Salut à tous ! Désolé pour cet énoooorme retard, mais j'ai des circonstances atténuantes… du moins c'est ce que j'aurais dit si j'en avais vraiment eu. Je me contenterai donc d'un simple : J'ai eu une flémingite aiguë !

J'avais quelque chose à dire concernant l'histoire mais ma mémoire me fait défaut… Ah oui, pour répondre à la question d'une personne me l'ayant demandé par message privé, pour l'instant concernant les couples je n'en ai prévu qu'un qui est comme vous l'aurez deviné le HP/DG. J'hésite encore si je dois faire ou non un DM/HG ou un DM/PP… vous comprendrez pourquoi cette hésitation au fil des chapitres.

Donc voilà le chapitre 12 ! Comme le temps passe vite… J'espère qu'il vous plaira en tout cas. Personnellement j'ai bien aimé la fin, mais ça n'engage que moi.

Bonne lecture !

C'était une magnifique après-midi d'été, et l'air frais s'insinuant tout autour de Daphné apportait avec lui un agréable et délicat parfum de fleurs et l'odeur des pins entourant le domaine. Une très belle journée s'annonçait pour elle, et elle n'aurait pu rêver mieux pour une telle occasion. Le jardin de plusieurs hectares des Lestrange était à l'instant même noir de monde, et tous attendait avec impatience que la cérémonie ne débute. Une immense toile blanche de la taille d'une cathédrale avait été installé sur celui-ci, et des centaines de chaises occupées se trouvaient sous elle, réparties de chaque côté d'une longue allée se terminant face à un autel. La plupart des invités lui étaient inconnus, beaucoup venant des quatre coins du monde pour assister à cette évènement que l'on considérait déjà comme l'évènement de l'année et Daphné en était l'une des instigatrices.

S'avançant en direction de l'autel dans sa sublime robe blanche et accroché au bras de son père, elle fit de son mieux pour ne pas être troublé par tous ces yeux qui semblaient la scanner, en particulier par la gente féminine qui lui lançaient des regards noirs. Un petit orchestre jouait un morceau très doux pour accompagner sa longue marche vers l'autel rendu difficile par le voile blanc qui la recouvrait de la tête au pied et par sa longue traine que sa sœur Astoria et sa future belle-sœur Cassandre tentaient de porter. Elle arriva quelques instants plus tard à la fin du tapis de cérémonie et put enfin détailler de près son futur et tendre époux. Henry était grand et athlétique et possédait une carrure digne des plus beaux mannequins. Son visage était ferme, mais la barbe finement taillée et le sourire rayonnant qu'il affichait l'embellissait encore davantage. Il portait un élégant smoking noir par-dessous une robe de sorcier de la même couleur, et avait relâché ses cheveux qui cascadaient sur ses épaules. Il était… divin. Sans faire attention aux pleurs de joie qu'elle entendait de la part de sa mère et de celle d'Henry, elle s'avança vers l'autel qu'elle gravit gracieusement avant de faire face à son futur époux. Le mage se tenant à côté d'eux attendit qu'elle soit bien installée avant de commencer son office.

- Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, Lord et Lady de grandes et puissantes familles ou simples connaissances des futurs mariés, nous sommes aujourd'hui réunis pour célébrer l'union de ces deux êtres dans les liens sacrés du mariage et selon les rituels ancestraux qui régissent notre communauté magique. Avant de commencer, je tiens à rappeler…

Elle écoutait d'une oreille distraite le discours du mage parlant de bonheur et de prospérité, de richesse et de fécondité, préférant regarder les magnifiques yeux envoutant de son cher et tendre qui la regardait avec ce même regard d'amour. Elle n'aurait pu dire combien de temps s'était écoulé ; quelques minutes peut être ? En tout cas le mage aborda finalement la partie qu'elle considérait comme la plus importante de sa vie, celle qui changerait à jamais son existence.

- Daphné Elizabeth Victoria Greengrass, acceptez-vous de prendre cet homme pour époux et père de vos futurs enfants ? De l'aimer et le chérir dans la joie comme dans la peine, dans la richesse comme dans la pauvreté et ce, jusqu'à ce que la mort vous sépare ?

- Moi, Daphné Elizabeth Victoria Greengrass, accepte de prendre cet homme pour époux et père de mes futurs enfants, ainsi soit-il.

Harry lui passa alors une bague autour de l'annulaire gauche que lui tendait le mage. Elle était sertie de diamants et portaient le blason de la famille Lestrange et celle des Black, ainsi que la devise de cette dernière : Toujours pur.

- Et vous, Henry Phineas Darius Lestrange-Black ? Acceptez-vous de prendre cette femme pour épouse et mère de vos futurs enfants? De l'aimer et de la chérir dans la joie comme dans la peine, dans la richesse comme dans la pauvreté et ce, jusqu'à ce que la mort vous sépare ?

- Moi, Henry Phineas Darius Lestrange-Black, accepte de prendre pour épouse et mère de mes futurs enfants cette femme, ainsi soit-il.

Daphné fit de même, à l'exception du fait qu'Harry dut mettre deux bagues : l'une ressemblant à celle qu'elle portait à présent, et l'autre qui représentait les armoiries des Black. Dès l'instant où il se mariait, Harry devenait le Seigneur de cette famille, étant l'héritier mâle le plus âgé, et pouvait désormais siéger au sein du magenmagot. Les pleurs des deux mères redoublèrent d'intensité, ce qui arracha un léger ricanement à Daphné.

- Alors je vous déclare au nom du conseil des mages et des hautes instances de l'état mari et femme par les liens sacrés du mariage. Maintenant il est temps pour vous d'effectuer l'acte suprême qui scellera pour toujours votre union.

Le mage fit alors apparaitre entre eux un calice renfermant une potion de couleur rosée qui flottait paisiblement au dessus du sol à hauteur de leur main. Il sortit alors un petit couteau et leur demanda de verser chacun une goutte de leur sang dans la potion tout en joignant leur main au dessus d'elle. Les deux mariés le firent de bonne grâce et se coupèrent légèrement le doigt pour laisser écouler le précieux sang. Lorsque les gouttes tombèrent dans la potion, celle-ci devint bleutée et le mage commença à marmonner dans un dialecte ancien des paroles que ne comprirent pas l'assistance. Subitement, deux trainées turquoises se soulevèrent et entourèrent les deux mains des mariés qui ressentirent tout deux une bouffée d'énergie et de chaleur les envahir.

- Vous êtes désormais entièrement voués l'un à l'autre et ne faites plus qu'un de part votre magie. Ce lien est à présent encré en chacun de vous et perdurera éternellement en lui jusqu'à ce que la mort ou la destruction du contrat de mariage s'opère. Vous pouvez à présent embrasser la mariée jeune homme.

Harry sourit et entreprit de relever le voile recouvrant Daphné avant d'approcher lentement ses lèvres des siennes pour terminer en beauté la cérémonie. Daphné ferma les yeux, attendant ce moment depuis si longtemps qu'elle souhaitait en profiter intensément. La bouche de son amant était comme un fruit défendu qu'elle avait toujours rêvé d'embrasser sans oser le faire jusqu'à présent.

- Hé marmotte ! s'exclama alors la voix de Tracey.

Daphné rouvrit subitement ses paupières et tourna sa tête à droite. Elle manqua de sursauter en constatant que la tête du mage s'était changée en celle de son amie qui lui souriait moqueusement.

- Il est temps de se réveiller ! dit alors une autre Tracey qui se tenait à l'endroit où se trouvait auparavant Henry.

- Mais… Qu'est-ce qui se passe ? demanda t-elle, complètement perdue.

Elle regarda alors le public présent et remarqua que tous sans exception s'étaient transformés en des répliques de Tracey et l'observaient toutes d'un air malicieux.

- Si tu ne te lèves pas rapidement, c'est moi qui vais te mettre debout et te tirer jusqu'à la douche ! dirent-elles tous en chœur.

Daphné ouvrit alors les yeux et se retrouva nez à nez avec le visage de sa camarade à quelques centimètres à peine d'elle. Elle poussa un petit couinement et s'écroula de l'autre côté du lit sous les éclats de rire de Tracey qui se cramponnait au lit pour ne pas tomber. Pestant contre son amie, il lui fallu quelques secondes pour remarquer qu'elle était dans sa chambre de Poudlard et qu'elle était en ce moment même emmitouflée dans ses couvertures qui étaient tombées avec elle.

- Alors ce n'était qu'un rêve…, marmonna t-elle légèrement déçue.

- Un rêve qui… qui devait être très… plaisant ! se moqua Tracey.

Pour être plaisant il l'était, songea t-elle en se le remémorant. Elle aurait tellement voulue qu'il soit réel et que tout ceci se soit vraiment passé, mais malheureusement la réalité la rattrapa rapidement. L'espace d'un instant, un petit instant de bonheur, elle s'était sentie comme étant Lady Daphné Lestrange Black, épouse du ténébreux seigneur Henry Lestrange Black, et à ce souvenir, elle sentit comme des milliers de papillons dans son estomac, comme à chaque fois qu'elle le voyait. Elle était tombée sous son charme depuis le premier jour de leur rencontre, et bien qu'elle faisait de son mieux pour ne rien laisser paraitre, elle savait pertinemment que tous leurs amis étaient au courant de son béguin pour lui, surtout Tracey qui ne ratait pas une occasion pour le lui rappeler. Peut être Henry lui-même était au courant et cette pensée la fit rougit aussitôt de gêne.

- De quoi rêvais-tu ? lui demanda alors Tracey en la scrutant d'un petit air sournois.

- De… de nos prochaines leçons de vol ! dit-elle en se giflant mentalement pour son excuse pitoyable.

- Vraiment ? Alors pourquoi marmonnais-tu sans arrêt le prénom d'une certaine personne ?

Elle ne répondit rien et se contenta de déglutir bruyamment. Voilà maintenant qu'elle se mettait à parler pendant son sommeil ! Elle en était morte de honte. Heureusement que les dortoirs n'étaient pas mixtes, autrement elle n'oserait plus jamais adresser la parole à son Henry.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, siffla t-elle tout en se débattant avec ses couvertures.

- Ah bon ? Je vais t'en faire un petit résumé alors ! Hm qu'est-ce que tu as dit déjà ? Ah oui… « Oh Henry ! Je le veux… Oh oui je le veux ! »

- Arrête ! C'est tellement gênant !

- Rassure-moi, ce n'était pas un rêve érotique quand même ?... Aie !

- Tracey Davis ! Par Merlin, si tu oses le dire à quelqu'un, je te jure que ma vengeance sera terrible ! la menaça Daphné en la frappant avec son oreiller.

C'est avec une demi-heure de retard et une épaule endolorie pour Tracey que les deux filles arrivèrent dans la Grande Salle. Elles repérèrent rapidement Harry qui s'était mis volontairement à l'écart des autres Serpentards en bout de table et déjeunait tranquillement tout en parcourant des yeux son manuel d'histoire.

- Bonjour Henry, s'annoncèrent-elles en s'installant face à lui. Encore en train de réviser ?

- Bonjour les filles. On peut dire ça comme ça oui, enfin disons plutôt que je me prépare à l'avance pour le double cours d'histoire qui va suivre. Ce livre recèle d'une multitude d'informations beaucoup plus intéressantes que ce que nous dit Binns à longueur de temps. Plus vite j'aurai appris tout ça et plus vite je pourrais m'adonner à mon activité favorite pendant ses cours : dormir.

- Daphné se fera un plaisir de te border je pense, assura moqueusement Tracey avant de s'écarter vivement de sa chaise pour éviter le poing qui allait s'abattre sur son épaule.

- Si elle le désire alors j'en serais honoré, répondit distraitement Harry non sans quitter des yeux son manuel.

Les deux filles se regardèrent dans le blanc des yeux d'un air ahuri, avant que Daphné ne rougissent fortement tandis que son amie ricanait discrètement devant sa mine embarrassée. Théodore et Blaise firent finalement leur apparition et s'installèrent à leur tour de chaque côté d'Harry qui les accueillit par un vague salut. La petite bande était désormais au complet et chacun discutait des derniers évènements ayant eu lieu à Poudlard ou commentait les devoirs qu'ils devaient encore faire pour tel ou tel cours. Assis à quelques places de là, Drago et les quatre autres Serpentards de leur promotion discutaient quant à eux du cours de vol ayant lieu aujourd'hui. Tous les dix s'étaient depuis quelques jours dispatchés en fonction de leurs affinités pour créer deux groupes distincts ayant chacun une sorte de leader : Drago pour l'un et Harry pour l'autre. C'était une idée de Drago qui avait trouvé là le moyen de moins attirer les soupçons sur eux lorsqu'ils se déplaçaient dans l'école (Dix étudiants marchant ensemble, ça ne paraitrait pas un peu louche ? avait-il dit) de la part des élèves et du corps professoral mais également de balayer un plus grand périmètre dans l'enceinte du château pour dénicher la moindre information potable concernant certains étudiants qu'ils n'appréciaient pas et dont ils pourraient se servir pour mener contre eux des mauvais coups, en particulier pour Ron Weasley et ses deux camarades. Harry avait trouvé l'idée plutôt bonne, d'autant plus que son propre groupe comportait des éléments pour le moins hétérogènes : Théodore, l'éternel intellectuel ayant toujours le nez dans un livre traitant aussi bien de magie blanche que noire, Blaise et Tracey considérés comme les deux comiques du groupe et n'étant pas à court de plaisanterie, et enfin Daphné car… c'était Daphné. Il n'aurait de toute façon pas eu la possibilité de s'en défaire comme elle était presque toujours accrochée à son bras et de toute manière, cela ne le dérangeait absolument pas. Il se pavanait même dans les couloirs devant les autres élèves et lançait à voix haute ô combien il avait de la chance d'avoir pour compagnie une fille aussi ravissante qu'elle.

La voix de son amie le sortit d'ailleurs de sa rêverie et le fit quitter des yeux son manuel.

- Vous avez fait le devoir pour le professeur Potter ? Je n'ai absolument rien compris à ce qu'elle nous a demandé de faire.

- Il est fait depuis une semaine, marmonna Théodore en engloutissant sa brioche. Je n'aurai pas une note très satisfaisante, mais elle me laissera en paix au moins. Je ne tiens pas à subir à nouveau ses foudres.

Les autres se remémorèrent brièvement cette pénible journée de cours où Lily les avait longuement disputés pour n'avoir pas fait le travail qu'elle leur avait demandé sur leur perception du monde moldu. La plupart avaient rendu copie blanche ou avaient prétexté un oubli qui se faisait de plus en plus long pour échapper à ce devoir. Harry pour sa part s'était contenté d'une phrase brève d'une ligne à peine où il avait expliqué qu'il aimait les moldus seulement lorsqu'ils étaient enfermés entre quatre planches et enterrés dans le sol, ce qui lui valu un zéro et une soirée de retenue en compagnie de sa mère d'origine. La relation entre lui et Lily s'était depuis considérablement envenimée, et malgré les efforts de son professeur pour essayer de lui faire apprécier son cours, Harry ne voulait rien entendre et se montrait particulièrement insolent, dormant ou chahutant à outrance sous les yeux consternés de Lily.

- Je n'ai toujours rien fait et je n'ai pas l'intention de lui rendre quoi que ce soit, avoua sans remord Harry en rangeant son livre dans son sac. Je me fiche de savoir comment les moldus faisaient dans les temps anciens pour soulever des choses lourdes. Nous n'aurons de toute façon pas besoin de le savoir puisque nous nous avons nos baguettes !

- Tu vas encore avoir un zéro…

- Je m'en moque Tracey. Ça m'aurait inquiété si mes parents me l'avaient reproché, mais c'est justement eux qui m'ont incité à ne rien faire dans cette matière. De toute façon, à quoi s'attend t-elle de notre part ? Elle croit peut être que nous allons commencer à vivre comme des moldus et ne plus utiliser notre magie ? Je ne vois pas pourquoi nous devrions nous priver d'un tel don, si nous avons été doté de ça à notre naissance, c'est pour nous en servir vous ne croyez pas ?

Les autres hochèrent la tête en accord tandis que quelque part dans le château la cloche annonçant le début des cours se fit entendre. Tous les cinq se levèrent pour se diriger vers le cours d'histoire de la magie au quatrième étage. Comme à son habitude maintenant, Daphné enroula son bras autour de celui d'Harry et lançait des regards noirs à toutes les filles osant ne serait-ce que regarder quelques secondes son cavalier. A leur arrivée dans la salle de classe, ils virent que les Gryffondors avec qui ils partageaient décidemment beaucoup de cours étaient déjà installés et attendaient l'arrivée du professeur Binns qui était le seul moment amusant du cours. Harry prit place dans la dernière rangée de table à côté de Daphné et juste derrière Drago qui discutait à voix basse avec Crabbe et Goyle sur son habileté à piloter un balai. Harry sortit lentement ses affaires, déjà fatigué avant même d'entendre la voix nasillarde du professeur qui apparut finalement en traversant le tableau.

- Bonjour à tous, aujourd'hui nous allons continuer là où nous nous en étions arrêtés mardi sur la reconnaissance et l'estime des moldus égyptiens envers les sorciers et leur apport dans la société des pharaons de l'époque. Alors comme je le disais…

En moins de cinq minutes, presque tous les élèves avaient déjà posé leurs têtes sur leurs pupitres et somnolaient paisiblement en profitant pleinement de la voix soporifique de Binns sans que celui-ci ne s'en rende compte. Harry lui-même avait apposé sa tête dans le creux de ses bras et regardait d'un air endormi sa voisine de table noter distraitement ce que dictait le professeur sans laisser paraitre sa fatigue. Elle était la seule à résister à Binns ainsi qu'Hermione, ce dont Harry s'étonnait toujours.

- Comment fais-tu pour… parvenir à suivre son cours ? lui demanda t-il en baillant ostensiblement. Tu as surement une technique ou même un secret ?

- Tu veux savoir mon secret ? Et qu'aurai-je en échange ?

- Tout ce que tu voudras…

Harry la vit réfléchir quelques secondes tout en regardant le plafond en fronçant les sourcils comme si elle réfléchissait à toutes les possibilités qui s'offraient à elle. Finalement un sourire éclaira son visage et elle tourna son regard vers Harry, une petite lueur de malice au fond des yeux.

- Je veux que tu sois mon cavalier pour le bal qu'organise chaque hiver ta tante Narcissa. Et bien entendu, tu me réserveras ta première danse !

- Oh quelle plaie… tu sais bien que j'ai horreur de ça ! Mon professeur de danse m'a toujours dit que j'avais deux pieds gauches… Je vais me ridiculiser en public !

- Alors entraine toi en attendant, pouffa Daphné en reportant son attention sur le cours. Quelle comble tout de même, un garçon de ton rang ne sachant pas pratiquer correctement la valse !

- On ne peut pas être bon dans tous les domaines, souffla sombrement Harry.

- Oh ! Taisez-vous devant, y'en a qui essayent de dormir ! marmonna Blaise juste derrière lui.

- En attendant tu ne m'as toujours pas dit ton secret, lui rappela t-il sans se soucier des protestations de son ami.

Daphné fit mine de ne pas avoir entendu et continua d'écouter le professeur Binns bien que ses pensées à l'instant étaient toutes tournées vers le garçon assis à côté d'elle et de ce qu'ils feront le soir du bal durant les vacances d'hiver.

- Potion d'éveil de mon crû. Une petite cuillère chaque matin en me levant et je suis en forme pour toute la journée.

- Toute la journée ? Mais ça ne dure que quelques heures d'habitude.

- Le fait que mes parents soient les propriétaires du plus grand réseau d'apothicaire de Grande Bretagne me permet de préparer mes propres concoctions étant donné que j'ai en ma possession tous les ingrédients possibles et imaginables. J'ai découvert en outre que la caféine contenue dans les grains de café nommés « Jamaica Blue Mountain » augmentait sensiblement les effets de cette potion et permettait de rester en forme toute la journée s'il le fallait. Pour cela il faut trouver la dose adéquat qui n'atténue pas les effets des autres ingrédients, autrement la potion ne sera rien de plus qu'un simple café répugnant. Le seul inconvénient de cette potion est une légère difficulté à s'endormir le soir et à trop forte dose, une suractivité et une tendance à faire des choses imprudentes et dangereuses, un peu comme le Felix Felicis. C'est moi qui aie découvert ce mélange mais j'ai laissé tout le mérite à mon père qui la cependant nommé « la goutte de Daphné » en mon honneur. On devrait sous peu commencer à la commercialiser, d'ailleurs l'hôpital Ste Mangouste nous a déjà commandé une centaine de flacons pour apaiser leurs patients en convalescence.

Harry la regarda bouche grande ouverte, pour le moins impressionné par elle et son talent pour les potions, talent qui était déjà reconnu par Rogue qui ne cessait de dire d'elle depuis la rentrée scolaire qu'elle était la plus talentueuse brasseuse de potion qu'il ai vu depuis très longtemps. Harry jura même avoir vu une larme briller au coin de son œil lors du cours de potion de la troisième semaine en s'émerveillant devant la potion parfaite de Daphné, à moins que ce ne soit les vapeurs putrides et nauséabondes du chaudron de Neville qui le faisait pleurer.

- Tu m'en donneras ? demanda t-il timidement.

- Ce sera trois gallions Mr Lestrange, dit-elle simplement. Les affaires sont les affaires et je ne fais pas de cadeau, même à mes amis.

- Que tu es vil et cruelle ma chère Daphné… C'est ce qui fait ton charme sans doute.

Sa camarade rougit fortement de gêne bien malgré elle, tandis qu'Harry ricana légèrement en constatant les effets qu'avaient eus ses compliments sur elle. Il lui glissa discrètement trois pièces d'or tout en lui souriant moqueusement pour l'embarrasser encore davantage. La petite scène ayant eu lieu entre eux n'échappa cependant pas à Ron Weasley qui bien que faisant mine de dormir avait suivi l'échange du début à la fin. La relation liant Daphné à Harry lui donna de nombreuses idées de vengeance, toutes tournées bien évidemment contre son ennemi de la première heure dont il supportait bien mal les sarcasmes et les plaisanteries concernant sa famille. Jusqu'à présent aucun de ses plans destinés à se venger de lui n'avaient abouti, mais maintenant il songea que pour faire le plus de mal possible à Harry, il fallait s'attaquer à ce qui lui tenait le plus à cœur : ses amis. Il médita sur cette pensée durant toute la matinée, élaborant avec ses frères ainés des plans afin d'atteindre l'héritier des Lestrange et Black là où il aurait le plus mal. Harry quant à lui était loin de se douter des représailles qui allaient s'abattre sur lui et lisait tranquillement la Gazette du Sorcier tout en déjeunant goulument.

- Deux nouvelles attaques de mangemort dans la banlieue de Londres sur des quartiers moldus… Plusieurs moldus assassinés sauvagement et tout ce que trouve le ministre à répondre à ça c'est « Nous avons la situation bien en main ! »

- Il perd totalement le contrôle oui, mais au moins nous pouvons espérer que prochainement il sera démis de ses fonctions.

- Le plus tard possible alors Théo, argua Harry en continuant de lire. Cet homme ne se rend même pas compte qu'il n'est qu'un vulgaire pantin pour le seigneur des ténèbres et que sa stupidité sert les intérêts de notre camp. Toutes les lois qu'il a fait passer ces dernières années n'ont servi qu'à creuser encore davantage le fossé séparant les sorciers et les nés-moldu, et il est trop bête pour se rendre compte à quel point il est manipulé. Une marionnette pareille, il faut la conserver le plus longtemps possible au pouvoir !

- J'ai entendu dire par mon père qu'au sein même du ministère de nombreuses personnes s'élevaient pour réclamer la démission de Fudge le plus tôt possible afin de rétablir un semblant d'ordre, déclara Théodore en se décalant légèrement pour lire aussi le journal. Il paraitrait même que le directeur du bureau des aurors serait cité à de nombreuses reprises.

- Ah oui, le vieux Scrimgeour… Mon père m'a dit que c'était une sorte de Maugrey Fol Œil sans la paranoïa qui va avec. Il ferait un très bon ministre ça je leur accorde, beaucoup plus directif et intransigeant que Fudge. J'ai également entendu dire que Croupton Sr serait préposé également à une éventuelle candidature.

- Le pauvre, si il savait que son fils était un mangemort et si l'opinion publique le savait également, il ne risquerait pas d'être élu un jour ministre de la magie, pouffa Théodore.

A côté d'eux, Blaise, Tracey et Daphné s'étaient plongés dans un autre type d'activité et avaient tous les trois sorti leurs baguettes. Délaissant le repas qu'on leur proposait, ils se relayaient l'un après l'autre pour mettre en application l'un des sortilèges dont leur avait fait part Voldemort avant leur départ pour Poudlard, même si le résultat n'était pas vraiment concluant pour l'instant.

- Rien à faire, je n'y arrive pas ! maugréa Blaise en s'affaissant sur sa chaise.

- Il ne faut pas être aussi pessimiste Blaise ! Si ça peut t'aider à te motiver, dis-toi qu'une certaine personne risque de te punir sévèrement si tu ne maitrises pas ce sortilège comme il nous l'avait demandé à tous !

La remarque fit aussitôt mouche sur lui et il se redressa aussitôt tandis que Tracey, fière de l'effet qu'elle avait eu sur lui, visa le gobelet devant elle, prête à lancer à son tour le sortilège.

- Glacialis Vorago ! dit-elle à voix basse en tournoyant négligemment son poignet.

Un éclair blanc jaillit de sa baguette et fondit rapidement sur le gobelet. Une fois atteint, une fine couche de glace semblable à une fine poudreuse se répandit sur le pied du verre mais ne monta pas davantage sur lui.

- C'est déjà pas si mal, constata Tracey en analysant du regard le résultat obtenu. D'ici à décembre, je devrais normalement le maitriser.

- Heureusement que ce sortilège n'est pas considéré comme de la magie noire et que nous puissions le pratiquer n'importe où, autrement les possibilités de le maitriser serait très limitée, déclara Daphné en visant à son tour le verre devant elle.

Elle fit la même chose que Tracey, et un nouvel éclair blanc frappa de plein fouet le dit-objet qui se cristallisa entièrement. Réprimant le cri de joie qui menaçait de sortir d'elle, elle tapota légèrement le verre qui se brisa immédiatement en des milliers de morceaux minuscules, formant un petit tas de glace sur la table.

- Imaginez si nous utilisions ce sortilège sur un être humain : Une simple secousse et BOUM ! Il est réduit en poussière ! commenta t-elle joyeusement.

- C'est justement pour ça que nous devons l'apprendre, marmonna Blaise à voix basse. En tout cas continue comme ça et bientôt tout le monde pourra t'appeler « la reine des glaces » !

- Vu l'attitude que j'ai avec les autres étudiants, ce surnom me conviendrait parfaitement…

- Il ne te reste plus qu'à approcher « le roi des glaces » qui te tiendrait compagnie maintenant !

L'épaule de Tracey déjà endolorie par les coups depuis ce matin en subit une nouvelle fois de la part de Daphné qui n'aimait décidemment pas les insinuations de son amie vis-à-vis d'Harry. Finalement après le déjeuner, tous les cinq se dirigèrent vers le parc de Poudlard en vue d'assister au cours de vol et surtout de s'y mesurer. Ils virent en approchant du terrain de Quidditch de l'école que tous les Gryffondors et l'autre moitié des Serpentards étaient déjà là et à l'évidence, les esprits commençaient déjà à s'échauffer entre eux, en particulier entre Ron et Drago.

- Ton père n'a même pas assez d'argent pour se payer une seule brindille ! Ne nous fais pas croire que tu as déjà volé jusqu'en Italie avec un Nimbus ! le railla d'ailleurs Drago en s'esclaffant légèrement.

- Je n'ai pas besoin de me justifier auprès de toi, Malefoy ! De toute façon ton histoire d'une course poursuite avec un avion moldu ne tient pas du tout la route ! Tu aurais déjà été convoqué au département des accidents et catastrophes magiques pour usage d'un objet magique en présence de moldus !

- Tu as l'air de t'y connaitre en catastrophe magique Weasley, intervint Harry en s'approchant avec les autres. Tes parents auraient dû être convoqué depuis longtemps maintenant après avoir donné naissance à un accident comme toi !

Les Serpentards rigolèrent bruyamment alors que le visage de Ron prit une teinte rougeâtre et serrait les poings de rage. Alors qu'il allait s'avancer pour exprimer sa façon de penser à Harry, le professeur Bibine fit finalement son apparition. C'était une femme aux cheveux grisonnant et aux étranges yeux jaunes comme ceux des faucons.

- Bonjour à tous ! Ceci sera votre première et unique leçon de vol durant votre scolarité ! Aussi j'attends de vous une concentration pleine et entière car voler sur un balai n'est pas un jeu d'enfant comme tout le monde peut le penser. Les risques sont aussi importants qu'une potion ratée ou un sortilège mal formulé et s'y vous ne tenez pas compte de mes recommandations durant les deux heures qui viennent, il y a de fortes chances pour que cela arrive ! Maintenant allez vous placer à côté d'un des balais là-bas et attendez la suite des instructions !

Harry suivit les autres en direction de l'endroit indiqué tout en écoutant Hermione marmonner à voix basse les règles de sécurité existantes concernant l'utilisation des balais. Ce cours semblait l'inquiéter plus qu'autre chose. Apprendre à voler sur un balai n'étant pas enseigné dans les livres, elle ne pouvait donc pas prétendre en savoir davantage que les autres. Harry finit par choisir un vieux balai à l'aspect minable juste à côté de Drago dont le balai posé sur l'herbe juste à côté de lui n'avait pas l'air en meilleur état.

- Ces balais sont complètement moisis, marmonna t-il à son encontre. Ils ont l'air juste bon à servir de bûche pour alimenter un feu.

- ça ne doit pas dépayser Weasley en tout cas, je suis sur que son balai doit être dans le même état ! se moqua Drago en regardant du coin de l'œil Ron discuter tranquillement avec Dean et Seamus.

- A mon coup de sifflet, tendez la main droite au dessus du balai et dites : debout ! C'est un excellent test pour savoir si certains d'entre vous ont des dispositions ou non pour voler sur ce type d'objet !

Elle porta alors son sifflet à sa bouche et souffla brièvement dessus. Aussitôt les élèves entonnèrent tous ensemble l'ordre qu'elle leur avait demandé de dire. Le balai d'Harry lui bondit aussitôt dans les mains, de même que Drago mais ils furent les seuls à arriver à ce résultat du premier coup. La plupart des balais se soulevaient de quelques centimètres sur le sol avant de se reposer piteusement sur l'herbe.

- Il faut le vouloir, que le balai ressente dans votre voix toute la volonté qui vous anime !

- Debout ! J'ai dis DEBOUT stupide vieux balai ! criait Ron.

Le balai en question se souleva enfin, mais un peu trop vite au gout de Ron qui n'eut pas le temps de l'attraper et se le prit en pleine figure sous les éclats de rire des autres élèves. Finalement une fois que tout le monde eut son balai entre les mains, le professeur Bibine entreprit de leur expliquer comment placer ses mains sur le manche afin de voler le plus confortablement et agréablement possible, sans cependant oublier les règles de sécurité qui incombait. Daphné n'était pas très friand de ce genre d'exercice et ne s'y adonnait qu'à contrecœur. Elle plaça mollement ses mains sur le manche et s'impatientait intérieurement que ce cour finisse qu'elle puisse aller se reposer dans son lit douillet. Elle sentit alors des mains chaudes se poser en douceur sur les siennes et les tenir fermement. Tournant la tête sur sa gauche, elle vit alors que ses mains n'appartenait à nul autre que Harry qui s'était rapproché d'elle discrètement et ce sans qu'elle ne le remarque.

- Tu tiens mal ton balai, lui dit-il alors en déplaçant ses mains sur le manche. Cette main là doit se tenir à cet endroit là, près du corps tandis que celle-ci sert à avoir une bonne prise sur le balai et permet une meilleure adhérence dans les airs pour éviter les glissades et les les déséquilibres.

Si elle était une championne dans la concoction des potions, Harry lui était un expert lorsqu'il s'agissait des balais et en parlait de la même manière que Rogue lors du premier cours, c'est-à-dire amoureusement. Il répétait à qui voulait l'entendre que les balais et le Quidditch ne l'intéressait pas plus que ça, mais il ne faisait aucun doute aux yeux de Daphné qu'il était incollable dans ce domaine. Par ailleurs le contact entre sa peau et la sienne la fit se sentir toute chose, et bien qu'elle ne puisse le voir, elle pouvait sentir la peau de son visage se réchauffer subitement. Ce détail n'échappa cependant pas à Ron qui les vit tous les deux à l'œuvre.

- Maintenant, lorsque je sifflerai à nouveau, vous donnerez un coup de pied par terre pour vous lancer dans les airs, et surtout frappez fort ! Vous tiendrez vos balais bien droits tout en vous élevant d'un ou deux mètres, puis vous reviendrez immédiatement au sol en vous penchant légèrement en avant. Attention, trois… Deux… Un…

Avant même la fin du compte à rebours, Neville s'éleva haut dans les airs, bien au-delà de la hauteur exigée par le professeur Bibine. Avant même que celle-ci n'ai le temps de réagir, il était à plus de six mètres et continuait de monter inexorablement. Harry put facilement distinguer la terreur sur son visage, ce qui lui fit aussitôt penser que ce n'était pas par couardise qu'il en était arrivé là mais par sa trop grande nervosité. Il glissa soudainement du balai et chuta rapidement en direction de l'herbe sur laquelle il s'écrasa, se cassant au passage le poignet en tombant durement dessus. Le professeur se rua immédiatement sur lui et examina quelques instants son bras avant de le relever et de marcher avec lui en direction de l'infirmerie.

- Que personne ne monte sur un balai le temps que je l'emmène à l'infirmerie ! Et croyez-moi, si jamais je vois quelqu'un autre part que sur la terre ferme, il ne restera pas longtemps à Poudlard !

Les sanglots de Neville pouvaient être entendus sur tout le trajet alors que tous les autres élèves regardaient en silence l'élève et le professeur s'éloigner vers le château. Drago attendit que tous les deux disparaissent au coin d'une tour avant d'éclater de rire.

- Vous avez vu sa tête à ce mollasson !

Il écarta alors les bras et tournoya sur lui-même en poussant des petits cris de peur dans une parfaite imitation de Neville pendant sa chute. Les Serpentards éclatèrent de rire tandis que les Gryffondors restèrent parfaitement stoïque.

- Tais-toi, malefoy, lança sèchement Parvati Patil, une jeune fille d'origine indienne.

- Tu prends la défense de Londubat Parvati ? Je ne savais pas que tu aimais les gros pleurnichards !

Harry écoutait distraitement la conversation entre les deux maisons, préférant s'attarder sur les manigances de Ron qui était allé inspecter l'endroit où s'était écrasé Neville quelques minutes plus tôt. Apparemment, ses recherches portèrent leur fruit puisqu'il eut rapidement dans sa main une petite boule en verre de la taille d'une grosse bille. A son grand étonnement, Ron la rangea subrepticement dans sa poche avant de revenir vers eux, comme si de rien n'était.

- Le niveau de cette maison est décidemment bien bas, déclara Drago en fixant méchamment les Gryffondors. Prenez garde, si vous n'y faites pas attention, la bêtise de Londubat deviendra contagieuse et les Gryffondors deviendront encore plus idiot que les Poufsouffles.

- Tu n'es pas au bout de tes peines Dray. Figure toi que parmi eux se cache un voleur ? ajouta Harry. Je ne te savais pas aussi minable Weasley.

Tous les regards se portèrent sur Ron qui rougit d'embarras devant toutes ces paires d'yeux braqués sur lui mais soutint tout de même celui d'Harry.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, Lestrange.

Je te parle du Rapeltout que tu as ramassé discrètement i peine une minute maintenant et qui se trouve dans ta poche de pantalon. Ce n'est pas très gentil de profiter du malheur des autres pour s'accaparer leurs effets personnels, tu sais ? Est-ce digne d'un Gryffondor ?

Pointant sa baguette vers lui, Harry ne perdit pas de temps et prononça la formule qui vint aussitôt en tête.

- Accio Rapeltout !

Ron n'eut pas le temps de réagir que la petite boule de verre sortit de sa poche et se dirigea vers la paume ouverte d'Harry qui l'attrapa tranquillement sous les yeux ahuris des autres étudiants. Hermione en particulier écarquilla les siens au point qu'ils donnaient l'impression de sortir de leurs orbites. Son regard calculateur et curieux n'échappa pas à Harry.

- Non content de rabaisser ton camarade de maison à chaque cours de potion en lui faisant porter le chapeau de tous vos échecs, il faut en plus que tu le voles ? Tu es pathétique Weasley. Une pathétique pauvre petite belette voleuse. A Serpentard nous avons au moins le sens de l'honneur et sommes fidèles et soudés à chacun de nos camarades de maison. Nous traitons avec respect toute personne qui le mérite, ami ou pas. Les gens que nous ne tolérons pas, nous les ignorons. Or, à ce que je vois, il semblerait que pour les lions traiter un de leurs congénères comme un paria et le rabaisser sans cesse est monnaie courante. Par Salazar ! Il faut immédiatement que j'allume un cierge pour remercier n'importe quelle divinité pour ne pas m'avoir placé avec vous !

Le professeur Bibine choisit ce moment pour réapparaitre sans se douter qu'un de ses élèves venait de donner une petite leçon de sagesse à l'ensemble de la classe. Elle fut étonné cependant de voir qu'Harry souhaitait lui donner le Rapeltout de Neville afin qu'elle puisse lui transmettre. Un Serpentard se montrant prévenant avec un Gryffondor, elle avait rarement eu l'occasion de le voir. Le cours se poursuivit durant toute l'après-midi, animé par les chutes d'élèves, le bruit des balais qui se brisent, les protestations et les cris des étudiants et à de rares occasions les disputes entre maisons. En fin de cours, une petite partie de Quidditch fut même organisé entre les meilleurs éléments qui se disputaient une pomme de pain faisant guise de souaffle. La cloche annonçant qu'il était 16 heures sonna et les élèves poussèrent un soupir de soulagement en songeant qu'ils étaient désormais en Week end.

- Merveilleux, souffla Harry en s'étalant sur l'herbe. Enfin du repos !

- Henry ! Blaise ! Si vous ne vous dépêchez pas, Je commencerais à faire fondre les caramels dans la cheminée sans vous ! aboya Tracey en s'éloignant. C'est valable pour toi aussi Daphné !

- On arrive ! crièrent les deux garçons en courant presque pour la rejoindre.

Daphné ne répondit pas et préféra s'attarder à aider le professeur Bibine à ramasser les balais, ce qui ne lui prit que quelques minutes à peine. Elle se dirigea finalement vers l'entrée du château toute seule, les autres élèves étant déjà tous parti. En arrivant dans le hall, elle remarqua que celui-ci était étrangement calme et silencieux, mais n'en tint pas rigueur très longtemps et s'avança vers la porte menant aux cachots. Cependant, quelqu'un semblait en avoir décidé autrement. Avant même qu'elle ne s'en rende compte, deux mains lui avait saisi fermement les bras et l'entrainaient en direction de la petite salle dans laquelle ils étaient allés le soir de la répartition. Elle eut beau essayer de se tortiller dans tous les sens, les deux personnes la maintenant ne lâchèrent pas prise et une fois la porte ouverte, la jetèrent sans plus de cérémonie sur le sol de la pièce. Elle entendit alors la porte se refermer sur eux, et se releva péniblement en poussant un très léger gémissement en ressentant une légère douleur au genou. Elle fut légèrement déstabilisée sur le moment et ne savait pas où elle se trouvait, mais comprit rapidement que si ses agresseurs l'avaient emmené ici, c'était certainement pour de mauvaises raisons, aussi se décida t-elle à se retourner et à leur faire face. Elle fut légèrement étonnée de voir que Ron était là, mais il n'était pas seul. Ses frères jumeaux se trouvaient là eux aussi et tous les trois la menaçaient avec leurs baguettes respectives. Cependant s'ils croyaient l'intimider en faisant ça, ils se trompaient lourdement.

- Je ne sais pas ce que vous me voulez, mais vous avez mal choisi votre adversaire, sachez le.

- Oh non, nous avons parfaitement bien choisi, déclara Ron d'un air mauvais. Ce n'est pas contre toi, bien qu'être à Serpentard soit un point négatif, mais nous avons un compte à régler avec une certaine personne et on a pensé qu'il valait mieux l'atteindre là ou ça faisait le plus mal, c'est-à-dire dans ce qui lui tenait à cœur.

- Vous en avez après Henry si j'ai bien compris ?

- Oui, et c'est en nous en prenant à ce qu'il a de plus précieux qu'il comprendra qu'il ne faut pas sous-estimer la famille Weasley. Nous sommes peut être pauvre et faisons partie du côté du bien, mais il ne faut pas profiter de ça pour nous humilier sans arrêt. Nous aussi nous pouvons parfois nous montrer aussi retors que vous.

- Il y a juste un petit problème dans votre plan : Henry et moi ne sommes que des amis d'une part, et d'autre part vous ne parviendrez qu'à léguer mes camarades contre vous, et ce serait une très mauvaise chose à faire.

- Que de simples amis ? Pourtant quand on vous regarde…, commença Fred.

- Vous semblez étonnement proches, poursuivit George.

- Je ne connais pas beaucoup de gens qui se promènent dans le château bras dessus bras dessous à longueur de journée et qui ne sont pas en couple, termina Ron.

Si la situation n'était pas aussi inquiétante, Daphné aurait certainement rougit. Cependant elle parvint à contrôler ses émotions et resta impassible devant les affirmations des trois rouquins. Elle eut même un rictus méprisant à leur encontre afin de les déstabiliser.

- Bande de lâches, vous attaquer à une pauvre et innocente petite fille sans défense… Et trois garçons en plus ! La lâcheté est pourtant un trait de caractère que l'on affilie aux Serpentards de temps à autre ! Le petit discours d'Henry tout à l'heure au sujet des qualités et défauts de chaque maison était finalement juste : Vous êtes pathétiques.

- Ferme là ! On va t'apprendre la poli…

- Stupefix !

Avec une rapidité peu commune, Daphné avait dégainé sa baguette de sa poche et avait lancé le sortilège sur l'un des jumeaux qui le reçut de plein fouet et s'écrasa violemment sur la porte derrière lui. Les deux autres commencèrent à envoyer une série de sortilèges dans sa direction mais elle les para aisément en utilisant le charme du bouclier.

- Tu nous avais dit qu'elle ne savait pas se défendre ! cria presque Fred à l'encontre de son petit frère alors qu'il envoyait un Rictusempra en direction de Daphné.

- C'est ce que je croyais ! Elle a l'air tellement faible !

- Tu le croyais ! Ronald Weasley tu n'es qu'un imbécile !

- Expelliarmus !

Le sortilège atteignit cette fois-ci Ron dont la baguette lui échappa des mains pour s'envoler en direction de Daphné qui souriait victorieusement. Ne perdant pas de temps elle visa le dernier jumeau encore debout.

- Serpensortia !

Un immense serpent noir jaillit aussitôt de sa baguette et s'écrasa sur le sol. Le bout de sa queue était encore à l'intérieur de la baguette de Daphné qui en profita pour le faire tournoyer tranquillement autour d'elle comme un lasso avant de l'envoyer subitement vers Fred. Le serpent s'approcha de lui en fendant l'air et s'enroula rapidement autour de son cou tandis que sa tête n'était qu'à quelques centimètres de son nez. Abaissant sa baguette brutalement, la pression exercée fit chanceler Fred avant qu'il ne s'écroule par terre en gémissant de peur. Ron lui avait déjà prit la poudre d'escampette et s'était enfui en hurlant au meurtre.

- Ce serpent ne t'attaquera pas tant que je ne lui en aurais pas donné l'ordre. Son corps est relié à ma baguette, ce qui fait que je peux d'une simple pensée lui transmettre mes directives. Alors tâche d'être sage, ou je pourrais lui ordonner de te mordre ton nez ! Je vous avais bien prévenu que vous vous étiez trompé de personne, le nargua t-elle en souriant victorieusement. Je suis une très bonne duelliste !

- Une excellente même, ajouta une autre personne à l'entrée de la pièce.

Daphné aperçut alors tranquillement accoudé à la porte grande ouverte l'objet de ce duel qui la regardait étrangement. Son attitude nonchalante le rendait encore plus irrésistible à ses yeux et elle se permit de lui faire un timide sourire pour le remercier de son compliment.

- Comment savais-tu que nous étions là ? lui demanda t-elle.

- Je te cherchais. On allait tous se rendre dans la salle commune quand j'ai remarqué que tu n'étais pas dans le groupe. J'ai donc supposé que tu devais te trouver dans le hall ou dans le parc de Poudlard. Quand je suis arrivé j'ai subitement entendu un bruit ressemblant à un choc contre la porte de cette salle et des éclats de voix. C'est surtout en voyant la belette sortir en criant de cet endroit que j'ai compris qu'il devait se passer quelque chose et que cela te concernait. Qu'est-ce qu'il te voulait au juste ?

- Un moyen pour t'atteindre apparemment. Ils voulaient en quelque sorte me faire du mal ou m'effrayer pour te faire passer un message.

L'expression d'Harry était indéfinissable mais il perdit rapidement son sourire pour faire place à un air qui se rapprochait très certainement de la haine ou de la colère. Tandis que Daphné maintenait toujours Fred en respect grâce au serpent enroulé autour de son cou qui sifflait près de ses oreilles, Harry s'approcha du corps inanimé de George. Il l'observa quelques secondes avant de lui administrer son pied en pleine figure, brisant ainsi son nez. La douleur ne le réveilla cependant pas, mais le sang coulait déjà abondamment de ses narines.

- Petit message de ma part pour la famille Belette : Quiconque s'attaque à mes amis sera sévèrement puni. Estimez-vous heureux que je n'ai pas été là, autrement vous auriez eu un châtiment bien pire.

Des bruits de pas précipités se firent entendre depuis le hall et le professeur Mcgonagall arriva alors complètement essoufflée, Ron sur les talons. Elle sursauta en découvrant la scène qui se déroulait devant elle et surtout en remarquant Fred toujours allongé par terre avec le serpent encore noué autour du cou.

- Qu'est-ce que… Qu'est-ce qui s'est passé ici ! rugit-elle. Miss Greengrass ! Libérez immédiatement Mr Weasley de ce serpent !

Daphné souffla de frustration et consentit à mettre fin à son sortilège en marmonnant l'anti-sort. Le corps du serpent prit instantanément feu et disparut en poussière, non sans bruler au passage la peau du cou de son prisonnier.

- Maintenant veuillez vous expliquer !

- Hé bien en fait, je…

- Elle nous a attaqués ! affirma Ron en prenant rapidement la parole. Elle nous a dit lors du déjeuner qu'elle avait quelque chose d'important à nous montrer dans cette pièce et que cela pourrait aider Fred et George dans leurs farces ! Mais quand nous sommes arrivés ici, on a découvert que c'était en vérité un guet-apens pour nous agresser elle et Lestrange !

- Sale petit menteur ! Ça ne s'est pas du tout passé comme ça ! C'est vous qui m'avez forcé à venir ici pour vous venger d'Henry !

- Je ne veux pas le savoir ! s'emporta le professeur Mcgonagall. Tout ce que je vois, ce sont deux étudiants de ma maison blessés par vous et Mr Lestrange ! Mr Weasley a au moins eu la clairvoyance de me prévenir de ce qui se passait ici et d'après ce que j'ai vu il semblerait que sa version des faits soit beaucoup crédible que la vôtre ! Et pour aggraver encore votre cas, vous utilisez dans l'enceinte même du château un sortilège strictement interdit !

Harry restait muet et légèrement en retrait des autres. Son visage était plongé dans l'obscurité de la pièce mais Daphné jura avoir vu un éclat rouge briller très brièvement là ou devait se trouver ses yeux. Le professeur l'accusait de quelque chose qu'il n'avait pas commis et Ron osait l'inclure dans l'histoire alors qu'il y était complètement étranger. Connaissant son ami, la jeune fille était certaine que la vengeance d'Harry serait terrible envers lui.

- Mr Weasley, veuillez conduire votre frère jumeau à l'infirmerie afin qu'il se fasse soigner son nez cassé. Vous devriez aussi laisser Madame Pomfresh examiner votre cou, il semblerait qu'il y ait quelques traces de brulures.

- Tout de suite… professeur.

Le professeur Mcgonagall attendit que Fred et George disparaisse dans le hall avant de reporter son attention sur les deux Serpentards. Elle paraissait vraiment furieuse. A côté d'elle, Ron souriait fièrement, heureux de la tournure des évènements.

- Le directeur sera prévenu de votre comportement et de ce qui s'est passé ici, soyez-en sur ! J'enlève également 20 points chacun à Serpentard et vous aurez en prime une semaine de retenue avec moi chaque soir après les cours la semaine prochaine !

- Rien n'aurait pu me faire davantage plaisir que de passer mon temps libre avec vous professeur, déclara alors d'une voix doucereuse Harry avant même que Daphné ait pu protester. J'espère que nos petits entretiens durant cette semaine se dérouleront aussi bien que ceux que vous avez eus avec ma mère lorsqu'elle était étudiante ici. J'espère que nos retenues seront aussi animées que les siennes.

Le professeur pâlit aussitôt en songeant au supplice qui serait bientôt le sien. L'idée de leur donner une retenue n'était finalement pas une si bonne idée que ça quand elle y repensa. Qui plus est, elle était étonné de voir que Harry acceptait si docilement la punition qu'elle leur avait donné, comme si il n'était pas le moins du monde peiné par ça.

- Serait-ce une menace, Mr Lestrange ?

- Non, je ne me permettrais pas de faire une chose pareille. Hé bien, au plaisir de vous voir la semaine prochaine professeur Mcgonagall. Tu viens Daphné ?

Son amie qui avait suivi l'échange en silence acquiesça mollement et se dirigea vers la sortie en prenant le bras que lui tendait Harry. Le professeur s'écarta légèrement pour les laisser passer, et Daphné put entendre distinctement Harry chuchoter à l'encontre de Ron lorsqu'ils passèrent à côté de lui : « Tu viens de commettre la plus grosse erreur de ta vie Weasley ».