Auteur : Zoemathemata
Personnages/couples : Dean x Castiel
Rating : M – gardez le rating en tête –
Spoilers : /
Disclaimer : Aucun mal et aucune atteinte à la loi voulue.
Titre traduit : Gravité Métaphysique
Traductrice : Marple-Juice.
Bêta-lectrice : Mama-Marple
Vous pouvez retrouver le lien vers la fanfiction originale dans mon Livejournal (lien dans mon profil)
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! Attention, le rating de cette fanfiction est M !
J'enverrai la série de vous reviews à Zoemathemata après la mise en ligne du chapitre suivant. Si vous voulez laisser un mot personnalisé à son attention alors que nous sommes à mi-parcours, c'est le moment ^_-
Chapitre 12 – Chuck Shurley, Meilleur Ami du Vampire Pour la Vie.
Cela ne manquait pas vraiment à Chuck d'être un restaurant sur pattes pour un vampire. Pas vraiment.
D'accord, peut-être que si. Juste un peu. Mais ce n'est pas ce que vous croyez.
Il savait que c'était flippant et malsain. Bizarre et peu naturel.
Mais il s'y était en quelque sorte habitué.
Si vous lui aviez posé la question, il aurait juré détester ça. Et c'était le cas. Il déteste ça.
C'était juste que ça lui manquait. Juste un peu. Quelque part au fond de sa tête où personne n'y allait et d'où aucune pensée ne filtrerait.
Et peut-être, juste peut-être, que les discussions qui suivaient les repas lui manquaient. Eh bien, Castiel parlait et Chuck l'écoutait simplement mais qu'importe. Ça lui manquait. C'était… spécial. Ça lui donnait l'impression d'être spécial.
Il aimait en quelque sorte d'être spécial.
Il l'était toujours d'une certaine manière. Il était toujours le seul qui connaissait la véritable nature de Castiel. Mais ce n'était pas la même chose.
Il n'était pas jaloux de Dean. Il ne l'était vraiment pas. Ce n'était pas comme ça. Ce que Dean avait avec Castiel n'avait aucun rapport avec ce que Chuck avait. Il ne pensait pas à Castiel de cette façon. Seigneur, non. Ce serait… eh bien, bizarre serait un euphémisme. Et il n'était pas envieux non plus parce qu'il ne voudrait pas de ce que Dean et Castiel partageaient.
En plus, il avait en quelque sorte sa petite affaire avec Becky. Ils avaient dîné ensemble la nuit dernière et lorsqu'elle avait découvert tout ce qu'il avait fait pour Castiel, elle avait semblé vraiment impressionnée. Elle semblait l'apprécier et il l'appréciait et c'était nouveau et un peu dingue.
Mais il aimait être près de Castiel, sa présence calme qui imposait le respect. Lorsque Chuck était près de lui, il avait l'impression qu'il n'avait pas à s'inquiéter de quoi que ce soit. Que tout allait se faire. Qu'on allait s'occuper de lui. Et c'était agréable.
Alors lorsque Castiel l'appela, lorsque Chuck sentit l'attraction constante contre son cerveau, la sensation dans son crâne qui signifiait viens à moi viens à moi viens à moi il laissa littéralement tomber ce qu'il faisait, ses assiettes se brisant dans l'évier avec la force de la chute, et partit pour Collinwood.
C'était le milieu d'après-midi, qui commençait à s'étirer sur le début de soirée, le moment de la journée où les gens partaient d'un endroit pour se rendre à un autre, essayant de terminer tout ce qu'ils voulaient accomplir dans la journée.
Il faisait beau, donc Castiel ne sortirait pas.
Il s'était bien accoutumé aux réserves de la banque de sang, pensa Chuck. Ils n'en avaient pas vraiment parlé, mais il ne semblait pas ne pas s'y accoutumer, alors l'absence d'une mauvaise réaction devait être considéré comme une bonne chose.
Il se précipita à la porte principale et tapa d'un coup sec sur la porte. Elle s'ouvrit, de sa propre volonté semblait-il, mais alors que Chuck entrait et laissait ses yeux s'ajuster à la faible lumière, il vit Castiel qui se tenait derrière la porte.
« Charles. »
« Je suis venu dès que vous m'avez convoqué. »
« Bien sûr. Merci. »
La porte se referma derrière lui et ils demeurèrent dans la lumière partielle que les fenêtres de verre laissaient entrer.
Chuck se tut alors que Castiel le conduisait dans son bureau, en bas du long couloir, juste avant la porte de la cuisine. Il attendit que Castiel prenne place dans l'une des grandes chaises devant la cheminée et il se percha joyeusement sur l'un des repose-pieds, le rapprochant juste un peu plus près de la chaise de Castiel.
« Que puis-je faire pour vous ? »
« J'ai réfléchi. »
Chuck hocha la tête et attendit patiemment que Castiel continue.
« Est-ce que tu connais la façon dont je suis devenu la créature que je suis ? »
Chuck hocha la tête un peu plus lentement cette fois, baissant les yeux un instant. « Oui, » dit-il calmement. « J'ai… eu un… rêve. Je vous ai vu avec Dean. Et une femme… une sorcière… Ruby. »
« Oui. Ruby. » La voix de Castiel était devenue froide, du ton bas et glacé qu'il n'utilisait plus que rarement en présence de Chuck.
« Et Dean… Eh bien… Je l'ai vu mourir, » termina calmement la voix de Chuck.
« Tu m'as vu le tuer, » dit Castiel. Sa voix était teintée d'un calme étrange. Ce n'était pas un ton réconfortant.
« Oui, je veux dire non. Enfin… J'ai vu ce que vous avez fait. J'ai vu ce que vous avez essayé de faire. Ce n'était pas votre faute. » Les yeux de Chuck étaient grands ouverts en flaques de sympathie alors qu'il levait le regard vers Castiel. Castiel avait fermé les yeux. Chuck aurait très bien pu parler de la météo que Castiel aurait montré le même degré d'émotion.
« J'étais fou de croire Ruby. Même de considérer que je pourrais faire un pacte avec elle. »
« Elle vous a trompé. Ce n'était pas votre faute, » répéta Chuck.
Les yeux de Castiel firent s'affoler le cœur de Chuck comme celui d'un lapin. « Je savais ce qu'elle voulait. Je savais ce qu'elle était. J'ai malgré tout fait un pacte. La seule surprise était que j'étais assez fou pour la croire. »
« Eh bien, » dit calmement Chuck. « Vous vouliez la croire. Vous étiez désespéré. Elle en a tiré parti. »
« Elle a tout orchestré, n'est-ce pas ? » Questionna Castiel, ses iris bleus interrogeant Chuck.
Chuck fit un signe de tête. « Oui. Elle est responsable de l'accident. »
Ce fut au tour de Castiel de faire un signe d'acquiescement. « Je l'avais suspecté, mais je n'avais aucun moyen de le confirmer. Mais, » dit-il en prenant une bouffée d'air frais. « Ce n'est pas la raison pour laquelle je t'ai convoqué. Je requiers ton assistance. »
Le cœur de Chuck se gonfla de fierté à cette phrase. « Bien entendu, oui. De quoi avez-vous besoin ? »
« À part moi, toi seul connait la manière dont je suis devenu ce que je suis. »
Castiel s'interrompit comme s'il était effrayé de ce qu'il allait dire ensuite.
« Je voudrais que tu m'aides à trouver un moyen d'annuler cela. »
« Est-ce que… Enfin, vous devez penser que c'est possible, autrement vous ne demanderiez pas, mais… »
« J'ignore si c'est possible. Je l'espère. »
« Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir, vous le savez. Par où voudriez-vous que je commence ? »
« Ruby. J'ai besoin que tu mènes des recherches sur Ruby. Je peux te donner les noms de sa famille immédiate, peut-être même quelques-unes de ses accointances. Mais je voudrais que tu parcoures les archives de la ville et que tu trouves ce que tu pourras. Trouver ce qui est arrivé à ses possessions après sa mort. À cette époque, ça ne m'importait que très peu, mais si cela était possible de tracer ce qui lui appartenait… Ce serait le meilleur point de départ. »
Chuck hocha la tête. « Hum, oui, » dit-il, son cerveau marchant à toute vitesse, se demandant comment il allait pouvoir faire tout ça. « Je peux commencer par ça, certainement. »
« J'aimerais mener les recherches moi-même, donc je voudrais que tu me procures un ordinateur et que tu m'instruises ensuite sur l'utilisation de l'internet. »
Chuck cligna des yeux. Cette conversation devenait tout à coup surréelle.
« Et si je suis capable d'acheter des choses, il me faudra une carte de crédit. » Castiel dit le mot lentement, sa bouche formant les sons inconnus. « On peut en obtenir une à la banque, c'est cela ? »
« Oui, hum, normalement il faut y aller et remplir les formalités, mais vous avez sans doute assez d'argent pour qu'ils viennent à vous. Je vais me renseigner. »
« Excellent. »
« Vous ne… Enfin, vous ne voulez pas être un vampire ? » Les mots étaient sortis de sa bouche avant qu'il ne puisse les arrêter. « C'est juste que… L'immortalité et la force. Le pouvoir. »
« Je suis une abomination de la nature. Le pouvoir et la force, » il fit un geste de la main d'un air dédaigneux. « Ce sont des choses bien triviales. Elles ne veulent rien dire. L'immortalité est… Quelque chose que je ne souhaiterais même pas à un ennemi. C'est un long effort vers un futur où tous ceux qu'on aime, tous ceux qu'on connaît, tombent de fatigue en cours de chemin et on reste seul, marchant, regardant le passé pourrir derrière nous. »
« Oh, je… Oh, » souffla Chuck maladroitement. « Je croyais… Je croyais que peut-être… Parce que vous êtes si puissant, et toute ma vie j'ai toujours été juste Chuck Shurley, et personne ne me remarquait vraiment, mais les gens vous remarquent. Ils veulent que vous les remarquiez et c'est… Je n'ai jamais eu ça. »
Castiel s'interrompit pour réfléchir à ces mots. Il ne les écarta pas immédiatement d'un geste de la main et Chuck se sentit plus assuré de l'avoir dit.
« Je ne peux être certain si les gens me remarquent ou remarquent mon étrangeté. Des fois, les gens s'enivrent de mon pouvoir, et je dois me battre pour me rappeler qu'ils ne me connaissent pas. Ils ne savent rien de moi, et pourtant ils sont à mes pieds. Ça peut être… trompeur. Et cette habilité m'a coûté un prix terrible. »
« Croyez-vous… Croyez-vous que vous pourrez redevenir normal ? » Chuck fit tourner ses mains. « Enfin, remède mise à part. »
« C'est une question que je me suis posé bien des fois. Puis-je redevenir tel que j'étais, ou la connaissance de ce que je peux devenir se présentera-t-elle à moi ? Je ne souhaite que devenir normal. Je désire des choses simples que les gens ne remarquent même pas. Le besoin d'acheter de la nourriture, le besoin de dormir. Par-dessus tout, je désire ne plus être seul. La profonde nature de ce que je suis est une créature solitaire. Comment puis-je avoir réellement des amis, une famille, un amant, si je suis immortel et coupé de tous ? »
Chuck tripota un fil déchiré de son jeans. « Oui, je comprends. Enfin, visiblement je ne le comprends pas… Parce que je ne suis que Chuck. Chuck Shurley, mais… Je… Vous êtes resté seul bien longtemps. Non ? » S'extasia-t-il.
« Oui. C'est le cas. »
Chuck mit ses épaules en carré. « Très bien alors. Trouvons un remède. »
