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Malentendu
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L'oreille. Le cartilage. Le lobe.
La mâchoire maintenant. L'aile du nez. Un temps d'arrêt sur les lèvres entrouvertes, gonflées. Un baiser doux d'abord, comme pour goûter la bouche offerte, puis une intrusion littérale, la langue s'insinue profondément dans la cavité buccale dont ne s'échappe qu'un gémissement étouffé. Elle explore, conquit, s'approprie le moindre recoin, danse avec sa jumelle. Puis se retire, trop vite.
La langue poursuit son chemin, laissant une traînée de salive sur l'épiderme partiellement découvert. La racine des cheveux. La pomme d'Adam. L'arrondi de l'épaule. La chemise de lin gêne l'avancée de la caresse. Un grognement irrité et un coup de griffes plus tard, la chemise de lin n'est plus qu'un vieux souvenir.
Il sent, hume, respire. La chair parfumée océan. La ligne plongeante du sternum. Le tracé masculin de la poitrine.
– Ah…
L'un des tétons vient d'être pris en bouche pour être suçoté férocement. Les dents jouent à le mordiller, comme pour tester son degré de sensibilité.
– Aie ! Mais tu m'fais mal, enfoiré !
– Mauviette.
– Pff…
Le dessin ferme de la hanche. La cambrure virile des reins. La ligne de poils blonds du nombril. Le galbe de la cuisse. Le rebondis des fesses. Le sexe provocateur érigé vers le ciel.
– Nnn… ah !…
La bouche a fondu entre les jambes fébrilement ouvertes. La langue a découvert un nouveau terrain de jeu.
– Tu t'es bien foutu de moi… C'est ce que tu as dit… juste avant…
Le bretteur ne lève pas les yeux vers lui, poursuivant sans relâche ses mouvements de succion. Un spasme fait vibrer son partenaire blond au supplice, mais qui parvient à articuler dans un ultime effort :
– « Je vais te bouffer »… Je l'avais pas… compris comme ça, moi…
Bah oui... Souvenez-vous dans le chapitre Hallucination, Zoro avait parlé de "bouffer" Sanji s'il s'approchait à moins de dix mètres de lui... Gneck gneck.
