Epilogue.
Sanji tournait en rond dans l'appart.
Il n'avait pas dormi, pas mangé. Et tentait vainement de ne pas se ronger les ongles. Ça faisait deux jours que Zoro n'était pas rentré… Et il allait bientôt passer sa troisième nuit sans lui. Il avait enfilé l'un de ses pulls, pour essayer de calmer son stress en ayant son odeur sur lui, mais ça n'avait fonctionné que quelques heures.
L'inquiétude lui tordait le ventre, tendait ses muscles et l'empêchait d'avoir faim. Il tournait dans le salon, jetant des coups d'œil à l'écran de télévision, s'en désintéressant presque aussitôt. Son smartphone gisait, inutile, sur le canapé. L'angoisse, la peur et l'incertitude tournaient dans sa tête, se disputant tour à tour son attention.
Jusqu'à ce qu'une clé tourne dans la serrure de l'entrée.
Un feu glacé se répandit brusquement dans ses veines, lui chauffant le visage, la gorge, la poitrine et l'aine, lui donnant envie de se gratter. Il s'avança à grandes enjambées vers la porte, avant de s'arrêter net à l'entrée du couloir.
Zoro fermait la porte, son sac de sport à la main. Il leva les yeux vers lui et resta un instant sans bouger, comme un lapin prit dans les phares d'une voiture.
Un instant s'écoula avant qu'il ne dépose son sac et s'approche doucement, ses pas n'étant plus rythmé par le balancement de ses dreadlocks. Il ralentit quand il vit le poing du blond se serrer, et s'arrêta à une distance de sécurité. Ses yeux d'azur emplit de larmes lui griffaient le cœur, le laissant cuisant et ô combien douloureux. La culpabilité qui le rongeait depuis son départ tripla de volume dans sa poitrine.
Sanji inspira profondément avant de parler, pour égaliser sa voix et tenter de refouler l'élan physique qui le prenait.
_ J'ai envie de te gifler… et d't'embrasser. Tu préfères quoi ? Articula-t-il, sans le quitter des yeux.
Zoro baissa les siens et présenta sa joue gauche. Sanji déplia les doigts et le gifla si fort qu'il tituba sur le côté. Car oui, Sanji restait un homme, et les heures passer en cuisine lui avait fait les bras.
Il cligna des yeux pour faire disparaitre les petites étoiles, frottant sa joue brûlante et leva les yeux vers lui. Le blond s'approcha, les larmes dévalant ses joues, et se glissa dans ses bras, agrippant sa veste en cuir, enfouissant son visage dans son cou, pleurant en silence. Zoro le serra fort contre lui, lui murmurant pardon à l'oreille, glissant une main dans sa tignasse blonde, lui embrassant la tempe entre deux excuses.
Il s'en voulait de l'avoir laissé sans lui dire au-revoir et savait qu'il aurait droit à une discussion assez longue sur le sujet. Il se doutait aussi que Trafalgar ne tarderait pas à débarquer pour demander des explications et lui aplatir son poing sur la figure… ou l'inverse. Pour l'instant i s'en foutait, seul Sanji comptait.
Il recula et prit le visage larmoyant de son blond entre ses mains, essuyant ses larmes avec ses pouces, plongeant son regard dans le sien.
_ Je te demande pardon Sanji. Tu peux pas savoir à quel point je m'en veux, j'ai pas-…
Le cuistot ne le laissa pas finir, posant ses lèvres sur les siennes. Bordel, que ça faisait du bien… ! Il ne pensait pas être accro à ce point, mais là… Le toucher, l'embrasser, le respirer, c'était une véritable libération. Il se perdit dans son étreinte, s'agrippant plus fort à lui, quémandant son baiser avec force et soulagement. Il était revenu, vivant et entier. Et présentement, ça effaçait toute l'angoisse, toute la peur et toutes les larmes.
Zoro prit le baiser en main, l'embrassant tendrement, calmant le jeu, l'assurant de sa présence. Il avait glissé ses mains sur sa taille et le serrait contre lui. Il recula doucement sa tête, mettant son front contre le sien pour que tous deux puissent reprendre leur souffle.
_ Crétin … lâcha le blond dans un souffle, le regardant par en dessous, tanguant entre soulagement et envie de meurtre. Zoro eut une moue contrite et lui rendit son regard, ne pouvant faire autrement qu'accepter le reproche, et tous ceux silencieux. T'aurais pu m'en parler avant, je t'aurais pas fait une scène de ménage démentielle …
_ … Tu m'en aurais quand même fait une, répliqua doucement Zoro, un très léger sourire aux lèvres, qui se communiqua à celles du blond.
_ Évidemment… C'est pas comme si tu … Tu peux pas imaginer l'état d'angoisse dans lequel j'étais … Inverse la situation, tu ne m'aurais même pas laissé quitter la chambre.
Zoro eut un léger sourire.
_ C'est probable.
Sanji ouvrit la bouche mais la sonnette lui coupa la parole. Le flic inspira et jeta un coup d'œil au judas. Trafalgar et Kidd.
Il haussa un sourcil puis soupira et ouvrit.
Il n'eut pas le temps de les saluer, Law lui dégomma la mâchoire. Putain de droitier… Le gout métallique du sang lui emplit la bouche, il cracha le surplus dans sa main avant de se décaler pour les laisser entrer.
_ Tout le plaisir est pour moi, lâcha-t-il ironiquement, allant dans la cuisine se rincer la bouche et la main. Kidd referma derrière lui après avoir laissé passer le brun.
Sanji et Trafalgar échangèrent un regard, avant de se donner leur accolade habituelle.
_ Excuse-moi.
_ Il a eu la même y a cinq minutes, répondit le blond en secouant légèrement la tête.
_ Ça va, vous n'avez pas l'impression que je suis encore dans la pièce ? protesta Zoro, revenant dans le salon, croisant Kidd au passage, qui alla ouvrir le frigo, cherchant une boisson digne d'intérêt.
_ J'vais t'en mettre une deuxième, histoire que tu saisisses bien la situation.
_ Tu vas essayer.
_ Comment t'as pu nous faire ça ? Nous mentir pendant un an, consciemment ?
_ C'était le boulot, Trafalgar ! Et ne me parle pas de conscience, ok ?! Parce que crois-moi, elle m'a bien fait chier, que ce soit pour Sanji ou pour toi, petit con prétentieux.
_ Moi j'suis un petit con ?!
_ Oui t'es un petit con ! Tu pouvais pas faire en sorte que ce soit Shanks qui te prenne sous son aile, plutôt que ce détraqué de Flamant Rose ?
_ Comme si j'avais eu le choix ! Et n'essaie pas de changer de conversation !
_ Ce que j'essaie de te faire comprendre c'est que j'ai autant eu le choix que toi. Tu penses que je ne me sens pas mal de vous avoir menti ? Que ça a été facile de regarder Sanji dans les yeux ? De voir ma tronche dans le miroir tous les matins ? Non ! Alors arrête ton numéro d'ami offensé, t'es pas le seul dans ce cas. Et pour ta gouverne, je t'ai sauvé les miches.
_ Oui je sais ! … Eustass-ya m'en a parlé. Vaguement …
_ Service, lâcha Kidd, installer dans le canapé, une bière à la main, les regardant se crêper le chignon verbalement. Son intervention fit sourire le blond, qui s'était adossé au dossier du sofa, croisant les bras, regardant l'échange lui aussi.
_ C'est bon, t'es calmé ?
_ J'ai bien envie de t'en mettre une autre. On est une famille bordel !
_ Dis-moi franchement, Trafalgar : si je t'avais révélé mon statut de flic, t'aurais pas couru annoncer à Donquichotte que j'étais une fouine ?
Ça eut pour effet de clouer le bec du brun.
Qu'aurait-il fait ?... Il appréciait bien plus sa « famille » du bar que DoFla… Est-ce qu'il l'aurait vendu ?… Probablement, si Kidd n'était pas arrivé …
_ Ton silence me répond, pas besoin de réfléchir plus.
Après un instant, Zoro lui tendit la main. Trafalgar le regarda de travers.
_ Mouais, t'as rien d'autre à dire avant que j'te serre la main ? D'autre squelette caché dans le placard ?
_ J'ai mis le feu au bar.
_ QUOI ?! s'écrièrent en même temps l'ancien cuistot et l'ex serveur, tour à tour saisi par la stupéfaction, l'incompréhension et la colère.
_ J'ai mis le feu au bar pour détruire les preuves qui pouvaient vous incriminer, se justifia-t-il. J'ai caché tes clés exprès, je ne voulais en aucun cas que tu sois blessé, ajouta Zoro en regardant son amant, le plus sincèrement du monde.
Le silence ce fit dans le salon. Ils étaient tous les deux sur le cul… et avaient du mal à réaliser.
Trafalgar se reprit, fixant sur Zoro un nouveau regard, méfiant et respectueux. Il prit sa main, toujours en l'air, et lui octroya l'accolade qu'il attendait.
_ Connard.
_ P'tit con.
Aux infos du soir, il fut annoncé que la police avait réussi un gros coup de filet, en arrêtant plusieurs chefs de gangs et leurs hommes de mains. Ces hommes seraient jugés et condamnés aux vue de leur chef d'accusation. Évidemment, la présentatrice remercia chaleureusement les policiers pour leurs travails.
Shanks proposa à Mihawk, Sanji, Trafalgar et Bepo de travailler pour lui, dans l'un des deux bars dont il était propriétaire.
Fin officielle. J'espère avoir répondu aux questions que vous vous posiez, si ce n'est pas le cas, n'hésiter pas à reviewer, je me ferais un plaisir de vous répondre :)
Les bonus devraient arriver sous peu.
Peace !
