Voici ma participation à la 3ème édition des Défis d'Aventures !
Les descriptions c'est pas vraiment mon truc, surtout juste comme ça. Donc ça a été la galère, puis j'ai voulu tester des choses et voilà... Mais le compte est bon !
En espérant que vous aprécirez tout de même !
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Un flocon. Un autre flocon. Puis une brise. Il s'envole. Il plane. En suspens, dans l'air. Il entame sa chute lente parmi les flocons de neige et il tombe.
Il se trouve sur l'herbe, gracile et verte. Parmi les multiples brins. Multitude de nuance. Vert. Tendre de cette fin d'hiver. Vigoureuse de ce début de printemps. Il aime ça. Sentir les rayons du soleil. Etincelant. La chaleur montant de la terre. Limoneuse. Les odeurs de la nature. Envoutante
Un nouveau courant l'emporte. Plus fort. Plus haut. Plus loin. Il surplombe son monde. Au-dessus de la flore. Au-dessus des minéraux. Au-dessus des ondes. Il voit tout.
L'endroit remplit de roches dépassant de la terre. Au sol, dans les parois, au sein des eaux. Elles rendent un aspect sauvage. Animé. Brut. Naturel. Elles forment les cascades, ruisselant sous un flot doux et berçant. Aucune des trois présentes n'a la même hauteur. Pourtant, chacune d'elles se déverse dans le même bassin à leurs pieds.
La plus petite arrive à tenir tête à ses sœurs. C'est la beauté qui la caractérise le mieux. Tantôt gelée et cristalline aux reflets multicolores, tantôt à la végétation chatoyante et abondante, tantôt douce, fraîche et accueillante, tantôt abritant la vie et regorgeant de bienveillance. Elle a toute sa place parmi le dénivelé du terrain. Elle n'a rien à envier à ses aînées.
La deuxième est une privilégiée. Abreuvée par la plus haute, elle se retrouve bercée et accolée à son flan. Protégée. Elle repose sous la bienveillance. Bien que proche, elle suit son propre écoulement. Son propre rythme à travers les écueils. Sa propre évolution. Loin de l'indépendance de la benjamine, elle ne partage pourtant pas les secrets de la dernière sœur.
La plus grande. La plus majestueuse. La plus imposante. Celle qui reçoit tous les honneurs. Le chant mélodieux de ses flots est celui que l'on entend bien avant de la voir. A travers plaines, forêt et marées. Guidant les âmes et les corps à la recherche de sérénité. Donnant par la beauté de ses couleurs et de ses formes son nom au lieu de leurs attachements.
Il est dit que derrière son écoulement se trouve un temple sacré. Ou voyageur et prêtres viennent se recueillir. Il n'est jamais allé vérifier. Bien trop de panique et d'interférence. Il pourrait disparaitre. Pourtant, il a toujours vu des êtres de chairs se présenter et se dissiper derrière cette paroi aqueuse. Comme récemment.
Ça y est. Il redescend. Doucement. Il se mêle aux gouttelettes du reflux. Il tourbillonne. Inconscient de donner un peu plus de magie au lieu. Créant de délicats méandres et réflexions habiles sur la surface éphémère de la source de toute vie. Chaque jour. Il contribue au charme.
Il arrive au niveau de l'écume. Il s'amuse un instant dans la mousse légère. Passant sous la surface. Appréciant la pureté et la composition de ce nouvel état. Ressortant dans une bulle. Perçant en mille éclats pailletés. Il suivit le courant. Innocemment. Naïvement. Comme il le faisait toujours. Libre. Inconscient. Même de lui-même. Il est juste là.
Il remonte le court de la rivière formée par les trois sœurs. Translucides. Pures. De la vie la peuple. Êtres d'écailles et de carapaces. Une harmonie souvent brisée, mais qui n'en est que préservé. Dans un ensemble. Une cohérence. Les pierres dépassant du flux n'offrent qu'abris ou repères dans l'espace. Le temps, qu'importe ce qu'il est, fait perdurer l'ordre des choses. Tout comme lui. Et ceux qui lui ressemblent. Petit être de la Nature. Œuvrant pour l'équilibre. Invisible. Silencieux.
Une bourrasque violente balaie le courant. Il est projeté à nouveau sur la rive. Il passe au-dessus des gros rochers couverts de mousse. Au-dessus des quelques flaques de boue. Au-dessus du chemin formé par les êtres de chair. Il revient sur ses doux brins de végétation.
Il est bien là. Il attend la prochaine bise qui s'engouffre toujours dans ce passage entre deux domaines. Entre deux mondes. Celui de la forêt et celui de plaine. Il contemple la voûte céleste et ses caprices de robes. Changeante. Comme une humeur. Toujours.
Il y a des flocons qui l'habille aujourd'hui. Des flocons. Petits. D'une fin d'hivers. Dans un ciel clair. Presque dégagé. Il se sent bien.
Puis l'air se tend. Soudainement. Il quitte ses contemplations et se redresse. Nez à nez avec une créature. Un être de fourrure. Qui le voit. Qui le sens. Qui le regarde avec curiosité. Et derrière des êtres de chair qui franchissent la rivière avec de grands cris et beaucoup trop d'agitation. Un terrible frisson d'horreur le parcourt. La terreur. La peur.
Il disparaît alors dans le néant. Se repliant dans le noir. Il reviendra plus tard.
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Sensible par sa nature druidique, au pied de la Passe des Murs Bleus, Eden éternua. Un esprit de la nature venait de disparaitre dans une micro explosion de psyché juste sous son museau. Pendant ce temps, ses humains s'éclipsaient sous les eaux de la cascade à la recherche de réponse…
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Inspiré de l'épisode 7 saison 3 - L'antre de Sanguinus
Merci d'avoir lu !
