Voila comme promis je reprend le rythme des parutions du vendredi. (Toujours une fois par semaine pour maintenir un rythme régulier)

Merci pour votre patience et votre confiance. Sans vous je ne me donnerais pas autant pour faire de cette histoire, une des plus populaire parmi celle que j'ai écrite.

Bonne lecture!

Chapitre 12: Questions sans réponses

18 heure 14: McGee et Ziva quittaient l'appartement de Tony après avoir fait tous les relevés d'indices que l'enquête nécessitait et s'apprêtaient à retourner au bureau quand la jeune israélienne demanda à l'informaticien de l'attendre dans la voiture pendant qu'elle passait un coup de fil. L'humeur de la jeune femme ne s'étant pas amélioré au cour de leur investigation et au contact des policiers chargés d'inspecter les lieux suite à l'explosion, Tim préféra ne pas discuter et s'assit au volant tout en l'observant faire les cents pas sur le trottoir.

« C'est moi. » Fit l'agent du MOSSAD à son interlocuteur. « Je ne vais pas y aller par quatre chemins, j'ai besoin d'informations sur les codes utilisés par un groupe de mercenaire. Es ce que tu peux me renseigner? »

Il y eut un temps de silence, pendant lequel Ziva fit face à McGee qui remarqua la tension sur le visage de sa collègue. Il ignorait ce qu'il se disait entre les deux interlocuteurs mais il était prêt à parier que cela concernait l'affaire de Tony. Il croisa mentalement les doigts pour que sa collègue ne fasse pas quelques chose qui attire sur eux les foudres de Gibbs ou l'attention de la directrice.

Les paroles de son correspondant surprirent la jeune femme. Sa demande ne semblait pas étonner son contact. Il était même évident qu'il s'attendait à un appel de sa part. Elle n'avait pas eut besoin de préciser de quelle organisation de mercenaires, elle voulait les codes que déjà la voix à l'autre bout lui demandait de confirmer si elle savait où elle mettait les pieds. Elle en déduisait que les informations sur cette affaire circulaient déjà dans les réseaux non officieux.

Ziva ne se demanda pas comment son informateur avait été avertit. D'une manière ou d'une autre, la carte postale envoyée par la directrice avait dû faire son office et arriver entre les bonnes mains. Ce qui la surprenait le plus, c'était que son propre réseau de contact en sache autant. Plus qu'elle ne l'aurait crut possible. Comme s'il y avait une connections possible entre ses informateurs et « la main gauche de Dieu ». Elle continua de marcher nerveusement sur le trottoir en lançant à McGee un regard contrarié avant de se retourner pour hurler.

« Je connais les risques! » puis elle reprit un ton plus bas. « Tu peux leur dire que je veux ses informations. Tu peux même leur dire que je suis prête à me plier à leurs exigences, mais je veux savoir comment ils comptent intervenir, quelles sont leurs méthodes... »

Ziva venait à nouveau de se retourner vers McGee qui put voir la colère céder la place à une surprise qui frôlait l'ahurissement.

« Oui, bien entendu je peux arranger cela.» Déclara Ziva en revenant vers la voiture.

Il y eu un temps de silence de nouveau assez long pendant lequel Ziva s'installa sur le fauteuil passager. Elle se mordit la lèvre inférieur, donnant l'impression d'hésiter sur la conduite à tenir. Quand elle parla de nouveau sa décision était prise.

« J'ai dans mon portable des informations qui pourraient les intéresser si je dois leur montrer ma bonne foie. » reprit la jeune femme en lui faisant signe de démarrer.

Tim fit les gros yeux en entendant ce que se proposait de faire Ziva. Elle envisageait sereinement de donner les photos qu'ils venaient de prendre de l'appartement de Tony. Une scène de crime! Elle voulait divulguer des indices à des inconnus! Il n'aimait pas vraiment la tournure que prenait la situation.

« Pourquoi? Tu veux vraiment savoir pourquoi je veux savoir tout cela? T'es culotté toi, depuis quand tu te montres aussi curieux?»

Elle se tût le temps que son correspondant lui réponde. Elle croisa le regard ahuri et inquiet de McGee. Le doute qu'elle devina tapis au fond de son collègue fit apparaître sur les traits de son visage pour la première fois depuis le début de cette étrange journée, un sourire satisfait.

« Pour montrer à un frère qu'on le soutiendra contre vents et marées. Cela te parait-il suffisant comme raison.»

La réponse à l'autre bout ne se fit pas attendre, tout comme la réaction de son collègue, le doute avait fuit le regard de McGee qui même s'il n'adhérait pas à ses méthodes, la soutiendrait. C'était plus que suffisant pour l'israélienne. C'était tout ce dont elle avait besoin pour se convaincre qu'elle ne se trompait pas.

McGee comprenait que la jeune femme soit prête à tout pour aider Tony. Après ce qu'ils avaient vu dans les dossiers et sur les cassettes, il savait qu'il fallait mettre un terme à cette histoire. Il le devait à Tony.

Mais ce qu'elle avait oser faire, risquait d'avoir des répercussions sur leurs perspectives d'avenir dans l'agence fédérale. C'était un acte de trahison envers ses principes, les règles du NCIS. Les ennuis qu'ils encourraient, il ne pouvait pas tout simplement mettre son mouchoir dessus en espérant que personne ne découvrirait rien. Cependant il savait que s'ils étaient démasqués, il argumenterait pour soutenir la décision de Ziva.

« McGee, je crois que je viens de faire un pas dans l'illégalité » déclara-t-elle en raccrochant.

Il poussa un juron et fit une embardée ce qui provoqua chez sa collègue un éclat de rire. Il savait pourtant comment faire reprendre conscience à la jeune femme. Son rire s'éteignit quand elle l'entendit murmurer:

« Nous, nous venons de faire un pas dans l'illégalité, Agent David! Tu as pensé à la réaction de Gibbs? »

« Il comprendra. » Assura-t-elle. « Pour Tony, il comprendra ma...Notre démarche. »

McGee soupira. Il n'y avait pas de doute dans la voix de sa collègue. Il sourit à son tour. Il devait admettre que pour Tony vu les preuves qu'ils avaient, Gibbs comprendrait qu'il fallait utiliser tous les moyens disponibles!

Comme s'il avait suffit de parler de l'ancien marine, pour en avoir des nouvelles, le portable de McGee sonna et sans tarder Gibbs leur donna de nouveaux ordres. Inquiets et intrigués par ce changement de directive, ils n'en firent pas moins que ce que Gibbs attendait d'eux.


Allongé dans le futon que lui avait préparé Abby, Tony dormait d'un sommeil agité. Il se débattait au milieu de ses mauvais souvenirs. Les images de cauchemars de son enfance remontaient à la surface et il était bien trop fatigué pour pouvoir les endiguer. Tony n'aimait pas dormir, surtout quand il était exténué. Il préférait largement s'installer dans son canapé et regarde un des films de sa collection pour la énième fois, pour s'abrutir d'image et de son, plutôt que de se laisser bercer par les peurs qui avaient nourrit son enfance.

Parfois quand il était vraiment las et que la situation le lui permettait, il préférait laisser la place à l'un des deux autres pour s'octroyer quelque heures de repos loin de la réalité. Les occasions étaient rare, mais il aimait se plonger dans cet abandon où rien ne pouvait plus l'atteindre.

Mais cette fois, le gamin et Daniel ne pouvaient plus faire barrage et empêcher que sa mémoire lui assène ses pires souvenirs. Eux aussi étaient exténués par les deniers évènements. Il pouvait sentir leurs présences quoi que moins insistante, tapis dans un coin de sa conscience et essayant malgré leur fatigue de le soutenir et de lui parler pour affronter ses cauchemars qui se succédaient, toujours suivant le même déroulement. Toujours les mêmes images pour commencer, les plus anciennes provenant de son enfance à Baltimore puis venaient celles du pensionnat et enfin celles de la deuxième attaque.

Dans les première images qui l'assaillirent, il se retrouva chez son père à Baltimore. Il faisait sombre. Tout était éteint. Au dehors, il devait faire nuit et tout était silencieux dans la maison. Il devait être allongé dans son lit dans cette chambre impersonnelle qui était sa cage dorée. Il ne dormait pas. Il ne pouvait pas. Il avait peur. Il attendait.

Il savait qu'il n'allait pas tarder à venir le chercher. Il n'avait pas été gentil, pas assez en tout cas aux yeux de son père. Il ne l'était jamais. Jamais assez obéissant, jamais assez bon, jamais assez doué.

Depuis peu il y avait au fond de lui cette petite voix qui commençait à se faire entendre. D'abord insidieuse, elle se faisait de plus en plus présente. Surtout le soir, quand il faisait si sombre, quand il attendait la peur en ventre que la lumière s'alluma dans le couloir ce qu'elle ne manquait jamais de faire.

La voix ne cessait de hurler qu'il fallait faire quelque chose pour que cela s'arrête. Le murmure au fond de lui, lui susurrait que son père ne le trouverait jamais assez bien, qu'il aurait beau faire, rien ne satisferait jamais cet homme froid et intransigeant. Il devait cesser de le craindre et penser à se défendre! Puis les images de ce cauchemar se brouillaient car il n'avait pas besoin de se rappeler de ce qui se passait par la suite, pas avec des images en tout cas.

Il lui avait fallut du temps, mais il avait réussi à mettre des mots sur ce qu'il avait vécu jusqu' à l'âge de huit ans sans opposer la moindre résistance. Il n'avait plus besoin de s'en souvenir. Il avait refermé cette porte de son passé, grâce à sa famille de l'ombre, à l'hypnose et au soutien de ses grand parents. Le chemin vers la guérison avait été long et chaotique. Mais ses grands parents n'avaient jamais abandonné l'espoir de le sortir de la spirale de souffrance dans lequel l'avait plonger son père.

Après l'affaire du pensionnat, ils avaient eut le soutien de « La main gauche de Dieu ». L'organisation avait mis toutes ses compétences au service du petit. Une manière de faire oublier leur échec. Une façon de réparer leur incompétence qui avait faillit coûter la vie à des enfants!

Et parmi eux, le petit fils d'un des 5 fondateurs, la mère de Tony étant la fille d'un membre encore influent de l'organisation. Le vieil homme avait décroché de son activité illicite à la naissance de sa fille, sa petite dernière et son trésor, pour pouvoir l'élever normalement, loin du sang et de l'horreur. Ses fils lui avaient succédés au sein de l'organisation prenant petit à petit un rôle tout aussi important que leur père..

En pensant à sa mère, Tony vit un nouveau souvenir se mettre en place. Pas qu'il fut plus heureux. Elora Dinozzo avait vécu sous la coupe de son mari, le craignant et le redoutant jusqu'à son dernier souffle. Elle avait été séduite à peine sortie de l'adolescence par cet homme au charisme imposant et au charme raffiné. Elle avait tout quitté pour lui, espérant une vie heureuse et prospère auprès de l'homme dont elle pensait être amoureuse.

Elle avait grandit dans une famille aux revenus modestes avec des règles étriquées d'un autre âge qui lui avait donné l'impression de vivre selon un chemin qu'elle n'avait pas choisit. Ses parents bien qu'aimant, étaient d'un abord froid et secret qu'elle n'avait jamais réussit à comprendre. Personne ne lui avait jamais parlé des activités parallèles des autres membres de sa famille. Elle avait grandit avec le sentiment d'être tenue à l'écart, d'être différente.

Sa rencontre avec Ettoré Capriotti lui avait donné l'espoir de voir ses rêves de jeune fille romantique se réaliser. Obéissant à son époux, elle avait petit à petit rompus les ponts avec ses parents. Créant un vide autour d'elle sans vraiment qu'elle n'en prenne conscience avant la naissance de son fils. La vie du couple avant l'arrivée de l'enfant n'avait rien d'idyllique mais Elora pensait que tout irait mieux avec la naissance d'un héritier. Elle ferait des efforts pour être la femme dont son époux avait besoin. Elle avait vite déchanter, mais n'avait jamais trouvé le courage de quitter l'homme violent et puissant qu'elle avait épousé. Craignant les reproches et le jugement de ses parents qui formaient un couple unit, elle n'avait jamais osé leur faire part de sa situation. Jusqu'à ce jour fatidique où elle avait eut si peur pour son fils. Ce jour-là, Tony s'en souvenait parfaitement.

Il avait onze ans. Il avait par moment une attitude rebelle vis à vis de son père qui déclenchait chez l'avocat une colère sans commune mesure. Mais malgré les mauvais traitements et les punitions, Tony semblait prendre un malin plaisir à s'opposer à son père. Elora avait été effrayée par l'attitude, quasi suicidaire de son fils qui lui faisait craindre le pire.

« Maman ne savait pas que nous étions déjà plusieurs à l'époque. »Lui murmura la petite voix d'enfant avec une certaine tristesse.

« Elle ne l'a jamais su. Elle n'aurait certainement pas compris. » Répondit Daniel avec dédain. Tony soupira dans son sommeil. Encore une question qui n'aurait jamais de réponse.

Sa mère l'aurait-elle aimé de la même manière si elle avait su que celui qui se rebellait ouvertement contre l'homme qu'elle avait épousé, était différent du petit garçon doux et aimant qu'elle imaginait qu'il était ? Il n'aurait jamais la réponse mais espérait qu'elle aurait comprit qu'il avait dû agir ainsi pour survivre et se défendre. Devenir plus fort. Cloisonner son esprit et ce qu'il ressentait, lui avait permit de résister aux mauvais traitements de son père puis au lavage de cerveau de Renthworth.

« Je suis sûr qu'elle aurait compris, comme Grand-Père et les autres. Oncle Vito nous a permis de comprendre ... » Déclara le petit garçon avec conviction ce qui sembla irrité Daniel.

« Oncle Vito et les autres nous ont été utiles, mais ils n'ont fait que combler leur dette pour nous avoir abandonner toutes ces années! »Répliqua Daniel d'un ton acide. « Ils auraient dû se rendre compte que quelques chose n'allaient pas et s'en inquiéter bien avant! »

« Peut être » reprit l'enfant. « Mais ils ne nous ont pas laisser tomber et grâce à eux nous avons put grandir et devenir ce que nous sommes. »

« Si tu le dis. » Admit avec quelques réticences Daniel. « Pour moi, nous sommes devenu ce que nous sommes parce que nous nous sommes battu pour nous construire! On ne doit rien à personne!»

Tony savait que ces deux autres personnalités avaient raison. Sur bien des points, il devait admettre que les deux points de vues se défendaient et n'étaient pas complètement faux. Mais il se moquait un peu du passé pour le moment. Ce qu'il avait toujours voulu éviter et craint était arrivé : ceux qu'il considérait comme ses amis, peut être même comme une sorte de famille brinquebalante, avaient découvert son passé et il espérait qu'ils comprendraient pourquoi il n'avait rien dit. Il se raccrochait à l'espoir que ses révélations ne changeraient rien dans le regard qu'ils posaient tous sur lui. Il voulait s'en persuader. Il voulaient pouvoir rester près d'eux. Il désirait profondément pouvoir rester le Tony facétieux qu'ils connaissaient.

L'enfant lui assurait qu'il n'avait rien à craindre de ce côté, quand à Daniel, il lui soutenait que cela n'avait pas d'importance tant qu'il pouvait les utiliser pour obtenir les informations dont il avait besoin pour en terminer définitivement avec Renthworth. Même si pour cela il devait se résoudre à lever le poing. Tony n'était pas encore décidé à employer de telles extrémités. Il chassa cette idée de son esprit et reprit le cour de son cauchemar.

Ce jour-là, sa mère s'était absentée dans le jardin pour planter des fleurs quand des hurlements l'avaient alertés et ramenés vers la maison. Avant qu'elle ne sorte, elle avait laissé l'enfant assis à la table du salon en train de finir ses devoirs. Son mari ne devant revenir que tard dans la soirée, elle lui avait permis de regarder la télévision quand il en aurait terminé.

Tony se souvenait qu'il avait été particulièrement heureux à l'idée de pouvoir regarder sa série favorite! Magnum. Il adorait ce privé espiègle qui défendait les plus faible, et qui avait des amis près à le suivre au bout du monde.

Malheureusement Ettoré était rentré bien plus tôt que prévu et n'avait pas apprécié de retrouver son fils planter devant la télévision. Il exprima clairement sa désapprobation en attrapant le petit garçon par les cheveux et en commençant à le traîner à travers la pièce, alors que l'enfant se débattait en hurlant et en tapant du pied. Il y avait sur le visage du garçon les marques rouges des coups qu'avaient dû lui assener l'homme.

Tony ne se laissait pas faire et cela décuplait la colère de son père. Elora tenta de s'interposer entre l'homme et son fils, mais Ettoré la repoussa violemment l'envoyant se cogner contre la tablier de la cheminée. Elle hurla de douleur tout en portant une main à sa tête. Elle ramena du sang de sa tempe.

Profitant d'un moment d'inattention, Tony se libéra de l'emprise de son père pour se porter au secours de sa mère. Quand son père tenta de s'approcher pour le reprendre, il se saisit d'un tisonnier et le menaça avec. D'abord Ettoré avait éclater de rire, puis il lui avait ordonnée de lâcher l'objet mais rien n'aurait fait abandonner son arme improvisé à l'enfant. Il avait continuer de tenir son père en joue jusqu'à ce que celui-ci excédé tente de le lui arracher. Tony n'avait cependant pas lâcher prise. Son instinct de survie lui donnait la force de résister et il finit par porter un coup au flanc droit de l'homme qui se tordit de douleur, avant de s'écrouler à genoux alors que Tony frappait une deuxième fois sous le coup de la rage atteignant son père à la tête. Ettoré s'écroula davantage, inanimé sur le sol. Un coup de chance plus qu'une réelle intention du gamin de frapper son père, mais le résultat fut le même. Elora avait assisté à la scène sans pouvoir intervenir, paralysé par la peur et la douleur. Elle ne retrouva réellement ses esprits que lorsque le bruit métallique du tisonnier heurtant le carrelage du salon la fit sursauter alors que son petit garçon se précipitait vers elle pour la soutenir. Dans les yeux de sa mère, il avait lu un mélange de crainte et de fierté, rapidement remplacé par une peur qu'il ne comprenait pas et à laquelle sur le coup il n'avait pas prêter attention.

Peu importe ce qui c'était passé et ce qui suivit dans les jours d'après. Peu lui importait l'enquête de police,les dépositions, les ragots et les regards suspicieux des gens à leurs égards. Il avait vécu tout cela dans un sentiment d'allégresse. C'était la première fois qu'il avait pu prendre le dessus sur son père. Une vrai victoire qui faisait jubilé la voix d'habitude furieuse qui hantait son esprit. Il avait crut, espéré avoir conquis un peu de contrôle sur ce qui se passait dans sa vie, un peu de liberté, mais tout avait dérapé de nouveau, sans qu'il n'y puisse rien.

Tony s'agita en gémissant dans son sommeil. Les images de son cauchemars changeaient à nouveau et il ne voulait pas les voir. Il luttait avec l'énergie du désespoir pour chasser ses rêves. Il voulait se réveiller! Il ne voulait pas voir cette route pluvieuse. Il fuyait les souvenirs de ce bruit de crissement de pneu, du cri de terreur de sa mère et du choc de la voiture contre un tronc d'arbre. Il ne voulait pas sentir la chaleur du sang de sa mère couler sur lui, alors qu'elle s'était penchée pour le protéger. Il ne voulait pas sentir la chaleur des flammes qui venaient du moteur. Il ne voulait pas revoir le sourire triste de sa mère sur son visage maculé de sang. La dernière image qu'il avait gardé d'elle. Ses derniers mots qui avaient été pour lui un soulagement et un nouveau fardeau.

« Pardonne-moi mon chéri! J'aurais tellement voulu être à la hauteur pour une fois. Être là pour toi... » avait marmonné entre deux quintes de toux douloureuses, la jeune femme avant de rendre son dernier soupir. Encore une question sans réponse. Tony n'arrivait pas se décider, il ignorait s'il avait pardonné où s'il en voulait à sa mère de l'avoir laissé.

Daniel et le petit ne voulaient pas non plus se souvenir de ce moment tragique, c'est ce qui lui permit de sortir du sommeil. Il se redressa, hagard et perdu, les yeux exorbités de peur et de douleur. Un cris inarticulé mourut dans sa gorge, remplacé par un sanglot sourd. Il se recroquevilla sur lui même, pleurant et chassant les images de son cauchemar passé. Ce fût à peine s'il entendit, la porte de la pièce où il se trouvait s'ouvrir sur Abby.

Ducky et le docteur Pitt s'étaient absenter quelques minutes. L'un étant demandé en salle d'autopsie et l'autre l'ayant accompagné pour se changer les idées. Abby avait les idées larges mais elle avait dû mal à imaginer que voir un cadavre pourraient être d'un quelconque secours pour le médecin.

Avant de partir ils lui avaient laisser des consignes strictes et la jeune femmes avait à coeur de les appliquer à la lettre.

C'était pourquoi toutes les dix minutes depuis leurs départ, elle venait s'assurer que Tony dormait sans problème. Elle avait remarqué qu'il commençait à s'agiter et avait appelé les deux médecins pour leur dire qu'il n'allait certainement pas tarder à se réveiller.

Le retrouver dans cette état, elle ne s'y attendait pas du tout. Jamais elle n'aurait imaginer possible de voir Tony dans un tel état de détresse. Ils lui avaient expliquer pour le syndrome dissociatif dont il souffrait. Dans d'autres circonstances, elle aurait certainement trouvé cela glauque et trop cool, mais là elle se disait juste que Tony avait beaucoup souffert pour mettre en place une telle carapace. Trops.

Elle se pencha et prit le jeune brun dans ses bras, remarquant la tension qui s'empara de lui quand elle le toucha mais voyant qu'il la laissait faire sans la repousser, elle continua à le bercer en lui marmonnant des mots de réconforts sans queue ni tête. Au bout de quelques minutes Tony finit par se calmer et par redresser la tête pour lui faire un petit sourire timide.

« Papa va nous gronder si je ne te laisses pas finir tes devoirs, Abby » Déclara Tony de sa voix d'enfant d'un ton contrit qui la fit sourire.

« T'inquiète pas. Mes bébés cherchent des paramètres de comparaison. Pour le moment je ne peux pas faire grand chose de plus qu'attendre. De plus je vais avoir besoin de l'aide de McGee pour progresser plus vite... »

« Ils ne sont pas revenus? » Questionna le garçon en fronçant les sourcils.

« Il ne devrait pas tarder. Tout comme Ducky et le docteur Pitt... »

« Eux, non plus ne sont pas là...? » S'inquiéta l'enfant.

Abby resserra son étreinte autour du corps tremblant de l'italien. Elle avait conscience du côté incongrue de la situation. Le tableau qu'elle formait avec Tony aurait certainement pu choquer n'importe qui entrant à ce moment dans la pièce. Cependant elle n'aurait rompu ce contact pour tout l'or du monde. Elle savait que l'enfant en Tony en avait besoin. Elle n'aurait certainement pas eut la même attitude avec Daniel et même avec Tony. Mais son instinct lui soufflait que le gamin apprécierait de se sentir consoler. Vu ce qu'elle avait apprit, elle aurait parié sa paie, qu'il n'avait pas eut souvent l'occasion de l'être durant son enfance. Cela avait dû lui manquer d'une certaine manière.

« Ducky a été travailler et le docteur Pitt l'a accompagné... » Expliqua Abby en passant une main rassurante dans la chevelure brune de son ami. « Il était tant qu'ils quittent mon labo, tous les deux tournaient comme des lions en cage, ici en te regardant dormir à tour de rôle. »

Rassuré l'enfant se mit à rire devant l'air contrarié de la jeune femme qui se redressa et l'aida à en faire de même en lui tendant une main.

« Et Papa? » Reprit le garçon quelques instants après son visage redevenant sérieux.

« Il est avec l'agent Fornell et la directrice. Ils interrogent une femme. »

« Elle va essayer de convaincre Papa de m'abandonner.. » Marmonna le gamin avant de se reprendre. « D'abandonner cette affaire.»

Ce « elle » légèrement dédaigneux devait désigner la directrice. Abby en aurait mis sa main à couper

« Elle peut toujours essayer! Tu sais aussi bien que moi que Gibbs est un véritable Bulldog! Avec l'os que tu lui a donné à ronger, aucun risque qu'il lâche l'affaire tant qu'il ne l'aura pas rogné jusqu'à la moelle!» Lui certifia Abby en serrant étroitement sa main dans la sienne. « Gibbs te l' a déjà dit et je vais te le redire en mon nom et je suis sûr que les autres en feront autant, de toute façon s'ils ne le font pas je leur lance une malédiction. Nous ne lâcherons pas ta main, Tony. Ni maintenant ni jamais! »

« Mais... Ce serait tellement moins contraignant pour vous de..» Voulut objecter Tony. Il ne s'agissait plus de sa voix d'enfant. L'éclat de détresse pur qui accompagna ces mots glaça le coeur de la gothique

Elle posa un doigt contre les lèvres de l'italien, l'obligeant à se taire.

« Pas de mais. » assura-t-elle en plongeant son regard sombre dans le vert de celui de son collègue et ami. Aussi furtivement qu'elle était apparut la présence de Tony s'évanouit dans un sourire las mais confiant qui perdura dans le regard du garçon.

A suivre...