Chapitre 12 : La fin du voyage ?

Dans son grand bureau ovale, Concepciòn s'ennuyait.

« J'm'eeeeeennuie... Chaaais pas quoi faaaire. » Soupira-t-elle.

Cela faisait trop longtemps que cette histoire durait : les inspectrices, les inspectés, cette ambiance malsaine autour d'une mission qui à la base était censée être sérieuse. En plus elle s'ennuyait dans son bureau. Rien à foutre de tous ces rapports à lire qui s'amoncelaient sur son bureau. Et ces connes d'inspectrices qui, elles, étaient sur le terrain ! Pétasses !

Concepciòn susurra d'un air démoniaque : « Puisque c'est comme ça, je vais interrompre cette mission. De toute façon, on a assez de preuves pour faire suspendre ces cinq types. Ce sont des incapables qui ne respectent rien. Surtout Heero. »


Aah. Duo... ce cher Duo. En allant leur chercher quelque chose à boire, Sora ne pouvait s'empêcher de songer aux derniers évènements qui s'étaient passé entre eux. Elle avait horreur de ce truc bizarre qu'il semblait y avoir entre eux, mais quand elle n'était pas à côté de lui, elle ne pouvait pas s'empêcher d'y penser en rougissant. Même si elle ne cessait de hurler quand il essayait d'être gentil, de se débattre quand il essayait de l'embrasser, elle y pensait avec une sorte de tendresse. Aah. Ce cher Duo... Quand la guerre serait finie, éventuellement, elle pourrait se défaire de ses petites mauvaises habitudes, prises avec le métier et ils pourraient...

« Hm ? Oh ! J'ai un message ! »

Elle sortit son portable de sa poche et lut le message suivant :

Ici ta boss, la mission de toutes les inspectrices est terminée. Ce bordel devient trop dangereux. Je viens te chercher dans quelques heures. Prépares-toi et fais tes adieux à Duo. Bye.

...

Hey ! Non ! Pas maintenant ! Pas quand ça devenait intéressant ! Elle qui avait prévu le soir même de prendre un peu de bon temps avec son inspecté (après avoir fait une crise de scrupules) ! Non ! Non non non !

L'air distrait, elle ramassa la deuxième canette de soda qu'elle avait prise au distributeur et se dirigea vers la petite table à laquelle Duo l'attendait. Elle pensait déjà à son sourire, ses yeux pétillants, à sa mine défaite quand elle lui annoncerait la nouvelle et... HEIN ? Mais, qu'est-ce qu'il fichait avec une fille ?

Là, à quelques mètres d'elle, Duo était en pleine conversation avec une fille en uniforme de OZ. Il pactisait avec l'ennemi ? Crétin ! Oui, aucun doute là-dessus ! Il draguait ! Les pieds sur la table, l'allure nonchalante et les lunettes de soleil sur le nez... Oh, exactement tout ce qu'elle détestait ! À une telle distance, lancer une canette sur sa tête lui donnerait une jolie bosse. Hm, non, il valait mieux d'abord s'informer. ... Histoire de ne pas créer de malentendu qui pourrait lui gâcher toute chance de passer un bon moment le soir même.

Sora pressa donc le pas et arriva derrière Duo au moment où la jeune fille en uniforme s'éloignait tranquillement.

Duo la regardait par-dessus ses lunettes de soleil et murmura avec un sourire séducteur : « Tu peux compter sur moi ma belle, j'y serai ! »

Sora s'arrêta et lui donna un coup de canette derrière le crâne : « Idiot ! Comment osez-vous draguez l'ennemi pendant mon absence ? Ou même, draguer l'ennemi tout court ! C'est choquant ! C'est scandaleux !

— Mais, mon cœur, je ne draguais pas, je te le jure ! Protesta Duo, gêné.

Ignorant ses paroles, Sora lui hurla au visage, folle de rage :

— Comment osez-vouuuuuuuuuuuuuus ?

Elle commençait vraiment à voir rouge ! La situation ne pouvait pas être pire : elle était amoureuse de son inspecté, elle avait de plus en plus de mal à lui résister, elle devait abandonner toute sa mission, et en plus, son inspecté jouait avec ses sentiments ! Ouinnnnn ! La vie était trop injuste !

Duo se leva et la prit dans ses bras :

— Allons, j'ai juste dit ma belle parce qu'elle était mignonne mais tu es encore plus jolie qu'elle ! Enfin, pas quand tu es en colère ! Tu me fais un peu peur, là !

Sora posa violemment les deux canettes sur la table :

— De toute façon, on ne se verra plus jamais alors tu dois être bien content ! Tu vas pouvoir aller butiner ailleurs ! ... Tout est fini entre nous !

Puis elle s'enfuit, éperdue, toute en larmes. Malheureusement, elle voulait prendre l'ascenseur et après avoir couru deux secondes pour l'atteindre, elle fut vite rattrapée par Duo, qui la retint par le bras :

— Attends un peu : tu reconnais enfin qu'il y a quelque chose entre nous et tu voudrais que je te laisse partir ? Non non non ! Ça ne marche pas comme ça.

Sora rentra dans l'ascenseur et croisa les bras :

— De toute façon, je n'ai pas le choix. Concepciòn vient me chercher dans quelques heures, c'est la fin de ma mission d'inspectrice.

— C'est vrai ? C'est... fini ? Lui demanda Duo, choqué.

Sora acquiesça, d'un ton dramatique :

— Oui, c'est bien fini.

...

Comme les portes se refermaient sur eux, elle lui jeta un coup d'œil :

— D'ailleurs, puisque je ne suis plus inspectrice...

Duo se tourna vers elle. Ils se regardèrent quelques secondes puis il la prit dans ses bras brusquement et ils s'embrassèrent passionnément.


Angel était en train de s'occuper de l'hygiène des commodités dans un sous-sol obscur et insalubre quand soudain une main énorme et brutale appuya sur sa jolie tête, la rapprochant à quelques millimètres de la surface floue des eaux croupies de la cuvette des W.C.

« Mais qu'est-ce que c'est que ce boulot de merde ? Vous essayez de nettoyer les chiottes ou de les dégueulasser ?

Angel fixa la surface de l'eau avec horreur. La chasse d'eau devait être en panne...

— Je vais vous faire vérifier, moi, s'il y a assez d'eau de javel dans c'te cuvette !

Angel pensa une brève seconde au délicat visage de Trowa :

— NONNNNNNNNNNNNNN ! »

C'est alors qu'un magnifique coup de pied volé latéral alla se loger dans la tête du vilain agresseur d'Angel. Cette dernière se libéra de la main de cet ignoble monsieur et tourna son regard vers son sauveur :

— Trowaaaaaaaaaaaa !

Concepciòn, les mains sur les hanches, la toisait avec un air royal :

— Il doit être occupé ailleurs, puisque c'est moi.

— Oh... Fit Angel, déçue.

Sa supérieure reprit la parole, l'air morose :

— On peut y aller. La mission est finie, on a toutes nos preuves pour les boucler.

Angel la regarda d'un air choqué :

— Quoi ? Qui ça ? Les dirigeants de OZ ?

Concepciòn la corrigea d'une voix tranquille :

— Mais non ! Les voyous qu'on a observés ! Allez, on y va ! »

Elle la saisit par le bras et l'embarqua.


Après un après-midi passé à faire on ne sait trop quoi, Duo et Sora arrivèrent sur le lieu de recrutement des soldats de OZ. La fille qui était venue voir Duo quelques heures auparavant était une fille qui lui avait parlé des nouveaux recrutements de OZ dans les colonies. Le plan de Duo était de s'infiltrer dans OZ. Bien sûr, son dossier était falsifié mais de toute façon, l'essentiel pour lui était d'arriver sur la Base Lunaire, d'une façon ou d'une autre. Avant qu'il ne se rende au guichet de validation des dossiers, Duo se tourna vers Sora : « Bon. Alors, c'est ici qu'on se quitte.

Sora baissa les yeux :

— Hmhm. On dirait.

Pourquoi fallait-il que ça se termine comme ça ? Si ça tombe, la guerre ne se finirait pas avant des lustres et ils ne se reverraient jamais ! ... Et il allait sûrement se consoler avec cette fille, là. Elle était justement là-bas, tiens.

Duo sourit :

— Allez, ne t'en fais pas. Quand ce sera fini, on se reverra !

— Hm, ouais, peut-être. Fit Sora, gênée.

Le pilote de gundam ajouta d'une voix tranquille :

— Et puis, même si tu n'es plus mon inspectrice et même si la guerre ne finit pas, si la situation se calme, on pourra toujours se revoir !

Sora leva les yeux vers lui et le fixa d'un air boudeur :

— Ouais, en supposant que tu n'ailles pas voir ailleurs entre temps !

— Mais qu'est-ce que tu racontes ? C'est pas du tout mon genre, ça ! Se défendit Duo, embarrassé.

Il la prit dans ses bras et l'embrassa un long moment avant de s'écarter en souriant :

— Allez, j'y vais ! À plus tard ! »

Il lui fit un signe de la main et se dirigea vers le guichet. Sora le regarda donner son dossier, puis s'éloigner. Alors qu'il se dirigeait vers la navette des nouvelles recrues, la fille en uniforme l'arrêta mais… Duo lui donna un gros coup de sac et s'enfuit vers une navette !

Sora observa la scène, les yeux ronds : « Ah-... Pfff ! Je doute que ce soit dans le règlement d'un bon inspecté. Il fait vraiment selon son propre style. »

Elle se retourna pour s'en aller mais s'arrêta net, devant une armée de femmes en tailleurs noirs. Elles la fixèrent un moment sans bouger puis s'écartèrent soudain pour laisser passer Concepciòn : « C'est bon, tu es prête ?

— C'est bon, j'te suis ! » soupira l'inspectrice.

Elles s'en allèrent et Sora les suivit tout en jetant un dernier coup d'œil en arrière, d'où on entendait des bruits de coup de feu et de l'agitation. La vie de Duo continuait tranquillement, sans elle.


Dans la cellule No 145, c'était la méga fête ! Presque tous les pilotes de gundam étaient réunis ! Sans compter leurs inspectrices ! Heero, plus sexy et sérieux que jamais, Duo, un peu sombre mais ça ne gâtait en rien son charme habituel, Wufei, qui n'avait jamais été aussi silencieux et enfin Siria et Anaël. Pendant qu'Anaël fixait le mur, le regard dans le vague, Siria chantonnait gaiement : « Une poule sur un mur qui picote du pain dur ! Picoti Picota, lève la queue et puis s'en va ! »

Elle se tourna vers Heero : « Hé, Heero, on joue à la barbichette ? ... (Air pervers) Oh, mais tu n'as rien qui pend ! ... Mais Duo a une natte ! Duooooo ! (Air tentateur) Vous voulez jouer ?

— Désolée Siria, mais je ne suis pas d'humeur à jouer. Répondit Duo d'un air sombre.

Pendant un instant, Siria eut l'air déçu :

— Oooooh ! ... Vous voulez jouer Concepciòn ?

Aussitôt, Heero leva le nez en direction de la porte de la cellule devant laquelle se tenait Concepciòn. Elle le regarda. Il la regarda. Et leurs yeux se rencontrèrent et elle dit :

— Je suis venue vous délivrer... Siria et Anaël.

Silence.

Anaël se leva et se rapprocha, tandis que Siria se jetait sur la porte :

— Ouaiiiiiiiiis ! Superrrrr !

Duo se leva également, scandalisé :

— Quoi ? Et nous alors ? On est destiné à pourrir ici ?

— Il semblerait. » Répondit Concepciòn, l'air impassible.

Elle ouvrit la porte et les deux inspectrices sortirent de la cellule pendant que l'armée de femmes en tailleurs noirs retenait les gars à l'intérieur. Concepciòn referma froidement la porte sur eux. Avant de partir, Siria lança avec enthousiasme à l'adresse de Heero : « Heero ! Je continuerai le combat à votre place ! Je me suis fait construire un gundam ! Le Peace & Love ! Je vais aller rejoindre le royaume de Sank ! Mais je vous garderai toujours une petite place dans mon cœur ! Adieu Heero ! Adieu les autres ! ... (Petit clin d'œil) Et veillez sur moi de là-haut ! »

Les filles commencèrent à s'éloigner tranquillement tandis que Duo se jetait sur la porte avec rage : « Arrêtez ! Revenez ! Je veux parler à Sora ! Je veux voir mon inspectrice ! C'est un scandaaaaaaale ! »

Mais les inspectrices de l'Association S&S, en véritables professionnelles, poursuivirent froidement leur chemin, sans un regard vers lui.


Enfin, dans le mâgnifique château du Luxembourg de Treize Kushrenada, ce dernier s'occupait de son grand projet, après sa démission de la Fondation Romfeller.

...

Faisait-il construire le gundam Epyon ?

...

Pas vraiment. A vrai dire... il préparait son mariage avec Sinistra ! Youhouuuuuuu !

Dans le hall du château, où devait avoir lieu la cérémonie, Treize interrogeait ses larbins quant à l'avancée des derniers préparatifs. Le hall était décoré de jolis ballons rose et bleus, il y avait des pétales de rose sur le sol et une exquise odeur d'huile de rose flottait dans la pièce. Un tapis rouge avait également été déroulé, et avaient été engagés des petits enfants déguisés en chérubins. Enfin, de mâgnifiques draps blancs, ayant une vague apparence de meringue avaient été accrochés aux murs. C'était très beau.

Treize était sur un petit nuage. C'était le plus beau jour de sa vie. D'ailleurs, sur ses épaules trônaient une douzaine de colombes. L'air follement amoureux, il fixait les portes de son destin qui devaient s'ouvrir sur la délicieuse future enchanteresse de sa vie, Sinistra. Treize se dit qu'il y avait un problème dans cette phrase... Non, en fait, c'était certainement parce qu'elle n'était faite que d'euphémismes. Il avait été décidé que la musique de cérémonie (Tin ! Tin ! Tin tin ! Tin tin tin tinnnn...) serait jouée au moment où la mariée ferait son entrée dans le Hall, en passant par la porte d'entrée du château.

Treize se tourna vers ses sujets :

« Les petits fours sont prêts ?

— Oui Monsieur ! Répondit docilement la bonne.

— Le champagne est sorti ?

— Oui Monsieur. Répondit servilement un domestique.

— Les alliances sont en place ? Sur le petit coussinet porté par les petits chérubins ?

— Oui Monsieur ! Répondirent en chœur les chérubins.

Rassuré, Treize se tourna alors vers la porte : « Bien, on n'attend plus que la mariée ! »

À ce moment-là, les portes de son destin s'ouvrirent et la musique s'envola. Les colombes perchées sur les épaules de Treize prirent leur envol vers l'entrée où se tenait Sinistra, merveilleuse et sublimissime dans sa robe de mariée.

L'air déterminé, elle plongea son regard dans les yeux émerveillés et plein d'étoiles de Treize et lui déclara... d'un ton cassant : « Treize, je vous quitte. Adieu. »

Comme son fiancé était tétanisé par l'horreur et ne disait mot, elle ajouta, en lui balançant son bouquet de roses à la figure : « Mon organisation m'a rappelée, on me demande de travailler ailleurs. J'ai autre chose à faire. ... Et au fait, j'vous aime pas, donc salut.

Elle tourna les talons, laissant place à Concepciòn :

— Hé oui, désolée ! Par contre, moi, j'veux bien vous épouser ! J'ai toujours aimé les hommes friqués ! »

Treize regarda Sinistra s'éloigner, poussa un cri terrible d'animal blessé : « RAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! » avant de s'effondrer à genoux à terre.


Quelques semaines plus tard, dans un hangar secret, Siria se préparait au combat. Au pied de son gundam Peace & Love, rose bonbon avec des cœurs rouges, elle s'entraînait au combat à mains nues.

« J'vais te tuer ! J'vais te tuer ! J'vais te tuer ! » Scandait-elle, déchaînée.

Elle frappait avec acharnement un malheureux punching ball qui aurait sans doute préféré voir sa mousse s'incarner dans un édredon que pourrait serrer contre lui le pauvre Treize Kushrenada.

Angel et Sora arrivèrent dans la pièce. Tandis qu'Angel fonçait droit vers Siria, Sora s'arrêta devant le gundam : « C'est sûr qu'avec ça, c'est Toubarov qui va avoir peur.

— Siria ! As-tu réellement l'intention d'abandonner ta mission d'inspectrice et d'aller te battre ? Demanda Angel, effondrée, à son amie.

Siria essuya du revers de la main la sueur qui perlait sur son front divin :

— Oui, j'ai déjà donné ma démission. Demain, je rejoindrai le combat pour la paix !

Angel la regarda alors avec des yeux plein d'étoiles :

— Tu as raison ! Moi, j'ai décidé de partir dans l'Espace à la recherche de Trowa !

Siria haussa les épaules :

— Chacun son trip. (Elle se tourna vers Sora) Et toi Sora, tu ne veux pas que je te fasse construire un gundam ? On le ferait faire tout rouge et on l'appellerait Furies et Harpies !

Sora lui lança un regard noir :

— Vas te faire voir !

Siria se tourna lentement vers son punching ball puis...

— J'vais te tuer ! J'vais te tuer ! J'vais te tuer !

Perplexe, Sora déclara :

— Hé bien moi, je vais aller voir dans les colonies si Duo n'est pas encore en train de faire des conneries ! Je suis sûre qu'il a couché avec l'ennemi !

— J'vais t'tuerrrr ! ! »

Le punching ball se décrocha du plafond et, pris dans son élan, alla s'écraser sur Angel et Sora. Siria observa cela avec satisfaction : elle était fin prête pour le combat.

FIN DE LA PREMIERE PARTIE