Bonsoir,
Pas de grands discours aujourd'hui, juste trois mots que je vous invite à répéter : "Je suis Charlie."
Merci aux revieweurs ainsi qu'à Maxepehy (merci beaucoup).
Bonne lecture.
CHAPITRE XII - DEUXIÈME TÂCHE
Le vingt-trois au matin, Hermione serra ses meilleurs amis dans ses bras, longtemps, leur faisant dix mille recommandations. Les garçons lui murmuraient tout autant de choses, terriblement inquiets pour elle.
C'était aujourd'hui qu'elle allait se faire poser son œil artificiel avec le sortilège de diagnostique dessus. Elle angoissait. Eux aussi.
Hermione avait donné son accord pour qu'ils commencent les rencontres par miroirs sans elle. Ron lui dit qu'il allait juste contacter ses frères et qu'il attendrait ses amis pour le reste. Harry lui rappela que lui se rendait en Albanie avec Crystal et Anton pour savoir ce qu'Olis, le pharmacien, lui voulait.
La jeune fille partit rapidement pour l'hôpital avec Déméter, suivies par Rip qui devait aller travailler. Ce qu'elle fit en bougonnant jusqu'à ce qu'Anton lui fasse remarquer qu'elle devait travailler à améliorer la montre. A ce moment là, elle partit en courant, déclenchant le fou rire des autres.
Cassandra secoua la tête avec désespoir. Ces enfants. Elle retourna à ses astres. Elle aussi avait du travail et des consultations à donner. Ron se retrouva donc à la surveillance de la carte, songeant que ce n'était pas ainsi qu'il allait réussir à contacter ses frères.
Anton, Harry et Crystal partirent quelques minutes après dans un « Crac » sonore. Crystal s'éloigna rapidement après avoir rappelé à Harry les instructions de Déméter.
La jeune femme voulait qu'ils lui ramènent la jambe d'Harry pour qu'elle puisse examiner les causes de la gangrène. Elle était déterminée à conduire les Dursley en procès s'ils étaient responsables de la perte de la jambe d'Harry. L'adolescent avait eu beau protester, elle lui avait répliqué que s'il ne voulait pas y retourner et aller vivre avec son parrain, c'était encore le meilleur moyen de se débarrasser d'eux.
Quand Harry avait dit que de toute façon, ils ne retourneraient pas en Angleterre avant leurs dix sept ans, âge auquel il pourrait faire ce qu'il voudrait, elle lui avait rétorqué que le risque zéro n'existait jamais et que si jamais ils devaient revenir en Angleterre avant leur majorité, il serait bien content de ne plus avoir les Dursley dans les pattes.
Harry n'avait rien pu dire. Il ne voulait pas s'afficher mais Déméter avait raison. Si jamais il devait revenir en Angleterre avant l'âge adulte, il aurait un moyen de ne pas retourner chez son oncle et sa tante. La médicomage lui avait quand même précisé que cette histoire ne serait ébruitée que s'il n'y avait pas d'autre choix. Tant qu'il n'y aurait pas la menace Dursley qui planerait, leur responsabilité dans la perte de la jambe d'Harry resterait secrète.
Anton lui ébouriffa les cheveux, un geste qu'il aimait apparemment beaucoup, et lui adressa un sourire :
- Ne t'en fais pas. Tu sais aussi bien que moi que Dém gardera ça pour elle aussi longtemps que ce sera possible.
- Oui, je sais. Mais même pour échapper aux Dursley, je n'aime pas beaucoup l'idée de m'afficher. Je veux dire… Le héros du monde sorcier maltraité par sa famille, c'est risible non ? Dit-il avec un pauvre sourire.
- Hé… Ce n'est pas risible du tout. Tu as été la victime de ces monstres Harry. Toutes ces années où ils t'ont affamé, enfermé dans ce placard, donné les corvées les plus humiliantes, ils doivent le payer.
- Mais comment veux-tu que j'ai la moindre once de crédibilité si quelqu'un apprend que je me suis laissé affamer par ma famille ? Surtout que je suis censé changer le monde avec Ron et Hermione.
- Comme tu viens de le dire, c'était ta famille. Et tu étais un enfant. Jusqu'à ce que tu rencontres Ron, tu croyais que c'était normal de te traiter comme ça, parce que tu n'étais pas désiré au sein de ta famille moldue.
- Et c'est ça que je déplore. On ne devrait pas forcer un enfant sorcier à vivre parmi une famille moldue qui ne veut pas de lui ! Certains pourraient mal tourner, non ?
Anton hocha sombrement la tête. Certains avaient vraiment du détester les moldus avec le temps. Il soupira et posa une main dans le dos d'Harry pour qu'ils avancent en direction de la maison d'Olis. Ils devaient être à dix minutes de marche, environ.
Ils avançaient à découvert, sans trop d'inquiétude. Les sorciers recherchaient un garçon roux, une brune et un garçon blond. Harry était toujours brun, avait plaqué ses cheveux sur sa cicatrice et petit détail qui avait son importance, il lui manquait une jambe. Normalement, ils devraient être tranquilles.
Ils discutèrent de ce qu'ils pourraient faire pour empêcher les orphelins de se retrouver dans des familles moldues intolérantes. Ils en vinrent à la conclusion qu'on devrait les placer en orphelinat mais n'eurent pas le temps de pousser plus en avant leur idée qu'ils durent s'arrêter net.
La maison d'Olis était en flammes !
Les voisins étaient rassemblés devant la maison et murmuraient entre eux. Un homme visiblement épuisé retenait une femme en larmes qui semblait vouloir se jeter dans les flammes. Elle criait :
- Jehora ! Jehora !
Le sang d'Harry se glaça. Jehora était à l'intérieur ? Il se précipita aussi vite qu'il le put vers la femme et demanda en anglais, sans se soucier qu'elle la comprenne ou pas :
- Jehora est là-dedans ?!
Les pleurs de la femme redoublèrent et elle tendit les bras vers la maison brûlante en continuant de crier le nom de l'enfant. Harry et Anton échangèrent un regard. Il n'était pas question d'attendre l'intervention des pompiers. Le temps qu'ils arrivent, il serait trop tard.
Anton s'engouffra dans la maison sans attendre, son écharpe plaquée contre son nez et sa bouche. Harry laissa tomber une de ses béquilles et se précipita à sa suite. Il pouvait presque courir à présent avec ses béquilles.
Il aperçut Anton qui se dirigeait à gauche de la maison et alla donc vers la droite. Ses yeux le brûlaient et le métal de ses lunettes chauffait ses tempes. Il eut une violente quinte de toux qui le plia en deux. L'air était irrespirable.
Il appela la petite fille d'une voix enfumée, toussant et crachant. Des pleurs se firent entendre soudain, sur sa gauche. Il se dirigea vers la porte fermée et essaya de l'enfoncer, en vain.
- Jehora ! Jehora ? Tu es là ?!
Il tendit l'oreille alors qu'il entendait un petit corps s'approcher en rampant. La voix sanglotante et terrifiée de la fillette retentit alors, paniquée :
- Babi ?
- Jehora, c'est Harry !
- Ba- Harry ? Më ndihmo ! Më ndihmo Harry !
Harry recula alors qu'une poutre enflamée venait s'écraser dans une gerbe de flammes juste devant la porte, à l'endroit où il se trouvait une seconde avant. Il réfléchit un instant alors que les cris terrorisés de Jehora le transperçaient.
Comment faire pour enfoncer la porte ? Il ne pouvait pas appeler Anton, le temps qu'il revienne avec lui, il serait peut-être trop tard. Comment faire pour détruire cette porte ?
Détruire la porte ?
Le cœur soudain plein d'espoir, il chercha le cristal vert foncé de sa boucle d'oreille et le pressa entre ses doigts en appelant d'une voix forte :
- Aries, s'il te plaît !
L'agneau de miel apparut lentement et Harry posa son genou à terre et lui demanda rapidement alors qu'il commençait à suffoquer :
- Aries-teuheu, Jehora, une petite fille est enfermée derrière cette porte ! Teuheu- t-tu peux faire quelque chose ? S'il te plaît ?
Aries examina rapidement la situation. Harry s'étouffait à cause de la fumée, des flammes commençaient à se rapprocher d'eux et les cris terrifiés de l'enfant étreignaient son cœur. Il prit sa décision.
Il sauta jusqu'à la porte et frotta sa toison bouclée contre la porte et fit signe à Harry alors qu'il disparaissait, sa tâche accomplie. Harry donna un unique coup de béquille dans la porte qui se craquelait rapidement et enfin, celle-ci céda.
Il n'eut pas le temps de voir quoi que ce soit que Jehora lui sauta au cou, s'accrochant à lui en pleurant et en toussant, essayant de parler sans y arriver, affolée.
Harry se remit péniblement debout et se dirigea aussi vite que possible vers la sortie en toussant, ses yeux secs le brûlant horriblement. Il parvint enfin à arriver dehors et fut aussitôt embarqué par les pompiers qui prirent Jehora en charge alors que la fillette criait pour le rejoindre.
Ses yeux aveugles la cherchèrent désespérément pour la ramener contre lui. Une présence bien connue arriva près de lui :
- A-Anton ? Souffla-t-il d'une voix rauque.
- Tout va bien Harry. Jehora est sauvée. Ta vue va revenir, j'ai envoyé les pompiers un peu plus loin pour pouvoir te soigner. Ce serait mauvais pour nous s'ils t'embarquaient pour l'hôpital.
- D'accord, merci.
Anton sortit discrètement sa baguette, profitant de l'ombre qui lui offrait le camion des secours et soigna rapidement Harry. Il rendit la vue à ses yeux légèrement brûlés et vida ses poumons de toute la fumée qu'il avait respirée. Une fois Harry en forme, il lui dit :
- Je n'ai pas trouvé Olis mais j'ai pu sortir Madok de la maison. Il est gravement brûlé et je ne suis pas sûr qu'il s'en sorte.
- Tu n'as pas trouvé Olis ? Bon sang, j'espère qu'il ne lui est rien arrivé…
Des cris retentirent alors derrière l'ambulance et Jehora surgit soudain, sautant sur les genoux d'Harry en pleurant. Elle lui murmura des mots qui n'avaient pas le moindre sens pour Harry mais qu'il savait être des remerciements.
La femme de tout à l'heure apparut en courant, le visage terrifié. Quand elle aperçut Jehora dans les bras d'Harry, elle s'effondra au sol sous le soulagement.
Anton discuta quelques minutes avec elle alors qu'elle serait la petite fille et l'adolescent dans ses bras, les larmes coulant sur ses joues. Il finit par transmettre à Harry :
- En gros, elle te remercie d'avoir sauvé sa nièce, Harry.
Harry adressa un sourire à la femme qui essuya une larme alors que les ambulanciers récupéraient Jehora pour la conduire à l'hôpital avec son père qui n'avait pas reprit conscience.
Harry et Anton, restés seuls après que l'homme ait assuré par trois fois aux secours qu'ils allaient bien, attendirent patiemment que les pompiers s'en aillent pour fouiller la maison. Après qu'ils aient dit qu'ils étaient des amis d'Olis, les pompiers les autorisèrent à entrer.
Harry se dirigea vers la chambre du vieil homme qui n'avait pas été trop touchée par les flammes et poussa une exclamation qui alerta Anton.
L'homme débarqua en courant et se figea. Non.
Olis était allongé sur son lit, les bras en croix et les yeux ouverts dans une expression de terreur pure. Mort.
Harry s'approcha du pharmacien en tremblant et lui caressa la joue, ne voulant pas y croire.
Il tomba à genoux.
Olis était mort ? Le vieux pharmacien si souriant ne le régalerait plus de ses histoires, de ses sourires et de ses rires.
Le premier moldu qui avait été gentil avec lui ne le serait plus.
Olis était mort.
Mort.
Des larmes dévalèrent ses joues sans qu'il puisse s'en empêcher. Olis était mort. Olis était mort.
Anton s'agenouilla à côté de lui et le prit par l'épaule, l'amenant contre lui. Harry ferma les yeux en s'agrippant à l'homme, serrant les lèvres pour ne pas laisser échapper ses plaintes de tristesse.
Il s'était attaché au vieux pharmacien. Même s'ils ne s'étaient que peu connus.
Anton lui frotta le dos, ses yeux perçants examinant le corps du moldu. Il n'aimait pas du tout ce qu'il voyait et il devait en faire part à Harry le plus rapidement possible avant que les pompiers ne découvrent le corps et ne l'emportent.
Il secoua donc l'adolescent qui s'essuya les yeux d'un mouvement rageur.
- Harry… Ce n'est pas une mort naturelle.
- Oui, j'imagine qu'il s'est étouffé avec la fumée, pourquoi ? Renifla-t-il, de nouveau calme.
- Ce n'est pas ce que je veux dire. Il a été assassiné par un sorcier.
- … Quoi ?
- Cette terreur dans les yeux, ce manque de signe de crise, de suffocation, bref, ce manque de preuves pour déterminer la cause de la mort, c'est caractéristique.
- De quoi ?
- Il a été tué par un Avada Kedavra.
Harry ouvrit la bouche sous la surprise. Non !
- Attends, tu veux dire qu'Olis aurait été tué par un sorcier ?
- C'est exactement ça.
- Mais pourquoi ?
- Je ne sais pas encore, on va réfléchir à ça. Mais surtout, je t'interdis de penser une seule seconde que c'est de ta faute. Ce n'est pas parce que tu as connu Olis qu'il est mort. Il était possible qu'il connaisse des sorciers lui aussi.
Harry hocha la tête faiblement. Anton le connaissait bien.
Un pompier arriva à ce moment là, une lettre de papier blanc dans la main. Il discuta un instant avec Anton qui haussa un sourcil et désigna Harry de la tête. Le pompier lui posa une main compatissante sur l'épaule et lui tendit la lettre avant qu'Harry ne lui désigne le corps.
L'homme recula d'un bond et fila appeler ses collègues qui les firent sortir, affolés. Un homme était mort ! Et pas par les flammes.
Harry et Anton se retrouvèrent dans le jardin, attendant d'être interrogés par les pompiers et la police qui devait bientôt arriver.
Le jardin avait été ravagé par le feu et noyé par les pompiers. Il ne restait plus rien de l'herbe grasse, des chaises en plastiques ou du vieux parasol. Tout était parti en fumée. Même le petit portail de bois qui menait au ponton où était amarrée la barque de Madok avait brûlé.
Harry secoua la tête. Des vies réduites en lambeau à cause des flammes. Anton lui glissa une main sur l'épaule et en attendant d'être interrogés, ils lurent la lettre.
Enfin, Anton lut la lettre et traduisit à Harry :
- « Mes chers enfants, je sais que vous n'êtes pas des enfants ordinaires. Vous êtes comme mon petit fils, vous êtes magiques. Je l'ai senti à l'instant même où nous nous sommes rencontrés. Le père de mon petit fils est un homme méchant qui hait plus que tout les personnes sans magie. Jamais il n'avouera à qui que ce soit que sa femme, ma fille, était ordinaire, sans magie. J'ai peur qu'il fasse du mal à mon petit fils si celui-ci décide de le révéler au grand jour. Pourriez-vous le retrouver et lui dire de ne pas se mettre en danger ? Dites-lui de mentir s'il le faut, pourvu qu'il soit sauf. »
- Olis a un petit fils sorcier ? S'étonna Harry.
- C'était peut-être pour ça que la photographie de l'enfant de onze ans lui paraissait si familière. Est-ce qu'il avait reconnu la magie en lui ou est-ce qu'il l'avait déjà rencontré ?
- C'est bien ce même petit fils dont la mère a été assassinée par son mari ? S'enquit Anton.
- Oui, c'est bien lui. Le père sorcier aurait donc tué sa femme parce qu'elle était moldue et qu'elle aurait appris que son fils était un sorcier à ses onze ans ? Possible… Dans ces cas-là, peut-être que la femme n'était pas tolérante vis-à-vis du monde magique, supposa Harry.
- Ou dans le pire des cas, le père ne voulait pas qu'on pose de questions sur l'ascendance de sa femme et l'aurait tuée devant son fils pour l'empêcher de parler…
- Dans ces cas-là, ça veut dire qu'il doit vivre dans la terreur permanente ! S'exclama Harry, horrifié qu'on puisse laisser un tel homme vivre auprès d'un enfant.
- Attends, Olis disait quelque chose à ce sujet… « Nous nous sommes revus en cachette pendant l'été et ses sorties d'école, parfois le week-end. Je pense que son père risque de bientôt l'apprendre et de venir me voir. Je pense que je ne vais pas survivre à cette rencontre. Dîtes-lui que je l'aime et aussi… Il sait qu'il a encore de la famille à part son père mais ne les a jamais rencontrés. Présentez-lui Madok et Jehora, s'il vous plaît. Amitiés, Olis. »
- Nous devons absolument retrouver ce garçon et le sortir des griffes de son père ! Quel âge peut-il bien avoir ? Demanda Anton.
- Aucune idée… On devrait peut-être chercher dans les albums photos ? Peut-être qu'une des dates pourra nous indiquer quel âge il doit avoir environ…
Anton hocha la tête et alla farfouiller dans la maison sans se faire remarquer. Il revint quelques minutes plus tard avec un lourd album entre les bras. Harry tourna les pages et s'exclama :
- Voilà ! C'est cette photo là ! Le jour de l'anniversaire de ses onze ans !
La photographie était simple et joyeuse. Une belle femme aux longs cheveux châtains et aux beaux yeux chocolat souriait joyeusement au garçon qui fêtait son anniversaire, installé devant une charlotte aux pêches. Le garçon était petit et mince. Son visage était un peu allongé mais ce n'était pas disgracieux. Son petit nez retroussé était froncé alors qu'il enlevait la crème qu'il y avait dessus. Son sourire était joyeux et plein de fossettes. Ses cheveux châtains comme ceux de sa mère étaient courts et ébouriffés, comme s'il avait joué dehors toute la journée en plein vent. Il avait hérité de la couleur et de la forme des yeux de sa mère avec les cils interminables de son père. C'était un enfant joyeux et plein de vie, tout comme sa mère sur la photo.
- Qui pourrait se douter que c'était le dernier jour de bonheur de ces deux-là ? Murmura Anton.
Harry plissa les yeux. Il ne connaissait pas le père de famille mais le détestait déjà. Enlever le sourire d'un enfant était un crime. Il ôta la photo de son emplacement et la retourna :
- Théodore et Lira, le premier mars 1991.
- I-Il a le même âge que moi ?
- Apparemment. Tu penses qu'il est à Poudlard ?
- C'est possible. Madok m'a dit que son beau-frère était anglais. Alors si… Théodore est contraint par son père, nul doute qu'il doit être à Poudlard.
- Il y a un Théodore dans ton année ?
- Aucune idée ! Je ne connais pas toutes les personnes de mon année… Laisse-moi réfléchir… Gryffondor, c'est non. Poufsouffle, je ne crois pas… Serdaigle et Serpentard… A part Terry et Draco, je ne connais pas grand monde dans ces maisons.
- Réfléchissons, dit Anton, si comme l'a dit Olis le père détestait les gens sans pouvoirs, on peut supposer qu'il aura élevé son fils dans cette optique là.
- Et les gens les moins tolérants vis-à-vis des moldus sont à Serpentard, soupira Harry, j'espère juste qu'il n'est pas devenu comme son père et que ce n'est pas trop tard pour lui faire connaître Madok et Jehora.
Anton hocha la tête. Alors qu'il allait suggérer à Harry de demander à leurs nouveaux alliés qui étaient encore présents à Poudlard, l'adolescent se redressa vivement, aux aguets.
L'ancien Langue-de-Plomb tendit l'oreille, curieux. Un faible son lui parvint. Il fronça les sourcils, essayant de déterminer ce que ça pouvait bien être. Un deuxième raisonna dans le jardin silencieux et Harry se précipita en avant :
- Les chiens !
Anton le dépassa en courant et arracha le toit à moitié effondré de la niche. Et il recula d'un pas. Horrifié.
C'était un carnage. Le corps de Balto avait fait barrage pour protéger ses petits. Mais ça n'avait pas suffit à tous les protéger. Le vieux chien était transpercé par des éclats de métal qui venaient du toit de la niche. Un pan du mur était tombé sur les corps de deux chiots, ne laissant qu'une trainée de sang dépasser. Un pic métallique avait embroché un autre des chiots. Et un quatrième avait suffoqué, étouffé sous le poids de son père.
Il n'y avait aucune trace des deux derniers. Un petit gémissement sortit Harry et Anton de leur contemplation horrifiée et ils se jetèrent sur la niche pour y chercher les deux chiots restants. Est-ce que les deux avaient survécu où y en avait-il qu'un seul ?
Harry finit par dénicher le premier chiot blottit entre les pattes de son père, tremblant de tous ses membres, toussant et éternuant. La fumée avait bien attaqué ses poumons. Harry le prit contre lui et le berça doucement en lui murmurant des mots de réconfort alors que ses pleurs lui déchirait le cœur.
Le chiot appelait son père en gémissant, en vain. Harry enveloppa le chiot dans son pull qu'il enleva et le déposa doucement dans l'herbe carbonisée.
Il s'évertua ensuite à chercher le dernier chiot restant. Il le trouva au bout d'intenses minutes d'angoisse. Il souleva des pierres du mur de la niche qui s'étaient effondrées en tas. Il avait les doigts griffés et les ongles en sang à force de déplacer ces pierres pointues.
Le chiot était allongé sous le tas, indemne mais inerte. Harry le prit dans ses bras en murmurant des supplications. Faîtes qu'il soit vivant. Le chiot ne respirait pas.
Non.
Dans un flash, il revit la Tante Marge se précipiter auprès de Molière qui s'était étouffé avec la fumée de la cheminée, au Noël de ses sept ans.
Il la revit nettement cogner le derrière du gros chien avec force et le chien se remettre à respirer.
Il n'avait rien à perdre.
Délicatement, il commença à donner des claques sur le postérieur du chiot, de plus en plus fort. Le petit beagle n'eut aucune réaction. Harry cessa et lui caressa le ventre avec son index et son majeur, dans un mouvement appuyé et régulier. Ses gestes étaient inconscients.
Comme d'habitude, la tante Marge n'avait pas aidé. Ses solutions n'étaient jamais efficaces.
Grâce aux mouvements appuyés d'Harry sur le torse et les poumons du chiot, ce-dernier eut un sursaut de vie. Harry tressaillit et accéléra le mouvement de ses doigts.
Était-il possible qu'il ait trouvé le bon geste inconsciemment ?
Le chiot sursauta encore une fois et finit par pousser un petit couinement plein de vie.
Harry sentit une vague de soulagement l'envahir. Il était vivant. Il avait réussit à le sauver.
- ANTON ! Il y en a un deuxième là !
L'homme se précipita vers Harry et se laissa tomber à genoux à côté du garçon.
- Il est vivant ?
- Maintenant, oui. Il ne respirait plus mais je... J'ai réussi à le réanimer.
- Félicitations. Et l'autre ?
- Dans mon pull, à côté de toi, au chaud.
Anton prit le deuxième chiot dans ses bras et vérifia son état de santé. Il serait faible des poumons et ne serait pas un grand chien de chasse comme son père, mais il vivrait. Le plus petit qu'Harry caressait tendrement avait eu plus de chance. Il était en pleine forme et n'aurait aucune séquelle.
La police arriva sur ces entrefaites. Anton leur rendit l'album photo qu'il avait subtilisé, Harry cachant précieusement la dernière photo que Théodore aurait avec sa mère, Lira. L'adolescent serait certainement heureux d'avoir un souvenir de sa mère.
Anton fit l'interrogatoire, l'air complètement perdu d'Harry dissuadant les policiers de l'interroger. De toute façon, il ne comprenait rien à la langue alors ses réponses auraient été folkloriques.
Ils furent enfin libérés en début d'après-midi. Les chiots dans les bras, ils allèrent manger un sandwich avant de s'arrêter à l'animalerie. Ils en ressortirent avec un panier de transport où les chiots étaient roulés en boule. Ils se rendirent ensuite à l'hôpital.
Un homme sérieux à lunettes et la tante de Jehora étaient enlacés dans la chambre qui leur fut indiquée. Ils étaient face à Jehora et Madok était encore au bloc pour se faire opérer de ses brûlures.
Anton et Harry ne restèrent pas longtemps. Ils montrèrent à la fillette que les deux chiots allaient bien et lui proposèrent de venir les rejoindre en Grèce. L'homme à lunettes qui était le frère de Madok et l'oncle de Jehora leur avoua qu'il préférerait que Jehora s'éloigne un peu de la maison de son grand-père et de ces mauvais souvenirs.
Ils en parlèrent un peu avec la fillette qui, dès que ça lui fut proposé, voulut partir en Grèce avec Harry. Elle ne connaissait pas beaucoup sa tante et son oncle. Son oncle et son père s'étaient fâchés quand ils étaient adolescents et s'étaient beaucoup éloignés. Elle les voyait à peu près une fois par an, lors de l'anniversaire de son grand-père.
En revanche, même si elle n'avait rencontré Harry qu'un mois auparavant, environ, elle s'était tout de suite attachée à lui. Il était gentil, patient, prenait le temps de jouer avec elle. Il était toujours à l'écoute, même s'ils ne parlaient pas la même langue, il avait fait l'effort d'apprendre quelques mots pour pouvoir lui parler. Elle aimait beaucoup Harry.
Si elle pouvait rester avec lui le temps que son papa se rétablisse, elle le ferait.
Harry laissa Anton discuter avec les deux adultes et le médecin et caressa les cheveux de Jehora en chantonnant un air doux qui venait au fur et à mesure. Jehora ferma les yeux, apaisée. La chanson d'Harry avait quelque chose de magique.
Anton s'adressa à Harry en anglais, laissant les autres perplexes :
- Harry, l'idéal serait de transférer Madok dans un hôpital sorcier, en Grèce. Jehora sera plus proche de lui.
- C'est une bonne chose, les familles ne devraient pas être séparées.
- Nedin, le frère de Madok, connait l'existence de la magie à cause de sa sœur, Lira. Son fils qui doit logiquement être Théodore, a fait de la magie devant lui quand il était enfant.
- Magie accidentelle ?
- Probablement. Il faut juste éviter d'en parler à Vala, dit-il en montrant la femme aux yeux rouges d'un signe de tête, elle n'est pas au courant et n'apprécie pas les choses qui sortent de l'ordinaire.
- Hou… Une deuxième tante Pétunia…
Harry grimaça et Anton ricana. Plus Harry en parlait, moins il appréciait les Dursley. Et Harry ne parlait pas beaucoup de sa famille. Il n'osait pas imaginer ce que ce serait si l'adolescent leur racontait tout. Un grand amour naîtrait probablement.
Ils convinrent du départ de la fillette pour deux jours plus tard, dès que les médecins l'autoriseraient à quitter l'hôpital. Anton et Harry prirent rapidement congé, laissant derrière eux Jehora, un sourire aux lèvres.
Anton leur fit quitter l'hôpital, récupérant une nouvelle paire de béquille pour Harry, dont la seconde avait brûlé dans l'incendie. Le garçon régla ses nouvelles béquilles, différentes des premières. Sa première paire se calait sous les aisselles et les nouvelles longeaient ses avant-bras jusqu'à ses coudes.
Un peu plus à l'aise avec ces nouvelles cannes, ils se cachèrent dans une ruelle tranquille et Anton les fit transplaner sur la terrasse de la maison grecque d'Argos.
Ron leva les yeux en entendant un « Crac » sonore et fit un bond en arrière en poussant un cri. Anton lâcha Harry et se précipita vers Ron pour empêcher sa chaise de basculer en arrière. Juste à temps.
Harry s'approcha en boitillant et jeta un coup d'œil à la Carte du Maraudeur que Ron n'avait pas quitté des yeux durant tout ce temps.
- Comment ça va ?
- Pas trop mal, répondit le rouquin, je n'ai rien vu d'alarmant. Cassandra m'a remplacé vers midi pour que je contacte Fred et Georges mais ils devaient être en cours, ils n'ont pas répondu. Je pense qu'ils vont essayer de me rappeler quand ils auront terminé. Et vous ? vous avez l'air d'avoir subit une tempête ! Vous savez ce que voulait Olis ? Et pourquoi est-ce que tu es tout rouge au niveau du nez et des tempes Harry ?
Harry et Anton échangèrent un regard et l'adolescent résuma leur matinée et leur après-midi à Ron alors qu'Anton allait secouer Cassandra après avoir posé les chiots sur la table, toujours dans leur cage de transport.
Ron fut attristé par la mort d'Olis mais ne s'y attarda pas, préoccupé par la recherche de ce fameux Théodore. Son grand-père était mort, il devait culpabiliser à l'heure qu'il était. Ils devaient le retrouver et lui transmettre la lettre de son grand-père et organiser une rencontre avec Jehora et Madok, quand il se réveillerait.
- Alors on a récupéré ces deux petits là ?
Ron ouvrit la cage et glissa ses doigts à l'intérieur, laissant les chiots terrifiés par le voyage s'habituer à son odeur. Au bout de longues minutes de caresses, de cajoles et de paroles apaisantes, les deux petits beagles finirent par avancer sur la table. Ils testèrent leur environnement, incertains.
Reconnaissant l'odeur d'Harry qui leur avait tant plu lors de sa première visite, ils eurent tôt fait de glisser sur ses cuisses pour s'y blottir.
- Qu'est-ce qu'on va faire de ces deux-là ?
- Et bien… si Jehora n'en veut pas, on pourrait en garder un… C'est toi qui me disais que ces chiens ont un excellent flair et font d'excellents compagnons d'aventures, non ?
- Oui, c'est vrai qu'il pourrait être utile si on cherche quelque chose à l'odeur… Et l'autre ?
- Il y en a un qui a les poumons plus faibles à cause de la fumée selon Anton… Je pense… On pourrait l'envoyer à Théodore ?
Ron hocha la tête avec enthousiasme. C'était une brillante idée. Même si les chiens n'étaient pas acceptés à Poudlard, les étudiants aimaient cacher des choses interdites dans leurs dortoirs. Et les inspections n'étaient pas choses courantes. Et personne ne pourrait de toute façon résister à la bouille si mignonne du chiot.
- On devrait leur trouver des noms…
Harry caressa la tête de celui à qui il avait sauvé la vie, un sourire pensif jouant sur ses lèvres :
- Pour celui qui n'a pas les taches noires autour des yeux et dont la pointe de la queue est blanche, je pensais à Lucky…
- Lucky… La chance ? C'est bien trouvé pour ce petit chanceux qui a eu la vie sauve grâce à toi. Pas vrai Lucky ?
Le chiot jappa doucement en allant mordiller les doigts de Ron.
Les chiots n'étaient que très peu différents. « Lucky » avait tout du beagle classique et sa seule caractéristique était qu'il avait trois taches blanches dans le noir du pelage de son dos et l'autre était un peu plus particulier. Il avait deux cercles fins noirs autour des yeux et la pointe de sa queue était noire aussi.
- Et l'autre, à quoi pensais-tu ?
- Aucune idée, c'est toi l'expert canin, rit Harry.
- Pourquoi pas Sirius ?
Harry éclata de rire et réussit à dire :
- Mauvaise idée… Imagine la réaction du Sirius original…
- Ouais pas fameuse comme idée… Alors… c'est un mâle ou une femelle d'ailleurs ?
Ron souleva les deux chiots et confirma. Deux mâles.
- Donc… Un nom de chien mâle… Lasso ? Luffy ? Litchi ?
- Que des noms en « L » ? Pourquoi ? Interrogea Harry.
- Je ne sais pas… Charlie m'a toujours dit qu'on essayait de nommer les animaux d'une même portée par des noms qui commençaient par la même lettre… Pour les reconnaître, je suppose. Si le premier est Lucky, le deuxième devrait avoir un nom qui a la même initiale…
- D'accord… Tu disais donc… Litchi ? Grimaça-t-il.
- Linux ? Leonard ? Looping ? Loubard ? Je commence à manquer d'inspiration là…
Harry réfléchit un instant en examinant le deuxième chiot, pensif. Celui-là avait un air un peu ahuri, très mignon. Un de ses yeux semblait loucher un peu et lui donnait l'air un peu fou. Ce qui n'enlevait rien à sa mignonnerie.
- J'aime bien Looping… Ça fait un peu décalé, c'est original…
- Vendu, c'est mon préféré aussi, approuva Ron.
Ils se sourirent et jouèrent un peu avec les chiots en attendant Anton et Cassandra. Les deux adultes arrivèrent sur ces entrefaites et haussèrent les sourcils d'un même mouvement en voyant l'air satisfait des adolescents.
Ron leur adressa un grand sourire et leur dit :
- Mes amis, je vous présente nos nouveaux compagnons. Celui qui a la pointe de la queue noire, c'est Looping et celui qui a la pointe de la queue blanche, c'est Lucky. Dîtes bonjour !
Harry pouffa alors que les chiots jappaient, visiblement ravis de leurs nouveaux noms. Anton soupira bruyamment et Cassandra s'assit. Qu'est-ce qu'ils allaient encore inventer ?
- Vous comptez les garder ?
- Non, on comptait donner Looping à Théodore.
La prophétesse avait eu le récit de toute l'histoire par Anton, aussi ne fut-elle pas surprise. C'était bien le genre du trio de faire ça. Elle pinça cependant les lèvres :
- Et l'autre ? Lucky, c'est ça ?
- Lucky, oui. Soit on le donne à Jehora qui arrive dans deux jours, soit on le garde et on l'emmène avec nous, expliqua Harry.
- Quand on a rencontré Olis, il nous a dit que les chiots étaient déjà dressés et qu'il les entraînait à la chasse. On n'aura pas besoin de le dresser, juste à lui rappeler les règles et à lui montrer son territoire.
- Je comprends… Il pourra être utile pour les chasses où les pistages d'odeurs que vous ferez. Et il fera un excellent compagnon, approuva Cassandra.
Anton leva les yeux au ciel mais ne dit rien. Après un faucon au sale caractère, un chien.
Ils allaient devoir investir dans une basse-cour.
Et dans un foutu pigeonnier pour empêcher ce volatile au caractère de cochon de faire plus de dégâts.
En effet, chaque fois qu'Hayden mettait la pointe des serres dans la maison, il s'ensuivait un bazar monstrueux. L'oiseau était possessif et très snobinard. Anton lui avait une fois déposé une gamelle d'eau sur la table, n'ayant pas le temps de faire plus. Et Hayden l'avait poursuivi en réclamant dans toute la maison pour qu'il lève le bol de liquide jusqu'à lui.
A cinq heures du matin.
Tout le monde avait été plus qu'enchanté par ce réveil matinal.
Le deuxième gros incident était dû à Rip qui n'aimait pas particulièrement les oiseaux. Elle avait pris sur elle pour offrir une caresse à Hayden avant de lui prendre son courrier. L'oiseau ne fut absolument pas satisfait du peu de remerciements qu'il reçut et refusa purement et simplement de délivrer son courrier. Il fallut une heure à Harry et de nombreuses cajoleries pour qu'il daigne lâcher ce maudit bout de papier.
Ce faucon était une calamité sur pattes, tout le monde en était convaincu !
Seul Harry et Hermione l'appréciaient, uniquement parce que c'était réciproque. Et Ron également mais c'était visiblement plus tordu. Le rouquin semblait avoir conclu un pacte de non-agression avec l'oiseau. Il ne touchait pas Harry quand il était dans le coin et Hayden se conduisait plutôt très amicalement avec lui.
- « Saleté de pigeon ! » grommela Anton.
La conversation s'arrêta là et la soirée passa tranquillement. Cassandra eut le temps de maudire les chiots une bonne douzaine de fois en voyant son canapé et les coussins brodés déchiquetés. Il y eu des explications patientes et une conclusion de Ron « de toute façon, ces chiots sont idiots » qui mit fin à la semi-dispute.
La soirée se termina ainsi, en rires et discussions tranquilles et tous allèrent se coucher, les chiots acceptant sagement de s'endormir dans la cage de transport, rembourrée avec les coussins éventrés.
Pour une fois, personne ne fut réveillé par les cauchemars récurrents d'Harry. Presque.
Ron fut réveillé à neuf heures et demie, surpris qu'Harry ne l'ai pas déjà secoué. Généralement, à huit heures, il était debout, prêt à l'encourager pour son entraînement.
Il s'étira et s'approcha du lit de son ami. Et bêtement, il ouvrit la bouche sous la surprise. Harry était transparent. Juste transparent. Il voyait à travers le corps de son ami.
Il hésita une seconde. Il paniquait ou il appelait à l'aide ?
Heureusement, son réflexe fut le bon. Il prit une grande inspiration et cria :
- ANTON ! CASSANDRA !
Il n'attendit pas que les adultes n'arrivent pour attraper la main d'Harry et l'appeler. A sa grande surprise, il n'eut aucun mal à saisir la main de son ami et la tint serrée, comme pour l'empêcher de partir plus et de disparaître.
La vieille femme surgit en claudiquant, s'appuyant lourdement sur sa canne dorée avec la fatigue. Anton lui rentra dedans dix secondes plus tard, alors qu'elle s'était stoppée nette sous la surprise.
Elle reprit son souffle en assassinant le Langue-de-Plomb du regard et s'exclama :
- Allons bon. Une projection astrale. C'est nouveau ça.
Pas plus affolée que ça, elle contrôla le pouls d'Harry et sa respiration et hocha la tête, rassurante :
- Tout va bien, ne t'inquiète pas.
- Que je ne m'inquiète pas ?! Il est transparent, nom de Merlin ! Trans-pa-rent !
Cassandra tapota la main de Ron liée à celle d'Harry tranquillement. Anton, les sourcils haussés si haut qu'ils disparaissaient dans les mèches de ses cheveux s'assit sur le lit d'Hermione. Il n'avait jamais vu ça mais visiblement, ce n'était pas dangereux. Il attendait donc les informations.
- Alors… Nous sommes le vingt-quatre février et il est neuf heures trente. Est-ce qu'Harry avait quelque chose de prévu ce jour-là ?
- Mais j'en sais rien moi ! *Slap* Merde Anton, ce n'est pas le moment ! Je m'inquiète là ! Pourquoi est-ce qu'il disparait ?
- Il ne disparaît pas, il a été appelé. Il doit être sous contrat actuellement. Et ce contrat lui impose d'être présent à un endroit précis. On appelle ça une projection astrale.
- Une projection astrale ?
- Oui. L'esprit quitte le corps pour aller rejoindre le lieu où il est réclamé. Si je te dis de ne pas t'inquiéter, c'est parce que là, c'est comme s'il rêvait.
- Il est endormi ?
- Son corps est endormi, oui. Son esprit vit le moment actuel et réel. Ça se terminera quand la chose pour laquelle il a été appelé sera accomplie. Alors je répète, avait-il quelque chose de prévu ?
Ron réfléchit. Le vingt quatre février. Neuf heures trente. … Un éclat doré dans la valise d'Harry attira son regard et il frappa son poing dans sa paume :
- Mais oui ! La seconde tâche !
- La seconde tâche… ? Répétèrent Anton et Cassandra en chœur.
- Ce matin, c'est la seconde tâche du Tournoi des Trois Sorciers ! Harry est sous contrat avec ce tournoi, il doit y être !
- Mais ce tournoi est extrêmement dangereux, non ? S'exclama Anton. Il n'y a pas de danger pour Harry, sous sa forme d'esprit ?
- Non, aucun. Il n'arrivera rien à son corps et il sera invisible pour quasiment tout le monde. Seuls les autres contractants pourront le voir. Il n'y a aucun danger pour Harry.
Ron se détendit et ils décidèrent simplement d'attendre le réveil d'Harry. Ron fut exceptionnellement autorisé à rater son entraînement du matin pour veiller son ami. Hermione le tuerait s'il arrivait quelque chose à Harry pendant son absence. Réflexion faite, il se tuerait avant même qu'Hermione ne soit mise au courant…
Ils s'installèrent confortablement pour veiller le petit brun.
Harry se réveilla au petit matin, dans un endroit qui ne lui était pas du tout familier. Étonné, il fit le tour du propriétaire. Où est-ce qu'il s'était encore fourré ?
Il regarda autour de lui. Il était visiblement dans une salle de bain de Poudlard au vu des armoiries de l'école peintes sur la porte en bois. Il se regarda à travers le miroir de la pièce et plaqua une main sur sa bouche pour étouffer son cri.
Qu'est-ce que c'était que ce bordel ?
Il était transparent !
Il inspira plusieurs fois profondément pour reprendre son calme. D'abord, faire en sorte de rester entier et discret. Après chercher à comprendre ce qu'il faisait là. Le bruit d'une porte qui s'ouvre le fit sursauter.
Les yeux ronds, il regarda Cédric Diggory, le champion de Poudlard et élève de sixième année à Poufsouffle, entrer en caleçon, le cheveu hirsute et l'œil vitreux, bien loin de l'image de beau gosse charmeur qu'il donnait habituellement.
Le Poufsouffle cligna des yeux en apercevant la forme fantomatique d'Harry.
Il cilla une nouvelle fois. Il ressortit tranquillement de la salle de bain. Il referma la porte. Harry entendit un gros son bruyant, comme le bruit d'une tête qui cogne violemment contre une porte et Cédric revint dans la pièce.
Harry lui fit un signe de main, gêné. Cédric lui répondit. Harry esquissa un sourire. Cédric s'évanouit.
- Et merde ! Grogna le Gryffondor en s'agenouillant près de son adversaire au Quidditch.
Il tenta de le toucher. Avec un énorme soulagement, il se rendit compte qu'il pouvait le toucher. Il songea une seconde à appeler ses camarades de dortoir à l'aide mais se ravisa. Il ne voulait pas plus d'inconscients, merci bien.
Il tapota la joue du Poufsouffle qui ouvrit péniblement les yeux. Harry lui sourit légèrement :
- Ne panique pas, s'il te plaît, dit-il précipitamment avant que l'autre n'ait pu ouvrir la bouche.
- Par Merlin, Harry qu'est-ce que tu fais là ?! Tout le monde te cherche dans tout le pays !
Cédric avait inconsciemment adopté le chuchotement, ce pour quoi Harry lui fut reconnaissant. Le petit Gryffondor se gratta la tête, gêné et lui avoua :
- Je n'ai pas la moindre idée de pourquoi je suis là, je te jure. Je ne devrais même pas être en Angleterre normalement ! Pourquoi est-ce que je suis ici ? Pourquoi est-ce que je suis transparent ?
- Si tu es ici… Ce n'est pas à cause du Tournoi ? Supposa Cédric avec hésitation.
La magie était tordue. Elle devait bien être capable de ramener un sorcier sous contrat sur le lieu d'un tournoi, non ?
Harry hocha la tête. Ça devait être possible.
- Et comment je peux repartir ?
- Aucune idée… Je suppose que tu repartiras automatiquement quand la seconde tâche sera terminée, non ?
Un frappement à la porte les tétanisa soudain. La porte s'ouvrit et un garçon pas plus réveillé que Cédric il y a cinq minutes entra :
- Tu m'excuses, j'ai juste besoin des toilettes…
- Att-
- Au fait, tu parles tout seul maintenant ?
Cédric échangea un regard avec Harry. Très intelligemment, il répondit, cherchant à gagner du temps :
- Euh…
- T'en fais pas, ça m'arrive souvent avant les examens, ajouta l'autre en faisant ses affaires, dos aux garçons.
- … A-Ah ?
- Oui, ça doit être le stress. T'en fais pas tu vas tout déchirer ! Et cette fois, Potter ne sera pas là pour te voler la vedette, il a fuit.
- Hé ! Réussit à placer Cédric, vivement approuvé par un Harry indigné.
- Ouais ouais, je sais, tu restes persuadé que Potter n'est pas du genre à fuir ses responsabilités et bla bla bla… Mais tu ne m'enlèveras pas de la tête que c'est un gosse et que c'est normal qu'il ait eu peur.
- Mais…
- Y a que toi pour penser qu'il est parti pour quelque chose de plus important que ce tournoi, je te dis ! Ce que j'en pense, c'est qu'il a eu raison de se casser. Dumbledore est cinglé de l'avoir fait participer !
- C'est vraiment ce que tout le monde pense de moi ?! S'exclama Harry.
- Enfin bref… Prends ton temps, je vais me recoucher. Si tu as besoin d'un truc, secoues-moi.
Harry se plaça devant le garçon, indigné. Non seulement il l'ignorait quand il parlait mais en plus, il parlait de lui en sa présence et pas en bien en plus.
A la grande surprise de Cédric et d'Harry, le garçon traversa le corps d'Harry comme s'il n'existait pas. Le petit brun eut un grand frisson d'inconfort. Cédric rappela son ami, perplexe :
- Paul… Tu ne vois personne d'autre que moi ici ?
- Si, moi, pourquoi ?
- Je veux dire là… Juste entre les toilettes et le lavabo ?
Cédric pointa du doigt l'endroit où était Harry. Le dénommé Paul cligna des yeux en fixant très sérieusement l'endroit désigné. Il finit par hausser les épaules et tapota l'épaule de son ami :
- Ça va aller. Tu es sûr que tu ne veux pas te recoucher un peu ?
- N-Non… Désolé, j'ai mal dormi.
- Le stress, je te dis, le stress. Va voir madame Pomfresh, elle pourra peut-être te donner une potion calmante.
Paul sortit de la pièce, laissant les deux autres bouches bée.
- Il ne me voit pas ? S'écria Harry.
- Apparemment pas.
- Il ne m'entend pas non plus ?!
- Apparemment pas.
- Tu pourrais participer un peu !
Harry fusilla le beau Poufsouffle du regard qui soupira :
- Je vais juste prendre ma douche, on verra après si tu es toujours là. Je… Je vais essayer de me réveiller. C'est peut-être juste un rêve…
Harry hocha simplement la tête et sortit de la pièce sans avoir eu besoin d'ouvrir la porte, laissant au Poufsouffle son intimité.
Il avait eu peur d'être mort pendant une seconde mais s'était ravisé.
D'après la prophétie, personne ne pouvait le tuer si ce n'était Voldemort. Hors… Il n'était pas là. Et il doutait sincèrement d'avoir envie de se réincarner en fantôme, merci bien. Passer l'éternité entre la vie et la mort ne le tentait pas plus que ça.
Pour lui, si la vie valait la peine d'être vécue, c'était bien parce que la mort arrivait à la fin. Si les gens ne mourraient pas, la vie serait bien moins intéressante à vivre.
Il se secoua. Ce n'était pas le moment d'avoir des pensées philosophiques.
Il avança d'un pas flottant dans le dortoir avant de se figer.
Non seulement il ne touchait pas terre, mais il avait ses deux jambes ! Sa jambe gauche était revenue ! Avant de sauter de joie, il décida qu'il valait mieux attendre d'être rentré pour voir si c'était seulement le rêve qui lui avait rendu sa jambe ou si Merlin avait intercédé en sa faveur quelque part au-dessus.
Résolument calme, il détailla le dénommé Paul qui ronflait de tout son soûl, étalé en croix sur son lit. C'était un grand jeune homme à l'allure grande et musclée des basketteurs. Ses cheveux bruns étaient artistiquement ébouriffés et il avait remarqué que ses yeux étaient un mélange de bleu et de vert, un peu étrange mais attirant.
L'expression de son visage reflétait un garçon charmeur et désinvolte. Très sympathique.
Harry ne se souvenait pas l'avoir déjà croisé dans les couloirs mais comme il faisait en sorte d'être le moins remarqué possible, ce n'était pas surprenant.
Il s'assit sur le seul lit vide et attendit patiemment que le capitaine de l'équipe de Quidditch de Poufsouffle daigne sortir de la salle de bains. Ce qu'il fit vingt minutes plus tard.
Il avait les joues rouges, signe que l'eau chaude avait coulé longtemps, mais semblait un peu plus alerte. Harry le détailla rapidement.
C'était un grand jeune homme mince et séduisant. Il avait des cheveux bruns et des yeux gris, un sourire plein de fossettes très charmeur. Harry avait entendu dire qu'il était d'un naturel calme et bon élève.
Amusé, il songea qu'en fait, il avait tout pour lui. Sauf la résistance émotionnelle, ricana-t-il intérieurement en se souvenant du mémorable évanouissement de son condisciple.
Cédric, visiblement plus calme que tout à l'heure, posa son index devant ses lèvres et lui indiqua la porte. Le Poufsouffle portait une cape chaude qui couvrait un short de bain noir et un maillot de corps jaune aux couleurs de sa maison. Harry, lui n'avait que le short élimé qui lui servait de pyjama et un ancien tee-shirt de Dudley.
Aussi furent-ils tous les deux surpris quand Harry avoua qu'il ne ressentait pas le froid, alors qu'ils venaient d'arriver dans le hall de l'école, ouvert aux quatre vents.
Silencieusement, ils se dirigèrent vers les cuisines. Cédric prit de quoi manger, rapidement et ils sortirent de l'école, encore quasiment déserte à cette heure là. A Poudlard, il était sept heures et demie du matin. La seconde tache commencerait dans deux heures.
Le Poufsouffle et le Gryffondor se dirigèrent vers le lac vide où un ponton de bois avait déjà été monté au milieu de l'eau. Des gradins avaient été installés tout autour du lac, pour que tous puissent voir la seconde tâche.
Une fois installés au chaud dans les gradins, à l'abri du vent et sous un sortilège de chaleur le Poufsouffle prit la parole :
- Donc, si j'ai bien tout compris, tu n'es de retour que pour la seconde tâche, mais personne à part moi ne peut te voir.
- C'est ce qu'il semblerait. Rusard ne m'a pas remarqué, Miss Teigne non plus. Heureusement, Dumbledore pas plus. Et Rogue encore moins, merci pour ça.
Cédric hocha la tête. Il n'osait même pas imaginer l'explosion à laquelle ils auraient eu droit si le professeur de potions les avaient vu ensemble. Surtout qu'Harry était recherché par toute la communauté sorcière.
- Dis… Est-ce que ce serait possible que le tournoi m'ait fait revenir parce qu'il manquait un champion dans le contrat mais que comme vous étiez déjà trois, je n'arrive pas entièrement ?
- Tu veux dire que ton esprit aurait été rappelé, mais pas ton corps ?
- Quelque chose comme ça…
- Ce n'est pas idiot… Mais du coup, pourquoi est-ce qu'il n'y a que moi qui peux te voir ?
- Peut-être que c'est réservé aux autres engagés dans le Tournoi ?
- Du coup, Delacour et Krum pourraient te voir aussi… Ce serait logique.
- Ouais… Et pour la seconde tâche… Je vais devoir y participer ?
- Aucune idée… Probablement pas vu que personne ne te voit. Tu assisteras l'un d'entre nous probablement.
- Ouais… C'était quoi la deuxième tâche ?
- Tu n'as pas cherché ?
- J'ai eu d'autres choses à penser qu'à trouver pourquoi un œuf doré de dragon hurlait, figures-toi, s'agaça l'adolescent.
Cédric leva les mains en signe de paix. Il se demanda furtivement quelles étaient ces autres choses dont il parlait mais expliqua finalement :
- Il fallait mettre l'œuf sous l'eau et plonger avec pour écouter une chanson. Ça dit en gros que quelqu'un de cher à ton cœur va t'être enlevé et caché dans le lac et que tu auras une heure pour le récupérer.
- Quelqu'un au fond du lac ?! Ils sont complètement dingues d'avoir fait un truc pareil !
- M'en parle pas… Ils doivent être endormis et ne doivent pas savoir qu'ils sont plongés dans un lac. Mais moi, qui suis parfaitement au courant, je suis positivement ravi à l'idée d'aller plonger là-dedans.
Harry approuva vivement. L'air ambiant ne devait pas dépasser les dix degrés. Et les bords du lac étaient recouverts de givre. Il devait faire froid à mourir à l'intérieur. Il était bien content de ne pas avoir à plonger.
- Et… Tu penses que c'est qui, la personne chère à ton cœur ?
Cédric hésita. Il savait qu'Harry avait un petit faible pour Cho et il était embêté à l'idée de lui faire du mal, mais il ne se voyait pas lui mentir. Aussi avoua-t-il avec gêne :
- Je pense que ce sera Cho.
- Cho… Oh ! Cho !
- … C'est quoi cette réaction, tu l'avais oublié ?
- Sincèrement, oui. J'ai la tête pleine de sa présence quand elle est dans mon champ de vision, confia-t-il en rougissant, mais quand je ne la vois pas, je ne pense absolument pas à elle… C'est mal ?
- Personnellement, ça m'arrange. Mais je trouve ça bizarre que tu ne penses pas du tout à elle quand elle n'est pas près de toi…
- Quoi ? En quoi c'est bizarre ?
- J'en sais rien, c'est bizarre, c'est tout. Ça ne fait pas naturel…
Harry haussa les épaules alors que Cédric fronçait les sourcils pensivement. Qu'est-ce qu'il en savait de ce qui était naturel ou pas dans les choses de l'amour ? Il n'était jamais tombé amoureux alors… Et il n'était pas vraiment pressé par ce fait, il avait d'autres choses à penser.
- Je pense… Que ça aurait été Ron.
- Pardon ?
- La personne au fond du lac pour moi. A mon avis, ça aurait été Ron. Ce n'est pas obligatoirement quelqu'un dont on est amoureux, non ?
- Non, bien sûr… Mais Ron ? Ton meilleur ami, n'est-ce pas ? Le frère de Fred et Georges ?
- Oui. C'est mon premier ami. J'ai un attachement particulier pour lui.
Cédric hocha la tête. Il pouvait comprendre ça. Les premiers amis étaient toujours ceux qui laissaient les plus belles traces dans les cœurs. Paul était l'exemple parfait pour lui. Il l'avait rencontré dans le train, lors de leur première rentrée et depuis, ils ne s'étaient plus quittés. Ils avaient tout fait ensemble.
- Sinon, Harry, changeons de sujet puisqu'on n'aura pas de réponse claire avant que tu ne sois reparti.
- Je t'écoute.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? Pourquoi est-ce que tu es parti ? Tout le monde s'inquiète !
- J'aimerais bien savoir aussi, Arry.
- Moi également, Harrry Potterrr. Où est Herrr-mion-e ?
Cédric et Harry sursautèrent violemment. Viktor Krum et Fleur Delacour se tenaient en dessous d'eux, au plus bas niveau des gradins.
Finalement, ils avaient eu raison. Seuls les champions pouvaient le voir.
Les deux jeunes adultes montèrent pour les rejoindre, laissant à Harry et Cédric le temps de les observer.
Fleur était une française de dix-sept ans, un quart vélane. Elle était très séduisante, grande et élancée, et ses cheveux blond argenté étaient tressés dans son dos. Ses yeux bleus scintillaient d'on ne savait quoi et sa main droite était crispée sur sa baguette, prête à jeter un sort si le plus jeune faisait mine de décamper.
Viktor était un bulgare de dix-sept ans aussi. Il était plutôt petit, s'arrêtant au mètre soixante-douze. Il était mince, avait le teint cireux, un nez arrondi et les épaules voutées. Ses cheveux noirs étaient coupés très courts, presque rasés, ses yeux perçants étaient noirs et un collier de barbe suivait la ligne de sa mâchoire pour faire le tour de sa bouche.
Les deux autres champions s'assirent sans plus de manière, et la française demanda :
- Où étais-tu passé, Arry ? Tout le monde dit que tu t'es enfui parce que tu as eu peur de la difficulté du Tournoi.
- Il ne s'est pas enfui, Herrr-mione ne serait pas partie avec lui pour ça, rétorqua Viktor, les sourcils froncés.
Le bulgare semblait furieux. Et Cédric lui avoua que ça faisait deux semaines qu'il était d'une humeur massacrante.
- Je ne me suis pas enfui, j'ai eu d'autres problèmes que ce foutu tournoi ! Répliqua finalement Harry, agacé.
Il en avait assez qu'on le traite de lâche. Et que toute l'école le pense. Zut à la fin !
- Alors quels problèmes ? Papa m'a parlé d'une rumeur qui circule au ministère en ce moment. Apparemment, la famille Weasley aurait complètement coupé les ponts avec Dumbledore.
Harry fronça un sourcil. Pourquoi les Weasley auraient-ils coupé les ponts avec Dumbledore ? Il repensa alors à la lettre de Percy. Il savait que Ron avait une malédiction sur le cœur ! Dumbledore leur aurait dit ?
Mais pourquoi leur dire quelque chose comme ça ? Il ne chercherait donc pas la mort de Ron ?
Le petit brun secoua la tête. Plus tard les interrogations. En voyant les mines renfrognées des trois plus vieux qui s'étaient mépris sur son silence, il répondit :
- Je ne peux pas vous révéler ce que j'ai appris. C'est trop… Dangereux. Pour faire court, disons qu'on est en train de… De changer le monde en fait.
- De changer le monde ? Il n'y a que les Changeurs qui peuvent faire ça ! S'exclama Fleur en lançant sa tresse par-dessus son épaule.
- Ouais… Je sais.
Fleur le regarda, les yeux ronds.
- T-Tu es un Changeur ?
- D'après le Livre, oui.
Les garçons réclamèrent des explications et Fleur consentit à leur en donner. Le cours de sortilèges sur les changeurs avait lieu vers la fin de la quatrième année à Poudlard mais les élèves n'en retenaient jamais grand-chose, vu que le dernier Changeur connu avait vécu quelques siècles auparavant. Il était donc logique que Cédric ait oublié cette partie-là du programme.
Pendant ce temps, Harry se questionna. Ils allaient exiger qu'il leur raconte et il ne voulait pas le faire sans sécurité. Pouvait-il demander un serment de fidélité ? Ils n'étaient pas encore soumis au secret professionnel, ça devrait être bon.
- Arry, quoi que tu entreprennes, je veux t'aider, posa Fleur, déterminée.
- … Quoi ?
- Les Changeurs font de grandes choses et en avoir un à ses côtés signifie d'œuvrer pour changer le monde. Je ne te connais pas plus que ça, mais je sais déjà que tu es quelqu'un de bien. Je sais que ce que tu feras pour changer le monde sera dans le bon sens. C'est pourquoi je vais t'aider.
- J'ai déjà des alliés Fleur. D'ordinaire, je les consulterais avant de prendre une quelconque décision mais là, je vais faire une exception. …Je veux un serment de fidélité. Pour mes amis et moi.
Fleur resta un instant bouche bée. Un serment de fidélité ? C'était un engagement qui ne se prenait pas à la légère.
- Tu en as déjà connus ? Demanda Viktor, méfiant.
- Trois.
La réponse claire et ferme fit réfléchir les trois champions. Même si Harry était un Changeur, et tous connaissaient l'implication d'un tel titre, est-ce que ça valait le coup de s'engager auprès de lui ? De devenir un de ses alliés ?
Fleur prit sa décision la première. Elle se releva face à Harry et posa un genou à terre, une main sur la sienne, l'autre sur son cœur :
- « Moi, Fleur Delacour, jure en ma vie, mon nom et ma magie de tout faire pour aider Arry Potter et ses amis jusqu'à l'accomplissement de leur périple, de garder tous leurs secrets et d'être leur amie. Que je meure si je trahis. »
Harry accepta alors que la lueur dorée désormais familière les liait. Il savait que Cassandra, Anton, Crystal, Ron et Hermione devaient être entourés d'un halo doré en ce moment même.
Fleur eut le souffle coupé par l'intensité de l'affection entre les liés et elle fut ravie d'en faire partie. Ils avaient une place bien au chaud dans son cœur. Pour toujours.
Les deux autres ne tardèrent pas à suivre :
- « Moi, Viktorrr Krrrum, jurrre en ma vie, mon nom et ma magie de tout fairrre pourrr aider Harrry Potterrr et ses amis jusqu'à l'accomplissement de leurrr pérrriple, de garrrder tous leurrrs secrrrets et d'êtrrre leurrr ami. Que je meurrre si je trrrahis. » Hou ! Il y a trrrop de « rrr » là-dedans.
Harry eut un léger rire ému et l'intervention de Cédric le toucha quand elle fut prononcée avec la plus grande sincérité :
- « Moi, Cédric Diggory, jure en ma vie, mon nom et ma magie de tout faire pour aider Harry Potter et ses amis jusqu'à l'accomplissement de leur périple, de garder tous leurs secrets et d'être leur ami. Que je meure si je trahis. »
- Merci beaucoup. Vraiment.
Il attendit que la sensation de chaleur si agréable s'estompe, laissa Fleur jeter divers enchantements pour qu'ils soient tranquilles et entama son récit par des mots qu'il savait être convaincant :
- La première chose que vous devez savoir, c'est que Voldemort sera de retour avant la fin de l'année scolaire.
- QUOI ?
- Mais il est mort !
- Arry, tu l'as tué, non ?
- Non, je ne l'ai pas tué. Mes parents l'ont empêché de nuire pendant treize ans. Il trouvera bientôt le moyen de revenir. Et plus important encore, on ne pourra rien faire pour empêcher ça.
- Pourquoi ? Demanda Cédric.
- Parce que je ne suis pas en Angleterre donc je ne pourrais rien faire, qu'il va chercher à garder son retour secret pour avoir l'effet de surprise et que c'est une foutue voyante imparable qui me l'a dit !
- Une foutue quoi ?
- Désolé Viktor. C'est la fameuse voyante dont les prédictions sont toujours justes. Elle habite en Grèce, fait de superbes dessins en fumée et s'appelle Cassandra.
- Cassandra ? La voyante ?!
- Des dessins en fumée ? S'exclamèrent les deux jeunes hommes en même temps.
Harry prit une grande inspiration et leur raconta tout, partant de leur fuite et de la raison de celle-ci, jusqu'à son débarquement dans la salle de bains des garçons Poufsouffle de sixième année. Il passa certains détails, Olis, les chiens, sa mort, les Horcruxes, Jehora et Madok, notamment. Il hésita longtemps mais finit par leur raconter la prophétie en détail et tout ce qui en découlait. Puis il leur parla de leur futur voyage pour trouver des pierres qui leur permettrait de développer leur plein potentiel.
Il termina en leur promettant de leur envoyer des montres miroirs pour garder le contact. A la fin de son récit, ils étaient horrifiés. Viktor sentait bien qu'il y avait quelque chose de plus qu'il ne leur disait pas mais n'insista pas. Si c'était possible, ils auraient renouvelé leur serment de fidélité à la fin du récit. Et honnêtement, ils étaient heureux de l'avoir fait.
Libérer le monde de l'influence de Dumbledore et empêcher Voldemort de faire trop de dégâts n'était peut-être pas grand-chose au premier abord, mais ça pouvait changer bien des choses sur le long terme. Et s'ils pouvaient apporter leur pierre à l'édifice, ça ne pourrait être qu'une bonne chose.
Ils ne purent pas discuter plus, les élèves commençaient à arriver. Ils descendirent tous les quatre dans la tente des champions. Pour Harry, la suite se passa comme dans un rêve. Personne ne le vit, tout le monde lui passa au travers. Il n'eut pas besoin de sortilège de Tête-en-Bulle comme Fleur ou Cédric, ni de métamorphose à moitié réussie de requin comme Krum, il respirait parfaitement sous l'eau.
Et il se déplaçait à la vitesse de sa pensée, donc très vite. Il assista, impuissant, à l'abandon de Fleur, littéralement assaillie par les Strangulots, évita soigneusement le Viktor-requin qui l'effrayait et avança en même temps que Cédric, profitant de sa vitesse pour le guider. Ils arrivèrent en tête, au bout de vingt-cinq minutes de temps devant les quatre piliers où étaient attachés trois personnes.
Un des piliers était vide, certainement celui d'Harry. Sur le deuxième, une fillette de huit ans aux cheveux blond-argentés flottant, comme morte, était solidement attachée. Sur le troisième, une jolie chinoise qui retourna l'estomac d'Harry dormait paisiblement. Et sur le quatrième, un jeune homme blond aux vêtements datant de l'époque victorienne ballotait au gré du courant.
Cédric trancha la corde de Cho avec un caillou qu'Harry avait remonté du fond pour lui et voulut remonter. La main d'Harry sur son bras l'en empêcha. Il ne put répliquer quand le regard vert intense le fixe, suppliant.
Il attendit dix minutes l'arrivée de Krum qui laissa à Harry le soin de détacher le blond alors que les êtres de l'eau se posaient de sérieuses questions sur la pierre qui flottait et la corde qui se tranchait toute seule. Le blond fut détaché et sa tête retomba sur sa poitrine, rendant Viktor encore plus en colère. Le jeune homme adressa un signe de tête à Harry en remerciement mais attendit Cédric pour remonter. Harry leur fit les gros yeux en désignant la fillette qui devait être la sœur de Fleur et Cédric confia Cho à Viktor, prenant vingt secondes pour détacher l'enfant.
Ils remontèrent tous les trois, Cédric portant Cho, Viktor son ami blond et les deux ayant attrapé un bras de la fillette pour la remorquer.
Ils prirent tous une grande inspiration en arrivant enfin hors de l'eau. Cho se serra contre Cédric, ne comprenant pas ce qu'elle faisait là alors qu'il tentait de soutenir la fillette. Viktor regarda attentivement le visage de son ami. Dès qu'il fit mine d'ouvrir les yeux, il lui jeta un sort qui l'assomma sec. Harry ouvrit des yeux ronds. Qu'est-ce qu'il lui prenait ?
Ils sortirent de l'eau tous ensemble, n'attendant même pas la répartition des points. Fleur se jeta dans les bras de Cédric en sanglotant quand elle aperçut sa petite sœur bien au chaud cachée dans les jambes de l'attrapeur de Poufsouffle.
- Merci, merci, merci ! Gabrielle, tu vas bien ?
Les quatre champions s'isolèrent alors que Cho et Gabrielle et le garçon blond étaient confiés aux bons soins de madame Pomfresh.
Fleur, enroulée dans une immonde couverture orange, comme ses deux camarades, regarda Cédric et Viktor :
- Merci du fond du cœur d'avoir ramené Gabrielle. Je sais qu'elle ne risquait rien, mais être ramenée à la surface par des êtres de l'eau aurait été terrible pour elle.
- Que veux-tu dire ?
- Elle a une peur profonde des êtres qui vivent dans l'eau depuis que la sirène de notre salle de bain a tenté de la noyer quand elle avait trois ans. C'est une vraie phobie. Alors merci, vraiment.
Cédric et Viktor échangèrent un regard gêné. Si ça n'avait tenu qu'à eux, ils auraient laissé la fillette au fond de l'eau, sachant qu'elle était en sécurité. Cédric soupira et avoua :
- Fleur… Ce n'est ni moi, ni Viktor qui avons sauvé ta sœur. C'est Harry. C'est lui qui m'a forcé à rester pour la délivrer, pareil pour Viktor. C'est lui que tu dois remercier.
Harry agita la main tranquillement pour empêcher Fleur de se jeter à son cou. Sans doute que ça l'aurait fait valser. Ou qu'elle serait passée à travers lui.
Il se tourna vers le bulgare et lui demanda, soudain sérieux :
- Viktor, qu'est-ce qu'il se passe ?
- De quoi tu parrrles ?
- Tu es énervé depuis ce matin, Cédric me dit que ça fait un moment et tu viens d'assommer celui que tu devais sauver… Alors je répète, qu'est-ce qu'il se passe ?
Le champion fut tenté pendant un instant de renvoyer le plus jeune dans les roses. De quoi se mêlait-il ? Il le regarda avec l'intention de lui dire sa façon de penser quand il tomba dans les yeux d'un vert surnaturel d'Harry.
L'adolescent le regardait paisiblement, ne portant aucun jugement. Comme s'il savait instinctivement qu'il allait avoir une réponse.
Il ouvrit la bouche pour le renvoyer paître mais un sourire tranquille le fit se raviser. D'accord, il ne pouvait rien contre ces yeux là. Impossible de refuser quoi que ce soit.
- Ce garrrçon, c'est mon meilleurrr ami, mon frrrèrrre. Je le connais depuis que j'ai cinq ans et lui quatrrre. On a toujourrrs été ensemble.
- Alors pourquoi es-tu si furieux qu'il soit ici ?
- Parrrce qu'il n'y a qu'une seule chose que je ne lui ai jamais dit surrr moi.
- Laquelle ?
- Je suis un sorrrcier.
Harry comprit en une seconde le problème. Avec Cassandra, ils avaient énormément discuté des fonctionnements magiques des autres pays. Parce qu'Harry n'y comprenait rien et que Crystal voulait apprendre.
En Bulgarie, la loi était très stricte. Quiconque découvrait le secret de la magie sans avoir de magie était condamné à la prison à vie.
- Ton ami est moldu et risque la prison, n'est-ce pas ?
- Si quelqu'un découvrrre qu'il est moldu, il serrra enferrrmé sitôt rrrentrrré en Bulgarrrie. Et je ne veux pas de ça. Dès que j'ai découverrrt que Lu serrrait celui que je devrrrais sauver, j'ai essayé de fairrre changer ça. Mais Dumbledorrr a rrrefusé.
- Il a dû dire quelque chose comme « le Tournoi des Trois Sorciers a ses règles dictées par la Magie. Il est impossible de les contourner », non ?
Ils regardèrent Fleur, surpris. La jeune fille haussa les épaules en regardant la deuxième tente où était examinée sa petite sœur et dit :
- J'ai essayé de faire changer l'épreuve moi aussi, dès que j'ai compris que c'était dans l'eau. Je savais parfaitement que ce serait Gabrielle que je devrais récupérer. Et je ne voulais pas qu'elle revive cette peur-là. Mais même avec l'ordonnance médicale, il n'a rien voulu savoir.
- Encore Dumbledore…
- Dans mon cas, c'était les trrrois dirrrecteurrrs qui ont rrrefusé. Je ne sais pas comment je vais fairrre si le gouverrrnement apprrrend que Lu a parrrticipé à une activité dans le monde sorrrcier.
Harry réfléchit un instant. Rip pourrait bien lui inventer un Portoloin sur commande ou un truc comme ça ? Il hocha la tête, convaincu et dit :
- Je vais chercher un moyen pour évacuer « Lou » en toute sécurité si jamais il y avait un problème. Je ne te promets rien, mais notre amie Rip est une inventrice de génie. C'est elle qui a inventé les montres miroirs dont je vous ai parlé.
- Merrrci Harrry. Je compte surrr toi. Et Ludwig serrra, je suis sûrrr, rrravi de ton aide.
Viktor se leva en serrant la main d'Harry et partit de l'autre côté. Il devait trouver Karkaroff pour renvoyer Ludwig en Bulgarie sans que celui-ci n'apprenne rien. Fleur les quitta rapidement ensuite, voulant vérifier que sa petite sœur allait bien. Elle fit promettre à Harry de leur donner des nouvelles rapidement.
Harry sentit soudain sa vision se brouiller et il se sentit partir. Cédric se précipita à côté de lui et l'adolescent dit d'une voix faible :
- Je crois que le temps de la deuxième tache est terminé. On se revoit pour la troisième tâche ?
- On se reverra avant, j'espère, rit Cédric.
Il avait tissé des liens avec Harry. S'il était premier au classement, c'était uniquement grâce à lui et ses indications. Il appréciait vraiment la gentillesse et la patience du garçon.
- J'espère aussi, Cédric. Sinon… Au vingt quatre juin ?
- Ouais… A bientôt Harry, prends soin de toi.
- Merci. Toi aussi.
Harry sentit ses yeux se fermer et il disparut, purement et simplement. Son esprit retournait à son corps.
Il ouvrit les yeux ce qui lui sembla des heures après et adressa un sourire à Ron visiblement très soulagé :
- Hey… J'ai raté un truc ?
Ron éclata de rire et Harry lui raconta sa folle matinée. Tout s'était bien passé, il était de retour dans son corps. Tout était redevenu normal.
A suivre...
