Pour se battre
La Salle sur demande paraissait encore plus chaude qu'à l'habitude, les brindilles du feu virevoltaient tandis qu'un canapé qui inspirait le confort apparu en face du foyer. Les lumières tamisées, il n'y avait que la chevelure blonde éclatante de Drago qui contrastait avec le décor. Sa peau blanche réchauffée par l'ambiance sentie une sensation de brûlure vive lorsque deux mains se posèrent derrière son cou. Des lèvres douces et fines s'écrasèrent contre les siennes alors que ses yeux métalliques se perdaient dans une chevelure flamboyante. Il mit par convenance ses mains autour de la taille de Ginny et décida finalement de goûter au baiser qu'elle lui offrait. D'un coup, il se senti pressé et emprisonna avec férocité les lèvres déposées sur les sienne, il avait envie de les capturées, de les avoir pour lui à tout jamais, de découvrir chaque parcelle de sa bouche. Il se sentait fiévreux et s'en voulu un instant de ne pas avoir été l'investigateur de tout cela. Alors, il serra la jeune fille un peu plus contre lui et dans un grognement, finit par prendre le plein contrôle du baiser.
Les deux élèves restèrent là un moment, planté en plein milieu de la pièce à s'embrasser, oubliant ainsi tout ce qui pouvait se passer autour d'eux. Ce n'est que lorsque les deux manquèrent d'air qu'ils s'arrêtèrent, gênés par cette audace. Drago fixait maintenant Ginny d'une telle intensité que son teint rosé devint dangereusement rouge. Elle se sentait soudain trop grande, comme si la pièce rapetissait peu à peu pour finir par l'écraser totalement. La rouquine n'arrivait pas à poser les yeux sur Drago, embarrassée d'avoir oser faire le premier pas et se demandant peu à peu si elle ne venait pas de commettre une grave erreur.
Le blond, qui semblait vouloir lire en elle brisa le silence.
-Pourquoi as-tu fait cela?
-…
Le coeur de Ginny semblait éclaté en milles miettes. Regrettait-il ce qu'ils venaient de faire? L'avait-il pris en pitié? Allait-il raconter leur baiser aux autres, se moquant qu'elle ait pu croire qu'il en avait eu envie lui aussi? Et pourquoi avait-il les sourcils froncés et son regard glacial à nouveau? Pourquoi ne la regardait-il plus avec cette lueur brillante dans les yeux? Était-il déçu en fin de compte?
Ginny se maudit de se poser toutes ces questions. Elle osa finalement lever les yeux vers Drago et lui faire face. Elle avait connu pire après tout, non?
-C'est quoi cette question? Depuis quand on demande ça aux gens après qu'on les ait embrassé?
-Je veux savoir pourquoi. Pourquoi ce soir? Pourquoi pas hier? Pourquoi pas demain?
Ginny sentait son agacement augmenté et elle fit de gros yeux au garçon. Elle ne comprenait pas d'où lui venait cet interrogatoire après le moment qu'ils avaient vécu. Après tout, s'il n'avait pas apprécié, il n'avait qu'à le dire et partir, elle était une grande fille, elle s'en sortirait très bien sans lui. Mais Drago insistait et ne semblait pas vouloir lâcher le morceau, embêtant de plus en plus la rouquine.
-Tu n'es vraiment qu'un idiot, Malefoy! lui cria-t-elle avant de s'enfuir dans son dortoir loin de cette salle, loin de lui.
Et Drago resta figé sur place, ne comprenant pas ce qu'il avait fait de mal. N'avait-il pas simplement cherché à mettre les choses au clair? À savoir si elle avait des sentiments ou si elle n'avait eu que pitié de lui. Il voulait connaître ses intentions pour pouvoir s'ajuster à elle, pour dissiper l'ambiguïté. Il avait échoué à tous les niveaux, il en était maintenant conscient. Non seulement il ne savait pas où il en était avec Ginny mais en plus, il avait réussit à la contrarier.
-Bien joué vieux… se murmura-t-il, las, avant de quitter la pièce sans énergie et de se rendre à son dortoir.
Sur son chemin du retour, il croisa Peeves qui ne cessait de se moquer de sa tête d'âne ridicule. Mais Drago n'en avait que faire de ce fantôme arrogant et turbulent, il avait tout foutu en l'air avec elle et il s'en rendait de plus en plus compte.
Et le lendemain, alors qu'il s'installait à la table des Pures pour le petit-déjeuner, il réalisa l'étendue de la gravité de sa réaction de la veille. Non seulement Ginny ne lui adressait pas la parole et ne posait aucun regard sur lui, mais en plus, elle se montrait beaucoup — beaucoup — trop familière avec Harry. Elle n'hésitait pas à lui offrir ses plus beaux sourires, à rire sans retenue des blagues de ce dernier, qui soit dit en passant, ne sont réellement pas si drôle que ça, le tout sans hésiter à le toucher. Drago était sur le bord d'exploser alors que la rouquine émit une énième caresse sur la main d'Harry qui ne voyait rien à son jeu. Il se sentait humilié, lui qui était prêt à ouvrir son coeur à la jeune fille la veille commençait à se demander si leur baiser avait compter pour elle, ou si elle ne se serait pas simplement jouée de lui. Pourtant, il connaissait Ginny, il savait que ce n'était pas son genre d'agir de la sorte… mais lorsqu'il la regardait, à l'instant, alors qu'elle continuait à l'éviter superbement, il se dit que, peut-être s'était-il trompé à son sujet. Et Harry qui affichait des sourire niais et qui continuait à faire le clown pour la faire rire… Drago ne pu s'empêché d'émettre un grognement s'attirant le regard de tous. Les trois autres garçons le dévisageaient tandis que la rouquine jeta un regard noir sur lui.
-Roh! Allez Harry, on a tous déjà entendu cette farce et on sait très bien que c'est ton père qui l'a inventé.
-Par Merlin! Quelle mouche t'a piqué ce matin Malefoy? lui demanda Neville incrédule alors qu'Harry fit la moue.
-Pas ce matin… chuchota-t-il dans sa barbe, ne tenant pas réellement à ce que les autres l'entendent.
Harry, surpris, se tourna rudement vers le blond en affichant un air grave.
-Tu fais références à hier soir, n'est-ce pas?
Celui en question s'étouffa avec son jus de citrouille et afficha une mine d'horreur à Harry. Était-il au courant de ce qui s'était passé dans la Salle sur demande la veille avec…
-Comment es-tu au courant pour hier?
-Toi! Toi, comment es-tu au courant pour hier? Je comptais vous en parler que ce soir!
-Mais de quoi parles-tu?
Harry le regarda ébahi, résistant à l'envie de demander à quoi Drago faisait référence, puis se mit à leur raconter ce que Ginny et lui avait vécu la veille. L'attaque du Ministre contre son parrain, le court moment avec Jedusor dans le bureau du directeur, puis leur discussion avec Dumbledore. Au fur et à mesure que le brun aux lunettes parlait, Drago comprit le comportement agité de la rouquine la veille et ne pu s'empêché de poser le regard sur elle. Il se sentait mal, avec une impression d'avoir profité de sa vulnérabilité, même si c'est elle qui l'avait approché, car il est évident qu'elle dû se trouver dans un sale état. La rouquine fixait ses mains. Elle aurait préféré s'expliquer avec Malefoy avant que de telles révélations soient faites.
Le reste de la journée se déroula dans le calme, chacun mettant beaucoup plus d'énergies que voulu dans les cours. Les parchemins et les devoirs ne cessaient de s'accumuler et leur réunion fut remplacée par de longues heures de travail à la bibliothèque. L'absence apparente d'Hermione se fit ressentir le plus à ce moment. C'était elle, d'habitude, qui les forçait à de longues heures de labeur tout en les aidant à mieux comprendre la matière. De plus, même si le ministre considérait que les cours avancés s'adressaient aux élèves de Sang-Pur, il était incontestable que la présence de la jeune Granger leur aurait été plus qu'utile pour le devoir de sortilège.
-Vous comprenez quelque chose vous? demanda à voix basse Ronald qui paraissait dépassé par l'une des questions.
-Rien du tout, si seulement Herm… débuta Neville avant de s'attirer un coup dans les côtes de la part de Malefoy.
-Aïe! Qu'est-ce que j'ai dit de mal? Demanda-t-il en se tournant vers Drago.
Ce dernier, les sourcils froncés, pointa du nez Ginny qui faisait semblant d'être captivée par sa lecture, les yeux humides. Londubat paru désolé et ils retournèrent tous à leur devoir. Ce n'est que plusieurs heures plus tard qu'ils en sortirent, fatigués jusqu'aux oreilles, se dirigeant droit au lit.
La semaine s'était déroulée de la même façon, les cours le jour, les devoirs le soir, installant les élèves dans une routine assommante. Ginny continuait d'éviter Drago, malgré les efforts niais de ce dernier à se montrer sous son meilleur jour. Un matin, il avait même opté pour une tenue décontractée, mettant en valeur sa taille parfaitement sculptée, mais l'effet voulu ne fut pas escompté. Au contraire, elle l'avait fuit comme la peste tandis que certaines filles de l'école avaient décidé d'agir comme des dindes à ses côtés et étaient devenues de vrais pots de colle. Le jeune homme finit par se découragé et cessa tout effort pour approcher la rouquine malgré qu'il s'ennuyait terriblement d'elle.
La semaine suivante fut encore plus désastreuse. Ginny ne se présentait plus aux petits-déjeuner avec eux, accentuant la distance entre elle et les garçons. Elle avait perdu du poids et son teint paraissait plus pâle que jamais. Les cernes sous les yeux traduisaient son manque de sommeil. Harry passait le plus clair de son temps libre à l'infirmerie, au chevet de Sirius espérant qu'il se réveille à tout moment. Neville tant qu'à lui, rejoignait secrètement Luna dans la Salle sur demande lorsque leur emploi du temps n'était pas trop chargé. C'est grâce à cela que les garçons apprirent que les Mêles de leur année avaient repassé les Buses et que sans un Optimal dans chacune des matières, aucun élève ne pouvait accédé aux cours enseignés à la maison des Pures. Bien entendu, personne n'eut réussit cet exploit et ils furent tous obligés de faire un programme spécial visant à «rattraper le retard infligé par leur sang», selon les paroles de Severus Rogue. Cette injustice avait redonné des forces à Neville qui mit les bouchées doubles pour trouver du temps pour la conception du Veritaserum.
Ainsi, Drago se retrouvait en compagnie constante de Ron, et comme ils n'étaient pas vraiment proche, les échanges se faisaient de plus en plus rares. La surcharge de travail n'aidait pas.
Ce n'est que vers la mi-octobre que leur routine fut brisée. Une sortie à Pré-au-Lard était prévue pour le samedi suivant, permettant aux élèves de se dissipée de leur réalité. Il n'était que mercredi lorsqu'ils eurent la nouvelle et elle fut accueillie avec joie par les plus âgés. Drago sirotait une tasse de laid de poule chaude tandis que Ginny lisait attentivement la Gazette du Sorcier. Elle devait sûrement espérer lire des articles sur les élèves disparus de Poudlard. Alors que tout le monde mangeait dans son coin, perdu dans ses pensées, Harry arriva à grande enjambée et déclara d'un ton enthousiasme :
-Ce soir, Salle sur demande, sans discussion!
Ils eurent tous accepté sans discuter, non seulement parce qu'Harry avait été ferme, ce qui ne lui arrivait pas très souvent, mais également parce que leurs réunions secrètes avaient manqué aux cinq amis. Ce fut donc dans un lenteur excessive que la journée se déroula. En cours de potions, ils apprirent comment concocter un philtre de mort-vivante, qui s'avéra être une catastrophe pour Ronald et Neville, sous le regard haineux du professeur. En botanique, l'atmosphère fut beaucoup plus détendue, bien que monotone après le long cours théorique que leur a offert le Professeure Chourave. L'après-midi avait offert un cours de sortilège bien long et peu prometteur pour le groupe, car ils en sortirent avec une pile de devoirs à remettre pour la semaine suivante.
-Alors Harry, qu'est-ce qui pressait tant?
Il était passé le couvre-feu et chacun avait réussit avec facilité à se rendre dans la Salle du septième étage. Une longue table en bois brute comptait un siège pour le nombre exacte de personne présente dans la pièce. Un feu, comme à son habitude, était allumé sur le mur du fond. Les visages pointés vers le jeune Potter, l'impatience était à son comble.
-Je sais qui se trouve à la tête du parti qui veut détrôner Tom Jedusor.
Les regards curieux firent sourire Harry un bref instant, puis il renchérit.
-C'est mon père. Mon père a rassemblé une masse de personnes et dans l'anonymat, ils recrutent pour déstabiliser Jedusor et le jeter hors du pouvoir. Mon père cherche à joindre toutes personnes ou créatures issues de magie. Selon Sirius, il semblerait que ce soit assez difficile puisque notre cher ministre a mit son nez un peu partout. Vous voyez, Tom Jedusor règne par la peur, en torturant et réduisant à zéro ceux qui contestent sa volonté, ceux qui ont un opinion déviant de son idéal.
Harry prit une pause, observa la réaction de ses amis et vit un consentement général, lui indiquant qu'il était sur la bonne route.
-Je sais aussi, que, peu importe que mon père gagne ou non cette élection, Tom Jedusor a l'intention d'entrer en guerre avec tout ceux qui ne lui auront pas été loyaux.
-Et pour quelle raison ferait-il cela? Demanda Ginny, l'air grave.
-Je… tenta Harry avant de se faire couper.
-Parce que cet idiot de Sang-Pur est convaincue qu'il a raison. Que sa vision est la meilleure, qu'une hiérarchie se doit d'exister dans le monde sorcier pour qu'il y ait un équilibre.
C'est Drago qui avait répondu. Les paroles d'Harry ne le surprirent en aucun cas, puisqu'il avait déjà eu presque la totalité des informations par ses parents, qui eux, étaient de l'avis du ministre. Il expliqua ainsi qu'ils lui avaient demandé de chercher qui était ce mystérieux sorcier qui s'opposait à Jedusor. Le jeune Malefoy regardait le brun aux lunettes d'un oeil mauvais, bien entendu que c'était la famille des Potter qui avait le beau rôle, bien sûr que ses parents étaient du côté obscur. James avait toujours été un modèle pour lui, contrairement à ses parents qui, sans jamais lui faire manquer de rien, ni d'amour, ni de biens matériaux, avaient la réputation d'inspiré méfiance chez les autres. Tout le contraire du père d'Harry et de sa charmante mère.
-Alors… que comptes-tu faire avec tout ça? Demanda timidement Ginny.
-Leur mentir. Je me battrai à vos côtés jusqu'au bout, même si cela me pousse un jour à affronter mes propres parents.
La rouquine regardait les yeux féroces et déterminés de Drago et sut qu'il disait la vérité. À ce moment précis, elle éprouvait une telle fierté, tout ce courage qu'il démontrait, cette volonté de faire le bien, étant prêt à se tourner contre sa propre famille s'il le fallait. Une larme coula doucement sur le revers de sa joue, elle souhaiterait tant être digne de lui…
-Et qu'est-ce que ça signifie tout ça pour nous, au juste?
Le blond prit une profonde inspiration avant de répondre fermement.
-Ça signifie qu'une fois Hermione et les autres retrouvés, on les ramène au Château, on entraîne tout ceux qui ne font pas partis des ''Pures'' avec les méthodes avancés qu'on nous enseigne pour combattre le mal.
Car, il en était sûr, Tom Jedusor incarne tout ce qu'il existe de plus sombre dans ce monde magique.
Désolée pour ce chapitre en retard, c'est un immense défaut incorrigible chez moi!
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Bonne semaine ^^)
