Salutations !
Me revoilà avec la suite ! Je suis toujours assez inspiré pour cette histoire pour l'instant, donc la vitesse à laquelle vous aurez la suite va plus dépendre du temps que j'ai, surtout avec tous les contrôles qui approchent de mon côté ^^'

En tout cas bonne lecture et à la prochaine ! ;)


Chapitre 12


Les silhouettes noires dansaient autour de nous, nous emprisonnant, nous empêchant de fuir. Au début les DB étaient avec moi, et d'un coup je me retrouvais seule, ne sachant plus s'il s'agissait des trafiquants ou des hommes en noir de mon souvenir.

Le plus frustrant était que je savais bien que je rêvais. Je ne sais plus quand j'en avais pris conscience mais je le savais. Mais rien à faire, j'étais figée alors que les ombres se faisaient de plus en plus nombreuses et menaçantes et se rapprochaient de moi. J'aurais voulu essayer de m'enfuir, ou me battre, n'importe quoi, mais j'étais figée. Quant à se réveiller, n'en parlons pas. J'aurais bien aimé, mais rien ne semblait fonctionner, j'étais condamnée à sentir le sentiment de panique augmenter de plus en plus sans rien pouvoir y faire.

Je me redressais d'un coup dans mon lit, m'en éjectant presque, et il me fallut plusieurs secondes à reprendre mon souffle pour comprendre que la terreur de mon cauchemar ne disparaissait absolument pas, et même qu'elle augmentait. Pourtant j'étais réveillée ! Je me pinçais pour être sûr mais rien n'y faisait.

C'était la même sensation que hier soir, dans la voiture. Je me levais si vite que j'eus un vertige et manquait de retomber, et je me précipitais vers les toilettes en sautillant à cloche pied. Pitié, faites qu'elles soient libres !

Elles l'étaient. Je fonçais dans la pièce et je ne put me retenir de claquer la porte derrière moi avant de verrouiller. Je me rendis alors compte que ça ne m'aidait absolument pas. Je pensais me sentir en sécurité ici, mais maintenant que j'avais mis le verrou je me sentais comme piégée. Mais se serait sans doute pire de ne pas le mettre.

Je tournais le dos à la porte, haletante. Il n'y avait personne dans la salle de bain. Personne. Et je n'avais pas non plus croisé qui que se soit sur le chemin. Ils devaient être déjà levés, je crois qu'il était déjà assez tard.

Après avoir passé quelques secondes à observer autour de moi et à reprendre mon souffle, je me rendis compte que la sensation commençait à diminuer doucement. Comme hier soir. Mon cerveau sembla cesser de fonctionner, entièrement concentré sur la diminution de la sensation de panique. Mais contrairement à la dernière fois, elle ne disparu pas complètement. Elle restait, un peu comme quand je savais que Haibara-san était dans le coin, mais pas juste à côté de moi.

Bon, je crois qu'il fallait que je commence par ça. D'où venait ce sentiment de terreur ? Qu'est-ce qui le provoquait ?

Je pris une grande inspiration, enlevais le verrou et ouvrit la porte. La sensation se fit plus forte. Je me crispais, sorti timidement de la salle de bain.

Je ne voyais toujours personne. J'étais trop loin pour savoir s'il y avait du bruit en bas ou non mais j'allais pas descendre en pyjama – Conan-kun m'en avait prêté un – et j'avais pas trop envie d'appeler voir s'il y avait quelqu'un.

Je retournais prendre mes affaires à côté du futon, résistant à la terreur qui se faisait plus forte, puis je retournais me réfugier dans la salle de bain. Je pense que m'habiller pouvait être un bon début, et qui sait, peut-être que d'ici là, la sensation aurait totalement disparu.

Et effectivement, pendant que je m'habillais, la sensation parti. Cela me stressait de ne pas savoir ce qui la provoquait, d'abord parce que je pouvais ressentir cette panique à tout moment sans pouvoir l'anticiper, et aussi parce que j'avais pas du tout envie de croiser la personne qui la provoquait. Car ça devait venir de quelqu'un, vu comment la sensation allait et venait.

Je terminais de me préparer plus tranquillement malgré tout. Je pourrais toujours leur demander s'il y avait quelqu'un dans le bureau tout à l'heure. J'entendais Ran-san revenir à cet étage en plus.

De toute façon c'était galère de s'habiller avec mes blessures. Je me rendis aussi compte que j'avais le nez vraiment très pris. Je ne savais pas trop où en était ma voix vu que je n'avais pas encore prononcé un mot mais j'ai l'impression que j'avais encore pas mal de marge d'amélioration.

Je terminais en me passant de l'eau sur le visage, espérant que ça m'aide à finir de me réveiller et surtout me calmer, avant de sortir.

Je tombais presque aussitôt sur Ran-san, qui m'adressa un grand sourire.

-Bonjour ! J'espère que tu as passé une bonne nuit. Tout à l'heure j'avais l'impression que tu dormais mal, tu as fais un cauchemar ?

Ah, ça s'était vu ? Enfin, je pouvais peut-être tourner ça à mon avantage. Je pris un air gêné pas totalement feint.

-Oui. Ne le répète pas, mais j'ai rêvé qu'il y avait un trafiquant juste en dessous, ça m'a fait tellement peur que ça m'a réveillé. Je sais que c'est idiot mais voilà.

-Tu n'as pas à te justifier, me sourit-elle. On ne contrôle pas ses rêves après tout. Et c'est normal que tu sois un peu chamboulée. Mais ne t'en fait pas, aucun client n'est venu ce matin ! Il n'y a qu'Amuro-san qui soit passé, il travaille au café juste en dessous et c'est l'apprenti de mon père, donc il n'y a rien à craindre !

Ah ? Non parce que s'il est passé pile quand je me suis réveillé ça venait peut-être de lui.

-Il est passé tout à l'heure ?

-Oui, il vient de partir. Tu as faim ? Qu'est-ce que tu prends au petit déjeuné ?

Je la suivis dans la cuisine, songeuse. J'osais pas trop poser plus de questions pour ne pas avoir l'air bizarre mais on dirait vraiment que c'était cet Amuro-san qui me faisait cet effet. En plus si il travaillait au café juste en dessous ça pouvait coller, s'il travaillait hier soir, ça expliquerait pourquoi j'ai ressenti ça seulement dans la rue. Mais s'il était dans le café à ce moment là, c'était quand même inquiétant. C'était une terreur vraiment très forte même quand j'étais assez loin, ça donnerait quoi si je me retrouvais juste à côté de lui ?

Je n'avais aucune envie d'essayer pour être honnête. Mais c'est sûr que ça me faisait relativiser, quand je pensais que le trouvais la proximité de Haibara-san flippante hier, juste après qu'ils m'aient retrouvé, en fait en comparaison de ça c'était rien du tout !

Je pris mon petit déjeuné devant la télé avec Ran-san. Elle était toujours très gentille et attentive, surtout en remarquant que j'étais toujours assez malade. Je profitais qu'il n'y avait qu'elle pour lui demander :

-Au fait, qui est Shinichi-san ? Je crois avoir entendu le professeur Agasa dire ce nom aussi, c'est la même personne ?

Ouais, pas très claire ma question, mais je ne savais pas comment amener ça sans que ça ai l'air trop sorti de nulle part. Mais je suppose que c'était pas anormal de demander l'identité de quelqu'un dont on a entendu le nom la veille, non ?

-Ah, oui, c'est bien la même personne. Le professeur Agasa le connaît depuis qu'il est petit, il habite la maison d'à côté, m'expliqua-t-elle.

-Celle où il y a Subaru-san, parce que le propriétaire de la maison n'est pas là, ou la maison de l'autre côté ?

Elle parut surprise.

-Oh, tu as rencontré Subaru-san ?

-Non mais on est passé devant chez lui pour aller chez le professeur Agasa l'autre jour et ils m'en ont parlé.

D'ailleurs ça peut paraître idiot mais j'étais fière de moi d'avoir retenu le nom. Même si réflexion faite je l'avais peut-être déjà entendu une ou deux fois quand les DB discutaient entre eux mais sans faire attention.

-La maison où est Subaru-san est bien celle de Shinichi, me confirma Ran-san. C'est un ami d'enfance, on va au même lycée, c'est même un détective lycéen. Je le vois peu en ce moment ceci dit. J'ai l'impression qu'il influence beaucoup Conan-kun.

Elle s'interromput en entendant des pas légers monter les escaliers.

-Tiens, quand on parle du loup !

Et en effet, Conan-kun ne tarda pas à entrer, et il se dirigea aussitôt sur moi en me tendant son téléphone.

-Ah, salut. Tiens, c'est pour toi. C'est Arō-san, il m'a contacté sur mon téléphone vu que tu l'as utilisé pour l'appeler hier soir.

Je me figeais et prit le téléphone avec une certaine appréhension. Il ne m'avait pas demandé d'être de retour tôt ce matin maintenant que j'y pensais ? Si oui, il ne devait pas être super content. Et en effet, à peine avais-je porté l'appareil à mon oreille et décroché un « Allô » qu'il se mit à rouspéter :

-Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans « je veux que tu sois à la maison quand je rentrerais » ?! J'étais mort d'inquiétude en trouvant l'appartement vide ! Surtout que tu n'as plus de téléphone, je ne pouvais pas te joindre !

-Excuse moi, j'avais complètement oublié ! Je rentre tout de suite !

-Je vais venir te chercher plutôt, je préfère, et comme ça les parents de ton ami n'auront pas à se déplacer.

Je sentais qu'il allait rembrayer sur mon manque de ponctualité et je ne pu m'empêcher d'ajouter :

-En plus je ne savais pas à quelle heure tu rentrerais du travail.

Il y eu un silence.

-C'est vrai, et je suppose que c'est mieux si tu as bien dormi. Mais quand même ! En tout cas j'arrive dès que possible, ne bouge pas.

-D'accord, à tout de suite.

Je raccrochais et rendis son téléphone à mon camarade de classe.

-Pardon d'avoir encore monopolisé ton téléphone.

-Ce n'est rien, c'est normal vu que le tiens a été cassé hier. Mais tu aurais du nous dire que tu devais être rentrée tôt, on t'aurait ramené, hein Ran-neechan ? Il avait vraiment l'air inquiet, il a appelé plusieurs fois et quand j'ai vu les appels manqués et réussi à prendre un de ses appels il m'a tout de suite demandé si tu étais toujours ici et si tu allais bien.

Je me recroquevillais un peu sur moi même.

-J'avais oublié, surtout qu'il ne m'avait pas donné d'heure précise pour rentrer, vu qu'il ne m'a pas dit à quelle heure il finissait.

-Ce n'est pas grave, il n'avait pas l'air trop fâché, me rassura Ran-san. Heureusement qu'il a pensé à appeler sur le téléphone de Conan-kun !

Ah ça oui, surtout que s'il a essayé d'appeler plusieurs fois, c'est qu'il devait vraiment être inquiet. Par contre je sais pas trop comment elle pouvait savoir s'il était fâché ou non, vu que je lui avais parlé au téléphone. Elle avait peut-être entendu un peu, vu qu'elle était à côté ? Ou bien c'était mes réponses qui lui avaient donné cette impression ?

En tout cas je terminais mon petit déjeuné et me préparais pour partir. Je discutais encore un petit peu, mais ne cherchais pas à creuser d'avantage, vu que Conan-kun était resté et que, quittes à lui demander directement pourquoi certains sujets semblaient le gêner, je préférais encore que se soit quand Ran-san ne serait pas là, sinon je pense qu'il sera encore moins enclin à me répondre. Et j'avais pas envie de continuer à parler d'Amuro-san ou de Shinichi-san pendant qu'il était là.

Heureusement, Ran-san ne mentionna pas mes questions à leur sujet, et j'entendis bientôt la voix d'Arō-san venant d'en bas. Je me levais et commençais à m'approcher de la porte avec ma béquille tandis que Conan-kun me devançait pour lui signaler où j'étais. Je l'entendis aussitôt monter précipitamment les escaliers et Conan-kun s'écarta pour le laisser passer. Il se détendit en me voyant.

-Ah, bonjour. Excusez-moi de débarquer ainsi chez vous, s'excusa-t-il à l'intention de Ran-san. Je suis Ikeda Arō. Et vous devez être la grande sœur de Conan-kun ?

-Si on veut, je suis sa grande sœur d'adoption, précisa-elle avec un sourire vers le concerné. Je m'appelle Mouri Ran, enchantée !

-De même. Tu veux que je te porte ? Me demanda-t-il.

-Non non, ça ira, merci !

-Tu es sûr ?

-Oui, ne t'inquiète pas !

Et je n'avais aucune bagage vu que j'étais venu à l'improviste. Arō-san avait l'air un peu frustré, comme s'il se sentait inutile. Il se tourna vers Conan-kun, qui était rentré à sa suite, et lui ébouriffa les cheveux gentiment.

-Au fait, pardon si j'ai paru énervé au téléphone tout à l'heure petit ! Et merci de l'avoir invitée, j'ai l'impression que ça lui a fait du bien !

-Ah, ce n'est rien, fit Conan-kun en cherchant à se dégager de la main avec l'air de peu apprécier le contact. Vous étiez inquiet pour elle, ça se comprend !

-Eiki n'est pas là ? M'étonnais-je soudain.

-Je lui ai demandé d'attendre en bas, comme je ne sais pas si quelqu'un ici est allergique aux poils de chiens ou en a peur, m'expliqua Arō-san.

-Oh, vous avez un chien ? Demanda Ran-san. Il peut venir ici, ne vous en faites pas ! D'ailleurs vous ne voulez pas rester prendre quelque chose à boire, si vous avez le temps ?

Il parut hésiter et se tourna vers moi.

-Cela ne te gêne pas de rester un peu plus longtemps ?

-Pas du tout ! Répondis-je avec un sourire.

Bon, même si j'aurais préféré qu'il le dise plus tôt, ça m'aurait éviter de me déplacer pour rien. Enfin, ça m'aidait à m'habituer à la béquille je suppose.

En tout cas ce contretemps ne tombait pas plus mal. Surtout qu'en effet, je voyais pas de raison de se presser pour partir. Arō-san n'avait sans doute pas d'autre travail pour aujourd'hui, j'étais quand même en sécurité, même si comme c'était chez des inconnus pour lui je comprends qu'il se soit inquiété, sans parler des soucis de moyen de communication, et normalement je n'avais vraiment plus à m'inquiéter de ces histoires de trafiquants maintenant. Même si je ne pouvais pas m'empêcher d'insister mentalement sur le « normalement ». Et c'est pas les récents évènements qui allaient me donner tord !

Arō-san s'excusa à nouveau pour le dérangement et appela Eiki pour qu'elle nous rejoigne. Ran-san, sans grande surprise, craqua devant lui, et Conan-kun la caressa aussi. Il faut dire que c'est un beau berger allemand, et je n'ai encore jamais vu personne qui ne vienne pas volontiers la caresser ! Même si je me doutais qu'elle avait déjà du croiser des gens ayant peur d'elle ou allergiques.

Conan-kun se joignit à nous, et je ne put m'empêcher d'en être contente. Je me doutais qu'il allait sans doute montrer la même facette enfantine, bien que cultivée, que hier soir, mais qui sait, peut-être qu'Arō-san remarquerait des choses chez lui qui m'avaient échappé.

Bien sûr, je n'étais pas intéressée par Conan-kun que parce qu'il m'intriguait, bien que je ne sois toujours pas sûr qu'en savoir plus sur lui m'aidera vraiment concernant mon amnésie, enfin je ne pouvais pas savoir sans essayer. Il était aussi assez sympa... Du peu que j'en avais vu. C'était plutôt ça le « soucis » en fait : je l'avais très peu côtoyé !


-Alors, c'était sympa ta soirée ? Me demanda Arō-san, tout sourire, alors qu'il me ramenait en voiture.

J'avoue que ça m'a surpris quand j'ai vu qu'il avait un véhicule. J'aurais pu le comprendre avant, mais je sais pas, je n'avais pas spécialement fait attention et je n'étais encore jamais montée dedans. Néanmoins j'arrêtais assez vite d'y penser pour me concentrer sur notre discussion. Après tout, la voiture était un espace normalement plutôt sûr, je ne ressentais donc pas le besoin d'attendre qu'on soit arrivés à l'appartement.

-Oui, c'était sympa, en dehors du fait que mes symptômes sont en train de revenir.

-On se demande bien pourquoi ! S'exclama-t-il avec un léger reproche dans la voix.

Je me recroquevillais un peu avant de me souvenir de ce dont je voulais lui parler tout à l'heure avant qu'on parte, mais je n'avais pas réussi à trouver d'opportunité pour lui en parler sans me faire entendre des deux autres.

-Au fait, il m'est arrivé quelque chose de vraiment bizarre. Hier soir, en arrivant, j'ai été prise d'une peur panique dans la rue, jusqu'au début des escaliers de chez Conan-kun. Un peu comme le sentiment que j'ai près de Haibara-san, mais en vraiment beaucoup plus fort. Je l'ai aussi ressenti ce matin en me levant. Je pense que ça vient d'une personne appelée Amuro-san, dont Ran-san m'a parlé, et qui travaillerait au café qui se trouve juste en dessous, mais j'en suis pas sûr.

Arō-san me jetait des petits coups d'œil et bien qu'il fasse toujours attention à sa conduite, je le sentais également concentré sur ce que j'étais en train de raconter.

-Tu l'as vu ?

-Non, je ne l'ai pas croisé, et si c'est bien lui qui me colle une flippe pareille, c'est pas plus mal !

Il fit la moue pendant quelques secondes.

-Tu veux que j'essaie de me renseigner ?

-Je sais pas. Tu peux pas vraiment demander quoi que se soit à la personne pour le confirmer, et Ran-san ou Conan-kun pourraient comprendre pourquoi tu es là si ils te voient soudain venir à ce café, sachant que je leur en ai un peu parlé.

-Et tu n'as pas envie qu'ils sachent ? Le détective Mouri Kogoro habites juste au dessus, tu pourrais aussi lui demander non ?

-J'ai pas trop envie, il paraît que cet Amuro-san, en plus d'être serveur, serait son apprenti.

Arō-san hocha la tête en faisant la moue, avant de s'exclamer :

-Mais au fait, tu n'as rien senti quand on est sorti ?

-Non, j'avais peur que ça me le refasse et je voulais t'en parler avant mais je n'en ai pas eu l'occasion, heureusement j'ai rien senti, je suppose qu'il n'était pas là.

-Et si je repère cette personne et que tu essaie de l'approcher sans te faire voir d'elle pour vérifier si ta peur vient bien de lui ?

Ce fut à mon tour de faire la moue.

-L'idée ne m'enchante pas mais je suppose que c'est le mieux qu'on puisse faire. Pour changer un peu de sujet, que penses-tu de Conan-kun ?

-Ah, le petit garçon qui t'a invité ? C'est vrai que tu m'avais dis que tu l'avais trouvé un peu bizarre, avec celle qui te fait peur, mais je n'ai rien remarqué de spécial. C'est vrai qu'il a l'air assez atypique, mais tout le monde est unique et a ses côtés surprenants, ça vaut aussi pour les enfants. Mais c'est vrai qu'il a l'air un peu différent des trois autres. Enfin, ce n'est pas en, quoi, une demi heure de conversation qu'on peut bien se rendre compte de ce genre de chose.

Je hochais la tête. C'est vrai, et j'avais pas cherché à amener de sujet de discussion qui puisse le gêner. En plus Arō-san avait très peu côtoyé les DB, il connaissait un peu mieux les trois autres à cause de l'autre soir où ils m'avaient ramené et où on s'était fait agressés, mais sans plus. Je regardais pensivement par la fenêtre lorsque mon regard fut attiré par les boutiques qui bordaient la rue où on passait. Cela me fit penser que je n'avais plus de téléphone, mais les commerces semblaient fermés pour la plupart.

-Ah, c'est vrai qu'on est dimanche.

-Oui, mais en cherchant bien on peut généralement trouver des commerces ouvert, en dehors des convenience stores.

-On peut attendre un peu non, pour m'acheter un nouveau téléphone ?

-C'est vrai, d'autant que je vais m'assurer que tu restes au chaud à la maison et que tu te reposes aujourd'hui ! Mais je n'aime pas trop l'idée de te laisser aller à l'école demain sans téléphone.

-Pourquoi ? On est sûr que tous les trafiquants ont bien été arrêtés cette fois !

-Vraiment ? Grogna-t-il sur un ton très sceptique.

J'essayais d'argumenter, mais il restait inquiet. Autant moi ça venait de ma parano, autant lui j'ai l'impression que c'était plus du à son rejet de la police.

-De toute façon je ne travaille pas demain, je pourrais t'amener à l'école et aller te chercher, et à la sortie on ira t'acheter un téléphone ! A moins que je te fasses rater l'école ? Tu es toujours malade après tout, et blessée en plus de ça !

Ah oui tiens, j'y avais pas pensé. Si j'y allais, le fait que je sois blessée justifiait qu'il m'amène à l'école plutôt que je fasse le chemin avec ma béquille, idem pour me ramener. D'un autre côté, je dois bien avouer que l'idée de rester au chaud à la maison était terriblement tentante. Mais j'avais peur de vite m'ennuyer à passer mes journées à la maison, en plus Arō-san préférerait sans doute rester avec moi pour ne pas me laisser seule. Et j'avais un peu l'impression de céder à la facilité.

-C'est pas la peine. Enfin, si, je veux bien que tu m'amènes à l'école et me ramène, mais je peux y aller, je ne vais pas si mal que ça ! Il me semble que ne pas rester inactif est mieux pour récupérer.

-Oui enfin ne force pas trop quand même.

-Promis !


Je mis plus d'une semaine à lâcher la béquille, et le rhume que je me traînais. Je ne sais pas si le fait d'avoir été à l'école quand même avait été un frein ou au contraire une aide, mais c'est sûr que ça avait été fatiguant ! Mais j'avais l'impression que c'était de la bonne fatigue. J'espère, en tout cas !

Comme je m'y attendais, Arō-san m'avait pas mal couvé, mais n'était pas resté inactif pour autant. Il n'avait conseillé, ou obligé, c'est selon le point de vue, à rester à la maison le temps que je me remette, donc je n'avais quasiment pas traîné avec les DB en dehors de l'école. Je n'ai pas eu l'occasion d'approfondir mes différentes pistes, et encore moins de retourner chercher si une ruelle correspondait à mon flash back ! Mais j'avais un nouveau téléphone et j'y avais à nouveau rentré le peu de contacts que j'avais, avec en supplément les numéros de Conan-kun et Haibara-san.

Parlant de Conan-kun, si, il y avait bien quelque chose que j'avais cherché, c'était le Shinichi dont m'avait parlé Ran-san. Comme elle avait dit qu'il était détective lycéen, j'avais cherché sur internet les mots clés « Shinichi » et « détective lycéen », et j'étais tombée sur un certain Kudô Shinichi, qui était probablement le bon car à peine avais-je réussi à trouver une photo que je me retrouvais avec un Conan avec dix ans de plus. Je ne vois juste pas comment ça pouvait être un hasard, par contre je comprenais encore moins pourquoi le professeur Agasa l'appelait comme ça. Ah, à cause de la ressemblance physique peut-être ? De ce que j'avais appris via les DB, le professeur Agasa connaissait Shinichi-san depuis longtemps, donc comme lui et Conan-kun se ressemblent, il les confond peut-être ?

Mais je ne sais pas, cette explication ne me va pas. Il y a un truc qui ne colle pas. La première fois oui, on aurait dit qu'il s'était juste trompé. Mais la deuxième fois, il a bien dit « Shinichi » et Conan-kun n'a absolument pas réagit. Peut-être car c'est tellement habituel qu'il n'y fait plus attention ?

Et surtout, quel est le lien entre Conan-kun et Shinichi-san ? Ils doivent bien avoir un lien familial vu leur ressemblance physique, et plutôt proche ! Pourtant ils n'ont pas le même nom de famille et Ran-san n'a mentionné aucun lien familial. C'est quand même étrange.

Alors que j'empruntais l'ordinateur portable de la maison pour regarder à nouveau des informations sur ce Kudou Shinichi, je remarquais autre chose. Il y avait des rumeurs à son sujet, disant qu'il était mort, qu'il s'était fait tuer par une organisation criminelle pendant une enquête, et que se serait pour ça qu'on entendait plus parler de lui en ce moment. Mais Ran avait pourtant l'air de dire qu'il était bien en vie, juste qu'elle le voyait moins souvent.

Arō-san choisit cet instant pour rentrer. Il avait été faire de rapides courses après m'avoir ramené de l'école, et semblait un peu plus en forme lui aussi maintenant que j'allais mieux. Il faut dire que ces derniers jours, il avait du concilier ses boulots avec le temps qu'il passait avec moi, à s'occuper de moi et surtout veiller à ce que je me repose bien et, même s'il ne l'admettait qu'à moitié, à surveiller que je ne me fasse pas attaquer de nouveau, et que personne ne surveillait l'appartement. Eiki y aussitôt le saluer et j'hésitais avant de lui demander :

-Dis moi, tu as entendu parler de Kudou Shinichi ?

-Hum ? Oui, ce nom me dit quelque chose, je crois que c'est un lycéen détective qui a pas mal fait parler de lui à un moment, pourquoi ?

-Attends, je vais t'aider pour les courses.

-Non, je m'en sortirais très bien tout seul ! S'exclama-t-il aussitôt.

Je levais les yeux au ciel, exaspérée.

-Arrête avec ça, même le médecin a dit que j'étais guérie maintenant ! C'est bon, je peux porter des choses !

-Il a dit que c'était en bonne voie de guérison, nuance ! Tu dois faire attention et ne pas trop forcer. D'ailleurs, j'ai complètement oublié, mais j'aurais deux trois choses à te raconter moi aussi, dès que j'aurais fini de ranger les courses.

Il m'abandonna aussitôt pour passer dans la cuisine tandis que je me rasseyais devant l'ordinateur avec un soupir. Je trouve Arō-san adorable, vraiment, un vrai papa poule, ce qui est d'autant plus touchant que je ne suis pas sa fille biologique, ni liée d'aucune façon à lui, enfin avant qu'on se rencontre en tout cas, mais il est un peu trop couvant parfois je trouve.

Enfin ! J'aurais quand même largement pu tomber bien plus mal, j'avais eu beaucoup de chance avec lui. J'attendis donc qu'il ai terminé en continuant de parcourir les pages internet liées au détective lycéen, jusqu'à ce qu'Arō-san s'installe à côté de moi.

-Alors, pourquoi tu t'intéresses à Kudou Shinichi ?

Je me contentais de lui montrer des photos de lui en demandant :

-Tu ne trouves pas qu'il ressemble à quelqu'un ?

Il fronça les sourcils en observant les photos, l'air de comprendre immédiatement où je voulais en venir.

-C'est vrai qu'il ressemble beaucoup à Conan-kun.

-Il n'y a pas que ça. J'ai déjà entendu une personne l'appeler « Shinichi », deux fois. La 1ère fois il s'est reprit avant de finir, mais la deuxième fois non, donc j'en suis sûr. Pourtant devant tout le monde il l'appelle « Conan-kun », je n'arrive pas à savoir comment interpréter ça.

Arō-san prit un air pensif.

-C'est vrai que c'est étonnant. Ils se ressemblent certes énormément, au point où on pourrait croire que Conan-kun est une version de Shinichi-kun avec dix ans de moins, mais justement, ils ont dix ans d'écart. C'est un peu étrange de les confondre. Qui l'a appelé ainsi ?

-Le professeur Agasa, tu l'as vus le premier jour où on a été confronté aux trafiquants, il m'avait ramené avec les autres. Ran-san m'a dit qu'il connaissait Shinichi-san car ils sont voisins, et que Conan-kun est influencé par Shinichi-san. Cela pourrait expliquer qu'il les confonde d'autant plus, mais Conan-kun n'a pas le même nom de famille et n'a pas l'air lié aux Kudou du tout officiellement. D'ailleurs je ne comprends toujours pas trop ce qu'il fiche chez Ran-san, vu qu'il n'a pas l'air lié non plus avec le détective. Apparemment c'est ses parents qui ont demandé à Kogoro-ojisan de s'occuper de lui, mais je n'ai pas l'impression que Kogoro-ojisan connaisse personnellement les parents en question.

-Hum. C'est étrange. Tu voudras que je me renseignes un peu ?

-Hein ? Oh, si tu veux, que ça ne te gêne pas et que tu as le temps ! Je t'en parlais surtout pour avoir ton avis. Et toi, de quoi tu voulais me parler ?

-Ah oui ! De deux choses. La première, c'est que je me suis un peu renseigné sur le serveur dont tu m'as parlé. Il s'appelle Amuro Tooru, et comme tu me l'as dit, il est également le disciple de Mouri Kogorou. Et un bon disciple j'ai envie de dire ! Je l'ai un peu surveillé de loin pour me faire une idée, et il a eu l'air de me remarquer, donc je n'ai pas trop insisté, surtout que tu m'avais dis ne pas vouloir qu'on me remarque trop m'intéresser à lui. Cela pourrait être intéressant de vérifier si oui ou non c'est bien lui qui te fait cet effet. Sans le rencontrer directement bien sûr, juste en s'approchant un peu ! S'empressa-t-il de préciser en voyant mon expression horrifiée.

Oui, bon, si je voulais avancer un minimum sur cette frayeur incroyable que me fichait cet Amuro-san, je suppose qu'il fallait bien commencer par vérifier que ça venait bien de lui. Cela ne m'enchantait pas des masses, mais c'était un début nécessaire.

-Pourquoi pas, acceptais-je donc. Mais comment tu veux faire ça ? J'ai aucune envie de passer à pieds devant le café non plus, il pourrait me voir, ou même sortir pile à ce moment là.

-Hé bien, commencer par passer devant en voiture pendant qu'il s'y trouve pourrait être une idée, et repasser quand il n'est pas là. Vu que tu m'as raconté que la première fois tu étais dans la voiture et lui probablement dans le café à ce moment là, et que tu l'as senti quand même, ça devrait suffire.

-Oui, ça suffira largement ! Confirmais-je. Et quelle est l'autre chose que tu voulais me dire ?

-Ah oui, ça. Hé bien j'ai demandé à un ami dans la police...

-Attends, j'ai bien entendu ? Toi, qui déteste la police, tu as un ami policier ? Ne pus-je m'empêcher de l'interrompre.

-Bien sûr ! Ah, c'est vrai que je ne t'ai toujours pas raconté.

Je le regardais avec de grand yeux qui ne demandaient qu'à entendre l'histoire tant le simple fait qu'il puisse avoir un ami flic vu la rancœur qu'il semblait avoir contre eux m'étonnait déjà en soit. Il eu un sourire un peu gêné avant de commencer :

-Je suppose que j'aurais sans doute du te le dire avant, mais mieux vaut tard que jamais : je suis un ancien policier.


Fini et posté le 6-12-2017.