Bien le bonjour, mes chères lectrices ! Ou lecteurs si jamais il y en a qui se sont perdus dans cette histoire ^^
J'ai une grande annonce à vous faire ! Eh oui, après des jours, voir même des mois d'efforts et de dure labeur, j'ai enfin fini cette histoire ! Résultat, les chapitres seront désormais publiés une semaine sur deux, n'est-ce pas génial ?
Aussi, pour les amatrices de 1827, je suis profondément désolée mais il n'y aura pas de lemon. Cette histoire est et sera du pur et dur Shonen-aï.
Voilà~ Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !
Le soleil ne s'était toujours pas levé et Tsuna s'étira avec délice dans son lit, profitant de son mieux de la sérénité inhabituelle. Néanmoins, ce bref moment de calme fut rapidement brisé lorsque la porte de sa chambre vola en éclats et qu'une bouille familière apparut à l'entrée.
Tsuna sursauta de surprise face à la destruction de sa pauvre porte et poussa un petit cri en sentant un bras s'enrouler autour de sa poitrine pour l'empêcher de tomber de son lit. Fronçant ses sourcils, il ne se souvenait pas avoir invité quelqu'un dans son lit, l'adolescent se retourna lentement et écarquilla ses yeux en croisant le visage endormi de l'occupant supplémentaire de sa couche.
- HIIIIIIE, hurla de toutes ses forces le petit brun en jaillissant hors de son lit.
Il se retrouva sur l'arrière-train, tremblant de toutes ses forces et fut rejoint par la personne qui avait fait exploser sa porte.
- Tsuna-nii, demanda avec inquiétude la nouvelle-venue, Que t'arrive-t-il ?
- U-Uni, bredouilla le plus âgé en regardant avec surprise l'enfant. Que fais-tu ici ?
La petite gonfla ses joues avec exaspération et croisa résolument ses bras devant sa poitrine.
- Je ne répondrai qu'une fois que tu auras répondu à ma question, fit-elle en tapant du pied avec agacement.
Tsuna leva ses yeux au ciel et eut un petit sourire amical. Il se redressa et ébouriffa avec affection les cheveux sombres de sa petite sœur avant de prendre la parole.
- Je me suis juste surpris en voyant qu'il y avait une autre personne dans mon lit, expliqua-t-il en haussant ses épaules. Pas de quoi fouetter un chat.
Les yeux bleus clairs de l'enfant virèrent à l'acier alors qu'elle jetait un regard meurtrier à l'occupant surprise du lit de son grand frère.
- Oï, grogna-t-elle en donnant un violent coup de poing au dormeur, T'es qui ?
Le lit se fendit à l'endroit où sa main avait heurté le matelas et l'individu se contenta d'entrouvrir paresseusement ses paupières avant de bailler largement.
- ...
Uni plissa ses yeux lentement avant de sourire avec un air qui donna des frissons à Tsuna. Ce dernier reconnut sans problèmes l'expression de l'enfant et s'empressa de se mettre entre le dormeur et la jeune pour empêcher que celle-ci ne le tue.
- Ne t'inquiètes pas, Uni, dit-il en secouant ses mains dans les airs comme pour chasser une mouche, C'est juste Enma, mon garde du corps.
L'enfant sursauta, comme piquée au vif, et se tourna vers Tsuna pour saisir avec ses petits poings le large T-shirt qu'il portait pour dormir.
- Mais..., commença-t-elle en se mordant les lèvres, Pourquoi ? Tu n'as jamais eu besoin de gardiens !
Les yeux bruns de l'adolescent s'adoucirent et il enlaça le corps de l'enfant pour ensuite lui chuchoter à l'oreille.
- Je sais que vous me protégez tout le temps. Mais je ne veux pas que vous soyez blessés. De plus, ajouta-t-il en riant nerveusement, Hibari-san l'a ordonné.
Les yeux larmoyants de la petite se séchèrent et elle hocha lentement sa tête avant de se tourner vers Enma. Ce dernier ayant fermé ses yeux depuis belle lurette, Uni ne se retint pas de lui donner une violente rouste pour le réveiller.
Ouvrant brusquement ses yeux, l'adolescent aux cheveux rouges tomba sans aucune élégance du lit et emporté par son élan, se retrouva sur le corps tétanisé de Tsuna. Ce dernier avait fermé ses yeux sous la surprise et les entrouvrit pour les refermer aussitôt en remarquant à quel point le visage d'Enma était proche du sien.
Réprimant son envie primaire de crier comme une pucelle au viol, Tsuna se contenta de repousser avec force le corps toujours embrumé par le sommeil de son garde et se releva en époussetant son large T-shirt.
- Erm, hésita après un long silence le brun, Que fais-tu ici, Enma ?
- ..., l'autre adolescent le regarda sans prendre la parole avant de se lever pour retourner sous la couette. Surveillance.
- Mais pourquoi dans mon lit ?, cria avec exaspération Tsuna.
Enma ne répondit pas et sembla se rendormir. Uni fronça ses sourcils et s'empressa de réveiller à nouveau l'adolescent en faisant se rencontrer sa petite main et le front du garçon. Le roux sursauta et entrouvrit ses yeux.
- Quand on dort, on est sans défenses, expliqua lentement le gardien de sa voix morne.
Tsuna résista à l'envie de s'arracher les cheveux et soupira longuement. Il leva ses yeux vers la petite fenêtre de sa chambre et faillit s'étrangler avec sa salive lorsqu'il vit que le soleil était déjà haut dans le ciel.
- HIIIIIE, hurla-t-il en courant vers son armoire pour se changer au plus vite, Je vais me faire mordre à mort !
Il sortit en coup de vent de la chambre et les deux jeunes qui y restèrent soupirèrent à leur tour. Uni se tourna vers Enma et le regarda avec ses yeux qui virèrent à nouveau à l'acier.
- Que fais-tu ici ?, demanda-t-elle avec une voix menaçante.
Le roux se gratta lentement les cheveux avant de sortir du lit pour se diriger vers la chaise où étaient pliés ses vêtements.
- Je suis ici pour le garder en vie, répondit-il en boutonnant soigneusement sa chemise. Mais je ne prendrais pas part à ce combat.
- Je vois, murmura lentement Uni en hochant sa tête. Que penses-tu de lui ?
Ayant fini de s'habiller, Enma se dirigea vers la porte et s'arrêta à l'embrasure de celle-ci, ses épaules basses et son dos courbé. Sa main droite alla dans sa poche et s'enroula fermement autour du Péché Vongola. Bien que le sang que contenait la fiole ait été versé l'autre soir, l'adolescent ne pouvait se résoudre à jeter le récipient.
De vagues images du visage sérieux et décidé de Tsuna lorsque ce dernier lui avait remis le Péché passèrent derrière les yeux clos du roux et il soupira lentement.
- Le plan marchera avec lui, chuchota-t-il en sortant de la pièce.
Uni sourit tristement et se pencha pour faire le lit du garçon qui était la clé de voûte de son plan.
- Je suis désolée, Tsuna, fit-elle en lissant les couvertures alors que des larmes perlaient au coin de ses yeux. Mais je dois le faire pour venger ma mère.
Courant de toutes ses forces, Tsuna ne se rendit compte de sa chute que lorsque ses fesses heurtèrent, violemment, le sol du couloir où il se trouvait. Levant ses yeux pour savoir contre quoi il s'était écrasé, l'adolescent retint un couinement d'horreur en reconnaissant les cheveux blancs.
- Sawada, s'exclama l'autre joyeusement en se penchant pour l'aider à se relever. Comment vas-tu à l'extrême ?
- B-Bien, bredouilla le brun maladroitement en regardant autour de lui avec nervosité.
Par tous les dieux, il était dans un beau pétrin... Ce n'était pas qu'il détestait Sasagawa Ryohei, mais ce dernier l'effrayait. Surtout avec ses éclats de voix intempestifs et ses mouvements brusques.
- J'ai entendu dire que tu as été kidnappé à l'extrême deux fois, Sawada !, cria joyeusement Ryohei en levant un poing fervent dans les airs. Extrême ! Rejoins le club de boxe !
- Je n'ai pas le temps aujourd'hui, s'excusa fébrilement le brun en secouant sa tête. Je dois aller goûter la nourriture d'Hibari-san...
- Extrême !, conclut le boxeur en hochant sérieusement sa tête avec passion. Je dois aussi voir Hibari à l'extrême ! Marchons ensemble !
Réprimant un cri de désespoir, Tsuna acquiesça et se dirigea en silence vers le bureau du Préfet en essayant de ne pas prêter attention aux cris intempestifs du jeune homme ainsi que les divers défis qu'il lança aux hommes qu'ils croisèrent pendant leur marche. Enfin, une fois devant la porte du bureau, Ryohei parut se calmer et cessa de faire du footing sur place pour prendre une expression plus sérieuse. Il toqua à la porte calmement et entra lorsque le Préfet le leur autorisa.
Tsuna se dirigea vers Hibari et goûta rapidement le plat qui se trouvait devant celui-ci et s'empressa de donner le feu vert à son supérieur. Puis, attendant que celui-ci finisse pour ramener la vaisselle aux cuisines, le brun se mit derrière Hibari et garda le silence. Pendant ce temps, Ryohei s'était avancé vers le garçon aux cheveux noirs et lui avait tendu un rapport épais de plus d'une centaine de pages.
- Le rapport de mon extrême mission dans les extrêmes bas-fonds chinois, expliqua le japonais de sa voix toujours aussi bruyante.
- Hn, se contenta de dire Hibari en avalant une bouchée de riz au miso.
Il déposa ses baguettes soigneusement sur le bol vide et leva ses yeux perçants vers le boxeur. Ce dernier sourit, comprenant sans doute ce qu'attendait son supérieur, et ouvrit le rapport pour montrer une page bien précise. Tsuna se pencha légèrement en avant et écarquilla ses yeux avec surprise en voyant les dessins enfantins qui ornaient la feuille.
Avançant un doigt emmailloté de bandages, le membre du Comité de Discipline désigna l'une des silhouettes en bâtons pour ensuite faire un grand sourire.
- Comme tu le vois à l'extrême, j'étais dans la rue extrêmement principale lorsque deux hommes extrêmement méchants m'ont attaqué.
Son doigt montra cette fois-ci un coin de la feuille où le premier bonhomme-bâton se battait contre deux hommes-bâtons qui avaient des sourcils épais et froncés pour montrer qu'ils n'étaient pas de bonne humeur.
- Mais je les ai extrêmement battus, conclut Ryohei en montrant cette fois-ci le haut droit de la page où deux gribouillis censés être les méchants gisaient par terre pendant que le bonhomme-bâton trônait dessus en levant ses poings dans les airs. Puis, ils ont appelé leurs alliés à l'extrême et j'ai été encerclé à l'extrême !
Cette fois-ci, ce fut le coin droit en bas qui fut désigné et Tsuna écarquilla ses yeux. Il n'y avait plus de bonhomme-bâton, ce n'était plus qu'une sorte de nuage griffonné avec au milieu de celui-ci un point noir.
- Mais je les ai extrêmement battus, finit Ryohei avec un sourire satisfait. Puis, je leur ai conseillé de rejoindre mon club de boxe. Mais ils ont extrêmement refusé !
Son doigt montra un visage triste. Cette expression se refléta également sur les traits du boxeur qui paraissait sur le point de pleurer.
- Ensuite, se reprit le jeune homme en laissant ses larmes couler sans honte, Ils ont parlé à l'extrême en disant un extrême charabia !
Il désigna brièvement un endroit vierge de dessins de la feuille où quelques mots avaient été écrits.
- Comme ce n'étaient que des menaces extrêmement en l'air, soupira Ryohei, J'ai estimé que ma mission était terminée à l'extrême.
Il montra le bonhomme-bâton qui se détournait d'un tas informe, qui devait sans doute être les corps blessés et à terre de ses ennemis, et un sourire fendit son visage enthousiaste.
- C'est alors qu'ils ont fait quelque chose d'extrêmement intéressant, ajouta avec amusement le boxeur.
Le regard d'Hibari s'éclaira et il se pencha en avant pour mieux entendre ce qu'allait lui annoncer l'autre garçon.
- Ils ont tous sorti des anneaux, expliqua ce dernier en montrant le centre de la feuille, et m'ont attaqué à l'extrême !
Tsuna ouvrit largement ses yeux en voyant le bonhomme-bâton entouré de lignes qui s'enroulaient et se brisaient aléatoirement. Ainsi, Sasagawa s'était fait piéger et avait été sur le point d'être brûlé vif...
Cependant, le jeune homme avait l'air en pleine forme et n'avait pas une seule cicatrice.
- Mais, fit alors Ryohei avec un large sourire. J'ai alors utilisé mon uniforme pour arrêter à l'extrême les flammes et j'ai mis tous ces méchants KO à l'extrême !
Il tourna alors la page et Tsuna put voir le bonhomme-bâton avec une main surdimensionnée en signe de victoire.
- Hn, conclut en hochant doucement sa tête Hibari.
- Sur ce, je vais me reposer à l'extrême !, déclara Ryohei de sa voix tonitruante. N'hésite pas à m'appeler, Hibari !
Voyant que le boxeur quittait la pièce et que son supérieur avait fini son petit-déjeuner depuis belle lurette, Tsuna s'empressa de prendre le plateau et sortit du bureau.
Il hâta le pas en voyant que Sasagawa était toujours dans le couloir et le rattrapa. Cependant, alors qu'il allait s'arrêter à côté du jeune homme aux cheveux blancs, ses pieds se prirent dans un pli du tapis du couloir et Tsuna chuta en poussant un petit cri de surprise. Le plateau tomba de ses mains et le bruit de vaisselle brisée retentit dans le couloir vide. Ayant fermé ses yeux lors de la chute en prévision de la douleur qui ne manquerait pas d'arriver, Tsuna les rouvrit lorsqu'il remarqua que cette dernière ne venait pas. Ce fut alors qu'il se rendit compte qu'il était contre une poitrine masculine, un bras musclé enroulé autour de son torse pour l'empêcher de tomber. Rougissant face à sa position rapprochée, Tsuna repoussa doucement Ryohei et baissa timidement sa tête.
- Qu'y a-t-il, Sawada ?, demanda le boxeur d'une voix mesurée pour une fois.
Tsuna secoua sa tête, ne faisant pas confiance à sa voix, et ses yeux se focalisèrent sur la vaisselle brisée qui se trouvait au milieu du couloir. Un gémissement d'horreur franchit sa bouche close et s'empressa de se mettre à genoux pour ramasser les fragments de porcelaine. Une main bandée entra dans son champ visuel et le petit brun sourit timidement à la terreur de son enfance en voyant que ce dernier tentait de l'aider. Ensuite, ils se rendirent aux cuisines en silence et Tsuna se surprit à apprécier ce rare moment de calme en compagnie de l'habituellement bruyant garçon.
Les cuisines étant très occupées pour faire le petit-déjeuner de tous les membres du Comité, Tsuna se contenta de déposer la vaisselle dans un comptoir vide et se dépêcha de sortir de la salle qui était remplie d'animation. Ryohei l'avait attendu à l'entrée et le gratifia d'un grand sourire lorsque le petit brun le rejoint.
- J'ai entendu que tu t'entraînais à l'extrême avec Tête-de-Poulpe, commenta le boxeur en donnant quelques uppercuts dans les airs.
Tsuna hocha la tête en silence, ne comprenant pas où voulait en venir le plus âgé, ni la raison d'un tel surnom pour Gokudera.
- Ça te dit un petit entraînement à l'extrême ?, demanda alors Ryohei avec un sourire gigantesque.
Un grognement franchit la gorge de l'adolescent alors que ce dernier pesait soigneusement ses mots pour savoir comment répondre au boxeur. Il avait déjà vu celui-ci combattre et savait très bien que Ryohei ignorait le sens du mot mesure. Il se donnait toujours à fond dans tout ce qu'il faisait, ce qui faisait que personne n'avait envie de rejoindre son club de boxe. Après tout, même si Ryohei disait que c'était un entraînement, lorsqu'il était sur le ring, ses poings assénaient des coups mortels.
Alors qu'il allait gentiment mais fermement refuser, une main saisit doucement sa manche et Tsuna se retourna pour se retrouver face au visage égratigné de son garde du corps.
- Enma ?, fit avec surprise le brun.
Il aurait pourtant juré que le roux serait resté dans son lit. Après tout, il avait été mordu à mort par Hibari l'autre jour et était toujours en convalescence.
- ..., haleta le garçon en se pliant en deux pour récupérer son souffle. Tsuna.
Ryohei se pencha en avant pour avoir un meilleur aperçu du nouveau venu et sourit en constatant que ce dernier avait la même aura que le petit brun.
- Enma, beugla-t-il en pointant un index vindicatif vers le roux. Bats-toi à l'extrême contre moi et rejoins le club de boxe !
Le jeune Shimon cligna des paupières avant d'ouvrir sa bouche.
- Non.
- Mais pourquoi !, hurla le boxeur.
Enma ne répondit pas et se contenta de resserrer sa prise sur la manche de Tsuna pour l'emmener à sa suite.
- Où va-t-on ?, demanda le brun avec curiosité alors qu'ils laissaient Ryohei derrière eux.
- Reborn, murmura le roux de sa voix faible. Veux te parler.
Tsuna hocha sa tête et se mit au même niveau que son nouvel ami.
Reborn soupira en lisant le rapport que venaient de lui donner ses deux meilleurs agents. Il laissa les feuilles volantes sur son bureau et leva ses yeux sombres vers les jeunes qui étaient assis devant lui.
- Alors, fit l'adulte en caressant un de ses accroche-cœurs.
Gokudera gigota avec nervosité sur sa chaise avant de prendre la parole.
- Plusieurs pics d'activité inattendue sur le vieux continent, dit l'argenté en se raclant nerveusement la gorge. Et...
Yamamoto remarqua que son compagnon ne voulait dire à voix haute la suite et décida de prendre le relais.
- Ils utilisaient tous des anneaux, précisa-t-il en perdant son habituel sourire.
Les yeux noirs de Reborn se plissèrent et il rabattit le rebord de son fedora pour cacher ses orbes dans l'ombre de son chapeau.
- Une idée de l'identité du fournisseur ?, demanda l'adulte.
- Aucune, avoua à contrecœur Gokudera.
- Bien, soupira le tueur en haussant ses épaules. Vous pouvez partir. Dites aux suivants qu'ils peuvent entrer.
Les deux adolescents hochèrent silencieusement la tête et sortirent de la salle de conférence en baissant la tête. Néanmoins, quand ils se rendirent compte de l'identité des personnes qui attendaient dans le couloir, leur préoccupation disparut et ils s'empressèrent de remettre en place leurs masques. Le sourire joyeux de Yamamoto réapparut pendant qu'une grimace colérique se posait sur les lèvres auparavant plissées en une moue inquiète de son ami.
- Gokudera-kun, Yamamoto !, s'exclama avec ravissement Tsuna en leur faisant signe. Vous venez de rentrer ?
- Exactement, rit avec amusement le brun en enroulant un bras amical autour des épaules du plus petit.
- Oï, crétin de base baller, grogna avec animosité Gokudera tout en sortant de petites cartouches de dynamite, Je peux savoir ce que tu fais en étant aussi proche du Dixième ?
- Ha Ha, rit encore plus fort le japonais, Ce n'est rien ! Après tout, nous sommes amis, non ?
- Tche, cracha avec dédain l'argenté. Comme si le Dixième allait s'abaisser à être ami avec un pareil idiot !
- Gokudera-kun !, protesta le Dixième en question. Je ne penserais jamais ainsi !
Tsuna sourit timidement à Yamamoto et à l'autre garçon tout en niant doucement. Puis, la main décidée d'Enma attrapa sa manche et le petit brun se rappela de sa présence dans le couloir et s'empressa de suivre le roux dans la salle de conférence. Les sourires factices des deux membres du Comité disparurent et ils regardèrent avec inquiétude la porte close.
- Dis, Gokudera, demanda Yamamoto en un souffle. Tu crois qu'il va s'en sortir ?
Le métis fronça ses sourcils et sortit une cigarette de ses poches pour ensuite l'allumer. Une fois qu'il eut aspiré sa bouffée de nicotine, ses yeux verts s'assombrirent et il haussa ses épaules tristement.
- Je ne sais pas, chuchota-t-il.
- Je vois, soupira le japonais.
Cela faisait plusieurs minutes qu'ils se trouvaient dans la salle de conférences et Tsuna se sentait sur le point de mourir sur place suite au regard intense que lui lançait Reborn. Enfin, ce dernier cligna des yeux et prit la parole, recevant en échange un soupir soulagé de la part du petit brun.
- Quoi de neuf ?
Enma se redressa sur son siège et entrouvrit ses lèvres avant de les refermer. Ses sourcils se froncèrent et Tsuna soupira en remarquant que l'autre garçon ne savait pas quoi dire.
- Rien, préféra alors dire le brun en se mordillant la lèvre inférieure. Personne n'a essayé d'empoisonner Hibari-san.
Reborn fronça ses sourcils et se pencha en avant sur son bureau pour avoir un meilleur aperçu du garçon aux cheveux ébouriffés. Sa main aux longs doigts de pianistes s'éleva vers le visage du jeune et caressa doucement la joue de ce dernier. Tsuna ouvrit de grands yeux surpris et un sourire narquois naquit sur les lèvres du tueur qui lui faisait face.
- Je ne parlais pas de ça, Tsunaze, le corrigea sèchement Reborn tout en gardant sa main sur la joue du garçon.
- Rien, fit alors Enma de sa voix frêle. Les Millefiore n'ont fait aucune tentative envers Sawada Tsunayoshi.
Les yeux sombres de Reborn s'éclairèrent et il s'éloigna de Tsuna qui se contenta de cligner lentement des yeux, n'arrivant pas à assimiler ce qui venait de se passer.
- Bien, ronronna le tueur en croisant doucement ses bras devant sa poitrine. Maintenant, vous allez...
Ses derniers mots se perdirent dans le fracas de l'explosion qui détruisit le mur de la salle de conférence. Une fumée obscure envahit la pièce et Tsuna sentit des bras le forcer à se jeter au sol pendant qu'un corps chaud environné de flammes rouges le recouvrait.
- Ne bouge pas, conseilla Enma en restant étendu sur lui.
Le brun se contenta de hocher silencieusement la tête, encore sous le choc de l'explosion surprise. Puis, un rire vantard se fit entendre au milieu du bruit de l'eau qui jaillissait des canalisations brisées et Tsuna écarquilla ses yeux en ressentant dans son être le déclic inaudible du cran de sécurité d'une arme à feu que l'on retire. L'adolescent ferma avec résolution ses yeux, faisant entièrement confiance à son ouïe pour l'avertir d'un danger.
- Yo, Reborn, fit alors une voix masculine inconnue.
Une balle fusa et Tsuna frissonna en sentant que l'inconnu avait réussi à éviter le projectile facilement. Cependant, cette balle perdue parvint à dissiper la fumée de l'explosion et l'adolescent put enfin ouvrir ses yeux pour observer son entourage. Il regarda avec surprise et remarqua qu'il se trouvait désormais sous le bureau de Reborn avec Enma au-dessus de lui, le protégeant clairement avec ses flammes étranges qui s'enroulaient autour d'eux sans pour autant les brûler. Tsuna se redressa et put enfin apercevoir le nouveau venu.
Ce dernier était grand, presque de la même taille que Reborn, et avait de longs cheveux noirs indisciplinés qu'il avait probablement tenté de dompter en les nouant en quatre petites tresses qui retombaient sur son torse. Ses yeux verts brillaient avec puissance dans la pénombre de la salle détruite et ses vêtements en cuirs cousus grossièrement montraient néanmoins que l'individu était bien bâti et habitué aux combats à mains nues. Cependant, son trait caractéristique restait sur le fait qu'il portait deux petites cornes qui jaillissaient de sa folle chevelure. Et le fait que des éclairs verts l'entouraient en vrombissant.
Une autre balle sortit du Beretta de Reborn mais elle fut arrêtée net dans sa course par les éclairs qui entouraient le nouveau venu. Ce dernier eut un sourire narquois et ferma son œil droit paresseusement.
- Tu te ramollis, Reborn, constata l'inconnu en continuant à sourire.
Le tueur du Comité fronça ses sourcils et jeta son arme par terre avant de mettre sa main dans sa poche pour en sortir un téléphone portable. Il appuya sur quelques touches et finit par prendre la parole lorsque son interlocuteur décrocha.
- Bonjour, vous êtes bien au numéro de la Société Protectrice des Animaux de Namimori.
- Bonjour, salua Reborn en souriant quelque peu sadiquement au nouveau venu. Ici le Conseiller du Comité de Discipline. Nous avons eu une récente invasion de bovidés et nous espérons que vous pourrez vous en charger.
- Des bovidés..., hésita son interlocuteur en perdant son intonation professionnelle. Des taureaux ?
- Non, fit le tueur en élargissant son sourire. Un veau stupide.
L'inconnu grimaça face à l'insulte et haussa ses épaules tout en plaçant ses mains recouvertes de mitaines en cuir noir dans les poches de son large manteau.
- Je vais te faire ravaler ces mots, grogna-t-il alors que les éclairs se concentraient autour de ses cornes. Je ne suis plus le gamin pleurnicheur que tu connaissais, Reborn !
Les cornes sur sa tête s'agrandirent brusquement et commencèrent à tourner sur place tout en faisant un vrombissement assourdissant. Pendant ce temps, le tueur du Comité se contenta d'arracher un pieds d'une des chaises de la salle et attendit calmement que l'autre fasse le premier pas. L'individu se jeta en poussa un hurlement et les éclairs éblouirent Tsuna qui dut fermer ses yeux face à l'intense lumière que dégageait l'inconnu. Lorsque le brun rouvrit ses yeux, Enma s'était relevé et ses flammes avaient disparu. Reborn était à nouveau assis sur son siège et notait sur l'un de ses rapports sans prêter la moindre attention à l'homme qui était ligoté devant lui.
- Que s'est-il passé ?, demanda Tsuna à voix basse à son garde du corps.
Enma haussa ses épaules et se contenta de murmurer que Reborn avait gagné avant même que l'autre n'ait eu la chance de le toucher.
- Tsunaze, déclara alors Reborn en levant ses yeux de son rapport. Vu que la Société Protectrice ne veut pas de lui, amène cet imbécile aux cuisines et dis à Dino qu'il peut en faire ce qu'il veut.
Le petit brun regarda avec surprise le Conseiller du Comité et se tourna ensuite vers le corps endolori de l'individu qui avait tenté de tuer ce dernier.
- Vous n'allez pas le punir ?, demanda avec curiosité Tsuna.
- Bien sûr que si, sourit alors machiavéliquement l'homme. Être sous les ordres de Dino est la pire punition qui soit.
L'adolescent hocha la tête et sortit de la salle en portant l'inconnu avec l'aide d'Enma pendant que Reborn se replongeait dans ses rapports. Mais, après plusieurs minutes dans le silence uniquement brisé par le bruit de l'eau qui sortait des canalisations brisées, l'adulte se désintéressa des feuilles humides et se reposa contre le dossier de son siège. Ses sourcils se froncèrent et sa bouche se tendit en une grimace douloureuse alors que sa main se portait à son cou, froissant le col de sa chemise hors de prix.
Il haleta difficilement et sentit plus qu'il ne vit la lueur jaune jaillir de son corps pour ensuite environner la salle entière. Enfin, la lumière disparut et il dut attendre quelques minutes avant d'avoir la force suffisante pour se redresser.
Se battre avec ses pleins pouvoirs n'avait pas été une sage décision. Son corps se rebellait maintenant, lui montrant clairement qu'il n'avait pas apprécié le traitement infligé. Reborn caressa distraitement sa gorge, son doigt s'arrêtant sur le collier en argent avant de se recourber sur le médaillon qui en pendait. Il sortit son collier des replis de sa chemise et observa sombrement l'enveloppe de plexiglas qui entourait son médaillon.
Une fissure s'élargit sous ses yeux et l'adulte grimaça en rangeant son collier pour ensuite se concentrer à nouveau sur ses rapports.
- Qu'avons-nous là ?, demanda joyeusement Dino en aiguisant l'un de ses couteaux.
Tsuna déglutit et regarda autour de lui avant d'expirer avec soulagement. Il y avait plusieurs aides qui s'affairaient autour d'eux et le petit brun savait que le cuisinier principal ne serait pas maladroit avec ses camarades dans les entourages. Il resserra néanmoins ses doigts autour du bras de l'inconnu qu'il avait passé autour de son cou pour le porter plus facilement. Enma ayant fait la même chose avec l'autre bras.
- Reborn a dit que tu devais t'en charger, expliqua timidement Tsuna.
Le regard brun du cuisinier s'éclaira et il s'approcha du trio pour saisir doucement le menton de l'inconnu et le dévisagea tranquillement. Un sourire naquit sur les lèvres du blond et il relâcha le visage du jeune homme avant de se tourner vers les deux adolescents qui peinaient sous le poids de l'inconscient.
- Pourquoi ne le laissez-vous pas dans la réserve ?, proposa Dino en montrant du doigt une petite porte qui menait sûrement à la réserve.
Les adolescents hochèrent la tête et se rendirent à la pièce attenante avec un pas pesant suite à la charge qu'ils portaient sur leurs épaules. Enfin, lorsqu'ils jetèrent l'adulte sur les sacs de farines qui étaient amoncelés dans un coin de la réserve, Tsuna soupira avec soulagement et s'effondra à bout de forces à côté de l'inconnu. Ce dernier gigota faiblement et le petit brun poussa une exclamation lorsqu'il fut violemment tiré en arrière, sa tête heurta sans douceur une des armoires à épices. Papillonnant des yeux, Tsuna dut s'y prendre à deux fois avant de reconnaître le visage inquiet d'Enma qui lui fit un sourire désolé tout en lui tendant la main pour l'aider à se relever.
- Que s'est-il passé ?, demanda Tsuna pour essayer de comprendre comment il s'était retrouvé à terre.
- Il a lancé un éclair et je t'ai écarté de sa trajectoire, expliqua lentement Enma.
Le petit brun remercia avec un sourire son garde du corps et se tourna ensuite vers l'homme qui avait tenté de l'attaquer. Ce dernier avait ouvert de grands yeux surpris en constatant où il se trouvait et se redressa subitement en portant ses mains devant son visage. Il poussa une plainte agacée et se tourna ensuite vers les deux adolescents qui étaient restés silencieux pendant qu'il s'affairait dans son coin.
- Où sommes-nous ?, demanda l'inconnu.
- Dans la réserve des cuisines du Comité, expliqua aussitôt Enma de sa voix neutre.
- Pourquoi ?
Aucun des deux jeunes ne répondit et l'homme se laissa tomber sur les sacs de farine en soupirant. Il plia ses bras derrière sa tête et siffla paisiblement tout en fermant l'un de ses yeux. Puis, il tourna légèrement sa tête et ses yeux verts rencontrèrent ceux de Tsuna. Ce dernier retint un frisson en croisant les orbes remplies d'électricité et de puissance de l'adulte et resta immobile. Un sourire fendit le visage harmonieux de l'individu et il se releva pour s'approcher de l'adolescent. Cependant, il ne put s'avancer plus car Enma se mit entre les deux et leva ses yeux rouges vers l'inconnu sans dire un mot.
- Je m'appelle Lambo, déclara alors l'adulte sans plus se préoccuper de l'adolescent aux cheveux de feu.
- Tsuna, bredouilla le petit brun.
Pourquoi l'adulte se présentait-il ? Et pourquoi son aura de dangerosité venait-elle de disparaître complètement, lui donnait désormais l'impression que Lambo était complètement inoffensif ?
- Dis-moi Tsuna, fit alors l'adulte en brisant les pensées de l'adolescent. Qui es-tu pour avoir comme garde du corps l'héritier des Shimon ?
Le jeune regarda avec incompréhension Lambo avant de se tourner vers Enma. Avait-il bien entendu ?
- Tu es l'héritier d'une famille mafieuse aussi puissante ?, demanda-t-il sans oser y croire.
Enma baissa ses yeux et se gratta le bras tout en gigotant sur place. Pendant ce temps, Lambo s'était avancé jusqu'au petit brun et l'adulte se pencha pour avoir sa tête au même niveau que celle de Tsuna.
- Hmmm, marmonna le plus grand en se frottant pensivement le menton. Tes traits me disent quelque chose...
- Je suis sûr que nous nous sommes jamais rencontrés, déclara Tsuna en fronçant ses sourcils tout en reculant pour établir une certaine distance entre eux.
Lambo le regarda avec surprise avant d'éclater de rire. L'amusement du jeune homme surprit l'adolescent et ce dernier regarda avec envie la porte, espérant que Dino saurait mieux s'y prendre avec l'adulte que lui. Et, comme si les dieux avaient entendu ses prières, la porte s'ouvrit, révélant le cuisinier blond.
Ce dernier avait son habituel sourire bienveillant aux lèvres et portait dans ses bras un plat de gigot qui embauma rapidement la salle. Un gargouillement se fit entendre et Tsuna constata avec amusement que c'étaient les ventres d'Enma et de Lambo qui s'étaient manifestés.
- Le plat de Kyoya est sur le comptoir, précisa-t-il en s'avançant vers les deux garçons affamés.
Tsuna hocha la tête vivement et se rendit rapidement vers les cuisines, ne se préoccupant plus de Lambo, son esprit entièrement concentré sur la tâche d'arriver à temps chez le Préfet pour que le plat ne soit pas froid.
Entre temps, Dino s'était accroupi devant Lambo et lui avait donné le gigot. Alors que le brun et le roux mangeaient avec appétit le plat fumant, le blond le regarda avec un air sombre et finit par prendre la parole.
- Je croyais que les Bovino avaient déclaré qu'ils restaient hors de cette affaire, murmura Dino.
Enma continua à manger mais ses bouchées se ralentirent, preuve qu'il faisait attention à ce qui se passait devant lui. Lambo posa doucement sa fourchette ainsi que son couteau et s'essuya soigneusement la bouche. Ensuite, il leva sa tête et ses yeux verts, assombris par le sérieux dont il faisait preuve, rencontrèrent les orbes bruns du cuisinier.
- Les Bovino ne sont plus, déclara lentement Lambo avec une voix grave. Il y a une semaine, une horde d'hommes vêtus de l'uniforme du Comité s'est attaqué à notre maison mère et la Famiglia a été détruite. Les rares survivants cherchent la vengeance...
- Dans ce cas, fit alors Dino en fronçant ses sourcils, Que fais-tu ici ? Pourquoi as-tu attaqué Reborn plutôt qu'Hibari ?
Lambo sourit et recommença à manger. Une fois rassasié, il se redressa et se frotta le ventre avec satisfaction.
- Ta cuisine s'est réellement améliorée, commenta-t-il avec un petit sourire.
- Réponds.
Enma cessa de manger et se tourna vers le membre de l'ancienne famille Bovino, ses yeux brillant avec un éclat meurtrier.
Lambo remarqua les airs sérieux des deux parrains et soupira tout en baissant ses épaules.
- Je ne suis pas idiot, fit-il en fronçant ses sourcils. M'attaquer à Hibari ne servirait à rien. Quant à Reborn, je n'ai pas pu m'en empêcher. Cet imbécile continue à me regarder de haut !
- Je vois, soupira Dino en se relaxant. J'ai craint pendant un moment que tu allais devenir notre ennemi...
- Pourquoi donc ?, s'étonna avec amusement Lambo. J'ai juré loyauté aux Vongola et je ne faillirai jamais à ce serment.
- Il est bon de te revoir, sourit avec affection le cuisinier. Néanmoins, ne crois pas que ta présence ici est bienvenue. Tu as détruit une partie du Comité de Discipline et t'es battu contre le Conseiller. D'après le règlement, tu devrais te faire mordre à mort mais je pense qu'une autre punition te conviendrait...
- Quelle punition ?, demanda Lambo en sentant qu'il s'aventurait dans des territoires marécageux.
- Que dis-tu d'être mon cobaye pour mes nouvelles créations alimentaires ?
- Pardon ?, s'étrangla le Bovino.
- J'essaie de battre Bianchi aux Poisons Cookings depuis des années et je sens que je suis sur le point d'y arriver, expliqua avec une moue contrite Dino. Si j'ai un cobaye, je suis certain d'y arriver !
- Pourquoi moi !, hurla Lambo en s'écartant de son ami d'enfance qui le regardait comme s'il était un gâteau appétissant.
Enma haussa ses épaules et se leva en époussetant son pantalon. Il sortit de la réserve et ignora les cris d'horreur masculins qui en jaillissaient.
Les jours passèrent et ils furent bien vite au début du mois de mars. Le matin, Tsuna se réveillait, généralement dans les bras d'Enma qui dormait paisiblement à ses côtés malgré le nombre de fois que le brun lui avait hurlé de ne pas le faire, discutait avec ses frères et sœur, goûtait le petit-déjeuner du Préfet, s'occupait aux cuisines, discutait avec Lambo de leur condition atroces de goûteurs (quoique celle de l'adulte était pire vu qu'il devait avaler entièrement les atrocités que concoctait Dino) et mangeait ensuite avec le Préfet. Les après-midi étant toujours différents, l'adolescent ne vit pas le temps passer et se retrouva rapidement habitué à l'animation éternelle du Comité de Discipline ainsi qu'aux personnes qui y travaillaient. Il tissa des amitiés avec la plupart des servantes et passa de longs moments à discuter avec Haru et Kyoko, sentant parfois son cœur palpiter lorsqu'il était en présence de cette dernière.
Puis, alors qu'il commençait à croire que toutes les péripéties dangereuses étaient passées et qu'il allait désormais vivre cette tranquillité chaque jour, son quotidien vola en éclats.
Un beau matin, alors qu'il était en train de goûter le déjeuner d'Hibari comme à son habitude, les fenêtres qui se trouvaient dans le bureau explosèrent, couvrant les deux adolescents d'une douche coupante de verre brisés. Tsuna se jeta au sol en poussant un glapissement de surprise et leva ses yeux en entendant un bruit qui lui parut familier. Ses orbes caramel s'écarquillèrent lorsqu'il vit la vision insolite de plusieurs hommes lévitant dans les airs à l'aide de bottes qui émettaient des flammes avec des armes également enflammées dans leurs mains.
- Hibari Kyoya !, hurla l'un des individus en pointant son arme vers le Préfet de Namimori, Nous sommes les Estraneo ! Prépares-toi à encourir notre colère !
L'adolescent se contenta de renifler avec mépris et sortit ses tonfas.
- Pour avoir perturbé la tranquillité de Namimori ainsi que la gravité, murmura sombrement le Préfet en plaçant lentement l'une de ses matraques devant son visage, Vous serez mordus à mort.
Tsuna se recroquevilla sur le sol et ferma ses yeux en entendant les vrombissements des flammes ainsi que le bruit du métal qui heurte la chair. Une vague nausée secoua son ventre vide et l'adolescent sentit subitement sa poche tressauter. Il tendit une main tremblante vers celle-ci et sursauta lorsque ses doigts entrèrent en contact avec une surface rigide et chaude à la fois.
« La boîte-arme » s'étonna Tsuna en serrant dans sa main l'objet qui gigota encore plus fort.
Enma avait bien dit qu'il n'avait pas besoin d'anneau pour ouvrir la boîte, dans ce cas, cela voulait-il dire qu'elle ne s'ouvrirait que si certaines conditions étaient remplies ? Était-ce le fait qu'il était menacé de mort par ces Estraneo qui avait réveillé la boîte-arme ?
Une main se posa sur son épaule et Tsuna se débattit pour s'en libérer mais cessa lorsqu'il croisa les yeux sanguins d'Enma. Ce dernier plaça un index devant sa bouche close et lui fit signe de le suivre. Le brun obéit en silence et ne se tourna qu'une fois qu'il fut à la porte qui gisait à terre en flammes. Ses yeux s'écarquillèrent avec horreur et Tsuna retint une exclamation en voyant que son supérieur était ensanglanté. L'une des armes de ses ennemis avait réussi à l'atteindre à l'épaule droite et sa flamme de la tempête avait aggravé la blessure. Mais, malgré le sang qui coulait continuellement de sa plaie, Hibari continuait à se tenir droit et à se battre contre ses adversaires. D'ailleurs, il en assomma quatre tout en arrivant à blesser les autres.
« Un lion contre des chacals » songea alors Tsuna en remarquant la différence entre les deux camps.
Enma le tira en silence par la manche et l'adolescent brun cessa de regarder le combat de son supérieur pour se concentrer sur sa fuite. Ils coururent dans les couloirs, évitant de leur mieux les débris qui tombaient du plafond et des murs mais durent s'arrêter net quand une silhouette se posta devant eux. Les yeux rouges d'Enma brillèrent et il sauta en arrière, évitant de peu la lame qui avait été dirigée vers sa poitrine.
- Tsuna, murmura alors l'adolescent aux cheveux roux, Ouvre ta boîte-arme.
Le brun le regarda avec incompréhension avant de pousser un hurlement lorsque leur adversaire s'avança vers eux, une épée à main et trois autres à sa ceinture. Soudain, son instinct prit le contrôle et sa main fusa vers sa poche pour en sortir son pilulier. Il en prit deux et les avala sur le champ pendant que l'épéiste inconnu continuait à marcher vers eux. Alors que la flamme orangée naissait sur le front du brun, Enma se jeta sur leur opposant et fit jaillir ses propres flammes pour les entourer tous les deux. Néanmoins, une brume indigo contra sa propre attaque et le roux fut violemment repoussé en arrière, heurtant le mur qui se craquela sous l'impact et le recouvrit de gravats.
Pendant ce temps, Tsuna avait analysé la situation et sentit son amulette chauffer contre sa poitrine. Sans plus y réfléchir, il porta sa main gauche à l'amulette et la droite à sa poche pour en sortir la boîte-arme. Cette dernière gigota une dernière fois et fut soudain recouverte de flammes orangées. Le brun n'y prêta pas attention et tourna ses yeux mortellement sérieux vers son ennemi. Ce dernier avait un visage fin aux cheveux noirs coupés au carré et aux sourcils étonnement courts. Les yeux perçants de l'épéiste rencontrèrent ceux de l'adolescent et celui-ci fronça ses sourcils avant de porter sa boîte-arme à son front. Un immense éclat de lumière en jaillit et baigna les deux garçons. Puis, lorsque la lumière disparut, Tsuna passa à l'attaque.
Sans comprendre pourquoi, il savait que son adversaire était un épéiste redouté qui utilisait les illusions. Alors, n'hésitant pas un moment, il décocha un coup de pied à l'endroit où se trouvait réellement son ennemi pour ensuite se tourner vivement vers sa gauche et parer juste à temps la lame de son opposant. Celui-ci sourit sombrement en voyant les agissements du jeune et sauta en arrière pour dévisager à son gré l'adolescent.
- Je suis Genkishi, déclara calmement l'homme en dégainant une autre épée. Tu es Sawada Tsunayoshi ?
Tsuna hocha la tête en silence et se demanda alors où était passée sa boîte-arme. Depuis qu'elle s'était ouverte, elle avait disparu et il n'avait constaté aucune différence dans son entourage. Puis, alors qu'il venait de penser cela, une voix familière se fit entendre.
« Sawada Tsunayoshi. Cela faisait longtemps. »
« Ieyasu ! » s'exclama mentalement Tsuna en souriant pour lui-même.
Le fantôme lui avait manqué, il était vrai. Mais la présence de ce dernier signifiait également autre chose.
- Grao, rugit alors un félin qui se jeta sur l'épaule de l'adolescent pour ensuite se frotter contre la joue de celui-ci.
-Natsu, sourit gentiment Tsuna en caressant la fourrure du lionceau.
Il flatta encore un peu le flanc de l'animal avant de se rappeler où il se trouvait. Une fois cela fait, ses yeux se plissèrent un peu et il sourit plus sombrement.
- Natsu, répéta-t-il lentement. Mantello di Vongola.
Le félin rugit avec fierté et se transforma lentement sous le regard spectateur de Genkishi qui attendait visiblement que l'adolescent soit le premier à attaquer. Une fois qu'il fut revêtu de son habituel manteau de combat et qu'il eut mis ses mitaines, Tsuna sourit plus franchement, ses dents se dévoilant avec une expression carnassière.
Le combat commença.
Reborn fronça ses sourcils en sentant la flamme du Ciel. Elle brillait avec force et appelait ses compagnes. Il sera son poing autour de son médaillon et se redressa, envoyant au sol l'un de ses adversaires sans même s'en rendre compte.
Dévalant les étages et tuant ses ennemis sans plus y réfléchir, le tueur se plongea dans ses pensées et s'arrêta une fois qu'il fut à l'endroit d'où provenait l'extrêmement pure flamme du Ciel. Ses yeux sombres s'écarquillèrent imperceptiblement sous l'ombre de son fedora et il ne put retenir un sourire satisfait en remarquant que le possesseur de la flamme, Tsuna, était en train de botter les fesses en beauté à l'une des Sept Couronnes Funéraires.
Puis, une explosion retentit dans le bâtiment entier, le secouant dans ses fondations, et Genkishi disparut. Tsuna regarda autour de lui, l'air éberlué, avant de tomber à terre, visible vaincu par l'exhaustion de s'être battu de toutes ses forces.
Reborn s'avança à pas feutrés vers l'adolescent à terre et s'accroupit à côté de celui-ci. Il caressa doucement la joue ensanglantée du brun et sourit pour lui-même. Un fracas se fit entendre et il se tourna pour voir avec surprise des morceaux de gravats léviter dans les airs alors qu'un adolescent s'extirpait de ceux-ci.
- Alors ?, demanda Enma en s'approchant à son tour du corps évanoui de Tsuna.
- Le plan continue, déclara sombrement Reborn en se relevant. La résurrection des Vongola est proche.
- HIIIIIE, hurla la voix douce et mélodieuse d'un adolescent qui courait dans les couloirs du Comité de Discipline.
Évitant de son mieux un gravât qui traînait au milieu du couloir, Tsuna n'eut pas autant de chances avec un pli dans le tapis et il s'effondra sans classe par terre. Derrière lui, Enma le rattrapa et le regarda essayer de se relever sans rien dire. Une fois le brun sur ses pieds, ils se dirigèrent le plus vite possible au bureau du Préfet et y entrèrent sans se faire annoncer. Après tout, c'était une situation d'urgence.
Les yeux bruns de Tsuna papillonnèrent du corps nonchalamment étendu sur le divan de la pièce à la silhouette raide et droite de son supérieur qui était plongé dans la lecture d'un rapport.
- Ah, soupira avec bonheur le garçon sur le divan en se relevant pour enlacer avec affection le petit goûteur. Tsunayoshi-kun.
Tsuna rougit violemment et tenta de se libérer de l'étreinte de l'illusionniste pervers mais finit par s'y résoudre. Il s'installa sur le divan et attendit les ordres d'Hibari. Après tout, on ne lui avait dit qu'une chose : le Préfet voulait que son goûteur soit dans son bureau dans les minutes qui suivraient son réveil.
- Maintenant que l'herbivore est présent, Ananas, grogna Hibari en restant plongé dans sa lecture, Parle.
Mukuro fit une moue boudeuse et croisa ses bras devant sa poitrine avec un air joueur.
- Ce n'était pas prévu ainsi, Alouette, chantonna l'illusionniste en secouant avec un air enfantin sa tête. Je ne te révélerai ce que j'ai appris qu'une fois que j'aurais vu le souvenir qui m'importe~
Hibari poussa un grognement énervé et releva pour la première fois la tête depuis que Tsuna était entré dans la pièce.
- Bien, accepta-t-il à contrecœur.
L'illusionniste sourit avec délice et fit tournoyer son trident avant de le planter sur le sol, générant des tentacules indigo qui s'enroulèrent autour du Préfet ainsi que de Tsuna.
- Aujourd'hui, murmura avec amusement Mukuro en faisait luire son œil rouge, Nous verrons la vérité se cachant derrière le masque de ce cher Arcobaleno...
RAR:
Haha 8D: Sadique, moi ? Va savoir pourquoi, c'est un terme que je retrouve dans beaucoup de reviews et ce , quelque soit la fic ^^
Quant au bisou... Je viens de relire l'histoire entière et... erm... comment dire... les relations amoureuses dans cette histoire sont plus sous-entendues que montrées. Donc... pour le bisou... voilà... Ou sinon, la fic est déjà finie, il ne me reste plus qu'à publier les chapitres ^^ Attends-toi à des rebondissements inattendus ;)
Alors, que puis-je dire ? Dans le chapitre prochain, nous aurons un Reborn diaboliquement manipulateur et un jeune Hibari ! Sans oublier la révélation sur ce qui est arrivé aux anneaux Vongola ;)
Sur ce, reviews pour l'auteur qui a fait de son mieux pour finir les chapitres le plus vite possible ?
