouffsouffle. La deuxième, parce qu'elle n'imaginait pas quel pourrait être son chagrin si Draco, Harry, Ron ou Ginny disparaissaient subitement eux aussi.

Un matin, après que Draco soit allé s'asseoir avec ses amis et Hermione avec les siens, le traditionnel arrivage du courrier perturba quelques secondes le petit-déjeuner à Poudlard.

Des plumes volèrent, des hiboux ululèrent, une Beuglante explosa à la table des Serdaigles – au visage d'un petit première année qui n'avait visiblement pas eu de très bonnes notes ces derniers temps – puis le calme retomba tandis que les hiboux s'envolaient de nouveau.

Hermione déplia son exemplaire de la Gazette du Sorcier et grimaça en voyant le nom du reporter qui avait rédigé l'article à la une. Rita Skeeter.

« Voyons voir ce que vieille sorcière a écrit cette fois-ci … », marmonna-t-elle en lisant les gros titres.

UNE VAGUE DE DISPARITIONS SANS PRECEDENT TERRIFIE LES MEMBRES DU MINISTERE

Hermione fronça les sourcils. C'était peut-être sérieux, finalement.

Après la disparition mystérieuse de douze de ses employés, le Ministère se décide enfin à parler. Lors de la conférence de presse qui a eu lieu hier en fin d'après-midi (voir page 4), le Directeur du Département de la Sûreté Magique Dwight Turner – dont dépend la désormais célèbre Brigade de la Sécurité – a officialisé la disparition de douze employés du Ministère, disparus au cours de la dernière semaine.

La première disparition avait eu lieu début septembre. Rufus Pritchard, 24 ans, jeune employé du Département de Restriction de la Magie a disparu alors qu'il rentrait à son domicile tard dans la soirée. Des traces de son sang ont été retrouvées dans plusieurs rues que le jeune homme auraient empruntées mais la piste s'arrête dans une impasse. M. Turner se déclare pour le moment « dans l'incapacité de dire si le jeune homme ainsi que les onze autres disparus sont actuellement en vie ou non ».

La Ministre de la Magie Cassandra Scrimgeour – sœur du précédent Ministre de la Magie et ex-membre du Magenmagot – a préféré se retirer dans son petit cottage incartable du Comté d'Essex afin « d'examiner le dossier en détails ». Il semble cependant évident que notre nouvelle Ministre ne désire pas se prononcer au sujet de cette affaire : par peur ? Sûrement. Mais de quoi ? La Brigade de la Sécurité qu'elle a créée n'est-elle pas censée nous protéger de toute violence ?

La raison même de la création de cette Brigade reste obscure si l'on considère que toutes les personnes susceptibles de porter atteinte à la paix dans le Monde Magique sont censées être mortes ou emprisonnées à vie à Azkaban. Pourquoi, alors que Celui-Dont-Personne-N'osait-Jusqu'à-Présent-Prononcer-Le-Nom – Lord Voldemort pour les intimes – est décédé depuis plusieurs mois, POURQUOI créer une Brigade de la Sécurité quand il n'y a plus rien à craindre ? A priori, du moins.

Hermione pinça les lèvres. Elle reconnaissait bien là la plume acide de Skeeter. Sa manière de creuser et de déterrer des complots ou histoires bizarres là où il n'y avait que du normal. Cependant, cette fois, Hermione sentait au plus profond d'elle-même que notre chère Rita avait mis le doigt dessus.

Les failles de cette Brigade ont d'ailleurs été démontrées lors d'un attentat – qui n'a fait heureusement aucune victime – perpétré le premier week-end de septembre au Département des Mystères. Une terroriste dont le nom ne nous a pas été dévoilé a placé des bombes d'origine Moldue dans les archives du Département des Mystères. D'après une source souhaitant rester anonyme, il s'agirait d'une jeune fille d'environ 17 ans, brune, qui faisait partie des centaines de prisonnier retrouvés dans les geôles de Voldemort après la mort de celui-ci.

La question est : qu'est-ce qui peut bien pousser une jeune adolescente de 17 ans à se retourner aussi violemment contre ceux-là même qui l'ont sauvée des griffes des Mangemorts ? En a-t-on vraiment fini avec cette histoire ? Pourquoi le Ministère reste-t-il aussi silencieux face à tous ces drames ? Votre dévouée Rita Skeeter promet au Monde Magique de trouver la réponse à ces questions (Hermione leva les yeux au ciel face à tant de « modestie » …). Page 4, retrouvez les images et le compte-rendu de la conférence de presse menée par Mr Dwight Turner.

Hermione reposa la Gazette et fronça les sourcils. Elle avait beau haïr cette blondasse et sa plume à papotte affabulatrice, elle devait admettre que son article faisait réfléchir. Ainsi, le Ministère n'avait rien déclaré à propos de l'attentat de Sarah : ils prétendaient même qu'il n'avait fait aucune victime, alors qu'il n'y avait aucun doute que les Mangemorts travaillant dans le laboratoire avaient dû être réduits en bouillie sous les décombres.

Beaucoup trop de pensées se mélangeaient dans l'esprit d'Hermione. Elle but une gorgée de café, histoire de se remettre les idées en place.

« Qu'est-ce qu'il y a, Hermione ? », fit la voix de Ginny en face d'elle. « Ne me dis pas que tu crois encore aux bêtises de cette vieille pie ? »

Hermione scruta Ginny – qui tenait dans les mains son propre exemplaire de la Gazette – puis Harry à côté d'elle. Elle secoua la tête. « Non, non bien sûr que non. »

Harry lui jeta un regard pénétrant. Il savait qu'elle mentait.

« Hermione. Tu as une minute ? », demanda-t-il en désignant du menton la porte de la Grande Salle. Hermione hocha la tête. Tous deux se levèrent et sortirent, sous le regard étonné de Ginny. Mais la jeune Weasley ne dit rien. Elle comprenait tout à fait que les deux amis aient parfois des choses à se dire qui ne la concernaient pas.

Une fois dans le couloir, Harry se tourna vers Hermione et mit ses mains dans ses poches. « Tu m'expliques ? »

Hermione ne savait pas par où commencer. Ni que dire, d'ailleurs. « C'est vague, comme question, Harry. »

Le Survivant lui jeta un regard las. « Tu ne me dis pas tout. Je le sens. »

« Je sais », répondit simplement Hermione. « Désolée. »

Harry haussa les épaules. Le silence retomba entre eux et Hermione décida que les images valaient parfois mieux que les mots.

« Il vaut mieux que je te montre quelque chose. »

Elle lui fit signe de la suivre et Harry lui emboîta le pas.

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Draco vit Hermione et Potter sortir de la Grande Salle. Quelque chose n'allait pas. Il avait vu Hermione lire la Gazette, alors il avait jeté un œil à la première page lui aussi. Et si elle avait décidé d'en parler à Potter ? Ce serait une très mauvaise idée. Le Gamin-Qui-N'arrêtait-Pas-De-Survivre ne voudrait sûrement plus qu'Hermione continue de le voir, lui, alors qu'il l'aimait et qu'il avait besoin d'elle comme ses poumons avaient besoin d'air. Ils ne pourrait pas supporter de voir Potter lui retirer encore quelque chose. Pas elle.

Draco se leva et sortit lui aussi de la Grande Salle. Il se cacha derrière un pilier et les observa.

« Il vaut mieux que je te montre quelque chose », fit Hermione en faisant signe à Potter de la suivre.

Merde, j'avais raison, pensa Draco en fronçant le nez. Sans un bruit, il se mit à les suivre.

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« Pourquoi ne pas en avoir parlé avant ? », marmonna Harry en feuilletant les documents volés au Ministère. Les sourcils froncés, assis en tailleur par terre, il semblait passablement agacé par ce qu'il avait découvert. Et pour cause, en moins de 5 minutes, Harry Potter venait d'apprendre que sa meilleure amie avait volé des papiers au Ministère, laissé une fille dynamiter le bâtiment, menti aux enquêteurs, le tout aidée par leur ancien ennemi juré, Draco Malfoy fils de Mangemort avec qui elle filait maintenant le parfait amour. Trop d'informations …

« Je ne sais pas, je m'excuse Harry. Je ne voulais pas … te faire replonger dans tout ça. »

Harry ne répondit pas. Il retourna la liste de noms et de sortilèges et plissa les yeux. Il tendit ensuite la feuille vers Hermione, le doigt posé sur l'équation. « C'est quoi ça ? »

Hermione secoua la tête. « Je n'ai pas encore trouvé la signification des chiffres, mais … »

« Si ton sortilège est ajouté à 'M', alors tu deviens (2) ? … Charabia. »

« Je suis tout à fait d'accord avec toi, Harry. »

Harry leva la tête vers Hermione. « Le M. C'est Malfoy. »

Hermione recula d'un pas, comme si Harry l'avait giflée. « Harry … arrête avec ça. C'est pour ça que je ne voulais pas t'en parler. Tu l'aurais pris pour cible sans même réfléchir. »

« C'est toi. Qui ne réfléchis pas. »

Hermione pinça les lèvres.

« Il est dans le coup, lui aussi. »

« Je suis sûre que non, Harry. »

« Il a raison », fit une autre voix.

Hermione et Harry se retournèrent vers la porte de la salle commune des Préfets-en-Chef. Draco se tenait devant, le visage fermé, les poings serrés. Il semblait sur le point d'exploser mais faisait tout pour garder son calme.

« Draco ? Mais qu'est-ce que tu … », commença Hermione.

« Je le savais. Tu travailles pour eux », gronda Harry.

« Sur ce point là, tu as tort, Potter », cracha Draco en s'avançant. « Hermione … », dit-il en se tournant vers la Gryffondor. « C'est bien Malfoy que signifie ce M. » Hermione recula d'un pas mais il prit sa main dans la sienne. Elle lui jeta un regard courroucé. « Je vais t'expliquer. »

Hermione hocha la tête.

« Ne le laisse pas t'embobiner, Hermione. Ce type n'est qu'un sale Mangemort », gronda Harry en se levant d'un bond.

« Harry ! Pour l'amour du ciel, laisse-le parler ! »

Draco jeta un regard triomphant accompagné d'un sourire narquois à son ennemi de toujours. « Oui, Potter, laisse-moi parler. »

« Et toi, arrête de faire de l'esprit. Tu as trente secondes pour te justifier avant que je n'envoie ton cul en pature au Calmar géant », aboya Hermione en lui assenant une gifle sur le haut du crâne.

Ce fut au tour d'Harry de laisser échapper un rire sarcastique.

« Hermione … tu dois me croire, je n'ai jamais voulu te faire de mal. Oui, c'est vrai, j'ai été investi d'une mission mais je ne … je ne veux pas la remplir. »

« Quelle était cette mission ? » demanda Hermione sèchement, même si elle se laissait malgré tout attendrir.

« Avant toute chose, je veux que tu saches que tout ce qu'il s'est passé entre nous n'a rien à voir avec cette mission. Je tiens énormément à toi, j'aime te tenir dans mes bras et j'ai adoré notre week-end à Londres même si-

Harry leva les yeux au ciel et se mit les doigts dans la gorge pour faire semblant de vomir.

« HARRY ! », aboya Hermione. « ARRÊTE DE FAIRE L'IDIOT ! »

Draco fusilla le Survivant du regard, puis se tourna de nouveau vers Hermione. « Bref, je t'aime, Miss Je-Sais-Tout. Et j'espère que ce que je m'apprête à dire ne changera rien. »

Hermione lui fit signe de continuer.

« L'équation signifie que moi + toi (avec ton sortilège) pourrait te changer en une sorcière bien plus puissante que tu ne l'as jamais été. Les chiffres sont une graduation. (0) signifie inoffensif. Le 2 signifie puissant. Et le 1 … signifie dangereux. »

« Mais tu ne me rends pas dangereuse … », marmonna Hermione, qui semblait ne pas comprendre.

Harry croisa les bras sur sa poitrine et regarda Draco comme un cafard qu'il voudrait écraser d'un coup de talon. « Sauf si … »

Draco le regarda, d'un air mauvais. « Je ne lui ai rien fait, Potter. »

Hermione ne comprenait rien. « Harry, Draco est très gentil avec moi, il ne me fait aucun mal. »

« Ce n'est pas le but, Hermione », railla Harry en fusillant le Serpentard du regard. « Sa mission, c'est justement te faire du bien. Je me trompe ? »

Hermione comprit alors de quoi parlaient les deux garçons. Sa bouche s'ouvrit et forma un grand « o » et ses joues devinrent écarlates.

« C'EST POUR CA QUE TU … », commença Hermione. Elle s'arrêta en voyant le regard appuyé de Draco. « … ne voulais pas rester au lit l'autre matin ? », fit-elle à mi-voix, en rougissant de plus belle.

« Comment ça, au lit ? », grinça Harry en s'approchant de Draco, le poing levé.

« Potter … baisse ton poing, tu es ridicule », s'énerva le Serpentard en serrant le sien, au cas où.

« ARRÊTEZ ! », hurla Hermione en s'interposant. « STOP ! VOUS ETES TOUS LES DEUX RIDICULES ! HARRY, BAISSE TON POING ! DRACO, ARRETE DE LE REGARDER COMME CA ! On dirait deux coqs qui se disputent au milieu d'une basse-cour. »

Les deux garçons se toisèrent mais détendirent leurs poings, sans cesser de se jeter des regards meurtriers.

« J'ai besoin d'une cigarette », marmonna Hermione en se réfugiant dans sa chambre pour chercher son paquet. « Essayez de ne pas vous entretuer en attendant. »

Les deux garçons restèrent seuls.

« Tu as intérêt à garder tes bijoux de famille dans ton boxer, Malfoy, ou sinon je te les fais bouffer … », marmonna Harry.

« Qu'est-ce que tu crois que je fais, Potter ? Jamais je n'ai attendu aussi longtemps avec une fille. Tu imagines, la torture que c'est pour moi ? »

Harry lui jeta un regard dégoûté.

« Apparemment pas », railla Draco en levant les yeux au ciel.

Hermione reparut, sa cigarette aux lèvres. Elle sembla presque étonnée de les voir là. « Toujours vivants et en un seul morceau ? », plaisanta-t-elle avec un rire forcé. « Vous faites des progrès… »

Harry laissa échapper un rire narquois et se détourna pour regarder à nouveau les papiers volés. Draco se dirigea quand à lui vers Hermione et lui fit des yeux de cocker. « Tu me pardonnes ? »

Hermione haussa un sourcil. « Techniquement, tu n'as rien fait. Alors oui … faute avouée est à moitié pardonnée, non ? »

Draco se pencha pour lui déposer un baiser sur le bout du nez. Il se pencha vers son oreille et lui sussurra : « Ne t'en fais pas, je connais beaucoup d'autres moyens de te donner du plaisir sans aller jusque là … »

Hermione rougit.

« Malfoy ! », s'écria Harry en lui jetant un coussin du sofa à la tête. « Qu'est-ce que je viens de te dire ? »

« Tu ne peux pas empêcher Hermione de disposer de son corps comme elle l'entend ! », protesta Draco.

« Non, mais je peux peut-être lui éviter d'attraper des MST », railla Harry avec un demi-sourire.

Hermione pouffa.

« Des quoi ? », grogna Draco.

Hermione et Harry éclatèrent de rire, mais aucun ne prit la peine de lui expliquer la plaisanterie.

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Ginny se passa les mains sur le visage et inspira profondément. Elle n'en pouvait plus. Elle devait le lui dire. Il fallait qu'elle lui dise. Allongée, sur son lit, les yeux rivés sur les broderies des baldaquins rouge et or, son corps lui sembla soudain peser une tonne. Comme si tous ses muscles se liguaient contre elle pour l'empêcher de se lever et de commettre l'irréparable.

Pourtant il le fallait. Cela ne pouvait plus continuer. Elle glissa doucement sa main sous son oreiller et ses doigts rencontrèrent un objet froid et dur. Elle sourit et extirpa de sous sa tête une petite bague en argent ornée d'une émeraude. Elle la contempla un moment, pensive. Comment une chose si petite et adorable pouvait être un si lourd fardeau ? Un fardeau dont elle se délesterait dans un futur proche. Il saurait bientôt toute la vérité. Et Ginny pourrait enfin être libre.

Elle passa la bague à son annulaire droit et la fit scintiller à la lumière du soleil qui filtrait par la vitre. Magnifique. Mais triste, aussi. Elle lui rappelait ses yeux. Ses yeux si verts, si tristes, qui imploraient son soutien, sa tendresse. Ginny tapa rageusement du poing dans son oreiller. Comment pouvait-elle encore penser à lui en regardant cette bague ? Elle n'était pas censée penser à Harry en ce moment. Harry serait bientôt du passé. Non, elle ferait mieux de réfléchir à son avenir. Avec Lui.

Le seul qui se soit vraiment intéressé à elle, à ce qu'elle était vraiment. Pendant presque un an, IL n'avait eu qu'ELLE et ELLE n'avait eu que LUI tandis que son frère et ses amis résolvaient énigmes sur énigmes. Ils avaient compté l'un sur l'autre. Il lui avait donné cette bague en guise de remerciement. Et peut-être plus, comme il l'avait laissé entendre.

« Grandis vite », lui avait-il dit. « Deviens une magnifique jeune femme que je pourrais prendre dans mes bras, sans me soucier du qu'en-dira-t-on. »

Ginny, du haut de ses onze ans avait hoché la tête et esquissé un faible sourire.

Ensuite, il avait disparu. Et elle avait grandi. Elle était devenue une jeune femme et avait parfois oublié Son souvenir pour se tourner vers d'autres garçons de son âge. Elle plaisait beaucoup. Mais aucun n'avait réussi à emporter son cœur comme IL l'avait fait.

A 13 ans, son cœur avait bondi dans sa poitrine en apprenant qu'IL était revenu. Mais IL n'avait plus rien à voir avec celui qu'elle avait connu. Le petit cœur plein d'espoir de Ginny s'était brisé et elle s'était alors tournée vers un autre. Vers Harry. Du moins, lorsque celui-ci daigna enfin la remarquer. Elle avait rangé la petite bague dans un coin et n'y avait plus touché. Jusqu'à il y a 2 mois de cela, où il était revenu la voir dans ses rêves. Il lui avait promis de revenir, de la serrer de nouveau dans ses bras.

Ginny roula sur le côté et posa la main sur son cœur. Elle ferma les yeux et le visage d'ange de celui qui l'avait enfermée dans la Chambre des Secrets vint lui sourire doucement derrière l'écran de ses yeux. Elle s'endormit, et rêva de Tom Jedusor.

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Lorsqu'Harry quitta la salle commune des Préfets-en-Chef pour rejoindre la tour de Gryffondor, Draco et Hermione se retrouvèrent seuls et un silence tendu s'installa entre eux. La Gryffondor regardait le blond en silence, les yeux empreints d'un mélange de déception et de colère.

« Pourquoi tu ne m'as rien dit ? », demanda-t-elle sèchement.

Draco baissa les yeux. Il n'avait pas besoin qu'on lui explique de quoi la jeune fille lui parlait.

« J'avais peur. Que tu t'éloignes de moi. »

Hermione hocha lentement la tête. « Et donc, tu aurais tranquillement attendu que notre relation devienne plus sérieuse pour t'acquitter de ta tâche et-

« Non ! », s'exclama Draco, indigné. « Non, je … » Il se tut. Pour une fois, il ne trouvait aucun moyen de se justifier. Il avait merdé et il le savait. Maintenant, il allait devoir en assumer les conséquences.

Hermione soupira. « Est-ce que c'est la raison pour laquelle tu t'es rapproché de moi ? Pour pouvoir un jour me sauter dessus et me changer en … » Hermione n'acheva pas sa phrase. Elle ne savait pas vraiment en quoi faire l'amour avec Draco la changerait. C'était impossible. Aucun sortilège, aucun maléfice ne pourrait faire d'un acte d'amour, une arme dangereuse. Elle n'y croyait pas.

« Tu veux une réponse honnête ? », demanda Draco tandis qu'Hermione hochait la tête gravement.

« Au début, si je me suis rapproché de toi, c'était pour apaiser ma culpabilité et mes migraines. A cause de tout ce que mon père et les autres t'avaient fait subir en prison. J'avais vu et senti certaines de ces choses et cela me rongeait. Ensuite, je suis resté car j'ai découvert que malgré tout ce que tu avais enduré, tu étais restée forte et intègre, et que tu étais aussi adorable et drôle. Et maintenant, je suis avec toi parce que ce que j'éprouve pour toi m'a redonné l'envie de vivre dans ce monde imparfait. » Il reprit son souffle. « Pas une seule fois, jusqu'à récemment, je n'avais pensé à cette vieille mission que j'aurais dû remplir alors que tu croupissais dans nos geôles. Mais pendant que tu étais enfermée dans ta cage, moi, j'étais reclus dans ma chambre, refusant tout contact avec l'extérieur. »

« Tu veux dire que cette mission t'a été donnée …

« Deux mois avant la défaite de Voldemort. Oui. Et je pensais qu'avec la mort du Seigneur des Ténèbres, rien ne se passerait si nous faisions l'amour mais je crois que je me suis trompé. »

Hermione pinça les lèvres. « Excuse-moi. De n'avoir pas eu confiance en toi. »

Draco haussa les épaules. « Je ne peux pas vraiment t'en vouloir. Je t'ai pourri la vie pendant 6 ans, je ne peux pas m'attendre à ce que tu changes aussi facilement d'opinion sur moi. »

La jeune fille esquissa un faible sourire et se serra contre lui. « Qu'est-ce qu'il va m'arriver si nous faisons l'amour ? »

Draco lui jeta un regard curieux. « Euh … en théorie … tu deviendrais genre, une sorcière hyper puissante. »

Hermione s'esclaffa. « En quoi ça serait différent de maintenant ? »

Le blond sourit. « En tous cas, c'est pas la modestie qui t'étouffe, toi … »

« Sérieusement ! », s'indigna Hermione en lui assenant une tape sur l'épaule. « Tant que je ne meurs pas, ou que je ne me transforme pas en goule ou en Scroutt à Pétard, je ne vois pas vraiment ce qu'il y aurait de mal à être puissante. Tu l'as dit toi-même. Malgré tout ce que j'ai subi, je suis restée intègre. Alors, tant que je reste moi, tous les pouvoirs du monde ne pourront jamais changer ce que je suis vraiment, pas vrai ? »

Draco haussa un sourcil et la regarda droit dans les yeux. « Serait-ce une façon de me dire que tu as envie de-

« Pas tout de suite ! », s'empressa de répondre Hermione. « Mais dans un futur proche, oui, pourquoi pas ? »

Draco esquissa un sourire libidineux. « Proche ? Genre ce soir ? »

La Gryffondor lui écrasa les orteils avec le talon. Draco poussa un petit cri de douleur. « Espèce d'obsédé … », marmonna-t-elle.

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Ginny se réveilla en sursaut et se redressa dans son lit. Elle regarda sa montre. 22h. L'heure du couvre-feu. Elle décida de descendre à la salle commune voir si Harry était revenu. C'était le moment ou jamais.

Harry passa le portrait de la Grosse Dame au moment où Ginny arrivait en bas des escaliers qui menaient au dortoir des filles. Elle considéra un moment le jeune homme d'un air grave, puis alla s'asseoir dans le sofa face à la cheminée. A l'exception de deux petits premières années attablés dans un coin, la salle commune était vide. Sans un mot, Harry vint s'asseoir à côté de Ginny et posa les mains sur ses cuisses, le regard dans le vague.

« Harry, je dois te dire quelque chose. »

Sans quitter des yeux les flammes qui dansaient dans l'âtre, Harry répondit d'un ton monocorde. « Je sais. »

Ginny le regarda, surprise et agacée. « Quoi ? »

« Pas heureuse. Tu veux partir. Je comprends. »

Ginny serra les poings et se leva d'un bond. Elle passa une main dans ses cheveux roux, tourna en rond puis revint vers Harry, le visage déformé par la rage.

« Tu vois, Harry, c'est CA que je ne supporte plus ! Tes phrases 'Sujet-Verbe-Complément', tes silences, ton indifférence ! Encore maintenant ! Je suis en train de te larguer et toi tu … Tu ne cherches même pas à me retenir ! Comme si tu t'en fichais que je sois là ou non ! »

« Tu voudrais que je me fâche ? Ca changerait quelque chose ? »

« OUI, PEUT-ÊTRE ! Harry, j'ai passé des années à attendre que tu me remarques ! Et maintenant que nous sommes ensemble, c'est toujours le cas ! Je suis comme un vase qu'on pose sur un buffet : on le remarque au début, car il est tout neuf, mais ensuite, il fait partie du paysage et on ne le voit que lorsque quelqu'un nous offre des fleurs et qu'on a besoin de les mettre dedans ! »

Harry fronça les sourcils. « Je suis sensé faire quoi ? », marmonna-t-il.

Ginny pris une grande inspiration. « MERDE, Harry, j'en sais rien ! Crie, pleure, supplie-moi de rester ! Retiens-moi ! Montre moi que tu tiens un tant soit peu à moi. »

Harry resta silencieux et Ginny secoua la tête, rageuse.

« Une vie normale. Tu en as le droit. C'est mieux comme ça. »

Ginny poussa un cri de rage et les premières années regagnèrent leurs dortoirs en courant, les laissant seuls. La cadette des Weasleys saisit un livre qui traînait sur une table et le lança à la tête d'Harry, le frappant avec un bruit sourd. Comme il ne réagissait pas, elle lui lança divers objets qui lui tombèrent sous la main.

« Mais bordel, Harry, réagit ! Fais quelque chose ! », s'énerva-t-elle. « Montre moi que tu es encore capable de ressentir la moindre émotion ! »

Harry baissa les yeux. « J'espère que tu seras heureuse. Adieu, Ginny. »

Ginny se figea, bouche bée. Sans un mot de plus, elle remonta dans sa chambre et claqua violemment la porte, s'attirant les regards interrogateurs de ses camarades de chambrée. Elle sauta sur son lit, referma vivement les baldaquins et ressortit la bague de sous son oreiller. Tandis qu'elle contemplait l'éclat vert et argent du bijou, elle ne put s'empêcher de penser qu'elle avait fait le bon choix. Harry ne l'aimait pas. Ni elle ni personne.

Elle n'avait pas besoin d'un type qui était manifestement plus heureux tout seul. Tom, quant à lui, lui répétait sans arrêt qu'il avait besoin d'elle. Elle se sentait importante, nécessaire. Sans elle, il ne pourrait pas vivre. Et c'était précisément de ce genre d'amour et d'attentions, dont Ginny avait besoin. Elle posa la tête sur son oreiller et déposa la bague devant son nez, sur le matelas. Bientôt, il serait là. Et il lui donnerait tout l'amour dont elle rêvait depuis qu'il avait disparu.

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Sarah observait son reflet dans l'un des grands miroirs qui ornaient l'une des immenses salles de bain du manoir Malfoy. Le cœur battant, elle fixait son propre regard. Ses iris autrefois noir comme l'ébène avaient changé. Ils brillaient maintenant d'un feu doré, flamboyant. Au milieu de ses cheveux noirs de jais et de sa peau mate, on ne voyait plus que ça. Tels les deux phares d'une voiture dans la nuit, ils brillaient, menaçants.

Elle s'était réveillée ainsi, ce matin. Lorsqu'elle avait vu la nouvelle couleur de ses pupilles, elle avait eu un mouvement de recul, puis s'était figée de stupeur. La deuxième surprise avait été de constater les 4 canines qui s'étaient quelque peu allongées parmi ses autres dents. Quatre crocs, deux en haut et deux en bas, d'un blanc immaculé. On dirait un loup …, pensa-t-elle en frissonnant. Elle cligna des yeux. Tout avait disparu.

De nouveau, les yeux noirs d'ébène. De nouveau, les dents bien alignées. Sarah secoua la tête. Elle avait dû rêver. Doucement, elle revint dans la chambre luxueuse où Lucius Malfoy dormait toujours. Elle se glissa entre les draps et se pressa contre le torse de son maître. De ses doigts fins, elle se mit à tracer des petits cercles sur le ventre de celui-ci et au bout de quelques minutes, l'homme remua et chassa ses doigts du revers de la main. Elle sourit et recommença sur son bras. De nouveau, il la chassa. Alors qu'elle se remettait à le chatouiller pour la troisième fois, vif comme l'éclair, il saisit son poignet et un petit craquement retentit. Sarah grimaça de douleur, mais n'eut pas le temps de protester. L'autre main de Lucius se plaqua sur la gorge de la jeune fille et la cloua au matelas. Sarah suffoqua.

« Je t'ai déjà dit de ne pas me déranger quand je dors », gronda-t-il.

« Désolée », haleta la brunette, prise de panique. Heureusement pour ses voies respiratoires, la pression qu'il exerçait sur sa gorge diminua, puis la main calleuse de Lucius glissa le long de sa poitrine, caressa ses seins, puis son ventre plat.

« Maintenant que tu m'as réveillé, tu as intérêt à ce que ça en vaille la peine. »

Sarah sourit et se cambra lorsque le Mangemort la pénétra sans prévenir. Elle poussa un petit cri de douleur mêlée de plaisir. Vaguement, avant de sombrer dans l'extase, elle se demanda si Hermione goûterait bientôt elle aussi au plaisir que savaient si bien procurer les mâles de la famille Malfoy.

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Les bla-blas de Xérès : et voilà ! Un chapitre riche en rebondissements, non ? Vous en pensez quoi ? Hin, hin, je parie que personne n'avait imaginé que Ginny ferait elle aussi partie du plan ! Uh uh. Et hop, un autre syndrôme de Stockholm vient s'ajouter à la liste déjà très longue des désordres psychologiques de nos héros ! Résumons, deux nanas complètement gagas de leurs anciens geôliers, un migraineux qui peut pas rester plus de dix secondes sans sa chérie, un pauvre type qui ne ressent plus rien, et une autre qui voit des gens morts … Cette fic, c'est vraiment de la folie … Lol. Surtout laissez-moi des reviews avec vos impressions !

Gros bisous à tous.

Xérès !