Bonjour !
Comme annoncé dans le chapitre précédent, le rythme de publication est modifié à partir de la semaine prochaine. Le prochain chapitre sera donc posté entre vendredi et dimanche !
Marie : oh je suis contente que ça t'ait plu :) Je n'avais même pas pensé à Raiponce en imaginant ces scènes x)
Pandémonium
Chapitre 12
"I cannot, by the progress of the stars,
Give guess how near to day"
"Je ne puis, par la marche des étoiles,
Juger combien le jour est proche."
Jules César, acte II, scène I
oOo
« Tu es sûr que c'est par là ? »
« Certain. »
Henry et Lyra s'aventurèrent prudemment dans la forêt à la recherche de leurs documents volés. A cette heure matinale, la plupart des habitants dormaient : la cérémonie des lumières étoilées s'était prolongée tard dans la nuit et personne n'avait trouvé le courage de se lever aux aurores, ce qui arrangeait bien leurs affaires.
« Tu as une meilleure mémoire que moi... » fit remarquer Lyra.
Elle n'était toujours pas rassurée à l'idée de s'aventurer sous le couvert des arbres aux troncs noueux et sombres.
« C'est là, » affirma t-il.
Entre les racines tordues d'un vieil arbre, il récupéra leur larcin.
« Ne traînons pas, » le pressa son amie.
Henry aurait bien aimé rester près de la forêt, afin d'être mieux dissimulé et à l'abri des regards indiscrets mais Lyra manifesta aussitôt son désaccord.
« Si jamais mon père apprend que je traîne encore dans ce coin là, j'aurais de sérieux ennuis ! »
« Hmm... »
Faute de mieux, ils retournèrent à l'étang où quelques lampions maintenant éteints traînaient encore.
« Alors, je crois que tu avais besoin de mon aide ? » demanda Lyra tandis qu'ils s'asseyaient.
La veille, Henry n'avait pas eu le cœur à refroidir le bel enthousiasme qu'elle avait manifesté en lui parlant de la cérémonie, et encore moins à gâcher la soirée qu'ils avaient passé tous les deux au bord de l'étendue d'eau à observer deux lampions briller à l'unisson.
« Oui, » confirma t-il en lui tendant les notes écrites par Hadès. « J'ai le sentiment que c'est important, mais c'est écrit en grec ancien. »
« Oh... je ne suis pas si bonne que ça... mais laisse-moi y jeter un œil. »
Le Roi avait appris à sa fille comment lire cette langue qu'il semblait tant affectionner mais Lyra n'avait jamais manifesté un intérêt débordant.
Pendant qu'elle réfléchissait, Henry observa les autres documents qu'il avait à sa disposition : le premier était une esquisse au crayon d'une jeune femme aux traits délicats. Henry, qui estimait être un bon dessinateur, la trouva réussie. Le deuxième, qui était dans un état déplorable tant il était chiffonné, était une reproduction d'un tableau représentant une homme antipathique agrippant le bras d'une femme. Hadès, si c'était lui le responsable, devait détester cette peinture pour s'être autant acharné dessus. Au dos de la feuille, Henry déchiffra une inscription : Le Rapt de Perséphone, par Simone Pignoni. De plus en plus intrigué, il passa au dernier document qu'il avait à sa disposition : c'était un résumé du ballet Casse-noisette de Tchaïkovski. Ce nom lui était familier car il avait déjà entendu Lyra et Rigel jouer des morceaux de ce compositeur. Le jeune homme remarqua que le nom de la Fée Dragée était entouré à chaque fois qu'il était mentionné.
« Bizarre... » pensa t-il à voix haute.
Il ne voyait pas très bien le rapport entre Perséphone et ce ballet. Lyra, toujours concentrée, fronçait les sourcils.
« Tu t'en sors ? » l'interrogea Henry.
« Eh bien... je crois. D'après ce que j'ai compris, il est question d'une certaine Fée Dragée qui vivrait recluse dans une dimension immatérielle... une dimension de l'esprit... mais j'avoue que je suis un peu perplexe. C'est bel et bien l'écriture de mon père mais je ne vois pas pourquoi il se serait donné la peine de prendre des notes en grec ancien sur ce sujet en particulier. »
Mais Henry n'écoutait déjà plus qu'à moitié : une fée ! Avec probablement des pouvoirs magiques et qui pourrait donc leur apporter son aide ! C'était bien plus qu'il n'osait l'espérer. Quelque chose tempéra néanmoins son enthousiasme : si cette Fée Dragée vivait dans un monde immatériel, il voyait mal comment il pourrait la contacter...
« Est-ce que ça t'a aidé ? » demanda Lyra avec hésitation.
« Oui... je pense bien que oui . »
Son amie n'était pas stupide : elle devait bien se douter que ce qu'il préparait n'était pas totalement innocent. Dans son intérêt, il veillait à lui en révéler le moins possible : il ne voulait pas qu'elle se retrouve malgré elle complice de la chute de son père.
Il devait rapidement parler de ses découvertes à Emma et aux autres membres du Cercle. La situation à Pandémonium pouvait dégénérer d'un jour à l'autre : leur temps était compté, et plus vite ils trouveraient une solution, plus vite ils pourraient sauver August et arrêter le Roi et sa folie vengeresse.
Henry avisa Lyra qui consultait le carnet qu'il avait pris dans l'Observatoire.
« Qu'est-ce que c'est ? »
Le visage fermé, elle semblait de plus en plus agacée au fur et à mesure qu'elle tournait les pages.
« Ce sont des notes de mon père. A chaque fois que j'ai utilisé ma lyre, il a fait un petit compte rendu de la réaction de tous ceux qui m'écoutaient jouer. »
« Pour quoi faire ? »
« Visiblement, elle aurait le pouvoir d'influencer les sentiments des gens, et même leurs actions... c'est une lyre enchantée. »
« Et il ne te l'a jamais dit ? »
« Non ! »
De rage, elle referma brusquement le carnet.
« Je pensais connaître mon père, mais force est de constater qu'en fait, j'ignore tout de lui. D'abord, son comportement violent... et maintenant ça... »
Elle se mordit la lèvre.
« Et j'ai la sensation qu'il nous cache encore beaucoup de choses... »
Lyra soupira et se releva.
« Je vais aux écuries. Tu viens ? »
« Peut-être plus tard. J'ai quelque chose à faire d'abord... »
Henry remarqua que son amie avait oublié sur le sol le carnet dérobé mais elle était déjà loin. Haussant les épaules, il le ramassa et décida qu'il le lui rendrait plus tard.
Tandis qu'il arpentait les rues de la ville, il songea que l'allégresse provoquée par la cérémonie des lumières étoilées s'était envolée : tout le monde était redevenu morose et l'atmosphère était aussi pesante qu'à l'ordinaire.
Avisant deux Serpents – Victor et Sidney – il prit la décision de faire un détour plutôt que d'avoir à les croiser. Sidney était visiblement d'une humeur massacrante et il ne voulait pas se risquer à l'agacer d'une manière ou d'une autre, et encore moins de se faire prendre en possession de documents volés qui le mettraient dans une situation plus que délicate.
Henry ne fut pas mécontent de parvenir enfin à destination. Lorsqu'il entra chez lui, il tomba sur Emma et Regina assises dans le salon. Regina s'extasiait sur le pendentif représentant un phénix en plein vol que Gepetto avait fait pour elle et qu'elle venait juste d'obtenir. Henry, comme tous les membres du Cercle, en possédait un similaire à l'effigie de son surnom, le Corbeau, mais il le portait rarement, et il pensa à conseiller à Regina de faire de même : Hadès, loin d'être idiot, avait certainement compris le principe de leurs surnoms quand il avait arrêté August et avait dû recommander à ses soldats d'être vigilants.
« J'ai étudié les documents que j'ai pris dans l'Observatoire, » annonça t-il de but en blanc. « Lyra a bien voulu traduire celui qui était en grec ancien pour moi. »
Si Regina et Emma lui accordèrent toute leur attention, elles ne cessaient de se jeter des coups d'œil à la dérobée. Il plissa les yeux. Il les avait bien remarquées, la veille, de l'autre côté de l'étang pendant que lui-même était avec Lyra. Visiblement, quelque chose entre elles avait changé...
Mais il manquait de temps pour vraiment s'y intéresser, aussi poursuivit-il en leur résumant ce qu'il avait découvert.
« La Fée Dragée, hein ? » dit Emma. « Jamais entendu ce nom. »
Sa remarque n'était en soi pas très utile : sans aucun souvenir, elle aurait été bien en peine de dire si cela lui évoquait quelque chose. Regina demeura insondable.
« Tu penses qu'elle pourrait nous aider ? » lança t-elle.
« Je ne suis sûr de rien, mais au point où nous en sommes... »
« C'est vrai, gamin, » confirma Emma. « Mais d'après ce que tu nous as raconté, la Fée Dragée vit dans un monde immatériel. Je vois mal comment nous pourrions entrer en contact avec elle... »
Il gonfla les joues, contrarié.
« Ouais... je n'ai pas encore réfléchi à ce problème... »
Laissant Emma et Regina, il gagna sa chambre et faute de mieux, reprit la lecture de Jules César en espérant qu'une idée géniale jaillirait de son esprit – ce qui n'était pas gagné.
oOo
« Très franchement, Snow... je ne suis pas sûre que le revoir soit une très bonne idée... en plus... »
Maleficient fut interrompue par le petit Neal, qui, après avoir fait plusieurs fois le tour de la boulangerie sur ses courtes jambes, la tira par la main pour lui réclamer d'autres gâteaux dans un joyeux babillage qu'elle ne comprit qu'à moitié.
Elle lui tendit un panier de madeleines avant de se tourner vers son amie, qui jouait avec une mèche de ses longs cheveux noirs, l'air rêveur.
« Snow ? Tu m'écoutes ? »
« Oui, je t'ai entendue... mais nous ne faisons rien de mal. Nous sommes amis, c'est tout. »
Les mains sur les hanches, elle vint se planter devant elle.
« Pour l'instant. Je te connais, Snow... je vois bien qu'il te plaît... »
Celle-ci soupira.
« Admettons. Je ne vois pas où est le problème... »
« C'est un Serpent ! » explosa Maleficient. « Tu joues avec le feu... et tu finiras par te brûler. »
« C'est très gentil de t'inquiéter pour moi... mais je ne risque rien. Pas avec David. Il n'est pas comme George ou Rumplestiltskin... je peux lui faire confiance. »
« La question n'est pas là. N'as-tu pas toi même dit qu'il était proche du Roi-Serpent ? »
Pour la première fois, Snow parût ennuyée. Ne lui laissant pas le temps de répondre, Maleficient reprit :
« Peu importe qu'il soit oui ou non digne de confiance, le fait est que le fréquenter attirera l'attention du Roi sur toi, ce que nous ne pouvons pas nous permettre. Pas après ce qui est arrivé à August... »
Sur ses conseils, Snow avait cessé de porter son pendentif de mésange : même si le Serpent déchu ne l'avait pas sur lui au moment de son arrestation, il ne valait mieux pas prendre de risques inutiles quand on passait ses journées à la Ruche.
Snow devait bien savoir qu'elle avait raison, mais son amie était têtue : quand elle avait quelque chose en tête, la faire changer d'avis s'avérait ardu.
« Je ne rechercherai plus sa compagnie, » capitula Snow. « Mais je ne l'éviterai pas non plus. »
Elle consentait à faire passer les intérêts du Cercle d'Odysseus avant les siens mais ne tenait pas à tout sacrifier pour lui.
« Bien, » approuva Maleficient, décidée à aborder un autre sujet.
Elle peinait à en trouver un quand Lily entra dans la boulangerie, lui offrant une distraction bienvenue. Neal se précipita aussitôt sur elle et lui tendit une madeleine, qu'elle accepta volontiers.
« Tu es en retard, » commenta Maleficient.
Lily avait pour habitude de la retrouver à la boulangerie juste après la fin de son service du midi mais il était déjà plus de quinze heures.
« J'ai traîné autour de la Ruche. J'essaye de repérer comment s'organisent les tours de garde. Si je trouve la moindre faille... »
Elle s'adossa au comptoir, une flamme brillant dans ses yeux sombres. Même si l'emprisonnement d'August l'avait ébranlée, elle n'avait pas oublié son projet de coup d'état. Renverser le Roi était devenu sa première priorité. Snow et Maleficient échangèrent un regard mitigé. Contrairement à ce que pensait Lily, qui avait hélas tendance à agir avant de réfléchir, pénétrer dans la fosse aux serpents qu'était la Ruche pour en chasser le Roi s'apparentait plus ou moins à un suicide.
Avisant leur expression peu convaincue, Lily reprit :
« Henry a visiblement trouvé quelque chose d'intéressant dans l'Observatoire. Vous devriez vous montrer un peu plus optimistes ! »
Si Snow baissa les yeux, Maleficient se fendit d'un sourire fatigué.
« Bien sûr. »
Lily n'avait peut-être pas tort après tout.
S'il n'y avait plus rien à espérer, alors autant rendre les armes et subir la colère d'Hadès.
Maleficient préférait l'espoir.
oOo
Zelena traînait dans les jardins du palais sans but particulier. Elle avait donné son après-midi à Snow pour qu'elle passe du temps avec son fils et ses éclaireuses lui avaient déjà fait leur rapport quotidien sans rien lui apprendre de bien intéressant.
Elle s'assit sous son arbre favori – un saule pleureur – et repensa à la soirée de la veille. Lyra étant de sortie et Hadès enfermé dans l'Observatoire, elle s'était retranchée avec son lampion bleu dans ce qui avait été la chambre de Rigel.
C'était la première fois qu'elle y retournait depuis l'incident. Les meubles étaient recouverts d'une épaisse couche de poussière et la pièce sentait le renfermé. Un instant, elle s'était imaginée que son fils allait rentrer d'un après-midi passé avec ses amis et lui demander ce qu'elle faisait là...
Mais ça n'arriverait pas, bien sûr. Ça n'arriverait plus jamais.
Zelena s'était assise sur le lit et avait posé le lampion sur la table de chevet. Les murs s'étaient parés d'une lueur bleue. Comme sa couleur préférée et l'étoile qui lui avait donné son nom.
Se perdant dans la contemplation de cette lumière rassurante, elle n'avait pas entendu la porte s'ouvrir et avait sursauté quand Hadès s'était assis à ses côtés. Il avait déposé un autre lampion, de couleur verte, à côté du sien.
Ensemble, ils les avaient regardés briller dans le noir pendant de longues minutes. En silence.
Puis, Hadès s'était levé et l'avait embrassée sur le front en murmurant une unique phrase.
Je suis désolé.
Et il était parti.
Maintenant, Zelena se demandait ce qu'il avait bien pu vouloir dire par là. Désolé pour quoi ? Pour la perte de Rigel ? Pour son comportement de ces derniers jours ? Pour autre chose encore ?
Elle ne resta pas seule bien longtemps : une fois de plus, Hadès la rejoignit et s'accroupit en face d'elle.
« Je déteste quand on se dispute, » lâcha t-il.
« Moi aussi, » rétorqua t-elle.
Il soupira, mal à l'aise.
« Écoute... je reconnais que j'ai peut-être été un peu... excessif... »
Chaque mot semblait lui coûter.
« Mais c'est parce que je ne supporte pas qu'on essaie de vous faire du mal, à Lyra et à toi. »
« Je sais, Hadès. Je sais... »
Zelena avait perdu tout espoir de le raisonner. Et ça lui crevait littéralement le cœur.
« N'en parlons plus, d'accord ? » lança t-il. « Oublions ce qui s'est passé ces derniers jours. Nous passerons plus de temps ensemble. En famille. Qu'est-ce que tu en dis ? »
Zelena se pensait être incapable d'oublier ce qui était arrivé à August.
Mais pour Hadès, elle était prête à oublier n'importe quoi.
Elle lui offrit un sourire tendre.
« C'est d'accord. »
oOo
Emma et Regina avaient terminé d'effectuer leurs livraisons du jour et marchaient tranquillement dans les rues. Aucune n'était particulièrement pressée de rentrer : rentrer voulait dire réfléchir de nouveau à un moyen d'arrêter le Roi, et peut-être devoir faire face à l'impasse qu'était la découverte d'Henry sur la Fée Dragée.
« Finalement, ce n'était pas si mal, la cérémonie des lumières étoilées... » lâcha Emma. « C'est morose, aujourd'hui. »
« Oui, c'est vrai, » confirma Regina. »
« C'était une belle soirée, pas vrai ? » dit Emma en lui faisant un clin d'oeil qui la fit presque rougir.
« Oui... oui, une très belle soirée. »
« Dommage que la cérémonie n'ait pas lieu plus souvent. »
« Je croyais que ça vous agaçait plus qu'autre chose ! »
« Oh... ça, c'était avant de la passer avec vous. »
Emma éclata de rire devant son visage confus et gêné. Heureusement, elles avaient atteint leur destination. Henry était là et les attendait devant le salon.
« J'ai trouvé ! » s'exclama t-il, surexcité.
« Hola, doucement, gamin », le tempéra Emma.
Bien loin de retrouver son calme, Henry agita un carnet devant leurs yeux.
« Lyra a pris ça, dans l'Observatoire... elle l'a oublié ce matin... »
Il se lança alors dans une explication passionnée des pouvoirs de la lyre enchantée de son amie.
« Tout ça, c'est très joli, Henry... » le coupa Emma. « Mais je ne vois pas en quoi ça pourrait nous aider. »
« Tu ne comprends pas ? La lyre peut influencer les actes des gens. Peut-être qu'elle pourrait aussi influencer leur esprit et les envoyer à la rencontre de la Fée Dragée ! »
Si Emma était toujours sceptique, Regina fut impressionnée par les découvertes de son fils.
« Ça pourrait marcher... » reconnut-elle.
Elle se tourna vers Emma.
« Je pense que ça vaut le coup d'essayer. Je suis d'accord pour tenter l'expérience. »
« Hmm... bon, peut-être. Mais encore faut-il que la Princesse-Étoile accepte de jouer pour nous... »
« Oh, ça ne posera pas de problème, » affirma Henry. « Je vais de ce pas lui demander ! »
Et il sortit en trombe.
« Vous êtes sûre de vouloir le faire ? » demanda Emma.
« Quelqu'un doit bien s'y coller. »
« Hmm... dans ce cas, je viens avec vous. »
« Vraiment ? »
« Bien sûr. Être endormie par magie pour rendre visite à une fée imaginaire dans un pays inexistant... le rêve ! »
Elle éclata de rire, suivie de près par Regina.
oOo
Il semblait à Henry qu'il n'avait jamais couru aussi vite, si bien qu'il faillit rentrer dans deux Abeilles qui passaient par là. Lorsqu'il parvint enfin devant la Ruche, il manqua de s'étrangler en voyant la Reine sortir des jardins accompagnée du Roi. Il songea à faire demi-tour mais c'était trop tard : ils l'avaient vu.
« Bonjour, Henry, » le salua la Reine lorsqu'il parvint à leur hauteur.
« Bonjour... Majestés. »
Si parler à la Reine ne lui posait pas de problème, il était toujours aussi mal à l'aise en présence du Roi qui l'intimidait fortement.
« Je viens voir Lyra, » précisa t-il.
Il s'efforça de soutenir le regard d'Hadès.
« Nous allons la prévenir que tu es là, » dit-il simplement.
Ravi de s'en tirer sans subir un interrogatoire, il patienta quelques minutes avant d'être rejoint par Lyra.
« J'ai encore besoin de ton aide, » annonça t-il.
« C'est à propos des documents ? »
« Oui. Et aussi de ce qui est écrit dans le carnet. »
Il lui rendit alors celui-ci.
« Comment ça ? »
« Eh bien... j'ai besoin que tu joues quelque chose pour moi. Est-ce que tu connais des berceuses ? »
Lyra posa sur lui deux grands yeux interrogateurs.
