CHAPITRE ONZE

Un léger vent frais s'engouffrait avec ferveur entre les feuilles de l'immense forêt de sapins. Les arbres dénudés se courbaient de temps à autres sous la force de ce souffle. L'hiver allait bientôt toucher à sa fin, mais pourtant le froid perdurait. Perdue au milieu des colossaux centenaires, une petite tente en toile claire avait été montée à la hâte. Un petit filet de lumière s'échappait de l'ouverture, laissant apparaître une frêle silhouette. Enveloppé dans une énorme couverture en laine, Harry Potter regardait fixement le petit objet qu'il tenait entre ses mains - l'énigme qui planait autour du médaillon de Salazar Serpentard lui résistait. Les trois lettres formant les initiales du voleur résonnaient sans cesse dans son esprit. Le sorcier avait maintes fois tenté de trouver le lieu où se trouvait le vrai Horcrux, sans succès. Il avait parcouru des centaines de kilomètres, visité des endroits tous plus improbables les uns que les autres, mais tout cela n'avait pas abouti. Harry soupira bruyamment, une épaisse fumée blanche s'échappa de sa bouche. Le jeune homme se sentait seul. Parfois, il regrettait que sa sœur ne soit pas là pour l'aider, tout comme ses meilleurs amis. Les journées paraissaient longues sans eux. A plusieurs reprises, l'Elu avait pensé faire demi-tour. Revenir sur ses pas. Retrouver la chaleur des étreintes de sa sœur. Mais il savait que leur seule chance de survivre était de rester séparés, de ne surtout pas se faire prendre ensemble. Il n'osait imaginer ce qui adviendrait d'eux si le mage noire apprenait le lien qui les unissait. Harry tenta de chasser ses sombres idées qui commençaient à le gagner. Une larme cristalline roula le long de sa joue. Le découragement le gagnait un peu plus chaque jour, pourtant, il se devait de continuer. Il était le seul à pouvoir vaincre Lord Voldemort.

« Aucun ne peut vivre tant que l'autre survit, murmura le Gryffondor avec mélancolie. »

Il referma brusquement ses doigts autour du médaillon, le serrant de toutes ses forces jusqu'à le sentir pénétrer dans sa peau pâle. Une fine goutte de sang coula le long de son poignet avant d'aller s'écraser sur le sol. Harry desserra sa prise et prit une profonde inspiration, essayant de calmer les battements de son cœur. Puis, il se leva jusqu'au matelas qui lui servait de lit et s'y allongea, ses pensées entièrement dirigées vers Constance. Il repensa à tout ce qu'ils avaient traversé, aux nombreuses épreuves qu'ils avaient dû endurer. Elle avait toujours été là, depuis le commencement. Dans les moments de joie, comme dans la douleur.

Analepse

« Département des mystères, annonça la mélodieuse voix de l'ascenseur. »

Les sept sorciers se regardèrent avec inquiétude avant de sortir de l'étroite cabine. Aucun n'avait hésité avant de se joindre à l'Elu lorsqu'il avait eut besoin de leur aide, mais à cet instant précis, ils se demandaient tous quelle serait l'issue de cette virée nocturne. Ils se mirent alors à avancer dans les couloirs sombres du Ministère de la magie. L'air ambiante était froide, presque glaciale. Les murs recouvrèrent de carrelages noirs se ressemblaient tous. Alors qu'ils avançaient lentement, serrés les uns près des autres, Harry reconnut la majestueuse porte qu'il avait tant de fois vu durant ses nuits agitées. Après un instant d'hésitation, il la poussa et s'engouffra à l'intérieur, suivi de près par Constance et ses amis. D'immenses étagères s'offrirent devant leurs yeux, délimitant de longues allées. Tous furent intrigués par cette étrange salle. Le Survivant savait exactement où cherchait et ce fut avec une certaine ferveur qu'il parcourut le chemin qui le mena jusqu'à l'étagère portant le numéro « 97 ». Mais alors qu'il s'attendait à y trouver son parrain, il n'y avait personne.

« Il devrait être là ! s'exclama-t-il.
- Harry, l'interpella Neville Londubat, il... Il y a ton nom sur celle-là. »

Etonné, le sorcier rejoignit rapidement son ami. Devant lui, sur l'une des hautes étagères, tournoyait un épais nuage blanc dans une petite boule de cristal. Une petite étiquette tombant négligemment dans le vide indiquait le nom du propriétaire - son nom. Curieux, le jeune homme s'en saisit. C'est alors qu'une voix se fit entendre. Harry ne comprit pas tout de suite ce qu'elle disait, mais une phrase attira son attention :

« Et l'un devra mourir de la main de l'autre, car aucun ne peut vivre tant que l'autre survit... »

Soudain, des bruits de pas résonnèrent autour d'eux. Des mangemorts encapuchonnées encerclèrent les sept élèves. Parmi eux se dressait la grande et fine silhouette de Lucius Malefoy. Inconsciemment, Constance s'était rapprochée de son frère et avait sorti sa baguette, bientôt imitée par les autres sorciers.

« Bien, Potter, maintenant donne-la-moi, ordonna Lucius en pointant son doigt vers la prophétie.
- Pourquoi ferai-je une telle chose ? lui lança Harry en y mettant tout le sarcasme qu'il put. »

Un rire sadique retentit à cet instant derrière le père de Drago - Bellatrix Lestrange venait de faire son entrée.

« C'est qu'il sait se défendre, le tout petit bébé, rit la sorcière.
- Bellatrix Lestrange ! s'exclama Neville en crispant les poings.
- Neville Londubat, comment vont tes parents ? demanda-t-elle avec ironie.
- Mieux, maintenant qu'ils vont être vengés !
- Ne nous énervons pas, lança Lucius pour ramener le calme dans la sombre salle. Potter, n'as-tu jamais voulu savoir ce qui était arrivé à tes parents ? Cette petite boule de cristal pourra tout te révéler, alors donne-moi cette prophétie et nous partirons sans faire d'histoire.
- Nos parents ont été tués car ils refusaient de se soumettre à Voldemort ! Ne l'écoute pas Harry ! s'exclama Constance en lançant un regard mauvais vers les deux mangemorts.
- Tu oses prononcer son nom, s'offusqua la sorcière aux cheveux noirs corbeau. Infâme sang mêlé ! Espèce de pâle copie inutile, comment oses-tu prononcer le nom du Seigneur des ténèbres avec autant d'assurance toi qui n'es rien ? »

Constance ne sut quoi répondre. Cette insulte l'avait, malgré elle, touchée droit au cœur. Harry remarqua le malaise de sa sœur et lui serra discrètement la main. Mais la mangemort ne comptait pas s'arrêter là.

« Comment un être sans défense comme toi a-t-il pu survivre jusqu'ici ? siffla Bellatrix entre ses dents. Je n'avais même pas remarqué ta présence jusqu'à présent. Cela n'est pas trop dur à vivre, de n'être que la doublure, de n'avoir aucune valeur.
- Ne vous en faites pas pour moi, je le vit très bien, répliqua Constance qui avait enfin retrouvé tous ses moyens.
- Allons, Potter, donne-moi cette prophétie ! s'énerva Lucius dont l'impatience se faisait sentir dans le ton de la voix.
- J'ai attendu quatorze ans...
- Je sais, Potter, l'interrompit le mangemort qui n'avait pas envie d'assister à une scène remplie d'émotions.
- Je peux attendre encore, maintenant ! Stupefix ! »

Les sept jeunes sorciers se séparèrent rapidement et se mirent à courir dans les longues allées de la salle des prophéties. Constance et Hermione furent instantanément prises en chasse par l'un des mangemorts. Le grand homme volait à côté d'elles en tentant de les attraper, mais les deux amies ne se laissèrent pas faire.

« Stupefix ! s'exclama la jolie Potter en envoyant l'ombre noire à l'autre bout de la pièce. »

A quelques mètres d'eux, des sortilèges furent également échangés. Bientôt, les sept sorciers furent réunis au centre de la salle. Chacun tremblait de peur, le souffle court. C'est alors qu'une intense détonation retentit, faisant trembler les étagères qui se mirent à basculer dangereusement.

« Retournez vers la porte ! s'écria Harry en se lançant en direction de la lourde porte noire. »

L'un après l'autre, les sorciers s'y engouffrèrent et se mirent à tomber dans le vide. Alors qu'ils s'attendaient à rencontrer brutalement le sol, leur chute fut stoppée à quelques centimètres de la pierre froide. Durant quelques secondes, ils restèrent ainsi, puis tout s'arrêta et ils se retrouvèrent face contre terre. Se relevant avec peine, tous vinrent se regrouper derrière Harry, baguette tendue devant eux. L'Elu regardait avec insistance une vieille arche en pierre dans laquelle se trouvait un liquide bleuté, tout comme la jeune Luna Lovegood. Mais avant qu'ils n'aient pu comprendre le fonctionnement de celle-ci, d'épais nuages de fumée noire les encerclèrent. Bientôt, ils furent tous prisonniers des mangemorts, seul Harry resta à sa place. La silhouette de Lucius Malefoy apparut devant lui.

« Le choix va être simple, Potter, siffla le sorcier en désignant ses amis. Donne-moi la prophétie ou regarde tes amis et ta pauvre sœur mourir.
- Ne lui donne pas, Harry ! cria Neville en voyant le Survivant hésiter. »

Bellatrix Lestrange referma encore plus durement sa main autour du bras du Gryffondor. Harry posa alors son regard sur sa sœur, essayant de chercher un peu d'aide. La jeune femme tenta de lui dire quelque chose, mais le mangemort plaqua violemment sa main sur ses lèvres. Le jeune Potter eut un pincement au cœur. Il ne supportait pas de voir ceux qu'il aimait le plus au monde souffrir par sa faute. Alors, doucement, il vint poser la petite boule de cristal dans la main de Lucius. Le contenu de la prophétie changea instantanément de couleur - celle-ci vira au noir. Harry fit quelques pas en arrière, posant son regard sur ses amis, toujours prisonniers des mangemorts. Lucius Malefoy arborait un sourire satisfait, admirant la boule de cristal sous toutes ses formes. Puis soudain, les Aurores entrèrent dans l'immense salle ronde, percutant au passage le père de Drago qui laissa s'échapper la prophétie. Celle-ci vint se briser en mille morceaux sur le sol. Des combats s'engagèrent entre les deux camps. Sirius arriva tout à coup aux côtés de Harry, lui demandant de s'enfuir avec ses amis et sa sœur.

« Non ! s'écria le Survivant. Je veux rester avec toi !
- Vous vous êtes vaillamment battus, lui assura son parrain, maintenant laisse nous prendre le relais.
- Avada kedavra ! »

Le sortilège de la mort lancé par Bellatrix toucha le sorcier en pleine poitrine. Harry mit un certain temps à comprendre ce qui venait de se passer. Mais au moment où il vit son parrain disparaître à travers l'immense arche en pierre, l'Elu crut défaillir. Il regarda la sorcière aux cheveux noirs corbeau s'enfuir en riant. Malgré les interdictions de sa sœur et de Remus Lupin, le Gryffondor s'élança à sa suite.

« Harry, non ! s'exclama Constance en courant derrière son frère. »

Lorsqu'elle arriva dans l'immense hall d'entrée du Ministère de la magie, la jeune femme découvrit son frère penché au-dessus de la mangemort, baguette tendue droit devant. Elle allait poser sa main sur son épaule, lorsqu'une voix murmura :

« Tu connais la formule, Harry. Elle l'a tué, elle le mérite.
- Harry, non ! Ne fais pas ça, le supplia Constance en abaissant la baguette qu'il tenait dans la main.
- Trop faible... »

La frêle et pâle silhouette de Lord Voldemort apparut derrière eux. Comme à son habitude, il arborait son petit sourire en coin. Doucement, il s'avança vers les deux Gryffondors, pendant que Bellatrix Lestrange prenait la poudre d'escampette.

« Tu es un idiot, Harry Potter, lança le mage noir, tu es trop faible, trop influençable.
- C'est faux ! s'écria l'Elu. Je ne suis pas faible, je suis juste différent de vous. Je ne serai jamais un assassin !
- Tu es influençable ! Regarde-toi, je suis sûre que si ta sœur n'était pas intervenue, cette pauvre Bellatrix ne serait plus de ce monde à l'heure qu'il est, ricana le Seigneur des ténèbres.
- Harry n'aurait jamais fait ça ! répliqua Constance.
- Jolie Constance, je me répète, mais tu ressembles énormément à ta mère, cette douce Lily. Quel dommage que vos parents n'aient pas voulu me rejoindre, siffla Voldemort en posant ses yeux clairs sur la jolie Potter.
- Je vous interdit de parler de nos parents ! s'exclama Harry, ce qui détourna l'attention du mage noir sur lui.
- Ce n'était pas une bonne idée de venir ici, Tom, lança une voix derrière eux. »

Albus Dumbledore venait de faire son entrée dans la pièce. Les deux grands sorciers se lancèrent plusieurs regards avant de sortir simultanément leur baguette. Des éclairs jaillirent de celles-ci. Harry attrapa rapidement sa sœur pour la mettre hors de portée des sortilèges. Le combat fut d'une rare intensité, chacun voulant avoir le dessus sur l'autre. Les jumeaux furent impressionnés par l'adresse de leur directeur ; soudain, tout s'arrêta. Lord Voldemort disparut en une fine poussière. Constance se releva doucement et s'approcha de son professeur. Alors qu'elle s'apprêtait à avouer son soulagement, un cri de douleur retentit derrière elle - Harry était recroquevillé sur lui-même et son corps parcourut de spasmes. La jeune femme se précipita vers lui et aperçut son regard - le même que celui que Lord Voldemort avait posé sur elle quelques minutes auparavant. Un nouveau cri s'échappa de la bouche de son frère, ce qui provoqua un terrible pincement dans le cœur de la sorcière. Dumbledore n'avait pas bougé, il regardait la scène avec inquiétude. Pour le moment, lui seul savait ce qui était en train de se produire. Soudain, Harry ouvrit la bouche, mais la voix qui en sortit n'était pas la sienne :

« Tu as perdu vieillard.
- Harry ! Harry ! Professeur faites quelque chose ! s'écria la jolie Potter en se tournant vers le vieux sorcier. »

Le directeur s'avança prudemment, mais resta tout de même à une certaine distance des jumeaux. La main toujours posée sur l'épaule de Harry, Constance laissait désormais dévaler les nombreuses larmes qu'elle avait jusqu'alors retenues. Son frère était toujours roulé en boule sur le carrelage froid. Le jeune homme voyait défiler tous ses souvenirs les uns après les autres - sa rencontre avec sa Constance, la mort de Cédric, son premier Noël à Poudlard, ces derniers jours de vacances au Square Grimmaurd. Voldemort se délectait de tout cela. Chaque pensée qu'il parvenait à saisir était une arme qu'il pourrait utiliser contre le Gryffondor. Il remarqua que la plupart des souvenirs heureux que possédait le garçon avaient tous eu lieu en compagnie de sa sœur jumelle.

« Qu'est-ce que je disais, siffla la voix du mage noir, trop faible, trop insignifiant.
- Harry ! Harry ne l'écoute pas, le supplia Constance en pleure, tu n'es pas faible, Harry ! Tu nous as nous !
- Ainsi c'est donc elle ta plus grande faiblesse, lança Tom Jedusor, que deviendrais-tu si par malheur il lui arrivait quelque chose... »

A quelques mètres de là, Harry vit arriver ses amis ainsi que certains Aurores. En voyant leur visage égratigné et épuisé, il comprit que jamais il ne serait seul. Son regard se posa de nouveau sur Constance. Les yeux rougis par les larmes, elle ne cessait de l'implorer de se battre. Le jeune Gryffondor sentit alors un sentiment intensément fort l'envahir.

« C'est vous qui êtes faible, lança le sorcier, vous ne connaîtrez jamais l'amour ou l'amitié. Franchement... Je vous plaints. »

A ce moment-là, le Seigneur des ténèbres sortit de son corps et vint se placer juste aux pieds de Constance. Celle-ci se retourna vivement et attrapa sa baguette.

« Expelliarmus ! s'exclama Voldemort. Que comptais-tu faire, Constance ? Me désarmer ? Me tuer ? Tu en es bien incapable. Il marqua une pause avant de s'avancer vers le Gryffondor. Tu es un idiot, Harry Potter, et tu vas perdre. Tout perdre. A commencer par ta sœur que tu chéries tant. »

Le mage noir commençait à pointer sa baguette en direction de la jeune femme lorsque des individus firent leur apparition dans la hall - le ministre de la magie, accompagné de quelques uns de ses conseillers se dirigeait désormais vers eux. Un cri de surprise lui échappa lorsqu'il vit Voldemort se volatiliser.

« Il est revenu ! »

Analepse

Ce fut cette nuit-là que Harry comprit que son pire ennemi venait de trouver un moyen efficace de le rendre vulnérable - sa sœur jumelle était devenue malgré elle une arme que le Seigneur des ténèbres comptait bien utiliser contre lui.


Coucou les ptits moldus ! Le chapitre onze est enfin arrivé. Chapitre entièrement consacré à notre cher Harry ! J'espère qu'il vous a plu et que ce petit détour dans le passé ne vous a pas ennuyé. J'essaie d'en écrire un maximum pour que l'on voit vraiment que Constance est là depuis les débuts à Poudlard. Voili voilou :) Le prochain sera consacré à l'évasion de nos deux ennemis préférés.

Bisous magiques