The Basket Case

Chapitre 12

« - J'ai besoin de quelque chose de fort. » Fit pathétiquement Draco, en enterrant son visage dans ses mains. Cette fois, Snape pouvait remarquer qu'une partie de lui agissait et qu'une autre partie était en pleine détresse.

Draco sentit une tasse être appuyée contre ses doigts mous et il l'a saisit instinctivement, soulevant la boisson à sa bouche. Mais alors, quand la vapeur chaude atteignit son visage, il devint méfiant. Il renifla le contenu et grimaça quand ça se révéla être du thé.

« - Pouah. Je sais que vous êtes vieux, mais vous ne vous êtes pas encore complètement transformé en Dumbledore, n'est-ce pas ? »

Snape ne jugea pas sa question digne d'une réponse, il lui lança à la place un regard très efficace, qui fit immédiatement fermer sa bouche à Draco et boire sa boisson à petits coups. Le thé était bien, il calmait ses nefs presque instantanément et il était fort, finalement. Draco supposa que Snape y avait mit également quelque chose d'autre en plus des feuilles de thé, mais il ne pouvait pas trouver quoi, cela avait exactement le même goût que le thé normal.

« - Alors ? Qu'est-ce qui se passe encore ? » Le grognement de Snape ne laissa aucun doute à Draco qu'il était le bienvenu, mais si Snape avait été au milieu d'un brassage, il l'aurait dit à Draco. Cela devait juste être la gentillesse ordinaire de Snape.

Draco leva les yeux de sa tasse déjà à moitié vide. Il était fatigué et un peu affamé, même s'il avait mangé un dernier petit-déjeuner avant de partir pour l'Allée des Embrumes. Il détourna le visage avant que Snape ne saisisse l'opportunité de se faufiler furtivement entre les défenses baissées de son esprit.

A part à Pansy, il n'avait parlé à personne de Scott. Elle n'avait pas tenu à entendre tous les détails sales comme Draco l'avait craint et il n'avait pas offert de raconter autre chose que les faits les plus fondamentaux, et certainement pas de lui demander son avis. Elle n'était même pas devenue hostile envers lui après avoir appris ses actes. Pansy était sa femme, comment pourrait-il se faire respecter s'il lui demander conseil ? Snape était la seule autre personne qui était au courant de ce qui était arrivé cette nuit. Et immédiatement, Draco avait désespérément besoin de quelqu'un pour parler des nouveaux rebondissements, ou du moins, vider son sac. Il frissonna en pensant que cette personne était Snape, mais en même temps, il se rendait compte qu'il n'avait personne d'autre à qui il pourrait se confier.

Il gémit et reposa la tasse.

« - Je vais probablement le regretter plus tard, mais d'accord, je vais vous dire ce qui ne va pas. Je viens d'apprendre que l'homme que j'ai utilisé… » Il fit un geste vers son ventre comme il avait coutume de faire pendant les rares fois où il faisait allusion à la chose… l'enfant en lui. « - N'est pas un étranger, comme je le pensais initialement. Je voulais que ce soit quelqu'un que je ne rencontrerais jamais plus, c'est pour cela que je suis allé… là-bas. Et maintenant ça… la personne travaille chez Barjow et Beurk, et il a même eu l'audace de me dire de ne pas essayer ou acheter quelque chose en rapport avec la Magie noire. Il a refusé de me vendre du sang de Sombral. Il m'a dit qu'ils ne vendaient pas ce genre de chose, alors que je sais très bien que Barjow et Beurk en ont tout un stock. »

« - Vous êtes allé où ? » Snape haussa un sourcil. Il ne s'était pas intéressé à la déclamation extravagante contenant par hasard l'ingrédient dont il avait besoin et qu'il n'avait pas vraiment subtilement glissé entre les lignes, comme Draco s'était attendu à ce qu'il fasse.

La dernière fois que Draco avait vu Snape – le matin après son voyage à Copenhague – il avait refusé de lui dire quoi que se soit de ce qui était arrivé. Snape avait été – et, apparemment, l'est encore - curieux d'avoir quelques 'renseignements peut-être essentiels'. Il semblerait que cette fois, Draco ne s'en sorte pas. Il se sentait réticent à divulguer où il était allé et ce que le fait de tomber enceinte avait impliqué – il ne voulait pas que Snape arrive à la conclusion qu'il fréquentait régulièrement de tels endroits. Mais alors, sentant son ancien Directeur de Maison le regardait fixement et intensément n'était pas vraiment mieux, alors il céda finalement.

« - Un club gay, okay ? Je l'ai rencontré à Copenhague dans un club gay. »

Snape fit un petit bruit aigu semblable à celui causé par de l'air s'échappant d'un très petit trou dans un ballon. Draco frissonna. Et les gens se demandaient pourquoi personne n'entendait jamais le rire de Snape ? Draco se serait bien passé de cette expérience, merci bien. Mais même en étant horrifié, cela ne put détourner son esprit de l'embarras en voyant qu'il riait de lui (encore), provoquant la coloration vive de ses joues.

« - Vous êtes entrés dans un club gay ? » Ricana Snape. « - Bien que j'approuve moyennement le fait que vous ayez porté votre choix sur quelqu'un d'un milieu différent, j'aurais cependant cru que vous choisiriez le père de votre enfant plus… » Il lança un regard indéchiffrable à Draco et sa voix descendit d'une octave alors qu'il prononçait le dernier mot. « - … soigneusement. »

« - Je l'aurais fait si j'avais eu plus de temps. » Protesta furieusement Draco.

Snape n'en fut pas impressionné. Ses yeux transpercèrent Draco comme un couteau dans du beurre. « - Il y avait le temps, Monsieur Malfoy. »

Draco cligna brusquement des yeux en se rendant compte que Snape avait réussi en le regardant dans les yeux à se glisser furtivement dans son esprit. Il ne savait pas combien de ses souvenirs l'homme avait réussi à voir, l'intrusion avait été si subtile et courte qu'il ne l'avait même pas remarqué jusqu'à ce que Snape le corrige sur quelque chose qu'il ne pouvait pas savoir avec juste leurs précédentes conversations.

« - Était-ce vraiment nécessaire ? » Demanda-t-il, irrité par l'audace de Snape. Il était peut-être plus vieux et également son ancien mentor, mais cela ne lui donnait pas le droit de traiter Draco comme un enfant. Hélas, il était le seul à blâmer parce qu'il savait que Snape aurait l'intention de s'introduire dans son esprit dès qu'il avait passé le seuil.

Snape avait un regard lointain et les sourcils légèrement froncés. Il était profondément perdu dans ses pensées, assemblant probablement et analysant les informations qu'il avait récoltées dans l'esprit de Draco. Draco ne voulait pas qu'il fouille ses souvenirs de cette nuit-là, sachant que la moitié du temps il n'avait aucun vêtement sur lui. À la réflexion, Draco ne voulait pas non plus qu'il voit la partie où il avait des vêtements. Il avait besoin d'une distraction et la meilleure distraction était de donner des informations de façon à ce que Snape doivent se concentrer sur ce qu'il disait, et non des 'belles images'.

« - Saviez-vous que le Ministère envoyez des Aurors pour espionner Barjow et Beurk ? »

Snape lui lança un coup d'œil acéré. Cette fois, Draco baissa délibérément les yeux, il était disposé à les fermer ou détourner le regard si le Maitre de Potion essaya quoi que se soit, mais Snape ne semblait pas intéressé.

« - Et comment êtes-vous au courant ? »

Draco se pencha en arrière dans sa chaise et prit une posture plus confortable.

« - Je vous ai dit que j'étais allé faire quelques achats nécessaire, dont le sang de Sombral, que je n'ai pas eu parce que le vendeur, Scott McNeil, a refusé de m'en vendre. »

« - j'ai du sang de Sombral dans ma réserve, mais puis-je vous demander dans quel but vous en avez besoin ? Brasser une potion dans votre condition n'est pas vraiment sans danger, vous savez. A propos, vous voulez dire Simon McNeil, non ? »

Draco fut mortifié par son erreur. Il espérait ne pas avoir fait la même erreur pendant qu'il était dans le magasin ! « - Oh. Oui, Simon. Vous le connaissez ? » Draco avait entraperçu une lueur de surprise dans les yeux de Snape à la mention du nom. Il était évident qu'il le connaissait.

Le Maitre des Potions haussa les épaules et essaya de paraitre décontracté tout en lui disant quelque chose sur le fait d'acheter des ingrédients peu courant là au moins une fois par mois. Si Draco n'avait pas été si bien informé sur ses tics, il aurait marché. « - Alors, qui est Scott ? »

Bon sang. Malheureusement, Snape était également doué pour lire les expressions faciales, surtout celles de Draco. Il était capable de dire quand il mentait. « - 'Scott' est le nom qu'il a utilisé quand je l'ai rencontré là-bas, pour… vous savez quoi. » Ronchonna Draco, irrité par le regard de l'homme.

Le visage de Snape pâlit, ou il se déplaça de façon où la lumière fut plus brillante de manière a effacé toute couleur, alors qu'il se penchait brusquement vers Draco.

« - Simon McNeil est le père de votre enfant ? » Demanda-t-il d'une voix étranglée.

Draco roula les yeux. « - Oh, ne soyez pas si mélodrame ! Il n'est en aucun cas 'le père'. Je suis le père. Il a juste été un outil pour accomplir mon but. » Draco ne comprenait pas pourquoi Snape refusait de voir l'évidence. L'enfant serait son héritier, son sang et la clé de son héritage, et de personne d'autre. Personne mis à part Draco ne serait capable de comprendre ce qu'il avait dû subir pour avoir ce qu'il voulait. Il lui appartenait légitimement et à personne d'autre. Cela n'avait absolument aucune conséquence de qui Draco avait utilisé pour le faire. Il ne projetait pas de le dire à quelqu'un, pourquoi le ferait-il ? Ca ne méritait même pas qu'on en parle.

« - En tout cas, comme je vous l'ai dit, j'ai besoin de sang de Sombral. J'apprécierais si vous pouviez renoncer à un peu de votre stock. Naturellement, je suis disposé à payer le prix qu'il faut pour ça. Je n'en ai pas besoin de beaucoup, juste quelques gouttes pour le rituel de changement de sexe. »

Snape haussa un sourcil en un familier geste d'interrogation. Évidemment, ayant des relations proches avec les Malfoys, il avait connaissance du rituel, probablement avait-il même participé à un ou deux. Voyant son titre de Maitre de Potion et que la famille Malfoy le reconnaissait officiellement comme l'un d'entre eux, il était la personne idéale quand une affaire exigeait l'assistance de quelqu'un ayant les capacités de Snape. Sa compétence était bien connue et sa loyauté envers la famille était accordé par une magie ancienne concernant les lignées : le sang Malfoy coulait dans ses veines bien que sa mère était seulement la fille d'une domestique. Donc elle et ses descendants avaient des obligations envers la famille mais aucun droit. Snape n'était donc pas en position de refuser de l'aider dans une affaire sérieuse qu'un Malfoy lui demander, ce qui lui avait couté cher à plusieurs reprises dans le passé.

Draco refusait de ressentir n'importe quelle sorte de culpabilité pour le fait que ses parents et lui-même pour l'avoir exploité dans le passé, ou pour continuer à le faire dans l'avenir. Il se maudit juste pour ne pas avoir pensé à cette possibilité avant qu'il ne se précipite dans cette histoire d'héritier. Évidemment, il avait de très bonnes raisons pour ne pas vouloir s'imposer à Snape dans le passé. Draco avait dû faire attention de ne pas gaspiller son aide pour des choses insignifiantes s'il voulait garder les faveurs de Snape après le fiasco avec le vieux bonhomme, mais la situation actuelle était d'une si haute importance que ça justifier les moyens qu'il avait de faire appel à lui. Et en plus, il devait considérer la possibilité que s'il ne faisait pas appel à Snape, les chances de trouver quelqu'un d'autre qui était de son côté étaient minces. Aucun vrai Malfoy, Draco y compris, ne laisserait une telle occasion leur passer entre les doigts à cause de quelque chose de mesquin appelé l'éthique, et l'homme le savait bien.

« - Permettez-moi de deviner. Vous voulez mon aide pour le rituel ? » Demanda Snape – pas parce qu'il n'avait pas prévu quelque chose comme ça d'arriver, il voulait juste clarifier ce qui était exactement attendu de lui.

Draco hocha la tête une fois. Si Snape lui avait dit que sa condition n'était pas favorable pour brasser des potions, alors il n'allait pas mettre son héritage en danger.

« - Donc c'est une fille alors ? » Demanda Snape sur le ton de l'évidence, que se soit dans sa tête et dans sa question, alors la réponse indifférente que Draco lui donna le surpris pendant une bonne minute.

« - Vous voulez dire que vous ne savez pas ? » Le Maitre des Potion fit une grimace à Draco. « - Je me serais attendu à ce que la première chose que vous feriez seriez que vous fassiez appel à un Médicomage pour le savoir… »

A l'expression blême de Draco, Snape ferma lentement les yeux et les rouvrit ensuite avec une expression presque désabusé. Il poussa un soupir bruyant et se pinça l'arrête du nez.

« - Non, ne dites rien. Je vais deviner : vous n'avez pas prévu de consulter de Médicomage pour… votre grossesse. » Au moins, Snape pas moins mal à l'aise que Draco pour sa condition. Mais il pourrait montrer plus de compassion voir de délicatesse dans la situation dans laquelle Draco était.

« - Ce n'est pas une grossesse normale, au cas où vous ne l'auriez pas remarqué. » Siffla-t-il à l'homme aux cheveux sombres. « - Je ne peux pas prendre le risque que n'importe qui soit au courant. »

Snape le regarda fixement pendant quelques secondes alors qu'il semblait penser à quelque chose, alors, après lui avait dit d'attendre, il abandonna Draco pour disparaitre dans une autre pièce.

Draco n'eut pas à attendre longtemps. Il avait à peiner terminé de voir boire le contenu de sa tasse fraichement rechargée (courtoisie d'un elfe de maison maigre que Draco ne savait même pas que Snape possédé) quand son ancien professeur revint, habillé d'une longue cape qui recouvrait complètement ses robes et des bottes de fabrication moldu. En voyant ces dernières, Draco retint avec peine un sourire méprisant, mais il masqua son expression en se détournant et enfilant sa propre cape.

Snape le regarda des pieds à la tête et déclara son aspect 'assez bon', ce qui fit s'indigner Draco car ses vêtements étaient beaucoup mieux qu'un 'assez bon'. En fait, Snape avec sa plus belle cape ressemblait à un clochard à côté de lui.

« - Où allons-nous ? » Demanda Draco, supposant que Snape ne voulait pas juste faire le tour du pâté de maison.

Snape regarda Draco avait avoir fermé la porte et activé les sortilèges protecteurs derrière eux.

« - Nous allons dans le Londres moldu. Je connais quelqu'un qui serait disposé à aider et être à la hauteur de votre problème d'intimité. »

« - Qui est-ce ? »

« - Vous ne le connaissez pas. Mais si ce n'est pas assez que je me fie à lui, il y a le fait qu'en acceptant de vous examiner et – au besoin – vous traiter, s'il parle, il aura plus de problème que juste un peu de publicité. »

Draco hocha la tête. C'était au moins un réconfort qu'il serait capable d'utiliser, deviendrait même nécessaire pour garantir le secret. Snape fit signe à Draco de mettre sa main sur l'épaule de l'homme pour pouvoir transplaner tous les deux à l'endroit que seul le plus âgé connaissait.


L'endroit où Snape les fit apparaitre était l'équivalent moldu de l'Allée des Embrumes. Draco n'arrivait pas à comprendre pourquoi Snape voulait aller dans cette partie… de Londres ? Il n'était même pas sûr qu'ils étaient encore en Grande-Bretagne jusqu'à ce qu'il vit une plaque fixée au-dessus d'une porte vers laquelle Snape se dirigeait indiquant qu'ils étaient sur le point d'entrer au Deux rue Indy. Draco ressentit un trouble et se promit de rester alerte.

La porte ouvrait sur un magasin d'art, du moins Draco pendait qu'on devait y vendre quelque chose en rapport avec l'art, étant donné que les murs étaient recouvert de dessins en couleur. Il y avait de l'art abstrait et oriental, à côté de vulgaire peintures de crâne, de serpents, de dragons, de roses, d'armes et de femme nues. L'intérieur était sombre, comme chez Barjow et Beurk, mais Draco doutait que ce soit pour préserver certains objets de Magie Noire sensible à la lumière, voyant que c'était un établissement moldu. La chose la plus particulière était la grande chaise recouverte de cuir au milieu du magasin et du bizarre attirail en métal qui l'entourait.

Quand ils entrèrent, une petite cloche attachée au-dessus de la porte annonça leur présence et bientôt le rideau séparant la pièce principal de l'arrière boutique se souleva pour laisser passer un grand homme habillé d'un hideux jean moldu et une chemise en dentelle à damiers. Il semblait avoir une dizaine d'année de plus que Snape – d'après ce que Draco pouvait en jugé dans la semi-obscurité. Il avait des cheveux pâles, assez longs avec plus de gris que du blond, attachés en une queue de cheval lâche. Sa mâchoire était encadré par une drôle de moustache qui recouvrait ses joues et se rejoignait au niveau du menton où les deux moitiés était attachées ensemble. Somme toute, il ressemblait beaucoup à un vieil 'hippy' comme représenté dans le livre d'Etude des Moldus de Pansy, qu'elle lui avait montré une fois. Draco grimaça de dégout. A quoi pensait donc Snape en l'emmenant ici ?

« - Severus ? » L'homme était apparemment surpris de voir le Maitre de Potion, mais ni effrayé, ni content de sa visite, ce qui étaient les réactions les plus communes quand Snape voyaient des gens qui le connaissaient – du moins lors des rares occasions où Draco était là pour observer. Snape fit un signe de tête, saluant l'homme comme un égal, ce qui troubla Draco. Cela ne pouvait pas être un Moldu, n'est-ce pas ? L'homme le regarda alors, mais son visage ne montra aucun signe de reconnaissance. Draco ne savait pas s'il devait en être heureux ou offensé, si ses doutes de l'origine non-magique de l'étranger étaient justes.

« - Je pense que nous devrions aller à l'intérieur. » Dit l'homme en montrant les rideaux qui menaient à l'arrière boutique tandis qu'il fermait la porte du magasin avec un sortilège marmonnait qui confirma les soupçons de Draco. Snape s'avança avec une familiarité qui suggérait que ce n'était pas sa première visite ici, s'attendant évidemment à ce que Draco le suive, ce qu'il fit.

La pièce derrière le rideau était quelque chose de surprenant, qui ne ressemblait pas au magasin principal. C'était petit, mais bien éclairé et presque stérilement propre. Draco n'eut pas le temps de se remettre de sa surprise que leur hôte se raclait la gorge derrière lui.

« - Draco Malfoy, si je ne me trompe pas ? » Demanda-t-il, mais il était évident que la question était pure civilité, se doutant de l'identité de Draco. Il tendit sa main – elle était grande, les doigts calleux et bien plus propre que Draco aurait pensé en jugeant son apparence. Draco l'a prit. L'homme avait une poignée de main ferme.

« - Mon nom est Sturgis Podmore, vous pouvez m'appelez Stu ou Doc comme le font les Modus ici. » Draco s'abstint de grimacer à ces surnoms moldus ridicules. L'homme n'avait-il donc aucun respect pour lui-même ? « - Je suppose que Snape, ce vieux salaud ici présent, ne vous a rien dit sur moi. »

Draco ne put qu'hocher la tête, tandis que Snape, debout dans le fond, faisait la grimace à la familiarité mais l'autre homme poursuivit les présentations.

« - Je suis un Guérisseur, ou plus précisément, j'étais Guérisseur jusqu'à ce que je sois jeté à Azkaban pendant six mois pour violation de propriété au sein du Ministère il y a environ dix ans. Ça n'a pas été très favorable pour ma carrière à St Mangouste et aucun hôpital ne voudrait engager un ex-criminel. »

Draco fit de nouveau un signe de tête. Même s'il n'avait jamais été un membre de l'Ordre du Phoenix, il avait entendu l'histoire par ceux qui y étaient comme l'une des anecdotes de guerre et il fut maintenant en mesure de le connecter avec le nom Sturgis Podmore. Il n'avait jamais demandé ce qui était arrivé à l'homme qui s'était fait prendre, et évidemment aucun des membres de l'Ordre à qui il avait parlé ne le savait non plus. Bien que, il semblerait maintenant que Snape devait le savoir.

Draco jeta un coup d'œil à la clinique sorcière illégale au milieu d'un ghetto Moldu. Il aperçut le diplôme de Guérisseur encadré au mur. Il avait été déchiré en deux et les deux parties comportés un grand tampon rouge disant : REVOQUE.

Draco fut surpris par un rire sardonique derrière lui alors que Podmore remarquait ce que Draco regardait.

« - J'aime mieux le second. »

Draco regarda ce que le Guérisseur indiquait. A côté du diplôme se trouvait un autre cadre identique où se trouvait la copie de l'original – sans le déchirement et les lettres rouges – fait par des mains d'enfants avec des crayons de couleurs Moldus. Draco avait déjà pensé que le Guérisseur avait également des patients Moldu, ce qui ne semblait pas encourager la décision d'être confié au soin de cet homme, mais Snape interrompit ses pensées.

« - Les présentations sont finies ? Bien, parce que nous sommes venus pour une raison. »

Podmore croisa les mains et se tourna vers le Maitre de Potion avec un amusement incontestable. « - Je le pense également. En quoi puis-je vous aider ? »

« - Pas moi, Monsieur Malfoy. » Snape fit un geste de tête impatient vers Draco.

Podmore souleva sa baguette et commença à lancer plusieurs sortilèges d'examens sur Draco sans poser plus de question. Il travaillait rapidement et efficacement avec une aura de quelqu'un qui savait ce qu'il faisait, qui avait un effet calmant sur Draco, qui n'y croyait pas après avoir vu le fond moldu.

« - Intéressant. » Dit le Guérisseur après quelques minutes de silence qui avait seulement été dérangé par les bruits des sortilèges. « - Avez-vous une idée de ce qui pourrait provoquer ces résultats extrêmement inhabituels ? Empoissonnement ? Un sortilège raté ? Une MST Moldue ? »

Draco fit la grimace à la dernière hypothèse – qu'est-ce que cet homme croyait qu'il était ? – et voulu désespérément détromper le Guérisseur de cette notion. Mais il n'avait pas encore confiance en Podmore pour lui dire sa condition. Snape n'avait apparemment pas les mêmes scrupules. Pour quelconques raisons, il semblait irrité par Draco et avait donc passé outre son droit de choisir à qui révéler des renseignements sur lui et prit l'affaire en main.

« - Une grossesse. » Fit le Maitre de Potion avec sa manière acerbe ordinaire.

« - Fascinant. » La baguette s'arrêta au milieu d'un autre sortilège. « - Puis-je demander comment c'est arrivé ? »

Draco pensa qu'il était trop tard pour être secret. Mais il n'était pas vraiment à l'aise pour parler de ça à un complet étranger. Donc il fut tout à fait content de laisser Snape parler, qui semblait être plus à l'aise avec le Guérisseur et plus calme que Draco ne l'était à ce moment. Bien que la description de Snape comportait un peu trop de détail à son goût, incluant quelquefois des renseignements que le Maitre de Potion avait du récolter dans l'esprit de Draco, parce qu'il ne se souvenait pas lui avoir dit. Le fait d'avoir été espion pendant si longtemps et le fait de devoir fournir régulièrement des renseignements aux deux côtés avait eu l'effet malheureux de transformer Snape en horrible commère, si la situation exigeait sa contribution. Le fait d'être espion lui avait au moins apprit la discrétion, donc Draco ne devait pas avoir peur qu'il parle de sa condition à une autre personne sans sa permission.

A la fin, Podmore eut un assez bon résumé des évènements ayant conduit à la situation actuelle, bien que Snape ait omis la partie où Draco avait lui-même brassé la potion de fertilité, disant juste au Guérisseur qu'il avait été induit en erreur concernant la vraie nature de la potion. Draco remarqua le léger changement dans le comportement stoïque du Guérisseur à la mention du nom de 'l'autre père'. Génial ! Cela signifiait que chacun dans le monde sorcier savait qui était Scott McNeil ? Bien qu'en considérant la nature de cet établissement, ce n'était pas étrange que Podmore connaisse un vendeur travaillant chez Barjow et Beurk. Draco essaya de calmer ses nerfs.

Après avoir établi que Draco ainsi que l'enfant étaient en bonne santé, Draco demanda au Guérisseur de lancer le sortilège révélant le sexe du fœtus. Podmore dut déterrer un ancien gros livre pour se remettre au courant avec le sortilège étant donné qu'il ne l'avait pas utilisé depuis qu'il avait été forcé de quitter St Mangouste, mais il assura à Draco qu'il était tout à fait capable de le lancer et de l'interpréter.

Quand, en dépit de cette assurance, ça ne marcha pas, il haussa un sourcil et dit : « - Nous avons un problème. »

Draco n'aima pas ça. Snape, qui était allez finalement s'asseoir sur une chaise près d'un mur sans émettre le moindre commentaire ou changer d'expression, fit une grimace et se leva.

« - Quel est le problème ? » Demanda Draco. Est-ce que cet homme était vraiment un Guérisseur ? Il détestait ces situations inconnues, mais au moins Snape ne semblait pas avoir de doutes sur les capacités de Podmore et Draco n'avait pas d'autre choix que de se fier au jugement de son ancien professeur.

Podmore ne répondit pas immédiatement, il essaya de lancer d'autres sortilège sur lui, ce qui irrita Draco, parce qu'il ne savait pas lesquels c'étaient. Ils se révélèrent être des sortilèges médicaux plus avancés que ce que Draco connaissait déjà via les livres qu'il avait étudié.

« - Ca ressemble à de l'incompatibilité magique. Ne vous inquiétez pas, Draco, c'est quelque chose de commun dans les grossesses. Cela signifie juste que votre magie n'est pas compatible avec celle du fœtus… probablement parce qu'il a hérité les traits magiques de l'autre père. » Draco voulait vraiment faire une réprimande. Comment osait-il l'appeler par son prénom ? Mais le sens de ce que le Guérisseur venait de dire lui donna plus d'une inquiétude immédiatement. La magie avait consisté à créer cette chose à l'intérieur de lui. Cela ne signifiait pas que la magie s'avéré maintenant défectueuse, n'est-ce pas ?

« - Qu'est-ce que ça signifie ? Quelque chose peut-il être fait ? » Demanda-t-il, essayant de ne pas montrer à quel point il était inquiet par ça.

« - Oui, il y a une potion que vous devrez prendre. » Draco poussa un soupir de soulagement. « - Je suis sûr que Snape peut la brasser pour vous. Cependant… » Et cela ne promettait rien de bon. « - Vous auriez dû commencer à la prendre il y a quelques semaines. Maintenant que le fœtus a presque deux mois, ça ne sera pas aussi efficace. Ça vous empêchera d'être malade, mais ça n'empêchera pas la perte temporaire de votre magie de temps en temps. »

« - Quoi ? » Draco n'avait jamais perdu sa magie auparavant. Penser que cette grossesse pouvait provoquer ça avait un aspect terrifiant.

« - Et en outre, n'importe quelle magie lancé sur le fœtus est inutile. Il y a une barrière naturelle qui s'est développé durant ces deux mois. Elle protège l'enfant de votre magie qui pourrait est malfaisante à cause de l'incompatibilité, donc cela repousse n'importe quelle forte magie lancée par une source extérieure pour atteindre l'enfant. Cela signifie que je peux savoir si l'enfant est en bonne santé ou pas, mais le sortilège pour déterminer le sexe, par exemple, ne marchera pas. Je suis désolé. »

C'était mauvais. Cela signifiait que Draco était forcé d'exécuter le rituel de changement de sexe sans savoir si c'était nécessaire ou non. Heureusement, le rituel était différent pour le changer le sexe d'un garçon et celui d'une fille, donc il ne changerait pas le sexe du fœtus en fille si c'était déjà un garçon.

Et cela signifiait aussi plus d'examen pour Draco. Malheureusement, ce qui ne pouvait pas être déterminé par la magie, devrait être déterminé par… d'autres méthodes. Draco entra dans une petite cabine fermé par un rideau blanc pour préserver l'intimité, contenant une chaise et un cintre pour y placer ses vêtements pendant qu'il mettait la blouse médicale. Les méthodes de l'examen lui rappela fortement celle de l'urologue moldu où il s'était rendu avant que tout ça ne commence. Il n'aimait pas du tout. Mais heureusement, ce fut vite terminé. Pendant qu'il se changeait, il entendit une conversation à voix basse à l'extérieur – le rideau était apparemment imprégné d'un sortilège de silence mais seulement d'un côté, bien que Draco ne parierait pas sa vie sur cette supposition.

« - Et notre 'autre patient' ? » Cette voix appartenait à Podmore. Snape le fit taire et commença à parler avec une voix feutré, mais Draco était capable d'entre seulement certains morceaux.

« - … n'ai pas encore vu… lui donne… ses potions… un changement ? »

« - Non, il n'est pas venu ici depuis deux ou trois mois. Je commence à m'inquiéter pour être honnête. » Le baryton profond de Podmore était plus discernable que la voix sifflante de Snape. La main de Draco s'arrêta au milieu du mouvement d'accrochage de la robe, et comme une habitude acquise, il commença à écouter indiscrètement et sans vergogne. « - Je sais qu'il a ce formidable travail secret maintenant, mais il devrait vraiment être plus préoccupé par sa santé. Il y a une raison à son licenciement du département des Aurors, il ne devrait pas prendre ça à la légère. De plus, est-il au courant… des récents évènements ? »

Alors Snape siffla quelque chose en réponse (ou était-ce une réprimande ?) à laquelle Podmore murmura d'une manière offensée :

« - Je suis Guérisseur, pas baby-sitter. »

Draco était conscient qu'il était resté là trop longtemps, donc il tira à contrecœur le rideau et s'avança dans la pièce.

Après avoir arrangé un autre rendez-vous avec le Guérisseur, Snape conduisit Draco dehors. Draco supposait que Snape exigerait que Draco lui tienne compagnie pendant qu'il brassait la potion que Podmore voulait qu'il prenne. Il n'était pas ravi de la perspective d'une autre longue séance d'interrogation du Maitre de Potion pendant qu'il était forcé d'attendre. Autant Draco en voulait à l'homme de l'avoir conduit ici, il était cependant transporté de joie en ayant eu la confirmation que tout – ou presque – allait bien pour lui et l'enfant, ainsi même s'il se sentait fatigué et savait qu'il avait un long après-midi à attendre impatiemment, il ne pouvait pas s'empêcher de s'inquiéter au sujet de Snape à cet instant. Peut-être qu'il serait capable d'éviter le sujet principal et de lui arracher quelques renseignements intéressants sur cette conversation mystérieuse qu'il avait entendu par hasard. Et il devait encore récupérer le sang de Sombral que Snape avait promis de lui donner.

A suivre…