Bonjour à tous !
Je vous ai écrit un chapitre un peu plus long que d'habitude pour fêter la fin de mes partiels, enfin ! Je sais que vous attendez de la romance entre les deux personnages et rassurez-vous, tout se passe dans le prochain chapitre. Mais je vous laisse le suspens. ;)
D'ailleurs, petit sondage : pour ou contre un lemon ? Pas forcément dans le prochain chapitre, mais dans ceux à venir. Répondez et profitez-en pour laisser une review avec vos impressions sur l'histoire en général ! :D
En attendant, merci à tous de me suivre, et de me laisser des reviews. Vous m'avez motivé à poster encore plus vite ! J'espère que ce chapitre vous plaira.
(D'ailleurs, j'ai publié un OS y a pas longtemps..)
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Chapitre 12 : Tempora si fuerint nubila, solus eris
(Si le ciel se couvre de nuages, tu seras seul)
[…] - Je.. Je sais.. Qui a fait.. ça.
Après lui avoir dit qu'elle savait qui était à l'origine de leurs problèmes, Hermione s'était rendormie, épuisée. Tom n'avait pas réussi à dormir de la nuit, tant il se taraudait l'esprit. Apparemment ce n'était donc pas le livre Les plus sombres méandres du temps qui l'avait amené dans le futur, mais bien quelqu'un. Dont il ignorait l'identité. Il repassa dans sa tête le peu de personnes à qui il avait déjà parlé, mais cela n'aboutit à rien. Il n'était proche de personne, et ne voyait pas qui aurait pu lui vouloir du mal. Après tout, personne n'était au courant de ce qui s'était passé avec la Chambre des Secrets. Il regarda une nouvelle fois le visage de Hermione, guettant le moindre signe d'un prochain réveil. Constatant qu'elle n'avait pas bougé depuis cinq minutes il soupira.
- Déjà réveillé monsieur Smith ?
L'infirmière venait d'entrer dans la chambre, préparant déjà les potions à administrer à sa patiente lors de son réveil.
- Apparemment.
La vieille dame lui fit un sourire compréhensif, et s'installa à son bureau au fond de la salle. Il la scruta, énervé, avant de se retourner vers Hermione. Depuis quand lui faisait-on des sourires compréhensifs ? Il lui aurait fait ravaler son sourire à cette vieille mégère.. C'est à ce moment précis que choisit Hermione pour ouvrir ses yeux. Ses traits étaient encore tirés, et son teint pâle. Apparemment sa nuit de sommeil à l'infirmerie ne lui avait pas été d'un grand secours. Ses yeux noisettes se posaient successivement sur différents endroits de la pièce, comme si elle ne reconnaissait pas l'infirmerie. Quand elle remarqua enfin Tom, elle ne réussit qu'à lui faire un sourire contrit, avant que madame Pomfresh ne coupe leur échange fugace.
- Comment vous sentez-vous ?
- Bien.. J'imagine.
L'infirmière tâtait doucement le front de la malade pour vérifier sa température. Elle se saisit ensuite d'une potion sur la table de chevet, avant de demander à la jeune femme de la boire. Cette dernière ne put retenir une grimace, mais but néanmoins le tout sans se plaindre.
- C'est bien. Je vais prévenir la directrice de votre réveil. Je reviens dans un instant.
Elle tourna les talons, et sortit de la pièce. Elle semblait déjà pressée de revenir. La tête de Hermione reprit sa place sur le coussin. Son mal de crâne ne semblait pas se décider à partir, malgré la potion. Un silence régnait dans la salle, et aucun des adolescents ne savait par quoi commencer. Soudain, la voix tremblotante de Hermione s'éleva.
- J'ai dormi combien de temps ?
- Pas longtemps. Il est seulement neuf heures.
La brune ferma les yeux.
- Je crois que je viens de rater une heure de potion.
Le jeune homme laissa échapper un rire grinçant. Puis le silence revint s'installer, avant que Tom ne se décide à lui demander.
- Alors ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- Toujours le même cauchemar, au début en tout cas. Et puis..
Elle semblait chercher dans sa mémoire.
- Et puis, je l'ai vu. Je crois qu'il t'a jeté un sort, Tom. J'en suis presque sûre.
- Et qui est-ce ?
Son regard se porta sur le flacon vide à côté d'elle. Elle appréhendait sa réaction. Il pouvait très bien perdre le contrôle, et redevenir celui qu'elle exécrait plus que tout.
- Lucius Malefoy, souffla-t-elle.
Elle scrutait le moindre changement sur le visage de son colocataire. Mais celui-ci resta étonnamment impassible. Apparemment il était en train de réfléchir. Le brun se leva, et commença à faire le tour de la pièce, perdu dans ses pensées. La sorcière se demanda pourquoi il n'avait pas explosé de rage à l'entente de ce que lui avait fait Lucius Malefoy. De ce qu'il leur avait fait. Tom aurait dû être fou de colère. Et elle comprit soudain, avant même qu'il n'ait fini sa phrase.
- Je ne connais pas de Lucius Malefoy.
Elle se sentait si stupide. Evidemment qu'il ne le connaissait pas. Ce sale mangemort n'était même pas encore né à l'époque de Jedusor. Mais alors, comment... Elle se mordait les lèvres, signe d'intense réflexion. Bien sûr. Elle faisait fausse route depuis le début en pensant que quelqu'un de l'époque de Jedusor l'avait envoyé dans le futur. On l'avait attiré ici. Malefoy père l'avait attiré ici, plus précisément. Elle l'imagina, lui et son sourire satisfait. Ses jointures devinrent blanches tandis qu'elle serrait le draps dans ses mains. Même enfermé à Azkaban, il arrivait à faire du mal aux autres. Un raclement de gorge la coupa dans ses réflexions.
- Mais apparemment, toi tu le connais, ajouta-t-il.
Le ton de sa voix indiquait une question, mais Hermione ne sut quoi lui dire. Avait-elle le droit de lui dévoiler l'identité de Malfoy ? Sa tête la lançait affreusement, et l'empêchait de réfléchir correctement. Le retour de madame Pomfresh l'exempta de fournir une réponse. Elle était suivie par la directrice, qui sembla soulagée à la vue de la patiente.
- Ah, mademoiselle Granger. Ravie de voir que vous allez mieux.
MacGonagall lui adressa un sourire encourageant, avant de se poster à côté du lit. Elle jeta un regard sans équivoque à l'infirmière et à Tom, qui se retirèrent de la chambre.
- Alors, Hermione. Pouvez-vous m'expliquer ce qu'il s'est passé ? dit-elle d'une voix douce.
- Je suis vraiment désolée, mais il y a un certain nombre de choses que je ne peux pas vous dire...
- Eh bien, dites moi tout ce que vous pouvez dans ce cas.
La brune prit une profonde inspiration, et planta son regard dans celui rassurant de la vieille dame. Il était temps de lui dévoiler une partie de l'histoire. La brune avait besoin de son appui pour la suite des évènements.
- Dumbledore a sans doute dû vous dresser un tableau incomplet de la situation.. Je vais essayer de tout vous raconter, mais il y aura sans doute des parts d'ombre dans mon récit. Essayez de ne pas en tenir compte, s'il vous plaît.
La directrice l'encouragea à poursuivre par un léger signe de tête.
- Toute cette histoire a commencé une semaine après la rentrée. J'étais dans la bibliothèque pour terminer un devoir, quand Tom Smith est soudain apparu au beau milieu de la salle. Je ne peux pas vous dévoiler sa réelle identité, désolée. En tout cas, il était là, venu du passé, et je ne savais pas quoi faire de lui. Je suis alors allée dans votre bureau pour consulter Dumbledore. Il m'a donné des conseils, que j'ai suivi avec votre aide. Tout allait très bien, mis à part le fait que je faisais des cauchemars.. Enfin, jusqu'à hier soir.
Sa voix commençaient à fatiguer. MacGonagall la regarda d'un air désolé, avant de se permettre de lui poser une question.
- Venu du passé ?
- Oui. Tom Smith a fait un bond de quarante ans dans le futur, et tout ceci à cause de Lucius Malefoy.
- Que vient faire monsieur Malefoy dans toute cette histoire ?
- J'y venais, justement. Tous mes cauchemars se déroulaient selon le même schéma : je me retrouvais dans un endroit sombre, et un homme dont je ne distinguais pas le visage me blessait avec un couteau. Mais hier soir.. Le rêve a pris plus d'ampleur, expliqua-t-elle.
Ses yeux commençaient à s'embuer, tandis qu'elle se remémorait le rêve de la nuit dernière. Elle passa la main dans ses cheveux emmêlés, tentant de reprendre contenance.
- Enfin. J'ai pu voir le visage de mon agresseur « virtuel », et j'ai compris que Lucius Malefoy était à l'origine de tout ça. Il a lancé un sort qui a amené Tom Smith dans notre époque, et ce sort continue d'agir par je ne sais quel moyen.. Ce sort doit être levé à tout prix. Aussi...
La directrice savait d'avance ce qu'allait lui demander son élève.
- Pourriez-vous me faire entrer à Azkaban ?
MacGonagall pinça l'arrête de son nez, tandis qu'un air fatigué apparaissait sur son visage. Elle indiqua à Hermione qu'elle allait se renseigner avant de sortir de l'infirmerie, la laissant seule dans la pièce froide. La directrice pensait en avoir fini avec les problèmes depuis la mort du seigneur des ténèbres.. Mais ses sbires continuaient d'agir dans l'ombre. Et les problèmes venaient encore trouver Hermione Granger, qui avait déjà tellement donné, mais aussi tellement souffert.. La vie était injuste. Mais elle avait décidé de faire tout ce qui était en son pouvoir pour aider la jeune femme, et pour la décharger d'un peu de ce fardeau qu'elle portait sur ses épaules. Minerva se réfugia dans son bureau, et commença la rédaction d'une myriade de lettres administratives.
Hermione était quant à elle contente de se retrouver seule. Elle pouvait enfin souffler. La sorcière tira les rideaux qui entouraient son lit, s'assurant un minimum d'intimité. Elle commença alors à inspecter son corps. Sa main leva fébrilement un des bandages que madame Pomfresh lui avait mis pendant la nuit. La coupure qu'il dissimulait était profonde. Le sort que lui avait envoyé Malefoy empêchait apparemment une guérison magique. Elle tenta de toucher sa blessure, mais la douleur cuisante qu'elle ressentit en la frôlant l'en dissuada. De nombreuses blessures couvraient son corps, certaines plus profondes que d'autres. Cependant, ce n'étaient pas ses coupures qui l'inquiétaient le plus. Si tout ce qui se passait dans son rêve apparaissait dans la réalité, alors.. Elle serra les dents.
Soudain, elle entendit un grincement de porte, et elle releva soudainement le draps, cachant ainsi son corps et ses blessures. Elle entendit la voix de Ginny l'appeler dans la pièce. Puis, la tête rousse de son amie apparut entre deux pans des rideaux. Elle était venue la voir car elle avait une heure de pause entre deux cours. Hermione était heureuse de la voir, même si elle avait besoin d'être seule pour se reposer. Ginny lui avait apporté des chocogrenouilles, qu'elles dévorèrent toutes les deux en parlant de tout et de rien pendant le temps que durait la pause de la Weasley. Quand elle partit, Hermione replongea dans le sommeil grâce à une potion de Sommeil sans rêve de madame Pomfresh. Elle ne voulait pas revivre l'horreur de la nuit dernière.
Hermione resta deux jours à l'infirmerie. Elle dut ensuite reprendre les cours comme à l'accoutumée. Cela lui permettait de s'occuper l'esprit, et d'éviter de se remémorer le cauchemar qu'elle avait vécu. Harry semblait voir qu'elle n'était pas dans son assiette, mais ne dit rien. Il se contentait de lui témoigner des marques de soutien. Les professeurs leur donnèrent plus de travail qu'à l'accoutumée, mais cela ne dérangeait pas la brune. Mr Zopin, le prof de défense contre les forces du mal, accordait beaucoup de son attention à la sorcière. Il la sollicitait beaucoup pendant ses cours, et l'interrogeait sans cesse. Cela gênait un peu Hermione, qui n'avait pas envie d'être mise sur la sellette pendant cette période. La semaine se déroula ainsi, la brune se contentant de jouer son rôle.
Le samedi matin, Hermione se rendit à la bibliothèque. Elle s'était levée très tôt pour être sûre d'être seule dans la pièce. Il n'y avait que madame Pince de présente, mais elle était en pleine lecture et ne semblait pas s'intéresser aux activités la jeune femme. Elle se dirigea alors vers un rayon qu'elle n'avait pas l'habitude de fréquenter, le rayon des rituels magiques. Elle cantonna sa recherche aux livres concernant les mariages entre sorciers, et sélectionna trois ouvrages qui avaient l'air de correspondre à ses critères. Elle s'installa à la table la plus excentrée de la pièce, d'où on pouvait voir l'entrée. La jeune femme ouvrit le premier livre, et étudia la table des matières avant d'ouvrir directement l'ouvrage à la page qui l'intéressait.
« Conditions requises pour que le mariage puisse avoir lieu.
Les deux époux doivent être de sang pur depuis trois génération. Cette condition est aisément vérifiable, car chaque famille de sang pur se doit d'avoir l'arbre généalogique de la famille dans la demeure principale. »
Elle sauta quelques lignes, pour arriver au point qui l'intéressait.
« La fiancée doit être vierge. Pour s'en assurer, il suffit de lui lancer le sort de Virginia (cf p. 257). Si la baguette se colore de rouge, la jeune femme n'a jamais connu d'homme. Mais si les rayons sont verts, alors le mariage ne pourra pas avoir lieu. »
Hermione tourna fébrilement les pages, avant de tomber sur la description du sort Virginia. Un sort simple à exécuter, mais dont l'issue impliquait beaucoup de choses. La brune jeta un coup d'oeil autour d'elle. La salle était toujours déserte. Parfait. Elle étudia en deux secondes la procédure à suivre, avant de se saisir de sa baguette et de la poser sur son ventre. Elle inspira profondément, avant de murmurer d'une voix tendue.
- Virginia Revelo.
Sa baguette s'enveloppa d'une lueur rouge. A la vue de cette couleur, la jeune femme ne put retenir un soupir de soulagement. Elle repoussa le livre loin d'elle, et ferma les yeux. Tout ce qu'elle avait vécu n'était pas réel. Elle était toujours la même. Rien n'avait changé. Quand elle rouvrit les yeux, Tom était assis en face d'elle. Elle eut un sursaut de frayeur, et faillit tomber de sa chaise. Elle réussit à se rattraper in extremis, et s'apprêtait à le sermonner. Mais elle réalisa que Tom affichait un air haineux. Il tenait le livre entre ses mains, à la page du sort qu'elle venait d'utiliser.
- Alors, c'est ce qui s'est passé ?
Elle resta interdite, tandis que Tom s'énervait de plus en plus.
- Réponds-moi ! Qu'est-ce qui s'est réellement passé pendant ce cauchemar ?
Ses yeux d'ordinaire anthracites commençaient à prendre une teinte rouge, tandis que sa bouche se tordait dans un affreux rictus. Durant une fraction de seconde, Hermione eut l'impression de faire face à Voldemort. Son cerveau fonctionnait à toute allure, essayant de trouver une solution pour se tirer de ce mauvais pas.
- Pendant ce cauchemar.. Euh... Toujours la même histoire, la poursuite, la blessure.
Jedusor ne sembla pas la croire une seule seconde. Il lui demanda pourquoi elle avait utilisé le sort de Virginia, en lui agitant le livre devant les yeux. La jeune femme chercha le regard de la bibliothécaire, mais elle n'était plus dans la salle.
- Est-ce que ce Lucius Malfoy t'a touché ?
- Eh bien, apparemment non.
- Je sais interpréter le résultat de ce sortilège, Hermione, lui rétorqua-t-il. Ce que je veux savoir, c'est s'il t'a touché pendant ce rêve.
Hermione baissa la tête, et serra les poings. Même si elle n'avait pas répondu au brun, il le prit comme un aveu. Il se releva brusquement, et envoya valser les livres qu'elle avait sélectionné. Il tremblait de rage. La bibliothécaire vint interrompre cet épisode.
- Par Merlin, mais qu'est-ce qui se passe ici ?
Le sorcier ne prit pas la peine de répondre, mais jeta un sort en direction des livres, qui reprirent leur place initiale. Puis il sortit de la salle comme un ouragan, claquant la porte derrière lui. Le bibliothèque retrouva enfin son calme. Madame Pince semblait ne pas se remettre des évènements, et se frottait les yeux, comme si tout ceci n'avait été que le fruit de son imagination. Puis elle reprit contenance, et jeta un regard furieux à Hermione, avant de reprendre sa place derrière son bureau. Elle maugréait des choses à propos d'élèves complètement fous furieux. Hermione la regarda pendant quelques secondes, avant de se saisir de son sac et de quitter la salle. La chose qu'elle voulait à tout prix éviter venait de se produire. Tom savait. Elle ne voulait pas lui en parler, à lui ni à personne d'ailleurs. La jeune femme ne voulait pas que ce qui s'était passé cette nuit là la poursuive jusque dans la réalité. Ses pas la menèrent aux toilettes du deuxième étage, que Mimi Geignarde continuait à hanter. Elle poussa la lourde porte en bois, et alla se réfugier dans une cabine.
Tout lui revenait en mémoire. Au départ le rêve s'était déroulé comme d'habitude, mais à un moment tout était allé de travers. Elle pouvait encore entendre le rire froid de son agresseur, encore sentir ses mains lui parcourir le corps. Hermione réprima un haut-le-coeur. Ce qui s'était passé ne lui inspirait pas de la tristesse, comme on aurait pu s'y attendre, mais du dégoût envers elle-même. Oui, elle se sentait sale. De rage, elle frappa la cloison qui se trouvait à côté d'elle. Tout était de sa faute. Elle aurait dû trouver la solution pour arrêter le sortilège, mais à la place elle avait préféré se concentrer sur ses examens. Soudain, elle entendit Mimi Geignarde hurler. Elle sortit précipitamment de la cabine dans laquelle elle s'était enfermé, avant de se rendre compte que le fantôme n'avait fait cela que pour l'ennuyer. Avec un soupir, elle décida de se rendre dans la salle commune des Gryffondors. Ca faisait longtemps qu'elle n'y était pas allé, et elle avait besoin de se changer les idées. La confrontation avec Tom attendrait un autre moment.
Mais la confrontation avec son colocataire n'eut pas lieu le jour suivant. Ni le jour d'après par ailleurs. En fait, les deux sorciers s'évitèrent pendant une semaine. Ils ne s'échangeaient que le minimum de mots possible, et évitaient de se retrouver en même temps dans leur salle commune. Tom en profitait pour approfondir le sujet des voyages dans le temps, tandis que Hermione s'occupait de ses tâches de préfète en chef. Elle avait un peu négligé son travail pendant le début de l'année, obnubilée par ses cauchemars et par ses parents. Blaise Zabini avait dû s'occuper de la plupart des événements tout seul, et elle se sentait coupable. Mais le serpentard ne lui avait fait aucune remarque. Cependant, le bal de la St Valentin approchait à grand pas, et elle voulait prouver à Blaise qu'elle ne prenait pas ses tâches à la légère en le rendant le plus féérique possible.
Les deux préfets en chef s'étaient donnés rendez-vous dans la Grande Salle un après-midi, pour développer les prémices du bal. Ils décidèrent que ce dernier romprait avec le traditionnel bal dans la Grande Salle, et qu'il prendrait lieu dans l'immense parc de Poudlard. Restait à savoir comment organiser le tout. Ils furent confrontés à plusieurs problèmes, comme l'herbe qui tâcherait forcément les robes ou encore le froid du mois de février. Mais ils trouvèrent rapidement les solutions qui s'imposaient, et le plan général du bal fut vite terminé. Les deux jeunes décidèrent de s'occuper du reste, autrement dit la nourriture, des décorations ainsi que de la musique, dans les trois semaines qui leur restait.
Parallèlement, les tensions entre Tom et Hermione ne s'arrangeaient toujours pas. Cette dernière ne comprenait pas la réaction de son colocataire. Après tout, ce n'était pas lui qui avait vécu ce cauchemar, au sens propre comme au sens figuré. A chaque fois qu'elle se couchait, Hermione revoyait le visage de Lucius Malefoy. Elle repensait à son rire cruel, à son visage emplit de satisfaction. Et elle n'attendait qu'une chose : pouvoir enfin se venger. Cette occasion lui fut donnée par la directrice le vendredi vingt janvier.
Ce jour là MacGonagall la convoqua alors qu'elle se trouvait en plein cours de potion de Mr Taylor. Elle quitta la leçon avec l'accord du professeur, et se rendit alors dans le bureau de la directrice. A la vue du sourire exténué de la vieille dame, elle comprit qu'elle avait son ticket d'entrée pour la prison d'Azkaban. Elle devait partir tout de suite pour la prison des sorciers, car l'autorisation d'y aller était rarissime, et le Ministre de la Magie voulait que ce soit fait le plus vite possible et sans esclandre. Heureusement que le nouveau ministre était Kingsley, ancien membre de l'Ordre du Phénix. Il leur avait grandement facilité la tâche pour obtenir ce laisser-passer.
La directrice l'accompagnait dans son périple. Elles devaient tout d'abord transplaner jusqu'à un village du bord de mer, avant de prendre un bateau qui avait spécialement été dépêché pour les amener à la prison. L'usage de magie était très limité une fois en mer, car le Ministère avait créé une sorte de bulle autour de la prison qui empêchait l'usage de magie. Seuls les gardes de la prison avaient une dérogation spéciale pour s'en servir, mais ils n'étaient que peu nombreux et étroitement surveillés. Hermione était quand même soulagée de voir que les détraqueurs ne gardaient plus la prison. Kingsley faisait vraiment un bon ministre, il avait amélioré les conditions de la prison, jugée inhumaine par tous. Il avait en plus créé plusieurs districts dans la prison selon la gravité des crimes commis. Hermione avait appris tout cela dans les journaux. C'était la première fois qu'elle se rendait dans la prison, et elle espérait que ce serait la dernière.
Le voyage se déroula sans encombre, mis à part un léger mal de mer pour la directrice. Cela eut le don d'amuser Hermione et d'apporter un peu de légèreté dans leur périple, car la suite fut très dure psychologiquement pour la jeune femme.
Le bateau se retrouva en vue de la prison en fin d'après-midi. Le soleil était caché sous de lourd nuages, et une fine pluie s'abattait sur le bateau, rendant la visibilité incertaine. On pouvait cependant distinguer la prison, bâtiment d'un noir d'encre. La prison était en fait une tour gigantesque, d'une centaine de mètres de hauteur. On ne pouvait donc pas la rater, malgré le brouillard qui l'entourait. Nulle fenêtre ne venait percer l'édifice. Hermione songea que les prisonniers ne devaient pas voir la lumière du jour, avant de réaliser qu'il existait des fenêtres magiques. Elle n'eut pas le loisir de pousser plus loin ses réflexions, car déjà ils accostaient sur le ponton de bois.
Un gardien vint les accueillir. La directrice et son élève tentèrent de lui adresser de vagues salutations, avant de réaliser que l'homme était muet. Il leur expliqua par des gestes que tous les employés de la prison avaient la langue coupée. Quand Hermione tenta d'en apprendre plus le gardien secoua la tête, et arrêta de répondre à ses questions. Apparemment c'était une obligation pour les gardiens d'Azkaban depuis des années comme lui expliqua MacGonagall. Cependant la directrice ne pensait pas que cette méthode était encore appliquée. Le gardien les fit pénétrer dans le bâtiment. La première chose qui frappa la brune fut l'obscurité. La prison n'était pas éclairée par la lumière du jour, aussi on avait disposé des torches le long du corridor à l'entrée pour apporter un peu de lumière. Cependant les torches n'éclairaient que d'une lumière faiblarde, et la progression des sorcières dans le couloir était incertaine. Le gardien semblait être rompu à ce genre de parcours dans les ténèbres, et avançait à un rythme soutenu. Au bout de cinq minutes de marche, ils arrivèrent dans un immense hall. La pièce était mieux éclairée, mais n'était pas plus réconfortante pour autant. Il y faisait froid, et Hermione fut prise à la gorge par une odeur de renfermé. Le hall était humide, et la jeune femme se surprit à frissonner.
Elle observa la composition de la pièce. Des tables rudimentaires étaient alignées dans la majorité de la salle. Le bois qui les composait était fendu, et la plupart des tables portaient des inscriptions. La brune échangea un regard avec la directrice, qui semblait elle aussi choquée des mauvaises conditions dans lesquelles vivaient les prisonniers. Hermione voulu se pencher pour tenter de déchiffrer les mots gravés sur la table, mais le gardien lui tapota l'épaule pour lui demander de le suivre. Il traversa la salle, les deux femmes sur les talons. Ils atteignirent bientôt une grande porte, qu'ils franchirent. Deux gardes les attendaient là-bas. L'homme qui les avait accompagnés leur fit un signe de la main, avant de se retirer. Il se dirigea vers une autre porte, qu'il franchit en une fraction de seconde. L'un des deux gardiens tendit une carte à la directrice avec ce qui semblait être un plan dessus. Il indiqua d'un geste un point sur la carte, la cellule de Lucius Malefoy. Il était dans le district des prisonniers condamnés aux plus grosses peines : « l'aile des meurtriers ». Elle se trouvait tout en haut de la tour. Les deux gardes les menèrent à un ascenseur qui semblait dater de plusieurs années. Le métal était rouillé, et pendant l'ascension il ne cessa de grincer d'un bruit inquiétant. Plus ils montaient les étages, plus les prisonniers étaient bruyants. Quand Hermione arriva à l'aile des meurtriers, elle remarqua que certains prisonniers hurlaient comme des déments. Elle supposa que leur traitement devait être plus dur que celui des autres détenus.
- Mademoiselle Granger, nous vous laissons ici, indiqua la directrice.
Ils étaient arrivés devant le couloir des meurtriers les plus dangereux. La cellule de Lucius Malefoy y avait une place privilégiée. La brune adressa un regard terrifié à la directrice, qui la rassura.
- La cellule de Mr Malefoy a été préparée. Vous serez séparés par une grille magiquement protégée. Il ne pourra pas vous atteindre.
- D'accord.
Hermione surmonta sa peur, et s'engouffra dans le couloir mal éclairé des criminels les plus dangereux. Elle examina les pancartes épinglées sur les portes, avant de trouver celle qui l'intéressait. « Lucius Malefoy - D X09153. Condamné à perpétuité » Elle se prit la peine de toquer, avant de rentrer. La cellule était elle aussi mal éclairée. Aucune fenêtre magique ne venait égayer l'endroit, seule une lampe de chevet apportait de la lumière à cette pièce sinistre. Elle repéra très vite les cheveux blonds argentés de Lucius Malefoy. Il était assis sur son lit, et la regardait d'un air curieux. Il avait affreusement maigri. Ses joues étaient émaciées, et laissaient apparaître des pommettes saillantes. Une fine barbe recouvrait son visage, et ses cheveux étaient sales et emmêlés. Lucius Malefoy représentait toute la décadence des Sangs Purs.
- Mademoiselle Granger, siffla-t-il. Je ne m'attendais pas à votre visite.
- Bonsoir.
Elle prit place sur la seule chaise de la pièce. Elle se sentait rassurée par la grille qui les séparait, mais ne voulait pas s'approcher de l'ancien mangemort.
- Que me vaut cet honneur ? J'imagine que ce n'est pas qu'une visite de courtoisie..
- Non, en effet, répondit Hermione. Je viens vous poser quelques questions.
- Chaque réponse a son prix, mademoiselle Granger.
La jeune femme le fixa. Evidemment, elle ne pouvait pas s'attendre à une collaboration de Malefoy sans lui avoir proposé quoi que ce soit. Mais elle y avait pensé, et s'était préparé en conséquence.
- J'imagine bien. Je vous propose un marché : si vous acceptez de répondre, et je vous installe une fenêtre magique dans votre cellule. De plus, pour chaque réponse donnée, vous aurez un objet en échange. Cela vous convient-il ?
Le blond la regardait d'un air ébahi. Il hocha la tête, indiquant son approbation.
- Bien. Je ne vais pas tourner autour du pot. Je sais que vous avez lancé un sort au seigneur des ténèbres, avant votre emprisonnement. A cause de ce sort il a été envoyé dans notre époque, et nous sommes liés. Je veux savoir quel est ce sort, et comment le rompre.
Lucius Malefoy éclata d'un rire de dément. Hermione était morte de peur. Son rire lui rappelait tellement cette nuit là.. Mais déjà le prisonnier se reprenait.
- Alors il a marché, hein ? C'est un sort de mon invention. Je ne lui ai pas encore donné de nom si vous voulez tout savoir. Quant au contre-sort il va falloir que vous le trouviez par vous-même. Nous en sommes à deux réponses, c'est bien cela ?
Hermione grogna, et lui lança un sandwich ainsi qu'un livre d'un auteur en vogue dans le monde des sorciers. Il se saisit du sandwich et mordit dedans à pleine dents. La jeune femme reprit le cours de ses questions.
- Quels sont les effets de ce sort ? Avez-vous pris des notes sur son élaboration ?
- Ce sort était censé amener le seigneur des ténèbres dans mon époque, et lui faire vivre sa plus grande peur. Je voulais le tuer quand il reviendrait, mais je me trouve dans l'impossibilité de le faire, comme vous pouvez le remarquer. En tout cas, tous les processus de l'élaboration de ce sort se trouvent dans un carnet.
Il jeta un regard à Hermione, qui saisit le message. Elle lui envoya une lampe de chevet magique, ainsi qu'un carnet et une plume à papote.
- Où se trouve ce carnet ? demanda-t-elle
- Dans mon manoir. Plus précisément dans la cachette secrète de mon bureau. Je vous laisse le soin de le trouver.
La brune lui envoya un paquet de gâteaux avant même qu'il ne lui réclame quoi que ce soit. Elle réfléchit quelques secondes, pour envisager des questions qu'elle aurait pu oublier. Mais elle ne voulait pas donner plus de confort à Malefoy qu'il n'en avait déjà. Elle ne lui posa donc pas les questions qui lui taraudaient l'esprit depuis des mois, et se contenta de jeter un sort en direction du mur opposé. Une fenêtre magique apparut, dévoilant la mer. Heureusement que le Ministre lui avait donné une dérogation, sinon elle n'aurait jamais eu de réponses.
- Bien Monsieur Malefoy. Je suis une femme de parole, vous avez eu ce que je vous avais promis. Merci de votre coopération.
Elle se leva promptement de sa chaise, et se saisit de son sac à main resté par terre. Il n'était pas question de rester une seconde de plus dans cet endroit maudit, en sa compagnie. Elle jeta un coup d'oeil en direction de Lucius Malefoy. Il s'était approché de la fenêtre, et regardait le paysage qui était représenté. Il éclata d'un rire hystérique à la vue de la mer déchaînée. Hermione partit sans attendre, le rire du mangemort résonnant encore dans ses oreilles.
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N'oubliez pas de répondre : pour ou contre un lemon ?
