Disclaimer : Comme d'hab, merci la MGM !

Notes de l'auteure : Un grand merci à toutes celles (et ceux ?) qui lisent cette fic, et encore plus à celles qui écrivent des reviews !! Comme vous l'aurez remarqué depuis le temps, je ne suis pas très rapide, désolée !!! Mais rassurez-vous, je sais où je veux en venir, je connais déjà la fin de l'histoire, je dois juste l'écrire…

Bon, pour ce chapitre, un petit peu plus de Rodney que d'habitude !

- … et alors il nous suffirait de relier un E2PZ au système d'exploitation pour obtenir une quantité d'informations astronomique sur cette planète et ses environs !

Le docteur McKay avait les yeux brillants et les joues rouges d'excitation – ainsi que d'essoufflement, dans la mesure où il venait d'accomplir un exploit en parvenant à se maintenir à la hauteur du colonel Sheppard tout en lui faisant sa brillante démonstration, gesticulations à l'appui. Tous deux se rendaient au mess depuis le laboratoire, et la plus grande préoccupation du militaire à cet instant était d'y parvenir à temps pour se faire servir un repas décent, faute de quoi il aurait certainement à supporter l'humeur maussade du scientifique pendant tout l'après-midi.

C'était une belle journée et le soleil illuminait les corridors de la cité depuis les nombreux balcons vitrés. Tous les membres de l'expédition adoraient ces balcons, sans conteste la plus grande merveille d'un endroit pourtant si étonnant, parce qu'ils évoquaient la liberté absolue, avec leurs points de vue incomparables sur l'océan infini de cette planète – encore plus bleue que l'originale !

John continuait d'avancer à un bon rythme, bercé par le bavardage incessant du scientifique à ses côtés, tout en admirant la vue de l'autre côté des baies vitrées, quand quelque chose retint son attention. Il s'arrêta net, et Rodney lui rentra dedans de plein fouet.

- Eh ! Ca va pas, non ?!

Ignorant les jérémiades de McKay, John fit demi-tour et commanda l'ouverture donnant sur un des balcons. C'était bien ça, ce qu'il avait cru apercevoir du coin de l'œil : le corps d'un des membres de l'expédition, un scientifique au vu des couleurs de l'uniforme, gisait à même le sol. Il s'en approcha pour constater que, d'une part, il s'agissait du docteur Kavanaugh, et d'autre part qu'il n'était pas mort, seulement très refroidi par le vent qui fouettait sauvagement les murs de la cité. John activa aussitôt sa radio personnelle.

- Carson, ici Sheppard. J'ai besoin d'une équipe médicale d'urgence sur un balcon dans le couloir 17, section 5.

- Oh non, est-ce qu'il est…

Rodney l'avait rejoint et il regardait le corps de Kavanaugh comme s'il allait lui-même être victime d'un malaise.

- Non Rodney, il est vivant. Allez attendre Carson et son équipe dans le couloir.

Pendant les cinq minutes qui suivirent, John tenta tant bien que mal de réchauffer le blessé en attendant l'arrivée des secours. Il se demandait ce qui était arrivé, et tout au fond de son esprit, un sentiment désagréable s'installa, l'impression qu'il y était, au moins en partie, pour quelque chose.

- Comment va-t-il ?

Le docteur Weir avait fait le déplacement jusqu'à l'infirmerie dès qu'elle avait appris ce qui s'était passé. Carson n'avait été qu'à moitié surpris de la voir arriver. Il savait qu'elle se sentait responsable de Kavanaugh depuis l'incident de la bombe. Il avait en revanche été très étonné de la réaction de Rodney, qui lui avait demandé de le tenir informé personnellement. McKay était bien des choses, mais hypocrite ne faisait pas partie de la liste, et ce n'était certainement pas par souci du « politiquement correct » qu'il avait fait cette demande. Carson aurait bien aimé savoir d'où lui venait cet intérêt si soudain pour la santé de Kavanaugh, alors que les deux hommes étaient connus pour s'entendre comme chien et chat. Soupirant, Beckett répéta à Elisabeth ce qu'il avait déjà dit à John et Rodney : que le scientifique se remettrait de son séjour sur ce balcon, aussitôt que les antibiotiques auraient fait leur effet et empêché le début de pneumonie de s'installer dans ses poumons. La cheffe de l'expédition acquiesça gravement.

- Une idée de la façon dont il est arrivé sur ce balcon ? Ou de la raison de son malaise ?

Le docteur secoua la tête, il n'en avait pas la moindre idée. Avec un dernier regard sur le lit où reposait le malade, Weir quitta l'infirmerie.

Carson avait son regard préoccupé des mauvais jours, et cela inquiétait terriblement Rodney. Le médecin étudiait les résultats de laboratoire, tout en examinant le patient qui gisait sur son lit, plus ou moins inconscient depuis deux jours. Rodney n'était pas médecin, mais il savait que les antibiotiques auraient dû agir depuis longtemps déjà. Il savait aussi que le corps humain n'est pas fait pour supporter des températures élevées pendant une aussi longue période. Il aurait vraiment voulu faire quelque chose, mais la médecine était pour lui Terra Incognita, et il devait laisser à d'autres le soin de trouver des solutions, même s'il enrageait de ne pas être plus utile. Il regarda Kavanaugh, qui était sanglé à son lit depuis qu'il s'était sauvagement débattu dans son délire, obligeant deux infirmiers à intervenir pour l'immobiliser. Le patient avait le visage rouge malgré les pains de glace qui l'entouraient, et il semblait avoir du mal à respirer, ce qui était la cause première de l'inquiétude du docteur Beckett.

- Alors?

Rodney sursauta. Elisabeth. Il avait oubliée qu'elle aussi était là pour prendre des nouvelles. Carson releva la tête de ses papiers, et leur indiqua la porte de son bureau d'un signe de tête. Ne jamais annoncer de mauvaises nouvelles devant un patient inconscient, juste au cas où il ne serait pas si inconscient que ça. Rodney songea amèrement que dans le cas présent, ils pourraient aussi bien en parler devant Kavanaugh, tant il semblait improbable qu'il puisse les entendre.

Carson s'assit à son bureau face au docteur Weir, tandis que McKay restait debout, en retrait à côté de la porte. Il réfléchit un instant à ce qu'il allait dire. Il n'avait aucune certitude dans cette affaire, et il devait choisir ces mots avec soin, considérant l'implication personnelle de Rodney qui avait passé tout son temps libre à l'infirmerie ces dernières 48 heures. Il soupira, regrettant un instant l'absence de la psychologue dans ce bureau.

- Je ne sais pas quoi vous dire. Toutes les analyses indiquent qu'il n'y a aucun virus ni aucune bactérie à l'origine du problème.

- Ces poumons semblent atteints.

- Il y de l'eau dedans, parce que son état général a empiré, mais le problème ne vient pas de là.

- C'est peut-être une infection extraterrestre que nous n'avons pas encore identifiée ? Un peu comme le virus qui avait attaqué l'équipe de Rodney quand ils exploraient la cité.

Le médecin regarda la cheffe de l'expédition avec un air navré. Ce serait si pratique, pensa-t-il.

- J'ai bien sûr examiné cette possibilité. L'ennui, c'est que le docteur Kavanaugh n'est allé dans aucune région inexplorée à notre connaissance, et qu'il est le seul à être malade. De plus, nous avons aujourd'hui des instruments d'examen lanciens qui seraient sans doute capables de reconnaître un virus existant dans la cité.

Un lourd silence suivit cette déclaration. Carson observait Rodney, qui semblait perdu dans ses pensées. Le docteur Weir quitta finalement son siège, remercia le médecin pour son travail, et s'avança vers la porte. Avant de sortir, elle saisit la main de McKay avec douceur et lui sourit, comme s'il était le plus à plaindre dans cette histoire. Quand elle eut quitté la pièce, Carson s'approcha à son tour de son ami.

- Rodney, qu'est-ce qui ne va pas ?

Le scientifique ne répondit pas tout de suite. Quand il le fit, ce fut à voix basse et avec difficulté, comme si les mots peinaient à sortir de sa bouche.

- C'est de ma faute, Carson. C'est moi qui lui ai fait ça.

Le médecin resta un instant sans voix.

- Fait quoi, Rodney ? Qu'est-ce que c'est ?

McKay lui lança un regard à la fois furieux et blessé, comme s'il faisait exprès de ne pas comprendre. Mais comme le médecin avait l'air sincèrement interloqué, il consentit à lui donner une explication.

- Il n'y a pas de cause extérieure. Il est en train de mourir, c'est tout. Et c'est ce qu'il veut, parce que j'ai fait de sa vie ici un enfer.

Avant que le médecin n'ait pu lui répondre, Rodney sortit du bureau pour reprendre ce qui était désormais sa place dans l'infirmerie. Estomaqué, Carson l'observa depuis le seuil de son bureau. C'était donc ça, ce qui préoccupait tant le scientifique. Et dire que même ses plus proches amis prenaient le docteur McKay pour un être socialement handicapé incapable de se mettre à la place d'autrui. Carson soupira. Il était lui-même parvenu à une conclusion semblable à celle de McKay, excepté qu'il ne tenait pas le scientifique pour unique responsable de ce qui était arrivé. Non, il n'était vraiment pas le plus coupable. Il referma doucement la porte de son bureau. Le docteur Beckett ne croyait pas à la fatalité, et s'avouer vaincu avant l'heure, ce n'était pas son genre. Après tout, comme se plaisait à le répéter son mentor à l'université : Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir.