Secrets

Par : Vorabiza

Traduit par : Insane_Dumbass/ commencé à être traduit par Merrymee, sur ce même site.

Beta: AUCUN.

*Si vous voulez devenir mon beta, écrivez-moi en MP!

Résumé : Après six ans à Poudlard, l'été d'Harry débute non sans mystères et secrets en tous genres dès l'arrivée inattendue de Drago Malefoy chez les Dursley. Alors que l'été avance, Harry recrute plusieurs alliés auxquels il n'aurait jamais songé et devient, bien malgré lui, le dirigeant du Bien. H/D/H

Genre :Drama, Romance

Coté :NC-17

Crédits : Harry Potter appartient à J.K. Rowling et les films à WarnerBros.

Cette Histoire appartient à Vorabiza, w w w . thehexfiles . com, et peut être trouvée sur archiveofourown . org

Avertissements : Relations homosexuelles, Harry/Drago/Harry explicites, mentions de Severus/Remus, NC-17; *relations sexuelles et langage inapproprié, *AU; Ni l'auteure de la fic, ni moi ne sommes J.K.R., *In Character (IC) ou Out of Character (OC) dépendamment de l'interprétation, mais ce serait plus IC que OC, ce qui signifie que les personnages seraient fidèles à leurs caractères d'après les livres de J.K.R. ~. *Il y aura du travestisme, mais seulement dans un chapitre et vous en serez avertis d'avance. *Il y aura aussi une légère notion de mortalité, mais personne de trop près d'Harry ne mourra, sinon je serais trop triste! (c'est l'auteure qui le dit, pas moi! xD) Cette histoire remplacerait le 7e livre au complet, ce qui veut dire qu'il faut l'oublier en entier!


Chapitre douze

Harry marmonna les incantations qui permettraient à Narcissa d'entrer dans la propriété. Il entra en murmurant, se demandant comment il avait fait pour se retrouver dans cette situation, suivi de près par Drago et sa mère toujours invisible.

Narcissa retira la cape aussitôt à l'intérieur. Malheureusement, Pétunia sortit de la cuisine au même moment pour voir qui entrait.

- Harry? demanda Pétunia.

- C'est la mère de Malefoy, dit-il sèchement. La situation était bien trop étrange pour faire des présentations normales. Il ricana, amèrement amusé en regardant les deux femmes se dévisager avec dédain.

- Vous avez quelque chose en commun, dit-il malignement. Vous avez toutes deux élevé un fils gâté qui a pris plaisir à me tourmenter pendant toute mon enfance. Vous devriez vous féliciter mutuellement pour votre travail accompli.

- Potter! siffla Drago, tandis que les deux femmes le regardaient avec surprise.

Harry ferma brièvement les yeux et se força à prendre une grande inspirations, se disant qu'il avait peut-être passé trop de temps en compagnie de Rogue, la même journée.
- Désolé, dit-il entre les dents.

- Ton oncle sera bientôt de retour, lui informa sèchement Pétunia.

- Génial, murmura Harry en montant les escaliers. Il entra dans sa chambre et s'écroula sur son lit, laissant ainsi le temps à Drago pour présenter Victoria à sa grand-mère.

Cependant, tout n'alla pas comme prévu car Drago et Narcissa se figèrent en entrant dans la chambre, Fumseck captivant leur attention. Harry devait admettre que Fumseck était un oiseau impressionnant, mais il avait l'air complètement incongru dans cette pièce. Winky ferma silencieusement la porte et donna Victoria à Harry avant de retourner s'asseoir sur sa petite couchette, dans un coin.

Drago détourna enfin son regard de sur Fumseck pour dévisager Harry.
- Où diable as-tu trouvé un phénix? demanda-t-il.

- C'était celui de Dumbledore, répondit Harry. Apparemment, c'est le miens maintenant.

- Il semblerait que je vous ai sous-estimé, lui dit Narcissa en le regardant, ébahie.

À ces mots, Harry haussa les épaules mais elle insista.

- Monsieur Potter, les phénix ne se lient qu'avec des sorciers puissants, l'informa-t-elle.

Harry haussa à nouveau les épaules. Hermione le lui avait probablement déjà dit. Il s'était déjà fait dire qu'il était puissant, mais il ne savait pas vraiment ce que cela signifiait, dans le cas présent. Il n'avait même pas encore dix-sept ans et il lui restait encore un an à passer à Poudlard. Ce n'était pas comme s'il était quelqu'un de spectaculaire, de toutes manières. Et puis, il n'avait tout simplement pas envie d'en discuter avec Narcissa Malefoy.

- Ça ne te fait rien, Potter? demanda Drago, incrédule, alors qu'Harry restait silencieux.

- Pourquoi ça changerait quelque chose? Demanda-il. Fumseck est ici simplement parce que Dumbledore me l'a laissé, ou quelque chose comme ça. Il est avec moi parce que je suis l'icône de l'Ordre, dit-il d'un ton sarcastique. Ça n'a rien à voir avec mes capacités en tant que sorcier.

Fumseck émit un cri qui semblait être une réprimande, et Harry se demanda comment le phénix arrivait à faire ce genre de chose, ou s'il l'avait imaginé.
- Pardon, Fumseck, dit-il néanmoins.

Drago lâcha un rire presque hystérique et se tourna vers sa mère.
- Tu vois, c'est ce que je te disais.

Narcissa hocha lentement la tête.
- Il n'est pas du tout comme je m'y attendais, affirma-t-elle.

- Je ne sais pas de quoi vous parlez mais je suis juste ici, pour votre information, leur fit remarquer Harry, irrité.

- Tu as eu une autre mauvaise journée, Potter? demanda Drago en souriant, amusé.

- On peut dire ça comme ça, marmonna Harry.

- Tu sais, tes manières laissent grandement à désirer, critiqua Drago en tirant la chaise de bureau pour sa mère.

Harry ricana.
- Pardon si j'ai du mal à me faire à l'idée de recevoir deux Mangemorts dans ma chambre chez les Dursley, dit-il avec sarcasme. J'ai bien peur que ça dépasse mon champ d'expertise. Il y a vraiment trois Malefoy dans ma chambre, ajouta-t-il, secouant la tête en constatant ce qui se passait.

- Tiens, dit-il en tendant Victoria pour que Drago la prenne dans ses bras. Présente Victoria à sa grand-mère.

Narcissa n'était pas aussi froide que dans les souvenirs d'Harry, et il la vit s'adoucir davantage lorsque Drago lui tendit sa petite-fille. Puisque Victoria ne semblait pas rassurée devant cette nouvelle étrangère, Drago dû la garder dans ses bras mais resta près de sa mère. Harry les observait d'un œil mélancolique alors que Narcissa s'extasiait devant le bébé, et que Drago lui partageait tout ce qu'il pouvait à propos de sa fille.

Se sentant de trop, Harry s'installa confortablement sur son lit et ferma les yeux, tentant de les ignorer. Il devait se rappeler que Victoria n'était pas sienne. C'était eux, leur famille. Il était simplement quelqu'un qui essayait de fournir des soins et une protection pour quelques temps.

Harry se leva soudainement et évita de les regarder alors qu'il quittait la pièce. Il s'arrêta en bas de l'escalier en réalisant que son oncle et son cousin étaient de retour, s'il se fiait aux voix qu'il entendait.

Il pouvait les entendre, attablés pour le repas du soir, racontant leur journée à sa tante.

Harry ne s'était pas senti aussi seul depuis très longtemps. Il contourna l'escalier, comme en transe, et ouvrit doucement la porte du placard. Il fixa un moment le petit espace, s'apercevant que son ancien petit lit était toujours là, dans le coin. En y entrant, il tira une latte du mur qui se délogea rapidement et Harry pu y glisser sa main pour y récupérer une pile de papiers.

- Potter?

Harry se retourna brusquement, cognant sa tête au passage sur l'une des marches. Il grimaça de douleur en fusillant Drago du regard.

- Qu'est-ce que tu fous là? lui demanda Drago, observant le petit placard, ses yeux tombant sur le petit lit et le trou dans le mur.

- Rien, siffla Harry, furieux. Sors de là avant que mon oncle ne nous voit.

Harry poussa Drago hors de son chemin, sortit du placard et ferma doucement la porte avant de se rediriger vers sa chambre, soulagé de ne pas s'être fait remarquer par son oncle.

Drago était derrière lui lorsqu'ils entrèrent dans sa chambre.
- Qu'est-ce que c'est, ces papiers? demanda-t-il.

- Ce n'est rien, répondit automatiquement Harry en les fourrant rapidement dans sa malle.

- Ce doit bien être quelque chose, rétorqua Drago.

- Pas du tout, ça n'a aucune valeur, répondit amèrement Harry.

- Potter, de quoi s'agit-il? insista Drago.

- La ferme, Malefoy! cria furieusement Harry. Ces foutus papiers sont peut-être la seule raison pour laquelle je fais tout ce que je peux pour t'aider! Alors si tu veux que je continue à t'aider, laisse tomber le sujet!

- C'était ton ancienne chambre, n'est-ce pas? poursuivit Drago, ignorant volontairement l'avertissement.

Harry lui lança un regard meurtrier.
- Ce n'est pas de tes affaires, répondit-il froidement.

Drago lui renvoya son regard. Cette scène ressemblait étrangement à leurs anciennes interactions. Sauf que normalement, il n'y avait pas vraiment de bébé qui hurlait en arrière-plan. Harry se retourna subitement et se rendit compte que Narcissa tenait une Victoria extrêmement contrariée. Drago s'en approcha et la prit dans ses bras, pour la transférer abruptement dans les bras d'Harry.

Celui-ci la prit automatiquement et se mit à la bercer, lançant un regard interrogateur au blond.
- Tu arrives toujours à la calmer, se contenta-il de dire en haussant les épaules.

Harry soupira, sentant sa colère s'évaporer alors qu'il rassurait Victoria, l'apaisant graduellement. Il s'assied, s'adossant à la tête du lit, blottissant la petite fille contre sa poitrine.

À cause du stress et coup qu'il avait reçu, il avait affreusement mal à la tête et il savait que ça empirerait. Il se rendait compte qu'il ne faisait pas très bonne impression devant Narcissa. Il l'avait après tout insultée en la comparant à une Moldue, il s'était disputé avec son fils et il avait fait pleurer sa petite-fille. Rien de tout cela n'aiderait à la convaincre de changer de camp.

- Potter, tu saignes, commenta Drago.

- Ah bon? se contenta-t-il de répondre. C'est probablement la cause de mon mal de tête, alors.

- Tu l'a cognée plutôt violemment, acquiesça Drago, d'un ton soucieux.

Harry ricana.
- Ce n'est pas la première ni la dernière fois, dit-il.

- Laissez-moi y jeter un coup d'œil, proposa doucement Narcissa.

Harry la regarda avec prudence mais se redressa pour la laisser faire. Il sentit ses mains contourner doucement le contour de sa blessure.
- Ça ne semble pas trop sérieux. Voudriez-vous que je vous soigne?

Harry ferma les yeux. Pouvait-il lui faire confiance au point de la laisser pointer sa baguette vers lui?
- Je veux bien, dit-il simplement.

Il sentit un faible picotement autour de sa blessure alors qu'elle utilisait la même incantation que Rogue lui avait apprise.

- Je pourrais aussi lancer un sortilège de nettoyage d'ici quelques minutes, une fois la plaie complètement guérie, lui dit-elle.

- Merci, murmura Harry. Il leva les yeux sur Drago et aperçu le regard étrange qu'il lui adressait. Quoi? demanda-t-il sur la défensive.

- Comment peux-tu rester aussi calme et laisser ma mère te soigner comme si de rien n'était? demanda le blond.

- Je ne suis pas calme, rétorqua Harry. J'en ai juste assez d'essayer de comprendre ce qui se passe sans en plus endurer un énorme mal de tête. Puisque ta mère m'a soigné plutôt que de tenter de me tuer, je gagne deux choses. De un, je pourrais bientôt réfléchir sans avoir l'impression que ma tête va exploser. Et de deux, j'ai appris que je peux, jusqu'à un certain point, faire confiance à ta mère puisqu'elle a su se retenir de me jeter un sort.

- C'est une façon plutôt tordue de mettre les choses au clair, commenta Drago.

- En effet, répondit Harry. Ce n'est pas quelque chose que je ferais avec n'importe qui. Il n'est pas question que je laisse ta tante m'approcher avec sa baguette, si je peux l'en empêcher.

- C'est probablement une sage décision, admit Drago.

- Monsieur Potter, vous n'avez rien à craindre de moi, lui assura Narcissa. Et vous semblez déjà le savoir.

Elle s'approcha à nouveau de lui, vérifiant l'état de sa tête avant de lancer quelques sorts de nettoyage pour y retirer le sang coagulé. Elle passa ses doigts une dernière fois dans ses cheveux, s'assurant que tout était guéri et propre.
- Vous êtes soigné, mais une potion antidouleur aiderait grandement à vous débarrasser de votre mal de tête, lui conseilla-t-elle.

- Je n'en ai plus, marmonna Harry. Je me sens beaucoup mieux, déjà.

Drago fouilla dans sa poche et sortit quelques flacons, lui en proposant une.
- Tiens, j'ai volé quelques potions, plus tôt, lui avoua-t-il en jetant un coup d'œil à sa mère. Tu ne semblais pas en avoir d'autres après m'avoir soigné.

Se disant que Drago devait les avoir dérobées à Rogue comme il l'avait fait, Harry retira rapidement le bouchon et bu tout le contenu du flacon, sentant immédiatement les effets de la potions.

- Drago m'a dit comment vous l'avez soigné, l'informa Narcissa.

Harry haussa les épaules.
- Ouais, ce n'était pas très grave, dit-il, mal à l'aise. Ce n'était qu'une blessure superficielle.

Narcissa jeta un regard appuyé à son fils avant de se retourner vers Harry.
- D'après ce que je viens de vois, je crois que vous avez tous deux une idée différente de ce que serait une situation grave, dit-elle simplement.

Harry eut un sourire en coin en regardant le blond.
- Peut-être bien, admit-il en le voyant bouder sa mère.

- Je suis surprise d'entendre qu'il ne s'agissait que d'une blessure superficielle, mais que vous êtes tout de même sorti en plein milieu de la nuit pour apprendre des sortilèges et chercher des potions de guérison, ajouta Narcissa, changeant l'expression faciale d'Harry.

- Écoutez, je devais sortir de toute façon, se défendit Harry. J'ai simplement ramassé ce dont j'avais besoin pour l'aider à mon retour.

- Si j'ai bien compris, vous avez aidé Drago tout au long du dernier mois, poursuivit Narcissa.

- Mme Malefoy, je ne suis pas d'humeur pour subir une autre conversation à la Malefoy, dit-il prudemment. Si vous voulez bien aller droit au but, je vous en serait reconnaissant. J'ai eu une longue journée et j'ai encore beaucoup à faire.

Narcissa haussa les sourcils, étonnée, puis sourit légèrement.
- Vous n'êtes pas du genre à amadouer quelqu'un pour votre cause, n'est-ce pas?

- En effet, répondit sérieusement Harry. Ce que vous faites-vous regarde. C'est à vous de prendre vos décisions, et je ne vous forcerais pas à faire quoi que ce soit, même si je le voulais, admit-il. Ce que je peux faire, c'est vous offrir toute protection que je pourrais fournir, si vous choisissez de changer de camp.

- Vous avez aidé Drago sans qu'il ne change de camp, dit-elle doucement en observant sa petite-fille et son fils.

Harry serra Victoria qui dormait à présent contre son torse.
- Victoria a besoin de son père, dit-il à voix basse. Je ferais tout en mon pouvoir pour empêcher cette guerre de séparer plus d'enfant de leurs parents.

Ses yeux se posèrent d'eux-mêmes sur sa valise. Il se dépêcha de regarder ailleurs, mais son regard fut intercepté par Drago. Harry sentit une vive douleur à la poitrine qui n'avait rien à voir avec Victoria. Drago se dirigea lentement vers le coffre d'Harry et celui-ci se sentit impuissant, ne sachant pas quoi faire pour l'en empêcher. Il savait qu'il aurait pu faire quelque chose, mais il semblait avoir perdu toute envie de se battre.

Harry laissa Narcissa prendre Victoria et la posa sur sa couchette.

Drago souleva la pile de papiers et la rendit à Harry, qui parcouru les pages en tremblant des mains. Il n'avait pas mentit à Drago, ces papiers n'étaient rien d'important. Ce n'était que des dessins d'enfant, coloriés aux crayons de cire.

C'était surtout des bonhommes allumettes sans aucun sens artistique. Mais c'était jadis les images qu'Harry avait de sa famille, avec lesquelles il avait passé beaucoup de temps. Puis il avait grandi et il les avait oubliées, n'ayant été après tout que des rêves d'un gamin.

La plupart des représentations étaient vivement coloriées. C'était Harry avec ses parents. Quelques-unes l'illustraient même avec les Dursley. Des images de sourires heureux et de soleils jaunes. La dernière image était semblable aux autres, mais Harry avait gribouillé les autres personnages d'un crayon noir et il avait dessiné des sourcils froncés sur le visage qui le représentait. Il se retrouvait seul, entouré par la noirceur.

Ça n'avait décidément pas été l'une de ses meilleures journées.

Son visage devint plus dur et il jeta la pile à Drago.
- Puisque tu voulais les voir à tout prix, cracha-t-il. Vas-y. C'était la famille idéale dont je rêvais. J'avais oublié ces dessins. J'avais abandonné l'espoir d'avoir une vraie famille avant même d'avoir une chambre plutôt que ce placard. Je pense chaque mot que j'ai dit, leur dit-il en jetant un regard noir à Narcissa. Vous ferez ce que vous voudrez, j'espère simplement que ce sera le bon choix pour votre famille.

- Sachez que depuis que j'ai découvert le monde des sorciers, il y a six ans, je me suis souvent demandé si mes parents avaient fait le bon choix. Seraient-ils toujours vivants s'ils avait été des disciples de Voldemort? Aurais-je grandit dans une vraie famille par laquelle j'aurais été aussi gâté que votre fils? demanda Harry d'une voix dure, sa colère à peine contenue.

Narcissa et Drago le regardaient, abasourdis.
- Oh, croyez-moi, leur dit Harry. Je n'en ai jamais parlé à qui que ce soit. Je n'en suis pas fier et je n'y ai pas réfléchi très longtemps. En fin de compte, je suis fier de la décision prise par mes parents, mais ça ne m'empêche pas d'être triste.

Il frémit, prenant une grande inspiration.
- Voici ce que je pense: pensez comme il faut à ce que vous voulez. Je ne peux vous faire aucune promesse. Je sais parfaitement que je n'ai que seize ans et que Voldemort est bien plus âgé et expérimenté que je ne le suis. Il a l'avantage sur l'Ordre en ce moment. Votre famille a su survivre jusqu'à maintenant et vous êtes encore dans ses bonnes grâces. Si vous croyez que vous avez de meilleures chances de survivre en restant dans son camp, faites-le.

Harry se leva finalement et se dirigea vers la porte avant de se retourner et de leur envoyer un regard glacial.
- Mais je vous avertis. Je ne compte pas perdre cette foutue guerre.

Il sortit en trombe de la maison, fulminant, ne sachant ni ne se préoccupant de sa destination. Il était en colère et confus, et il savait qu'il avait incroyablement mal géré la situation. Lorsqu'il trouva un bon endroit discret pour transplaner, il se rendit au 12, square Grimmaurd, dans l'espoir que Rogue n'y serait plus.

Il claqua violemment la porte en entrant, oubliant complètement que le portrait de la mère de Sirius était toujours suspendue sur le mur du couloir. Jusqu'à ce qu'il l'entende hurler. Plutôt que de tenter de la faire taire, Harry s'engagea dans une dispute, lui rendant chaque insulte en hurlant au portrait. Lorsqu'il en eut assez, insatisfait, il sortit sa baguette et lui lança tous les sorts qu'il connaissait. Le portrait se contenta de crier encore plus fort.

La rage d'Harry envers l'injustice du monde semblait croître. Le fait que rien ne semblait blesser le portrait ne faisait qu'envenimer les choses. Il voulait lui faire le plus de dommage possible.

- Sale créature malfaisante! Ignoble ordure! hurla Mme Black.

- Malfaisante? cria Harry. Je ne suis pas celui qui tente de détruire le monde!

Il lui jeta un autre sort.

- Abandonne, vaurien de Sang-de-Bourbe!

- Va te faire foutre, hurla Harry. Je t'emmerde, toi et tes préjugés!

- Comment oses-tu souiller la maison de mes ancêtres!

- Tes ancêtres?! Cracha Harry. Seuls les ancêtres de familles de Sang Pur sont convenables, peut-être?! Levicorpus! J'imagine que mon père aimait bien ce sort! C'était un salaud! C'était un salaud, mais je sais qu'il m'aimait! cria Harry.

- Fils bâtard de pourriture!

- LA FERME! aboya Harry, enragé. Sectumsempra!

- De la magie noire! De la magie noire dans la maison des Black! hurla à nouveau Mme Black. Cette fois, elle semblait excitée.

- On s'en fout! cria Harry. Ce n'est qu'un foutu sortilège! Ça ne vous fait même pas de dommage! ajouta-t-il amèrement. Crucio!

- Toujours rien, mais tu fais une excellente cible, se moqua-t-il malignement. Bellatrix dit qu'on doit sincèrement souhaiter infliger le sort pour qu'il fonctionne. Je souhaite réellement faire disparaître Voldemort, je ne crois pas manquer de volonté pour ça. Je ne prévois pas ajouter la magie noire à mes passe-temps, mais il faut bien que j'en apprenne un peu! cria-t-il. J'dois éliminer Voldemort, tu m'entends, sale garce?!

- Non, non, va-t'en, ignoble Sang-de-Bourbe!

- AVADA KEDAVRA! hurla Harry. Il regarda avec stupeur le portrait qui s'écroula sur le plancher devant lui.

Il chancela vers l'arrière et se laissa glisser contre le mur opposé. Mme Black criait toujours, mais sa voix était étouffée car son portrait faisait face au sol.

Harry sursauta en entendant un bruit et leva ses yeux écartillés sur Rogue qui arrivait dans le couloir.

- Il semblerait que vous ayez trouvé la solution aux maléfices de Glu Perpétuelle dans cette maison, dit-il d'un ton neutre. Il était très peu probable que ceux que cette famille considérait comme étant impur lance le sortilège de la Mort, surtout sur un portrait.

Harry se redressa avec peine, sa main couvrant sa bouche, et se précipita aux toilettes où il vida le contenu de son estomac jusqu'à ce qu'il eut l'impression d'avoir vomi son estomac lui-même. Il se rinça la bouche et tituba jusqu'à la cuisine pour s'asseoir lourdement sur l'une des chaises.

- Buvez ceci, lui ordonna Rogue en lui glissant une tasse de thé sous le nez. Harry n'osa pas lui demander ce qu'il avait ajouté à son thé. Il but une petite gorgée, incertain, puis décida que la mixture avait au moins bon goût.

- C'était une démonstration plutôt impressionnante, lui dit Rogue.

- Je ne savais pas que vous étiez toujours ici, répondit faiblement Harry.

- Aurait-ce réellement changé quelque chose? demanda son ancien professeur.

Harry y réfléchit un instant en buvant une autre gorgée de thé.
- Probablement pas, admit-il. Mais j'étais furieux et je suis venu ici parce je croyais être seul.

- Lorsque vous avez reçu un message, plus tôt, vous avez dit vouloir « le tuer», lui rappela Rogue d'un ton neutre.

Les yeux d'Harry doublèrent de volume.
- Je n'ai pas... C'est juste que... dit-il faiblement. Je viens de jeter le sortilège de la Mort.

- Et avec succès, acquiesça Rogue.

- J'aurais pu tuer quelqu'un, réalisa Harry, sentant son estomac se retourner. Il baissa les yeux sur sa tasse, sachant que son contenu était la seule chose qui l'empêchait de retourner vomir.

-Si vous aviez pointé votre baguette sur une personne plutôt que sur un portrait, il ou elle serait morte, à présent.

Harry avala de travers.

- Je vous ai sous-estimé, Potter, lui avoua Rogue en l'observant d'un regard calculateur. Jusqu'à très récemment, je ne vous croyais pas réellement capable de gagner cette guerre.

- Et vous avez changé d'avis? réussit-il à dire d'une voix rauque.

Rogue hocha de la tête.
- Je n'ai connu qu'une seule autre personne aussi déterminée que vous, dit-il à voix basse.

Frappé par un éclair de compréhension, Harry le fixa des yeux.
- Vous... souffla-t-il.

- Moi.

Harry était étourdi lorsqu'il retourna chez les Dursley et monta les escaliers avec difficulté. Rogue lui avait ordonné de terminer son thé puis l'avait envoyé se reposer chez lui jusqu'au matin.

Il n'avait pas protesté.

Il entra dans sa chambre et figea, confus. Il avait oublié à quel point sa chambre était remplie. Drago, Narcissa, Victoria, Winky, Hedwige et Fumseck se tournèrent tous vers lui.

- Potter? Ça va? demanda Drago, le regardant avec inquiétude.

Harry croisa lentement son regard.
- Pas vraiment, admit-il.

Perplexe, il laissa Narcissa le diriger vers son lit. Il lui lança un regard alarmé lorsqu'elle prit place à ses côtés et l'enlaça.
- Que s'est-il passé? demanda-t-elle.

Sa question le fit replonger dans ses angoisses concernant le fait qu'il avait jeté le sortilège de la Mort. Il ne savait pas qu'il avait alors perdu toutes les couleurs qu'il avait pu retrouver.

- As-tu déjà été capable d'utiliser le sortilège de la mort? demanda-t-il à Drago, l'observant pâlir aussitôt.

- Non, répondit le Mangemort d'une voix à peine audible. Il faut sincèrement le vouloir pour que ça fonctionne.

Harry hocha distraitement la tête.

- Avez-vous tué quelqu'un, Monsieur Potter? demanda Narcissa d'un ton neutre.

Harry grimaça, lui lançant un regard en coin. Il trouvait troublant que Narcissa et Rogue lui aient posé sensiblement la même question sur le même ton calme. Il lui répondit tout de même.
- Juste un tableau, dit-il. Mais j'ai réussi à jeter le maléfice. C'était suffisant pour le décrocher du mur.

- Elle a enfin été décollée du mur? s'étonna Narcissa, sachant apparemment de quel portrait il s'agissait. Je n'y croyais plus.

Drago lança un regard vif à sa mère, mais Harry se contenta de sourire légèrement, sentant l'ironie de la situation.
- Tout le monde a essayé de la décoller, mais elle était bien incrustée au mur. Il redevint sérieux. Je n'essayais même pas de la décrocher, dit-il doucement.

Il regarda Narcissa.
- Je l'ai réveillée en claquant la porte. Je me suis fâché parce qu'elle ne voulait pas la fermer. Nous hurlions tous deux et j'ai commencé à lui jeter des sorts. Je ne faisais de mal à personne… Puis nous nous sommes engueulés à propos de la magie noire… Et puis j'ai… j'ai fini par lui infliger le sortilège de Mort… Et elle est tombée.

Inconsciemment, il se blottit contre Narcissa, acceptant le confort qu'elle semblait lui offrir.
- Je sais que je devrai tuer pour gagner cette guerre.. J'étais simplement étonné de dire la formule et de me rendre compte que je le pensais réellement.

Quelqu'un cogna à la porte et Harry soupira lourdement.
- Qu'est-ce qu'il y a, maintenant? marmonna-t-il, allant néanmoins ouvrir la porte.

Tante Pétunia allait lui parler lorsqu'elle s'aperçut de l'état de la pièce. Il lui fallut un instant avant de secouer la tête et de regarder Harry.
- Tu as un visiteur. J'ai refusé de le laisser entrer dans la maison, et il insiste qu'il doit à tout prix te parler. Il dit qu'il est le Ministre de quelque chose, l'informa-t-elle.

- Scrimgeour?! s'exclama Harry.

Pétunia hocha la tête.
- C'est bien ça, oui.

- Oh, merde! cria Harry, à nouveau en colère. Mais qu'est-ce qu'il me veut, cette fois?

Il se tourna vers Drago et Narcissa, qui le regardaient tous deux d'un air furieux d'avoir été trahis.

- Je ne vous ai pas dénoncés, siffle Harry entre les dents. Je ne sais pas pourquoi il est ici.

Harry fit face à Pétunia.
-Tiens Oncle Vernon et Dudley loin de lui. Je me fous de ce que tu fais, mais fais-le, lui ordonna-t-il.

Pétunia acquiesça et disparut aussitôt. Harry ferma la porte derrière elle et s'approcha de Drago.
- Je ne vous ai pas dénoncés, répéta-t-il fermement. Tu as dit que tu me faisais confiance, et j'ai besoin que tu me le prouve en ce moment. Ne fais rien de stupide. Restez ici et laissez-moi m'en occuper.

Drago finit par hocher la tête et Harry le vit relaxer légèrement.

- Monsieur Potter, il y a encore du sang sur votre chandail, lui dit calmement Narcissa, malgré son teint pâle et ses traits tirés. Je crois que cela risque d'éveiller des soupçons.

Harry se tordit le cou pour regarder l'arrière de son chandail et le leva. Il le retira rapidement et Winky lui tendait déjà un nouveau chandail à enfiler.
-Merci, dit-il, d'une voix étouffée par le tissus. Drago s'approcha de lui et lui passa une main dans les cheveux.

- Ça n'aidera pas! s'exclama Harry en repoussant sa main.

- Au moins, ça ne paraît pas que tu viens d'enfiler un chandail, marmonna Drago.

Harry le fusilla du regard.
- Je ne veux pas lui faire face avec du sang sur moi, mais autrement, je me fous de mon apparence.

Il ouvrit la porte, soupirant à nouveau avant de descendre les escaliers. Il sortit et rejoignit Scrimgeour qui l'attendait.

- Que voulez-vous? demanda-t-il froidement.

Scrimgeour lui offrit un sourire sombre.
- Ce n'est pas la famille la plus chaleureuse, n'est-ce pas? dit-il avec ironie.

- Venez-en aux faits, Scrimgeour, le somma Harry. Pourquoi êtes-vous ici? Ou devrais-je plutôt demander ce que vous voulez que je fasse pour vous, cette fois.

- J'espérais que vous auriez changé d'avis ce dernier mois, maintenant que vous avez eu un peu de temps d'adaptation, expliqua Scrimgeour. Il observait de près l'expression sévère d'Harry. Il semble que je me sois trompé.

Harry ricana.
- Je vous l'ai dit le mois passé et je vous l'avais déjà dit à Noël. Je ne suis pas du tout intéressé à devenir votre mascotte pour «remonter le moral», dit-il d'un ton monotone.

- Les gens ont besoin de vous, Harry, insista Scrimgeour d'une voix plus froide et plus dure.

- Vous savez, je crois que vous avez raison, réfléchit Harry à haute voix, les gens ont effectivement besoin de moi car je fais tout mon possible pour sauver leur monde. Contrairement au Ministère, je me fous complètement de mon image publique. Je fais simplement ce que j'ai à faire.

Le visage de Scrimgeour se tordit de colère.
- Le Ministère travaille très fort pour sauver tout le monde.

Harry eut un rire méprisant.
- Oh oui, c'est pour cette raison que vous enfermez des gens comme Stan Rocade. Parce que vous vous souciez des gens, se moqua-t-il. Vous ne vous souciez uniquement que de votre image, Scrimgeour. Vous me voulez que je m'associe avec le Ministère de la magie pour sauver votre réputation, pas les gens.

- Les gens ont besoin d'avoir confiance en le Ministère ou la situation sera très difficile, effectivement.

- Alors donnez-leur une raison de croire en vous, lui rétorqua Harry, incrédule. Y avez-vous déjà pensé?

Harry secoua la tête, ayant du mal à comprendre sa mentalité.
- Ce n'est pas pour rien que les gens suivaient Dumbledore, et ce n'était certainement pas parce qu'il s'alliait avec le Ministère. C'est parce qu'il demeurait ferme et fidèle à ses convictions et ne laissait personne l'influencer. Quand la situation s'envenimait, il faisait tout ce qu'il pouvait pour l'apaiser. Il ne se cachait certainement pas derrière une belle réputation et il ne faisait pas d'imbécilités comme emprisonner des gens sans raison valable.

Harry réfléchit un instant, rassemblant ses idées.
- Scrimgeour, vous perdez la confiance des gens parce que vous êtes incapable de prendre position. Vous souhaitez envoyer un garçon de 16 ans au front et vous vous attendez à ce qu'on vous fasse confiance? Il prit une courte pause avant de poursuivre. En fait, vous avez peut-être raison.

Scrimgeour le toisa du regard, méfiant d'entendre Harry lui dire qu'il avait raison sur un point et Harry lui adressa un sourire méprisant.
- Plusieurs personnes me suivent parce qu'ils voient que je fais mon possible pour gagner chaque bataille et venir au bout de cette guerre. Je refuse de laisser des gens me voir appuyer les décisions du Ministère, car cela ternira ma crédibilité.

Scrimgeour prit une grande inspiration.
- Je craignais que vous soyez difficile à convaincre, dit-il. Je suis prêt à négocier.

- Négocier comment? demanda Harry, méfiant.

- On m'a laissé entendre cet après-midi que vous preniez soins d'un bébé, dit-il en observant Harry de prêt.

Harry ne put s'empêcher de figer. Monsieur Weasley avait dû laisser échapper quelque chose qui avait mis la puce à l'oreille du Ministre et il était évidemment déjà trop tard pour prévenir les Weasley qu'il fallait rester discret au sujet de Victoria.

Il dévisagea Scrimgeour.
-Vous allez laisser ce bébé tranquille, l'avertit-il d'un ton dangereux.

- Ce bébé ne semble être sur aucun registre, poursuivit Scrimgeour, ignorant l'avertissement d'Harry. C'est très curieux et cela mériterait d'être investigué.

- Vous pensez peut-être me convaincre de soutenir le Ministère de cette manière? lui demanda furieusement Harry.

-Je suis prêt à négocier, lui répondit Scrimgeour.

- Vous négociez avec la vie des gens? s'écria Harry. Avec la vie d'un bébé?!

- Si c'est nécessaire, pour le bien de tous, répondit Scrimgeour.

Harry se retourna violemment et asséna un coup de poing sur le mur de la maison, à défaut de frapper le Ministre de la magie.

- Allons, Harry, est-ce vraiment nécessaire? le sermonna Scrimgeour, d'un ton condescendant.

- Si vous tenez à ce que votre visage reste intact, ça l'est.

Surpris, Scrimgeour recula d'un pas et Harry ricana, réfléchissant à toute vitesse à une solution.

- Je suis disposé à remplir immédiatement des papiers vous enregistrant en tant que le père de l'enfant, sans plus de question, proposa Scrimgeour. Mais vous devrez alors venir au Ministère de la magie pour donner un discours public, offrant votre soutien au Ministère.

- Non, je refuse de soutenir le Ministère de cette façon, grogna Harry. En particulier un Ministère qui n'hésite pas à utiliser un enfant pour négocier.

- Alors je me vois forcé de vous retirer la garde de l'enfant, conclu Scrimgeour.

- Merde! s'exclama Harry en passant nerveusement une main dans les cheveux, s'étalant à nouveau du sang qui coulait cette fois-ci de ses jointures ensanglantées.

- Vous ne savez pas dans quoi vous vous embarquez, dit-il en colère. Pourquoi ne pouvez-vous pas me laisser tranquille, que je puisse faire mon travail et en finir avec cette guerre?

- Le public a besoin d'être rassuré, surtout depuis la mort de Dumbledore, expliqua Scrimgeour, d'un ton légèrement compatissant. Je ne prends aucun plaisir à faire ceci, je vous l'assure.

Harry se mit à faire les cent pas, essayant de prendre une décision. Drago le tuerait s'il perdait Victoria.

Drago ne serait pas non-plus ravi que Scrimgeour confie la garde de sa fille à Harry. Il n'allait pas certainement laisser le Ministre lui prendre Victoria. Il avait déjà rédigé un article en 5e année qui avait atteint la population; ne pourrait-il pas simplement refaire quelque chose du même genre?

- À qui est cette enfant, demanda Scrimgeour qui l'observait avec attention. D'où vient-elle?

Harry se rendit compte qu'il était tombé dans le panneau. Scrimgeour l'avait probablement espéré, mais il ne s'était pas attendu à ce qu'Harry réagisse autant à ses menaces. Il était temps pour lui d'inverser la situation.

- Tout comme moi, sa famille a été tuée et elle a été abandonnée ici. Elle est une victime de plus de cette guerre, lui dit froidement Harry. D'après ce que je vois, vous n'êtes pas beaucoup mieux que Voldemort. Vous attaquant à un enfant.

Scrimgeour tressaillit, comme si Harry l'avait giflé.

- Voici ce que je propose, cracha Harry. Vous me fournirez les papiers qui m'enregistront en tant que parrain de Victoria et vous me confierez sa garde. Je dois être certain que vous n'essayerez pas de l'utiliser à nouveau contre moi et je ne vous laisserai certainement pas me l'enlever. Jusqu'à ce que cette guerre soit terminée, elle portera le nom de Victoria Potter.

- Être une Potter aidera à la protéger aux yeux du public, ajouta-t-il froidement. C'est juste dommage que vous me forciez la main car elle sera aussi une immense cible pour Voldemort. Si vous avez ne serait-ce qu'une once de compassion, je suggère, une fois que vous aurez rempli les papiers, que vous gardiez cette histoire secrète le plus longtemps que possible. Car si quoi que ce soit arrive à cette petite fille, vous serez le premier à en payer le prix.

Les yeux de Scrimgeour s'agrandirent d'incrédulité.
- Vous n'avez pas le droit, dit-il brusquement.

- J'ai tous les droits, déclara Harry. C'est vous qui l'avez cherché. J'ai pu atteindre le public, cracha-t-il, arborant une expression dégoûtée. En cinquième. Je peux le refaire. Je refuse d'appuyer publiquement les actions du Ministère. Cependant, je m'abstiendrai de les dénoncer. Je publierai un article dans lequel je ferai de mon mieux pour rassurer les gens. Mais je le ferai à ma manière. Le public n'a pas confiance en vos méthodes. Vous voulez que je sois votre foutue mascotte? Alors je le serai, mais je ne lécherai jamais les bottes du Ministère.

D'ailleurs, j'imagine que vous n'avez pas encore eu la brillante idée de vous débarrasser d'Ombrage? se fâcha Harry. Commencez par nettoyer votre personnel du Ministère puis relâchez les gens comme Stan Rocade qui ont été injustement emprisonnés et je considérerai alors émettre un commentaire publique disant que Le Ministère fait des efforts.

Si vous ne faites aucun effort, je ne vous soutiendrai certainement pas.

- Vous ne pouvez pas m'imposer de telles conditions, s'offusqua froidement Scrimgeour.

- Ah bon? demanda Harry d'un ton dangereux. Essayer encore de m'enlever Victoria et je vous garantit que tout le monde saura que vous utilisez la vie d'un enfant pour marchander.

- Personne ne vous croirait, se moqua Scrimgeour.

- Vous êtes ici pour une raison, siffla Harry. Qui pensez-vous qu'on croira, vous ou moi?

Scrimgeour se figea, se rendant compte qu'Harry avait raison.

- Marché conclu? demanda Harry.

- Vous êtes impitoyable dans vos négociations, Harry Potter, s'étonna Scrimgeour.

Harry acquiesça simplement.

Le Ministère prit une longue inspiration.
- Je vous fournirai les papiers vous inscrivant en tant que parrain et vous donnant la garde complète de Victoria sous peu. J'amorcerai également les procédures de libération des prisonniers. Cela prendra cependant beaucoup plus de temps pour faire le ménage des employés du Ministère.

- Si vous voulez de l'aide d'une personne honnête, je vous recommande l'aide d'Arthur Weasley, lui conseilla le jeune homme. Pas Percy Weasley.

- Très bien, accepta Scrimgeour, avec peine.

- Je vais mettre les choses en route dès ce soir, mais je ne publierai rien tant que vous n'aurez pas fait votre part du marché.

Scrimgeour le critiqua du regard.
- Je me demande si j'ai bien fait de vous confronter, lui dit-il.

Harry haussa les épaules, insoucieux.
- Si votre but est réellement d'aider les gens et de les rassurer, vous vous y êtes mal pris, mais vous aurez le résultat escompté.

- Peu de personnes oseraient essayer de négocier avec le Ministre de la magie comme tu l'as fait, le complimenta-t-il.

- Très peu de personnes ont le poids de la sécurité du monde des sorciers sur leur dos, renchérit Harry.

Scrimgeour sembla surpris pendant un instant, puis le salua d'un hochement de la tête.
- Vous devriez recevoir un hibou d'ici peu, je vous tiendrai au courant.

-Merci, lui répondit Harry en hochant la tête en retour.

- Je vous souhaite bonne chance, Harry Potter, lui dit finalement Scrimgeour avant de partir de son côté.

Harry l'observa s'éloigner jusqu'à ce qu'il le perde de vue. Il se retourna brusquement et marcha d'un pas déterminé vers la maison.