Note: Plop plop les gens, bien que j'ai pas l'impression qu'il y ait beaucoup de gens, sinon ce que m'indique mes stats! Merci de me lire, vous que je ne connais pas! La suite c'est maintenant, et ça va bientôt bouger! Pour reviewter, donner votre avis, bon comme mauvais (j'accepte toutes les critiques, dès lors qu'elles sont constructives)

Réponses aux reviews:

Kahlane: tu devrais avoir la réponse à ta question dans ce chapitre :) Par contre, en ce qui concerne les jumeaux d'Horitsuba, j'ai bien peur d'en être assez loin ^^'

Nandra: Et oui, pauvre Fye... même moi je le plains le pauvre petit.


Même si Kurogane avait obtenu quelques réponses à ses questions, il continua à ruminer de longs jours durant. L'idée d'avoir été pris dans un piège comme le sort qui régissait la ville de Flycastle le mettait en rogne. Il n'aurait jamais cru que de tels sortilèges pouvaient exister, et surtout, il s'était étonné que Fye en connaisse l'existence. Il semblait en savoir long sur le sujet même s'il restait toujours dans le vague. Si en apparence leur « relation » comme avait osé l'appeler le blond, n'avait pas changé, en réalité, c'était tout autre. Oh, il n'en était pas au point de se qualifier d'amis, ou quelques choses dans ce genre-là. Kurogane n'en avait jamais eu de toute façon, alors il ne savait pas vraiment comment définir ce type de sentiment.

Enfant, la seule chose qui avait motivé sa vie était de devenir plus fort tout son temps avait été utilisé à s'entrainer avec son père et ses généraux qui accueillaient son enthousiasme avec plaisir, et s'était amusé à plusieurs reprises à le faire tourner en bourrique. Quand il ne s'entrainait pas, il passait son temps auprès de sa mère qui était souvent alitée. Il s'en était souvent inquiété, mais à chaque fois qu'il lui en avait parlé, celle-ci lui avait souri en lui disant que tout allait bien. Ses relations étaient presque exclusivement centré sur ses parents, et il n'avait jamais vraiment pris le temps de se faire des amis, tout au plus des camarades de jeu. Quand Suwa avait été détruite, il avait recréé ce genre de relation avec Tomoyo et Amateratsu, bien qu'il restait renfermé. Son seul vœu était de les protéger, et de toute façon, son caractère renfrogné faisait fuir la plupart des gens et il lui-même ne s'intéressait guère aux autres.

Mais les choses étaient différentes à présent. Il n'avait plus personne à protéger, plus personne à servir, plus personne à qui vouer son âme et son épée. La solitude l'avait naturellement accompagné pendant un an, jusqu'à ce qu'il rencontre Fye, ce type agaçant qui s'amusait à l'embêter. Pourtant, depuis que Kurogane avait dit qu'il se moquait bien de son passé, Fye semblait être moins sur la défensive, comme s'il l'en remerciait de respecter ses secrets. Oh, il continuait à le taquiner et à lui donner des surnoms ridicules, mais Kurogane s'en accommodait à sa façon. Il était si désireux de le voir se battre à nouveau, de caresser l'idée de pouvoir l'affronter… Et puis, le blond était loin d'être idiot. Il vivait caché dans l'auberge, avait peu de contact avec le reste du monde, mais ses réflexions étaient toujours pertinentes, même enrobée de plaisanterie.

Kurogane ne s'était jamais vraiment préoccupé du monde qui l'entourait, mais l'idée d'avoir été victime d'un sortilège aussi fort qui planait sur la ville l'énervait. Il en était à ces réflexions, appuyé contre un mur devant l'auberge, en regardant les gens passer en souriant. Comment pouvait-on accepter cette vie d'illusion ? Comment quelqu'un pouvait accepter de faire cela à des milliers de personne ? Lui qui avait connu des joies comme des peines dans sa vie de pouvait le tolérer. Quelque chose c'était brisé en lui un an plus tôt quand il avait perdu Tomoyo. C'était une blessure béante, un sentiment d'impuissance qui refusait de le quitter, mais pour autant, il refusait de s'en séparer. Cette souffrance, comme celle de la perte de ses parents forgeait son caractère, et son avenir. Déjà qu'il ne lui restait pas grand-chose, alors si on le privait de ça…

« Eh bien Kuro-pon, encore en train de ruminer ? »

Le brun sursauta. Le blond avait surgi ses cotés comme un diablotin de sa boite.

« Je réfléchissais juste… en regardant ces gens.

- Ce sortilège te perturbe donc tant ?

- Pas toi ? T'aimerai être confronté à ça ? Vivre une vie de bonheur illusoire ?

- Va savoir…

- Pff, ça fait trop longtemps que t'es enfermé dans ton auberge.

- Qu'est ce qui te fait penser ça?

- Si tu voyais cette ville sous son vrai jour, tu te rendrais compte à quel point ça n'a pas de sens. Le monde ne peut pas avancer sans souffrance. »

Fye le regarda un instant interdit. Kurogane avait sans doute raison, mais pour quelqu'un comme lui qui n'avait vécu que souffrances… Non, au fond, il connaissait déjà la réponse. Une vie sans souffrance n'était pas une vie, lui avait dit un jour quelqu'un. Ces peines passés lui permettait d'apprécié chaque petit moment de joie, même infime. Un bon repas, un bon verre d'alcool… Non, le brun avait raison. Ca n'avait pas de sens de vivre ainsi.

Soudain, Il plissa les yeux. La neige avait commencé à fondre ce matin, grâce au soleil sans nuage qui réchauffait l'air encore un peu frais de ce mois de février. Quelque chose brillait dans un tas de neige à demi fondu. Kurogane le vit aussi et, intrigué, alla le chercher. Il se figea. C'était un objet métallique, retenu par un ruban rouge, un objet qui avait la forme d'un symbole qu'il ne connaissait que trop bien. Une chauve-souris. Les souvenirs défilèrent dans sa tête à une vitesse folle. Un homme qui poignardait sa mère, avec sur le pommeau de sa lame, une chauve-souris. Les soldats qu'il avait affronté ce jour-là avaient aussi sur leur armure une chauve-souris de représenté. Il réfléchit à toute vitesse et regarda au sol, où il trouva un autre objet semblable. Ils avaient surement appartenu aux malfrats qui les avaient agressé l'autre jour, et avec la neige compact, lui comme Fye n'avait rien vu.

« Bordel je vais me les faire ! Rugit Kurogane qui n'avait plus qu'une idée en tête, retrouver les bandits, et les faire parler, par tous les moyens possibles.

« Kuro-chan att… »

Il n'eut pas le temps de finir que Kurogane l'avait empoigné par ses vêtements et soulevé de quelques centimètres.

« T'en mêle pas, contente toi de me donner mon sabre, sinon je jure que je retournerai toute l'auberge s'il le faut, ta chambre comprise ! »

Fye sentit tous ses sens en alerte. Son tatouage le brula de nouveau, son corps frémissait. Ce symbole, il l'avait déjà vu il y a si longtemps, qu'il n'y avait plus pensé, alors, pourquoi maintenant, ici, alors qu'il pensait enfin pouvoir relativement en paix ? Stop, il ne devait pas se laisser emporter par la colère de Kurogane, et surtout, il ne devait pas laisser sa magie agir d'elle-même pour le protéger.

« Et après ? Tu vas retourner toute la ville pour débusquer ses bandits ? Tu vas semer le sang et la mort ? Tu dois réfléchir !

- Réfléchir à quoi ?! Ils portent le même symbole que les salauds qui ont massacré mon pays, et tu me demandes de rester calme ?! »

Fye posa doucement ses mains sur celle du brun qui bouillait de colère.

« Réfléchir au moyen de les débusquer. Découvrir leur organisation. Qui les commande, et remonter jusque cette personne. Tuer à l'aveuglette ne te le permettra pas. Et puis…

- Et puis… ?

- Ce… symbole, je l'ai déjà vu moi aussi. Ce n'est pas une coïncidence de le retrouver chez toi, chez moi, et ici…

Fye s'en souvenait comme si c'était hier. A cette époque, il n'était que des enfants lui et son frère. Enfermé et caché du peuple de Seles, leur univers ne se résumait qu'à eux, et parfois, à leur parent. Un homme était venu un jour pourtant. Fye n'arrivait pas à se souvenir de son visage, mais il n'avait jamais pu oublier cet étrange symbole de chauve-souris ni les paroles que l'homme avait prononcé en les pointant du doigt :

« Ainsi les voici, les enfants de la honte… »

Il frissonna en repensant à cette scène, mais ses yeux ne cillèrent pas face au regard empli de colère du brun. Combien même il le comprenait, il ne pouvait le laisser faire ça. Même si cela l'amenait à s'impliquer alors qu'il ne le devrait normalement pas. Sauf que cette fois, il avait une raison, car cela pouvait éventuellement le concerner, et l'aider à comprendre ce qui c'était passé après la visite de cet homme… ce jour funeste où tout avait basculé…

« Choisi, ton frère, ou toi. »

« T'as une idée en tête ? Lui demanda le brun, avant de le reposer sans pour autant être calmé

- Rassemblons ce que nous savons. Après on avisera.

- On ? Tu vas sortir de ta cachette ?

- Ce symbole m'intrigue, comme je te l'ai dit, ce n'est certainement pas une coïncidence. D'autant que, cela fait un moment que je me demande pourquoi ces bandits ne sont pas tombés sous l'égide du sortilège de cette ville… Rentrons »

Kurogane le suivit d'un regard suspicieux. Il s'assit à une table, et y déposa les deux objets qu'il avait trouvés, pendant que Fye sortait une bouteille d'alcool et deux verres.

« Reprenons depuis le début, dit-il enfin.

-Je t'écoute, répondit Kurogane d'une voix hachée, les bras croisés.

- Nous avons déjà vu tous les deux ce symbole par le passé, dans des circonstances peu agréable, et les bandits de l'autre jour le portait. On peut donc en déduire, qu'il est le symbole d'une organisation, ou quelque chose dans ce genre-là.

- Ouais.

- Hors, normalement, la ville est régie par un sortilège qui inspire joie et félicité à ceux qui y vivent. Pour que ces hommes ne soient pas affectés, c'est qu'ils sont forcément protégés par un sort plus puissant, car je doute qu'ils soient dotés d'une très grande volonté, comme c'est le cas pour toi.

- Donc ?

- Donc il doit y avoir un magicien derrière tout ça.

- Encore de la magie, grogna le brun.

- J'en ai bien peur Kuro-pon. Sauf que… Ce n'est pas normal, la magie est rare, cachée, hors cette ville semble l'attirer comme un aimant.

- Et donc, qu'elle serait le but de cet empaffé selon toi ?

- En briser la logique qui régit cette ville depuis plusieurs années… En y semant le chaos, en y instillant des sentiments qui ne devraient pas avoir lieu d'être, à travers ces bandits.

- Ca nous dit pas comment mettre la main dessus. Si y a un sorcier dans le lot, il doit surement protéger leur cachette non ?

- Tout juste…

- Tu pourrais pas utiliser ta magie ? T'arrives bien à faire en sortes que les gens t'oublient.

Ce n'est pas moi qui est posé ce sort. Je ne peux pas utiliser ma magie, peu importe la raison.

Kurogane lui lança un regard inquisiteur avant de lui répondre.

- Alors il va falloir retourner la ville et espérer tomber dessus.

- Pas forcément, dit Fye d'un sourire.

- Hein ?

- Mais pour ça, on va avoir besoin d'un petit coup de main.

- Personne ne nous écoutera ici.

- Ne t'inquiète pas, je sais exactement qui pourrait nous aider. »