Titre original : Draco Malfoy, a Story

Auteure : BlancheMalfoy

Traductrice : Falyla

Paring : Draco/Harry POV Draco

Rating : M

Disclaimer : Les personnages et les situations appartiennent à JK Rowling, l'intrigue de cette fic est de BlancheMalfoy. Je ne m'approprie que la traduction avec son accord bienveillant.

Sommaire : Après les événements du tome 7, Draco Malfoy n'est plus le même. Voici son histoire.

État de la fic originale : Complète en portugais, en cours en anglais, chapitre 12 en ligne

Note de la traductrice : Voilà le chapitre 12 est là, à partir de là, je serai comme vous, j'attends la suite de la vo.

Bonne lecture.

L'histoire de Draco Malfoy

Chapitre 12

Je retire ce que j'ai dit. Harry Potter est un vrai connard. Tout ce que je fais c'est l'observer enseigner à Alfred comment contrôler ses pouvoirs à travers sa baguette plutôt que tout détruire autour de lui. Ne vous méprenez pas, l'idée est intéressante et Harry est un bon instructeur. Patient mais strict. Je me rappelle encore du jour où il a supervisé la Défense contre les Forces du Mal pour l'Armée de Dumbledore à Poudlard. Je me souviens de la jalousie que j'ai ressentie de ne pas faire partie du groupe. C'est d'ailleurs en premier lieu pour cette raison que je l'ai dénoncé à Ombrage.

J'ai entendu plusieurs fois que McGonagall continue à lui proposer un poste de professeur à Poudlard. J'imagine cependant qu'aussi tentante que soit l'offre, Harry ne quittera jamais un travail qu'il adore.

J'essaie de chasser ces douloureux souvenirs qui me ramènent au temps de l'école en me concentrant sur des choses plus terre à terre, comme les attributs physiques de Harry. C'est difficile de ne pas reluquer sa puissante silhouette. Harry a revêtu ses habits moldus typiques, jeans et pull noir.

Harry n'est pas musclé à l'excès, ce qui est tout à fait à mon goût. Son corps est sculpté à la perfection grâce à son boulot. En vérité c'est un job détestable. Mais ce travail l'a amené dans ma maison, lui, ses cuisses et ses hanches étroites. Bien que je sois un peu désemparé d'être ignoré de la sorte, cela comporte des avantages : je peux le regarder attentivement. La manière dont son jeans moule ses fesses me rend dingue. Ses yeux étincellent de joie, à l'évidence, ce qu'il fait lui procure un plaisir immense et ce fait me ravit encore plus.

Harry est un homme plutôt charmant.

- J'espère que tu es attentif, Malfoy. Tu es le prochain.

Je cligne des yeux. Je suis le prochain pour quoi ? C'est vraiment dur de se focaliser sur autre chose que sur le corps de Harry. Son sourire semble me dire qu'il connaît exactement la cause de ma distraction. J'ai envie de mordre ses lèvres qui ne demandent qu'à être embrassées.

Harry montre encore quelques tours à Alfred. Le gamin prétend s'en ficher mais je vois bien qu'il est fasciné par Harry Potter, un homme qu'il a haï jusqu'à présent. Un homme qui lui a tendu la main et qui lui a démontré qu'il pouvait avoir confiance en lui. Un homme dont je suis amoureux.

- J'attends, Malfoy.

J'ai manqué la fin de la séance, Alfred est maintenant assis à côté d'Angel et tous deux me regardent avec curiosité. Mon visage me brûle. Je me lève lentement et me place face à Harry. Puis je sors ma baguette de ma poche. Je me sens comme frappé par la foudre. Mon corps entier est tout ragaillardi.

Harry se contente de me dévisager, ce qui me rend un peu nerveux. Je fronce les sourcils.

- Quoi ? je demande

- T'as pas des vêtements plus pratiques ? Ou Votre Seigneurie est-elle toujours tirée à quatre épingles comme si elle allait se rendre à un bal d'une minute à l'autre ? Tu t'es toujours vu comme un prince, n'est-ce pas ?

Je jette un coup d'œil à ma légère robe grise. Le tissu me sied parfaitement. J'ai appris dès mon plus jeune âge que je devais toujours être vêtu avec élégance. Harry a tort. Je ne me vois pas comme un prince. J'en suis un. Je hausse les épaules.

- Ça fait une différence ? Les sorcières et les sorciers se sont battus en duel avec des habits bien plus lourds que celui-ci pendant des siècles. Cette robe a été confectionnée par un des meilleurs couturiers de Paris.

- Je m'en fous royalement. Va mettre un jeans et un T-shirt.

Je pouffe. Ce n'est pas la première fois qu'il croit pouvoir me donner des ordres.

- Et que va-t-il se passer si je ne veux pas changer de vêtements, Potter ?

Il sourit de son air le plus démoniaque.

- Aucun problème. Je peux résoudre ça d'un minuscule mouvement de baguette. Mais je t'avertis. Tu finiras nu comme un ver.

Je ne peux manquer cette occasion de lui sortir l'un de mes sourires Malfoy tandis que je le taquine :

- Et pourquoi tu ne te contenterais pas de faire ton coming out et avouer que tu as envie de me voir nu ?

- Et pourquoi je voudrais voir une personne aussi squelettique que toi toute nue ?

- Et des culturistes sous stéroïdes, ça le ferait ?

Harry fait une grimace, il sait parfaitement que je me moque de lui pour avoir tenter de m'offenser. Je remarque que ses joues rougissent et je suis ravi.

- Eh, vous voulez bien arrêter ça ? Cette conversation me file la chair de poule… fait Alfred en nous regardant d'un drôle d'air.

C'est comme un retour sur terre. Je me sens aussi pudique que Harry. J'ai complètement oublié la présence des garçons. Finalement, je décide de suivre les ordres de Harry, principalement par curiosité. Je veux juste savoir ce qu'il me réserve.

Je choisis un jeans que j'ai acheté dans l'un des magasins moldus les plus chers de Londres et un pull en cashmere Armani. Bon, j'ai toujours l'air malade mais, au moins, je suis bien habillé. Je dois garder la dignité des Malfoy intact.

Harry n'arrive pas à dissimuler son approbation et, qui sait, son attirance. Peut-être que je suis juste en train de rêver. Mais avec tous ces regards échangés et ces conversations à double sens, comment ne pas espérer que peut-être, juste peut-être, Harry a un peu d'intérêt pour moi ?

Douces illusions… Je suis tellement désespéré que je commence à imaginer des choses.

- Je suis tout à toi, je lui balance sans réfléchir.

Je jure que je n'ai aucune arrière pensée quand je lui sors ça.

- Vraiment ? me demande Harry avec un sourire époustouflant.

Cette fois, c'est sûr, il est en train de flirter. Je me demande si je dois continuer à jouer le jeu pour voir jusqu'où les choses peuvent aller mais Angel et Alfred sont là. Le petit n'a pas l'air de remarquer ce qui se passe mais Alfred est à un âge critique. Il vaut mieux être prudent.

Harry semble le comprendre aussi parce que la seconde suivante, il recouvre son attitude d'Auror Potter austère.

Nous commençons par quelques sortilèges basiques et j'ai l'impression que je suis de retour en 1ère année à Poudlard. C'est difficile d'être avec Harry et de ne pas se souvenir de cette époque-là. Il est aussi presque impossible de ne pas être balayé par un millier d'émotions. Tout ça me revient d'un coup, Harry et moi dans la Forêt Interdite, Harry et moi se battant en duel, Harry parlant le fourchelangue. Tous ces combats juvéniles. La douleur dans ses yeux quand il a pourchassé Snape pour se venger au nom de Dumbledore. Mon désespoir quand je l'ai vu prisonnier au Manoir Malfoy. L'humiliation d'avoir perdu ma baguette. Sa main se tendant vers la mienne pour me sauver d'une mort certaine.

Je me sens mal et je dois arrêter. Harry vient vers moi immédiatement.

- Ça va, Malfoy ?

- Je vais bien, Potter. Continuons.

J'ouvre les yeux et fais semblant de posséder une assurance que je n'ai pas. Je ne veux pas m'effondrer devant lui. Je dois montrer à Harry que je vais mieux même si ce n'est pas vrai.

- Je crois qu'on ferait bien de s'interrompre pour aujourd'hui, me dit-il.

Il m'examine avec méfiance puis éloigne sa baguette.

- On n'en a pas encore fini ici, je rétorque en pointant ma baguette sur lui. Sans compter que c'était ton idée, non ?

- J'ai promis à ta femme de te ménager.

- On a à peine commencé, Potter !

- Tu tiens à peine debout, Malfoy !

- Conneries ! Je me sens parfaitement bien !

Et, comme pour prouver le contraire, ma vision se trouble et je me sens tomber. À ma grande humiliation, c'est Harry qui m'attrape sans effort. Il me soutient comme si je ne pesais rien. Je marmonne quelque chose d'impoli alors qu'en fait je ne veux qu'une chose : caler ma tête contre son épaule et me reposer.

- Que s'est-il passé ? Il va bien ? j'entends Alfred demander.

Angel est à ses côtés, agrippé à ses vêtements.

- Je suis…

Je tente de parler mais Harry me coupe abruptement.

- Il s'est comporté comme le con entêté qu'il est mais ça va aller.

- Potter…

Ce qui devrait raisonner comme une menace ressemble plus à un gémissement.

- Quoi ? Tu vas me dire de continuer alors que tu tiens à peine sur tes pieds ? Cesse de te montrer si obstiné ! Merde, Malfoy ! Je dois vraiment être dingue d'espérer encore t'emmener en Egypte avec moi alors que tu es tellement faible !

Je souris faiblement.

- Ah mais c'est parfait, Potter. Je suis le sacrifice. Ou tu ne l'as pas encore compris ? Tout ce que tu as à faire est de me laisser saigner pour avoir le livre. Tu n'as pas besoin que je sois en forme, juste vivant.

- Si j'avais voulu ta mort, je t'aurai abandonner dans la Salle sur Demande. Alors, cesse de faire ton malin. Contente-toi de la fermer.

Il est vraiment furax. Il se sent vraiment concerné par ma santé ou il est simplement fâché parce qu'il doit me porter dans ma chambre ? Il me vient la pensée que le tout-puissant Potter aurait pu invoquer un sortilège au lieu de me soutenir dans ses bras comme un chevalier médiéval.

Mon cœur fait des bonds. Il me dépose sur mon lit d'une manière si délicate que j'en suis tout remué. Ses yeux, d'un autre côté, demeurent sévères et me font presque tressaillir.

Je sens les petites mains d'Angel caresser les miennes et j'oublie Harry une seconde. Ses yeux verts me regardent avec adoration mais également avec appréhension. Il est vraiment inquiet. Je me sens coupable. Comment cet enfant qui, il n'y a pas si longtemps, était un étranger pour moi, peut s'inquiéter autant pour moi ?

Harry lui ébouriffe les cheveux.

- Tu n'as pas à t'en faire pour ce crétin. Il a juste besoin de repos, déclare Harry.

- Eh ! je me plains.

- Tu ne crois que c'est stupide d'inquiéter tes enfants comme ça ? me questionne-t-il.

Mes enfants. Ce fait me traverse soudainement l'esprit. Ce sont mes enfants maintenant. Les papiers d'adoption ne sont pas encore délivrés mais le processus est en cours.

En regardant Alfred, je remarque qu'il est aussi secoué que moi, comme s'il réalisait en cet instant qu'il est mon fils.

- Si vous voulez vraiment devenir notre père, il vous faut aller mieux très vite, marmonne-t-il. Je n'aime pas l'idée d'avoir un père incompétent.

Et après sa déclaration, il prend la main d'Angel et s'en va.

Harry sourit largement tandis que je me renfrogne devant l'effronterie du gamin.

- Et tu trouves ça drôle ? je demande, irrité.

- Pas toi ? Alfred t'apprécie déjà, Merlin sait pourquoi.

Peut-être. Pas que ça importe réellement. Je fais une grimace. De qui est-ce que je me moque ? Les enfants ont déjà une place dans mon cœur.

Après quelques minutes, Harry reprend :

- Je suis sérieux, Malfoy. Je ne vois pas comment tu peux venir en Egypte avec moi. Cette idée semble absurde maintenant, encore plus qu'avant.

- Je vais aller mieux, Potter.

- On a seulement invoquer des charmes de base, Malfoy, et regarde-toi !

Je commence à croire mon thérapeute, à savoir que ma condition a tout à voir avec mon passé. Je me suis senti mal qu'après que ces souvenirs déplaisants m'ont submergé. Harry est une grosse part du problème mais pas la seule. Je suis un homme hanté.

Je soupire.

À ma grande stupéfaction, je sens un attouchement sur ma main droite. Mon cœur s'emballe comme un fou dans ma poitrine. Son souffle s'accélère. Je me demande, en fixant les yeux de Harry, ce que cet effleurement signifie.

Harry Potter, adolescent, était si facile à déchiffrer, peut-être à cause de la pureté de son cœur. Ses sentiments étaient toujours évidents pour quiconque voulait les lire. Harry Potter, adulte, cependant, est un peu plus compliqué. Il a vécu, vu et ressenti trop de choses pour demeurer le même. Ses yeux verts sont toujours chaleureux mais ils ne sont pas engageants. Ce n'est plus aussi simple de deviner ce qu'il a à l'esprit. Dommage. L'ancien Harry Potter me manque.

- Tu ferais bien d'aller mieux, marmonne-t-il.

Mon cœur fond.

- Harry…

Le fait que j'emploie son prénom ne passe pas inaperçu. Je peux voir combien il est confus, surpris même. La main qui touche la mienne disparaît. C'est comme s'il ne réalise que maintenant ce qu'il était en train de faire. Nous sommes tendus. Mais avant que je puisse dire quelque chose, Astoria apparaît.

- Draco, mon chéri, ça va ? J'ai entendu Alfred qui disait que…

Elle se tait lorsqu'elle voit Harry près du lit. Je ne sais pas si je me sens soulagé ou agacé par cette interruption.

- Je vais bien, Astoria, je la rassure, fatigué de me répéter.

- C'est de ma faute. J'ai promis d'y aller doucement mais je suppose que je l'ai trop poussé… s'excuse Harry.

Je lève les yeux au plafond.

- N'importe quoi. Tu n'as pas exagéré du tout, Potter. En fait, si on avait continué…

- … tu te serais évanoui dans le jardin ? me suggère-t-il avec une douceur factice.

C'est probablement vrai mais je ne tombe pas dans les pommes si facilement. Bon, peut-être juste une ou deux fois par semaine. Je grimace.

- Bien, puisque tout le monde s'accorde à dire que j'ai besoin de repos, ça te dirait de me laisser seul ?

Je n'ai vraiment pas envie de me débarrasser de Harry mais mon cœur a besoin d'une pause. Et moi qui croyais qu'avoir Harry dans les parages me ferait du bien. C'est le cas, d'une certaine façon. Mais c'est aussi un inconvénient.

Il se contente d'acquiescer et quitte la pièce sans dire un mot. Je pense que c'est étrange mais je ne suis pas en condition de lui courir après. Je suis sans forces.

- Tu en as trop fait, n'est-ce pas ? me demande Astoria avec un regard de reproche.

- Non. C'est Potter qui réagit de manière excessive.

Astoria soupire lourdement.

- Je pensais que c'était une bonne idée de l'avoir aux alentours mais maintenant, je n'en suis plus certaine…

J'attrape sa main, elle est aussi froide que la mienne. Nous n'avons plus l'habitude d'échanger des caresses mais le contact humain me manque parfois. Ne pas avoir Scorpio près de moi me tue. Je le sers contre moi tout le temps. Je me demande si nous lui manquons aussi. La réponse est sans doute affirmative mais sa vie à Poudlard est prenante et il n'a certainement plus le temps de penser à ses parents. J'ai envie de lui écrire. Je ne mentionnerai pas Albus Severus. Quand Scorpius sera prêt, je suis sûr qu'il m'en parlera.

Je ferme les yeux. Je déteste l'admettre mais je suis vraiment éreinté. Dès qu'Astoria s'en va, je m'endors. Je me réveille quelques heures plus tard et prends une douche. Lorsque je descends pour le repas du soir, je me sens vraiment affamé. Angel sourit quand il me voit. Alfred me jette juste un coup d'œil et fait semblant de ne pas s'en soucier. Pourtant, je sais que c'est le cas.

Harry ne mange pas avec nous. Il a quitté le Manoir des heures avant sans dire où il allait.

Il me manque. Je regarde Astoria et les enfants et je me dis que ce serait bien d'être amoureux d'elle. Ce serait super de vivre un vrai mariage. Si seulement Harry Potter n'avait pas pris possession de mon cœur.

Plus tard, alors que je joue du piano avec Angel, je laisse à nouveau Harry envahir mon esprit. C'est grâce à lui que la mélodie est si déchirante. Il y a dix ans, j'ai commencé à composer des chansons afin d'être en phase avec mes sentiments. Ça a marché un temps, jusqu'à ce que Harry se mette à ramper dans mon esprit et ruine tout.

Il y a une chanson pour lui, évidemment. Un air triste et inachevé. Mes doigts courent sur les touches du piano comme s'ils le cherchaient. Le début est heureux et rythmé, plein d'entrain. Mais le côté dramatique arrive. Ce n'est pas une bonne idée mais je ne peux pas m'en empêcher. Je me sens fiévreux, la sueur recouvre mon corps. Mon âme éclate en mille morceaux. Puis la dernière note raisonne, une fin brusque puis le silence. Je m'arrête. Il n'y a pas de final. Il n'y en aura jamais. Je tremble.

Angel me dévisage comme s'il me comprend. C'est impossible cependant, n'est-ce pas ? Un enfant de cet âge ne peut pas savoir ce que je ressens. Mais c'est vrai qu'Angel n'est pas un enfant ordinaire.

Il y a une espèce de compréhension entre nous. Je lui souris afin de ne pas l'inquiéter. Je ne suis pas sûr que ça marche. Il reste plutôt sérieux. Je caresse ses cheveux et finalement, il se détend. J'ai envie de le serrer dans mes bras comme je le fais avec Scorpius.

L'horloge sonne vingt-deux heures. Angel devrait déjà être au lit. Je trouve étrange qu'Astoria ne se soit pas montrée pour l'emmener dans sa chambre.

- Bien, je suppose qu'il est largement l'heure de votre coucher, mon petit monsieur.

Je me lève et Angel fait de même. Quand je me retourne, je vois Harry. Il paraît absolument épuisé. Pourtant ses yeux verts brillent. Il y a de l'admiration dans ses iris et quelque chose de plus. Quelque chose qui fait écho à ce que je ressens. De la tristesse mêlée de résignation. Le désir que les choses soient différentes. Ou peut-être que c'est juste mon esprit qui me joue des tours.

Je ne peux rien dire mais au moins, je ne suis le seul à court de mots. Harry semble aussi perdu que moi.

Angel m'effleure la main et la tire doucement.

- Tout va bien ? me demande-t-il.

Je hoche la tête et souris. Les choses ne vont pas bien mais Angel n'a pas besoin de le savoir. Il est extrêmement sensible.

Alfred apparaît derrière Harry, il fronce les sourcils quand il voit son frère.

- Tu es là ! Mrs Malfoy te cherche. C'est l'heure d'aller au lit.

Alors cette fois, Astoria a envoyé Alfred nous interrompre. J'ai envie de rire. Mais à quoi pense Astoria ? Je devrais probablement lui parler mais je manque de courage.

- Mais j'ai pas sommeil, proteste Angel.

Alfred secoue la tête tandis qu'il prend son frère par la main. Alors qu'ils se dirigent vers la porte, je l'entends lui dire :

- Je te raconterai une histoire.

- Avec des duels ? demande-t-il les yeux verts étincelants.

Je hausse un sourcil. Depuis quand les petits aiment les histoires de duel ?

- Oui, avec plein de duels. La plus passionnante de toutes les histoires. Merlin contre l'Ordre du Phénix !

Cette fois, c'est Harry qui hausse un sourcil. Je ris. Harry me lance un coup d'œil et tente de garder son sérieux.

- Bonne nuit, s'exclame Angel avant de sortir.

- Bonne nuit, répondons Harry et moi à l'unisson.

Le silence remplit la pièce que les enfants ont quittée. Harry s'approche telle une panthère. Je me fige. Malheureusement, ce n'est pas moi qu'il vise mais le piano qui se trouve derrière.

Il s'arrête devant l'instrument et, délicatement, presse les touches. Je m'approche.

- Je suis toujours surpris quand je t'entends jouer, dit-il presque dans un murmure.

Mon cœur bat un peu plus vite.

- Pourquoi ? Parce que ça te force à me voir comme un être humain, je réplique.

Nos yeux se rencontrent. Harry a l'air terriblement sérieux.

- Peut-être.

- Et c'est certainement pire que la mort, je ricane.

- Je n'irai pas jusque-là.

Harry me rend mon sourire.

- Comment tu te sens ?

- Beaucoup mieux. Ce n'était vraiment rien.

- Tu sais, personne ne me dit rien de certain à propos de cette maladie, ce qui me rend dingue.

Les doigts de Harry se durcissent sur le piano. Le son qui en sort me fait reculer.

- Qu'est-ce que tu as exactement ?

Une dangereuse lueur traverse ses yeux verts lorsqu'il me fixe. J'avance d'un pas sans même le réaliser. C'est maintenant ou jamais. Harry ne cligne même pas des paupières. Il se contente de me regarder, me défiant de m'approcher encore plus.

- Je pensais que tu t'en fichais.

- On va de nouveau avoir cette conversation ? me demande-t-il en croisant les bras.

- Mais non, par Merlin. C'est toi qui me rends dingue ! Parce que quand tu me regardes comme ça, je commence à croire que t'en soucies ! je réponds, irrité comme jamais.

- Ça importe vraiment que je m'en soucie ou pas ?

Bien sûr que oui ! Cette question, cependant, est un piège. Qu'est-ce qu'il veut entendre ?

- Qu'est-ce que ça peut te faire que je m'en soucie ? insiste-t-il.

- Et qu'est-ce que ça peut te faire à toi ?

Cette conversation me donne la migraine. Harry soupire.

- Très bien. On s'en soucie tous les deux. Les raisons du pourquoi ne sont pas importantes en cet instant.

Je fronce les sourcils.

- Ah non ?

- Non. Ce que je veux savoir c'est ce que tu as. Hermione m'a raconté que certains sorciers perdent leur magie avec le temps mais que ce sont des cas rares. Et aucun n'est malade comme toi.

J'en ai déjà entendu parler. Après tout, je vis dans ces conditions depuis plus de dix ans.

- Tu penses que je vais mourir ?

- Je ne sais pas quoi penser. Et toi ?

Il ne l'a sans doute pas réalisé mais il est inquiet. Je ne rêve pas cette fois. Je peux le voir dans ses yeux et l'entendre au ton de sa voix. Harry n'était pas si bon acteur et il n'a pas pu changer complètement avec le temps. Le vieil Harry est toujours là, peut-être en plus posé, mais toujours humain et gentil. J'ose espérer. Peut-être…

Je m'approche encore. Nos souffles se mélangent.

- Ne t'avise pas de me demander encore une fois pourquoi je m'en soucie, siffle-t-il.

Toutes les défenses de Harry sont dressées. Intéressant. Si je fais un pas de plus, nos corps se touchent ainsi que nos lèvres. Ça là qu'Astoria est censée entrer et nous interrompre avant que les choses ne dérapent. J'attends quelques secondes. Elle ne se montre pas.

- Tout le monde meurt un jour ou l'autre. Mais mon temps n'est pas encore venu, je marmonne. Je ne sais pas ce que j'ai. Personne ne le sait vraiment. Certains pensent que c'est purement psychologique. Ce n'est pas contagieux, c'est sûr. Et, bien que ça me rende malade, ça ne semble pas fatal. Mais peut-être que je finirai par perdre tous mes pouvoirs.

- Pourquoi ?

Il y a du désespoir dans sa voix. Je souris faiblement et hausse les épaules comme si ça ne m'affectait pas.

- Qui sait ? La justice divine, peut-être ? Ce qui importe c'est que je vais assez bien pour aller en Egypte avec toi, je déclare.

- Ce n'est pas vrai et c'est tout le problème !

Il m'attrape par le bras et me tire, nos corps se touchent. Nos lèvres sont si proches que respirer devient difficile.

- J'envisage d'emmener une fiole de ton sang avec moi et voir ce que ça donne.

C'est une idée mais une mauvaise idée. Je ne laisserai pas Harry faire ce voyage sans moi.

- Tu n'iras pas tout seul, Potter ! Si tu veux mon sang, tu vas devoir te battre en duel pour l'obtenir !

- Comme si c'était un gros défi, se moque-t-il. N'oublie pas que c'est toi qui presque tombé raide mort les quelques fois où on s'est battu en duel. Si on ose appeler ça comme ça.

Je serre les poings.

- Mais pourquoi tu veux tellement y aller ? insiste-t-il.

Je me fige. Je ne peux pas lui dire la vérité. Je ne peux pas lui dire que je veux juste être à ses côtés, que savoir qu'il a besoin de moi me donne la force de me lever chaque matin avec un nouveau but. Il ne me croirait pas de toute façon et il y a de bonnes chances pour qu'il m'envoie directement à Ste-Mangouste. Je dois mentir.

- Je suis intéressé par le bien-être d'Angel.

Ce qui est vrai.

- Mais je m'y intéresse aussi parce que, techniquement, le livre appartient aux Malfoy. Et je veux ce qui est à moi de droit.

Le mépris apparaît aussitôt dans les yeux de Harry. Je me hais de lui faire ressentir ce dédain pour moi mais il n'y a rien que je puisse faire. C'est tragiquement drôle que Harry croie mon mensonge et pas le fait que je l'aime. La vie, ça craint.

Je le laisse s'éloigner de moi comme si j'étais une chose dégoûtante et il se recule de plusieurs pas.

- Alors, c'est ça, hein ? grogne-t-il. Tu veux juste le livre comme tous ces salopards de Tout-Puissants ? Après m'avoir répété encore et encore combien tu étais différent d'eux ?

- Non ! Je ne veux pas utiliser le livre pour servir le retour de Serpentard !

- Dans ce cas, pourquoi tu veux le livre exactement ? Pour le mettre sur une étagère, l'exhiber devant tes amis snobinards et te vanter du fait que, si tu veux, tu peux ramener n'importe qui de chez les morts ?

- Ne sois pas si mélodramatique !

- Comment ne pas l'être, Malfoy ? Je ne sais même pas pourquoi je prends encore cette peine ni pourquoi je m'inquiète autant pour toi.

Mon cœur s'arrête. Est-ce que j'ai tout gâché ? Est-ce que je dois prendre le risque, même si… ? Même si quoi ? Notre relation est déjà compliquée et je viens juste de l'empirer.

- Tu ne piges pas, je rétorque.

- Je crois que si et bien plus que je ne le voudrais. Quelque part, j'espérais vraiment que tu avais changé. Mais ce n'est rien qu'un jeu pour toi, hein ? Ton soudain intérêt pour Angel, ton désir de me plaire…

- Tu ne sais rien du tout ! je m'exclame.

- Je sais une chose en tout cas, tu es qu'un sale enfoiré et tu le seras toujours.

Ça me blesse bien plus que je ne le pensais. Je sens mon cœur se contracter. Je ne veux pas que Harry me dévisage avec une telle haine. Plus maintenant. Je suis si fatigué de ce jeu stupide.

- Si je te disais la vérité, tu ne me croirais pas, Potter.

- Quelle vérité ?

- Ça !

Sans réfléchir à ce que je fais ni même aux conséquences d'un acte si irresponsable, je l'attire vers moi et l'embrasse. Ce n'est pas une scène romantique et notre baiser est loin d'être délicat.

C'est rude, maladroit, sauvage. Je veux goûter plus que simplement ses lèvres. Je veux lui prouver que je ne suis pas ici pour la gloire ou pour ce foutu bouquin. Je suis ici pour lui.

Même si cet instant semble durer éternellement, il ne dure en réalité que quelques secondes.

Arrivé là, je suis incapable de penser. Mes yeux ne peuvent plus se détourner des siens. J'essaie désespérément de déchiffrer ses sentiments. Il est en colère, surpris et confus. Il est plutôt agité.

Je sens la pièce se rétrécir autour de moi, prête à me pulvériser.

- Qu'est-ce que ça veut dire ? me demande-t-il finalement.

- Qu'est-ce que tu crois ? j'ose répliquer.

- Ne fais pas ça, Malfoy, m'avertit-il.

- Ne fais pas quoi ?

- Ne me tente pas.

Et qu'est-ce que lui veut dire par là, exactement ? Ne me tente pas ou je te retourne le baiser ? Ne me tente pas ou je te stupéfie ? J'humecte mes lèvres.

- Et si je te disais que…

Je prends une profonde inspiration. J'ai besoin de plus que juste du courage pour avouer ce que je suis sur le point de dire.

- Et si tout ce que j'ai toujours voulu c'est…

- … coucher avec moi ?

Mes yeux s'écarquillent. C'est bien la dernière chose que je m'attendais à entendre de sa part.

C'est ça ? Tu es attiré par moi ? Tu es gay ? insiste-t-il.

Je me mords les lèvres et serre les poings.

- Non ! Je ne suis pas gay ! Je ne suis pas attiré par les hommes, je nie farouchement.

- C'est ça, ricane-t-il.

- C'est vrai ! C'est juste que tu ne comprends pas ! Ce n'est… Je ne suis pas…

- Trouve-toi quelqu'un d'autre pour jouer, Malfoy. Je ne suis pas d'humeur pour ça.

- Bordel de merde, Potter ! Tu ne comprends vraiment rien, n'est-ce pas ?

- Fais-moi comprendre, alors !

Il croise les bras en attendant ma réponse. Je suppose que c'est bon signe. Il est furieux mais il ne m'a pas frappé ni menacé de m'enfermer à Ste-Mangouste.

- C'est toi que je désire ! Juste toi, j'avoue finalement.

Ses yeux verts s'assombrissent. Harry n'a jamais eu l'air si menaçant ou sexy. Ni si perdu. Il ouvre la bouche mais semble y réfléchir à deux fois et la referme. Il essaie encore une fois. Rien n'en sort.

Finalement, il se retourne et s'en va. Dès qu'il est hors de vue, je m'assieds sur le sol froid et plonge mon visage dans mes mains comme si c'était suffisant pour me cacher du monde. Je suis plus que las maintenant.

Qu'est-ce que j'ai fait ? Pourrais-je revenir en arrière ? Serais-je capable de lui jeter un sortilège d'oubliette afin d'effacer cette conversation de sa mémoire ? Comme si je pouvais envoyer le moindre sort sur Harry. Je ris amèrement puis je lâche un sanglot.

Tout est perdu. Ce qui allait se passer maintenant est un mystère complet.

À suivre…

Voilà. Ça vous a plu, déplu ? Des questions ? Laissez-moi un petit message et n'oubliez pas que pour vous répondre, une adresse e-mail ou un compte Ffnet est nécessaire. Sans ça, je n'ai que votre pseudo et je ne peux rien faire.