Disclamer: Twilight est à Stéphanie Meyer HARRY POTTER est à J.K. Rowling
Beta : Silver Angell
''Angel" rêve
Chapitre onze
La violence de la scène à laquelle je viens d'assister est ahurissante. La mort de mon ami a été horrible et inhumaine. Connaître une telle mort de la main de la personne que nous aimons le plus au monde doit être affreux. Je n'ose même pas imaginer ce à quoi il a pensé les dernières minutes de sa vie. Cette scène m'a parue traumatisante pour Sam. Je me demande dans ce cas, ce qui le pousse à faire équipe avec la personne qui a conduit à la mort de son imprégné. Je suis si choqué par ce que je viens de voir, que je ne fais pas attention à ce qui m'entoure.
Mes yeux refusent de quitter ceux de Sam qui sont agrandis par la stupéfaction de ce que je venais, malgré moi, de faire. Je prends alors conscience de l'exploit que je viens de réaliser. Une nouvelle manifestation de mes dons. Je me demande jusqu'où ils vont aller. Est-ce qu'il me reste encore d'autres pouvoirs de ce genre à découvrir ? Est-ce qu'ils ont des limites au moins ? Je sors de mes pensées grâce à la main de mon petit ami sur mon épaule. Je tourne la tête vers lui. Il me demande ce qui ne va pas. Je suis surpris qu'il ne l'ait pas encore lu dans ma tête. Il me regarde, intrigué et confus. Je me demande ce qui ne va pas avec lui.
Il fronce les sourcils avec insistance en me regardant avec suspicion. Je commence à éprouver une petite douleur à la tête. Il redresse ses sourcils avec étonnement. Il les refroncent. La petite douleur au crâne revient. Attendez ! Je crois que je viens de comprendre. Je le regarde avec un sourire de triomphe. Yes ! Je viens de me découvrir un nouveau don. De tous ceux que j'ai fait la découverte, celui-là va devenir sans aucun doute mon préféré. Je le nargue en lui demandant ce qui ne va pas. Il se contente de secouer la tête. Je fais celui qui n'a rien compris.
Je reviens à Sam. Celui-ci, toujours maintenu sur sa chaise par Jasper et Emmett n'a pas détourné son regarde de moi. Il me dévisage avec une pointe de crainte dans les yeux. Son expression d'arrogance disparue. Je m'approche de lui. Je lui rends son regard. Nous nous fixons sans mot dire pendant quelques secondes.
– Qu'est-ce qui se passe ? Demande Blanche-Neige.
Je détourne mon attention de l'alpha et lui explique à lui ainsi qu'aux autres ce qui vient de se passer. Les deux loups sont sous le choc. Ils croyaient que Sam s'était imprégné d'Emily Young et sont donc aussi horrifiés que moi d'apprendre que celui-ci a contribué à la mort de son imprégné. Ils sont étonnés d'entendre qu'il a réussi à repousser son âme sœur aussi longtemps. Jacob nous apprend que quand un loup trouve sa moitié, il lui est impossible de vivre sans elle.
Il nous explique que le lien qui les relie ensemble est d'une telle force que le simple fait d'imaginer de ne plus pouvoir voir la personne avec qui ils sont liés les rend fous de douleur. Il ajoute qu'un loup qui perd son imprégné ne lui survit pas plus de quelques jours. Une semaine est le record qu'un loup a réussi à tenir. Avec ces explications dans l'équation, je suis encore plus intrigué et dégoûté par ce que j'ai vu dans la tête de Sam.
On se tourne vers lui pour lui demander des explications. À moins qu'il ait menti à Abhay sur son statut d'imprégné, je ne vois pas comment il a survécu à sa disparition. On lui demande de nous parler de ses motivations, de ce qui l'a conduit là. Il reste stoïque et dans le silence. Je me demande, s'il m'était possible de refaire ce qui m'avait projeté dans son esprit pour lui arracher de force les informations dont nous avons besoin. Je fais part de mes intentions au reste du groupe.
Ils sont de mon avis. Je m'installe donc sur une chaise placée devant lui et plonge mes yeux dans les siens. J'attends. Rien ne se passe. Je me concentre un peu plus. Je sens comme une porte qui cède devant mon insistance. Je la pousse. Elle cède après une minute de résistance. J'apparais devant une forêt où un grand loup noir mourant est couché sur le flanc entre deux gigantesques arbres. Il a de la peine à respirer. En détectant ma présence, il relève son museau. Il me lance un regard dans lequel je pense déceler une demande d'aide. Je m'approche de lui et tends ma main avec le désir de le caresser. Il se laisse faire en fermant les yeux. Un soupir de soulagement s'échappe de sa grande gueule. Une voix profonde et triste s'élève soudainement dans le silence. Je crois que c'est la voix du loup de Sam. Elle commence à me conter une bien triste histoire.
Il me raconte la rencontre entre Abhay et Sam. Cela s'était produit sept mois avant mon arrivée dans la ville. Ils s'étaient croisés au détour de la forêt. Abhay s'était perdu en se promenant. Sam en le voyant avait tout de suite su que c'était son imprégné. La joie de la découverte de son âme sœur l'avait rendu euphorique. Il l'avait alors aidé à retrouver son chemin. Avant que le jeune homme ne parte, Sam lui avait proposé de le revoir pour un verre. Abhay avait d'abord été réservé, mais il avait fini par accepter l'invitation de l'alpha. La première sortie avait été suivie par de nombreuses autres.
Au bout de leur quatrième rendez-vous, Sam avait fait sa déclaration. Abhay avait pris peur et s'était enfui. Sam ne le revit que trois semaines après ça. Avec beaucoup de prudence, ils avaient commencé à sortir ensemble. Sam n'avait jamais été aussi heureux de sa vie. Il ne voyait plus rien d'autre que son petit ami. Il vivait comme dans un rêve. Ils faisaient des sorties à deux, allant au cinéma, au restaurant, en boite de nuit et à la plage. Sam parlait souvent de la meute à Abhay. Tout allait bien dans le meilleur des mondes, même Sam n'avait encore rien dit aux autres sur son imprégnation, mais il songeait sérieusement à leur en parler. Personne ne savait ce qui se serait passé sans la rencontre qu'ils avaient faite un samedi soir à la sortie d'un cinéma. Mais ce qui était sûr, c'est qu'elle avait tout fait basculer.
Ils sortaient d'une séance d'un film d'horreur, quand une bande de gamins de dix-sept et dix-huit ans leur étaient tombés dessus. Ils avaient commencé à les insulter, les traitants de PD, de tapette et d'autres mots tout aussi charmants. Une bagarre en avait résulté. Sam les avait écrasés facilement en cassant quelques os au passage. Après cette bagarre, Sam avait déposé son petit ami devant sa maison. Ce fut à compter de cette nuit-là que Sam avait commencé à prendre ses distances avec Abhay. Le jeune homme n'avait pas compris l'éloignement que Sam mettait entre eux deux. Les sorties étaient devenues de plus en plus espacées sans explication.
Cet éloignement forcé avait des répercussions sur Sam qui avait commencé à montrer des signes de nervosité et de perturbation émotionnelle. Son loup ne supportant pas la distance que son humain mettait avec son imprégné, luttait pour le contrôle du corps de Sam. Celui-ci devient alors grognon avec les autres. Quand ses amis lui posèrent la question, il leur avoua avoir trouvé son imprégné. Mais ne pouvant se résigner et ne voulant pas avouer que c'était d'un homme dont il s'agissait, il leur avait donné le premier nom qui lui passe par la tête. Celui d'Emily Young. Ensuite, tout s'était très vite enchaîné.
Il se fiança et s'installa avec la jeune femme. Mais malgré toute sa volonté de couper tout contact avec le jeune homme, Sam ne put s'empêcher de le revoir. Et à la fin de chacune de leurs rencontres, il disait à Abhay que c'était la dernière fois qu'ils se voyaient. Avec mon arrivée dans la vie d'Abhay, Sam avait commencé à éprouver de la jalousie envers moi. Il avait alors à de nombreuses reprises demandé à Abhay de ne plus me voir, mais mon ami avait toujours refusé.
Le jour de sa mort, Sam lui avait donné rendez-vous à leur endroit habituel, car il voulait lui annoncer quelque chose. Mais à son arrivée, il avait été surpris de trouver une femme vampire, perchée sur un arbre au-dessus de l'endroit où lui et son amant avaient l'habitude s'appuyer. Son instinct de loup s'était alors manifesté. Une bagarre avait explosé entre les deux prédateurs. Et ce fut au milieu de cette rixe que le jeune homme était arrivé. La femme s'était alors jetée sur lui et l'avait attrapé par la nuque. Ensuite, tout était allé très vite. La suite nous la connaissons. Après la mort de son imprégné, Sam avait cru mourir dans la seconde. La douleur l'avait mis à terre. Il s'était alors acharné sur la vampire responsable de la mort de son petit ami et était parvenu à l'acculer entre un arbre et lui. Mais alors qu'il s'apprêtait à lui arracher la tête, elle avait prononcé des mots qui avaient retenu sa main. C'était ces mots qui l'avaient convaincu de faire alliance avec elle.
La femme lui avait avoué être une vampire spécial. Elle avait le don de non seulement boire le sang de sa victime, mais aussi l'âme de celui-ci. Elle le persuade qu'elle avait le pouvoir de ressusciter son aimé en plaçant l'âme de celui-ci dans le corps d'un homme du même âge que lui. C'était la raison pour laquelle il aidait la vampire. Et effectivement, elle avait bien le pouvoir de faire ce qu'elle avait proclamé pouvoir faire. Mais le hic était que cela ne durait que quelques heures. Abhay ne se rappelait pas qu'il était mort. Pour lui, rien n'avait changé depuis le jour de sa mort.
Il était toujours heureux de revoir Sam, surtout qu'il ne lui parlait plus de séparation. Il profitait simplement de ses instants passés ensemble. À la minute où son imprégné commençait à montrer des signes de fatigue, la vampire se chargeait de boire le sang et l'âme dans le corps qu'Abhay occupait. La disparition de l'âme de son amant mettant Sam dans une rage furieuse. L'alpha se défoulait alors sur les corps sans vie que l'âme de son amant venait de quitter. Voilà la fin de l'histoire de Sam. C'est bien triste tout ça. Je ressors de sa tête le moral dans les baskets. Je raconte ce que je viens de découvrir aux autres. Jacob et Seth sont en larmes. Les vampires paraissent désolés pour l'alpha.
– Qui est la femme qui est avec lui ? me demande Alice.
Je les regarde alors avec tristesse, car je sais que ce que je vais leur dévoiler va leur faire de la peine. J'hésite à leur dire.
– Dis-le-nous simplement. Nous pouvons l'accepter, me dit Carlisle semblant avoir une idée sur ce que je viens d'apprendre.
Ces mots déstabilisent le reste de la famille et les loups. Je prends une grande inspiration et je leur dis :
–Il s'agit de... d'Esmée.
Des protestations viennent des vampires. Rosalie, elle va même jusqu'à s'en prendre physiquement à moi. Enfin, cela devait être dans ses intentions, car Edward l'en empêche avant qu'elle ne m'atteigne. Jasper et Emmett tout aussi hébétés que les autres par mes mots, relâchent Sam qui se dépêche de s'enfuir. Nous remarquons par la même occasion, l'absence d'Esmée. Quand est-elle partie ? Personne ne le savait. Le temps de se remettre de ces découvertes, Sam avait déjà une belle longueur d'avance sur nous. Il ne faut pas oublier que c'est un l'alpha. Le loup le plus fort et le plus rapide de la tribu. Les vampires et les loups se lancent à sa poursuite tout de même. Mais malgré leurs efforts, ils ne parvinrent pas à le rattraper. Nous nous rendons alors chez les Cullen pour se rendre compte de l'absence d'Esmée.
C'est la première fois que je viens chez mon petit ami. Je suis étonné par l'apparence de la maison. Pas dans un sens négatif non, je trouve le bâtiment magnifique. C'est une maison sur trois niveaux d'une grande surface. Elle se trouve à l'extrémité d'un bois de Forks. D'immenses fenêtres laissent passer la lumière et la nature sur un intérieur sombre et somptueux. Il se dégage de cette bâtisse une légèreté et une fraîcheur matinale.
Ce qui me fait me sentir immédiatement à l'aise. Le bâtiment est fait de cloisons et de planchers en bois qui sont liés dans un mélange harmonieux avec les pièces intérieures. Ce mélange donne une impression de symbiose entre la nature et la main de l'homme. Des terrains extérieurs entourent les différentes façades du bâtiment de façon à ce que chaque membre de la famille puisse passer le plus de temps en plein air. La décoration intérieure est simple et élégante. Cette simplicité ne fait que rendre la maison plus chaleureuse.
On fait le tour de la maison pour nous apercevoir que Esmée était partie en emportant toutes ses cartes bancaires et papiers d'identité. Une valise était manquante dans la chambre qu'elle partageait avec Carlisle. Une partie de sa garde-robe s'était envolée avec elle. La constatation et réalisation de ces absences ne font que nous conforter sur sa participation dans les meurtres affreux des jeunes gens. C'est un coup dur pour la famille. Je reste deux heures de plus dans la maison avec la famille Cullen. Ces deux heures passent en faisant des hypothèses sur l'endroit où la vampire était partie.
Nous nous demandons aussi si Sam l'avait rejoint. Les Cullen se posent des questions sur ce qui avait poussé leur mère et épouse à faire ces choses. Ils se demandent depuis quand cela avait commencé. Comment elle avait fait pour cacher la couleur de ses yeux ? Ils sont convaincus qu'elle ne porte pas de lentilles de contact. Ils l'auraient remarqué dans ce cas. Alors, si elle boit du sang humain depuis tout ce temps, comment arrive-t-elle à cacher la couleur de ses yeux ? Est-ce un autre de ses pouvoirs ? Sans la personne concernée pour répondre, aucune réponse ne nous est donnée. Je prends alors congé des autres. Blanche-Neige insiste pour me conduire chez moi. J'ai beau lui dire que cela serait plus simple si je me téléporte directement à la maison. Mais monsieur persiste dans son désir de me ramener en voiture. Je capitule.
Le lundi matin, Charlie m'annonce qu'il est parvenu à prendre un rendez-vous avec le collègue psychiatre dont le père de Blanche-Neige lui avait donné les cordonnées. La première séance est prévue pour le soir même. J'appelle mon patron pour le prévenir de mon absence. Je me rends au lycée où je ne suis pas surpris de ne trouver que mon petit ami. Le reste de la famille étant trop éprouvée émotionnellement pour venir. Blanche-Neige n'est présent que parce que j'y suis. La journée passe rapidement. Je parle de mon rendez-vous de ce soir avec lui. Il est content pour moi et me souhaite bon courage. Il est mignon !
Mon rendez-vous a lieu dans un petit immeuble de trois étages. Il se situe dans un quartier huppé. C'est la première fois que je me rends dans le coin. Je ne savais même pas qu'un tel quartier existait dans la petite ville. Je m'arrête devant l'immeuble. Le bâtiment n'est pas d'une très grande hauteur. L'immeuble se compose d'un rez-de-chaussée surélevé de trois paliers et dispose d'un petit jardin bien entretenu. Un portail d'une blancheur immaculée s'ouvre devant une plaque collée au mur. Une inscription en noir sur un fond doré, annonce le nom du psychiatre : le docteur Hannibal Lecter.
Quel drôle de nom, je ne peux m'empêcher de songer. Je monte les trois petites marches qui me séparent de l'entrée. Au rez-de-chaussée, une flèche m'indique que le cabinet du docteur Lecter se trouve au premier. Je monte les six marches. Je tape à la porte. Un homme pas très grand, un peu trapu, mesurant dans les 1m78 pour on va dire dans les 80 kg à peu, ayant des cheveux bruns et des yeux marron avec des petits reflets rouges m'ouvre la porte.
Il se tient droit et il se dégage de lui une grâce presque animale. Un peu comme la famille de mon petit ami. Son petit sourire en coin encourageant me permet d'apercevoir ses dents blanches et régulières. Il a un sourire charmeur, mais qui ne dégage aucune chaleur. Seule une froideur carnassière s'en dégage. Il est soigné et élégant. Je crois qu'il me renifle au moment où je pénètre dans le cabinet. En me retournant pour vérifier mon sentiment, je remarque une petite lueur d'envie dans ses prunelles. Mais une envie de quoi ? Je ne saurais le dire. Pour me donner contenance, je jette un coup d'œil sur la pièce. Elle est vaste et sobre.
Une grande table en bois est posée au centre de la pièce. Des étagères de livres recouvrent les murs. Une petite cheminée classique en marbre blanc est allumée. Devant celle-ci, un canapé noir et un petit fauteuil de la même couleur. Le docteur m'invite à m'allonger sur le canapé. Lui-même prend place sur le fauteuil. Nous restons silencieux. Je lui demande ce que je dois faire. Il me dit de me parler de ce qui me passe par la tête pour commencer. Je parle de tout et de rien. Je lui parle du lycée, de Bella, de Charlie et de la librairie. Il m'écoute sans intervenir. Quand je n'ai plus rien à dire, il me demande de lui parler de mes rêves. Je ne sais pas si cela vient du fait que je me sens plus à l'aise après avoir parlé librement de tout et de rien, mais je n'éprouve aucune réticence à lui parler de mes songes.
Je lui parle de mon incapacité à me souvenir de mes cauchemars. Des forts sentiments qui me restent d'eux. De la déprime qui me prend parfois. Je lui parle aussi de mon insécurité vis-à-vis de Charlie. De ma peur de me retrouver seul. De l'abandon. Quand je finis par me taire. Il me donne un autre rendez-vous. Il me dit qu'il pense pouvoir me venir en aide. Il est persuadé de parvenir à me faire retrouver mes souvenirs grâce aux séances que je vais suivre avec lui.
Il me propose de se revoir deux fois par semaine les lundis à 17h30 et les vendredis à 19h30. Je suis toujours allongé en face de lui. Et au fur et à mesure qu'il me parle de ses idées pour me venir en aide, je me dis que j'ai peut-être une vraie chance de retrouver ma mémoire. Cette réalisation est vite suivit par la peur que j'aie de découvrir ce que mes rêves cachent. Je prends congé de mon psychiatre. Il me reconduit devant la porte d'entrée. Avant de fermer la porte, il ferme les yeux et prend une grande inspiration. Je crois voir des frissons plaisirs ou d'anticipations lui parcourir le dos des mains.
Je rentre à la maison et je fais à manger. Je fais mes devoirs en attendant la fin de la cuisson du repas. Nous mangeons et nous montons nous coucher. Blanche-Neige n'est pas là ce soir. Il m'a prévenu qu'il reste avec sa famille. Alice et Jasper vont partir à la poursuite d'Esmée. Il tient à leur dire au revoir. Après un passage aux toilettes, je vais me coucher.
« Je fais un rêve. Le jeune homme se réveille, allongé sur le sol devant un vieux château lugubre. Il fait nuit. La seule lumière vient des quelques lueurs de la lune. À ses côtés, il y a une grande ombre noire en suspension au-dessus du sol, sous l'effet d'une force inconnue. Il est enveloppé dans de grandes robes noires qui le masquent entièrement à l'exception de ses mains qui ont l'air de chair morte et moisie. Cette silhouette a l'apparence d'un homme de grande taille. Le jeune homme ressent une grande tristesse et un désespoir immense à ses côtés. Il se sent découragé.
L'ombre tend sa main moisie et aide le jeune homme à se remettre sur ses pieds. Un frisson de dégoût s'échappe du corps du jeune homme. L'ombre le pousse fermement en direction de la porte d'entrée. Le jeune homme résiste au départ à cette poussée. Mais l'ombre le force à avancer. Ils montent une volée de marches. La porte s'ouvre à leur approche. L'extérieure ne donne aucune envie de voir l'intérieur. Il est poussé avec force dans l'entrée. En franchissant le seuil, le hall s'illumine. Des milliers et des milliers de bougies sont en lévitation au-dessous du toit.
Un escalier de marbre vert et marron en spirale monte à l'étage. Des tableaux animés recouvrent tous les murs. Le sol est recouvert de fleurs en tous genres. C'est une image féerique qui s'offre à lui. Des petites pousses d'arbres se mélangent aux murs. L'ombre disparaît par une porte dérobée. Mais le jeune homme ne s'aperçoit pas de cela. Il est fasciné par ce qu'il voit. Une troupe de petites fées, exécute une danse aérienne hypnotisant. Une des fées va se poser sur l'épaule du jeune homme. Elle lui fait une bise sur la joue et elle éclate d'un rire joyeux.
Une sirène dans une fontaine se met à chanter. Sa voix est pure et mélodieuse. Toute la tristesse que le jeune homme avait ressentie disparaît comme neige au soleil. Une paix indescriptible l'a remplacé. Il reste là émerveillé par le spectacle que les petites fées et la sirène lui offrent. Il est arraché à sa contemplation par le bruit des pas d'une personne glissant sur les escaliers avec grâce et légèreté. Il lève la tête pour ancrer son regard sur un être ressemblant à une femme d'une grande beauté. La créature a de longs cheveux blonds argentés, des yeux bleus et une peau avec la couleur du clair de lune. Un charme inégalable se dégage d'elle.
En s'apercevant que le jeune homme a remarqué sa présence, elle ajoute sa voix au chant de la sirène. Si la voix de la sirène avait parue mélodieuse et pure au jeune homme, celle de la nouvelle venue est quant à elle envoûtante. Quand le spectacle prend fin. La sublime créature dit au jeune homme de sa belle voix :
– La mère Divine vous attend au premier.
Sur ces mots, elle repart par où elle est venue. »
Je me réveille avec un sentiment de joie phénoménal. Je suis heureux, tout simplement.
