Chapitre XII : Vérité et mensonges
Un rêve…c'était un simple rêve. Un rêve qui se transformait en cauchemar. Un sentiment de malaise m'étreignait alors que je me préparais et que je montais l'escalier pour me rendre dans la Grande Salle. Des flashes de Lily ensanglantée dans mes bras frappaient mon esprit avec violence. Je ne pouvais plus rien lui avouer, ni même lui parler, ni la regarder…
Crucius marchait à côté de moi. Il était surexcité comme toutes les personnes autour de nous en ce premier jour de cours. Un première année de Poufsouffle me bouscula en courant vers la Grande Salle. Il se retourna pour s'excuser et prit peur en voyant le regard glacial que je lui lançais.
- Ca va Severus ? T'as perdu ta langue ?
- Non, je n'aime pas parler pour ne rien dire, pas comme certains.
- Hou, quelle humeur…
Je restais silencieux et nous entrâmes dans la Grande Salle. Je jetai un coup d'œil à la table des gryffondors où Lily et les maraudeurs semblaient d'excellente humeur. Nous nous installâmes à la table des Serpentard. Je regardai le petit déjeuner sans appétit alors que tout le monde autour de moi semblait heureux, excité de ce premier jour et impatient à l'idée de recevoir son emploi du temps.
Slughorn passa près de moi et me tendit mon emploi du temps. Je commençais par deux heures de soin aux créatures magiques avec Brûlopot et en compagnie des gryffondor…évidemment. Mais pourquoi avais-je choisi cette matière…? Oui, parce que certaines créatures donnent des substances utiles pour les potions et aussi…parce que Lily avait pris cette option…
Je n'osais plus la regarder. Devais-je tout arrêter ? Mais pouvait-on dire au Seigneur des Ténèbres qu'on le quittait… Et j'avais encore tellement de choses à apprendre de lui… Mais tout ça me faisait perdre Lily un peu plus chaque jour.
Il était temps de se rendre dans le parc pour le premier cours de l'année. Crucius avait les mêmes options que moi ; il m'accompagna donc mais nous n'échangeâmes pas un mot durant le trajet. Le professeur nous attendait déjà près du lac. A côté de lui se tenait une énorme cage recouverte d'un grand drap. Nous entendions une créature bouger et grogner à l'intérieur.
Les gryffondor aussi étaient déjà là. Le stupide Potter cornu en compagnie de son fidèle caniche, le loup-garou et l'insignifiante petite vermine qui les accompagnait partout. J'étais au courant depuis un certain temps de leur petit manège. Je me rappelais la blague idiote de Black et… Je détestais ce souvenir.
*flash back*
[i] La nuit était tombée depuis un moment et la lune était apparue entre les nuages. Je décidai de me lancer. J'avançais dans le parc jusqu'au saule cogneur, pris un long bâton et appuyai sur le nœud au pied de l'arbre qui arrêta de se démener pour m'atteindre, comme me l'avait dit Black. J'entrai dans le sous-terrain et avançais à tâtons dans le noir avant d'allumer ma baguette. J'entendais des hurlements, j'allais enfin savoir ce qu'il se passait dans la cabane hurlante, enfin pouvoir connaître le grand secret des maraudeurs…
J'arrivais dans la cabane hurlante et vis un loup-garou s'élancer vers moi, tous crocs dehors. Je lui lançais un impedimenta mais rien ne pouvait l'arrêter et le loup se rapprochait de plus en plus de moi. C'est alors qu'un énorme cerf se plaça devant moi. Un choc énorme se fit entendre alors que les bois du cerf heurtèrent de plein fouet le loup qui fut envoyé contre le mur opposé de la cabane et s'écroula lourdement sur le sol.
Le cerf se transforma quelques instants en Potter, qui me cria de retourner dans le parc. Conseil que je suivis, honteux et furieux d'avoir été sauvé par cet abruti de Potter.
Arrivé hors du passage secret, je vis Black sous sa forme de chien. Il se retransforma et éclata de son rire de chien. Encore tremblant du choc et hors de moi d'avoir été sauvé par Potter, je sortis ma baguette et envoyai Black voler dans les airs et s'écraser sur la pelouse du parc. Il tentait encore de se relever que j'étais déjà au château dans la salle commune de serpentard… [/i]
*fin du flash back*
Horrible souvenir… Je chassais ces idées noires de mon esprit et me concentrai sur le professeur qui venait de dévoiler le contenu de la cage : un noir des Hébrides. En d'autres termes, un dragon. Celui-ci était un jeune mâle trouvé par le professeur et qui voulait absolument nous montrer avant qu'il ne soit transférer dans un élevage.
Apparemment, le professeur avait eu du mal à le calmer et à l'enfermer dans sa cage étant donné les brûlures encore récentes qui étaient venues s'ajouter aux nombreuses cicatrices qui marquaient ses mains, ses bras et son visage.
Nous dûmes tout d'abord faire un dessin du dragon, puis le professeur nous expliqua de quoi il se nourrissait, où il vivait… Et enfin, il nous donna soixante-quinze centimètres de parchemin à rendre sur les différentes espèces de dragon et leur manières de vivre.
Nous retournâmes au château dans une ambiance survoltée. Chacun parlait du dragon, de ce qu'il ferait s'il en avait un… De vrais enfants. Nous nous rendîmes ensuite en cours de métamorphose où le professeur McGonagall nous attendait, quelque peu énervée de notre retard et l'atmosphère agitée de la classe.
Le cours passa plutôt vite, même si je lançais des yeux assassins à Potter et Black qui avaient réussi en quelques minutes à transformer leur grenouille en colombe et avaient ainsi rapporté vingt points à gryffondor.
Le déjeuner et les autres cours passèrent assez vite eux aussi. Ainsi, notre première journée de cours était terminée. Mon rêve n'arrêtait pas de refaire surface et je m'étais évertué à être toujours occupé pour éviter d'y penser, allant même jusqu'à prendre part à une discussion sur les filles de serpentard les plus jolies. Tous m'avaient regardé avec des yeux d'elfes de maison étonnés. J'avais donc hausser les épaules et avait fait semblant de me plonger dans le livre de potions que j'avais lu au moins cent fois.
L'image de Bellatrix me traitant de lâche me tiraillait l'esprit depuis quelques minutes alors que ma marque se mit à me brûler. Les autres s'étaient subitement arrêté de parler. Nous étions dans la salle commune. Il était minuit passé. Nous nous levâmes d'un même mouvement et, après avoir vérifié que personne ne pouvait nous voir, nous passâmes le mur de pierre et avançâmes dans le couloir.
Un passage secret près des appartements de Slughorn menait à Pré au Lard. Silencieusement, nous nous glissâmes à l'intérieur et suivîmes le chemin étroit, qui, parait-il, passait sous le lac. L'endroit était en effet très humide et nous eûmes plusieurs fois de l'eau jusqu'aux chevilles.
Après bientôt une demi-heure de marche, nous parvînmes à l'entrée de Pré-au-Lard où nous attendait le reste des mangemorts et bien entendu, notre maître.
Celui-ci nous mena dans une caverne située juste à l'extérieur du village. Plusieurs mangemorts restèrent à l'extérieur pour faire le guet. Le maître s'avança en premier à l'intérieur et nous le suivîmes.
- Mes chers amis, dit-il d'un air faussement joyeux, je vous présente Monsieur Phil Turpin, premier adjoint et conseiller du ministre de la magie qui nous fait le plaisir de nous tenir compagnie cette nuit.
L'adjoint du ministre était debout, des cordes magiques le maintenant en l'air. Une terreur indicible était inscrite sur ses traits. Je voyais qu'il tentait de hurler mais un sortilège empêchait tout son de sortir de sa gorge.
Le but de cette nuit était de collecter des informations sur les mesures prises contre les mangemorts, les aurors chargés de nous surveiller ou encore quelles personnes au ministère pourraient devenir nos alliées.
Bellatrix s'avança en première devant Turpin et lui demanda :
- Les aurors savent-ils que certains d'entre nous sont des fidèles du Seigneur des Ténèbres ?
Turpin essayait de répondre mais le sort de silence l'empêchait toujours de parler. Je voyais qu'il luttait pour répondre, gesticulant en tous sens, et sachant pourtant bien qu'elle allait lui lancer un endoloris. Ce qu'elle fit. Puis, d'une voix de fillette elle lança :
-Oups, j'avais oublié… Finite incantatem.
Tous les mangemorts rirent. Et Turpin répondit après avoir été soumis une fois de plus à l'endoloris.
Ainsi, nous nous avançâmes chacun notre tour devant l'homme en tentant de lui faire avouer le moindre détail utile. Pendant ce temps, le maître nous regardait, ne ratant aucune miette du spectacle.
Mais après avoir reçu de nombreux Endoloris, Turpin répondait avant même la fin de la question. Il avait essayé, plutôt courageusement, de résister au premier abord. Mais il avait vite renoncé.
Après notre réserve de questions épuisées, le maître s'était tourné vers nous et avait soufflé :
- Mes chers amis, il est temps d'amorcer la pierre angulaire de notre plan. Qui d'entre vous est doué dans l'art de la légilimencie, ou autre matière de l'esprit ?
- Moi, Maître ! avait lancé Bellatrix.
Celle-là aurait fait n'importe quoi pour impressionner le Seigneur des Ténèbres.
- Très bien, prouve-le.
- Impero !
Turpin se retrouva à danser telle une marionnette, cette impression amplifiée par les cordes qui le maintenaient toujours attachées.
- Si c'est tout ce que tu sais faire Bellatrix, je vais plutôt demander à quelqu'un d'autre. Tiens, Severus, prend sa place.
- Bien Maître.
Je me plaçais devant Turpin alors que Bellatrix me lançait un regard de haine pure. Je jubilais intérieurement. Je décidais de ne pas commencer par un Imperium et lançai :
- Legilimens !
L'esprit de Turpin était à cet instant entièrement tourné vers ce qu'il ne devait surtout pas dire. C'était donc un très mauvais occlumens. Toujours penser à des choses insignifiantes et ériger un mur dans son esprit pour ne pas faciliter la tâche de son ennemi. Je disséquais ses pensées puis sortis de son esprit.
- Il a menti Maître, annonçai-je. Une attaque est prévue pour nous contrer le jour où nous devions faire s'effondrer Gringotts. Apparemment, il y a un traître parmi nous. Bellatrix, Lucius et McNair sont suivis depuis quelques temps aussi. Et Shackelbolt fait partie de l'Ordre du Phénix, Maître.
- Parfait Severus… Tu as de grandes qualités en tant que legilimens à ce que je vois… Je règlerai cette histoire de traître plus tard.
Un silence de mort se fit. Mais une bouffée de fierté m'envahit et je lançais un sourire mauvais à Bellatrix alors que le Maître se tournait vers Turpin. Elle me foudroya du regard et se détourna vers son Maître vénéré.
Turpin reçut plusieurs endoloris pour se faire punir, puis le Maître le soumit à l'Imperium. Il était la première étape pour se rapprocher du ministre et ainsi diriger le ministère.
Quelques minutes plus tard, le Maître nous donna l'ordre de rentrer sans nous faire repérer et de commencer à semer le désordre et la peur parmi les enfants de moldus, ce que tous les autres acceptèrent avec joie. Mes pensées étaient retournées vers Lily. Je ne pouvais pas les laisser lui faire du mal, mais j'étais malgré tout incapable de les en empêcher. Mon cœur se serra une fois de plus aujourd'hui quand l'image de Lily ensanglantée et mourante dans mes bras frappèrent à nouveau mon esprit.
Nous rentrâmes rapidement au château et retournâmes dans les dortoirs. Je me couchai mais ne pouvais pas dormir, trop enchanté du compliment que j'avais reçu et trop inquiet à l'idée de refaire le même rêve que la nuit d'avant.
Un long moment plus tard, je décidais de faire le vide dans mon esprit et de prendre une potion de sommeil sans rêve. Je m'endormis à la seconde où ma tête toucha l'oreiller et dormis jusqu'à ce que mon réveil ne sonne. Je n'avais dormi que trois heures mais étais heureux de ne pas avoir pris divination et ainsi de ne commencer qu'à dix heures.
Je me levais la tête dans un brouillard épais, me préparais et me rendis seul à la Grande Salle prendre mon petit déjeuner. Arrivé devant la porte, une voix m'interpella :
- Sev, attends !
Je me tournai et découvris Lily se dirigeant vers moi.
- Ecoute Sev, il faut qu'on parle, me dit-elle en fronçant les sourcils.
Ma gorge se serra et mon cœur se mit à battre la chamade devant son air si sérieux et grave.
